1 Voir également lettre de Valéry Larbaud, 25 mars 1910, Correspondance Claudel-Larbaud, éd. Françoise Lioure, dans Paul Claudel, Paris, L’Herne, « Cahiers de l’Herne », 1997, p. 405 ; lettre de Valéry Larbaud, 27 mai 1911, ibid., p. 407.
2 Pascale Alexandre-Bergues, Traduction et création chez Paul Claudel. L’Orestie, Paris, Honoré Champion, « Littérature de notre siècle », 1997, p. 119.
3 Voir les vers 497-498.
4 On reconnaît ici les enjambements audacieux de Tête d’or, dont la première version date de 1890, la deuxième de 1894, ce qui correspond précisément à la période de la traduction de l’Agamemnon (traduit de 1892 à 1895).
5 Fillion, pour sa part, traduit : « La louange et la splendeur sont devant lui », et commente en note : « La louange des anges et sa propre splendeur l’environnent » (La Sainte Bible, commentée par Louis-Claude Fillion, Psaumes, Proverbes, Ecclésiaste, Cantique des cantiques, texte latin et traduction française, 3e éd., Paris, Letouzey et Ané, 1900, t. 4, p. 291).
6 Lettre à François de Marcilly, 7 septembre 1943, Lettres à une amie. Correspondance avec Françoise de Marcilly, 1935-1954, éd. Xavier Tilliette (s.j.), Paris, Bayard, 2002, p. 289. La lettre de Françoise de Marcilly est perdue.
7 Correspondance Claudel-Larbaud, op. cit., p. 407.
8 Ibid., p. 408.
9 Voir : Pascale Alexandre-Bergues, Traduction et création chez Paul Claudel. L’Orestie, op. cit., p. 144.
10 Ibid.
11 Au sujet de la métrique, par exemple, Claudel se campe dans une attitude ouvertement polémique, en défendant la souplesse de la langue française du point de vue de la métrique, et sa capacité de synchronisation avec le mètre iambique (Paul Claudel, « Réflexions et propositions sur le vers français », dans Œuvres en prose, édition établie, présentée et annotée par Jacques Petit et Charles Galperine, Paris, Gallimard, « Bibliothèque de la Pléiade », 1965, p. 33).
12 Ibid., p. 41.
13 Ibid.
14 Par exemple : « le lys des convallées » pour « lilim convallium », « car c’est Lui qui l’a fondamentée » pour « quia ipse fundavit », « superexaltitude » pour « excelsus ».
15 Marie-Ève Benoteau-Alexandre parle de « surenchère dans la latinisation de la langue » (Marie-Ève Benoteau-Alexandre, Figures des Psaumes. Genèse, poétique et herméneutique des traductions claudéliennes des psaumes, thèse de doctorat, littérature et civilisation françaises, sous la direction de Dominique Millet-Gérard, Université Paris-Sorbonne, 2010, p. 235).
16 Calqué sur « mesóephalon ».
17 Calque sur « protómantin ».
18 Pascale Alexandre-Bergues, Traduction et création chez Paul Claudel. L’Orestie, op. cit., p. 163-164. Les exemples suivants sont extraits de ces pages.
19 Cité par Pierre Champion, Marcel Schwob et son temps, Paris, Grasset, 1927, p. 269.
20 Georges Mounin, « Mnémotechnique et poésie », dans Colloque sur la traduction poétique, Paris, Gallimard, 1978, p. 21.
21 Pascale Alexandre-Bergues parle, elle, de traduction comme « décentrement » (Pascale Alexandre-Bergues, Traduction et création chez Paul Claudel. L’Orestie, op. cit., p. 98).
22 « Quelquefois je n’ai pas compris, ou alors… eh bien ! cela ne m’intéresse pas toujours énormément, toutes ces histoires locales. Mais il y a tout de même un mot que j’ai saisi, et alors cet enfant de la harpe que je suis aussi bien que l’autre, l’ami de Saül, il se met à travailler dessus, et alors c’est étonnant quelquefois ce qu’il vous met dans la main ! Et à défaut de sens il y a le rythme, l’impulsion, quelque chose d’enragé que l’on se sent dans les reins, pire que la Marseillaise, ah ! » (préface de Paul Claudel, dans Paul Claudel, Psaumes. Traductions 1918-1959, Paris, Tequi, 1966, p. 15).
23 Préface de Paul Claudel, dans Paul Claudel, Psaumes. Traductions 1918-1959, op. cit., p. 13-14.
24 La lecture claudélienne a été sévèrement critiquée. Voir Marie Delcourt, Études sur les traductions des tragiques grecs et latins en France depuis la Renaissance, Bruxelles, M. Lamertin, 1925, p. 190-191 ; et Raymond Trousson, « Paul Claudel traducteur de l’Orestie », Bulletin de l’Association Guillaume Budé, n° 4, 1965, p. 489-501. La connotation chrétienne que Claudel ajoute artificiellement au texte d’Eschyle correspond à une tendance de l’époque consistant à identifier, dans la dimension religieuse d’Eschyle, des signes précurseurs du christianisme.
25 Préface de Paul Claudel, dans Paul Claudel, Psaumes. Traductions 1918-1959, op. cit., p. 15.
26 Voir par exemple Paul Claudel, Cinq grandes odes, dans Œuvre poétique, édition établie, présentée et annotée par Jacques Petit, Paris, Gallimard, « Bibliothèque de la Pléiade », 1967, p. 227 et 285.
27 Id., « La dérivation », dans Œuvre poétique, op. cit., p. 60.
28 Pierre Aquilon, « Claudel traducteur d’Eschyle », dans Cahiers Paul Claudel I, Paris, Gallimard, 1959, p. 7-43.
29 Pascale Alexandre-Bergues, Traduction et création chez Paul Claudel. L’Orestie, op. cit., p. 120-122.
30 Voir : I Samuel, XXI, 11, p. 890 ; II Samuel, VI, 14-16, p. 946) ; II Samuel VI, 21, p. 947 ; I Chroniques, XV, 29, p. 1311 ; I Chroniques XIII, 8, p. 1305 (La Bible. Ancien Testament I, trad. Édouard Dhorme, Paris, Gallimard, « Bibliothèque de la Pléiade », 1956).
31 « Nous ne comprendrons rien à la poétique des Psaumes […] si comme un rythme incessant à l’arrière de notre conscience, nous perdons le sentiment de cette danse sacrée et de ce dialogue avec le son » (Paul Claudel, Le Poëte et la Bible, 1910-1946, éd. Michel Malicet, Dominique Millet et Xavier Tilliette, Paris, Gallimard, 1998, t. 1, p. 72. Nous soulignons).
32 Paul Claudel, Emmaüs, dans Le Poëte et la Bible, 1945-1955 [1998], éd. Michel Malicet, Dominique Millet, Xavier Tilliette, Paris, Gallimard, 2004, t. 2, p. 485. Nous soulignons. Michol est l’épouse du roi David. L’image du bond est précisément le trait principal que retient Claudel dans ses différentes études sur la danse. Le saut est une amplification physique de phénomène d’inspiration (Paul Claudel, Journal, 1904-1932, t. 1, édition établie, présentée et annotée par Jacques Petit, François Varillon, Paris, Gallimard, « Bibliothèque de la Pléiade », 1968, p. 496). Il symbolise également la tentative toujours vaine, mais sans cesse renouvelée, de s’arracher au sol (Paul Claudel, « Nijinski », dans Œuvres en prose, op. cit., p. 386).
33 Lettre à Darius Milhaud, 22 mai 1913, dans Cahiers Paul Claudel III, Paris, Gallimard, 1961, p. 36-37.
34 Une affirmation similaire se lit à propos des Choéphores. Voir Paul Claudel, « Essai de mise en scène et notes diverses », dans Théâtre, édition établie, présentée et annotée par Didier Alexandre et Michel Autrand, Paris, Gallimard, « Bibliothèque de la Pléiade », 2011, t. 1, p. 1356.
35 Concernant le rapport entre rythme et sens, ainsi que la notion de discours, voir Henri Meschonnic, Critique du rythme, anthropologie historique du langage, Lagrasse, Verdier, « Poche », 1982, p. 67.
36 Marie-Ève Benoteau, « Traduire les psaumes. Claudel et Chouraqui », Bulletin de la Société Paul Claudel, n° 197, mars 2010, p. 33.
37 Préface de Paul Claudel, Dodoitzu, dans Paul Claudel, Œuvre poétique, op. cit., p. 755.
38 Ibid., « Le Crapaud », p. 761
39 Ibid., « Cette tache blanche… là-bas », p. 771.
40 Ibid., « La Mouette », p. 1160.
41 Paul Claudel, Positions et propositions, dans Œuvres en prose, op. cit., p. 39.
42 Chaque poème est « un tableau dont tout le charme consiste dans quelques traits d’une justesse parfaite. » (Présentation des Dodoitzu par Paul Claudel dans les Nouvelles littéraires [7 avril 1938], dans Paul Claudel, Œuvre poétique, op. cit., p. 1153).
43 Gilbert Gadoffre, « Claudel et l’univers chinois », dans Cahiers Paul Claudel VIII, Paris, Gallimard, 1968, p. 329.
44 C’est le cas de « La Gelée blanche » (Lying in Moonshine), dans Paul Claudel, Œuvre poétique, op. cit., p. 928-929.
45 Voir supra « La traduction comme immaculée conception ».
46 Présentation par Claudel de Dodoitzu dans les Nouvelles littéraires du 7 avril 1938, dans Paul Claudel, Œuvres en prose, op. cit., p. 1154.
47 C’est d’ailleurs ce que prouve un examen des termes employés pour qualifier ses traductions : leur variété témoigne d’une grande liberté vis-à-vis des cadres traditionnels de la pratique.
48 Préface de Paul Claudel, dans Paul Claudel, Psaumes. Traductions 1918-1959, op. cit., p. 15.
49 Lettre à Darius Milhaud, 22 août 1915, dans Cahiers Paul Claudel III, Paris, Gallimard, 1961, p. 46.
50 Préface de Paul Claudel, dans Paul Claudel, Psaumes. Traductions 1918-1959, op. cit., p. 13.
51 Id., Mémoires improvisés [1954], Paris, Gallimard, « Les cahiers de la NRF », 2001, p. 170-171.
52 Les titres claudéliens filent justement cette métaphore : Paul Claudel répond les Psaumes, Paul Claudel interroge le Cantique des cantiques (Nous soulignons).
53 Préface de Paul Claudel, dans Paul Claudel, Psaumes. Traductions 1918-1959, op. cit., p. 14.
54 Lettre à André Chouraqui, 25 août 1953, citée dans Marie-Ève Benoteau-Alexandre, « Traduire les psaumes. Claudel et Chouraqui », Bulletin de la Société Paul Claudel, n° 197, mars 2010, p. 38.
55 Avant-propos de Pierre Claudel, dans Paul Claudel, Psaumes. Traductions 1918-1959, op. cit., p. 10.
56 Ibid., préface de Paul Claudel, p. 16.
57 Ibid., p. 17.
58 Préface de Paul Claudel, Paul Claudel, Les Sept Psaumes de la Pénitence, Paris, Seuil, 1945, p. 8.
59 Ibid., p. 9.
60 Préface de Paul Claudel, dans Paul Claudel, Psaumes. Traductions 1918-1959, op. cit., p. 14.
61 Id., « Réflexions et propositions sur le vers français », dans Œuvres en prose, op. cit., p. 7.
62 Préface de Paul Claudel, Dodoitzu, dans Paul Claudel, Œuvre poétique, op. cit., p. 755.
63 Préface de Paul Claudel, dans Paul Claudel, Psaumes. Traductions 1918-1959, op. cit., p. 14.
64 Ibid., p. 15 ; lettre à Darius Milhaud, 9 août 1921, dans Cahiers Paul Claudel III, op. cit., p. 69 ; id., « Essai de mise en scène et notes diverses », dans Théâtre, t. 1, op. cit., p. 1356.
65 « C’est donc puisque nous retrouvons dans la conversation le procédé essentiel du Langage, qui est d’abstraire ; dans la conversation que nous étudierons le Langage » (Stéphane Mallarmé, Notes sur le langage, dans Œuvres complètes, édition établie, présentée et annotée par Bertrand Marchal, Paris, Gallimard, « Bibliothèque de la Pléiade », 1998, t. 1, p. 509).
66 Ibid., p. 508-509.
67 Paul Claudel, « Sur l’inspiration poétique », dans Œuvres en prose, op. cit., p. 48.
68 Ibid.
69 Paul Claudel, Journal, 1904-1932, t. 1, op. cit., p. 547. Pour une définition de la poésie se référant au souffle, voir Paul Claudel, « Réflexions et propositions sur le vers français », dans Œuvres en prose, op. cit., p. 32.
70 Claudel écrivait à Mallarmé, le 9 juillet 1897, vouloir par sa traduction rendre « quelque chose du souffle […] eschyléen » (lettre à Stéphane Mallarmé, 9 juillet 1897, dans Cahiers Paul Claudel I, op. cit., p. 52).
71 Paul Claudel, « Mallarmé », dans Œuvres en prose, op. cit., p. 511. Les références à cette question sont nombreuses, notamment dans les Mémoires improvisés (Paul Claudel, Mémoires improvisés [1954], op. cit., p. 74, 75, 76, 145).
72 « J’ai trouvé le secret ; je sais parler ; si je veux, je saurai vous dire / Cela que chaque chose veut dire » (Paul Claudel, Cinq grandes odes, dans Œuvre poétique, op. cit., p. 231).
73 Préface de Paul Claudel, dans Paul Claudel, Les Sept Psaumes de la Pénitence, op. cit., p. 9.
74 Id., « Essai de mise en scène et notes diverses », dans Théâtre, t. 1, op. cit., p. 1354.
75 Le rôle du Choreute est lui-même très proche de celui de l’« Opérateur » chez Mallarmé, rôle que nous avons associé à celui de traducteur. Voir supra « Avènement du traducteur comme “opérateur” du livre ».
76 Ibid., p. 1355.
77 Préface de Paul Claudel, dans Paul Claudel, Psaumes. Traductions 1918-1959, op. cit., p. 14.
78 Id., « La poésie est un art », dans Œuvres en prose, op. cit., p. 53.
79 Préface de Paul Claudel, dans Paul Claudel, Psaumes. Traductions 1918-1959, op. cit., p. 17.
80 Cantique, 2/14. Claudel cite cet extrait dans sa préface à la traduction des psaumes (préface de Paul Claudel, dans Paul Claudel, Psaumes. Traductions 1918-1959, op. cit., p. 9).
81 Préface de Paul Claudel, dans Paul Claudel, Les Sept Psaumes de la Pénitence, op. cit., p. 9, 14.
82 La citation latine, qui clôt également la préface des Sept Psaumes de la pénitence, est tirée du livre du père Jean de Menasce, Quand Israël aime Dieu, Paris, Plon, 1931. Elle est recopiée dans le Journal en 1931 (novembre 1931, dans Paul Claudel, Journal, 1904-1932, t. 1, op. cit., p. 976).
83 Marie-Ève Benoteau-Alexandre, Figures des Psaumes. Genèse, poétique et herméneutique des traductions claudéliennes des psaumes, op. cit., p. 460.
84 Préface de Paul Claudel, Dodoitzu, dans Paul Claudel, Œuvre poétique, op. cit., p. 755.
85 Préface de Paul Claudel, dans Paul Claudel, Psaumes. Traductions 1918-1959, op. cit., p. 16. Nous soulignons.
86 Concernant le polclaudel, voir Marie-Ève Benoteau-Alexandre, Figures des Psaumes. Genèse, poétique et herméneutique des traductions claudéliennes des psaumes, op. cit., p. 457-458. Concernant le claudélien, voir lettre à sœur Marie-Agnès du Sarment, 24 février 1946,dans Correspondance de Paul Claudel avec les ecclésiastiques de son temps. Le Sacrement du monde et l’intention de Gloire, éd. Dominique Millet-Gérard, Paris, Honoré Champion, 2005, t. 1, p. 560. Enfin, le critique André Thérive accorde en 1923 une part importante de son ouvrage Le Français langue morte ? à ce qu’il nomme le « claudélisme ». Voir André Thérive, « Le Claudélisme », Le Français langue morte ?, Paris, Plon-Nourrit, 1923.
87 Préface de Paul Claudel, dans Paul Claudel, Les Sept Psaumes de la Pénitence, op. cit., p. 8.
88 « Je suis censé répercuter le même latin en français. En français, vous pensez ! Vous pensez le genre de français qu’on peut tirer d’une paroi à qui l’on assigne la tâche instantanée de réfléchir ! » (préface de Paul Claudel, dans Paul Claudel, Psaumes. Traductions 1918-1959, op. cit., p. 14).
89 « Ô grammairien dans mes vers ! Ne cherche point le chemin, cherche le centre ! » (Paul Claudel, Cinq grandes odes, dans Œuvre poétique, op. cit., p. 227).
90 Voir le jugement de Pierre Lasserre dans Les Chapelles Littéraires en 1919, cité dans Emmanuelle Kaës, Paul Claudel et la langue, Paris, Classiques Garnier, « Études de littérature des xxe et xxie siècles », 2011, p. 25. Voir également André Beaunier, « L’Annonce faite à Marie », L’Écho de Paris, 3 mai 1921 (ibid., p. 95) ; Joseph de Tonquédec, L’œuvre de Paul Claudel, Paris, Beauchesne, 1917 (ibid., p. 23).
91 Préface de Paul Claudel, dans Paul Claudel, Les Sept Psaumes de la Pénitence, op. cit., p. 8.
92 Cité dans Gérald Antoine, « Claudel et la langue française », Bulletin de la Société Paul Claudel, n° 162, 2e trimestre 2001, p. 18.
93 Ibid. Emmanuelle Kaës, dans Paul Claudel et la langue, a consacré un chapitre à ces jugements (« “Cette façon non française d’user du français” : présupposés de la critique anticlaudélienne », dans Emmanuelle Kaës, Paul Claudel et la langue, op. cit.).
94 Cité dans Gérald Antoine, « Claudel et la langue française », op. cit., p. 18.
95 Louis-Ferdinand Céline, lettre à Albert Paraz, 1949, cité dans Gérald Antoine, « Claudel et la langue française », op. cit., p. 18. On retrouve ici la critique d’Arsène Henry, selon lequel Claudel « écrit en haut allemand » (cité dans Gérald Antoine, « Claudel et la langue française », op. cit., p. 18).
96 Cité dans Gérald Antoine, « Claudel et la langue française », op. cit., p. 19.
97 Émile Goudeau, L’Événement, 20 janvier 1897, cité dans Bertrand Marchal (dir.), Mallarmé, Paris, Presses de l’Université Paris-Sorbonne, « Mémoire de la critique », 1998, p. 409. Dans le cas de Claudel, les langues auxquelles la critique fait le plus volontiers référence pour évoquer le style claudélien sont l’allemand et l’hébreu (Emmanuelle Kaës, « Claudel allemand, Claudel hébreu : un fonds nationaliste et xénophobe », Paul Claudel et la langue, op. cit., p. 56-63).
98 Cité dans Gérald Antoine, « Claudel et la langue française », op. cit., p. 18. Pierre Lasserre affirme que la langue de Claudel « a l’air d’une traduction étrangère » (ibid.), et va jusqu’à prétendre offrir au lecteur les paroles d’un poète allemand inconnu qu’il aurait lui-même traduites quand il s’agit en réalité d’un passage de La Ville.
99 L’extrait cité est le suivant : « la multiplicité, sur terre, des idiomes empêche personne de proférer les mots qui, sinon, se trouveraient, par une frappe unique, elle-même matériellement la vérité (Mallarmé) » (Paul Claudel, Journal, 1904-1932, t. 1, op. cit., p. 245). Chez Mallarmé : Stéphane Mallarmé, « Crise de vers », dans Œuvres complètes, édition établie, présentée et annotée par Bertrand Marchal, Paris, Gallimard, « Bibliothèque de la Pléiade », 2003, t. 2, p. 208.
100 Paul Claudel, Journal, 1904-1932, t. 1, op. cit., p. 245.
101 Stéphane Mallarmé, Les Mots anglais, dans Œuvres complètes, t. 2, op. cit., p. 1025.
102 Lettre à Maurice Pottecher, 29 septembre 1893, dans Cahiers Paul Claudel I, op. cit., p. 80.
103 Henri Meschonnic, « Entre traduire et non traduire – Claudel le psalmiste », dans François Angelier (dir.), L’Approbation sacrée : Paul Claudel et la Bible, Paris, Classiques Garnier, « Études de littérature des xxe et xxie siècles », 2011, p. 140.