Conclusion de la deuxième partie
p. 273
Texte intégral
1L’étude de la société des gens de justice du siège présidial d’Aurillac, semblable par de nombreux aspects à celle des autres petites et moyennes villes, apporte de précieuses indications permettant de nourrir les courants actuels de recherche sur ces officiers extérieurs aux cours souveraines. Si beaucoup de magistrats des juridictions ordinaires du roi espéraient accéder à ces dernières afin d’être anoblis, peu y parvenaient réellement. La majorité demeurait des propriétaires terriens dont la fortune avait permis l’accès à la magistrature royale et à ses honneurs. Les offices de judicature se trouvaient donc au centre de stratégies familiales d’ascension sociale généralement limitées à la ville ou à la province1. Les officiers demeuraient attachés à leurs terres qui constituaient finalement l’essentiel de leur fortune.
2Contrairement aux clivages rencontrés dans les cours souveraines entre magistrats et avocats, un mode de vie commun semble avoir caractérisé ces deux professions dans la ville d’Aurillac. Ce petit groupe, faible pourcentage de la population2, dont les membres étaient généralement liés par les mariages, occupait le haut du pavé aux côtés de quelques riches bourgeois3.
3Parents, amis, mais aussi parfois ennemis, ces hommes ne manquèrent pas de s’affronter devant les tribunaux au sein desquels ils œuvraient. Le palais et la cité retentirent souvent de leurs conflits parfois interminables.
4Mais, au-delà de l’enceinte de la ville, les fonctions juridictionnelles de ces notables s’exerçaient au sein d’un ressort judiciaire complexe, composé de quatre bailliages ordinaires dont l’édification s’est réalisée de la fin du xivème au début du xvième siècle.
Notes de bas de page
1 Parfois vers des provinces extérieures, comme Guy Passefons conseiller au siége présidial d’Aurillac et secrétaire du roi à la cour des aides de Montauban, au milieu du xviième siècle. Voyez supra, p. 208.
2 D’après le rôle des tailles pour la ville d’Aurillac de l’année 1727, on comptait une trentaine d’avocats et une quinzaine de conseillers au siège présidial pour une population de plus de 6 000 habitants. ADC, C 53, rôle des tailles pour l’année 1727.
3 C. Grimmer, op. cit., p. 108.
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