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    Plan détaillé Texte intégral I. Une affaire contre Toulouse II. Toulouse contre l’affaire III. Plus d’affaire, mais un vainqueur : Toulouse ? Notes de bas de page Auteur

    Jacques Cujas

    Ce livre est recensé par

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    Table des matières

    La bataille mémorielle de Toulouse. Encore l’affaire Cujas

    Xavier Prévost

    p. 31-44

    Texte intégral I. Une affaire contre Toulouse II. Toulouse contre l’affaire III. Plus d’affaire, mais un vainqueur : Toulouse ? Notes de bas de page Auteur

    Texte intégral

    1Toulousain, Jacques Cujas (1522-1590) l’est de naissance ; mais s’il apparaît aujourd’hui tant attaché à sa cité natale, c’est largement par la volonté de la ville elle-même qui n’a cessé de le revendiquer, alors que l’humaniste a construit sa gloire loin des rives de la Garonne. Depuis près d’un demi millénaire, Toulouse s’évertue en effet à présenter l’humaniste comme l’une de ses plus grandes gloires. L’inauguration de la statue de Cujas dans le cloître de l’université Toulouse Capitole, le 8 décembre 2022, en constitue la dernière manifestation évidente. Derrière la célébration de l’homme et de son œuvre, les autorités municipales et universitaires ont immanquablement défendu leur ville en faisant de Cujas un personnage majeur de son histoire, malgré le départ définitif de celui-ci en 1554 pour obtenir à Cahors un poste de professeur qui lui échappait à Toulouse.

    2Une telle posture se retrouvait déjà – de manière plus flagrante encore – lors du centenaire précédent, le 17 décembre 1922, dans le discours prononcé par Paul Feuga (1863-1939), le maire de Toulouse, près d’une autre statue de Cujas installée devant la cour d’appel :

    « Je viens donc ici dire simplement, au nom de Toulouse, au pied de la statue de ce grand ancêtre, les sentiments de reconnaissance et le culte admiratif que ses compatriotes n’ont cessé de lui vouer.
    Mes paroles vont sans doute vous rappeler l’accusation d’ingratitude lancée jadis contre notre ville que Cujas, dit-on, fut contraint d’abandonner pour aller occuper une chaire à l’université de Cahors. Une vacance s’étant produite à la faculté de droit de Toulouse, un concurrent obscur de Cujas, nommé Forcadel, lui aurait été préféré. Sur ce point, des discussions et des controverses passionnées ont été maintes fois ouvertes, auxquelles ont pris part l’abbé d’Héliot, Jammes, Bériat de Saint-Prix et Bénech. Ce dernier écrivit une copieuse et redondante plaidoirie pour laver nos compatriotes de cette accusation. Mais n’y aurait-il pas réussi, serait-il exact qu’on eût, dans cette circonstance, méconnu le mérite de Cujas, cela empêcherait-il que Cujas fût nôtre et nous priverait-il du droit à le revendiquer comme la plus haute et la plus indiscutable de nos gloires.
    D’ailleurs, ainsi qu’on l’a très justement fait observer, "quel est le pays où l’intrigue et l’impudence ne l’ont pas souvent emporté sur le mérite modeste, toujours peu solliciteur ?" Si l’université toulousaine ne sut pas reconnaître, au début de sa carrière, la haute valeur de notre compatriote, cela prouve que le jugement des hommes est faillible et doit nous inciter aux plus sages réserves dans les appréciations que nous portons sur nos contemporains. » 1

    3Comme les formules utilisées en 1922 par le maire de Toulouse le laissent entrevoir, derrière l’affaire Cujas s’est jouée une véritable bataille mémorielle au moins depuis la fin du xviiie siècle. En réalité, cette affaire prend forme du vivant même de Cujas et ne cesse de s’intensifier après sa mort pour effectivement culminer au xixe siècle, lors de l’écriture des histoires locales et de la vaste entreprise de patrimonialisation dont Cujas fait partie comme « grand homme » de l’histoire de France, lui qui a illustré de nombreux territoires par sa carrière itinérante2.

    4Si, un siècle plus tard, j’ai moi-même choisi – à Toulouse, le jour de l’inauguration de la statue dans le cloître de l’université pour le cinquième centenaire de la naissance de l’humaniste – de revenir encore une fois sur l’affaire qui hante la relation de Cujas avec sa cité natale, ce n’est pas tant pour défendre une ville avec laquelle je n’ai aucun lien particulier, que pour essayer de montrer aux Toulousains – et au-delà – que cette affaire construite contre Toulouse semble finalement s’être retournée en sa faveur, la réaction de la ville ayant fait de cette dernière le vainqueur de la bataille mémorielle autour de Cujas.

    I. Une affaire contre Toulouse

    5L’affaire Cujas débute du vivant même de l’humaniste, au moment où l’université essaie de le faire revenir dans sa ville natale. En 1578, alors qu’il est devenu l’un des jurisconsultes les plus réputés d’Europe, Cujas se voit proposer par la faculté de droit le poste de docteur-régent qui lui avait échappé plus de vingt ans auparavant. L’humaniste décline l’offre toulousaine3 et préfère rester à Bourges, qu’il a regagné en 1576. Ce rejet a alors pu être interprété comme l’expression du ressentiment de Cujas à l’égard de celle qui n’aurait pas su reconnaître son talent lorsqu’il n’était encore qu’un jeune docteur. En effet, à cette occasion, Cujas emploie dans une lettre à son ancien élève toulousain, Pierre Du Faur de Saint-Jory (1532-1600), une formule (dont il attribue d’ailleurs la paternité à l’oncle du destinataire de cette lettre : l’abbé de la Case-Dieu) sans cesse reprise par l’historiographie : « quem presentem contempsistis, absentem requiretis »4 [celui que vous méprisiez en sa présence, vous le réclamerez en son absence]. On retrouve diverses variantes de la formule, mais l’édition de cette lettre par Jacques Berriat-Saint-Prix (1769-1845) permet de la remettre dans son contexte d’énonciation5. On dispose d’une autre évocation de cet épisode par Cujas quelques années plus tard, en 1581, lorsqu’il fait paraître sous le pseudonyme d’Antonius Mercator une réponse aux observations publiées l’année précédente par un professeur d’Orléans, Jean Robert († ap. 1582), qui conteste virulemment plusieurs de ses opinions. Dans son argumentation, Robert insiste sur diverses mésaventures ayant marqué la carrière de Cujas, notamment le fait qu’il aurait échoué à se faire recruter comme professeur à Toulouse. L’humaniste récuse la présentation des faits telle que la propose son opposant : loin d’être repoussé par sa ville natale, celle-ci regrette son absence et cherche à le récupérer6. Les formules cujaciennes sont lapidaires et ne reviennent pas exactement sur le détail des événements, ce qui a laissé place à diverses interprétations.

    6Outre ces quelques phrases sybillines qui entretiennent le mystère sur la réalité des événements, la personnalité de celui qui a finalement obtenu la chaire toulousaine a largement contribué à nourrir cette affaire. Très vite, en effet, le principal reproche adressé à Toulouse n’est pas simplement d’avoir repoussé Cujas, mais de lui avoir préféré Étienne Forcadel (v. 1519-1578). Ainsi, dans la première biographie de Cujas, qui paraît en 1590 au lendemain de la mort du jurisconsulte, Jean-Papire Masson (1544-1611) qualifie Forcadel de « sot, peu digne de l’enseignement »7. Ce texte est extrêmement important compte tenu de son rôle dans la fixation des principaux éléments de la vie de Cujas. Non seulement, il a servi de trame à l’ensemble des biographies rédigées depuis 1590, mais il a été placé en tête de l’édition de référence des œuvres intégrales de Cujas. Il a dès lors connu une incroyable diffusion à travers l’Europe aux xviie et xviiie siècles, tout en étant matériellement attaché à la pensée de Cujas elle-même. Celui qui lisait les œuvres de l’humaniste commençait par apprendre que Toulouse l’avait rejeté pour lui préférer un mauvais professeur de droit.

    7Il serait fastidieux de citer tous les textes qui reprennent cette formule, mais elle se retrouve par exemple chez Pierre Taisand (1644-1715). Dès 1678, son Histoire du droit romain contient une vie de Cujas qui traduit globalement le texte de Papire Masson : « d’abord il enseigna à Thoulouse ; mais l’ingratitude de cette ville qui luy prefera dans la demande d’une chaire vacante, un indigne competiteur luy fit prendre la pensée de se retirer à Cahors et ensuite à Bourges »8.Dans La vie des plus célèbres jurisconsultes de toutes les nations tant anciens que modernes, publiée de manière posthume en 1721, le même Taisand - juriste dijonnais, en partie formé à Toulouse – note : « Quoique Cujas fût très-sçavant, sa patrie lui fit une injustice criante, pour n’avoir pas d’abord assez bien connu son mérite, en lui préférant l’indigne Forcatule pour remplir une chaire vacante à Thoulouse. »9 . Quelques décennies plus tard, la biographie qu’Antoine Terrasson (1705-1782), professeur de droit canonique au Collège royal, consacre à Cujas et sa fille revient à nouveau sur cet épisode :

    « Lorsque [Cujas] se crut en état de rendre ses talens utiles à sa patrie, il sollicita une chaire de professeur en droit qui étoit vacante dans l’université de Toulouse : mais il eut le chagrin de voir qu’on lui préféra Etienne Forcadel (connu sous le nom de Forcatulus) qui égayoit alors la jurisprudence par les titres plaisans et singuliers qu’il donnoit à ses ouvrages. Cette injuste préférence ayant indisposé Cujas contre sa patrie, il s’écria ; ingrata Patria, non habebis ossa mea. Aussi-tôt il quitta Toulouse pour aller à Cahors. »10

    8Si l’histoire paraît bien établie pour les biographes de Cujas, certains Toulousains n’entendent pas rester sans réaction face à ces attaques contre leur ville. La première vigoureuse réponse provient de l’abbé Benoît d’Héliot (1695-1779). Membre de l'Académie royale des sciences, inscriptions et belles lettres de Toulouse, il y prononce en 1771 un discours publié onze ans plus tard dans la revue de l’Académie, sous le titre « Réfutation du préjugé littéraire, qui impute à l’université de Toulouse d’avoir donné à Forcadel la préférence sur Cujas dans la nomination à une chaire de droit civil ». Il y énonce clairement son objectif :

    « sapper un préjugé littéraire consacré par deux siecles de crédulité et d’erreur ; un préjugé avancé par des auteurs graves, contemporains et amis de Cujas ; un préjugé répété de bouche en bouche, de génération en génération, et, je le dis à notre honte, adopté presque par nous-mêmes, qui serions les plus intéressés à le détruire. Ce préjugé, consigné dans tous les Mémoires de littérature, dans tous les Dictionnaires, dans celui même qu’on nous donne aujourd’hui comme le dépôt des connoissances humaines ; ce préjugé enfin, universel jusqu’à ce jour, consiste à dire et à croire que Forcadel fut préféré à Cujas dans la dispute d’une Chaire de Droit Civil, et que telle fut la raison pour laquelle Toulouse perdit Cujas. »11

    9Les propos de l’académicien soulignent la place qu’occupe déjà l’affaire Cujas dans les publications à la fin du xviiie siècle. Elle se retrouve jusque dans l’Encyclopédie, cet ouvrage « qu’on nous donne aujourd’hui comme le dépôt des connoissances humaines ». C’est d’ailleurs dans l’article « Toulouse » qu’il est question de cette affaire, ce qui n’est pas anodin pour l’image de la ville et la réputation de son université. Louis de Jaucourt (1704-1780) y indique au sujet de Cujas : « Toulouse ne connut point son mérite, elle lui préféra un indigne compétiteur pour la chaire de droit »12. Compte tenu de l’immense portée de l’Encyclopédie, le petit texte toulousain ne saurait suffire à renverser une opinion si communément partagée. Il marque toutefois un moment-clef dans la réaction toulousaine contre une affaire construite au détriment de la ville. Cette réaction consiste alors non seulement à réfuter les arguments de ses détracteurs, mais plus encore à revendiquer pleinement comme sienne la figure de Cujas.

    II. Toulouse contre l’affaire

    10Au cours du xixe siècle se joue une véritable bataille mémorielle pour la figure de Cujas. Les textes qui paraissent alors s’inscrivent dans un moment très particulier de l’écriture de l’histoire en France, et notamment de l’histoire du droit13. L’acmé de cette polémique se produit dans un contexte de rédaction des histoires locales autour de la figure des grands hommes, auxquels on érige des monuments tout en baptisant des places et des rues de leur nom14. L’enjeu est d’importance pour toutes les villes qui ont vu passer Cujas et qui cherchent à profiter de sa gloire passée. Pour pouvoir pleinement revendiquer Cujas comme son enfant, Toulouse doit d’abord démontrer qu’elle ne l’a pas abandonné.

    11L’affaire Cujas, qui pourrait n’apparaître que comme un point secondaire pour l’histoire du droit, est par conséquent révélatrice de certaines tensions à l’œuvre dans ce champ disciplinaire. La manière dont sont présentés les différents protagonistes de l’affaire (Cujas lui-même évidemment, mais aussi Forcadel et les institutions toulousaines) surjoue l’opposition entre traditionalistes et novateurs à la Renaissance, tout en révélant les fractures de l’université aux xixe et xxe siècles. À travers l’affaire Cujas, il n’est pas seulement question de la réputation d’une ville, mais aussi de divergences méthodologiques quant à l’étude historique du droit. Le nombre de publications qui évoquent alors cette affaire illustrent l’intensité des échanges, qui s’apparente à un véritable « feuilleton Cujas »15, dont quelques extraits permettent de prendre la mesure.

    12Par exemple, dans le contexte de la réorganisation napoléonienne de l’enseignement du droit, Alexandre-Auguste Jamme (1736-1818), le directeur de l’école spéciale de droit de Toulouse, consacre en 1807 son discours de rentrée à l’affaire Cujas. Le besoin de restaurer l’honneur de la ville apparaît en pleine lumière dans des formules qui ne masquent pas les enjeux en présence :

    « Depuis deux siècles [l’université de Toulouse] est accusée publiquement de s’être couverte de honte en préférant Forcadel à Cujas, après la dispute d’une chaire de droit civil, préférence qui détermina, dit-on, ce grand homme à quitter sa patrie, et à faire à ses instances tardives, cette réponse trop connue, ingrata patria, non habebis ossa mea, frustra absentem requiristis, quem praesentem neglexistis.
    Examinons impartialement cette intéressante question. Pardonnez, Messieurs, à la sécheresse inséparable des discussions de ce genre ; mais la gloire de la ville et de l’université en dépend. Si je puis repousser l’injure qui leur a été faite, effacer la tache imprimée à leur célébrité et les rétablir dans tous leurs droits à la considération publique, cette journée ne sera pas perdue, et j’aurai payé ma dette. »16

    13Les réflexions sur cette affaire prennent un tour nouveau avec l’irruption du principal biographe de Cujas, Berriat-Saint-Prix, professeur à Grenoble puis à Paris. Il ne s’agit alors plus d’une défense pro domo de la part d’un Toulousain, même si les écrits de Berriat-Saint-Prix s’inscrivent également dans des considérations locales, puisqu’il s’agit de s’intéresser à une figure dauphinoise (Cujas a été professeur de droit à Valence et conseiller au parlement de Grenoble) pour en discuter au sein de l’Académie des sciences de Grenoble. Toutefois, Berriat-Saint-Prix confère à ses recherches une ambition scientifique bien plus large, très fortement influencée par l’École historique allemande. Dès 1819, il publie dans la Thémis un article intitulé « Dissertation sur cette question : Cujas fut-il refusé dans la demande qu’il fit d’une chaire de professeur à Toulouse ? »17, qu’il reprend deux ans plus tard dans sa décisive Histoire de Cujas18. Il revient sur la plupart des arguments mobilisés dans cette polémique et publie diverses sources permettant de les confirmer ou de les infirmer. Même si certains aspects restent encore obscurs, Berriat-Saint-Prix parvient à rétablir l’essentiel de la chronologie. Il continue de penser que c’est une erreur d’avoir écarté Cujas au profit de Forcadel, sur lequel il porte un regard sévère. Toutefois, sa conclusion se veut nuancée, notamment à l’égard des institutions toulousaines :

    « Mais ce jugement par lequel nous terminerons cette discussion déjà trop longue, nous semble trop rigoureux, en ce qu’[…] il fait porter sur la ville de Toulouse, en masse, un reproche que méritèrent seulement les personnages qui prirent part aux intrigues par lesquelles Cujas fut écarté, et dont elle put être fort innocente. Le soin qu’elle a eu d’élever une statue à Cujas, prouve qu’elle sait rendre justice au mérite et célébrer dignement les talens des grands hommes qu’elle a produits. »19

    14La portée de la biographie rédigée par Berriat-Saint-Prix apparaît donc comme une étape essentielle dans la remise en cause de l’image d’une « Toulouse barbare »20 dénigrant un humaniste de premier plan. Les travaux liés à l’École historique allemande contribuent activement à revenir aux sources pour déterminer précisément ce qui s’est passé à Toulouse en 1554, lorsque Cujas part pour Cahors. Friedrich Carl von Savigny (1779-1861) lui-même intervient dans la Thémis en 1822 pour écrire, au sujet du livre de Berriat-Saint-Prix, que le refus d’une chaire à l’université de Toulouse « est, sans contredit, le point le plus obscur de l’histoire de Cujas »21. Il propose alors des pistes de recherche, en particulier sur l’histoire institutionnelle de l’université toulousaine, pour essayer de lever cette obscurité.

    15Les propositions formulées par Berriat-Saint-Prix ne satisfont toutefois pas pleinement les plus virulents défenseurs de Toulouse, puisqu’elles continuent d’affirmer que « Cujas fut écarté » de l’université de sa ville natale. En 1842, Osmin Bénech (1807-1855), professeur de droit romain à Toulouse, cherche à laver complètement l’honneur de sa cité en publiant Cujas et Toulouse, ou documents nouveaux constatant que Cujas n’a jamais échoué dans la dispute d’une régence de droit civil à l’université de Toulouse ; accompagnés d’aperçus historiques sur cette université. Lui aussi influencé par les travaux de l’École historique allemande, il développe une analyse méthodique de cent quarante-six pages. Celle-ci n’est pas pour autant dénuée d’enjeux mémoriels locaux, comme le souligne bien l’ultime paragraphe :

    « Si j’ai écrit de bonne foi, je n’ai pu voir sans regret les moyens que l’on a employés pour flétrir notre passé. Mais, en retour, je n’ai pu évoquer tant de glorieux souvenirs, toucher tant d’illustrations, sans éprouver un juste sentiment d’orgueil d’appartenir par les liens de l’adoption à une cité dont la mission scientifique a été si grande, d’être membre d’une université dont les annales nous offrent de si belles pages et de si beaux exemples. »22

    16Cette publication donne alors lieu à une violente polémique entre Bénech et Berriat-Saint-Prix dans le numéro 9 de la Revue Wolowski, notamment au sujet de l’argument principal de Bénech selon lequel Cujas aurait quitté Toulouse en raison de la faiblesse des émoluments attachés à la chaire mise au concours23.

    17À ces travaux sur Cujas, il faut ajouter ceux qui – comme le réclamait notamment Savigny – s’intéressent désormais à l’histoire de l’université toulousaine. C’est le cas des recherches qu’Antonin Deloume (1836-1911) – lui aussi professeur de droit à Toulouse – fait paraître à la fin du xixe et au début du xxe siècle24. Il s’attarde notamment sur un vieil argument expliquant que Cujas n’ait pu obtenir la chaire toulousaine convoitée : l’opposition mesquine d’étudiants menés par Jean Bodin (1529/30-1596). Dès 1933, l’impossibilité de la cabale bodinienne est prouvée par Jean Moreau-Reibel25 (1901-1976), mais cela n’éteint pas pour autant l’affaire Cujas elle-même, sur laquelle reviennent encore de nombreuses publications tout au long du xxe siècle. En 1950, dans son article « Jean Bodin et Toulouse », Pierre Mesnard (1900-1969) – spécialiste de la philosophie de la Renaissance – parle d’un « véritable complexe de culpabilité » des Toulousains, « n’arrivant pas à comprendre au bout de plusieurs siècles que [Cujas] ait été l’ornement des universités rivales et non de l’alma mater où il avait conquis ses grades »26.

    18Les contributions de Mesnard s’avèrent incontournables pour comprendre ce qui s’est réellement passé. C’est notamment le cas d’un article paru lui aussi au mitan du xxe siècle : « Un rival heureux de Cujas et de Jean Bodin. Étienne Forcadel ». Il permet de battre en brèche ce qui fut sans doute l’argument le plus souvent utilisé pour accuser Toulouse : la médiocrité de Forcadel. Pour comprendre le choix des autorités toulousaines de recruter Forcadel, il fallait étudier véritablement sa vie et son œuvre. Selon les justes mots de Mesnard, Forcadel « ne mérite pas l’opprobre ni le silence dont les disciples et les continuateurs de Cujas ont successivement recouvert son nom »27. Malgré cette mise au point, l’argument perdure jusqu’au xxie siècle dans certaines publications. La notice Cujas dans la seconde édition de l’Anthologie de la pensée juridique, publiée par Philippe Malaurie (1925-2020) en 2001, reprend exactement cette vieille image historiographique : « Professeur errant dans toutes les universités françaises, sauf Toulouse, sa ville natale, qui lui préféra un médiocre, il enseigna surtout à Bourges. »28

    19Avec l’affaire Cujas, Toulouse continue donc à être blâmée pour sa médiocrité, malgré une autodéfense forte et continue. Toutefois, parmi les publications relatives à cette affaire, celles persévérant dans une telle association sont de plus en plus rares. En effet, l’enchaînement des événements est connu d’assez longue date et a permis d’établir quelle fut effectivement l’attitude des autorités toulousaines à l’égard de Cujas. L’affaire Cujas est en réalité close depuis longtemps et elle semble paradoxalement s’être achevée au profit de Toulouse.

    III. Plus d’affaire, mais un vainqueur : Toulouse ?

    20Les recherches menées depuis l’éclatement de l’affaire Cujas permettent de reconstituer les faits de manière relativement claire. Né à Toulouse en 1522, Cujas y poursuit l’intégralité de ses études de droit. À partir de 1547, il enseigne dans la ville en tant que « hallebardier ». Son cours, normalement consacré aux Institutes de Justinien, commence à lui conférer une certaine renommée, notamment en raison de la méthode mise en œuvre, qui applique les principes de l’humanisme à l’étude du droit29. En outre, il s’abstrait de la simple lecture du manuel justinien pour explorer d’autres sources romaines, prenant en cela d’importantes libertés par rapport au programme traditionnellement affecté à sa fonction. En effet, l’un de ses cours porte non sur les Institutes, mais sur les Règles d’Ulpien, œuvre postclassique du ive siècle, imprimée en 1549 par Jean Du Tillet. Grâce à cet enseignement, Cujas commence à se forger une réputation d’humaniste, qui attire des étudiants venus de loin. Le succès est tel qu’en 1553, lorsque Corbeyrand Fabri († av. 1556) dit Massabrac quitte l’université de Toulouse, il résigne sa charge de docteur-régent en droit civil au profit de Cujas.

    21La résignation constitue l’un des modes d’attribution d’une chaire professorale, en concurrence avec l’admission directe et la mise au concours30. Toutefois, durant le xvie siècle, le concours tend à s’imposer sous la pression du parlement toulousain. Celui-ci étend alors son emprise sur l’université, qu’il cherche à contrôler étroitement, en particulier au niveau de la nomination des régents. La résignation de Massabrac lui en offre d’ailleurs l’occasion, car elle fait l’objet d’une contestation de la part de Martin Rossel († ap. 1585). Docteur-régent en droit canon à Toulouse, Rossel oppose à la résignation des lettres patentes d’Henri II qui lui attribuent la prochaine chaire de droit civil vacante dans cette université. Afin de faire valoir ses droits, il saisit le parlement de la ville, juridiction compétente en matière de conflits universitaires. La cour annule la résignation de Massabrac, sans pour autant faire droit aux prétentions de Rossel. Par arrêt du 21 juin 155331, le parlement décide l’ouverture d’un concours afin de pourvoir la chaire vacante : faisant fi d’une décision royale, la cour affirme ici sa pleine autorité sur l’université toulousaine. À partir de cette date, Cujas se trouve en compétition pour l’attribution de la régence qui devait originairement lui revenir. Le concours est intégralement encadré par le parlement, dont les arrêts permettent de reconstituer les étapes.

    22L’arrêt du 27 février 155432 décide de l’ouverture du concours après Pâques et fixe la liste des candidats : Rossel, Forcadel, Cujas, Ponison et Costa. Rossel ne se satisfait pas de ce jugement, qu’il conteste devant la cour, suivi en cela par Cujas. Ils invoquent respectivement les lettres du roi et la résignation de Massabrac. Le parlement maintient cependant sa position et confirme sa première décision par arrêt du 29 mars 155433. En revanche, le concours ne débute pas après Pâques, puisqu’il reste judiciairement contesté par le professeur de droit canon. Rossel se fait délivrer de nouvelles lettres royaux par la chancellerie, dont il exige l’enregistrement par le parlement de Toulouse, qu’il saisit le 13 mai 155534. Une nouvelle fois, la cour souveraine le déboute par arrêt du 26 août 155535. À cette occasion, le parlement rejette aussi les requêtes en récusation présentées par Rossel et Cujas. Finalement, le concours s’ouvre en 1556 et la chaire ne revient pas aux contestataires, mais à Forcadel, nommé régent le 9 février 155736, lui qui avait échoué aux concours de 1544 et 1547.

    23Ces événements justifient-t-ils les accusations formulées contre Toulouse ? Certes, Cujas n’est pas devenu docteur-régent à l’université de Toulouse mais, en réalité, il n’a pas échoué au concours qui a sacré Forcadel, puisqu’il n’a pas pris part à la compétition quand elle s’est officiellement ouverte en 1556. Dès 1553, lors de l’annulation de la résignation faite à son profit, Cujas se rend certainement compte de la difficulté de l’entreprise. Il a face à lui un professeur en droit canon et un juriste aux publications nombreuses ayant déjà brigué deux fois un tel poste, qui bénéficient tous deux d’importants soutiens37. Au milieu du xvie siècle, à Toulouse, Forcadel est alors loin d’être considéré comme un médiocre38. Cujas a, quant à lui, moins d’atouts à faire valoir. Effectivement, il n’abandonne pas immédiatement ses prétentions et profite des recours de Rossel pour essayer de l’emporter en justice, mais cette action se solde par le rejet de sa demande en mars 1554.

    24Face à cette situation, Cujas, pragmatique, saisit l’occasion qui se présente à lui de devenir professeur, sans concourir, même s’il faut pour cela partir de Toulouse. Cette même année 1554, l’université de Cahors lui propose le poste laissé vacant à la suite du départ d’Antonio de Gouveia (v.1505-1566). Face à l’incertitude toulousaine, la chaire cadurcienne et la rémunération associée emportent la conviction de celui qui, depuis près de sept ans, se contente, à Toulouse, d’être un hallebardier. Cujas part donc pour Cahors dès 1554, alors que le concours pour la chaire de Massabrac n’est toujours pas ouvert. L’humaniste n’y participe pas, lorsqu’il s’ouvre enfin en 1556. Par conséquent, stricto sensu, il n’est pas possible de dire que l’université de Toulouse a rejeté Cujas pour lui préférer Forcadel. En réalité, Massabrac avait choisi Cujas et c’est le parlement de Toulouse qui a empêché cette nomination en imposant un concours de recrutement à la suite de la contestation de Rossel ; or Cujas est parti de Toulouse avant l’ouverture du concours et n’y a pas pris part.

    25A posteriori, le départ pour Cahors avant même l’ouverture effective du concours, constitue un événement important dans la carrière ascensionnelle de Cujas. Paradoxalement, Toulouse semble aussi en avoir tiré profit. La polémique suscitée par l’affaire Cujas a poussé la ville à forger un récit grâce auquel elle s’est pleinement réapproprié l’humaniste, qui a pourtant fait sa carrière loin de Toulouse. Les nombreuses publications visant à défendre la cité se sont doublées de manifestations universitaires et de l’érection de monuments39, par lesquelles Toulouse est parvenue à être considérée dans l’opinion commune comme la ville de Cujas. Durant ce demi millénaire, elle lui a accordé bien plus d’attention que Valence et surtout que Bourges40, où Cujas a pourtant enseigné pendant un quart de siècle et où il est mort et enterré. Dans la bataille mémorielle qui a accompagné la patrimonialisation de Cujas, il ne fait aujourd’hui pas de doute que l’affaire Cujas, loin d’avoir déshonoré Toulouse, a fini par lui profiter.

    Notes de bas de page

    1 « Le ive centenaire de Cujas », Recueil de l’Académie de législation fondée à Toulouse en 1851, t. 3, 1922-1923, p. 131-132.

    2 Sur ces aspects, je me permets de renvoyer à X. Prévost, Histoire littéraire de la France, t. 46 : Jacques Cujas (1522-1590), Paris, Académie des inscriptions et belles-lettres / De Boccard, 2018 ; et id., Jacques Cujas (1522-1590), Jurisconsulte humaniste, Genève, Droz, 2015. Une biographie de Cujas a paru récemment : J.-L. Chartier, Cujas : l’oracle du droit et de la jurisprudence (1522-1590), Paris, LexisNexis, 2016. Il faut noter la parution prochaine des actes du colloque qui s’est tenu au Collège de France les 28 et 29 mars 2022 : Jacques Cujas 1522-2022. La fabrique d’un « grand juriste », dir. A. Gottely, D. Mantovani et X. Prévost ; à compléter par l’exposition en ligne : http://expo-jacques-cujas-1522-2022-biu-cujas.univ-paris1.fr. Pour une présentation synthétique, voir X. Prévost, « Portrait de Jacques Cujas (1522-1590) à l’occasion des cinq cents ans de sa naissance », Revue internationale d’histoire du notariat. Le Gnomon, t. 211, 2022, p. 3-12 ; L. Winkel, « Cujas (Cujacius) Jacques », Dictionnaire historique des juristes français (xiie-xxe siècle), dir. P. Arabeyre, J.-L. Halpérin et J. Krynen, Paris, Presses universitaires de France, 2015, p. 291-293.

    3 H. Gilles, « La nomination aux chaires à la Faculté de Droit », L’humanisme à Toulouse (1480-1596), dir. N. Dauvois, Paris, Honoré Champion, 2006, p. 66-67.

    4 Lettre à Pierre Du Faur de Saint-Jorry du 25 mars 1578, citée par J. Berriat-Saint-Prix, « Dissertation sur cette question : Cujas fut-il refusé dans la demande qu’il fit d’une chaire de professeur à Toulouse ? », Thémis ou Bibliothèque du jurisconsulte, t. 1, 1819, p. 317-319.

    5 J. Berriat-Saint-Prix, Histoire du droit romain suivie de l’histoire de Cujas, Paris, Nêve, 1821, p. 504.

    6 « Nihil movetur etiam eo, quod mentiris in his libris bis, aut ter eum a Tolosanis tulisse repulsam in petitione Cathedrae, quam eum a Cadurcis, et mox a Biturigibus evocatum oblatam repudiasse testis est Senatus, et populus Tolosanus, qui nec destituit unquam ab eo tempore eum sublatum ex oculis desiderare, et requirere », J. Cujas, Notata Antonii Mercatoris ad libros animadversionum Joannis Roberti, Opera omnia, Naples, 1758, t. X, p. 138.

    7 « Verum malo quodam Tectosagum Volcarumve genio accidit, ut ibi in petitione cathedrae repulsam pateretur, praelato Midae auribus Apollini Marysa, id est, Stephano Forcatulo Beterensi, homine insulso et ad docendum minus idoneo, quae primaci ac praecipua reliquandae patriae ut igratae causa fuit, Cadurcumque migrandi, mox Biturigas », J.-P. Masson, Jacobi Cujacii JC vita, Opera omnia, Paris, 1658, t. I, non paginé.

    8 P. Taisand, Histoire du droit romain, où il est traité de son origine, de son progrès, de sa décadence, de son rétablissement, de sa perfection, et de son autorité et par occasion, des vies en abbrégé des jurisconsultes anciens et modernes, Paris, H. Josset, 1678, p. 94-95.

    9 Id, La vie des plus célèbres jurisconsultes de toutes les nations tant anciens que modernes, Paris, L. Sevestre, 1721, p. 147.

    10 A. Terrasson, « Vie de Jacques Cujas et de Suzanne Cujas, sa fille », Mélanges d’histoire de littérature, de jurisprudence littéraire, de critique, etc., Paris, Veuve Simon et fils, 1768, p. 404.

    11 B. d’Héliot, « Réfutation du préjugé littéraire, qui impute à l’Université de Toulouse d’avoir donné à Forcadel la préférence sur Cujas dans la nomination à une Chaire de Droit Civil », Mémoires de l’Académie royale des sciences, inscriptions et belles lettres de Toulouse, t. 1, 1782, p. 2.

    12 Encyclopédie ou dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers…, Neufchâtel, Samuel Faulche, 1765, t. XVI, p. 452.

    13 Sur ce point, voir en particulier G. Cazals et A.-S. Chambost, « Postérités post-révolutionnaires de Cujas : de quelles autorité Cujas est-il le nom ? », Jacques Cujas 1522-2022…, op. cit. Les autrices écrivent notamment qu’« à l’arrière-plan ou au détour des pages évoquant la vie et l’œuvre de Cujas, ce sont bien d’autres enjeux qui percent. Remise à l’honneur par "l’École historique", la figure du jurisconsulte vient ainsi fort à propos souligner, avec une continuité historique qui n’est pas sans desservir les régimes politiques contemporains, l’autorité de la doctrine française que l’Université nouvelle et les institutions académiques se font fort d’incarner ».

    14 Voir les contributions de J. Lalouette dans ce volume, dans Jacques Cujas 1522-2022…, et dans l’exposition en ligne : http://expo-jacques-cujas-1522-2022-biu-cujas.univ-paris1.fr/les-statues-de-cujas/.

    15 « D’Héliot à Laferrière, de Bénech à Declareuil, de Molinier à Deloume, les auteurs reviennent sur le "péché originel" pour exonérer d’une faute les Toulousains. Ce plaidoyer en défense prend la tournure d’un feuilleton Cujas avec deux protagonistes : le Toulousain Bénech et le Parisien Berriat-Saint-Prix », F. Garnier, « Cujas et Toulouse du xviiie au xxie siècle : écriture plurielle d’une histoire », Jacques Cujas 1522-2022…, op. cit.

    16 A.-A. Jamme, Discours prononcé par M. Jamme, professeur-directeur de l’École spéciale de droit de Toulouse, le 2 novembre 1807, jour de la rentrée de l’École, et de son inauguration dans le bâtiment de l’ancienne université, Toulouse, 1807, p. 4.

    17 J. Berriat-Saint-Prix, « Dissertation sur cette question… », op. cit., p. 297-328.

    18 J. Berriat-Saint-Prix, Histoire du droit romain…, op. cit., p. 481-514.

    19 Ibid., p. 511-512 [p. 325 dans l’article publié en 1819 dans la Thémis].

    20 Sur cette fausse image, qui a notamment été employée pour désigner Toulouse comme un bastion du bartolisme, voir G. Cazals, « Des procès humanistes au procès de Toulouse : Toulouse barbare ? », Littérature et droit, du Moyen Âge à la période baroque : le procès exemplaire, dir. S. Geonget et B. Méniel, Paris, Honoré Champion, 2008, p. 161-189 ; et P. Arabeyre, « Droit, institutions et idées politiques. L’"École" de Toulouse a-t-elle existé ? », L’humanisme à Toulouse…, op. cit., p. 23-41.

    21 F. C. von Savigny, « Lettre […] sur l’Histoire de Cujas par M. Berriat-Saint-Prix », Thémis ou bibliothèque du jurisconsulte, t. 4, 1822, p. 169.

    22 O. Bénech, Cujas et Toulouse…, Toulouse, A. Dieulafoy et Bertrand, p. 146.

    23 J. Berriat-Saint-Prix, « Observations sur l’ouvrage intitulé "Cujas et Toulouse" par M. Bénech », Revue étrangère et française de législation, de jurisprudence et d’économie politique, t. 9, 1842, p. 328-341 ; O. Bénech, « Réplique de M. B. aux observations proposées par M. Berriat-Saint-Prix contre l’ouvrage intitulé "Cujas et Toulouse" », ibid., p. 673-692 et 839-853.

    24 A. Deloume, Aperçu historique sur la Faculté de droit de l’Université de Toulouse, maîtres et escoliers de l’an 1228 à 1900, Toulouse, E. Privat, 1900 ; id., Faculté de droit de Toulouse fondée en 1229, Centenaire de la réorganisation de 1805. Histoire sommaire de la Faculté, Toulouse, E. Privat, 1905.

    25 J. Moreau-Reibel, Jean Bodin et le droit public comparé dans ses rapports avec la philosophie de l’histoire, Paris, J. Vrin, 1933.

    26 P. Mesnard, « Jean Bodin à Toulouse », Bibliothèque d’Humanisme et Renaissance, t. 12, 1950, p. 44.

    27 Id., « Un rival heureux de Cujas et de Jean Bodin. Étienne Forcadel », Umanesimo e scienza politica. Atti del Congresso internazionale di studi umanistici, Roma-Firenze, 1949, dir. E. Castelli, Milan, C. Marzorati, 1951, p. 322.

    28 P. Malaurie, Anthologie de la pensée juridique, Paris, Cujas, 2001, p. 73.

    29 Sur l’humanisme juridique, je renvoie aux principales présentations synthétiques en français et aux références qu’elles contiennent : L’humanisme juridique. Aspects d’un phénomènes intellectuel européen, dir. X. Prévost et L.-A. Sanchi, Paris, Classiques Garnier, 2022 ; M. Schmoeckel, « Le "mos gallicus". L’âge d’or de la jurisprudence française et ses liens avec l’Allemagne », Revue du Centre Michel de L'Hospital, t. 24, 2022, en ligne : https://doi.org/10.52497/revue-cmh.945 ; X. Prévost, « L’humanisme juridique de la Renaissance », EHNE – Encyclopédie d’histoire numérique de l’Europe, dir. O. Dard, 2021, en ligne : https://ehne.fr/fr/node/21511 ; id., « La méthode française est-elle italienne ? La formation de l’humanisme juridique à la Renaissance : bref aperçu historiographique », Italia-Francia Allers-Retours : influenze, adattamenti, porosità, dir. L. Brunori et C. Ciancio, Rome, 2021, p. 17-27, en ligne : http://www.historiaetius.eu/uploads/5/9/4/8/5948821/bruno_ciancio_ebook.pdf ; G. Cazals, « Une Renaissance. Doctrine, littérature et pensée juridique du xvie siècle en France », Clio@Themis. Revue électronique d’histoire du droit, t. 14, 2018, en ligne : https://doi.org/10.35562/cliothemis.742 ; L.-A. Sanchi, « Autour de l’humanisme juridique », Les Sources du droit à l’aune de la pratique judiciaire, dir. O. Descamps, Paris, 2018, p. 27-35 ; X. Prévost, « Mos gallicus jura docendi, La réforme humaniste de la formation des juristes », Revue historique de droit français et étranger, t. 89, 2011, p. 491-513 ; J.-L. Thireau, « Humaniste (Jurisprudence) », Dictionnaire de la culture juridique, dir. D. Alland et S. Rials, Paris, Presses universitaires de France, 2003, p. 795-800 ; I. MacLean, Interprétation et signification à la Renaissance : le cas du droit, trad. V. Hayaert, Genève, Droz, 2016 [1992].

    30 Sur les modes de recrutement à l’université de Toulouse au xvie siècle, voir H. Gilles, « La nomination aux chaires… », op. cit., p. 61-64.

    31 A.D. de la Haute-Garonne, 1B 46, fol. 488v., une copie de cet arrêt figure également aux A.M. de Toulouse, AA 17, p. 256.

    32 A.D. de la Haute-Garonne, 1B 47, fol. 247v.

    33 A.D. de la Haute-Garonne, 1B 47, fol. 349v.

    34 A.D. de la Haute-Garonne, 1B 48, fol. 473v.

    35 A.D. de la Haute-Garonne, 1B 48, fol. 677v.-678v.

    36 Sur le concours après le départ de Cujas pour Cahors, voir H. Gilles, « La succession des chaires à la Faculté de droit de Toulouse au xvie siècle », Université de Toulouse et enseignement du droit (xiiie-xvie siècles), Toulouse / Paris, Université des sciences sociales / Picard, 1992, p. 286-288.

    37 Sur la comparaison des soutiens toulousains de Forcadel et Cujas, voir P. Mesnard, « Un rival heureux de Cujas… », op. cit., p. 321.

    38 Outre les articles précités, voir G. Cazals, « Forcadel Étienne », Dictionnaire historique des juristes français…, op. cit., p. 440-442; N. Dauvois, « “Jura sanctissima fabulis et carminibus miscere”. La concorde de la poésie et du droit dans quelques traités d’Etienne Forcadel : Necyomantia (1544), Sphæra legalis (1549), Cupido jurisperitus (1553) », L’humanisme à Toulouse…, op. cit., p. 91-105 ; ainsi que les éditions et traductions contemporaines des œuvres de Forcadel : L’amour juriste = Cupido iurisperitus, éd. et trad. A. Teissier-Ensminger, Paris, Classiques Garnier, 2018 ; La Sphère du droit = Sphaera legalis, éd. et trad. ead., Paris, Classiques Garnier, 2011.

    39 F. Garnier, « Cujas et Toulouse… », op. cit.

    40 X. Godin, « Le souvenir de Jacques Cujas à Bourges », en ligne : http://expo-jacques-cujas-1522-2022-biu-cujas.univ-paris1.fr/le-souvenir-de-jacques-cujas-a-bourges/.

    Auteur

    • Xavier Prévost

      Professeur à l’université de Bordeaux,
      Membre junior de l’Institut universitaire de France

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    1 « Le ive centenaire de Cujas », Recueil de l’Académie de législation fondée à Toulouse en 1851, t. 3, 1922-1923, p. 131-132.

    2 Sur ces aspects, je me permets de renvoyer à X. Prévost, Histoire littéraire de la France, t. 46 : Jacques Cujas (1522-1590), Paris, Académie des inscriptions et belles-lettres / De Boccard, 2018 ; et id., Jacques Cujas (1522-1590), Jurisconsulte humaniste, Genève, Droz, 2015. Une biographie de Cujas a paru récemment : J.-L. Chartier, Cujas : l’oracle du droit et de la jurisprudence (1522-1590), Paris, LexisNexis, 2016. Il faut noter la parution prochaine des actes du colloque qui s’est tenu au Collège de France les 28 et 29 mars 2022 : Jacques Cujas 1522-2022. La fabrique d’un « grand juriste », dir. A. Gottely, D. Mantovani et X. Prévost ; à compléter par l’exposition en ligne : http://expo-jacques-cujas-1522-2022-biu-cujas.univ-paris1.fr. Pour une présentation synthétique, voir X. Prévost, « Portrait de Jacques Cujas (1522-1590) à l’occasion des cinq cents ans de sa naissance », Revue internationale d’histoire du notariat. Le Gnomon, t. 211, 2022, p. 3-12 ; L. Winkel, « Cujas (Cujacius) Jacques », Dictionnaire historique des juristes français (xiie-xxe siècle), dir. P. Arabeyre, J.-L. Halpérin et J. Krynen, Paris, Presses universitaires de France, 2015, p. 291-293.

    3 H. Gilles, « La nomination aux chaires à la Faculté de Droit », L’humanisme à Toulouse (1480-1596), dir. N. Dauvois, Paris, Honoré Champion, 2006, p. 66-67.

    4 Lettre à Pierre Du Faur de Saint-Jorry du 25 mars 1578, citée par J. Berriat-Saint-Prix, « Dissertation sur cette question : Cujas fut-il refusé dans la demande qu’il fit d’une chaire de professeur à Toulouse ? », Thémis ou Bibliothèque du jurisconsulte, t. 1, 1819, p. 317-319.

    5 J. Berriat-Saint-Prix, Histoire du droit romain suivie de l’histoire de Cujas, Paris, Nêve, 1821, p. 504.

    6 « Nihil movetur etiam eo, quod mentiris in his libris bis, aut ter eum a Tolosanis tulisse repulsam in petitione Cathedrae, quam eum a Cadurcis, et mox a Biturigibus evocatum oblatam repudiasse testis est Senatus, et populus Tolosanus, qui nec destituit unquam ab eo tempore eum sublatum ex oculis desiderare, et requirere », J. Cujas, Notata Antonii Mercatoris ad libros animadversionum Joannis Roberti, Opera omnia, Naples, 1758, t. X, p. 138.

    7 « Verum malo quodam Tectosagum Volcarumve genio accidit, ut ibi in petitione cathedrae repulsam pateretur, praelato Midae auribus Apollini Marysa, id est, Stephano Forcatulo Beterensi, homine insulso et ad docendum minus idoneo, quae primaci ac praecipua reliquandae patriae ut igratae causa fuit, Cadurcumque migrandi, mox Biturigas », J.-P. Masson, Jacobi Cujacii JC vita, Opera omnia, Paris, 1658, t. I, non paginé.

    8 P. Taisand, Histoire du droit romain, où il est traité de son origine, de son progrès, de sa décadence, de son rétablissement, de sa perfection, et de son autorité et par occasion, des vies en abbrégé des jurisconsultes anciens et modernes, Paris, H. Josset, 1678, p. 94-95.

    9 Id, La vie des plus célèbres jurisconsultes de toutes les nations tant anciens que modernes, Paris, L. Sevestre, 1721, p. 147.

    10 A. Terrasson, « Vie de Jacques Cujas et de Suzanne Cujas, sa fille », Mélanges d’histoire de littérature, de jurisprudence littéraire, de critique, etc., Paris, Veuve Simon et fils, 1768, p. 404.

    11 B. d’Héliot, « Réfutation du préjugé littéraire, qui impute à l’Université de Toulouse d’avoir donné à Forcadel la préférence sur Cujas dans la nomination à une Chaire de Droit Civil », Mémoires de l’Académie royale des sciences, inscriptions et belles lettres de Toulouse, t. 1, 1782, p. 2.

    12 Encyclopédie ou dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers…, Neufchâtel, Samuel Faulche, 1765, t. XVI, p. 452.

    13 Sur ce point, voir en particulier G. Cazals et A.-S. Chambost, « Postérités post-révolutionnaires de Cujas : de quelles autorité Cujas est-il le nom ? », Jacques Cujas 1522-2022…, op. cit. Les autrices écrivent notamment qu’« à l’arrière-plan ou au détour des pages évoquant la vie et l’œuvre de Cujas, ce sont bien d’autres enjeux qui percent. Remise à l’honneur par "l’École historique", la figure du jurisconsulte vient ainsi fort à propos souligner, avec une continuité historique qui n’est pas sans desservir les régimes politiques contemporains, l’autorité de la doctrine française que l’Université nouvelle et les institutions académiques se font fort d’incarner ».

    14 Voir les contributions de J. Lalouette dans ce volume, dans Jacques Cujas 1522-2022…, et dans l’exposition en ligne : http://expo-jacques-cujas-1522-2022-biu-cujas.univ-paris1.fr/les-statues-de-cujas/.

    15 « D’Héliot à Laferrière, de Bénech à Declareuil, de Molinier à Deloume, les auteurs reviennent sur le "péché originel" pour exonérer d’une faute les Toulousains. Ce plaidoyer en défense prend la tournure d’un feuilleton Cujas avec deux protagonistes : le Toulousain Bénech et le Parisien Berriat-Saint-Prix », F. Garnier, « Cujas et Toulouse du xviiie au xxie siècle : écriture plurielle d’une histoire », Jacques Cujas 1522-2022…, op. cit.

    16 A.-A. Jamme, Discours prononcé par M. Jamme, professeur-directeur de l’École spéciale de droit de Toulouse, le 2 novembre 1807, jour de la rentrée de l’École, et de son inauguration dans le bâtiment de l’ancienne université, Toulouse, 1807, p. 4.

    17 J. Berriat-Saint-Prix, « Dissertation sur cette question… », op. cit., p. 297-328.

    18 J. Berriat-Saint-Prix, Histoire du droit romain…, op. cit., p. 481-514.

    19 Ibid., p. 511-512 [p. 325 dans l’article publié en 1819 dans la Thémis].

    20 Sur cette fausse image, qui a notamment été employée pour désigner Toulouse comme un bastion du bartolisme, voir G. Cazals, « Des procès humanistes au procès de Toulouse : Toulouse barbare ? », Littérature et droit, du Moyen Âge à la période baroque : le procès exemplaire, dir. S. Geonget et B. Méniel, Paris, Honoré Champion, 2008, p. 161-189 ; et P. Arabeyre, « Droit, institutions et idées politiques. L’"École" de Toulouse a-t-elle existé ? », L’humanisme à Toulouse…, op. cit., p. 23-41.

    21 F. C. von Savigny, « Lettre […] sur l’Histoire de Cujas par M. Berriat-Saint-Prix », Thémis ou bibliothèque du jurisconsulte, t. 4, 1822, p. 169.

    22 O. Bénech, Cujas et Toulouse…, Toulouse, A. Dieulafoy et Bertrand, p. 146.

    23 J. Berriat-Saint-Prix, « Observations sur l’ouvrage intitulé "Cujas et Toulouse" par M. Bénech », Revue étrangère et française de législation, de jurisprudence et d’économie politique, t. 9, 1842, p. 328-341 ; O. Bénech, « Réplique de M. B. aux observations proposées par M. Berriat-Saint-Prix contre l’ouvrage intitulé "Cujas et Toulouse" », ibid., p. 673-692 et 839-853.

    24 A. Deloume, Aperçu historique sur la Faculté de droit de l’Université de Toulouse, maîtres et escoliers de l’an 1228 à 1900, Toulouse, E. Privat, 1900 ; id., Faculté de droit de Toulouse fondée en 1229, Centenaire de la réorganisation de 1805. Histoire sommaire de la Faculté, Toulouse, E. Privat, 1905.

    25 J. Moreau-Reibel, Jean Bodin et le droit public comparé dans ses rapports avec la philosophie de l’histoire, Paris, J. Vrin, 1933.

    26 P. Mesnard, « Jean Bodin à Toulouse », Bibliothèque d’Humanisme et Renaissance, t. 12, 1950, p. 44.

    27 Id., « Un rival heureux de Cujas et de Jean Bodin. Étienne Forcadel », Umanesimo e scienza politica. Atti del Congresso internazionale di studi umanistici, Roma-Firenze, 1949, dir. E. Castelli, Milan, C. Marzorati, 1951, p. 322.

    28 P. Malaurie, Anthologie de la pensée juridique, Paris, Cujas, 2001, p. 73.

    29 Sur l’humanisme juridique, je renvoie aux principales présentations synthétiques en français et aux références qu’elles contiennent : L’humanisme juridique. Aspects d’un phénomènes intellectuel européen, dir. X. Prévost et L.-A. Sanchi, Paris, Classiques Garnier, 2022 ; M. Schmoeckel, « Le "mos gallicus". L’âge d’or de la jurisprudence française et ses liens avec l’Allemagne », Revue du Centre Michel de L'Hospital, t. 24, 2022, en ligne : https://doi.org/10.52497/revue-cmh.945 ; X. Prévost, « L’humanisme juridique de la Renaissance », EHNE – Encyclopédie d’histoire numérique de l’Europe, dir. O. Dard, 2021, en ligne : https://ehne.fr/fr/node/21511 ; id., « La méthode française est-elle italienne ? La formation de l’humanisme juridique à la Renaissance : bref aperçu historiographique », Italia-Francia Allers-Retours : influenze, adattamenti, porosità, dir. L. Brunori et C. Ciancio, Rome, 2021, p. 17-27, en ligne : http://www.historiaetius.eu/uploads/5/9/4/8/5948821/bruno_ciancio_ebook.pdf ; G. Cazals, « Une Renaissance. Doctrine, littérature et pensée juridique du xvie siècle en France », Clio@Themis. Revue électronique d’histoire du droit, t. 14, 2018, en ligne : https://doi.org/10.35562/cliothemis.742 ; L.-A. Sanchi, « Autour de l’humanisme juridique », Les Sources du droit à l’aune de la pratique judiciaire, dir. O. Descamps, Paris, 2018, p. 27-35 ; X. Prévost, « Mos gallicus jura docendi, La réforme humaniste de la formation des juristes », Revue historique de droit français et étranger, t. 89, 2011, p. 491-513 ; J.-L. Thireau, « Humaniste (Jurisprudence) », Dictionnaire de la culture juridique, dir. D. Alland et S. Rials, Paris, Presses universitaires de France, 2003, p. 795-800 ; I. MacLean, Interprétation et signification à la Renaissance : le cas du droit, trad. V. Hayaert, Genève, Droz, 2016 [1992].

    30 Sur les modes de recrutement à l’université de Toulouse au xvie siècle, voir H. Gilles, « La nomination aux chaires… », op. cit., p. 61-64.

    31 A.D. de la Haute-Garonne, 1B 46, fol. 488v., une copie de cet arrêt figure également aux A.M. de Toulouse, AA 17, p. 256.

    32 A.D. de la Haute-Garonne, 1B 47, fol. 247v.

    33 A.D. de la Haute-Garonne, 1B 47, fol. 349v.

    34 A.D. de la Haute-Garonne, 1B 48, fol. 473v.

    35 A.D. de la Haute-Garonne, 1B 48, fol. 677v.-678v.

    36 Sur le concours après le départ de Cujas pour Cahors, voir H. Gilles, « La succession des chaires à la Faculté de droit de Toulouse au xvie siècle », Université de Toulouse et enseignement du droit (xiiie-xvie siècles), Toulouse / Paris, Université des sciences sociales / Picard, 1992, p. 286-288.

    37 Sur la comparaison des soutiens toulousains de Forcadel et Cujas, voir P. Mesnard, « Un rival heureux de Cujas… », op. cit., p. 321.

    38 Outre les articles précités, voir G. Cazals, « Forcadel Étienne », Dictionnaire historique des juristes français…, op. cit., p. 440-442; N. Dauvois, « “Jura sanctissima fabulis et carminibus miscere”. La concorde de la poésie et du droit dans quelques traités d’Etienne Forcadel : Necyomantia (1544), Sphæra legalis (1549), Cupido jurisperitus (1553) », L’humanisme à Toulouse…, op. cit., p. 91-105 ; ainsi que les éditions et traductions contemporaines des œuvres de Forcadel : L’amour juriste = Cupido iurisperitus, éd. et trad. A. Teissier-Ensminger, Paris, Classiques Garnier, 2018 ; La Sphère du droit = Sphaera legalis, éd. et trad. ead., Paris, Classiques Garnier, 2011.

    39 F. Garnier, « Cujas et Toulouse… », op. cit.

    40 X. Godin, « Le souvenir de Jacques Cujas à Bourges », en ligne : http://expo-jacques-cujas-1522-2022-biu-cujas.univ-paris1.fr/le-souvenir-de-jacques-cujas-a-bourges/.

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    Prévost, Xavier. « La bataille mémorielle de Toulouse. Encore l’affaire Cujas ». In Jacques Cujas, édité par Florent Garnier. Toulouse: Presses de l’Université Toulouse Capitole, 2023. doi:10.4000/books.putc.16401.
    Prévost, Xavier. « La bataille mémorielle de Toulouse. Encore l’affaire Cujas ». Jacques Cujas, édité par Florent Garnier, Presses de l’Université Toulouse Capitole, 2023, https://doi.org/10.4000/books.putc.16401.

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