La (dé)figure de l’artiste
p. 69-82
Extrait
1La figure, c’est d’abord la forme (figura) : forme d’un corps, d’un visage, mais aussi représentation visuelle tels que dessin, image, inscription. Elle est aussi forme langagière en tant que déplacements, transferts et écarts : figures de mots, de construction, de pensée – figures de rhétorique qui donnent à voir le mouvement de l’imaginaire poétique dans la littérature, laquelle constitue le lieu figuré par excellence. Ainsi s’opère une métamorphose : à partir de « la forme donnée à l’expression d’une pensée » (Quintilien), la figure « dessine l’espace dans lequel auraient lieu l’écriture et la littérature » (Genette)1. Dans cette perspective, la « rhétorique spéculative » de Pascal Quignard révèle la forme et la force d’« images vitales, spéculatives, associatives » (RS, p. 21) de la littera, de l’animal, du corporel et de l’organique dans le langage, de l’écriture comme trait, transfiguration, geste scriptural.
2Cette rhétorique, farouche et brutale, se trouve incarnée dan
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