1 L’invitation de l’Anthropocène à reconnecter histoire humaine et temps géologique est développée et étudiée dans l’article de Dipesh Chakrabarty, « Le climat de l’histoire : quatre thèses », trad. Charlotte Nordmann, Revue internationale des livres et des idées, n° 15, janv.-févr. 2010, p. 22-31.
2 Le travail de Jussi Parikka est essentiel à cet égard, notamment dans What Is Media Archaeology ?, Malden (MA), Polity, 2012, et A Geology of Media, Minneapolis, University of Minnesota Press, 2015. Sur le Dead Media Project de Bruce Sterling, voir http://www.deadmedia.org. Je pense aussi à l’exposition Fossils of the Anthropocene d’Erik Hagen à la galerie d’art de l’American Association for the Advancement of Science (AAS), à Washington, en 2014.
3 Ian Sample, « Google Boss Warns of “Forgotten Century” », The Guardian, 13 février 2015. L’article cite des propos de Vint Cerf qui, de la part du vice-président de Google, devraient nous interpeller : « S’il y a des photos auxquelles vous tenez vraiment, imprimez-les. »
4 Tiffany Werth, « Loving London Stone », Upstart. A journal of Renaissance English Studies, 14 février 2014 [En ligne].
5 Jeffrey Jerome Cohen, Stone. An Ecology of the Inhuman, Minneapolis, University of Minnesota Press, 2015, p. 21.
6 Sur les « choses » dans la syllogomoanie, voir la conférence de Jane Bennett « Powers of the Hoard. Artistry and Agency in a World of Vibrant Matter » [En ligne].
7 Voir Olivier Dugué, Laurent Dujardin, Pascal Leroux et Xavier Savary, La Pierre de Caen. Des dinosaures aux cathédrales, Condé-sur-Noireau, Éditions Charles Corlet, 2010, chapitre 1, « Géologie du Calcaire de Caen », p. 11-36.
8 Ibid., p. 24. Le village où la pierre a été extraite s’appelle aujourd’hui Fleury-sur-Orne.
9 À cette époque, la France était ce que les géologues appellent une plateforme, une surface plus ou moins plane recouverte d’eau de mer et sur laquelle se déposent des couches successives de sédiments. À ce stade, seules trois « îles » émergeaient. Pour plus de détails, voir Olivier Dugué et al., La Pierre de Caen, op. cit, p. 12.
10 Sur l’idée de la Terre comme machine à enregistrer, voir John Durham Peters, « Space, Time, and Communication Theory », Canadian Journal of Communication, vol. 28, n° 4, 2003, p. 397-412 [En ligne].
11 John Ashurst et Francis G. Dimes, Conservation of Building and Decorative Stone, Abingdon, Routledge, 2011, vol. 2, p. 121.
12 Sur l’architecture à l’époque moderne en France, voir Frédérique Lemerle et Yves Pauwels, L’Architecture à la Renaissance, Paris, Flammarion, 1998 ; Anthony Blunt, Art and Architecture in France, 1500-1700, New York, Penguin, 1981 ; et Henri Zerner, L’Art de la Renaissance en France. L’invention du classicisme, Paris, Flammarion, 1996.
13 Pour une introduction sur le Louvre de l’époque moderne, voir Henri Zerner, L’Art de la Renaissance en France, op cit., p. 157-160 ; Christiane Aulanier, « Le Palais du Louvre au xvie siècle. Documents inédits », Bulletin de la Société de l’histoire de l’art français, 1951, p. 85-100 ; Phillip John Usher, « From Marriage to Massacre. The Louvre in August 1572 », L’Esprit Créateur, vol. 54, n° 2, été 2014, p. 33-44.
14 Pour l’Hôtel de Than, voir Bernard Beck, « Les monuments civils de la Renaissance caennaise », dans Bernard Beck et al., L’Architecture de la Renaissance en Normandie, Actes du colloque de Cerisy-la-Salle, Caen, Éditions Bernard Beck/Presses universitaires de Caen, 2003, p. 142 ; Philippe Lenglart, Caen. Architecture et Histoire, Condé-sur-Noireau, Corlet, 2008, p. 209, 216-218, 221. Pour l’Hôtel de Nollent, voir Bernard Beck, « Les monuments civils », op. cit., p. 142-143 ; Philippe Lenglart, Caen. Architecture et Histoire, op. cit., p. 218-219.
15 Sur l’importance des Trionfi en dehors de l’Italie, voir entre autres Robert Coogan, « Petrarch’s Trionfi and the English Renaissance », Studies in Philology, vol. 37, n° 3, 1970, p. 306-327. Coogan nous rappelle que Roger Ascham, dans The Scholemaster (1563-1568), déplorait que les Anglais italianisés aient « plus de révérence pour les Triomphes de Pétrarque que pour la Genèse de Moïse » (p. 306).
16 Patricia L. Corcoran, Charles J. Moore et Kelly Jazvac, « An Anthropogenic Marker Horizon in the Future Rock Record », GSA Today, vol. 24, n° 6, juin 2014, p. 5.
17 Le Great Pacific Garbage Patch est pour l’essentiel invisible à l’œil nu, car il est principalement constitué de microdéchets plastiques ; mais en tant que « projection de culpabilité », en tant qu’« archipel de déchets », il reste une image mobilisatrice convaincante, tant sur le plan pratique que théorique. Pour de premières réflexions à ce sujet, voir Daniel Engber, « There Is No Island of Trash in the Pacific », Slate, 12 septembre 2016 [En ligne]. L’état de la plage de Kamilo est une version concentrée de cet archipel.
18 Chris Maser, Interactions of Land, Oceans, and Humans. A Global Perspective, Londres, CRC, 2015, p. 147.
19 Bruno Latour, Face à Gaïa. Huit conférences sur le nouveau régime climatique, Paris, La Découverte, 2015, p. 159.
20 Jules Michelet, Introduction à l’histoire universelle, Paris, Hachette, 1831, p. 5.
21 Ibid., p. 6.
22 Il y aurait beaucoup à dire sur le rôle joué par les savants du xixe siècle dans la définition de la Renaissance comme le moment historique de la séparation de l’homme et de la nature, une vision complètement erronée de ce dont les penseurs et les écrivains de l’époque moderne ont témoigné. Notons simplement que Jacob Burckhardt, par exemple, a déclaré que le début de la modernité coïncidait avec l’histoire de « la séparation de l’homme de la nature », rendue possible par « l’éveil de l’esprit » de la Renaissance. Christophe Bonneuil et Jean-Baptiste Fressoz, L’Événement Anthropocène. La Terre, l’histoire et nous, Paris, Seuil, 2013, p. 45-46. Une étude complète sur le clivage Nature/Culture dans les textes du xixe siècle sur les premiers modernes serait très opportune et précieuse.
23 Les principales références pour l’art et l’architecture de la France du xvie siècle mentionnées plus haut dans les notes de ce chapitre (Lemerle et Pauwels, L’Architecture à la Renaissance ; Blunt, Art and Architecture in France, 1500-1700 ; et Zerner, L’Art de la Renaissance en France) présupposent toutes une distinction claire entre « l’homme » et la « nature ». Que ces travaux cherchent à se placer explicitement dans la lignée de Burckhardt et/ou de Michelet, ils expriment toujours ce même principe d’une séparation claire.
24 À propos de ce bâtiment, voir Bernard Beck, « Les monuments civils », op. cit., p. 145-150 ; Philippe Lenglart, Caen, op. cit., p. 122-134 ; ainsi qu’Andreas Förderer, « L’hôtel d’Escoville à Caen : essai de restitution de l’état original », dans Bernard Beck et al. (dir.), L’Architecture de la Renaissance en Normandie, op. cit., p. 163-174.
25 Voir Jean-Luc Nancy, Au fond des images, Paris, Galilée, 2003.
26 Olivier Dugué et al., La Pierre de Caen, op. cit., p. 41. Pour une présentation plus développée de ces statues dans une perspective similaire, voir Phillip John Usher, « The Night before Geology. Fossil Stories from Early Modern France », dans Phillip John Usher, Renaissance Storytelling, éd. Emily Thompson, Newark, University of Delaware Press, à paraître.
27 L’édition originale est Charles de Bourgueville, Les Recherches et antiquitez de la province de Neustrie, à présent duché de Normandie, comme des villes remarquables d’icelle, mais plus spécialement de la ville et université de Caen, par Charles de Bourgueville... ; Les Recherches et antiquitez de la ville et université de Caen et lieux circonvoisins des plus remarquables, par Charles de Bourgueville, sieur du lieu de Bras et de Brucourt, Caen, impr. de J. Le Fèvre, 1588, BnF Rés. LK2-n80 (A). Les citations sont extraites de l’édition suivante du xixe siècle : Les Recherches et antiquitez de la province de Neustrie, Caen, impr. de T. Chalopin, 1833. Bourgueville est également l’auteur de plusieurs autres ouvrages, dont le plus mémorable est Athéomachie et discours de l’immortalité de l’âme et résurrection des corps, Paris, Martin Le Jeune, 1564. Il était aussi traducteur – et ce détail aura son importance : Dares Phrygius, L’Histoire véritable de la guerre des Grecs et des Troyens… escrite premièrement en grec par Darès de Phrygie, depuis traduite en latin par Cornille Nepveu et faite françoise par Charles de Bourgueville, Caen, B. Macé, 1570.
28 Voir Marie-Madeleine Fontaine, « L’intérêt pour l’architecture chez les écrivains normands. Charles de Bourgueville, Guy Le Fèvre de la Boderie, Jean Doublet et quelques autres », dans Bernard Beck et al. (dir.) L’Architecture de la Renaissance en Normandie, op. cit., p. 59-81.
29 Charles de Bourgueville, Les Recherches et antiquitez, op. cit., livre I, p. 5.
30 Ibid., livre I, p. 6.
31 Ibid., livre II, p. 24.
32 Ibid., livre II, p. 19.
33 Ibid., livre II, p. 20.
34 Ibid., livre II, p. 252.
35 François de Belleforest, La Cosmographie universelle, Paris, Michel Sonnius, 1575.
36 Charles de Bourgueville, Les Recherches et antiquitez, op. cit., livre II, p. 266.
37 Ibid.
38 Charles de Bourgueville, Les Recherches et antiquitez, op. cit., livre II, p. 171.
39 Parmi les ouvrages importants de l’épigraphie moderne précoce, voir, par exemple, les Epigrammata antiquae Urbis (1521) de Giacomo Mazochi, qui rassemblent environ trois mille inscriptions de Rome et de ses environs, ainsi que les Inscriptiones sacrosanctae vetustatis (1534) de Peter Apian. Deux des ouvrages les plus importants de cette période sont les Inscriptiones antiquae totius orbis Romani de Jan Gruter (1602-1603) et les Antiquitates Romanae de Jean-Jacques Boissard (1597-1602). L’épigraphie moderne a fait l’objet de nombreuses études. Pour commencer, voir William Stenhouse, Reading Inscriptions and Writing Ancient History. Historical Scholarship in the Late Renaissance, Londres, Institute of Classical Studies, 2005.
40 Charles de Bourgueville, Les Recherches et antiquitez, op. cit., livre I, p. 5.
41 Charles de Bourgueville, Les Recherches et antiquitez, op. cit., livre I, p. 7.
42 Pour une liste d’anagrammes contemporains similaires, dans laquelle figure celui de Bourgueville, voir Prosper Blanchemain, « Catalogue des anagrames, devises & pseudonymes des poètes du xvie siècle », dans Édouard Rouveyre et Octave Uzanne (dir.), Miscellanées bibliographiques, Paris, Édouard Rouveyre, 1878, p. 161-167.
43 Charles de Bourgueville, Les Recherches et antiquitez, op. cit., livre I, p. 3. Son image est sur la même page.