1 Voir le manuscrit « C » du Dictionnaire des idées reçues de Gustave Flaubert [http://www.dossiers-flaubert.fr/cote-g228_f_002__v____-ms] (« Art : Ça mène à l’hôpital. À quoi ça sert ? puisqu’on le remplace par des mécaniques qui font “mieux et plus vite” ») repris notamment dans l’édition Gallimard, établie par Claudine Gothot-Mersch, « Folio », 2017, p. 16.
2 Voir deux approches complémentaires sur cette découverte fondamentale : Paule Petitier, « La découverte du passé chez Augustin Thierry et Michelet » et Jacques Rancière, « Du lieu du texte au séjour des morts. L’autodidacte et le savant », dans Jacqueline Carroy et Nathalie Richard (dir.), La Découverte et ses récits en sciences humaines, Paris, L’Harmattan, 1998, p. 195-212 et p. 269-280.
3 Voir à ce propos le numéro éponyme de la revue Gradhiva, sous la direction d’Alice Aterianus-Owanga et Nora Greani (n° 24, 2016).
4 « Fonction de l’atelier », dans Ragile, Paris, septembre 1979, t. III, p. 72-77. Les autres citations de Daniel Buren proviennent également de ce texte.
5 Cette nouvelle institution est alors définie comme suit : « Dépôt de tous les actes qui établissent la constitution du royaume, son droit public, ses lois et sa distribution en départements », par le décret du 12 septembre 1790 sur les archives.
6 Nous renvoyons ici notamment au programme de recherche « Écologie des collections », conduit dans le cadre des labex CAP et Patrima.
7 Voir l’article 12 du décret n° 79-1037 du 3 décembre 1979 qui définit la compétence des services d’archives publics : « Sont considérés comme archives courantes les documents qui sont d’utilisation habituelle pour l’activité des services, établissements et organismes qui les ont produits ou reçus. La conservation des archives courantes incombe […] aux services, établissements et organismes qui les ont produites ou reçues ». Précisons d’emblée que ces archives courantes ne doivent légalement pas faire l’objet de destructions par les agents producteurs des dossiers. Mais l’archiviste Yves Pérotin l’avait bien relevé, il est fort difficile de ne pas considérer les papiers détruits au fil de la production « comme des papiers de corbeille », et de faire autrement que de qualifier « d’archives ceux qui restent au bout de quelques années » (Yves Pérotin, « Le grenier de l’Histoire et les récoltes excédentaires », La Gazette des archives, n° 50, 1965, p. 139).
8 Voir l’article R 212-14 du livre II du Code du patrimoine : « La personne chargée du contrôle scientifique et technique de l’État sur les archives établit les listes des documents dont elle propose l'élimination et les soumet au visa de l’administration d'origine […]. Lorsque les services, établissements et organismes désirent éliminer les documents qu'ils jugent inutiles, ils en soumettent la liste au visa de la personne chargée du contrôle scientifique et technique de l'État sur les archives. » Le plus ancien texte législatif français relatif au tri remonte à l’an II de la Révolution (1794). La doctrine aujourd’hui en vigueur est le « Cadre méthodologique pour l'évaluation, la sélection et l'échantillonnage des archives publiques », édité en juillet 2014 par le Service interministériel des Archives de France.
9 Il est pratiquement impossible d’obtenir des chiffres précis relatifs aux pourcentages d’élimination globaux sur tout le territoire, tant la pratique (pourtant très réglementée) varie en fonction des types de documents et des échelons de l’administration, mais il n’est pas rare d’entendre avancer des pourcentages supérieurs à 50 % (voir Richard Lauraire, « De nouveaux savoir-faire des archivistes ? », dans Christian Hottin et Claudie Voisenat [dir.], Le Tournant patrimonial. Mutations contemporaines des métiers du patrimoine, Paris, Maison des sciences de l’homme, 2016, p. 152-153), certains avançant que seule une proportion de 1 à 20 % de ce qui est produit possède une véritable valeur « secondaire » (voir Vincent Doom, « L’évaluation scientifique des archives, principes et stratégies. Du melon au diamant », La Gazette des archives, n° 202, 2006, p. 5-43).
10 L’élimination réglementaire des documents ne peut intervenir qu’une fois échu un délai nommé par convention « Durée d’utilité administrative » (DUA).
11 Afin de distinguer, à l'écrit, les deux dénominations, on écrit avec une majuscule Archives lorsque l'on désigne le bâtiment ou l'institution, et non pas les documents.
12 Les différents « âges » des archives sont officiellement définis par le décret n° 79-1037 du 3 décembre 1979 cité plus haut. Après les archives courantes, il y a les archives intermédiaires (dossiers clos, mais conservés à proximité, dans un local de préarchivage, pour des raisons d’activité du service ou de prescription légale), puis les archives définitives (dossiers présentant un intérêt historique, qui doivent donc être conservés définitivement).
13 Michel Foucault, L’Archéologie du savoir, Paris, Gallimard, 1969, p. 169.
14 Jacques Derrida, Mal d’archive : une impression freudienne, Paris, Galilée, 1995.
15 Jacques Derrida a tenu le 5 juin 1994 la conférence « The Concept of the Archive : A Freudian Impression », publiée ensuite sous le titre « Archive Fever : a Freudian Impression », Diacritics, vol. 25, n° 2, été 1995, p. 9-63.
16 Ingrid Schaffner and Matthias Winzen (dir.), Deep Storage : Collecting, Storing, and Archiving in Art, Munich/New York, Prestel, 1998.
17 Les Artistes contemporains et l’archive : interrogation sur le sens du temps et de la mémoire à l’ère de la numérisation, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2004.
18 Anne Bénichou, Un imaginaire institutionnel : musées, collections et archives d’artistes, Paris, L’Harmattan, 2013.
19 Hal Foster, « An Archival Impulse », October, vol. 110, 2004, p. 3-22.
20 Hal Foster, Bad New Days : Art, criticism, Emergency, New York, Verso, 2015.
21 Voir, dernièrement, Gabriel Ferreira Zacarias et Nicolas Heimendigner, « Entretien avec Hal Foster », Marges, n° 25, automne 2017, p. 140-145.
22 Isabelle Barbéris (dir.), L’Archive dans les arts vivants. Performance, danse, théâtre, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2015.
23 Patrick Nardin, Catherine Perret, Soko Phay et Anna Seiderer, Archives au présent,Saint-Denis, Presses universitaires de Vincennes, 2017.
24 Aline Caillet et Frédéric Pouillaude (dir.), Un art documentaire. Enjeux esthétiques, politiques et éthiques, Presses universitaires de Rennes, « Aesthetica », 2017.
25 Anne Bénichou (dir.), Intermédialités, nos 28-29 (« Refaire/redoing »), automne 2016-printemps 2017.
26 Voir, par exemple, Les Archives de Christian Boltanski. 1965-1988, 1989, métal, lampes, fils électriques, photographies noir et blanc et couleur, papier, 270 x 693 x 35,5 cm. Installation murale constituée de 646 boîtes à biscuit contenant environ 1200 photographies et 800 documents divers éclairées par des lampes de bureau et fils électriques (collection MNAM-Centre Pompidou).
27 « Art and Language », Index 01, 1972.
28 The File Room a d’abord été présenté comme installation au Chicago Cultural Center du 21 mai au 4 septembre 1994. Elle a été exposée à de nombreuses reprises par la suite, notamment à la Biennale de Lyon en 1995, avant d’être mise en ligne en 2001. Voir http://nt2.uqam.ca/fr/repertoire/file-room (page consultée le 20.12.2017).
29 Il faudrait étendre cette remarque aux commissaires d’exposition, dont les archives sont parfois assez spectaculaires. On pense en particulier aux archives d’Harald Szeemann, acquises en 2011 par le Getty Research Institute.
30 Le projet, soutenu par le labex Arts-H2H, s’est développé durant trois ans, entre 2015 et 2017.
31 Voir l’Almanach national de France, an II, p. 137.
32 Archive Fever : Uses of the Document in Contemporary Art, [Göttingen], Steidl Verlag, 2008.
33 « C’est lui qui d’un geste fit entrer pour des siècles les archives dans la vie ; lui qui de papiers morts tira le premier du sang chaud et vivant » (Lucien Febvre, « Le sens de l’Histoire : Michelet », Cahiers de Radio-Paris, 9e année, n° 6, 1938, p. 559-564).
34 Sur cette question, voir Nelson Goodman, Languages of Art, Indianapolis, Hackett publishing Company, 1976, p. 99-123.
35 Nelson Goodman, L’Art en théorie et en action (1984), trad. J.-P. Cometti et R. Pouivet, Paris, L’Éclat, 1996, p. 50-51.
36 Pour une description de ces instructions, voir le dossier de presse de l’exposition « Sol LeWitt dessins muraux 1968-2007 », Centre Pompidou-Metz, 7 mars 2012-29 juillet 2013. En ligne [https://www.centrepompidou-metz.fr/sites/default/files/issuu/_dp_slw_fr_0.pdf] consulté le 20 décembre 2017.
37 Sur cette histoire, voir Francine Couture, « Variabilité, identité spécifique et numérique des œuvres contemporaines », Muséologies, vol. 5, n° 1, automne 2010, p. 168-172.
38 Le MAMCO de Genève en a notamment acheté un exemplaire en 1994.
39 On est ce que l’on garde !, exposition au musée Picasso, Paris, 22 octobre 2003-19 janvier 2004.
40 Pour une vision plus exhaustive de l’ensemble du projet, voir le site [http://replay.labex-arts-h2h.fr/].
41 Nous faisons ici allusion aux rencontres coorganisées par le Mucem, l’École supérieure d’art et de design Marseille-Méditerranée et le Centre Norbert-Elias/EHESS (programme « La fabrique des écritures innovantes en sciences sociales ») : « La position du chercheur. Rencontres indisciplinées : arts et sciences sociales », qui se sont tenues à Marseille du 8 au 10 novembre 2017.