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    Plan

    Plan détaillé Texte intégral I. L’embarras du xiiie siècle : une notion polymorphe II. La synthèse bartolienne : la construction d’une unité conceptuelle III. L’apport baldien : l’inscription de la dimension métaphysique dans le champ juridique Notes de bas de page Auteur

    La volonté Italie-France allers-retours

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    Table des matières

    Ex voluntate. La puissance de la volonté dans la doctrine médiévale (xiiie-xve siècles)

    Marie Bassano

    p. 111-125

    Texte intégral I. L’embarras du xiiie siècle : une notion polymorphe II. La synthèse bartolienne : la construction d’une unité conceptuelle III. L’apport baldien : l’inscription de la dimension métaphysique dans le champ juridique Notes de bas de page Auteur

    Texte intégral

    1Quand, au xiie siècle, les hommes du Moyen Age entrent en contact avec le Corpus iuris civilis, ils y découvrent une abondance de fragments utilisant le terme de uoluntas ou ses dérivés1, mais ils n’y trouvent aucune définition précise du terme2. Les juristes romains, pourtant friands de définition et de catégorisation, ne se sont pas risqué à l’exercice3. Les juristes médiévaux à leur tour, pendant plusieurs siècles, manifestent le même embarras.

    2Le terme est partout dans leurs écrits, appelé par le texte même des corpus (le consentement au mariage, la conclusion d’actes entre vifs, la validité du testament), mais les juristes peinent, jusqu’au milieu du xive siècle, à lui donner une définition et à penser les usages de la volonté autrement que comme des mécanismes disparates dont il paraît difficile de concevoir l’unité. La voluntas a, dans les textes doctrinaux, partie liée avec de nombreuses notions connexes, dont elle ne se distingue qu’imparfaitement (intentio, consensus, nolle, placere, arbitrium, complacitio, dispositio, libertas) et se rattache à la large question de l’interprétation des mots et des actes la manifestant extérieurement, tout comme elle a à voir pour les juristes du Moyen Age avec le for de la conscience. Articuler ensemble ces dimensions semble une gageure aux juristes médiévaux.

    3La difficulté est d’autant plus grande que leur voluntas est puissante. Elle recèle dans les écrits doctrinaux une puissance créatrice dont les auteurs hésitent à tracer les contours. L’efficacité et le périmètre de la volonté, particulièrement celle du prince, est objet d’interrogations nombreuses au xiiie siècle. La mobilisation de la notion de volonté dans le cadre de la construction doctrinale de l’ordo iuris, tel que conçu par les juristes du xiiie et du premier xive siècle, donne une première consistance à la voluntas juridique. L’appréhension de la notion par les juristes se transforme au xive siècle. La réflexion s’approfondit, en pensant l’unité de la notion et en en faisant entrer la dimension métaphysique dans le champ juridique.

    I. L’embarras du xiiie siècle : une notion polymorphe

    4Au xiiie siècle, canonistes et civilistes ne mettent pas à contribution la notion de voluntas de la même façon. Les canonistes y trouvent des réponses pour penser la dimension morale de l’imputation de la faute et ses liens avec l’intention4. Les civilistes sont guidés par d’autres préoccupations.

    5L’essentiel de la réflexion que produisent les civilistes autour de la notion de voluntas s’attache au testament et à l’expression des dernières volontés. Le Corpus les met en présence d’une multitude de situations complexes où la volonté du testateur se déploie de façon plus ou moins claire ou contrariée. Les juristes du xiiie siècle peinent à voir une homogénéité en la matière. La voluntas dans les actes à cause de mort est avant tout traitée par eux de façon très pragmatique ; il s’agit avant tout d’énumérer les méthodes et procédés s’appliquant à l’expression des dernières volontés et les solutions à privilégier quant à leur interprétation. Dans la plupart des cas, aucun réel effort de réflexion n’accompagne ces développements, qui viendrait expliquer les raisons sous-tendant ces solutions ou les placer sous une règle ou un régime unique. Les auteurs se contentent ainsi bien souvent d’énoncer quelques pétitions de principe sur la valeur à accorder à la volonté du testateur5, et de répéter le Corpus, rappelant pêle-mêle que l’expression de la volonté peut s’accommoder de plusieurs formes, qu’elle nécessite parfois la corroboration du témoignage6, et qu’il convient en cas de volonté ambiguë d’appliquer quelques principes simples d’interprétation7.

    6La réflexion est encore plus lapidaire quand il s’agit d’actes entre vifs. La volonté n’est bien souvent abordée que pour souligner l’écart avec les actes à cause de mort, dans le contenu que la volonté peut imposer à l’acte8, dans les formes admises d’expression de la volonté9, comme dans l’interprétation qui doit en être donnée10.

    7La distance est donc grande avec la richesse des réflexions des théologiens et philosophes au même moment. Le xiiie siècle est en effet un moment de grands bouleversements de la réflexion chez les théologiens et les philosophes, qui à partir du De anima d’Aristote repensent la question de l’intellect humain et de l’intellect agent.

    8D’Albert le Grand à Thomas d’Aquin, la question de la volonté et du libre-arbitre est formidablement débattue et re-débattue. Elle fait partie de ces questions où se joue l’équilibre de la foi et de la raison, la différenciation de la théologie et de la philosophie, ces questions qui drainent les lectures orientales d’Aristote vers les esprits parisiens et oxfordiens, ces questions qui rebondissent tout au long de la complexe querelle des ordres mendiants si marquante pour la sphère intellectuelle du xiiie siècle11. Les enjeux de la réflexion sur la volonté humaine sont immenses, comme en témoignent les listes des thèses condamnées à Paris en 1270 et 1277, où figurent en bonne place des questions touchant à la volonté et à l’intellect (est en particulier condamné l’empire de la nécessité sur le vouloir, avec la condamnation de la proposition « la volonté humaine veut et choisit par nécessité »12). Point d’orgue de ce brouillement intellectuel, la Somme Théologique de Saint Thomas d’Aquin (1266-1273) recueille et synthétise ces réflexions pour élaborer la figure de l’homme thomiste, doué d’un intellect agent, donc capable de vouloir et dont la volonté est efficace et créatrice (puisque à la ressemblance de Dieu, il est capable d’être cause à son tour)13.

    9Les échos de ces idées sont timides au xiiie siècle, et ne se retrouvent que dans de rares domaines. Il faut se pencher sur une question marginalement rattachée à la voluntas pour en trouver trace, celle de la puissance créatrice du prince et de l’ampleur de sa volonté. Dans la seconde moitié du xiiie siècle, les civilistes s’attachent à définir les contours des pouvoirs du prince. Leur réflexion s’articule dans un cadre bien précis, celui de la capacité du prince à rescrire contre l’ordre naturel et le droit existant. Le prince peut-il, pour reprendre une formule orléanaise des années 1260-1280, faire en sorte que « celui qui est en vérité mon frère ne soit pas mon frère »14 ? La question n’est jamais réellement posée de savoir si la volonté du prince peut tout. En revanche, c’est en partant du couple ex voluntate/ex necessitate que la réflexion s’enrichit progressivement : sortant de ce modèle binaire, les juristes introduisent un troisième terme dans l’équation, l’exigence de causalité (ex causa)15. Au modèle classique porté par le Corpus et repris par les juristes du début du siècle (un souverain qui n’est pas lié par les lois, ou alors seulement du fait de sa volonté et qui ne connait comme borne à sa puissance créatrice que la nécessité qui s’incarne parfois dans la nature), succède une autre image : la volonté créatrice du prince a partie liée avec la question de la motivation du législateur et des causes de la norme. La voluntas principis se mesure désormais à l’aune de l’intentio legis ou de l’intentio legislatoris. Ce n’est pas la simple volonté qui donne légitimité à l’action normative du prince, mais c’est l’existence d’une cause ; mais en même temps, l’existence d’une cause est ce qui donne sa plénitude à la volonté princière en lui permettant de s’accomplir16, jusqu’à faire que mes biens soient ceux d’un autre si telle est sa volonté17.

    10Ces réflexions sont la poursuite, chez les civilistes, de questionnements agitant de longue date les canonistes, autour de la plenitudo postestatis pontificale et de la capacité pontificale à interpréter, légiférer et dispenser18. Civilistes et canonistes du xiiie siècle amènent la réflexion sur des chemins convergents : l’exigence de causalité justifiant les actions du prince et du pape se conçoit au regard de l’ordre juridique existant. Au-delà des différences de raisonnement (et parfois de conclusions) entre canonistes et civilistes, leurs développements relèvent à la fin du xiiie et au début du xive siècle du même type de raisonnement : le pouvoir normatif, produit de la volonté du pape ou du prince, s’inscrit entièrement dans la légalité et dans l’ordre juridique, y compris dans ses aspects dérogeant. Il ne peut agir selon son bon vouloir ; doit être considéré l’ordre juridique et, par le biais de la causalité, la raison d’être de l’inscription d’une nouvelle norme ou d’une dérogeance dans cet ordre juridique.

    II. La synthèse bartolienne : la construction d’une unité conceptuelle

    11Au cours de la première moitié du xive siècle, la réflexion sur la voluntas connaît une inflexion. Passées les toutes premières décennies du siècle, la voluntas princière ou pontificale préoccupe moins les juristes, comme en témoigne le tarissement des développements consacrés à cette question ; elle n’est plus d’actualité immédiate et ne mobilise plus les cerveaux et les imaginations juridiques. La voluntas ne semble plus que très marginalement mobilisée à l’appui de raisonnement insistant sur sa puissance créatrice.

    12L’interprétation doctrinale se déplace vers de nouveaux questionnements, ce dont témoigne la doctrine bartolienne avant le milieu du siècle. Commentant le D. 30. 5.19 (la loi Serui electio du titre De legatis primo), Bartole20 donne des développements à un fragment de la glose passé jusque-là relativement inaperçu. Le cas considéré par le texte justinien est celui du testateur léguant un esclave à choisir parmi plusieurs. Sur ce passage, la glose a fixé une formule largement répétée selon laquelle il faut, pour effectuer ce choix, utiliser les termes eligo et non les termes volo eligere, la raison en étant que la formule « je veux choisir » introduit une condition suspensive quand l’opération de choix requiert au contraire un acte sans condition. Dans son commentaire, Bartole interroge longuement cette glose, en se demandant s’il est vrai que la formule « je veux choisir » n’est pas efficace pour former le choix. Il précise en particulier avoir interrogé que nombreux maîtres et bacheliers en théologie sur la question, qui lui ont tous dit que cette glose était fausse, puisque dès lors que l’agens est libre et non empêché, s’il veut agir, il agit immédiatement21. Mais s’il les sollicite à l’appui de son commentaire, c’est en réalité pour mieux s’y opposer : la solution de Bartole se refuse à suivre le simplisme des théologiens accordant toute puissance à la volonté individuelle. Pour trouver une solution, il procède à une longue et complexe classification des effets engendrés par les formules commençant par Volo ou Placet, mêlant la nature de l’acte sur lequel elles portent (en mobilisant la classique distinction entre actes entre vifs et actes manifestant les dernières volontés), caractère spontané ou sollicité du prononcé des termes, et construction grammaticale de la formule suivie ou non d’un verbe. Il établit ainsi une cartographie subtile des situations où la formule commençant par Volo ou Placet est efficace et opérante, et donc des situations où la position de la glose n’est pas recevable22.

    13Le contenu des développements n’est en lui-même pas particulièrement novateur, Bartole ne faisant presque que réunir sous un même commentaire diverses solutions déjà dégagées par la doctrine au fil des siècles sur les moyens d’exprimer la volonté selon l’acte considéré. Son commentaire est pourtant fondamental sur plusieurs points, et témoigne des changements qui s’opèrent au xive siècle dans l’appréhension de la voluntas par les juristes.

    14En premier lieu, il montre que les questions tenant à l’expression de la volonté d’un particulier tiennent désormais dans une même arborescence ; la consistance juridique de la voluntas relève d’un seul et même raisonnement et s’envisage comme une unicité. La difficulté à penser les différents aspects de la voluntas juridique comme relevant de règles communes trouve dans la première moitié du xive siècle une première forme d’articulation synthétique. Si la question de la définition n’est toujours pas abordée, la structuration du régime juridique de la volonté connaît en revanche une réelle avancée.

    15En second lieu, ce commentaire importe par le ressort qui sous-tend les branches de l’arborescence : selon les circonstances, le prononcé de la formule commençant par Volo ou Placet peut ne pas être le résultat d’une opération de délibération réfléchie, mais la simple expression d’un mouvement premier et instinctif susceptible de changement. Ce caractère potentiellement irréfléchi de l’expression de la volonté est précisément ce qui justifie de différencier les situations au sein de l’arborescence. La voluntas qui préoccupe le juriste du xive siècle est désormais de l’ordre de l’élan, du désordre et de la mutation malvenue ; elle n’a plus à voir avec la sagesse et la connaissance éclairée qui animaient le prince et le pape. Parlante à cet égard est la définition que Bartole donne de la volonté nue dans son commentaire du D. 3. 5. 8., s’écartant de la définition de la glose (celle d’une volonté exprimée sans la présence d’une tierce partie), pour lui préférer une définition prenant en compte la vie de l’acte et différenciant volonté initiale et modifications ultérieures23. La volonté est désormais clairement du domaine du fluctuant, de l’instable, du versatile. Parce qu’elle peut être irréfléchie ou mouvante, elle menace la stabilité juridique. La sauvegarde de l’ordre juridique impose que l’on distingue clairement les situations où la volonté est efficace de celles où il ne faut accorder aucune confiance juridique à son expression. La simplicité de la conception théologique (en tout cas telle que la perçoit Bartole) apparaît dès lors trop simpliste pour les juristes ; la stabilité juridique ne peut s’accommoder d’une volonté aussi puissante que celle que leur paraissent concevoir les théologiens.

    16En troisième lieu, l’arborescence bartolienne témoigne aussi de centres d’intérêts renouvelés dans l’appréhension de la voluntas par les juristes à partir du xive siècle. Les commentaires24 sont l’occasion de développements plus ou moins maîtrisés et articulés sur la voluntas, qui se resserrent sur les aspects techniques de l’expression de la volonté : volonté nue ou pure25, volonté suffisante26, actes et faits nécessaires à l’expression de la volonté27, volonté expresse, présumée ou retenue28, volonté ambiguë ou changeante29.

    17Mais l’attention portée à des centres d’intérêts communs ne doit pas cacher la variété d’approches. La richesse et la complexité de la pensée bartolienne sont parfois bien diluées dans les commentaires postérieurs. Face à la profondeur de Bartole, certains se contentent d’un rapide récapitulatif de ses conclusions30 ou de simples renvois aux textes bartoliens sans en développer la teneur31, d’autres préfèrent même, tout en citant Bartole, revenir à la simplicité de la position antérieure de Dynus et à sa facile résolution des changements de volonté par l’application de la règle « Premier dans le temps, premier en droit »32 ou tentent une synthèse des différentes positions doctrinales sur le sujet33. Inversement, certains résumés de la position de Bartole traduisent la maîtrise que leurs auteurs ont de la question34. Bartole apparaît donc comme une incontournable figure à laquelle renvoient les juristes postérieurs dès qu’il est question de la voluntas (comme sur tant d’autres sujets), mais sans qu’il soit possible d’établir la réalité de l’influence de ses propositions sur la compréhension de la notion par les juristes ultérieurs.

    III. L’apport baldien : l’inscription de la dimension métaphysique dans le champ juridique

    18Probablement plus importante, mais peut-être plus discrète car moins revendiquée, est la figure de Balde dans l’appréhension de la notion de voluntas par la doctrine de la fin du xive et du xve siècles. Sa conception de la volonté est toute entière empreinte d’idées thomistes sur l’intellect et le libre arbitre. La voluntas est chez Balde l’une des trois puissances de l’âme et procède de l’intellect, puisqu’aucun mouvement humain n’existe qui n’ait son siège dans l’intellect35 et que les deux ne peuvent être séparés36. Mouvement de l’âme37, la voluntas est aussi (et surtout, pour les juristes du xve siècle) la manifestation de la partie rationnelle de l’âme humaine38 selon la philosophie aristotélicienne. En cela, elle n’est pas, et le juriste y insiste, purement spirituelle, mais touche aux puissances sensitives de l’âme39, tout en se distinguant des puissances appétives40.

    19Plus qu’avec la potestas ou la necessitas, la volonté baldienne a à voir avec l’intentio et l’animus. Par cette approche philosophique et métaphysique41, Balde inscrit dans la réflexion juridique une compréhension bien plus fine du thomisme et de ses avatars que ne l’avait fait Bartole. Armé d’un appareil conceptuel bien plus poussé que celui des juristes de la génération précédente, il n’hésite pas à s’éloigner des solutions bartoliennes42 en s’appuyant sur des définitions de la voluntas qui reprennent la célèbre formule d’Augustin d’Hippone43 en y intégrant des termes thomistes44.

    20Cette inflexion philosophique et métaphysique d’une notion fortement juridique se retrouve pendant tout le xve siècle dans une partie de la doctrine civiliste45, qui aborde les rapports entre volontas, intentio et animus, en usant de formules qui jouent sur toutes les dimensions – juridiques comme théologiques – de ces notions, à l’image de Ludovicus Pontanus, citant expressément Thomas d’Aquin dans son commentaire et empruntant au vocabulaire canonique46, ou de Paul de Castro définissant à son tour la voluntas par une définition fortement calquée sur celles de Balde et son utilisation des termes augustiniens et thomistes47. Les définitions reliant la voluntas aux élans de l’âme, et finalement à leurs incertitudes, s’accompagnent souvent de formules destinées à montrer qu’il est possible d’en contrecarrer juridiquement les errements, problème central de l’appréhension de la volonté par les juristes du xve siècle.

    21Cette dimension métaphysique des commentaires doctrinaux du xve siècle est révélatrice du bagage intellectuel d’une partie de la doctrine civiliste, qui loin de tomber dans l’extrême technicité que leur reprochera sans nuance le xvie siècle, aspire au contraire à une forme intellectuelle de droit. À l’image d’autres notions, à la fin du Moyen Age, la voluntas ne peut pour les juristes s’entendre et se manier sans tenir compte de sa dimension extra-juridique.

    Notes de bas de page

    1 Sandrine Vallar (La volonté contractuelle en droit romain, thèse Paris II (dactyl.), 2013) évoque près de 1400 occurrences dans l’ensemble des compilations (p. 20).

    2 C. Vlahos, « La notion de voluntas singulorum : quelques réflexions sur un protagoniste du droit romain classique », Carmina iuris. Mélanges en l’honneur de Michel Humbert, E. Chevreau, D. Kremer et A. Lacquerrière-Lacroix éd., Paris, 2012, p. 829-852 (ici p. 830).

    3 Sur l’usage de la notion par les juristes romains, cf. la contribution d’Elena Giannozi dans le présent volume.

    4 Cf. J.-L. Gazzaniga, « Notes sur l’histoire de la faute », Droits. Revue française de théorie juridique, t. 5, 1987, p. 7-28 ; J.-C. Payen, « Péché et culpabilité », Culture et travail intellectuel dans l’occident médiéval, Paris, 1981, p. 27-46. Cf. également la contribution d’Olivier Descamps au présent volume.

    5 Par ex., Odofredus, Lectura super digesto veteri I, Lyon, 1552, fol.206v (sur D. 5. 1. 50) : « Nota primum quod voluntas defuncti seruatur pro lege ».

    6 Par ex., Raoul d’Harcourt, Lectura Institutionum, ms. Paris, BNF lat. 14350, fol. 146va (sur Inst. 1. 5.) : « Et dicit glosa, quod ibi requiruntur 5 testes et hoc per l. C. de lat. lib. toll. l. unica. § seimus et §. si quis. Sed glosa contradicit sibi hic et in l. preall, quia ibi dicit quod sufficiunt duo testes, sed dic quod exiguuntur 5 testes ut equiparetur manumissioni facte in testamento vel in ultimo voluntate ».

    7 Sur l’étendue de l’interprétation : Glose ordinaire sur D. 50. 17. 12, sur In testamentus : « Plenius in testamentis quam in contractibus interpretatur in dubiis, ut patet quia si lego uina et vasa, videor legare sine quibus vina stare non possunt, ut supra de tritico legato, l. si cui § si vinum. et de penu. leg. l. qui poenam. § fi. Et l. namque in princ. ». Glose ordinaire sur D. 32. 25., sur Ille : « Institui mihi heredes Titium et Gaium. et ita postea dixi, Titius praedictus aut Gaius dent Seio centum. Certe potest petere Seius centum a quo eorum uult. Secunduo dicit pone quod Titio legaui centum libras Bononinorum paruorum. Certe ista verba certum habent sensum, et ideo non debemus recurrere ad interpretandam voluntatem mei testotoris, in certis enim non est locus coniecturis ». Pierre de Belleperche, Repetitio, Francfort, 1571, p. 6 (sur D. 1. 4. 3.) : « Dico ergo quod in contractibus plena, in ultimis voluntatibus plenior, in beneficiis Principis largisima est interpretatio facienda. Quod intelligo secundum possibilitatem verborum, alias non ». Pierre de Belleperche, Lectura in Digestum nouum, Francfort, 1571, p. 215 (sur D. 45. 1. 7.) : « Secus, dicit glosa, in ultimis voluntatibus distinguendum est, si conditio impossibilis imponatur personae honoratae. Verbi gratia, lego decem, si digito coelum tetigeris, in casu isto non uitiatur legatum, ut Inst. de haered. inst. § impossibilis, et supra de condit. et demonstrat. l. obtinuit. Aut adiiciatur personae honoratae et tunc legatum uitiat, ut Inst. de legatis et ultimo et C. de his quae poenae nomine in testamento, l. unica. Caueatis ut alias dixi, indistincte impossibilis conditio in contractibus inter uiuos uitiat stipulationem, ut hic et in § allegato impossibilis, sed in ultimis uoluntatibus non uitiat indistincte, quibuscunque personis fuerit apposita, sic intelligo l. alleg. obtinuit. Ratio est quare in contractibus uitiat et in ultimis uolintatibus non quia in ultimis voluntatibus benignior pars est interpretanda quam in contratibus ». Sur l’interprétation grammaticale : Pierre de Belleperche, Questiones vel distinctiones, Lyon, 1517, Questio n° 315, fol. 87 : « Super l. si fundum. § his verbis. Si tu queras quando disiunctiua ponatur pro copulatiua sic distiguitur, quia aut ponitur inter res aut inter personas. Et in primo casu dico quod proprie tenetur una queque res vel utraque cum est in obligatione. ut infra. de verb. ob. l. si duo. Et C. de erb. sig. l. pe. sed fallit infra. de ver. sign. l. sepe. In secundo casu distinguitur quia aut refertur ad solutionem faciendam ante ad obligationem contrahendam. in primo casu tenetur proprie et l. vero procuratori. In secundo autem casu quando inter personas ponitur et ad obligationem contrahendam subdistinguitur : quia aut inter ultimas voluntates aut contractus. nam in ultimis voluntatibus ponitur copulative si ponatur inter personas oneratas que tenentur ad onus etiam individuum : et adhuc dico quod ponitur copulatiue ut in l alleg. sed si ad onus dividuus proprie tenetur et uterque ponitur insolidum. supra. e. l. sed si ex tota. § si ita. Ubi autem ponitur inter personas in contractibus subdistiguitur quia si refertur non ad solutionem sed ad obligationem contrahendam : tunc dico quod non valet res de qua agitur imo viciatur. et l. se. sed fallit iste casus C. de consti. pecu. aur. si quando. Et si tu queras in dubio nunquid presumatur in dubio ad solutionem vel ad obligationem adhuc distinguitur : quia aut persone inter quas apponitur sunt eiusdem affectionis vel non. In primo casu dico quod videtur apposita ad obligationem contrahendam. ut probatur. in l. alleg. infra de stipul. sed. l. item si seruus. cum. l. seq. In secundo autem casu videtur apposita ad solutionem faciendam infra de verbo obli. l. eum qui ita § quo filio. hec autem dictio sen. non habet naturam istius dictionis vel quia semper ampliat. ut infra de auto et argen. leg. si quis ita ». Raoul d’Harcourt, Lectura institutionum, ms. Paris, BNF lat. 14350, fol. 196vb-197ra (sur Inst. 2. 15.) : « Hic ponitur casus : instituo putativum liberum et accidit mirabila quod substitutus admittetur eum instituto quod alias non contingit [ms : non continguit] regulariter, contingit tamen quandoque, ut ff. e. l. ult. Vult glosa quod in ista § sint tres casus, unus quando putativus liber institutus est et ei substituitur, alius quando verus liber quem testator scit liberum, alius quando verus servus quem testator scit servum. Dico quod est unus casus tantum : testator instituit liberum putativum substituit ei. invenitur servus et domini adivit. Nonne substitutus admittetur in partem eum domino servi ? Dicitur quod sic et quia in substitutione dictum fuit ‘et si heres non heres’ non erit talem substituo. […] Unde in casu dubie voluntatis quid voluerit testator significare per hec verba ‘si heres non erit’ quia quis sit intellectus illorum verborum secundum veritatem, dictum est supra et dicit littera nostra in versic. Illa verba etc. Sed quid in casu dubie voluntatis testatoris ut erat in casu nostro cum instituit testator putativum liberum et substituit ‘si heres non erit etc’ ? quid significent ista verba ‘si heres non erit etc’ ? »

    8 Pierre de Belleperche, Lectura in Digestum nouum, Francfort, 1571, p. 215 (sur D. 45. 1. 7.) : « Secus, dicit glosa, in ultimis voluntatibus distinguendum est, si conditio impossibilis imponatur personae honoratae. Verbi gratia, lego decem, si digito coelum tetigeris, in casu isto non uitiatur legatum, ut Inst. de haered. inst. § impossibilis, et supra de condit. et demonstrat. l. obtinuit. Aut adiiciatur personae honoratae et tunc legatum uitiat, ut Inst. de legatis et ultimo et C. de his quae poenae nomine in testamento, l. unica. Caueatis ut alias dixi, indistincte impossibilis conditio in contractibus inter uiuos uitiat stipulationem, ut hic et in § allegato impossibilis, sed in ultimis uoluntatibus non uitiat indistincte, quibuscunque personis fuerit apposita, sic intelligo l. alleg. obtinuit. Ratio est quare in contractibus uitiat et in ultimis uolintatibus non quia in ultimis voluntatibus benignior pars est interpretanda quam in contratibus ». Guido de Cumis, additio sur D. 7. 4. 3. pr. (éd. H. Van de Wouw, « Entre Bologne et Orléans. Quelques notices du ms. Leyde BPL 6C », BSAHO, 9, 1985, p. 31-39) : « Quidam episcopus concessit cuidam clerico xx. forte vel xxx. libras quamdiu staret in studio vel in scolis, et hoc singulis annis. Clericus iste stetit in scolis per vi. vel septem annis et pensionem suam ab illo episcopo percepit. Postmodum fuit extra scolas per unum forte annum uel duos, nec aliquid percepit. Iterum reuersus ad scolas petit annuam pensionem. Dicebat episcopus quod non tenetur eam de cetero soluere, cum clericus semel amiserit. Querebatur a domino Gy. quid iuris in hoc casu. Et dicit dominus Gy. quod uidetur annua pensio repetita ex ui illius dictionis ‘quamdiu’, sicut est hic, licet possit responderi quod aliud esset de concessione facta inter uiuos, et aliud in ultima uolentate. Gy. ».

    9 Odofredus, Lectura super digesto veteri II, Lyon, 1552, fol.192v : « Nota quod quis aliquando declarat voluntatem suam verbis et factis. aliquando verbis tantum. et ad istud accedit supra de leg. et senatuscon. l. de quibus. »

    10 Glose ordinaire sur D. 45. 1. 99. , sur Quidquid : « Dic quod quidquid fuit stipulatione uallandum, si non est stipulatione vallatum, habetur omissum, aut certe si obscurum est, interpretabor secundum promissorem, si potest secundum eius voluntatem valere. Sed si non potest secundum uoluntatem ipsius valere, interpretabor pro stipulatore si valere potest. Vel dic aliter quod si sit obscurum omnino non valere. Si autem interpretati potest, interpretabor ».

    11 Sur divers aspects de la querelle des Mendiants et séculiers, intéressant directement les juristes, cf., Y. Congar, « Aspects ecclésiologiques de la querelle entre mendiants et séculiers dans la seconde moitié du xiiie siècle et le début du xive », Archives d’histoire doctrinale et littéraire du Moyen Age, vol. 28 (1961), p. 35-151 ; E. Marmursztejn, « Penser la dispense : éclairages théologiques sur le pouvoir pontifical (xiiie-xive siècles) », TR, 78 (2010), p. 63-88 ; E. Marmursztejn, « Issues obligatoires. Clôture et incarcération dans la pensée scolastique des xiiie-xive siècles », Enfermements. Volume 1 : le cloître et la prison (vie-xviiie siècle), J. Claustre, I. Heullant-Donat et E. Lusset dir., Paris, 2011, p. 71-87.

    12 Alain de Libera, L’unité de l’intellect. Commentaire du De unitate intellectus contra averroistas de Thomas d’Aquin, Paris, 2004, p. 19 et s.

    13 M. Paluch, « Note sur les distinctions entre les nécessités chez Thomas d’Aquin », Archives d’histoire doctrinale et littéraire du Moyen Age, 2003/1, t. 70, p. 219-231 ; H.-M. Manteau-Bonamy, « La liberté de l’homme selon Thomas d’Aquin », Archives d’histoire doctrinale et littéraire du Moyen Age, 1979, t. 46-47, p. 7-34.

    14 Jacques de Révigny, Repetitio, Paris, 1519, fol. 43vb (sur C. 1. 19. 7.) : « Queritur circa l. istam numquid imperator posset rescribere contra ius naturale, quia tu non esses frater meus cum esses frater. […] In ista questione distinxerunt quidam quod ipsum ius naturale secundum veritatem est immutabile, ut ff. de reg. iur. l. iura sanguinis. Unde imperator vel sententia non posset facere quod frater meus [non] esset frater. Sed effectus iure naturalis potest tolli omnino et pro eis sic quo ad officium ac si non esset filius vel frater, potest fieri per principem ».

    15 Jacques de Révigny, Repetitio, Paris, 1519, fol. 43vb (sur C. 1. 19. 7.) : « Falsum est […] Dico quod imperator sine causa non posset tollere ius naturale, sed subsistente tamen bene posset. Sic potest esse secundum ius naturale quod causa subsistente non priuaretur quis iure naturali. unde dico quod per captivitatem ubi est legitima tamen subsistens, privetur quis omnino libertate, et secundum veritatem sit servus ».

    16 Jacques de Révigny, Repetitio, Paris, 1519, fol. 44ra (sur C. 1. 19. 7.) : « Pone imperator mandat vel rescribit contra hoc. Distinguo in ista questione aut imperator rescribit contra l. divinam in eo quod posset causa subsistente ». Pierre de Belleperche, Lectura Codicis, ms. Florence, BML Plut. VI sin. VI, fol. 56rb (sur C. 1. 19. 7.) : « Item dicerem ubicumque iustam causam haberet, ut Inst. de iure pers. § serui. Aut uult contra ius naturale scribere nulla causa existente, et tunc non potest, ut dixi, ar. in ff. de le. ag. tu. ad fin. ». Pierre de Belleperche, Questiones vel distinctiones, Lyon, 1517, questio n° 175, fol. 47va-vb : « Aut derogando iuri diuino mutabili, et tunc si ex causa que possit mutare valet […] Aut illud rescriptum est contra ius naturale vel gentium, et tunc dico quod causa sufficienti valet, ut Inst. de iur. perso. § serui. Aut etiam sine causa sufficienti, et tunc dico quod non valet, ut institu de iure natu. § naturalia. Potest ergo imperator contra ius gentium aliquid facere ex causa, sed sine causa non potest [...] Rem meam mihi auferre non potest sine causa, sed cum causa potest etiam dominium ».

    17 Pierre de Belleperche, Lectura Codicis, ms. Florence, BML Plut. VI sin. VI, fol. 56va (sur C. 1. 19. 7.) : « Aut imperator vult auferre dominium rei mee cum causa rationabili, et tunc potest. […] Aut vult dominium meum tollere sine aliqua causa de mundo, dico de potestate sua non est dubium, sed de potestate que attribuitur sibi per legem, dico non potest ».

    18 Sur ces très riches développements doctrinaux, et les sources juridiques afférentes, cf. E. Marmursztejn, L’autorité des maîtres. Scolastique, normes et société au xiiie siècle, Paris, 2007 (en particulier, partie 2) et A. Boureau, De vagues individus. La condition humaine dans la pensée scolastique, Paris, 2008 (en particulier, p. 110 et s.).

    19 D. 30. 5. : « Paulus libro primo ad Sabinum. Servi electione legata semel dumtaxat optare possumus. Labeo ait, cum certa res aut persona legatur ita : Qui meus erit cum moriar, heres dato, et communis sit, totum deberi. Trebatium vero respondisse partem deberi Cassius scripsit, quod et verius est. Cum fundus communis legatus sit non adiecta portione, sed meum nominaverit, portionem deberi constat ».

    20 Bartolus de Saxoferrato, Commentaria in secundam infortiati partem, Lyon, 1547, fol. 4r-v.

    21 Bartolus de Saxoferrato, Commentaria in secundam infortiati partem, Lyon, 1547, fol. 4v n° 3 : « De hoc interrogaui plure magistros et baccalaureaos in Theologia. Et contra istam gl. faciebant talem rationem : si agens est liberum, et non impeditum, et patiens est dispositum : si vult agere, immediate agit. Hoc in philosophia est notum »

    22 Bartolus de Saxoferrato, Commentaria in secundam infortiati partem, Lyon, 1547, fol. 4v n° 3-4 : « Ideo gl. dicit, oportet quod dicam, eligo, non volo eligere, quia illud verbum, volo eligere, est suspensiuum […] Hoc autem quod dixi de verbo, volo eligere, statim examinabo. […] Solu. dic aliud in contractibus, ubi post electionem licet variare. Aliud in ultimis voluntatibus, ut hic. Ratio, quia in ultimis voluntatibus electio trahit secum executionem. […]. Quaero, utrum hoc sit verum quando dico, volo eligere, quod non sit electio. De hoc interrogaui plure magistros et baccalaureaos in Theologia. Et contra istam gl. faciebant talem rationem : si agens est liberum, et non impetditum, et patiens est dispositum : si vult agere, immediate agit. Hoc in philosophia est notum. […] Solu. Ut ex dictis eorum potui comprehendere, dicebantur sic. Aut tu assumis electionem pro tot hoc, scilicet deliberare recte, et rem acceptare, et tunc dicit gl. si dico, volo eligere illam rem, non sequitur, ergo eligo, quia voluntas mea non est libera ad hoc, cum non deliberauerim adhuc, et illa verba, volo eligere hanc rem, intelliguntur, idest primus meus motus fertur in hanc rem, non tamen deliberate. Si tu intelligeres electionem pro ultimo actu acceptationis, si praecessit deliberatio, tunc gl. non riceret verum, quia statim cum volo eligere, eligo, cum nullum impedimentum fit. Et hoc puto esse verum : quia si datus esset tibi terminus ad deliberandum, quid velles eligere, et tu responderes per haec verba, volo eligere hanc rem, tunc electionem inducerent. […] Idem si ad interrogationem alterius ciuis interest, responderes, volo eligere hanc rem, induceretur electio […]. Sed si ita verba essent simpliciter prolata, non ad interrogationem alterius, nec dato termino ad deliberandum, tunc ista gl. procederet, et intelligeretur, ut primo modo dixi. […] Pro cuius declaratione dic breviter, verbum volo nihil importat per se, nisi ratione adiuncti. Aut enim verbum volo, habet determinationem certe rei, et inducit dispositionem, ut si dicerem, volo illam rem, esset electio […]Aut habet determinationem alicuius verbi infiniti, et tunc aut actus importatus per illud verbum, venit explicandus ab alio, aut a voluntate. Si ab alio, et inducti dispositionem […]. Ratio quia in volente non est faciendum aliud, nisi explicare voluntatem suam, quod facit per verbum volo. […] Quandoque actus est explicandus a volente, et tunc aut ille actus non consistit in nuda voluntate, et tunc non inducit dispositionem illius actus, ut si dico, volo ascendere arborem, non sequitur, ergo ascendo […]. Aut ille actus potest explicari nuda voluntate, et tunc aut de natura illius actus est pendere in futurum, ut in ultima voluntate, tunc inducit dispositionem […] Cum enim natura ultimae voluntatis sit pendere usque ad mortem […]. Quandoque est aliqus actus, qui debet expediri incontinenti, et de illius natura non debet pendere, tunc distingueut dixi supra aut illa verba fuerunt prolata ad partis interrogationem, vel alias deliberate vel indeliberate, ut dixi supra. Quandoque actus dependet ex voluntate proferentis, et alterius, ut in contractibus. Exemplum in emptione, si dicam volo emere, tunc aut profertur ab uno tantum et non sufficit, aut ab ambobus, et tunc per verba praesentis temporis aut futuri ».

    23 Bartolus de Saxoferrato, Commentaria in primam digesti veteri partem, Venise, 1526 (réimp. 1996), fol. 123r, n°6 : « Quero ergo quod appelletur nuda voluntas. Glo. hic super verbo voluntatem videtur intelligerre nudam voluntatem scilicet a presentia alterius partis. Quod satis est bene dictum. Dic tamen melius quod sicut pactum dicitur nudum quod stat in nudo nomine conventionis nullo alio superaddito, […]. Ita voluntas dicitur nuda que stat in suis principiis nude voluntatis, non addita sibi presentia partis que facit illam voluntatem cadere in pactum vel non addito sibi alio nomine a iure quod faciat eum cadere in nomine contractus ».

    24 Une grande partie des commentaires relatifs à la voluntas se concentre sur des fragments où le terme n’apparaît que très discrètement, tant dans le texte justinien que dans la glose (en particulier D. 30. 5. De legatis primo, l. Serui electio, D. 30. 6. De legatis primo. l. Stichum, D. 28. 8. 8. De iure deliberandi, l. Si quis suus, D. 29. 2. 88. De adquirenda vel omittenda hereditate. l. Gerit et C. 4. 38. 13. De contrahenda emptione. l. In venditis).

    25 Ludovicus Pontanus, Lectura super prime parte infortiati, Lyon, 1547, fol. 166 (commentaire sur D. 29. 2. 88). Egalement Alexandre de Imola, In primam et secundam infortiati partem commentaria, Venise, 1576, fol. 133v, n° 3-5 (commentaire sur D. 29. 2. 6.)

    26 Raphaelus Cumanus, Commentationes partis secundam, Lyon, 1554, fol. 127 (commentaire sur D. 29. 2. 88.)

    27 Bartolus de Saxoferrato, Commentaria in primam codicis partem, Venise, 1526 (réimp. 1996), fol. 133r (commentaire sur C. 4. 6. 7.). Alexandre de Imola, In primam et secundam infortiati partem commentaria, Venise, 1576, fol. 158, n° 4 (commentaire sur D. 30. 5. 4.) et Id., fol. 132v-133r, n° 2 (commentaire sur D. 29. 2. 4.). Bartholomeus de Saliceto, Ad I. II. III. IIII. libri codicis commentarii, Lyon 1569, fol. 266 (commentaire sur C. 4. 10. 5.). Raphaelus Fulgosius, In primam Pandectarum partem commentariorum, tomus secundus, Lyon, 1554 (commentaire sur D. 14. 1. 1. 19.)

    28 Paul de Castro, In primam infortiati partem, Lyon, 1546, fol. 107r (commentaire sur D. 29. 2. 95.). Angelus a Gambilionibus, In quatuor institutionum Iustiniani Libros Commentaria, Venise, 1585, fol. 122v-123r, n° 1 (commentaire sur Inst. 2. 19. 7).

    29 Albericus de Rosate, In secundam Infortiati partem commentarii, Venise, 1586, fol. 5r (commentaire sur D. 30. 5.) et fol. 60r (commentaire sur D. 32. 22.). Ludovicus Pontanus, Lectura super prime parte infortiati, Lyon, 1547, fol. 70. Sur le lien entre la volonté changeante et la nécessité de recourir au ius commune pour interpréter, cf. per ex. Ludovicus Pontanus, Lectura super prime parte infortiati, Lyon, 1547, fol. 99, et Paul de Castro, In secundam codicis partem, Lyon, 1546, fol. 36 n° 8 (sur C. 6. 23. 3.)

    30 Par ex., Paul de Castro, In secundam infortiati partem, Lyon, 1546, fol. 4r, n° 4 (commentaire sur D. 30. 5.) ou Raphaelus Cumanus, Commentationes partis secundam, Lyon, 1554, fol. 5r-v (commentaire sur D. 30. 5. et répétition sur D. 30. 5.)

    31 Par ex., Alexandre de Imola, In primam et secundam infortiati partem commentaria, Venise, 1576, fol. 158, n° 4 (commentaire sur D. 30. 5.) ou Florianus de Sancto Petro, Facundissima ac eximia in tres secundae partis Infortiati insignores titulos de legatis commentaria, Bologne, 1576, p. 7, n° 12-15 (commentaire sur D. 30. 5.)

    32 Par ex., Albericus de Rosate, In secundam Infortiati partem commentarii, Venise, 1586, fol. 5r (commentaire sur D. 30. 5.) et fol. 60r (commentaire sur D. 32. 22.).

    33 Par ex., Jason de Maino, In secundam infortiati partem commentaria, Venise, 1579, fol. 13 et s., n° 20, et Id. In primam codicis partem commentaria, Venise 1579, fol. 6r, n° 13 et s (commentaire sur C. 1. 1. 1.)

    34 Par ex., Ludovicus Pontanus, Lectura super prime parte infortiati, Lyon, 1547, fol. 166v, n° 7-8 ou Alexandre de Imola, In primam et secundam infortiati partem commentaria, Venise, 1576, fol. 158, n° 4-6 (commentaire sur D. 30. 5.)

    35 Baldus de Ubaldis, Commentaria in primam Codicem partem, Turin, 1576, fol. 80r, n° 2 (sur C. 4. 24. 6.) : « Et ad euidentiam praemitto, quod quaedam respiciunt intellectu, quaedam voluntatem, quaedam respiciunt reminiscientem rerum gestarum, sicut sunt tres potentiae animae, scilicet intellectus, voluntas et memoria. Intellectus procedit, deinde sequitur voluntas, quia voluntas est movens motum ab appetibili intellectu, unum nihil prius in voluntate, quin sit prius in intellectu secundum sanctum Thom. Memoria autem habet se ad utrumque, scilicet ad intellectum et voluntatem. Secundo premitto quoddolus non potest esse absque voluntate, namquod ignorantibus accidit, dolus non est sed imprudentia […]. Tertio premitto quod interdum voluntas est praua, interdum imprudens, interdum nulla, puta quando quis nihil cogitat facit quod […] Quarto premitto quod malitia, qui est idem quod dolus malus, pertinet ad prauitatem voluntatis »

    36 Baldus de Ubaldis, In digesti novi commentaria, Venise, 1599, fol. 26r : « Voluntas est de coharrentiis animae intellectiuae, et non potest ab ea separeri, et ideo colla. in voluntatem serui, vel filii, non transit ad dominum vel patrem, et ideo si monachus executor est relictus, non transit ad abbatem »

    37 Baldus de Ubaldis, In primam et secundam infortiati partem commentaria, Venise, 1599, fol. 126r (sur D. 30. 5) : « ibi per hec verba, volo legare, inducitur legatum, ergo per haec verba, volo eligere, inducitur electio, satis enim per hoc declaratur animus. et cum hic non requiritur alius actus extrinsecus, non videtur gl. vera. ar supra de hae. inst. iam dubitari pro gl. tam facit, quia verbum, eligere, est infinitiui modo et temporis praeteriti imperfecti, et ideo non significat actum consummatum, seu dispositum, sed est potius enunciatiuum, ut no. C. de contrah. emp. l. in ementis. credo gl. veram non ob. l. Pamphilo § pe. quam illud est ex interpretatione magis quam ex significatione verborum, ne voluntas testatoris pereat, et quia in ultim. voluntate verba enunciatiua emissa principaliter propter se inducunt dispositionem : secuns in actibus inter vivos, ad quam singulariter no. hanc. glo. »

    38 Baldus de Ubaldis, In vii. viii. ix. x. et xi. codicis libri commentaria, Venise, 1607, fol. 2r, n° 1 (sur C. 7. 1.) : « Et nota secundum Azo. quod hic in hoc septimo libro agitur de libertate, operoso quodam ingenio. Iste septimus reputatur, quem homo ex septenario constat, id est, ex triplici animi proprietate, et quatuor clementis. Additur anteriori parti capitis, imaginatiua, deputatur medie cogitatiua, vel rationalis. parti posteriori capitis memoria appropriatur. In imaginatiua intellectus incipit, in cogitatiua meditando perfectus discutit, et discernit, in memoratiua id est retentiua conseruat et custodit, nam reflectit thesauros intellectus. Et nota quod voluntas reponitur sub rationali parte animae, ideste in medio quia debet esse recta, alias non esset voluntas, sed quaedam concupiscentia, seu appetitus vanus, et prater naturam, secuncum Aristotelem. illud constat, quod homo ex duabus substantiis est compositus, scilicet rationi, cui decebat ut esset perpetua, et natura irrationabili, cui non decebat ut esset perpetua, quia nullum irrationaible est perpetuum. Adde quod si voluntas stat in finibus voluntatis, ista, proprie dicitur absoluta voluntas. Si autem est ratione conuncta, ista vocatur arbitrium, ut l. fideicommissa § Quamquam, de leg. 3. supra de transa. l. si quis maior ».

    39 Baldus de Ubaldis, In quartum et quintum codicis libri commentaria, Venise, 1599, fol. 120r : « Voluntas de voluntate procedit, id est de interiori voluntate procedit verbum, et totus homo concurrit, id est animus seu intellectus cum organis, et voluntas in actibus humanis complendis debet esse intrinseca et sensibilis, non interior et spiritualis tamen, quia hic non est quaestio de proprio spiritu, sed de actu humano, et ideo tex. in l. potuit. C. de iure delibe. dicit, actus, id est consensus, et voluntas, id est interior habitus mentis fuerit necessaria uox, enim sine mente, est sine radice, ut voces fictitiae et simulatae, vel vocis, vel doctrinae causa, non ad erum esse rei dictae C. plus uale. quod agi per totum, de praesump. c. afferte. ff. de testa. mili. l. diuus. et ff. de edil. edic. l. sciendum. § dictum. […] Et si mentis arcano accedat uerbum, et ab utroque procedat scriptum, erit uerbum de corde et scripture de utroque procedens, et tamen non essentialiter, nisi una voluntas praecise, quae negotium perfectissimum ac consummatissimum reddit ».

    40 Baldus de Ubaldis, In vii. viii. ix. x. et xi. codicis libri commentaria, Venise, 1607, fol. 2r, n° 1 (sur C. 7. 1.) : « Et nota secundum Azo. quod hic in hoc septimo libro agitur de libertate, operoso quodam ingenio. Iste septimus reputatur, quem homo ex septenario constat, id est, ex triplici animi proprietate, et quatuor clementis. Additur anteriori parti capitis, imaginatiua, deputatur medie cogitatiua, vel rationalis. parti posteriori capitis memoria appropriatur. In imaginatiua intellectus incipit, in cogitatiua meditando perfectus discutit, et discernit, in memoratiua id est retentiua conseruat et custodit, nam reflectit thesauros intellectus. Et nota quod voluntas reponitur sub rationali parte animae, ideste in medio quia debet esse recta, alias non esset voluntas, sed quaedam concupiscentia, seu appetitus vanus, et prater naturam, secuncum Aristotelem. illud constat, quod homo ex duabus substantiis est compositus, scilicet rationi, cui decebat ut esset perpetua, et natura irrationabili, cui non decebat ut esset perpetua, quia nullum irrationaible est perpetuum. Adde quod si voluntas stat in finibus voluntatis, ista, proprie dicitur absoluta voluntas. Si autem est ratione conuncta, ista vocatur arbitrium, ut l. fideicommissa § Quamquam, de leg. 3. supra de transa. l. si quis maior ».

    41 Sur l’appétence de Balde pour la philosophie, cf. N. Horn, « Philosophie in der Jurisprudenz der Kommentatoren : Baldus philosophus », Ius Commune, t. 1, 1967, p. 104-149.

    42 Baldus de Ubaldis, In sextum codicis librum commentaria, Venise, 1599, fol. 99r, n° 14 : « Et ideo non teneas opi. Bart. in quam est quoddam ridiculum ».

    43 Augustin d’Hippone, De duabus animabus, 10, 14 : « Non igitur nisi voluntate peccatur. Nobis autem voluntas nostra notissima est: neque enim scirem me velle, si quid sit voluntas ipsa nescirem. Definitur itaque isto modo: Voluntas est animi motus, cogente nullo, ad aliquid vel non amittendum, vel adipiscendum ». Cette définition est celle qui figure, sous une formulation presque identique, dans le dictionnarium juris d’Albericus de Rosate.

    44 Baldus de Ubaldis, Commentaria in primam Digesti veteris partem, Turin, 1576, fol. 6r, n° 7 : « voluntas est actus animae ». Baldus de Ubaldis, In sextum codicis librum commentaria, Venise, 1599, fol. 99r, n° 14 : « Septimo quaeritur, quid est voluntas ? Respons. voluntas est affectio animi ad aliquid applicata, vel est rationalis motus animae cognosentis, per quam perficiuntur actus animi ». Baldus de Ubaldis, In quartum et quintum codicis libri commentaria, Venise, 1599, fol. 109v : « Modo venio ad quaestione et primo quaero qquid est voluntas ? resp. voluntas est deliberatio animi intelligentis, et acceptantis id, quos uult, vel dic, quod voluntas est animi motus nullo cogente, qui si cogitur uim patitur et in suo arbitro non est […]. Secundo quaero, quid est arbitrium, et resp. aquum arbitrium, non est aliud nisi aequitas animi declarati, habito responsum tam ad aequitatem naturalem quam ad legum precepta ».

    45 Le même constat se retrouve dans la doctrine canonique. par ex., Antonius de Butrio, In librum quartum decretalium commentarii, sextus tomus, Venise, 1578, fol. 5, n° 9 et s. (sur X. 4. 1. 7.).

    46 Ludovicus Pontanus, Lectura super prime parte infortiati, Lyon, 1547, fol. 166 (commentaire sur D. 29. 2. 88) : « In glo. super verbo, alienam. ibi animus qualitercunque declaratus. Et per hanc glo. dicit Barto. declarari omnes glos. que allegate fuerunt in l. pro herede. in princip. supra eo. Conclusio est enim, quod ad essentiam seu substantiam aditionis sufficit animus qualitercunque declaratus, siue actu, siue verbo, non autem facto: ut late et pluchre sequitur Barto et ad confirmationem huius dicit Barto. esse text. in l. pro herede. in principio. Item allegat sactum Thomam de Aquino et l. si rem. § voto. de pollicita. dicetem nuda voluntate neminem obligari, nisi Deo. ad quo extra de usuris. c. Consuluit, et hanc opinionem ceteri sequuntur, excepto Ange, qui tenet contrarium dicens quod solus animus sufficit : actus autem aut verba non sunt necessaria, nisi ad probationem ipsius animi, qui aliter quam per extrinseca aut iuramentum probari non potest. Ad primum l. Labeo § Tubero. de supellec. leg. Ad secundum inst. de act. § alie. in glos. l. si cui. § idem. infra de accu. in glo. extra de homi. c. significasti. et de sen. exom. c. si vero et hoc dicit Ange. probari per tex. expressum qui cauillari non potest in § i. insti. de here. quali. et diffe. et in l. si auia. C. de iure delibe. qui tex. solam exigunt voluntatem. Nec ob. dictum Tome de Aquino : quia in casu aditionis heres non tantum agit se aliis obligare : sed alios sibi obligari : que quidem obligatio queritur ignoranti, ut l. Cum pater § furdo. de lega ii. facit supra de iureiuram. l. Labeo, et communem sequitur sententiam : verum quia voluntas in mente retenta nihil operatur. C. de condi. ob. causa. l. si repetendi. Nec ob. d. § pe. quia ille debet suppleri per alios actum exigentes, ut ad concor. reducantur, et hoc hic sequitur do. Jo. et bene. Dictum tamen Ange. procedit in foro conscientie in quo nuda voluntate quis obligatur ».

    47 Paul de Castro, In primam infortiati partem, Lyon, 1546, fol. 105r n° 9 (commentaire sur D. 29. 2. 88.) : « Voluntas non est aditio, sed affectio animi vel naturalis motus animi ad aliquid inclinatur, ut dicit Bal. in l. potuit. ».

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    • Marie Bassano

      Université Toulouse Capitole

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    1 Sandrine Vallar (La volonté contractuelle en droit romain, thèse Paris II (dactyl.), 2013) évoque près de 1400 occurrences dans l’ensemble des compilations (p. 20).

    2 C. Vlahos, « La notion de voluntas singulorum : quelques réflexions sur un protagoniste du droit romain classique », Carmina iuris. Mélanges en l’honneur de Michel Humbert, E. Chevreau, D. Kremer et A. Lacquerrière-Lacroix éd., Paris, 2012, p. 829-852 (ici p. 830).

    3 Sur l’usage de la notion par les juristes romains, cf. la contribution d’Elena Giannozi dans le présent volume.

    4 Cf. J.-L. Gazzaniga, « Notes sur l’histoire de la faute », Droits. Revue française de théorie juridique, t. 5, 1987, p. 7-28 ; J.-C. Payen, « Péché et culpabilité », Culture et travail intellectuel dans l’occident médiéval, Paris, 1981, p. 27-46. Cf. également la contribution d’Olivier Descamps au présent volume.

    5 Par ex., Odofredus, Lectura super digesto veteri I, Lyon, 1552, fol.206v (sur D. 5. 1. 50) : « Nota primum quod voluntas defuncti seruatur pro lege ».

    6 Par ex., Raoul d’Harcourt, Lectura Institutionum, ms. Paris, BNF lat. 14350, fol. 146va (sur Inst. 1. 5.) : « Et dicit glosa, quod ibi requiruntur 5 testes et hoc per l. C. de lat. lib. toll. l. unica. § seimus et §. si quis. Sed glosa contradicit sibi hic et in l. preall, quia ibi dicit quod sufficiunt duo testes, sed dic quod exiguuntur 5 testes ut equiparetur manumissioni facte in testamento vel in ultimo voluntate ».

    7 Sur l’étendue de l’interprétation : Glose ordinaire sur D. 50. 17. 12, sur In testamentus : « Plenius in testamentis quam in contractibus interpretatur in dubiis, ut patet quia si lego uina et vasa, videor legare sine quibus vina stare non possunt, ut supra de tritico legato, l. si cui § si vinum. et de penu. leg. l. qui poenam. § fi. Et l. namque in princ. ». Glose ordinaire sur D. 32. 25., sur Ille : « Institui mihi heredes Titium et Gaium. et ita postea dixi, Titius praedictus aut Gaius dent Seio centum. Certe potest petere Seius centum a quo eorum uult. Secunduo dicit pone quod Titio legaui centum libras Bononinorum paruorum. Certe ista verba certum habent sensum, et ideo non debemus recurrere ad interpretandam voluntatem mei testotoris, in certis enim non est locus coniecturis ». Pierre de Belleperche, Repetitio, Francfort, 1571, p. 6 (sur D. 1. 4. 3.) : « Dico ergo quod in contractibus plena, in ultimis voluntatibus plenior, in beneficiis Principis largisima est interpretatio facienda. Quod intelligo secundum possibilitatem verborum, alias non ». Pierre de Belleperche, Lectura in Digestum nouum, Francfort, 1571, p. 215 (sur D. 45. 1. 7.) : « Secus, dicit glosa, in ultimis voluntatibus distinguendum est, si conditio impossibilis imponatur personae honoratae. Verbi gratia, lego decem, si digito coelum tetigeris, in casu isto non uitiatur legatum, ut Inst. de haered. inst. § impossibilis, et supra de condit. et demonstrat. l. obtinuit. Aut adiiciatur personae honoratae et tunc legatum uitiat, ut Inst. de legatis et ultimo et C. de his quae poenae nomine in testamento, l. unica. Caueatis ut alias dixi, indistincte impossibilis conditio in contractibus inter uiuos uitiat stipulationem, ut hic et in § allegato impossibilis, sed in ultimis uoluntatibus non uitiat indistincte, quibuscunque personis fuerit apposita, sic intelligo l. alleg. obtinuit. Ratio est quare in contractibus uitiat et in ultimis uolintatibus non quia in ultimis voluntatibus benignior pars est interpretanda quam in contratibus ». Sur l’interprétation grammaticale : Pierre de Belleperche, Questiones vel distinctiones, Lyon, 1517, Questio n° 315, fol. 87 : « Super l. si fundum. § his verbis. Si tu queras quando disiunctiua ponatur pro copulatiua sic distiguitur, quia aut ponitur inter res aut inter personas. Et in primo casu dico quod proprie tenetur una queque res vel utraque cum est in obligatione. ut infra. de verb. ob. l. si duo. Et C. de erb. sig. l. pe. sed fallit infra. de ver. sign. l. sepe. In secundo casu distinguitur quia aut refertur ad solutionem faciendam ante ad obligationem contrahendam. in primo casu tenetur proprie et l. vero procuratori. In secundo autem casu quando inter personas ponitur et ad obligationem contrahendam subdistinguitur : quia aut inter ultimas voluntates aut contractus. nam in ultimis voluntatibus ponitur copulative si ponatur inter personas oneratas que tenentur ad onus etiam individuum : et adhuc dico quod ponitur copulatiue ut in l alleg. sed si ad onus dividuus proprie tenetur et uterque ponitur insolidum. supra. e. l. sed si ex tota. § si ita. Ubi autem ponitur inter personas in contractibus subdistiguitur quia si refertur non ad solutionem sed ad obligationem contrahendam : tunc dico quod non valet res de qua agitur imo viciatur. et l. se. sed fallit iste casus C. de consti. pecu. aur. si quando. Et si tu queras in dubio nunquid presumatur in dubio ad solutionem vel ad obligationem adhuc distinguitur : quia aut persone inter quas apponitur sunt eiusdem affectionis vel non. In primo casu dico quod videtur apposita ad obligationem contrahendam. ut probatur. in l. alleg. infra de stipul. sed. l. item si seruus. cum. l. seq. In secundo autem casu videtur apposita ad solutionem faciendam infra de verbo obli. l. eum qui ita § quo filio. hec autem dictio sen. non habet naturam istius dictionis vel quia semper ampliat. ut infra de auto et argen. leg. si quis ita ». Raoul d’Harcourt, Lectura institutionum, ms. Paris, BNF lat. 14350, fol. 196vb-197ra (sur Inst. 2. 15.) : « Hic ponitur casus : instituo putativum liberum et accidit mirabila quod substitutus admittetur eum instituto quod alias non contingit [ms : non continguit] regulariter, contingit tamen quandoque, ut ff. e. l. ult. Vult glosa quod in ista § sint tres casus, unus quando putativus liber institutus est et ei substituitur, alius quando verus liber quem testator scit liberum, alius quando verus servus quem testator scit servum. Dico quod est unus casus tantum : testator instituit liberum putativum substituit ei. invenitur servus et domini adivit. Nonne substitutus admittetur in partem eum domino servi ? Dicitur quod sic et quia in substitutione dictum fuit ‘et si heres non heres’ non erit talem substituo. […] Unde in casu dubie voluntatis quid voluerit testator significare per hec verba ‘si heres non erit’ quia quis sit intellectus illorum verborum secundum veritatem, dictum est supra et dicit littera nostra in versic. Illa verba etc. Sed quid in casu dubie voluntatis testatoris ut erat in casu nostro cum instituit testator putativum liberum et substituit ‘si heres non erit etc’ ? quid significent ista verba ‘si heres non erit etc’ ? »

    8 Pierre de Belleperche, Lectura in Digestum nouum, Francfort, 1571, p. 215 (sur D. 45. 1. 7.) : « Secus, dicit glosa, in ultimis voluntatibus distinguendum est, si conditio impossibilis imponatur personae honoratae. Verbi gratia, lego decem, si digito coelum tetigeris, in casu isto non uitiatur legatum, ut Inst. de haered. inst. § impossibilis, et supra de condit. et demonstrat. l. obtinuit. Aut adiiciatur personae honoratae et tunc legatum uitiat, ut Inst. de legatis et ultimo et C. de his quae poenae nomine in testamento, l. unica. Caueatis ut alias dixi, indistincte impossibilis conditio in contractibus inter uiuos uitiat stipulationem, ut hic et in § allegato impossibilis, sed in ultimis uoluntatibus non uitiat indistincte, quibuscunque personis fuerit apposita, sic intelligo l. alleg. obtinuit. Ratio est quare in contractibus uitiat et in ultimis uolintatibus non quia in ultimis voluntatibus benignior pars est interpretanda quam in contratibus ». Guido de Cumis, additio sur D. 7. 4. 3. pr. (éd. H. Van de Wouw, « Entre Bologne et Orléans. Quelques notices du ms. Leyde BPL 6C », BSAHO, 9, 1985, p. 31-39) : « Quidam episcopus concessit cuidam clerico xx. forte vel xxx. libras quamdiu staret in studio vel in scolis, et hoc singulis annis. Clericus iste stetit in scolis per vi. vel septem annis et pensionem suam ab illo episcopo percepit. Postmodum fuit extra scolas per unum forte annum uel duos, nec aliquid percepit. Iterum reuersus ad scolas petit annuam pensionem. Dicebat episcopus quod non tenetur eam de cetero soluere, cum clericus semel amiserit. Querebatur a domino Gy. quid iuris in hoc casu. Et dicit dominus Gy. quod uidetur annua pensio repetita ex ui illius dictionis ‘quamdiu’, sicut est hic, licet possit responderi quod aliud esset de concessione facta inter uiuos, et aliud in ultima uolentate. Gy. ».

    9 Odofredus, Lectura super digesto veteri II, Lyon, 1552, fol.192v : « Nota quod quis aliquando declarat voluntatem suam verbis et factis. aliquando verbis tantum. et ad istud accedit supra de leg. et senatuscon. l. de quibus. »

    10 Glose ordinaire sur D. 45. 1. 99. , sur Quidquid : « Dic quod quidquid fuit stipulatione uallandum, si non est stipulatione vallatum, habetur omissum, aut certe si obscurum est, interpretabor secundum promissorem, si potest secundum eius voluntatem valere. Sed si non potest secundum uoluntatem ipsius valere, interpretabor pro stipulatore si valere potest. Vel dic aliter quod si sit obscurum omnino non valere. Si autem interpretati potest, interpretabor ».

    11 Sur divers aspects de la querelle des Mendiants et séculiers, intéressant directement les juristes, cf., Y. Congar, « Aspects ecclésiologiques de la querelle entre mendiants et séculiers dans la seconde moitié du xiiie siècle et le début du xive », Archives d’histoire doctrinale et littéraire du Moyen Age, vol. 28 (1961), p. 35-151 ; E. Marmursztejn, « Penser la dispense : éclairages théologiques sur le pouvoir pontifical (xiiie-xive siècles) », TR, 78 (2010), p. 63-88 ; E. Marmursztejn, « Issues obligatoires. Clôture et incarcération dans la pensée scolastique des xiiie-xive siècles », Enfermements. Volume 1 : le cloître et la prison (vie-xviiie siècle), J. Claustre, I. Heullant-Donat et E. Lusset dir., Paris, 2011, p. 71-87.

    12 Alain de Libera, L’unité de l’intellect. Commentaire du De unitate intellectus contra averroistas de Thomas d’Aquin, Paris, 2004, p. 19 et s.

    13 M. Paluch, « Note sur les distinctions entre les nécessités chez Thomas d’Aquin », Archives d’histoire doctrinale et littéraire du Moyen Age, 2003/1, t. 70, p. 219-231 ; H.-M. Manteau-Bonamy, « La liberté de l’homme selon Thomas d’Aquin », Archives d’histoire doctrinale et littéraire du Moyen Age, 1979, t. 46-47, p. 7-34.

    14 Jacques de Révigny, Repetitio, Paris, 1519, fol. 43vb (sur C. 1. 19. 7.) : « Queritur circa l. istam numquid imperator posset rescribere contra ius naturale, quia tu non esses frater meus cum esses frater. […] In ista questione distinxerunt quidam quod ipsum ius naturale secundum veritatem est immutabile, ut ff. de reg. iur. l. iura sanguinis. Unde imperator vel sententia non posset facere quod frater meus [non] esset frater. Sed effectus iure naturalis potest tolli omnino et pro eis sic quo ad officium ac si non esset filius vel frater, potest fieri per principem ».

    15 Jacques de Révigny, Repetitio, Paris, 1519, fol. 43vb (sur C. 1. 19. 7.) : « Falsum est […] Dico quod imperator sine causa non posset tollere ius naturale, sed subsistente tamen bene posset. Sic potest esse secundum ius naturale quod causa subsistente non priuaretur quis iure naturali. unde dico quod per captivitatem ubi est legitima tamen subsistens, privetur quis omnino libertate, et secundum veritatem sit servus ».

    16 Jacques de Révigny, Repetitio, Paris, 1519, fol. 44ra (sur C. 1. 19. 7.) : « Pone imperator mandat vel rescribit contra hoc. Distinguo in ista questione aut imperator rescribit contra l. divinam in eo quod posset causa subsistente ». Pierre de Belleperche, Lectura Codicis, ms. Florence, BML Plut. VI sin. VI, fol. 56rb (sur C. 1. 19. 7.) : « Item dicerem ubicumque iustam causam haberet, ut Inst. de iure pers. § serui. Aut uult contra ius naturale scribere nulla causa existente, et tunc non potest, ut dixi, ar. in ff. de le. ag. tu. ad fin. ». Pierre de Belleperche, Questiones vel distinctiones, Lyon, 1517, questio n° 175, fol. 47va-vb : « Aut derogando iuri diuino mutabili, et tunc si ex causa que possit mutare valet […] Aut illud rescriptum est contra ius naturale vel gentium, et tunc dico quod causa sufficienti valet, ut Inst. de iur. perso. § serui. Aut etiam sine causa sufficienti, et tunc dico quod non valet, ut institu de iure natu. § naturalia. Potest ergo imperator contra ius gentium aliquid facere ex causa, sed sine causa non potest [...] Rem meam mihi auferre non potest sine causa, sed cum causa potest etiam dominium ».

    17 Pierre de Belleperche, Lectura Codicis, ms. Florence, BML Plut. VI sin. VI, fol. 56va (sur C. 1. 19. 7.) : « Aut imperator vult auferre dominium rei mee cum causa rationabili, et tunc potest. […] Aut vult dominium meum tollere sine aliqua causa de mundo, dico de potestate sua non est dubium, sed de potestate que attribuitur sibi per legem, dico non potest ».

    18 Sur ces très riches développements doctrinaux, et les sources juridiques afférentes, cf. E. Marmursztejn, L’autorité des maîtres. Scolastique, normes et société au xiiie siècle, Paris, 2007 (en particulier, partie 2) et A. Boureau, De vagues individus. La condition humaine dans la pensée scolastique, Paris, 2008 (en particulier, p. 110 et s.).

    19 D. 30. 5. : « Paulus libro primo ad Sabinum. Servi electione legata semel dumtaxat optare possumus. Labeo ait, cum certa res aut persona legatur ita : Qui meus erit cum moriar, heres dato, et communis sit, totum deberi. Trebatium vero respondisse partem deberi Cassius scripsit, quod et verius est. Cum fundus communis legatus sit non adiecta portione, sed meum nominaverit, portionem deberi constat ».

    20 Bartolus de Saxoferrato, Commentaria in secundam infortiati partem, Lyon, 1547, fol. 4r-v.

    21 Bartolus de Saxoferrato, Commentaria in secundam infortiati partem, Lyon, 1547, fol. 4v n° 3 : « De hoc interrogaui plure magistros et baccalaureaos in Theologia. Et contra istam gl. faciebant talem rationem : si agens est liberum, et non impeditum, et patiens est dispositum : si vult agere, immediate agit. Hoc in philosophia est notum »

    22 Bartolus de Saxoferrato, Commentaria in secundam infortiati partem, Lyon, 1547, fol. 4v n° 3-4 : « Ideo gl. dicit, oportet quod dicam, eligo, non volo eligere, quia illud verbum, volo eligere, est suspensiuum […] Hoc autem quod dixi de verbo, volo eligere, statim examinabo. […] Solu. dic aliud in contractibus, ubi post electionem licet variare. Aliud in ultimis voluntatibus, ut hic. Ratio, quia in ultimis voluntatibus electio trahit secum executionem. […]. Quaero, utrum hoc sit verum quando dico, volo eligere, quod non sit electio. De hoc interrogaui plure magistros et baccalaureaos in Theologia. Et contra istam gl. faciebant talem rationem : si agens est liberum, et non impetditum, et patiens est dispositum : si vult agere, immediate agit. Hoc in philosophia est notum. […] Solu. Ut ex dictis eorum potui comprehendere, dicebantur sic. Aut tu assumis electionem pro tot hoc, scilicet deliberare recte, et rem acceptare, et tunc dicit gl. si dico, volo eligere illam rem, non sequitur, ergo eligo, quia voluntas mea non est libera ad hoc, cum non deliberauerim adhuc, et illa verba, volo eligere hanc rem, intelliguntur, idest primus meus motus fertur in hanc rem, non tamen deliberate. Si tu intelligeres electionem pro ultimo actu acceptationis, si praecessit deliberatio, tunc gl. non riceret verum, quia statim cum volo eligere, eligo, cum nullum impedimentum fit. Et hoc puto esse verum : quia si datus esset tibi terminus ad deliberandum, quid velles eligere, et tu responderes per haec verba, volo eligere hanc rem, tunc electionem inducerent. […] Idem si ad interrogationem alterius ciuis interest, responderes, volo eligere hanc rem, induceretur electio […]. Sed si ita verba essent simpliciter prolata, non ad interrogationem alterius, nec dato termino ad deliberandum, tunc ista gl. procederet, et intelligeretur, ut primo modo dixi. […] Pro cuius declaratione dic breviter, verbum volo nihil importat per se, nisi ratione adiuncti. Aut enim verbum volo, habet determinationem certe rei, et inducit dispositionem, ut si dicerem, volo illam rem, esset electio […]Aut habet determinationem alicuius verbi infiniti, et tunc aut actus importatus per illud verbum, venit explicandus ab alio, aut a voluntate. Si ab alio, et inducti dispositionem […]. Ratio quia in volente non est faciendum aliud, nisi explicare voluntatem suam, quod facit per verbum volo. […] Quandoque actus est explicandus a volente, et tunc aut ille actus non consistit in nuda voluntate, et tunc non inducit dispositionem illius actus, ut si dico, volo ascendere arborem, non sequitur, ergo ascendo […]. Aut ille actus potest explicari nuda voluntate, et tunc aut de natura illius actus est pendere in futurum, ut in ultima voluntate, tunc inducit dispositionem […] Cum enim natura ultimae voluntatis sit pendere usque ad mortem […]. Quandoque est aliqus actus, qui debet expediri incontinenti, et de illius natura non debet pendere, tunc distingueut dixi supra aut illa verba fuerunt prolata ad partis interrogationem, vel alias deliberate vel indeliberate, ut dixi supra. Quandoque actus dependet ex voluntate proferentis, et alterius, ut in contractibus. Exemplum in emptione, si dicam volo emere, tunc aut profertur ab uno tantum et non sufficit, aut ab ambobus, et tunc per verba praesentis temporis aut futuri ».

    23 Bartolus de Saxoferrato, Commentaria in primam digesti veteri partem, Venise, 1526 (réimp. 1996), fol. 123r, n°6 : « Quero ergo quod appelletur nuda voluntas. Glo. hic super verbo voluntatem videtur intelligerre nudam voluntatem scilicet a presentia alterius partis. Quod satis est bene dictum. Dic tamen melius quod sicut pactum dicitur nudum quod stat in nudo nomine conventionis nullo alio superaddito, […]. Ita voluntas dicitur nuda que stat in suis principiis nude voluntatis, non addita sibi presentia partis que facit illam voluntatem cadere in pactum vel non addito sibi alio nomine a iure quod faciat eum cadere in nomine contractus ».

    24 Une grande partie des commentaires relatifs à la voluntas se concentre sur des fragments où le terme n’apparaît que très discrètement, tant dans le texte justinien que dans la glose (en particulier D. 30. 5. De legatis primo, l. Serui electio, D. 30. 6. De legatis primo. l. Stichum, D. 28. 8. 8. De iure deliberandi, l. Si quis suus, D. 29. 2. 88. De adquirenda vel omittenda hereditate. l. Gerit et C. 4. 38. 13. De contrahenda emptione. l. In venditis).

    25 Ludovicus Pontanus, Lectura super prime parte infortiati, Lyon, 1547, fol. 166 (commentaire sur D. 29. 2. 88). Egalement Alexandre de Imola, In primam et secundam infortiati partem commentaria, Venise, 1576, fol. 133v, n° 3-5 (commentaire sur D. 29. 2. 6.)

    26 Raphaelus Cumanus, Commentationes partis secundam, Lyon, 1554, fol. 127 (commentaire sur D. 29. 2. 88.)

    27 Bartolus de Saxoferrato, Commentaria in primam codicis partem, Venise, 1526 (réimp. 1996), fol. 133r (commentaire sur C. 4. 6. 7.). Alexandre de Imola, In primam et secundam infortiati partem commentaria, Venise, 1576, fol. 158, n° 4 (commentaire sur D. 30. 5. 4.) et Id., fol. 132v-133r, n° 2 (commentaire sur D. 29. 2. 4.). Bartholomeus de Saliceto, Ad I. II. III. IIII. libri codicis commentarii, Lyon 1569, fol. 266 (commentaire sur C. 4. 10. 5.). Raphaelus Fulgosius, In primam Pandectarum partem commentariorum, tomus secundus, Lyon, 1554 (commentaire sur D. 14. 1. 1. 19.)

    28 Paul de Castro, In primam infortiati partem, Lyon, 1546, fol. 107r (commentaire sur D. 29. 2. 95.). Angelus a Gambilionibus, In quatuor institutionum Iustiniani Libros Commentaria, Venise, 1585, fol. 122v-123r, n° 1 (commentaire sur Inst. 2. 19. 7).

    29 Albericus de Rosate, In secundam Infortiati partem commentarii, Venise, 1586, fol. 5r (commentaire sur D. 30. 5.) et fol. 60r (commentaire sur D. 32. 22.). Ludovicus Pontanus, Lectura super prime parte infortiati, Lyon, 1547, fol. 70. Sur le lien entre la volonté changeante et la nécessité de recourir au ius commune pour interpréter, cf. per ex. Ludovicus Pontanus, Lectura super prime parte infortiati, Lyon, 1547, fol. 99, et Paul de Castro, In secundam codicis partem, Lyon, 1546, fol. 36 n° 8 (sur C. 6. 23. 3.)

    30 Par ex., Paul de Castro, In secundam infortiati partem, Lyon, 1546, fol. 4r, n° 4 (commentaire sur D. 30. 5.) ou Raphaelus Cumanus, Commentationes partis secundam, Lyon, 1554, fol. 5r-v (commentaire sur D. 30. 5. et répétition sur D. 30. 5.)

    31 Par ex., Alexandre de Imola, In primam et secundam infortiati partem commentaria, Venise, 1576, fol. 158, n° 4 (commentaire sur D. 30. 5.) ou Florianus de Sancto Petro, Facundissima ac eximia in tres secundae partis Infortiati insignores titulos de legatis commentaria, Bologne, 1576, p. 7, n° 12-15 (commentaire sur D. 30. 5.)

    32 Par ex., Albericus de Rosate, In secundam Infortiati partem commentarii, Venise, 1586, fol. 5r (commentaire sur D. 30. 5.) et fol. 60r (commentaire sur D. 32. 22.).

    33 Par ex., Jason de Maino, In secundam infortiati partem commentaria, Venise, 1579, fol. 13 et s., n° 20, et Id. In primam codicis partem commentaria, Venise 1579, fol. 6r, n° 13 et s (commentaire sur C. 1. 1. 1.)

    34 Par ex., Ludovicus Pontanus, Lectura super prime parte infortiati, Lyon, 1547, fol. 166v, n° 7-8 ou Alexandre de Imola, In primam et secundam infortiati partem commentaria, Venise, 1576, fol. 158, n° 4-6 (commentaire sur D. 30. 5.)

    35 Baldus de Ubaldis, Commentaria in primam Codicem partem, Turin, 1576, fol. 80r, n° 2 (sur C. 4. 24. 6.) : « Et ad euidentiam praemitto, quod quaedam respiciunt intellectu, quaedam voluntatem, quaedam respiciunt reminiscientem rerum gestarum, sicut sunt tres potentiae animae, scilicet intellectus, voluntas et memoria. Intellectus procedit, deinde sequitur voluntas, quia voluntas est movens motum ab appetibili intellectu, unum nihil prius in voluntate, quin sit prius in intellectu secundum sanctum Thom. Memoria autem habet se ad utrumque, scilicet ad intellectum et voluntatem. Secundo premitto quoddolus non potest esse absque voluntate, namquod ignorantibus accidit, dolus non est sed imprudentia […]. Tertio premitto quod interdum voluntas est praua, interdum imprudens, interdum nulla, puta quando quis nihil cogitat facit quod […] Quarto premitto quod malitia, qui est idem quod dolus malus, pertinet ad prauitatem voluntatis »

    36 Baldus de Ubaldis, In digesti novi commentaria, Venise, 1599, fol. 26r : « Voluntas est de coharrentiis animae intellectiuae, et non potest ab ea separeri, et ideo colla. in voluntatem serui, vel filii, non transit ad dominum vel patrem, et ideo si monachus executor est relictus, non transit ad abbatem »

    37 Baldus de Ubaldis, In primam et secundam infortiati partem commentaria, Venise, 1599, fol. 126r (sur D. 30. 5) : « ibi per hec verba, volo legare, inducitur legatum, ergo per haec verba, volo eligere, inducitur electio, satis enim per hoc declaratur animus. et cum hic non requiritur alius actus extrinsecus, non videtur gl. vera. ar supra de hae. inst. iam dubitari pro gl. tam facit, quia verbum, eligere, est infinitiui modo et temporis praeteriti imperfecti, et ideo non significat actum consummatum, seu dispositum, sed est potius enunciatiuum, ut no. C. de contrah. emp. l. in ementis. credo gl. veram non ob. l. Pamphilo § pe. quam illud est ex interpretatione magis quam ex significatione verborum, ne voluntas testatoris pereat, et quia in ultim. voluntate verba enunciatiua emissa principaliter propter se inducunt dispositionem : secuns in actibus inter vivos, ad quam singulariter no. hanc. glo. »

    38 Baldus de Ubaldis, In vii. viii. ix. x. et xi. codicis libri commentaria, Venise, 1607, fol. 2r, n° 1 (sur C. 7. 1.) : « Et nota secundum Azo. quod hic in hoc septimo libro agitur de libertate, operoso quodam ingenio. Iste septimus reputatur, quem homo ex septenario constat, id est, ex triplici animi proprietate, et quatuor clementis. Additur anteriori parti capitis, imaginatiua, deputatur medie cogitatiua, vel rationalis. parti posteriori capitis memoria appropriatur. In imaginatiua intellectus incipit, in cogitatiua meditando perfectus discutit, et discernit, in memoratiua id est retentiua conseruat et custodit, nam reflectit thesauros intellectus. Et nota quod voluntas reponitur sub rationali parte animae, ideste in medio quia debet esse recta, alias non esset voluntas, sed quaedam concupiscentia, seu appetitus vanus, et prater naturam, secuncum Aristotelem. illud constat, quod homo ex duabus substantiis est compositus, scilicet rationi, cui decebat ut esset perpetua, et natura irrationabili, cui non decebat ut esset perpetua, quia nullum irrationaible est perpetuum. Adde quod si voluntas stat in finibus voluntatis, ista, proprie dicitur absoluta voluntas. Si autem est ratione conuncta, ista vocatur arbitrium, ut l. fideicommissa § Quamquam, de leg. 3. supra de transa. l. si quis maior ».

    39 Baldus de Ubaldis, In quartum et quintum codicis libri commentaria, Venise, 1599, fol. 120r : « Voluntas de voluntate procedit, id est de interiori voluntate procedit verbum, et totus homo concurrit, id est animus seu intellectus cum organis, et voluntas in actibus humanis complendis debet esse intrinseca et sensibilis, non interior et spiritualis tamen, quia hic non est quaestio de proprio spiritu, sed de actu humano, et ideo tex. in l. potuit. C. de iure delibe. dicit, actus, id est consensus, et voluntas, id est interior habitus mentis fuerit necessaria uox, enim sine mente, est sine radice, ut voces fictitiae et simulatae, vel vocis, vel doctrinae causa, non ad erum esse rei dictae C. plus uale. quod agi per totum, de praesump. c. afferte. ff. de testa. mili. l. diuus. et ff. de edil. edic. l. sciendum. § dictum. […] Et si mentis arcano accedat uerbum, et ab utroque procedat scriptum, erit uerbum de corde et scripture de utroque procedens, et tamen non essentialiter, nisi una voluntas praecise, quae negotium perfectissimum ac consummatissimum reddit ».

    40 Baldus de Ubaldis, In vii. viii. ix. x. et xi. codicis libri commentaria, Venise, 1607, fol. 2r, n° 1 (sur C. 7. 1.) : « Et nota secundum Azo. quod hic in hoc septimo libro agitur de libertate, operoso quodam ingenio. Iste septimus reputatur, quem homo ex septenario constat, id est, ex triplici animi proprietate, et quatuor clementis. Additur anteriori parti capitis, imaginatiua, deputatur medie cogitatiua, vel rationalis. parti posteriori capitis memoria appropriatur. In imaginatiua intellectus incipit, in cogitatiua meditando perfectus discutit, et discernit, in memoratiua id est retentiua conseruat et custodit, nam reflectit thesauros intellectus. Et nota quod voluntas reponitur sub rationali parte animae, ideste in medio quia debet esse recta, alias non esset voluntas, sed quaedam concupiscentia, seu appetitus vanus, et prater naturam, secuncum Aristotelem. illud constat, quod homo ex duabus substantiis est compositus, scilicet rationi, cui decebat ut esset perpetua, et natura irrationabili, cui non decebat ut esset perpetua, quia nullum irrationaible est perpetuum. Adde quod si voluntas stat in finibus voluntatis, ista, proprie dicitur absoluta voluntas. Si autem est ratione conuncta, ista vocatur arbitrium, ut l. fideicommissa § Quamquam, de leg. 3. supra de transa. l. si quis maior ».

    41 Sur l’appétence de Balde pour la philosophie, cf. N. Horn, « Philosophie in der Jurisprudenz der Kommentatoren : Baldus philosophus », Ius Commune, t. 1, 1967, p. 104-149.

    42 Baldus de Ubaldis, In sextum codicis librum commentaria, Venise, 1599, fol. 99r, n° 14 : « Et ideo non teneas opi. Bart. in quam est quoddam ridiculum ».

    43 Augustin d’Hippone, De duabus animabus, 10, 14 : « Non igitur nisi voluntate peccatur. Nobis autem voluntas nostra notissima est: neque enim scirem me velle, si quid sit voluntas ipsa nescirem. Definitur itaque isto modo: Voluntas est animi motus, cogente nullo, ad aliquid vel non amittendum, vel adipiscendum ». Cette définition est celle qui figure, sous une formulation presque identique, dans le dictionnarium juris d’Albericus de Rosate.

    44 Baldus de Ubaldis, Commentaria in primam Digesti veteris partem, Turin, 1576, fol. 6r, n° 7 : « voluntas est actus animae ». Baldus de Ubaldis, In sextum codicis librum commentaria, Venise, 1599, fol. 99r, n° 14 : « Septimo quaeritur, quid est voluntas ? Respons. voluntas est affectio animi ad aliquid applicata, vel est rationalis motus animae cognosentis, per quam perficiuntur actus animi ». Baldus de Ubaldis, In quartum et quintum codicis libri commentaria, Venise, 1599, fol. 109v : « Modo venio ad quaestione et primo quaero qquid est voluntas ? resp. voluntas est deliberatio animi intelligentis, et acceptantis id, quos uult, vel dic, quod voluntas est animi motus nullo cogente, qui si cogitur uim patitur et in suo arbitro non est […]. Secundo quaero, quid est arbitrium, et resp. aquum arbitrium, non est aliud nisi aequitas animi declarati, habito responsum tam ad aequitatem naturalem quam ad legum precepta ».

    45 Le même constat se retrouve dans la doctrine canonique. par ex., Antonius de Butrio, In librum quartum decretalium commentarii, sextus tomus, Venise, 1578, fol. 5, n° 9 et s. (sur X. 4. 1. 7.).

    46 Ludovicus Pontanus, Lectura super prime parte infortiati, Lyon, 1547, fol. 166 (commentaire sur D. 29. 2. 88) : « In glo. super verbo, alienam. ibi animus qualitercunque declaratus. Et per hanc glo. dicit Barto. declarari omnes glos. que allegate fuerunt in l. pro herede. in princip. supra eo. Conclusio est enim, quod ad essentiam seu substantiam aditionis sufficit animus qualitercunque declaratus, siue actu, siue verbo, non autem facto: ut late et pluchre sequitur Barto et ad confirmationem huius dicit Barto. esse text. in l. pro herede. in principio. Item allegat sactum Thomam de Aquino et l. si rem. § voto. de pollicita. dicetem nuda voluntate neminem obligari, nisi Deo. ad quo extra de usuris. c. Consuluit, et hanc opinionem ceteri sequuntur, excepto Ange, qui tenet contrarium dicens quod solus animus sufficit : actus autem aut verba non sunt necessaria, nisi ad probationem ipsius animi, qui aliter quam per extrinseca aut iuramentum probari non potest. Ad primum l. Labeo § Tubero. de supellec. leg. Ad secundum inst. de act. § alie. in glos. l. si cui. § idem. infra de accu. in glo. extra de homi. c. significasti. et de sen. exom. c. si vero et hoc dicit Ange. probari per tex. expressum qui cauillari non potest in § i. insti. de here. quali. et diffe. et in l. si auia. C. de iure delibe. qui tex. solam exigunt voluntatem. Nec ob. dictum Tome de Aquino : quia in casu aditionis heres non tantum agit se aliis obligare : sed alios sibi obligari : que quidem obligatio queritur ignoranti, ut l. Cum pater § furdo. de lega ii. facit supra de iureiuram. l. Labeo, et communem sequitur sententiam : verum quia voluntas in mente retenta nihil operatur. C. de condi. ob. causa. l. si repetendi. Nec ob. d. § pe. quia ille debet suppleri per alios actum exigentes, ut ad concor. reducantur, et hoc hic sequitur do. Jo. et bene. Dictum tamen Ange. procedit in foro conscientie in quo nuda voluntate quis obligatur ».

    47 Paul de Castro, In primam infortiati partem, Lyon, 1546, fol. 105r n° 9 (commentaire sur D. 29. 2. 88.) : « Voluntas non est aditio, sed affectio animi vel naturalis motus animi ad aliquid inclinatur, ut dicit Bal. in l. potuit. ».

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    Bassano, M. (2022). Ex voluntate. La puissance de la volonté dans la doctrine médiévale (xiiie-xve siècles). In M. Bassano, L. Brunori, C. Ciancio, & F. Garnier (éds.), La volonté Italie-France allers-retours. Toulouse: Presses de l’Université Toulouse Capitole. https://doi.org/10.4000/books.putc.15921
    Bassano, Marie. « Ex voluntate. La puissance de la volonté dans la doctrine médiévale (xiiie-xve siècles) ». In La volonté Italie-France allers-retours, édité par Marie Bassano, Luisa Brunori, Cristina Ciancio, et Florent Garnier. Toulouse: Presses de l’Université Toulouse Capitole, 2022. doi:10.4000/books.putc.15921.
    Bassano, Marie. « Ex voluntate. La puissance de la volonté dans la doctrine médiévale (xiiie-xve siècles) ». La volonté Italie-France allers-retours, édité par Marie Bassano et al., Presses de l’Université Toulouse Capitole, 2022, https://doi.org/10.4000/books.putc.15921.

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    Bassano, M., Brunori, L., Ciancio, C., & Garnier, F. (éds.). (2022). La volonté Italie-France allers-retours. Toulouse: Presses de l’Université Toulouse Capitole, Librairie générale de droit et de jurisprudence. https://doi.org/10.4000/books.putc.15871
    Bassano, Marie, Luisa Brunori, Cristina Ciancio, et Florent Garnier, éd. La volonté Italie-France allers-retours. Toulouse: Presses de l’Université Toulouse Capitole, Librairie générale de droit et de jurisprudence, 2022. doi:10.4000/books.putc.15871.
    Bassano, Marie, et al., éditeurs. La volonté Italie-France allers-retours. Presses de l’Université Toulouse Capitole, Librairie générale de droit et de jurisprudence, 2022, https://doi.org/10.4000/books.putc.15871.
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