1 Michel Butor, Répertoire, Paris, Minuit, 1982, vol. IV, p. 18.
2 Id., Le Génie du lieu, Paris, Bernard Grasset, 1958, vol. I, p. 13-14.
3 Christine Montalbetti, Le Voyage, le monde et la bibliothèque, Paris, PUF, 1997, p. 141.
4 Georges Perec, Espèces d’espaces, Paris, Galilée, 2000, p. 105.
5 Régis Antoine, « La relation exotique », Revue des sciences humaines, no 147, juillet-septembre 1972, p. 377.
6 Ibid., p. 378.
7 Christine Montalbetti, Le Voyage, le monde et la bibliothèque, op. cit., p. 40.
8 Jacques Derrida, « Des tours de Babel », dans L’Art des confins, Paris, PUF, 1985, p. 235.
9 Id., L’Écriture et la Différence, Paris, Seuil, 1967, p. 411.
10 Id., « Des tours de Babel », op. cit., p. 209.
11 Voir Christine Montalbetti : « Ma façon de déjouer l’indicible du monde, c’est bien de l’intégrer dans mon texte comme figure. De le faire passer d’une résistance objective à un motif textuel » (Le Voyage, le monde et la bibliothèque, op. cit., p. 10).
12 Michel de Certeau, L’Invention du quotidien, Paris, Gallimard, 1990, vol. I, p. 171 ; cité aussi plus haut.
13 Voir encore Christine Montalbetti : « Ce que tout texte référentiel raconte, et le récit de voyage en particulier, c’est d’abord l’histoire, chaque fois rejouée, d’un réajustement patient du dire au monde » (Le Voyage, le monde et la bibliothèque, op. cit., p. 10).
14 Jacques Derrida, « Des tours de Babel », op. cit., p. 209.
15 Michel Foucault, Les Mots et les Choses. Une archéologie des sciences humaines, Paris, Gallimard, 1966, p. 51.
16 Jacques Derrida, « Des tours de Babel », op. cit., p. 225.
17 Ibid., p. 230-231.
18 Ibid., p. 229.
19 Ibid., p. 228.
20 Ibid., p. 225, 230.
21 Ibid., p. 225.
22 Ibid., p. 221.
23 Ibid., p. 222.
24 Ibid., p. 216.
25 Ibid., p. 225.
26 Henri Michaux, Œuvres complètes, éd. Raymond Bellour (avec Ysé Tran), Paris, Gallimard, 1998-2004, vol. I, p. 96-97.
27 Julia Kristeva, « L’autre langue ou traduire le sensible », Textuel, no 32, « L’amour de l’autre langue », juillet 1997, p. 157.
28 Ovide, Tristes, éd. Jacques André, Paris, Les Belles Lettres, 1968, p. 154.
29 Alain Roger, « Barbarus hic ego. Essai sur le dépaysement », dans György Tverdota (dir.), Écrire le voyage, Paris, Presses de la Nouvelle Sorbonne, 1994, p. 17.
30 Ibid., p. 17-23.
31 Jean-Philippe Toussaint, La Salle de bain, Paris, Minuit, 1985, p. 50.
32 Julia Kristeva, Soleil noir. Dépression et mélancolie, Paris, Gallimard, 1987, p. 25.
33 Ibid., p. 64.
34 Jean-Philippe Toussaint, Autoportrait (à l'étranger), Paris, Minuit, p. 55.
35 Jean-Philippe Toussaint, Faire l’amour, Paris, Minuit, 2002, p. 105.
36 Id., La Télévision, Paris, Minuit, 1997, p. 106.
37 Id., La Salle de bain, op. cit., p. 82.
38 Blaise Pascal, Pensées, dans Œuvres complètes, éd. Louis Lafuma, Paris, Seuil, 1963, p. 516. Voir, entre autres, sur l’intertexte pascalien chez Toussaint, Margaret E. Gray, « Bathtub Parodying the Pensées (Jean-Philippe Toussaint, La Salle de bain) », Symposium, vol. 51, no 1, printemps 1997.
39 Jean-Philippe Toussaint, Autoportrait (à l’étranger), op. cit., p. 49-50.
40 Celle, en l’occurrence, du lieu de résidence actuel de l’auteur.
41 Jean-Philippe Toussaint, Faire l’amour, op. cit., p. 101-102.
42 Ibid., p. 35 ; voir encore le fax du narrateur, p. 145.
43 Jean-Philippe Toussaint, Fuir, Paris, Minuit, 2005.
44 Jean Baudrillard et Marc Guillaume, Figures de l’altérité, Paris, Descartes, 1994, p. 25.
45 Jean-Philippe Toussaint, Fuir, op. cit., p. 142-143.
46 Voir sur cette question Marc Augé qui évoque un excès spatial comme étant l’une des caractéristiques de la « surmodernité » (Non-Lieux. Introduction à une anthropologie de la surmodernité, Paris, Seuil, 1992, p. 97), David Harvey qui y verrait au contraire le symptôme d’une compression de l’espace-temps dans l’ère post-moderne (The Condition of Postmodernity, Oxford/New York, Blackwell, 1989, p. 240), ou encore Homi Bhabha (Location of Culture, Londres, Routledge, 1994, p. 4).
47 Prière d’insérer d’Espèces d’espaces, op. cit., cité plus haut.
48 Jean-Philippe Toussaint, Fuir, op. cit., p. 20.
49 Ibid., p. 26.
50 Ibid., p. 35.
51 Ibid., p. 73.
52 Ibid., p. 93.
53 Ibid., p. 63, 141, 15, 65, 85, 140, 157, 177, 182, 117, 174, 175.
54 Ibid., p. 34, 52, 56, 62, 115.
55 Ibid., p. 68.
56 Ibid., p. 55-56. Voir encore la topographie associée à la communication de la nouvelle du décès de Henri de Montalte : « J’écoutais Marie en silence […]. Je n’écoutais pas vraiment ce qu’elle disait, abattu par la nouvelle dont je ne parvenais pas à prendre encore la mesure, […]. Je me sentais submergé par l’envie de pleurer […]. Les yeux fermés et sans bouger, j’écoutais la voix de Marie qui parlait à des milliers de kilomètres de là et que j’entendais par-delà les terres infinies, les campagnes et les steppes, par-delà l’étendue de la nuit et son dégradé de couleurs à la surface de la terre, par-delà les clartés mauves du crépuscule sibérien et les premières lueurs orangées des couchants des villes est-européennes, j’écoutais la faible voix de Marie qui parlait dans le soleil du plein après-midi parisien et qui me parvenait à peine altérée dans la nuit de ce train, la faible voix de Marie qui me transportait littéralement, comme peut le faire la pensée, le rêve ou la lecture, quand, dissociant le corps de l’esprit, le corps reste statique et l’esprit voyage […] » (p. 50-51).
57 Ibid., p. 50.
58 Ibid., p. 31, 46.
59 Ibid., p. 174.
60 Ibid., p. 56.
61 Ibid., p. 169.
62 Voir encore la place médiatisante, spectralisante du téléphone qui relaie le deuil, objet qui, en signifiant justement une fausse annulation de la distance, inspire au narrateur une grande peur, celle-ci obscurément, et pourtant à notre sens très logiquement, liée à celle de la mort : « je ressentis de la terreur, un mélange de panique, de culpabilité et de honte. J’avais toujours eu des relations difficiles avec le téléphone, une combinaison de répulsion, de trac, de peur immémoriale, une phobie irrépressible que je ne cherchais même plus à combattre et avec laquelle j’avais fini par composer, dont je m’étais accommodé en me servant du téléphone le moins possible. J’avais toujours plus ou moins su inconsciemment que cette peur du téléphone était liée à la mort – peut-être au sexe et à la mort – mais, jamais avant cette nuit, je n’allais avoir l’aussi implacable confirmation qu’il y a bien une alchimie secrète qui unit le téléphone et la mort » (ibid., p. 44).
63 Et où sera à l’œuvre, encore par déplacement, « une exsudation immatérielle de peur, un suintement de terreur froide qui se séparait de nous pour rejoindre le ciel ou se perdre dans la terre où ils se transformaient en ces démons de la religion populaire chinoise qui propagent la mort et les maléfices » (ibid., p. 118).
64 Voir, dans la scène de bowling incongrue à Pékin, une tentative de contenir, de neutraliser le deuil dans la temporalité arrêtée (dé-spectralisée ?) du jeu et de la géométrie. Scène qui rappellera fortement le jeu de fléchettes auquel s’adonne le narrateur de La Salle de bain, autre figure très évidemment mélancolique : « J’étais seul sur la piste, ma boule à la main, le regard fixé sur l’unique objectif du moment, ce seul endroit du monde et ce seul instant du temps qui comptaient pour moi désormais, à l’exclusion de tout autre, passé ou à venir, cette cible stylisée que j’avais sous les yeux, géométrique et par là même indolore – car la géométrie est indolore, sans chair et sans idée de mort –, pure construction mentale, rassurante abstraction […] une invitation à lancer la boule et la regarder rouler en silence, au ralenti, la suivre, l’accompagner et la porter en esprit au bout de la piste en ne pensant plus à rien, et plus même à la mort du père de Marie, avec l’esprit se détournant enfin de la mort du père de Marie – cela faisait plus de vingt heures maintenant que j’attendais ce moment de ne plus penser à la mort du père de Marie […] » (ibid., p. 100).
65 Jacques Derrida, Spectres de Marx, Paris, Galilée, 1993, p. 65.
66 Ibid., p. 48.
67 Ibid., p. 126.
68 Ibid., p. 220. Ce dernier trait permettrait éventuellement de lier le spectral de Derrida à l’hétérotopique foucaldien : tous deux emprunteraient donc à l’encyclopédie chinoise de Borges l’obscure propriété de subversion du classement, du profondément hétérogène. Tous deux constituent dès lors d’utiles figures pour rendre compte d’un espace-temps (le nôtre, le moderne, le post-moderne) pluriel et non identique à lui-même.
69 Ibid., p. 72.
70 En cela la pensée déconstructrice est structurellement une pensée du spectre, « de l’altérité et de l’hétérogénéité radicales, […] de la présence du présent qu’elle dis-jointe a priori pour le rendre possible […] » (ibid., p. 126).
71 Jean Baudrillard et Marc Guillaume, Figures de l’altérité, op. cit., p. 90.
72 « À quoi reconnaît-on un fantôme ? » Derrida répondait lui-même à sa question : « À ce qu’il ne se reconnaît pas dans un miroir » (Jacques Derrida, Spectres de Marx, op. cit., p. 248).
73 Jean-Philippe Toussaint, Monsieur, Paris, Gallimard, 1986, p. 32.
74 Id., L’Appareil photo, Paris, Minuit, 1998, p. 31-32, 92-94, 125-126, 102.
75 Jean Baudrillard et Marc Guillaume, Figures de l’altérité, op. cit., p. 155.
76 Jean-Philippe Toussaint, Fuir, op. cit., p. 151, 152, 156, 158.
77 Ibid., p. 157.
78 Ibid., p. 163.
79 Ibid., p. 164.
80 Ibid., p. 162 ; je souligne.
81 Ibid., p. 170.
82 Julia Kristeva, Soleil noir. Dépression et mélancolie, op. cit., p. 34.
83 Ibid., p. 54.
84 Ibid., p. 52.
85 Ibid., p. 53.
86 Ibid., p. 55, 62.
87 Ibid., p. 66.
88 Ibid., p. 62.
89 Ibid., p. 64.
90 Voir Louis Wolfson, Le Schizo et les Langues, Paris, Gallimard, 1970, et en particulier la préface de Gilles Deleuze à ce livre.
91 Vassilis Alexakis, Les Mots étrangers, Paris, Stock, 2002.
92 Ibid., p. 12.
93 Ibid., p. 55, 137, 155, 235.
94 Roland Barthes, L’Empire des signes, Genève, Albert Skira, 1970, p. 11.
95 Vassilis Alexakis, Les Mots étrangers, op. cit., p. 67.
96 « J’ai eu le sentiment réconfortant que mon attachement pour le sango ne marquait pas une rupture dans mon histoire, mais s’inscrivait dans le prolongement d’une curiosité très ancienne, bien antérieure à mon arrivée en France, que j’avais ressentie pour la première fois dans le cimetière nord d’Athènes en décryptant le nom de Katérina G. Papagéorgiou. » (ibid., p. 109).
97 Nicolas Abraham et Maria Torok, Cryptonymie. Le verbier de l’homme aux loups, Paris, Aubier Flammarion, 1976, p. 33.
98 Julia Kristeva, Soleil noir. Dépression et mélancolie, op. cit., p. 64-65.
99 Vassilis Alexakis, Les Mots étrangers, op. cit., p. 240.
100 Nicolas Abraham et Maria Torok, Cryptonymie. Le verbier de l’homme aux loups, op. cit., p. 51.
101 Ibid., p. 53 ; je souligne.
102 Jacques Derrida, Spectres de Marx, op. cit., p. 40.
103 D’ailleurs le spectre paternel sera un figurant dans le voyage de Nicolaides, qui parle par endroits à son père, l’implique dans son apprentissage du sango, reconnaît qu’une « place vide » dans l’auditoire est naturellement destinée à son père, etc. (Vassilis Alexakis, Les Mots étrangers, op. cit., p. 285.) « The time is out of joint », disait Hamlet devant l’apparition du fantôme de son père : le dédoublement de la langue et du lieu qui a lieu dans le cours de ce récit (français et sango ; Paris et Bangui) décline alors cette disjonction, l’œuvre du spectral.
104 Ibid., p. 10, 52.
105 Ibid., p. 13, 266.
106 Voir encore : « Je me suis mis en tête que je ressemblais à une phrase sans verbe, incapable d’agir, amorphe. Les verbes sont des petits chefs excités. Ce sont eux qui battent le rappel des mots, qui conduisent les phrases au combat. Ils voient des dangers partout. Le verbe “avoir” n’existe pas en sango. Il est remplacé par le verbe “être” suivi de la préposition na, “avec” […] » (ibid., p. 133). À remarquer que par endroits ces réflexions se passeraient aisément des mots sangos eux-mêmes ; plutôt, elles concernent des structures, des sillages syntaxiques, lexicaux, par lesquels la langue étrangère permet de rendre une pensée, de décliner une manière d’être au monde. Autrement dit, ce sont moins les signifiants que les modes mêmes de signifiance qui exercent sur ce sujet, et dans ce roman (et en cela, celui-ci donnerait forme au fantasme barthésien de la « langue inconnue »), leur fascination.
107 Ibid., p. 119.
108 Nicolaides, comme l’auteur du roman, est d’origine grecque ; il a quitté la Grèce, adulte, pour s’installer en France, où il se met aussi à écrire en français.
109 Ibid., p. 53.
110 Ibid., p. 92.
111 Ibid., p. 91.
112 Ibid., p. 76.
113 Ibid., p. 71.
114 Ibid., p. 117.
115 Ibid., p. 76.
116 Ibid., p. 85.
117 Roland Barthes, Leçon inaugurale de la Chaire de sémiologie littéraire du Collège de France, 7 janvier 1977, Paris, Seuil, 1978, p. 40-41.
118 Vassilis Alexakis, Les Mots étrangers, op. cit., p. 14-15.
119 Ibid., p. 33.
120 Ibid., p. 88-90.
121 Ibid., p. 280.
122 Ibid., p. 98.
123 Ibid., p. 185.
124 Ibid., p. 268.
125 Voir le chapitre suivant.
126 Vassilis Alexakis, Les Mots étrangers, op. cit., p. 290.
127 Christian Jacob, « Écritures du monde », dans Cartes et figures de la Terre, catalogue d’exposition, Paris, Centre Georges Pompidou, 1980, p. 118 ; je souligne.
128 Vassilis Alexakis, Les Mots étrangers, op. cit., p. 73.
129 Ibid., p. 79.
130 Cité par Jacques Derrida, Spectres de Marx, op. cit., p. 44.
131 Michel Foucault, Les Mots et les Choses. Une archéologie des sciences humaines, op. cit., p. 61-62.
132 Vassilis Alexakis, Les Mots étrangers, op. cit., p. 194 ; je souligne.
133 Ibid., p. 210 ; je souligne. Le dernier jour de son séjour à Bangui, Nicolaides se baigne lui-même dans le fleuve, et essaie d’exécuter ce geste : « j’ai donné une tape amicale dans l’eau, sans réussir à produire un son de tambour » (ibid., p. 311). Voici, en quelque sorte, la séquence d’étapes de cet exotisme du dictionnaire : lire la description de l’acte, en être témoin pour ensuite en être lui-même l’acteur. Le dictionnaire s’avère en cet instant non seulement lexique et guide, il est aussi donné pour moyen, fuyant, illusoire, d’être l’Autre.
134 Ibid., p. 125.
135 Ibid., p. 207.
136 Ibid., p. 215.
137 Ibid., p. 268.
138 Ibid., p. 310.
139 Nathalie Sarraute, L’Usage de la parole, Paris, Gallimard, 1980, p. 9-16.
140 Vassilis Alexakis, Les Mots étrangers, op. cit., p. 183.
141 Ibid., p. 55.
142 Ibid., p. 144. En effet, d’importants aspects identitaires et idéologiques du maintien/oubli de la langue « indigène » dans une société post-coloniale et francophone telle que le Centrafrique sont évoqués au fil du livre (parfois en comparaison féconde avec la tension historique entre langues savante et « vulgaire » en Grèce), et sont la matière, notamment, de discussions et de débats auxquels participera Nicolaides sur place (comme si, en effet, l’objet principal de ce voyage était le sort – personnel mais aussi politique, communautaire – de cette langue) ; voir, entre autres, ibid., p. 119, 139, 184, 215-216).
143 Roland Barthes, Le Grain de la voix. Entretiens 1962-1980, Paris, Seuil, 1981, p. 96-97.
144 Ibid., p. 97.