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    Plan détaillé Texte intégral I. La mixité et l’accès à la pratique sportive II. La mixité hors du terrain : entre immersion et émersion Notes de bas de page Auteur

    Acteurs et valeurs du sport

    Ce livre est recensé par

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    Table des matières

    Sport et mixité : La coexistence des femmes et des hommes dans le domaine sportif, fluctuat nec mergitur

    Didier Guignard

    p. 179-197

    Texte intégral I. La mixité et l’accès à la pratique sportive A. La mixité des disciplines et des épreuves, une évolution inachevée B. La problématique des équipements publics, l’entre deux eaux II. La mixité hors du terrain : entre immersion et émersion A. L’encadrement sportif, immersion en eaux troubles B. La mixité des instances, les lacunes législatives émergentes Notes de bas de page Auteur

    Texte intégral

    1À l’heure de la Coupe du Monde de Football au Qatar en novembre-décembre 2022 et à quelques mois de la prochaine Coupe du Monde de Rugby en 2023 et des futurs Jeux Olympiques d’été de 2024 en France et Outre-mer, le sport, audience à l’appui (la finale de Football France-Argentine a été vue par 24,08 millions de téléspectateurs « record historique d’audience »1), est un phénomène et une activité marqués par la et sa mondialisation.

    2Selon le rapport public du Conseil d’État de 2019, « constitué d’une multitude de pratiques, individuelles ou collectives le sport comporte une dimension culturelle, qui repose sur une histoire, sur le suspense du jeu, sur des records, mais aussi sur la diversification et l’évolution du geste sportif. Fait social global, il reflète les évolutions sociales et économiques contemporaines »2. Le choix parcimonieux des mots prend tout leur sens : « Le sport peut agir comme un facteur de cohésion nationale, de citoyenneté et d’éducation. Il constitue (…) un objet de politique publique »3. Les rapporteurs énoncent : « Le sport est enfin marqué par une ambivalence fondamentale ». Les auteurs en recensent certaines4, il convient d’y adjoindre celle relative à la mixité.

    3Sport et mixité ne relèvent pas du trait d’union, mais du point d’interrogation ou de suspension. Dans certains cas plus que d’ambivalence, c’est de contradiction, ou encore de clivage voire d’opposition dont il faut parler. Si la pratique sportive s’avère universelle, tout petit enfant saisit la balle par la main ou la pousse par son pied, rapidement en grandissant cette activité devient genrée. Sur ce vocable, le dictionnaire Larousse note, au sens premier et principalement sociologique : « Relatif au genre, aux différences non biologiques, mais sociales, culturelles, entre les hommes et les femmes » et par extension (sic) « Basé sur le genre, sur la distinction masculin-féminin telle qu’elle est inculquée »5. Cette étude s’insère donc dans une approche de la mixité en matière sportive par le prisme de « la question du masculin/ féminin » (sic)6. La thématique sport et mixité sociale notamment par l’entremise des enjeux de l’immigration, des différences sociales, de la démocratisation du sport s’avère un prisme connu et classique notamment dans de nombreuses représentations médiatiques. Les sports et les vacances d’hiver sont souvent présentés caricaturalement comme celles « des activités des riches ». La récente proposition de la Ministre des sports et des Jeux olympiques et paralympiques d’inviter certains supporters de Liverpool à la suite de l’épisode de la finale de la ligue des champions de l’UEFA 2022 à Paris à assister à un match de la prochaine coupe du monde de rugby en France, a conduit certains médias à qualifier la démarche de « bourde »7, d’autres parlent de « tollé provoqué »8. Cette dualité football ‒ rugby et le manque de mixité sociale ont tout particulièrement été abordés et étudiés à l’échelle de l’Afrique du Sud9 et retranscrits notamment cinématographiquement ‒ Invictus ‒.

    4Des précisions sémantiques apparaissent nécessaires pour expliciter certains des enjeux et problématiques. Le rapport du Conseil d’État évoque le terme mixité pour la première fois à la page 17 dans la synthèse relative à l’objectif de « Démocratiser les activités physiques et sportives pour répondre aux besoins sanitaires, éducatifs et culturels » (sic). Il est indiqué : « La promotion de la mixité dans l’éducation sportive, dès le plus jeune âge, constitue un des vecteurs essentiels de l’égal accès des femmes et des hommes aux activités physiques et sportives » et de tout ce qui y concourt (moniteur, dirigeant …).

    5Des auteurs soulignent mixité et parité « ne sont pas synonymes. La mixité désigne la coexistence des deux sexes dans un même espace social, sans impératif d’équilibre numérique strict entre filles et garçons (…) en ce sens la mixité qui s’oppose au principe de séparation, ne garantit pas l’égalité. En revanche la parité pose comme principe la séparation égale, dans sa forme numérique, des deux groupes de sexe dans les institutions (…) Si la parité renvoie à une approche correctrice des inégalités entre les sexes, elle n’implique pas nécessairement des interactions entre les uns et les autres »10. Essentiellement, le sport est universel, mais effectivement il ne s’applique pas à la totalité des personnes ; a fortiori dans sa dimension « sportive », à savoir en tant qu’activité réglementée obéissant à des règles précises, où à l’exception pour les disciplines olympiques de l’équitation, les compétitions ne sont pas complètement mixtes11. La mixité varie selon le « terrain » ou l’objet d’observation (pratiquant ou encadrant). D’aucuns rappellent, « comme le mot ville, celui de sport est polysémique. En simplifiant la réalité, une première approche permet de distinguer deux types de sports et deux types de sportifs engagés dans des activités réelles : les sportifs au sens strict et les ludo-sportifs »12. D’autres insistent sur le distinguo entre le sport et les activités physiques ou sportives13. De nouvelles pratiques, dans toute la polysémie de ce vocable, ont vu le jour, non seulement de nouvelles activités telles le « korfbal » ou « L’ultimate » sont mixtes14, mais nombre de pratiquants ne sont pas licenciés donc échappent à la « codification » ou l’« institutionnalisation »15 et ils ne s’inscrivent pas ou plus dans une optique de compétition16. Le Conseil d’État rappelle que la compétition (9 %) n’est plus la finalité majeure. Santé (46 %), détente (36 %), plaisir et amusement (33 %), amélioration de la forme (30 %) sont les principaux moteurs17 et peuvent en partie expliquer l’augmentation de la pratique féminine entre 2009 et 201518. Cependant, le sport constitue un reflet de la société, il semble délicat de passer outre la dimension culturelle précitée et tout ce qu’elle recouvre tout particulièrement quant à l’accès et plus encore hors du terrain où le genre ne devrait nullement poser de question. La métaphore de l’iceberg semble de mise pour évoquer la thématique de la mixité, à savoir le fait de comprendre des personnes de sexe différent en matière sportive. Selon certains, la participation de femmes à des épreuves sportives pouvait s’avérer négative et aux effets néfastes sur et pour l’image sportive notamment à l’époque de la relance de l’idée et du « navire » olympiques. Quant aux mots entre autres de Coubertin, il convient de rappeler que dans l’article paru à la Revue olympique n° 79, de juillet 1912 il dissocie la question des « concours féminins » (sic) de celle « des engagements pêle-mêle sans distinction de sexe » (sic)19.

    6Le focus sur la participation féminine aux compétitions sportives ne constitue qu’un aspect de l’enjeu de la mixité en matière sportive, d’autres sont immergés ou affleurent à peine, notamment « hors du terrain ». Une des pionnières du sport féminin20 ‒ Alice Milliat – fit uniquement en 2021 son entrée au « panthéon » du sport français (le hall de la maison du sport français, siège du comité national olympique du sport français) aux côtés de Pierre de Coubertin ; reconnaissance tardive pour celle qui fut « l’une des fondatrices de la Fédération des sociétés féminines sportives de France en 1917 (…) et qui fonda en 1921 la Fédération sportive féminine internationale (FSFI) » 21, superbe pied de nez vis-à-vis de Pierre de Coubertin22. Si les femmes participèrent effectivement en 1912, ce n’est qu’en 1968 à l’occasion des jeux Olympiques de Mexico que Enriqueta Basilio deviendra « le dernier relais de la torche et allumera la vasque olympique »23. Désormais seule la lutte gréco-romaine demeure une discipline exclusivement masculine24, il faut préciser selon Béatrice Barbusse que « souvent, ce sont des hommes qui ont créé les règles séparant les hommes et les femmes »25. Pourtant, certains indices attestent d’une ou des évolutions, le combat juridique des footballeuses-américaines26, ou encore la loi du 2 mars 2022 visant à démocratiser le sport « rénove la gouvernance des fédérations sportives en imposant une parité progressive intégrale dans les instances dirigeantes »27. En cela il semble délicat d’évoquer en se référant à l’accès au(x) terrains(s) sportifs (I) et hors terrain (II) d’une exception sportive quant à l’enjeu de la mixité.

    I. La mixité et l’accès à la pratique sportive

    7Les études et articles ne manquent pas relatant l’évolution du nombre de disciplines mixtes depuis quelques décennies. Dans l’optique des jeux Olympiques de 2020, il était loisible de lire : « À Tokyo, il n’y aura pas que l’athlétisme qui présentera des disciplines mixtes. Pour renforcer l’attrait dans certains sports, mais aussi pour se conformer à l’Agenda 2020 du CIO, le judo, le triathlon et la natation présenteront pour la première fois des disciplines mixtes aux JO de 2020 »28. Cette mixité dans les épreuves est une entreprise de longue haleine, requiert des précisions et s’avère encore sources de débats (A). Les évolutions en matière de compétition constituent un aspect d’une problématique plus vaste celle de l’accessibilité au terrain, et tout particulièrement des femmes aux équipements sportifs (B).

    A. La mixité des disciplines et des épreuves, une évolution inachevée

    8En 1900 lors de la première présence des femmes aux jeux Olympiques ‒ dans le cadre de l’exposition universelle ‒, 22 sur 997 athlètes, concoururent dans 5 disciplines, le tennis, et le golf exclusivement féminine et les trois autres mixtes le croquet, la voile et l’équitation29. Seule cette dernière demeure la discipline mixte, puisque la voile a institué à partir de 1988 des épreuves séparées « introduites spécialement à leur attention » (sic)30. L’équitation donne l’occasion à des femmes et des hommes de s’affronter dans les trois disciplines (le dressage, le concours complet, le saut d’obstacle)31.
    « Aux Jeux Olympiques 2018 de PyeongChang en Corée du Sud, aucun sport n’était mixte à proprement parler ; pour chaque épreuve, un homme et une femme ont été sacrés champions olympiques »32. Le propos peut surprendre, mais affine ce que recouvre la mixité. En effet, l’étude des épreuves au programme des jeux dits d’hiver montre le déroulement de certaines en couple ou en duo (cas pour le patinage), les participants forment un ensemble, mais il n’y a pas un affrontement sportif direct homme-femme. D’où l’assertion dans cette même étude « Sur les 102 épreuves des Jeux de PyeongChang, 8 étaient mixtes » (sic).

    9Clin d’œil de l’histoire, profitant « de préjugés momentanément plus favorables aux femmes dans le contexte de guerre » (sic) en 1917 quelques-unes pratiquaient le football ; la première rencontre féminine se déroula fin septembre de cette même année33. « Après plusieurs parties entre elles durant le mois d’octobre, ces footballeuses34 n’ayant pas trouvé d’équipe féminine pour faire des matches, rencontrent des équipes scolaires masculines (…) Elles jouent en effet d’abord contre les élèves (du lycée Buffon) le dimanche 28 octobre, offrant ainsi pour la première fois aux spectateurs, un match « mixte »35 alors que la mixité des filles et des garçons est tant redoutée à l’école. Puis elles jouent contre d’autres équipes masculines de jeunes gens âgés d’une quinzaine d’années issues d’autres établissements scolaires parisiens (...). Elles rencontrent également les équipes de jeunes des grands clubs sportifs de la capitale, le Stade Français, le Club Français, le Club Athlétique de la Société Générale »36. Cette particularité n’est « nullement géographique » (sic) et de telles rencontres se déroulent également en province ; la nécessité face aux contingences explique cet état de fait37. Toutefois, rapidement, la séparation s’instaure, il convenait de marcher dans les pas « des stéréotypes » (sic)38 dominant en matière sportive. En ce domaine, plus que tout autre, la mixité est une question ou une assertion délicate voire un débat sans fin ; en effet à l’exception de certains cas marginaux et disciplines, il est généralement difficile de voir femmes et hommes s’affronter individuellement39. « L’écart de performance entre les hommes et les femmes s’est réduit. Mais depuis les années 90, on mesure un écart stable de 10 % sur des épreuves parfaitement comparables »40. Qu’il s’agisse de distance (110 mètres haies pour les hommes, 100 mètres pour les femmes) d’épreuves (pour celles dites combinées, les hommes concourent lors d’un décathlon, les femmes lors d’un heptathlon) ou de poids des engins de lancers, des différences existent entre les épreuves masculines et féminines41. Incontestablement des cas singuliers sont à mentionner, notamment la victoire de Billie Jean King face à Bobby Riggs, l’une est âgée de 29 ans et numéro 1 mondiale, l’autre de 55 ans le jour de leur opposition en 1973. Quant à Lindsay Vonn, la skieuse se déclarait désireuse, mais en vain, de pouvoir concourir contre les hommes, ou encore la golfeuse Michelle Wie « en 2006 (…). Au terme de quatre tours, elle se classe à douze coups du vainqueur »42. Si la mixité présente un intérêt et un avenir en matière de haute compétition, il convient de l’adapter par une redéfinition des règles et modalités des jeux. Tel est le cas dans la version moderne du volley-ball et le poste libero43, celui-ci par ses restrictions pourrait être un objet ou sujet à la mixité44. Si les critères actuels de détermination des participants aux épreuves persistent, la mixité ne peut être que limitée et son intérêt très relatif : « mais si c’est juste pour faire partir sur la même ligne de départ hommes et femmes, cela n’a pas d’intérêt. Il n’y aura pas de surprise à l’arrivée : un peu comme si on faisait partir en même temps des gens de 25 et 65 ans », tout en apportant certaines nuances45. Toutefois, si le sport est un « fait social global » (sic), il se doit de tenir compte des évolutions de la société et des réflexions sur le genre. L’objectif de mixité en matière sportive pourrait s’avérer un terrain précieux pour faire avancer les droits des personnes transgenres ou intersexuées. Certains proposent des compétitions « par exemple (…) basées sur le poids plutôt que sur le genre d’un athlète » (sic). Faut-il rappeler que « Les Jeux olympiques de Tokyo resteront historiques. Pour la première fois, des athlètes ouvertement transgenres et non-binaires ont participé à la compétition »46.

    10Lien de causalité, l’enjeu de la mixité en compétition se transpose à celui des équipements publics et touche les pratiquants et le sport jusque dans le champ de la citoyenneté.

    B. La problématique des équipements publics, l’entre deux eaux

    11Ce sujet n’est pas récent47, toutefois déplacé sur le terrain des genres, un double effet négatif apparaît. Non seulement comme le rappelle l’auteur, les « analyses qualitatives » (sic) ont cédé face à l’« observation quantitative de l’offre d’équipements visant à déceler et à corriger les différences de distribution des installations entre territoires » (sic), mais « la définition des équipements sportifs repose encore trop souvent sur des présupposés discutables et, souvent, l’offre est définie de manière standard par les pouvoirs publics en réponse à une demande insuffisamment analysée. Il a longtemps été considéré que les équipements conformes aux prescriptions des fédérations sportives pour l’organisation de compétitions étaient de fait adaptés aux autres finalités de pratique (entraînement, sport-loisir, sport-santé…) »48. Or au sein des fédérations les décideurs donnent souvent une primauté au masculin.

    12Selon le rapport Activité physique et pratique sportive pour toutes et tous 49, parmi les « freins à la pratique » « certains (sont) spécifiques à des publics dont les femmes et les jeunes filles » (sic) expliquant probablement l’écart – très relatif – quant à leur note de satisfaction sur l’offre des équipements sportifs dans leurs communes entre les femmes et les hommes50. Le rapport précité relève « l’importance des représentations que l’on a de l’activité physique et sportive, encore peu favorables à la pratique féminine. L’offre est ainsi trop peu diversifiée et inadaptée aux besoins et envies des femmes, et encore trop orientée vers la pratique en compétition. Cela renvoie aux lieux de pratique proposés (gymnases ou terrains de basket plus propices à la pratique masculine), et aux types d’activités proposées dans le cadre de clubs ou d’associations sportives. Les créneaux réservés aux disciplines qui ont aujourd’hui la préférence des femmes, comme la gymnastique, la danse, etc., sont moins nombreux. Lorsque les activités sont mixtes, il n’est pas rare que des comportements – pour partie inconscients – conduisent à l’exclusion des femmes des espaces de pratique, celles-ci étant progressivement incitées à abandonner »51. Les solutions ou essais de résolution sont sensibles et délicats ; de plus, selon la visée poursuivie par la politique publique du sport, les résultats peuvent s’avérer en partie ou totalement non conciliables. Dès les années quatre-vingt-dix, « le ministère des sports lance un programme de mille équipements sportifs légers de proximité dans 400 quartiers sensibles (…) et la promotion d’une offre d’activités physiques et sportives demeure un axe fort de la politique de la ville et des politiques d’insertion »52. Pour autant, il est parfois observé une « monopolisation par les hommes des espaces publics dévolus à la pratique physique et sportive en particulier » (sic). En 2011, le rapport de la sénatrice Michèle André au titre fort explicite « Égalité des femmes et des hommes dans le sport : comme dans le marathon ce sont les derniers mètres les plus difficiles » note : « … les ministères de la ville et des sports travaillent de concert pour redynamiser et pacifier les banlieues, notamment en multipliant les animations et les rencontres sportives, ou en ouvrant les gymnases en soirée. Or, ces actions volontaristes ont eu pour effet involontaire d’exclure les filles, les garçons se réservant le football de rue et l’usage des “playgrounds” »53.

    13Faut-il alors opter pour des lieux et des créneaux réservés à certains publics quitte à opérer une ségrégation, délaissant l’objectif de mixité constitutif aussi d’une contribution au vivre ensemble et à la citoyenneté ? Pour autant il est difficile de ne pas prendre en compte ce « malaise »54 expliquant, même s’il tend un peu à se resserrer, l’écart entre la pratique des femmes et des hommes55. Ainsi, pour encourager les femmes désireuses de pratiquer davantage de sport, certains obstacles dont « matériels » (sic) sont à lever : « il convient d’adapter les équipements sportifs (vestiaires, douches) et de permettre aux sections féminines des clubs sportifs de les utiliser en bénéficiant d’un partage des horaires équilibré »56. Le rapport du Conseil d’État ne nie pas la délicatesse de l’exercice éminemment politique et juridique. « Cet apprentissage dans la mixité doit être affirmé et promu (…) cet objectif ne doit pas conduire pour autant à proscrire tous aménagements ponctuels et circonscrits permettant de faciliter l’accès aux activités physiques et sportives pour les femmes (…) Ces préconisations s’entendent sans préjudice du respect du principe de laïcité et des questions relatives à l’accès aux équipements sportifs qui peuvent agiter le débat public. Celles-ci doivent trouver réponse dans les règles générales de mise en œuvre du principe républicain de laïcité ; il n’y a pas, en la matière, de spécificité de la sphère sportive »57. En écho à cette assertion de la haute juridiction administrative, il est tentant de rappeler que « si cela va sans le dire, cela ira mieux en le disant ». À tout le moins le propos met en exergue la dimension citoyenne de l’enjeu de la mixité.

    14Le volet qualifiable d’accès sur le terrain de la mixité présente certains écueils, notamment concernant les équipements publics sportifs aux conséquences parfois non soupçonnées, démontrant toute son acuïté, qui se retrouvent également sur l’autre volet dénommable de « au et hors du terrain ».

    II. La mixité hors du terrain : entre immersion et émersion

    15La coexistence femme – homme en matière sportive ne se circonscrit pas au champ des épreuves ; l’enjeu concerne également le « hors du pré ou du parquet » où, là encore, la mixité est également très limitée voire inexistante. Par ces expressions métaphoriques, il s’agit de revenir sur les fonctions d’encadrant et de dirigeant. Les récentes polémiques au sein de la Fédération Française de Football ont permis au grand public de prendre connaissance de certains postes exercés dans les instances fédérales par les femmes. Ces dernières ont occupé le secrétariat d’État ou le ministère des sports, mais aussi des fonctions de directeur général de fédération (par exemple Mme Oudéa-Castera le fut à la fédération française de Tennis, Mme Florence Hardouin, à la fédération française de Football) ; ses responsables et responsabilités administratives ne doivent pas être l’arbre masquant la forêt, la partie émergée de l’iceberg car cela occulte la faible place faite aux femmes au plus haut niveau des instances fédérales. Pour contrecarrer cette réalité, le législateur pour assurer une mixité a mis en avant la parité (B). La pratique sportive féminine progresse au fil des années, tout en demeurant en retrait de celle des hommes notamment en compétition. Les femmes sont plus nombreuses en club ou en pratique encadrée, malgré cela ou parce qu’elles sont moins enclines à la compétition ou à la possession d’une licence58, les postes d’entraîneur et de dirigeant leur sont moins accessibles. Un des volets de la double division du travail évoqué par Mme Barbusse s’observe « sur le plan horizontal » (sic), « plus on est proche du terrain sportif (arbitres, entraîneurs) et moins on trouve de femmes. Et quand elles entraînent ou arbitrent, ce sont en général des équipes de femmes »59 (A).

    A. L’encadrement sportif, immersion en eaux troubles

    16En 2011, une étude conduite par le conseil de l’Europe montre une « sous-représentation des femmes dans l’encadrement » notamment technique « dans une organisation sportive quelle qu’elle soit (association, fédération, etc.) » (sic). « En Suisse, les femmes ne représentent que 36 % des entraîneurs et dirigeants. Ce taux diminue à mesure que le niveau de la pratique augmente pour atteindre 19 % dans le sport d’élite »60. Pour ce dernier, l’aspect entraînement et management sportif n’est pas forcément celui qui focalise le plus l’attention a fortiori concernant le sport féminin. Dans l’hexagone, la nomination ou la révocation de tel ou tel entraîneur ou sélectionneur national… occupe le débat public et privé voire a minima médiatique ; exceptionnellement, de telles discussions voient le jour pour les équipes féminines. À tout le moins, et les faits récents le montrent, la désignation, recrutement etc. d’un homme à la direction d’une équipe féminine ne soulèvent pas de tollé, il n’est pas certain que la commutativité soit de mise. En France, rares sont les femmes « à la tête » d’une équipe masculine61. Mme Corinne Diacre, ancienne sélectionneure nationale de l’équipe de France de football féminin, fut recrutée en juin 2014 pour encadrer l’équipe de football masculine de Clermont-Ferrand en seconde division, elle fut précédée à ce poste « entre mai et juin 2014, par Helena Costa, appelée par ce même club »62. Quant à sa nomination en juin 2017 à la tête de l’équipe nationale, elle n’était ni la première sélectionneure ni le Football la première discipline à faire appel en France à des entraîneures63. Concernant le Football, d’autres nations avant la France désignèrent une femme pour diriger leur équipe féminine, notamment l’Italie et la Suède dès la fin de la décennie 8064.

    17La thématique des sélectionneurs et plus largement des encadrants dépasse le simple aspect symbolique ou question de représentativité. Dans le rapport sénatorial de 2011, parmi « les facteurs propres au monde du sport (…) de nature à entraver le développement de la pratique féminine » (sic) sont mentionnés entre autres « les encadrants, qu’ils soient bénévoles ou professionnels » (sic). Si leur « engagement et dévouement » (sic) sont salués par l’étude, les responsables dans les associations sportives sont « souvent des personnes retraitées » (sic) ; or l’âge et le sexe des encadrants influent sur “le recrutement des pratiquants”65. Tout ne peut pas se résoudre normativement : « Quelle que soit leur bonne volonté et l’esprit d’ouverture (…) ces personnes ne peuvent entièrement s’abstraire des conceptions de leur génération et ne sont pas, naturellement, portées à remettre en question des stéréotypes sexués qui écartent les jeunes filles de la pratique de certains sports (…) la mixité des personnels qui encadrent les activités physiques et sportives constitue un enjeu essentiel pour l’avenir de la pratique féminine »66. Cet essor de la mixité bénéfique pour les pratiquants se répercutera sur l’environnement de travail67.

    18Un lustre plus tard, l’ouvrage de Mme Guérandel réalise des constats similaires. Les « contextes sportifs s’adressant aux jeunes du quartier, les associations (…) embauchent préférentiellement des hommes » (sic), mais dans les structures (clubs, associations), il est observé une « différenciation de statuts entre les deux groupes de sexe, c’est-à-dire une hiérarchisation sexuée interne (…) Les femmes occupent des postes subalternes ou précaires »68. Malheureusement les clichés69 ont la vie dure, de la secrétaire à la cantinière ou l’assistante quasi-maternelle ! Que dire également des mesquineries a minima voire des calculs machiavéliques conduisant à user de l’étendard de ou des équipes féminines pour l’obtention de financement et renvoyer aux calendes grecques le versement70. Plus encore pernicieux, le recrutement des encadrants sportifs féminin pousse l’atavisme sportif à son paroxysme. Les postes de dirigeant ou d’encadrant sont très voire trop souvent occupés par d’anciens sportif. « Considéré-e-s par l’institution sportive comme les plus compétent-e-s pour assurer les fonctions d’entraîneur-e-s, ces ex “champions” et “championnes” sont régulièrement coopté-e-s à des postes d’encadrement technique. Cette pratique s’appuie sur l’existence, supposée et largement discutable, d’un transfert de compétences acquises en tant qu’athlète en compétences d’entraîneur-e »71. Ce comportement perdure et plus encore concernant le sport féminin où la professionnalisation dans tous les sens du terme n’a pas encore totalement fait son œuvre. Mme Chimot et M. Fleuriel écrivent : « Une grande partie d’entre elles est ainsi recrutée par cooptation, en général par l’intermédiaire d’hommes occupant des positions dominantes dans l’organisation (présidents, DTN, etc.). A priori, ce “soutien masculin” semble favoriser le déroulement des carrières des femmes cadres techniques. Pourtant, ce qui s’apparente à une gestion masculine des carrières féminines, fragilise la position de ces femmes au sein de l’organisation »72. De manière générale, le sport et les instances sportives doivent réaliser leur révolution copernicienne ; comment des structures a fortiori se livrant intrinsèquement à la compétition, à l’émulation peuvent-elles dogmatiquement, axiomatiquement se référer à l’entre-soi concernant les entraineurs et managers ? Cette exceptio sportiva permet de comprendre nombre d’aspects qui ne sont pas à mettre au crédit du sport73. La mixité permettra notamment dans la dimension éducative du sport de ne plus se focaliser sur les seules disciplines attirant principalement les garçons. Toutefois, il convient d’éviter voire de proscrire dans « la mixité de l’encadrement » (sic) « la garantie d’une offre d’activités plus “fémino-compatibles” »74.

    B. La mixité des instances, les lacunes législatives émergentes

    19La question de la place des femmes dans les instances sportives et notamment fédérales s’avère plus que pertinente, mais la réponse et notamment celle apportée par la récente loi n° 2022-296 du 2 mars 2022 visant à démocratiser le sport en France réalise une confusion épistémologique qui, à sa décharge, dépasse le simple cadre institutionnel, mais ramène à l’embrouillement représentation – représentativité. Mme Barbusse positionne le second volet de la division du travail « sur le plan vertical » (sic), « plus on s’approche du haut de la pyramide organisationnelle et moins on trouve de femmes. Entre 2009 et 2013, le nombre de femmes élues au sein des instances dirigeantes des fédérations françaises a légèrement augmenté, passant de 194 à 213. En 2013, elles représentent 22,8 % des élus, contre 21,2 % en 2009. Parmi les 115 fédérations recensées, on trouve 12,1 % de femmes présidentes, dont une seule pour les fédérations olympiques »75. Le rapport sénatorial précité use de l’expression « plafond de verre » dans un intitulé générique évoquant son omniprésence « dans les instances dirigeantes sportives et internationales » (sic)76. Cette situation et les efforts du législateur ne datent pas de la loi du 2 mars 2022. « Elle fait l’objet depuis maintenant près de 60 ans de diverses interventions plus ou moins contraignantes des pouvoirs réglementaire ou législatif, essentiellement s’agissant des fédérations sportives agréées »77. Ce fut le cas dans le cadre de la loi n° 2000-627 du 6 juillet 2000 modifiant la loi n° 84-610 du 16 juillet 1984 relative à l’organisation et à la promotion des activités physiques et sportives, ou encore le décret n° 2004-22 du 7 janvier 200478. Sur le fond le remède était peut-être pire que le mal : « La règle qu’il introduisait (…) consistait à aligner la proportion de membres de chaque sexe dans les instances dirigeantes d’une fédération sur la proportion de ses licencié(e)s de chaque sexe (…) Compte tenu de la forte disproportion des genres au sein des licenciés de nombre de fédérations sportives, le mécanisme d’indexation interdisait, dans bien des cas, une représentation équilibrée de chaque sexe dans les instances dirigeantes. Il n’était apte à la permettre que pour quelques disciplines parfaitement mixtes ‒ celles où l’on est en droit de penser que la parité des instances dirigeantes était la plus atteignable même sans texte »79. L’étape suivante fut la loi n° 2014-873 du 4 août 2014 pour l’égalité réelle entre les femmes et les hommes80 qui imposa des règles de quota « en vue de favoriser la parité dans les instances dirigeantes » (sic). Enfin la loi du 2 mars 2022 franchit un palier supplémentaire, " puisque désormais les statuts des fédérations agréées devront prévoir, au plus tard pour application à compter du premier renouvellement intervenant après le 1er janvier 2024, les conditions dans lesquelles est garanti le fait que, dans les instances dirigeantes de la fédération, l’écart entre le nombre d’hommes et le nombre de femmes n’est pas supérieur à un (…) L’exigence de parité est donc désormais générale puisqu’elle concerne toutes les fédérations agréées sans considération comme auparavant de la proportion d’hommes et de femmes parmi les licenciés"81.

    20Le propos introductif rappelait que mixité et parité n’avaient pas le même sens. Qu’est-ce qui est recherché avec la parité ? En la matière n’y a-t-il pas une nouvelle fois confusion entre la représentation et la représentativité a fortiori dans des instances fédérales. Dans un domaine voisin, celui des citoyens éligibles, le Conseil constitutionnel dans une décision n° 82-146 DC du 18 novembre 1982 avait censuré l’instauration de quotas, c’est-à-dire de citoyens éligibles de sexe masculin et de sexe féminin82. Cette interprétation de la Constitution par le Conseil constitutionnel fut confirmée par la décision n° 98-407DC du 14 janvier 1999. Pour lever ces obstacles de la jurisprudence constitutionnelle une révision fut entreprise par la loi constitutionnelle n° 99-569 du 8 juillet 1999. Dans la décision précitée de 1982, la femme est convoquée comme une catégorie de citoyens et non comme une catégorie de l’humain. Or la parité érige une différence de fait, d’ordre naturel, en principe de droit et segmente l’humanité par une différence fondée sur la naissance83. La parité conduit à confondre la représentation et la représentativité84. Comme l’expliquait Mme Pisier, à défaut de la formule « les femmes sont sous-représentées, il conviendrait de dire qu’elles sont en nombre insuffisantes « représentantes »85. Quelle est la visée de cette parité dans les instances sportives et particulièrement fédérales ? S’agit-il d’assurer « la ressemblance, d’effet-miroir, (…) de représenter des identités sexuelles, physiques »86. La présence de femmes assurera la croissance du sport féminin ? Les instances fédérales ont pour mission d’organiser, de développer l’activité de leur discipline avec le détachement et le dépassement requis par une mission de service public, non d’assurer une « reconnaissance et transparence » (sic) plus au coeur des logiques lobbystes.

    21Mme Moyersoen écrit : « … c’est présupposer que pour développer le sport féminin et encourager la parité dans les instances, il faudrait plus de voix de femmes, comme si les hommes ne pouvaient pas voter pour l’accès des femmes à la pratique du sport et aux fonctions dirigeantes »87. Incontestablement les instances fédérales sont empreintes de masculinité, d’autres dispositions de la loi du 2 mars 202288 quant au corps électoral, à la limitation du nombre de mandat notamment des présidents de fédérations sportives oeuvrent plus pour la démocratie dans ces instances que celle relative à la parité. Des femmes pour des sports pour les femmes ? C’est une vision réductrice qui a fortiori ne renforce nullement la mixité au mieux la cohabitation de pratiquants dans leurs zones respectives.

    22Le législateur en brandissant l’étendard de la parité pense servir une noble cause ; au pire il est dans l’air du temps, tendant à s’attacher plus à l’adjectif qualificatif qu’au substantif. Certains propos participent à cette confusion ; l’enfer n’est-il pas pavé de bonnes intentions ? Mme Barbusse se fait l’écho de déclarations d’une responsable chargée de « la féminisation des fédérations » (sic) selon laquelle « il convient d’adapter la pédagogie aux jeunes filles et aux femmes, qui n’ont pas les mêmes valeurs, les mêmes émotions ou les mêmes aptitudes techniques que les garçons »89, conséquemment : « il faut former les entraîneur-e-s et les cadres techniques à manager des filles car il s’agirait d’une activité différente que celle qui consiste à encadrer des garçons. Comme si les femmes étaient des êtres humains si différents des hommes qu’il faudrait se comporter à leur égard de façon particulière »90. Avec de tels amis, la cause des femmes et de la mixité n’a pas besoin d’ennemis ! C’est une erreur épistémologique qui est commise, si, « en pensant bien faire, on consolide les traits comportementaux par des modes d’encadrement différenciés, on renforce les stéréotypes de genre et donc l’infériorisation des femmes »91. La primauté doit être92 donnée par l’encadrant, le président… au sportif et non le percevoir comme un sportif masculin ou un sportif féminin. Les règles de socialisation, de vie en société ou a minima en groupe qu’il s’agisse de l’éducation, de la politesse, du « savoir-vivre » ne sont nullement genrées.

    23L’éditorial du magazine Tech XV énonce : « Parler de la mixité dans les staffs est un enjeu majeur de la structuration de nos métiers et de leur accessibilité. En premier lieu, la compétence est plurielle et n’appartient surtout pas à un genre et encore moins à des “tout sachant” ou des “prêt à penser” »93 et se poursuit « l’évolution du sport féminin professionnel qui a encore quelques combats à mener avant de prétendre aux mêmes avantages que son homologue masculin (…) Nous avons donc recueilli les témoignages d’entraîneurs et d’entraîneures de foot, de basket, de handball et de volley. Et de rugby bien entendu, en attendant que disparaisse définitivement du vocabulaire populaire l’expression “Sport Féminin ou Sport au Féminin” au profit d’un seul mot : LE SPORT ! »94.

    24Là est le premier défi de la mixité avant peut-être une coexistence sur le pré, supprimer les adjectifs, et particulièrement l’adjectif « féminin », qui trop souvent aujourd’hui encore dans nombre de pays servent à dévaloriser l’activité et leurs pratiquants (montant des primes, de salaires, de droits télévisés) ou à dénigrer les qualités et compétences des intervenants (encadrant ou dirigeant).

    Notes de bas de page

    1 « Ce record est établi “tous programmes et chaines confondus” (…) Cela veut dire qu’il n’y avait jamais eu autant de monde pour regarder un évènement sur une même chaîne dans l’histoire de la télévision hexagonale », La Dépêche du midi 19 décembre 2022.

    2 Le sport : quelle politique publique ?, Conseil d’État, étude annuelle 2019, Paris, La Documentation française. Synthèse de l’étude, p. 13.

    3 Ibid.

    4 « Vecteur de bien-être et de santé, il peut s’accompagner de conduites qui, comme le dopage, présentent des risques pour les sportifs de haut niveau comme pour les sportifs amateurs (…) Il peut réconcilier les peuples et exalter les oppositions ; il suppose le respect de l’intégrité et du fair-play, mais peut abriter des pratiques contestables. La tension demeure permanente entre les finalités assignées au sport et les problématiques relatives à son financement, à l’âpreté de la compétition et au respect des règles éthiques », ibid. p. 14.

    5 https://www.larousse.fr

    6 « (qui) en sociologie de la culture a longtemps été secondaire par rapport aux différences sociales d’accès aux loisirs et à la culture : les analyses qui envisagent le système des loisirs dans son ensemble, ainsi que les complémentarités ou exclusions entre pratiques selon le genre sont longtemps restées rares », S. Octobre, « Loisirs culturels et construction du genre au sein de la famille », Agora Débats/Jeunesses, n° 27, 2008/1 p. 98 et s.

    7 « Si en France, le rugby a toujours été un sport populaire, ce n’est pas le cas dans le nord-ouest de l’Angleterre, raconte Politico. Les fans de football appartiennent aux classes populaires tandis que le rugby est apprécié par des classes sociales plus élevées. Nos confrères anglais (…) ajoutent même que la seule attitude plus insultante d’Amélie Oudéa-Castéra aurait été d’inviter des supporteurs de Liverpool à assister à un match de Manchester United », www.ladepeche.fr/2023/03/03/la-grosse-bourde-damelie-oudea-castera-elle-invite-des-supporteurs-de-liverpool-a-un-match-de-rugby-en-france.

    8 « D’abord parce que les fans de football et les fans de rugby sont rarement les mêmes personnes. Et dans le nord-ouest de l’Angleterre, le football est le sport des classes populaires. Le rugby à 15 est plutôt celui des classes moyennes habitant en banlieue », 4/02/2023, https://www.ouest-france.fr/politique/amelie-oudea-castera/oudea-castera-offre-des-places-pour-le-mondial-de-rugby-aux-fans-de-liverpool-et-provoque-un-tolle-

    9 J. Migozzi, « Le rugby en Afrique du Sud face au défi de transformation : jeu de pouvoir, outil de développement et force symbolique », in Cahiers d’Outre-Mer, n° 250, p. 253 et s., journals.openedition.org.

    10 C. GuÉrandel, Le sport fait mâle. La fabrique des filles et des garçons dans les cités, Presses universitaires de Grenoble, 2016, p. 40.

    11 F. Cantoro, « Quels sont les sports mixtes ? », Extrait du magazine Women sports n° 9 de juillet-août-septembre 2018, https://www.womensports.fr.

    12 J.P. Augustin, « La ville, un terrain de jeux sportifs », in La ville et le sport, sous la direction de J. Fuchs, T. Michot et C. Parmantier, Université de Bretagne Occidentale – UBO, 2018, p. 19 et s.

    13 « Dresser un panorama des pratiques d’activités physiques et sportives est malaisé de par l’objet lui-même (…) Polymorphe, il renvoie concrètement à des pratiques extrêmement diverses (…) : de l’activité physique du jardinage et du bricolage (…), à l’activité sportive extrêmement intense ; des activités de déplacement au quotidien, appelées parfois “mobilités actives”, comme la marche à pied ou le vélo (…), à des pratiques sportives libres (course à pied) (...) organisées dans le cadre de cours collectifs ou bien des jeux … », V. Gimbert, en collaboration avec K. Nehmar in Activité physique et pratique sportive pour toutes et tous, France Stratégie, novembre 2018, p. 19.

    14 Certaines de ces pratiques sont présentes aux jeux mondiaux dont la dernière édition s’est tenue à Birminghan en juillet 2022.

    15 Voir notamment Activité physique et pratique sportive pour toutes et tous, op. cit. p. 22.

    16 Rapport Conseil d’État 2019, op. cit. p. 32.

    17 Op. cit. p. 85.

    18 « La part de femmes pratiquant une activité physique ou sportive a crû de 5 points entre 2009 et 2015, passant de 40 % à 45 % ; chez les hommes, cette proportion est restée stable sur la période, autour de 50 %. Les femmes sont aussi de plus en plus nombreuses à exercer une activité physique ou sportive chaque semaine : en 2015, c’est le cas de 32 % d’entre elles contre 26 % en 2009 ; la part de pratiquants réguliers chez les hommes a très peu progressé durant ces six années (de 31 % à 33 %) », https://www.insee.fr/fr/statistiques

    19 « La question de l’admission des femmes aux Jeux olympiques n’est pas réglée. Elle ne saurait l’être dans le sens négatif par le motif que l’Antiquité l’avait ainsi résolue ; elle ne l’est pas davantage dans le sens affirmatif du fait que des concurrentes féminines ont été acceptées pour la natation et le tennis en 1908 et 1912 (…) Dans quel sens ? Nous n’avons pas la qualité pour le prévoir mais nous ne craignons pas, quant à nous, de prendre parti du côté négatif. Nous estimons que les Jeux olympiques doivent être réservés aux hommes (…) Peut-on consentir aux femmes l’accès de toutes les épreuves olympiques ? Non ?… alors pourquoi leur en permettre quelques-unes et leur interdire les autres ? Et surtout sur quoi se baser pour établir la frontière entre épreuves permises et épreuves défendues ? Il n’y a pas que des joueuses de tennis et des nageuses. Il y a aussi des escrimeuses, il y a des cavalières et, en Amérique, il y a eu des rameuses. Demain, il y aura peut-être des coureuses ou même des footballeuses ? De tels sports pratiqués par des femmes constitueraient-ils donc un spectacle recommandable devant les foules qu’assemble une Olympiade ? (…) Nous ne pensons pas qu’on puisse le prétendre. Mais il y a un autre motif d’ordre pratique celui-là. Organiserait-on des épreuves séparées pour les femmes ou bien accepterait-on les engagements pêle-mêle sans distinction de sexe, qu’il s’agisse d’un concours individuel ou d’un concours par équipes ? Ce dernier procédé serait logique puisque le dogme de l’égalité des sexes tend à se répandre. Seulement il suppose des clubs mixtes. Il n’en existe guère à l’heure actuelle, en dehors du tennis et de la natation. Or, même avec des clubs mixtes, quatre-vingt-quinze fois sur cent, les éliminatoires favoriseront des hommes (…) Reste l’autre combinaison consistant à doubler les concours d’hommes d’un concours de femmes dans les sports déclarés ouverts à celles-ci. Une petite Olympiade femelle à côté de la grande Olympiade mâle. Où serait l’intérêt ? Les organisateurs déjà surchargés, les délais déjà trop courts, les difficultés de logements (…) Qui voudrait s’en charger ? Impratique, inintéressante, inesthétique, et nous ne craignons pas d’ajouter : incorrecte, telle serait à notre avis cette demi-Olympiade féminine », G. Legroux, « Pierre de Coubertin, les Jeux Olympiques et les femmes ‒ 1912 », extraits de Les femmes aux jeux olympiques, La revue olympique n° 79, https://clio-texte.clionautes.org

    20 A. PÉcout, « Une sculpture en hommage à Alice Milliat, pionnière du sport féminin », « Par “son occupation physique et symbolique de l’espace”, cette sculpture permettra de “rappeler le droit des femmes à pratiquer le sport et à exercer des responsabilités de dirigeantes au même titre que les hommes”, selon E. Bonnet-Oulaldj, initiatrice de ce projet de monument au CNOSF, (…) Un enjeu de mémoire mais aussi une “question d’actualité”, souligne la coprésidente de la Fédération sportive et gymnique du travail, qui regrette toujours “des inégalités d’accès” », Le Monde.fr, 26 juin 2020.

    21 Inauguration statue Alice Milliat, 8 mars 2021, dossier de presse, comité national olympique et sportif français.

    22 « “Le baron Pierre de Coubertin a rénové les Jeux olympiques, Alice Milliat a fait en sorte que les femmes puissent y participer, mais il ne faut pas entrer dans une sorte de compétition entre ces deux bâtisseurs, deux visionnaires”, affirme au Monde Denis Masseglia. Sans préciser que le baron avait, au départ, exprimé son opposition à une participation féminine aux Jeux », A. PÉcout, op. cit.

    23 Les femmes aux Jeux olympiques, une longue course semée d’obstacles, Mise à jour le 06/12/2022 https://www.paris.fr.

    24 Ibid.

    25 M. Bernard, « Épreuves mixte et parité femmes-hommes : quel bilan pour les JO de Tokyo ? », 9/08/2021, https://www.europe1.fr . Toute médaille a son revers, ainsi « aux Jeux olympiques, deux disciplines restent encore des bastions féminins » (sic) à savoir la gymnastique rythmique et la natation artistique, in Les femmes aux Jeux olympiques, une longue course semée d’obstacles, op. cit.

    26 « À travail égal, salaire égal. Pour l’équipe féminine de football des États-Unis, il aura fallu un bras de fer long de plusieurs années avec sa fédération pour que les rémunérations des sportives soient alignées sur celles de leurs homologues masculins (…) cette lutte acharnée commence le 8 mars 2019, Journée internationale des Femmes, trois mois avant le début de la Coupe du Monde féminine en France : 28 joueuses déposent un recours collectif contre leur employeur, la Fédération américaine de Football, pour discrimination sexiste (…) “Ces femmes jouent comme les hommes pour le même employeur sur des terrains de même taille selon les mêmes règles. Sauf qu’elles le font mieux et sont moins bien payées !”, dénonce leur avocat. Son constat est imparable. Pour s’être arrêtée au stade des huitièmes de finale durant la Coupe du Monde 2014, l’équipe masculine, qui n’a jamais rien gagné ou presque, a empoché 4,5 millions d’euros de primes de la Fifa. Un an plus tard, les Américaines ont touché trois fois moins. Elles ont pourtant remporté la compétition, un titre qui s’ajoute à un palmarès déjà bien fourni. La fédération se justifiera d’une telle disparité en jugeant les filles “biologiquement inférieures” aux hommes », N. Bendjebbour « LFG (Let’s F*cking Go !) », le match de l’égalité, https://www.nouvelobs.com

    27 https://www.vie-publique.fr/loi/279107-loi-2-mars-2022-democratiser-le-sport-en-france.

    28 https://teambelgium.be/fr/nouvelle/tokyo-2020-sports-mixtes-et-egalite-des-genres.

    29 « La réelle entrée des femmes aux Jeux se produit en 1912 à Stockholm. En effet, le C.I.O. a voté durant sa session de Luxembourg, en juin 1910, l’admission des femmes aux Jeux et les autorise à participer à deux épreuves de natation et à une compétition de plongeon. Cette “intrusion” provoque de vifs débats », P. Lagrue, « Jeux Olympiques ‒ Les femmes et les Jeux », Encyclopædia Universalis, https://www.universalis.fr.

    30 « Le programme de voile olympique de 2004 se composait d’épreuves masculines, féminines et mixtes », https://espritbleu.franceolympique.com.

    31 « L’équitation présente une double spécificité amusante puisqu’il s’agit également du seul sport qui inclut un animal, avec l’épreuve d’équitation du pentathlon moderne bien entendu », mais cette dernière discipline n’est pas mixte. F. Cantoro, « Quels sont les sports mixtes ? », Extrait du magazine WOMEN SPORTS n° 9 de juillet-août-septembre 2018, https://www.womensports.fr.

    32 Ibid.

    33 L. Prudhomme-Poncet, « Mixité et non-mixité : l’exemple du football féminin », Clio. Histoire‚ femmes et sociétés, 18/2003, 167 et s.

    34 L’auteur précise : « Nous avons trouvé ce terme pour la première fois sous la plume de Pierre de Coubertin dans la Revue Olympique de juillet 1912 dans un article relatif aux femmes aux Jeux Olympiques », ibid., voir également la note 19.

    35 L’auteur use de guillemets, le terme étant utilisé dans le journal l’Auto du 29 octobre 1917, ibid.

    36 « Les matches se terminent le plus souvent à l’avantage des masculins ; en seize parties jouées en cinq mois, elles comptent une seule victoire et deux matches nuls », ibid.

    37 « Cette entorse à la tradition s’explique par un effectif féminin insuffisant pour envisager l’organisation de compétitions strictement féminines. Les footballeuses de la première heure sont trop peu nombreuses pour s’affronter entre elles. Ce sera également le cas en province quand les Rémoises jouent, en 1921, leurs premiers matches de football contre des jeunes garçons, les pupilles de la Société Sportive du Parc Pommery. L’organisation matérielle de ce sport nouveau prend le pas sur les préjugés et ce sont donc bien les circonstances qui sont à l’origine de cette pratique mixte », ibid.

    38 « “Historiquement, le sport s’est construit sur cette séparation des sexes qui véhicule des stéréotypes : force pour les hommes, grâce pour les femmes”, explique Gilles Vieille-Marchiset,… », J. Marie , « La mixité est-elle l’avenir du sport ? », 19 janvier 2018, https://usbeketrica.com/fr.

    39 « “En compétition, ce n’est pas possible, explique Nicole Abar. Les hommes sont plus rapides et leur vitesse de course est un danger. Les kilos jouent beaucoup”. Si les femmes ne sont pas toutes des poids plumes, la différence musculaire entre les sexes pèse dans la balance. “Les hommes ont un taux de testostérone supérieur à leur taux d’œstrogène, à l’inverse des femmes. Or, la testostérone est l’hormone qui permet d’augmenter la force musculaire”, rappelle Véronique Lebar, médecin du sport et présidente du comité Éthique et sport. », ibid.

    40 Ibid.

    41 « Le javelot (…) Le poids est différent entre les hommes et les femmes. Chez les hommes, le javelot pèse 800 grammes alors que chez les femmes, il pèse 600 grammes. Le lancer de disque : (…) Les disques font 2kg chez les hommes. Ils sont deux fois moins lourds chez les femmes et font donc et 1kg. (…)
    Les poids et les marteaux font le même poids. Mais encore une fois, on a une différence en fonction du genre. Chez les hommes, ils atteignent les 7,260kg. On enlève trois kilos pour les femmes, pour arriver à 4kg tout rond », 27/07/2021, https://www.runpack.fr/17075-quel-est-le-poids-des-engins-de-lancers-en-athletisme.

    42 F. Cantoro, « Quels sont les sports mixtes ? », op. cit.

    43 « Adapter le jeu, “ça s’expérimente, admet le sociologue Gilles Vieille-Marchiset. En volley, par exemple, le poste défensif de libéro peut très bien être attribué à une femme. Il y a là une possibilité de créer une mixité un peu travaillée” », ibid.

    44 J. Lassale, « Volley : à quoi sert le libero ? », 19 octobre 2018, https://www.liberation.fr.

    45 « Malgré tout, il insiste : “Hommes et femmes ont une génétique très proche. Les paramètres comme l’âge ou la nutrition influencent leurs performances exactement de la même manière. Et si on regarde la distribution des capacités physiques, une grande partie des femmes est largement meilleure que les hommes”. Une manière de rappeler que le sexe ne fait pas l’athlète », in « La mixité est-elle l’avenir du sport ? », op. cit.

    46 T. Britton, C. Ripert et C. Martin-MÉfort, « Enquête. Transidentité dans le sport : comment (ré)agissent les instances ? », 13 janvier 2022, https://www.ouest-france.fr/sport, voir également « Athlètes transgenres dans le sport : où en est-on selon les disciplines ? », 21 juin 2022, https://www.ouest-france.fr.

    47 « À la fin des années 1990, l’Association pour l’information et la recherche sur les équipements de sport et de loisir (Aires) a alerté les pouvoirs publics sur la thématique de la vétusté (…) L’objectif prioritaire était alors la remise en état “technique” et non l’adaptation fonctionnelle à l’évolution de la demande sociale », F-E. Vigneau, « Les équipements sportifs : enjeux et impensés d’une politique publique », Informations sociales 2015/1 (n° 187), p. 38 et s.

    48 Ibid. p. 40-41.

    49 V. Gimbert, en collaboration avec K. Nehmar, op. cit. p. 54 et s.

    50 « En 2019, la note moyenne attribuée par les français était de 12/20, les hommes étaient proches des 13/20, les femmes autour de 12,4/20 », Les nouvelles frontières du sport dans la ville, acteurs du sport, 22/11/2019, www.acteursdusport.fr.

    51 V. Gimbert, en collaboration avec K. Nehmar, op. cit., p. 55. « Ce phénomène résulte d’une combinaison d’éléments. À partir de l’adolescence, la forte valorisation des “cultures masculines” dans les lieux de pratiques explique le retrait des femmes de l’espace public et leur renonciation à des pratiques sur les terrains en libre accès, qui demeurent pourtant les lieux principaux pour la pratique autonome des jeunes. C’est aussi au moment de l’adolescence que les filles deviennent un “objet sexuel” et développent une forme de peur des espaces publics », ibid.

    52 Rapport Conseil d’État, op. cit. p. 54.

    53 Sénat. Rapport d’activité n° 650, pour l’année 2010-2011 au nom de la délégation aux droits des femmes et à l’égalité des chances entre les hommes et les femmes (1) et compte rendu des travaux de cette délégation sur le thème « Femmes et sports », juin 2011, p. 99.

    54 « Les femmes interrogées, quelles que soient leurs origines, font souvent part du malaise qu’elles ressentent dans les lieux de pratique sportive en présence d’hommes qui peuvent leur donner le sentiment qu’elles ne sont pas à leur place, qu’elles dérangent une forme d’entre-soi masculin », Activité physique et pratique sportive pour toutes et tous, op. cit. p. 56.

    55 « En 2018, 63 % des femmes ont pratiqué au moins une activité sportive au cours de l’année contre 69 % des hommes. La pratique est aussi plus fréquente chez ces derniers », Chiffres clefs du sport 2020, Institut National de la jeunesse et de l’éducation populaire, p. 14.

    56 Op. cit. p. 171.

    57 Ibid. p. 172.

    58 « Les femmes pratiquent davantage le sport de manière encadrée ou en club, mais elles sont moins nombreuses à participer à des tournois/ compétitions ou à disposer d’une licence », Chiffres clefs du sport 2020, op. cit. p. 15.

    59 Op. cit.

    60 C. Talleu, L’accès des filles et des femmes aux pratiques sportives, Manuel de bonnes pratiques n° 2, Accord partiel élargi sur le sport, Conseil de l’Europe, novembre 2011, p. 15. Mme Chimot et M. Fleuriel écrivent « Compte tenu de la très faible proportion de femmes entraîneures nationales françaises, révéler la discipline sportive aurait conduit inévitablement à lever l’anonymat de la personne interviewée », in Savoir et Formation, éditions L’Harmattan 2011, p. 193 et s.

    61 Amélie Mauresmo désignée en juin 2018 capitaine de l’équipe de Coupe Davis de tennis renonça en décembre de cette même année.

    62 H. Juskowiak, J. Bréhon, O. Hidri Neys, « “Comme un garçon...” : Corinne Diacre, un·entraîneur·de football professionnel comme les autres ? », Staps, n° 131, 2021/1, p. 45 et s. “En 1999, en effet, Carolina Morace, ancienne internationale de football italienne, est devenue la première femme au monde à entraîner une équipe masculine professionnelle de football (Viterbese en division 3 italienne)”, Barbusse, “Les femmes sont-elles capables de manager le sport ?”, in Du sexisme dans le sport, éditions Anamosa, 2016,

    63 « La première femme à avoir encadré la sélection nationale féminine de football est Élisabeth Loisel (1997-2007) (…) au cours de la période 1957-1966, Georgette Coste-Venitien dirigea la sélection nationale de basket-ball ; de 1963-1968, Janine Folcheris celle de volley-ball, Céline Nerbard de 1991-1997 l’équipe de France de Rugby, Christine Carré et Liliane Maurin dirigèrent de 1986 à1987 l’équipe de France féminine de handball », Staps, n° 131, 2021/1, op. cit. p. 51.

    64 Ibid.

    65 « des encadrants majoritairement masculins auront tendance à privilégier des disciplines considérées, a priori, comme masculines et qui attireront “spontanément” un public plus masculin que féminin (…) », op. cit. p. 105.

    66 Ibid.

    67 Mme Guérandel intitule une subdivision : « le travail sportif : un monde d’hommes au bénéfice des hommes » et écrit : « La division sexuée du travail résulte des rapports sociaux de sexe et en même temps contribue à les entretenir », op. cit. p. 55.

    68 Ibid. p. 56. Voir également C. Chimot et S. Fleuriel, op. cit. p. 194 et 195.

    69 « Au club de football sur 36 postes à responsabilités (…) six sont exercés par des femmes. La division sexuée du travail au sein du club relève également de la reproduction des stéréotypes assignant les femmes à des tâches d’assistance des hommes (secrétaire), ou relatives à l’univers domestique (préparation des gouters – 1), ou encore liée à la petite enfance (…) 4 encadrent la catégorie poussinets (trente enfants de 5 ans) », Guérandel, op. cit. p. 56.

    70 Voir en ce sens, ibid. p. 57 et s.

    71 C. Chimot et S. Fleuriel, op. cit. p. 201.

    72 Ibid.

    73 Mme Barbusse écrit : « Les hommes sont-ils tous recrutés ou nommés pour leurs compétences avérées ? Selon de nombreuses enquêtes (…) qu’il s’agisse de bénévoles ou de salariés, on recrute en priorité celui que l’on connaît et, comme il n’y a pratiquement que des hommes, on se recrute entre hommes. Prenons l’exemple du métier d’entraîneur professionnel. Le recrutement se fait sur la base de la réputation, de connaissances croisées, mais rarement de manière classique, comme on le ferait dans une entreprise pour un poste à responsabilités", "Les femmes sont-elles capables de manager le sport ? », op. cit.

    74 Sur cet aspect voir infra, le point de vue du rapport sénatorial de 2011 ne peut être partagé : « Une plus grande mixité de l’encadrement serait, en outre, de nature à garantir une offre d’activités plus “fémino-compatibles”, et donc moins exclusivement axée sur les seules disciplines attirant principalement les garçons », op. cit. p. 106.

    75 Op. cit. « Sur les 113 présidents de fédérations sportives recensés, seulement 16 sont des présidentes. (Situation au 28 février 2020), Les chiffres clés du sport 2020, op. cit. p. 33. »

    76 Op. cit. p. 132.

    77 J.C. Breillat, « Le tortueux chemin vers la parité réelle dans les exécutifs fédéraux ! », jurisport n° 230, 2022, p. 19 et s.

    78 Ce décret contesté par la fédération française de gymnastique ‒ CE 10 oct. 2013, n° 359219, Fédération française de gymnastique, « Imposait (…) aux fédérations sportives sollicitant un agrément le respect d’une proportion déterminée d’hommes et de femmes au sein de leurs instances dirigeantes », A. Bretonneau et J. Lessi, « Fédération française de gymnastique : Alitalia remise en forme », AJDA 2014, p. 213 et s.

    79 Ibid.

    80 « - de réserver aux licenciés de chacun des deux sexes au moins 40 % des sièges dans les instances dirigeantes dès lors que la proportion d’hommes et de femmes atteignait au moins 25 % dans la population licenciée ;
    - de réserver aux licenciés du sexe minoritaire au moins 25 % des sièges dans les instances dirigeantes dès lors que les hommes ou les femmes représentaient moins de 25 % des effectifs licenciés », J.C. Breillat, op. cit.

    81 Ibid.

    82 « Considérant que du rapprochement de ces textes il résulte que la qualité de citoyen ouvre le droit de vote et l’éligibilité dans des conditions identiques à tous ceux qui n’en sont pas exclus (…) que ces principes de valeur constitutionnelle s’opposent à toute division par catégories des électeurs ou des éligibles (…) Considérant qu’il résulte de ce qui précède que la règle qui, pour l’établissement des listes soumises aux électeurs, comporte une distinction entre candidats en raison de leur sexe, est contraire aux principes constitutionnels ci-dessus rappelés », https://www.conseil-constitutionnel.fr.

    83 « issue d’une “différence érigée en essence”, la parité, position discriminatoire, s’autorise de divers points d’appui d’ordre biologique, psychologique et juridique », F. de La Morena, Recherches sur le principe de laïcité en droit français, thèse Toulouse 1999, p. 678.

    84 Sur le distinguo voir notamment A.M. Le Pourhiet, « représenter la nation ? », in Représentation et représentativité (sous la direction de A.M. Le Pourhiet, B. Mathieu, F. MÉlin-Soucramanien, D. Rousseau), Paris, éditions Dalloz, 2008, p. 7.

    85 Voir F. de La Morena, op. cit. p. 680.

    86 A.M. Le Pourhiet, op. cit. p. 15.

    87 P. Moyersoen, « Puissance sportive et parité », in Le sport au carrefour des droits, Mélanges en l’honneur de Gérald Simon, Paris, éditions LexisNexis, 2021, p. 253 et s.

    88 N. Blanchard, « L’impact de la loi “sport” sur la gouvernance des fédérations », jurisport 2022, n° 230, p. 16 et s.

    89 Op. cit.

    90 M. Barbusse précise : « Le sélectionneur-entraîneur de l’équipe de France féminine de handball, Olivier Krumbholz, ne dit pas autre chose lorsqu’il déclare : “Je continue d’affirmer que les groupes de filles, à haut niveau, sont plus complexes à gérer que les groupes de garçons” », op. cit.

    91 Ibid.

    92 « Ce qu’il faut, quand on manage, encadre ou forme un individu, c’est voir dans le subordonné ou l’élève un être humain, et non un homme ou une femme », ibid.

    93 Rugby au féminin et en mixité, édito par D. Nourault, n° 40, juin 2022, p. 3.

    94 Ibid. p. 7.

    Auteur

    • Didier Guignard

      Professeur de droit public
      Université Toulouse Capitole, IDETCOM EA 785

      Cette étude a été suggérée et initiée par Mme Lucie Dal Palu, diplômée du Master 2 management du sport, TSM, Entraîneure principale U19 et coordinatrice sportive pôle jeunes, US Nantua Haut Bugey Rugby.

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    1 « Ce record est établi “tous programmes et chaines confondus” (…) Cela veut dire qu’il n’y avait jamais eu autant de monde pour regarder un évènement sur une même chaîne dans l’histoire de la télévision hexagonale », La Dépêche du midi 19 décembre 2022.

    2 Le sport : quelle politique publique ?, Conseil d’État, étude annuelle 2019, Paris, La Documentation française. Synthèse de l’étude, p. 13.

    3 Ibid.

    4 « Vecteur de bien-être et de santé, il peut s’accompagner de conduites qui, comme le dopage, présentent des risques pour les sportifs de haut niveau comme pour les sportifs amateurs (…) Il peut réconcilier les peuples et exalter les oppositions ; il suppose le respect de l’intégrité et du fair-play, mais peut abriter des pratiques contestables. La tension demeure permanente entre les finalités assignées au sport et les problématiques relatives à son financement, à l’âpreté de la compétition et au respect des règles éthiques », ibid. p. 14.

    5 https://www.larousse.fr

    6 « (qui) en sociologie de la culture a longtemps été secondaire par rapport aux différences sociales d’accès aux loisirs et à la culture : les analyses qui envisagent le système des loisirs dans son ensemble, ainsi que les complémentarités ou exclusions entre pratiques selon le genre sont longtemps restées rares », S. Octobre, « Loisirs culturels et construction du genre au sein de la famille », Agora Débats/Jeunesses, n° 27, 2008/1 p. 98 et s.

    7 « Si en France, le rugby a toujours été un sport populaire, ce n’est pas le cas dans le nord-ouest de l’Angleterre, raconte Politico. Les fans de football appartiennent aux classes populaires tandis que le rugby est apprécié par des classes sociales plus élevées. Nos confrères anglais (…) ajoutent même que la seule attitude plus insultante d’Amélie Oudéa-Castéra aurait été d’inviter des supporteurs de Liverpool à assister à un match de Manchester United », www.ladepeche.fr/2023/03/03/la-grosse-bourde-damelie-oudea-castera-elle-invite-des-supporteurs-de-liverpool-a-un-match-de-rugby-en-france.

    8 « D’abord parce que les fans de football et les fans de rugby sont rarement les mêmes personnes. Et dans le nord-ouest de l’Angleterre, le football est le sport des classes populaires. Le rugby à 15 est plutôt celui des classes moyennes habitant en banlieue », 4/02/2023, https://www.ouest-france.fr/politique/amelie-oudea-castera/oudea-castera-offre-des-places-pour-le-mondial-de-rugby-aux-fans-de-liverpool-et-provoque-un-tolle-

    9 J. Migozzi, « Le rugby en Afrique du Sud face au défi de transformation : jeu de pouvoir, outil de développement et force symbolique », in Cahiers d’Outre-Mer, n° 250, p. 253 et s., journals.openedition.org.

    10 C. GuÉrandel, Le sport fait mâle. La fabrique des filles et des garçons dans les cités, Presses universitaires de Grenoble, 2016, p. 40.

    11 F. Cantoro, « Quels sont les sports mixtes ? », Extrait du magazine Women sports n° 9 de juillet-août-septembre 2018, https://www.womensports.fr.

    12 J.P. Augustin, « La ville, un terrain de jeux sportifs », in La ville et le sport, sous la direction de J. Fuchs, T. Michot et C. Parmantier, Université de Bretagne Occidentale – UBO, 2018, p. 19 et s.

    13 « Dresser un panorama des pratiques d’activités physiques et sportives est malaisé de par l’objet lui-même (…) Polymorphe, il renvoie concrètement à des pratiques extrêmement diverses (…) : de l’activité physique du jardinage et du bricolage (…), à l’activité sportive extrêmement intense ; des activités de déplacement au quotidien, appelées parfois “mobilités actives”, comme la marche à pied ou le vélo (…), à des pratiques sportives libres (course à pied) (...) organisées dans le cadre de cours collectifs ou bien des jeux … », V. Gimbert, en collaboration avec K. Nehmar in Activité physique et pratique sportive pour toutes et tous, France Stratégie, novembre 2018, p. 19.

    14 Certaines de ces pratiques sont présentes aux jeux mondiaux dont la dernière édition s’est tenue à Birminghan en juillet 2022.

    15 Voir notamment Activité physique et pratique sportive pour toutes et tous, op. cit. p. 22.

    16 Rapport Conseil d’État 2019, op. cit. p. 32.

    17 Op. cit. p. 85.

    18 « La part de femmes pratiquant une activité physique ou sportive a crû de 5 points entre 2009 et 2015, passant de 40 % à 45 % ; chez les hommes, cette proportion est restée stable sur la période, autour de 50 %. Les femmes sont aussi de plus en plus nombreuses à exercer une activité physique ou sportive chaque semaine : en 2015, c’est le cas de 32 % d’entre elles contre 26 % en 2009 ; la part de pratiquants réguliers chez les hommes a très peu progressé durant ces six années (de 31 % à 33 %) », https://www.insee.fr/fr/statistiques

    19 « La question de l’admission des femmes aux Jeux olympiques n’est pas réglée. Elle ne saurait l’être dans le sens négatif par le motif que l’Antiquité l’avait ainsi résolue ; elle ne l’est pas davantage dans le sens affirmatif du fait que des concurrentes féminines ont été acceptées pour la natation et le tennis en 1908 et 1912 (…) Dans quel sens ? Nous n’avons pas la qualité pour le prévoir mais nous ne craignons pas, quant à nous, de prendre parti du côté négatif. Nous estimons que les Jeux olympiques doivent être réservés aux hommes (…) Peut-on consentir aux femmes l’accès de toutes les épreuves olympiques ? Non ?… alors pourquoi leur en permettre quelques-unes et leur interdire les autres ? Et surtout sur quoi se baser pour établir la frontière entre épreuves permises et épreuves défendues ? Il n’y a pas que des joueuses de tennis et des nageuses. Il y a aussi des escrimeuses, il y a des cavalières et, en Amérique, il y a eu des rameuses. Demain, il y aura peut-être des coureuses ou même des footballeuses ? De tels sports pratiqués par des femmes constitueraient-ils donc un spectacle recommandable devant les foules qu’assemble une Olympiade ? (…) Nous ne pensons pas qu’on puisse le prétendre. Mais il y a un autre motif d’ordre pratique celui-là. Organiserait-on des épreuves séparées pour les femmes ou bien accepterait-on les engagements pêle-mêle sans distinction de sexe, qu’il s’agisse d’un concours individuel ou d’un concours par équipes ? Ce dernier procédé serait logique puisque le dogme de l’égalité des sexes tend à se répandre. Seulement il suppose des clubs mixtes. Il n’en existe guère à l’heure actuelle, en dehors du tennis et de la natation. Or, même avec des clubs mixtes, quatre-vingt-quinze fois sur cent, les éliminatoires favoriseront des hommes (…) Reste l’autre combinaison consistant à doubler les concours d’hommes d’un concours de femmes dans les sports déclarés ouverts à celles-ci. Une petite Olympiade femelle à côté de la grande Olympiade mâle. Où serait l’intérêt ? Les organisateurs déjà surchargés, les délais déjà trop courts, les difficultés de logements (…) Qui voudrait s’en charger ? Impratique, inintéressante, inesthétique, et nous ne craignons pas d’ajouter : incorrecte, telle serait à notre avis cette demi-Olympiade féminine », G. Legroux, « Pierre de Coubertin, les Jeux Olympiques et les femmes ‒ 1912 », extraits de Les femmes aux jeux olympiques, La revue olympique n° 79, https://clio-texte.clionautes.org

    20 A. PÉcout, « Une sculpture en hommage à Alice Milliat, pionnière du sport féminin », « Par “son occupation physique et symbolique de l’espace”, cette sculpture permettra de “rappeler le droit des femmes à pratiquer le sport et à exercer des responsabilités de dirigeantes au même titre que les hommes”, selon E. Bonnet-Oulaldj, initiatrice de ce projet de monument au CNOSF, (…) Un enjeu de mémoire mais aussi une “question d’actualité”, souligne la coprésidente de la Fédération sportive et gymnique du travail, qui regrette toujours “des inégalités d’accès” », Le Monde.fr, 26 juin 2020.

    21 Inauguration statue Alice Milliat, 8 mars 2021, dossier de presse, comité national olympique et sportif français.

    22 « “Le baron Pierre de Coubertin a rénové les Jeux olympiques, Alice Milliat a fait en sorte que les femmes puissent y participer, mais il ne faut pas entrer dans une sorte de compétition entre ces deux bâtisseurs, deux visionnaires”, affirme au Monde Denis Masseglia. Sans préciser que le baron avait, au départ, exprimé son opposition à une participation féminine aux Jeux », A. PÉcout, op. cit.

    23 Les femmes aux Jeux olympiques, une longue course semée d’obstacles, Mise à jour le 06/12/2022 https://www.paris.fr.

    24 Ibid.

    25 M. Bernard, « Épreuves mixte et parité femmes-hommes : quel bilan pour les JO de Tokyo ? », 9/08/2021, https://www.europe1.fr . Toute médaille a son revers, ainsi « aux Jeux olympiques, deux disciplines restent encore des bastions féminins » (sic) à savoir la gymnastique rythmique et la natation artistique, in Les femmes aux Jeux olympiques, une longue course semée d’obstacles, op. cit.

    26 « À travail égal, salaire égal. Pour l’équipe féminine de football des États-Unis, il aura fallu un bras de fer long de plusieurs années avec sa fédération pour que les rémunérations des sportives soient alignées sur celles de leurs homologues masculins (…) cette lutte acharnée commence le 8 mars 2019, Journée internationale des Femmes, trois mois avant le début de la Coupe du Monde féminine en France : 28 joueuses déposent un recours collectif contre leur employeur, la Fédération américaine de Football, pour discrimination sexiste (…) “Ces femmes jouent comme les hommes pour le même employeur sur des terrains de même taille selon les mêmes règles. Sauf qu’elles le font mieux et sont moins bien payées !”, dénonce leur avocat. Son constat est imparable. Pour s’être arrêtée au stade des huitièmes de finale durant la Coupe du Monde 2014, l’équipe masculine, qui n’a jamais rien gagné ou presque, a empoché 4,5 millions d’euros de primes de la Fifa. Un an plus tard, les Américaines ont touché trois fois moins. Elles ont pourtant remporté la compétition, un titre qui s’ajoute à un palmarès déjà bien fourni. La fédération se justifiera d’une telle disparité en jugeant les filles “biologiquement inférieures” aux hommes », N. Bendjebbour « LFG (Let’s F*cking Go !) », le match de l’égalité, https://www.nouvelobs.com

    27 https://www.vie-publique.fr/loi/279107-loi-2-mars-2022-democratiser-le-sport-en-france.

    28 https://teambelgium.be/fr/nouvelle/tokyo-2020-sports-mixtes-et-egalite-des-genres.

    29 « La réelle entrée des femmes aux Jeux se produit en 1912 à Stockholm. En effet, le C.I.O. a voté durant sa session de Luxembourg, en juin 1910, l’admission des femmes aux Jeux et les autorise à participer à deux épreuves de natation et à une compétition de plongeon. Cette “intrusion” provoque de vifs débats », P. Lagrue, « Jeux Olympiques ‒ Les femmes et les Jeux », Encyclopædia Universalis, https://www.universalis.fr.

    30 « Le programme de voile olympique de 2004 se composait d’épreuves masculines, féminines et mixtes », https://espritbleu.franceolympique.com.

    31 « L’équitation présente une double spécificité amusante puisqu’il s’agit également du seul sport qui inclut un animal, avec l’épreuve d’équitation du pentathlon moderne bien entendu », mais cette dernière discipline n’est pas mixte. F. Cantoro, « Quels sont les sports mixtes ? », Extrait du magazine WOMEN SPORTS n° 9 de juillet-août-septembre 2018, https://www.womensports.fr.

    32 Ibid.

    33 L. Prudhomme-Poncet, « Mixité et non-mixité : l’exemple du football féminin », Clio. Histoire‚ femmes et sociétés, 18/2003, 167 et s.

    34 L’auteur précise : « Nous avons trouvé ce terme pour la première fois sous la plume de Pierre de Coubertin dans la Revue Olympique de juillet 1912 dans un article relatif aux femmes aux Jeux Olympiques », ibid., voir également la note 19.

    35 L’auteur use de guillemets, le terme étant utilisé dans le journal l’Auto du 29 octobre 1917, ibid.

    36 « Les matches se terminent le plus souvent à l’avantage des masculins ; en seize parties jouées en cinq mois, elles comptent une seule victoire et deux matches nuls », ibid.

    37 « Cette entorse à la tradition s’explique par un effectif féminin insuffisant pour envisager l’organisation de compétitions strictement féminines. Les footballeuses de la première heure sont trop peu nombreuses pour s’affronter entre elles. Ce sera également le cas en province quand les Rémoises jouent, en 1921, leurs premiers matches de football contre des jeunes garçons, les pupilles de la Société Sportive du Parc Pommery. L’organisation matérielle de ce sport nouveau prend le pas sur les préjugés et ce sont donc bien les circonstances qui sont à l’origine de cette pratique mixte », ibid.

    38 « “Historiquement, le sport s’est construit sur cette séparation des sexes qui véhicule des stéréotypes : force pour les hommes, grâce pour les femmes”, explique Gilles Vieille-Marchiset,… », J. Marie , « La mixité est-elle l’avenir du sport ? », 19 janvier 2018, https://usbeketrica.com/fr.

    39 « “En compétition, ce n’est pas possible, explique Nicole Abar. Les hommes sont plus rapides et leur vitesse de course est un danger. Les kilos jouent beaucoup”. Si les femmes ne sont pas toutes des poids plumes, la différence musculaire entre les sexes pèse dans la balance. “Les hommes ont un taux de testostérone supérieur à leur taux d’œstrogène, à l’inverse des femmes. Or, la testostérone est l’hormone qui permet d’augmenter la force musculaire”, rappelle Véronique Lebar, médecin du sport et présidente du comité Éthique et sport. », ibid.

    40 Ibid.

    41 « Le javelot (…) Le poids est différent entre les hommes et les femmes. Chez les hommes, le javelot pèse 800 grammes alors que chez les femmes, il pèse 600 grammes. Le lancer de disque : (…) Les disques font 2kg chez les hommes. Ils sont deux fois moins lourds chez les femmes et font donc et 1kg. (…)
    Les poids et les marteaux font le même poids. Mais encore une fois, on a une différence en fonction du genre. Chez les hommes, ils atteignent les 7,260kg. On enlève trois kilos pour les femmes, pour arriver à 4kg tout rond », 27/07/2021, https://www.runpack.fr/17075-quel-est-le-poids-des-engins-de-lancers-en-athletisme.

    42 F. Cantoro, « Quels sont les sports mixtes ? », op. cit.

    43 « Adapter le jeu, “ça s’expérimente, admet le sociologue Gilles Vieille-Marchiset. En volley, par exemple, le poste défensif de libéro peut très bien être attribué à une femme. Il y a là une possibilité de créer une mixité un peu travaillée” », ibid.

    44 J. Lassale, « Volley : à quoi sert le libero ? », 19 octobre 2018, https://www.liberation.fr.

    45 « Malgré tout, il insiste : “Hommes et femmes ont une génétique très proche. Les paramètres comme l’âge ou la nutrition influencent leurs performances exactement de la même manière. Et si on regarde la distribution des capacités physiques, une grande partie des femmes est largement meilleure que les hommes”. Une manière de rappeler que le sexe ne fait pas l’athlète », in « La mixité est-elle l’avenir du sport ? », op. cit.

    46 T. Britton, C. Ripert et C. Martin-MÉfort, « Enquête. Transidentité dans le sport : comment (ré)agissent les instances ? », 13 janvier 2022, https://www.ouest-france.fr/sport, voir également « Athlètes transgenres dans le sport : où en est-on selon les disciplines ? », 21 juin 2022, https://www.ouest-france.fr.

    47 « À la fin des années 1990, l’Association pour l’information et la recherche sur les équipements de sport et de loisir (Aires) a alerté les pouvoirs publics sur la thématique de la vétusté (…) L’objectif prioritaire était alors la remise en état “technique” et non l’adaptation fonctionnelle à l’évolution de la demande sociale », F-E. Vigneau, « Les équipements sportifs : enjeux et impensés d’une politique publique », Informations sociales 2015/1 (n° 187), p. 38 et s.

    48 Ibid. p. 40-41.

    49 V. Gimbert, en collaboration avec K. Nehmar, op. cit. p. 54 et s.

    50 « En 2019, la note moyenne attribuée par les français était de 12/20, les hommes étaient proches des 13/20, les femmes autour de 12,4/20 », Les nouvelles frontières du sport dans la ville, acteurs du sport, 22/11/2019, www.acteursdusport.fr.

    51 V. Gimbert, en collaboration avec K. Nehmar, op. cit., p. 55. « Ce phénomène résulte d’une combinaison d’éléments. À partir de l’adolescence, la forte valorisation des “cultures masculines” dans les lieux de pratiques explique le retrait des femmes de l’espace public et leur renonciation à des pratiques sur les terrains en libre accès, qui demeurent pourtant les lieux principaux pour la pratique autonome des jeunes. C’est aussi au moment de l’adolescence que les filles deviennent un “objet sexuel” et développent une forme de peur des espaces publics », ibid.

    52 Rapport Conseil d’État, op. cit. p. 54.

    53 Sénat. Rapport d’activité n° 650, pour l’année 2010-2011 au nom de la délégation aux droits des femmes et à l’égalité des chances entre les hommes et les femmes (1) et compte rendu des travaux de cette délégation sur le thème « Femmes et sports », juin 2011, p. 99.

    54 « Les femmes interrogées, quelles que soient leurs origines, font souvent part du malaise qu’elles ressentent dans les lieux de pratique sportive en présence d’hommes qui peuvent leur donner le sentiment qu’elles ne sont pas à leur place, qu’elles dérangent une forme d’entre-soi masculin », Activité physique et pratique sportive pour toutes et tous, op. cit. p. 56.

    55 « En 2018, 63 % des femmes ont pratiqué au moins une activité sportive au cours de l’année contre 69 % des hommes. La pratique est aussi plus fréquente chez ces derniers », Chiffres clefs du sport 2020, Institut National de la jeunesse et de l’éducation populaire, p. 14.

    56 Op. cit. p. 171.

    57 Ibid. p. 172.

    58 « Les femmes pratiquent davantage le sport de manière encadrée ou en club, mais elles sont moins nombreuses à participer à des tournois/ compétitions ou à disposer d’une licence », Chiffres clefs du sport 2020, op. cit. p. 15.

    59 Op. cit.

    60 C. Talleu, L’accès des filles et des femmes aux pratiques sportives, Manuel de bonnes pratiques n° 2, Accord partiel élargi sur le sport, Conseil de l’Europe, novembre 2011, p. 15. Mme Chimot et M. Fleuriel écrivent « Compte tenu de la très faible proportion de femmes entraîneures nationales françaises, révéler la discipline sportive aurait conduit inévitablement à lever l’anonymat de la personne interviewée », in Savoir et Formation, éditions L’Harmattan 2011, p. 193 et s.

    61 Amélie Mauresmo désignée en juin 2018 capitaine de l’équipe de Coupe Davis de tennis renonça en décembre de cette même année.

    62 H. Juskowiak, J. Bréhon, O. Hidri Neys, « “Comme un garçon...” : Corinne Diacre, un·entraîneur·de football professionnel comme les autres ? », Staps, n° 131, 2021/1, p. 45 et s. “En 1999, en effet, Carolina Morace, ancienne internationale de football italienne, est devenue la première femme au monde à entraîner une équipe masculine professionnelle de football (Viterbese en division 3 italienne)”, Barbusse, “Les femmes sont-elles capables de manager le sport ?”, in Du sexisme dans le sport, éditions Anamosa, 2016,

    63 « La première femme à avoir encadré la sélection nationale féminine de football est Élisabeth Loisel (1997-2007) (…) au cours de la période 1957-1966, Georgette Coste-Venitien dirigea la sélection nationale de basket-ball ; de 1963-1968, Janine Folcheris celle de volley-ball, Céline Nerbard de 1991-1997 l’équipe de France de Rugby, Christine Carré et Liliane Maurin dirigèrent de 1986 à1987 l’équipe de France féminine de handball », Staps, n° 131, 2021/1, op. cit. p. 51.

    64 Ibid.

    65 « des encadrants majoritairement masculins auront tendance à privilégier des disciplines considérées, a priori, comme masculines et qui attireront “spontanément” un public plus masculin que féminin (…) », op. cit. p. 105.

    66 Ibid.

    67 Mme Guérandel intitule une subdivision : « le travail sportif : un monde d’hommes au bénéfice des hommes » et écrit : « La division sexuée du travail résulte des rapports sociaux de sexe et en même temps contribue à les entretenir », op. cit. p. 55.

    68 Ibid. p. 56. Voir également C. Chimot et S. Fleuriel, op. cit. p. 194 et 195.

    69 « Au club de football sur 36 postes à responsabilités (…) six sont exercés par des femmes. La division sexuée du travail au sein du club relève également de la reproduction des stéréotypes assignant les femmes à des tâches d’assistance des hommes (secrétaire), ou relatives à l’univers domestique (préparation des gouters – 1), ou encore liée à la petite enfance (…) 4 encadrent la catégorie poussinets (trente enfants de 5 ans) », Guérandel, op. cit. p. 56.

    70 Voir en ce sens, ibid. p. 57 et s.

    71 C. Chimot et S. Fleuriel, op. cit. p. 201.

    72 Ibid.

    73 Mme Barbusse écrit : « Les hommes sont-ils tous recrutés ou nommés pour leurs compétences avérées ? Selon de nombreuses enquêtes (…) qu’il s’agisse de bénévoles ou de salariés, on recrute en priorité celui que l’on connaît et, comme il n’y a pratiquement que des hommes, on se recrute entre hommes. Prenons l’exemple du métier d’entraîneur professionnel. Le recrutement se fait sur la base de la réputation, de connaissances croisées, mais rarement de manière classique, comme on le ferait dans une entreprise pour un poste à responsabilités", "Les femmes sont-elles capables de manager le sport ? », op. cit.

    74 Sur cet aspect voir infra, le point de vue du rapport sénatorial de 2011 ne peut être partagé : « Une plus grande mixité de l’encadrement serait, en outre, de nature à garantir une offre d’activités plus “fémino-compatibles”, et donc moins exclusivement axée sur les seules disciplines attirant principalement les garçons », op. cit. p. 106.

    75 Op. cit. « Sur les 113 présidents de fédérations sportives recensés, seulement 16 sont des présidentes. (Situation au 28 février 2020), Les chiffres clés du sport 2020, op. cit. p. 33. »

    76 Op. cit. p. 132.

    77 J.C. Breillat, « Le tortueux chemin vers la parité réelle dans les exécutifs fédéraux ! », jurisport n° 230, 2022, p. 19 et s.

    78 Ce décret contesté par la fédération française de gymnastique ‒ CE 10 oct. 2013, n° 359219, Fédération française de gymnastique, « Imposait (…) aux fédérations sportives sollicitant un agrément le respect d’une proportion déterminée d’hommes et de femmes au sein de leurs instances dirigeantes », A. Bretonneau et J. Lessi, « Fédération française de gymnastique : Alitalia remise en forme », AJDA 2014, p. 213 et s.

    79 Ibid.

    80 « - de réserver aux licenciés de chacun des deux sexes au moins 40 % des sièges dans les instances dirigeantes dès lors que la proportion d’hommes et de femmes atteignait au moins 25 % dans la population licenciée ;
    - de réserver aux licenciés du sexe minoritaire au moins 25 % des sièges dans les instances dirigeantes dès lors que les hommes ou les femmes représentaient moins de 25 % des effectifs licenciés », J.C. Breillat, op. cit.

    81 Ibid.

    82 « Considérant que du rapprochement de ces textes il résulte que la qualité de citoyen ouvre le droit de vote et l’éligibilité dans des conditions identiques à tous ceux qui n’en sont pas exclus (…) que ces principes de valeur constitutionnelle s’opposent à toute division par catégories des électeurs ou des éligibles (…) Considérant qu’il résulte de ce qui précède que la règle qui, pour l’établissement des listes soumises aux électeurs, comporte une distinction entre candidats en raison de leur sexe, est contraire aux principes constitutionnels ci-dessus rappelés », https://www.conseil-constitutionnel.fr.

    83 « issue d’une “différence érigée en essence”, la parité, position discriminatoire, s’autorise de divers points d’appui d’ordre biologique, psychologique et juridique », F. de La Morena, Recherches sur le principe de laïcité en droit français, thèse Toulouse 1999, p. 678.

    84 Sur le distinguo voir notamment A.M. Le Pourhiet, « représenter la nation ? », in Représentation et représentativité (sous la direction de A.M. Le Pourhiet, B. Mathieu, F. MÉlin-Soucramanien, D. Rousseau), Paris, éditions Dalloz, 2008, p. 7.

    85 Voir F. de La Morena, op. cit. p. 680.

    86 A.M. Le Pourhiet, op. cit. p. 15.

    87 P. Moyersoen, « Puissance sportive et parité », in Le sport au carrefour des droits, Mélanges en l’honneur de Gérald Simon, Paris, éditions LexisNexis, 2021, p. 253 et s.

    88 N. Blanchard, « L’impact de la loi “sport” sur la gouvernance des fédérations », jurisport 2022, n° 230, p. 16 et s.

    89 Op. cit.

    90 M. Barbusse précise : « Le sélectionneur-entraîneur de l’équipe de France féminine de handball, Olivier Krumbholz, ne dit pas autre chose lorsqu’il déclare : “Je continue d’affirmer que les groupes de filles, à haut niveau, sont plus complexes à gérer que les groupes de garçons” », op. cit.

    91 Ibid.

    92 « Ce qu’il faut, quand on manage, encadre ou forme un individu, c’est voir dans le subordonné ou l’élève un être humain, et non un homme ou une femme », ibid.

    93 Rugby au féminin et en mixité, édito par D. Nourault, n° 40, juin 2022, p. 3.

    94 Ibid. p. 7.

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    Guignard, Didier. « Sport et mixité : La coexistence des femmes et des hommes dans le domaine sportif, fluctuat nec mergitur ». In Acteurs et valeurs du sport, édité par Olivier Blin et Didier Guignard. Toulouse: Presses de l’Université Toulouse Capitole, 2023. doi:10.4000/books.putc.17081.
    Guignard, Didier. « Sport et mixité : La coexistence des femmes et des hommes dans le domaine sportif, fluctuat nec mergitur ». Acteurs et valeurs du sport, édité par Olivier Blin et Didier Guignard, Presses de l’Université Toulouse Capitole, 2023, https://doi.org/10.4000/books.putc.17081.

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    Blin, Olivier, et Didier Guignard, éd. Acteurs et valeurs du sport. Toulouse: Presses de l’Université Toulouse Capitole, 2023. doi:10.4000/books.putc.16951.
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