« Une toile d’araignée dense et folle »
p. 25-34
Extrait
1Qui pense littérature contemporaine, en France, pense d’abord « écriture », et ce mot, même s’il peut avoir une portée plus large, signifie d’abord style. Tout différents qu’ils soient, Pascal Quignard, Laurent Mauvignier ou Pierre Michon se reconnaissent à leur rapport singulier à la langue.
2Christian Garcin écrit très bien. Dans les dernières lignes des Vies multiples de Jeremiah Reynolds, « quelques images furtives » résument et tout à la fois dispersent la vie des hommes, admirablement1. Mais il ne force pas la phrase, ne pose pas en styliste : plus modeste, ou peut-être plus exigeant, il préfère « suggérer le mystère par une langue claire2 ».
3Son originalité est moins dans sa phrase que dans une poétique de l’œuvre, un travail d’assemblage qui relie les différentes trames de chaque livre et les différents livres entre eux, une « toile d’araignée dense et folle » (VMJR, 93), jeu de fils symétriques et de nœuds qui les articulent en un réseau structuré intégrant chaque fil
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