371 Eric Causin, « La logique sociale de la déontologie », in Actualité de la pensée juridique de Jeremy Bentham, sous la direction de Ph. Gérard, F. Ost et M. van de Kerchove, Bruxelles, Publications des Facultés universitaires Saint-Louis, 1987, p. 421-422.
372 Ibid., p. 423.
373 Ibid.
374 « L’objet que nous nous proposons dans cet ouvrage, affirme-t-il à ce propos dans Deontology, c’est de faire ressortir les rapports qui unissent l’intérêt au devoir dans toutes les choses de la vie. Plus on examinera attentivement ce sujet, plus l’homogénéité de l’intérêt et du devoir paraîtra évidente. Toute loi, qui aura pour objet le bonheur des gouvernés, devra tendre à ce qu’ils trouvent leur intérêt à faire ce dont elle leur impose le devoir » (cité par Eric Causin, ibid., p. 437-438).
375 ID., p. 439.
376 J. Bentham, Œuvres, t. II, Traité des preuves judiciaires, Bruxelles, Hauman, 1829, p. 451.
377 Pour plus de détails sur ce point, voir le chapitre xiv du livre ix du Traité des preuves judiciaires.
378 Cf. Jeremy Bentham, « Of Torture », the Bentham Manuscripts, London, University College, 46/63-70, cité par W.L. et P.E. Twining, « Bentham on Torture », Northen Ireland Legal Quaterly, 24, 3 (1973), p. 313-315, repris par Lincoln Allison, « The utilitarian ethics of punishment and torture », op. cit., p. 24 et s.
379 Cité par C. Audard, Anthologie historique et critique de l’utlitarisme, t. 2, op. cit., p. 129.
380 « Mais maintenant, s’écrie Mill, la société a eu largement raison de l’individualité, et le danger qui menace la nature humaine n’est plus l’excès, mais la déficience des impulsions et des préférences personnelles. [...] Ainsi, l’esprit lui-même est courbé sous le joug : même dans ce que les gens font pour leur plaisir, la conformité est la première chose qu’ils considèrent ; [...] ils évitent comme des crimes toute singularité des goûts, toute excentricité de conduite, au point que, à force de ne pas suivre leur propre naturel, ils n’ont plus de naturel à suivre : leurs capacités humaines sont atrophiées et sans vie. [...] Maintenant, est-ce là, oui ou non, demande enfin Mill, la condition idéale de la nature humaine ? [...] La réponse, ce n’est pas en effaçant dans l’uniformité tous ce qui est individuel en eux, mais en le cultivant et en le mettant en jeu dans les limites imposées par les droits et les intérêts des autres, que les êtres humains deviennent un noble et bel objet de contemplation » (Ibid., p. 131-132).
381 John Harsanyi, « Morality and the theory of rational behaviour », cité par C. Audard, Anthologie historique et critique de l’utilitarisme, op. cit., t. 3, p. 54-55.
382 « On tient parfois pour un défaut de l’utilitarisme le fait qu’il nous amène à accorder du poids aux mauvais désirs (tel que celui qu’a le sadique de torturer sa victime) uniquement en proportion de leur intensité ; l’opinion reçue, dit-on, n’en accorde aucun à de tels désirs, fut-il négatif. Mais l’opinion commune s’est constituée en vue de traiter des cas qu’il est probable de rencontrer ; or il est hautement improbable, même si nous accordons aux désirs sadiques un poids proportionné à leur intensité, que nous rencontrions un cas dans lequel l’utilité sera maximisée en laissant libre cours au sadique. » (R. M. Hare, « Ethical theory and utilitarianism », cité par C. Audard, op. cit., t. 3, p. 132).
383 Cf. Anne-Marie Dillens, « Économisme et critique des droits de l’homme », in Actualité de la pensée juridique de Jeremy Bentham, op. cit., p. 237.
384 Cf. Ibid., p. 231-253, pour quelques éléments relatifs à la défense du droit de propriété chez Bentham.
385 Nous renvoyons ici à la préface de la sixième édition des Méthodes de l’éthique précédemment citée.
386 Cf. De la liberté, ch. iii. Voir également les extraits qu’en donne C. Audard, op. cit., t. 2, p. 125 et s.
387 Pour ce qui est de la liberté chez J. S. Mill, nous nous inspirons en partie de Ernest Mbonda, « l’utilitarisme et le critère de l’utilité », in Justice et droits de l’homme chez John Rawls, op. cit., partie ii, ch. 1.
388 De la liberté, Paris, Gallimard, 1990, p. 177.
389 Ibid., p. 187.
390 Ibid., p. 209.
391 Cité par C. Audard, op. cit., t. 2, p. 124.
392 John Stuart Mill, L’utilitarisme, Paris, Champs/Flammarion, 1988, p. 139
393 L’amour de la liberté, cité par C. Audard, op. cit., t. 2, p. 266-267.
394 R. M. Hare, Moral Thinking, op. cit., p. 166-167.
395 R. Brandt, Morality, utilitarianism and rights, op. cit., p. 196-197.
396 Ronald Dworkin, Prendre les droits au sérieux, Paris, PUF, 1995, p. 388.
397 Cf. Ernest Mbonda, « L’utilitarisme et le critère d’utilité », op. cit.
398 Nous renvoyons ici à la Déontologie de Bentham ci-dessus citée.
399 Cité par Evelyne Griffin-Collart, L’Égalité – Égalité et justice dans l’utilitarisme, Bentham, J.S. Mill, H. Sidgwick, vol. II, Bruxelles, Bruylant, p. 33.
400 Principles of the Civil Code, cité par E. Griffin-Collart, ibid., p. 33. Voir également C. Audard, op. cit., t. I, p. 272.
401 E. Griffin-Collart, ibid., p. 34-35
402 L’utilitarisme, Paris, Flammarion, 1988, p. 94-95
403 Cité par E. Griffin-Collart, op. cit., p. 163-164
404 Voir ci-dessus la critique qu’adresse Sidgwick à l’égoïste ordinaire et par le biais de laquelle il essaie d’apporter la preuve de l’utilitarisme.
405 Cité par E. Griffin-Collart, op. cit., p. 273
406 Op. cit., p. 323.
407 Hare considère en ce sens que dans une société marquée par la concurrence des intérêts, « être juste, c’est attribuer un impartialement un poids égal aux intérêts équivalents de tout le monde ». (« Théorie éthique et utilitarisme », cité par C. Audard, op. cit., t. 3, p. 126). Pour une critique de l’exigence d’impartialité telle que la conçoit ici Hare, voir Philippe Gérard, Droit et démocratie, op. cit., p. 20-26.
408 John Harsanyi, « Morality and the Theory of Rational Behaviour », cité par C. Audard, ibid., p. 65.
409 ID., p. 54-55, 65.
410 Pour une critique de l’égalité dans l’utilitarisme, nous renvoyons ici à Philippe Van Parus, Qu’est-ce qu’une société juste ? Introduction à la pratique de la philosophie politique, Paris, Seuil, 1991.
411 Cité par E. Griffin-Collart, op. cit., p. 35
412 Ibid., p. 44
413 C’est dans le même sens que Bentham défend la baisse des taux d’intérêt. Pour lui, des taux d’intérêts élevés concentrent les possibilités de crédit entre les mains d’un petit nombre de nantis prodigues, tandis qu’en les abaissant, les moins nantis pourront y avoir accès et mieux faire usage des richesses nationales, et ainsi augmenter le bonheur général, (cf. « Défense de l’usure », 1787, Lettre XIII, cité par C. Audard, op. cit., t. 1, p. 314-319).
414 La critique suivante de Philippe Van Parijs en est une illustration exemplaire. « L’utilitariste, écrit-il, est indifférent entre une distribution égalitaire et une distribution profondément inégalitaire. Ou du moins, s’il est éventuellement prêt, comme Sidgwick, à accorder sa préférence à une distribution plus égalitaire pour une somme d’utilités identique, cette préférence est immédiatement renversée dès que la distribution moins égalitaire correspond à une somme d’utilités même légèrement supérieure... » (La crise de l’utilitarisme, op. cit., p. 21.).
415 « Théorie éthique et utilitarisme », cité par C. Audard, op. cit., t. 3, p. 127.
416 R. M. Hare, Moral Thinking, op. cit., p. 164-168, § 9.8 et 9.9 ; C. Audard, ibid., p. 126-127.
417 R. M. Hare, ibid., p. 166.
418 Ibid.
419 Ces deux Déclarations seront plus explicitement critiquées dans un opuscule publié en 1795, Sophismes anarchiques.
420 Cité par A.-M. Dillens, « Économisme et critique des droits de l’homme », op. cit., p. 231, note 4.
421 Ibid., p. 244.
422 Ibid.
423 ID., p. 64-65.
424 Ibid., p. 245-246.
425 Ibid., p. 246.
426 Ibid.
427 Ibid. p. 246-247.
428 « Morality, Utilitarianism and Right », op. cit., p. 196.
429 Alan Gewirth, « Are there any absolute right », in Theories of Rights, ed. by Jeremy Waldron, Oxford, Oxford University Press, sixth imp., 1995, p. 91-109.
430 ID., p. 99.
431 Ibid., p. 104 et s.
432 Cité par Jean-Pierre Dupuis, Le sacrifice et l’envie, le libéralisme aux prises avec la justice sociale, Paris, Calman-Lévy, 1992, p. 231.
433 ID., p. 231-232.
434 Alan Gewirth, op. cit., p. 105.
435 Ibid., p. 106.
436 ID.
437 Ibid., p. 107.
438 Ibid., p. 108.
439 J.-P. Cléro, « L’utilitarisme contemporain, une théorie générale des valeurs », op. cit., p. 22.
440 Une situation sacrificielle s’entend ici de celle où quelle que soit la décision prise, il en résultera des dommages considérables pour l’une des parties concernées, directement ou indirectement, par la décision. Pour plus de détails sur ce point, voir notamment Jean-Pierre Dupuis, Le sacrifice et l’envie. Le libéralisme aux prises avec la justice sociale, Paris, Calmann-Lévy, 1992, p. 148 et s.
441 Sur ce point, voir entre autres Hare, Moral thinking, op. cit., p. 158 et s. Voir également Thomas Nagel, « La fragmentation des valeurs », in Questions mortelles, Paris, PUF, 1983, p. 151 et s.
442 Voir les extraits qu’en donne C. Audard, op. cit., t. 2, p. 217.
443 ID., p. 217-218.
444 Ibid., p. 218.
445 Ibid.
446 Ibid., p. 219.
447 Doctrine de la vertu, op. cit., 1.1. § 9.
448 ID.
449 Les termes de ce débat et les réponses de Kant sont notamment présentés dans ses réflexions Sur un prétendu droit de mentir par humanité, Paris, Libraire philosophique Jean Vrin, 1967, p. 67 et s.
450 E. Kant, ibid. p. 71.
451 Ibid., p. 72.
452 ID., p. 219-220.
453 Ainsi Thomas Nagel considère-t-il que « refuser de prendre certaines mesures immorales au nom d’interdits moraux absolus peut paraître aussi condamnable que de les utiliser sans discrimination. » (« Guerre et massacre », cité par C. Audard, op. cit., t. 3, p. 266). Nagel conclut ainsi qu’il existe des situations où un innocent est obligé de choisir entre deux actes également inacceptables, comme l’a notamment montré avec force William Styron, dans son roman Le choix de Sophie, où un officier nazi ordonne à cette dernière de choisir lequel de ses deux enfants ira à la chambre à gaz, le refus de choix entraînant automatiquement la mort des deux enfants (pour une analyse critique de cette situation, voir notamment Jean-Pierre Dupuis, Le sacrifice et l’envie, op. cit, p. 140 et s.). De manière générale, Nagel considère comme absurdes les deux positions extrêmes suivantes, celle qui prétend que l’obligation (juridique, morale) l’emporte toujours sur l’utilité, ou celle qui, inversement, considère que Futilité doit toujours prévaloir sur l’obligation. (Questions mortelles, op. cit., p. 155 et s.).
454 C’est en ce sens que Thomas Scanlon affirme que « si l’on veut défendre la moralité, on doit montrer qu’elle n’est pas désastreuse selon l’interprétation de Nietzsche... » (« Le contractualisme et l’utilitarisme », cité par C. Audard, op. cit., t. 3, p. 156).
455 Cf. Habermas, De l’éthique de la discussion, op. cit., p. 33. Voir également Cornélius Castoriadis, La montée de l’insignifiance. Les carrefours du labirynthe IV, Paris, Seuil, 1996, p. 211.
456 En effet, critiquant la fiction du spectateur impartial qui est l’une des stratégies par laquelle l’utilitarisme entend harmoniser les intérêts individuels en vue du bonheur général, John Rawls reproche à l’utilitarisme de confondre impartialité et impersonnalité (John Rawls, Théorie de la justice, op. cit., p. 219). « Dans chaque cas, écrit-il à ce propos, il y a une seule personne dont le système de désirs détermine la meilleure répartition des moyens limités. [...] Cette conception de la coopération sociale est le résultat de l’extension à la société du principe de choix valable pour un individu et, ensuite, pour rendre efficace cette extension, on traite toutes les personnes comme une seule, grâce à l’activité imaginaire du spectateur impartial et capable de sympathie. La pluralité des personnes, conclut alors Rawls, n’est donc pas prise au sérieux par l’utilitarisme. » (Ibid., p. 194-195).
457 « L’utilitarisme contemporain, une théorie générale des valeurs », op. cit., p. 36.
458 Le Savant et le politique, Paris, Librairie Plon, 1959, p. 172.
459 Ibid., p. 173.
460 C. Castoriadis, La montée de l’insignifiance, op. cit., p. 211. L’argumentation de Castoriadis porte en fait sur l’interdit du mensonge tel que le formule Kant ; elle est par conséquent aussi pertinente pour l’interdit de la torture qui est tout aussi absolu.
461 Nous renvoyons ici à l’abondante littérature de ceux-là même qui ont un jour été amenés à pratiquer ou à superviser la torture, littérature dont nous examinons quelques extraits dans la deuxième partie.
462 A.-M. Dillens, « Économisme et critique des droits de l’homme », op. cit., p. 248.
463 Ph. Van Parijs, La crise de l’utilitarisme, op. cit., p. 32.
464 Fondements de la métaphysique des mœurs, op. cit., p. 46-47.
465 Hans Kelsen, Théorie générale des normes, Paris, PUF, 1996, p. 19-20.
466 Ibid.
467 Ibid.
468 Ibid.
469 ID., p. 11 et s.
470 Ibid., p. 14-15.
471 Emmanuel Kant, Fondements de la métaphysique des mœurs, op. cit., p. 44.
472 Ibid., p. 46 et s.
473 Joseph Vialatoux, La répression et la torture, essai de philosophie morale et politique, Paris, Les Editions Ouvrières, 1957, p. 16.
474 « [...] c’est abord à l’injustice que nous sommes sensibles : « injuste », « quelle injustice ! », nous écrions-nous. [...] Or le sens de l’injustice n’est pas seulement plus poignant, mais plus perspicace que le sens de la justice ; car la justice est le plus souvent ce qui manque et l’injustice ce qui règne, et les hommes ont une vision plus claire de ce qui manque aux relations humaines que de la manière droite de les organiser. C’est pourquoi, même chez les philosophes, c’est l’injustice qui la première met en mouvement la pensée. » (« Le juste entre le bon et le légal », in Lectures I, op. cit., p. 177).
475 Ibid., p. 75.
476 ID., p. 81-82.
477 ID., p. 84.
478 Ibid., p. 86.
479 Une telle ampleur de connaissances est incontestablement inaccessible non seulement à nos consciences communes mais à la « science » de ces calculateurs spécialistes que l’école utilitaire de Bentham appelait « déontologues » et auxquels devait incomber la savante déduction de toutes les conséquences d’une action. C’est là une des faiblesses irrémédiables de cette doctrine qui définit la morale comme une telle opération de calcul scientifique. Aucune bonne volonté humaine ne dispose d’une telle machine à calculer ; tandis que toute bonne volonté est capable de se demander - selon la formule que Kant opposait à cette savante morale calculatrice - si la maxime d’une action est universalisante et traite la personne, non comme simple moyen, mais aussi comme fin (ces arguments sont développés dans le tome 3 de L’Anthologie historique et critique de l’utilitarisme de C. Audard, notamment au chapitre iii).
480 Ibid.
481 Cf. supra, « Le principe d’utilité chez John Stuart Mill ».
482 Pour une critique soutenue du principe d’universalité, voir notamment Philippe Gérard, « La réflexion éthique et les limites de l’universalisation », in Droit et démocratie, op. cit., ch. I, section IL En examinant les exemples que donne Kant pour apporter en quelque sorte la preuve du principe d’universalité, Philippe Gérard montre qu’en réalité ce principe ne fournit pas une justification satisfaisante de la validité des normes morales, et que par conséquent il ne saurait suffire, à lui seul, pour contester ou attester la validité morale d’une maxime, d’une action. (Ibid., p., 101-102). De même, P. Ricœur reproche à Kant de méconnaître les réquisits concrets de l’agir humain et de surestimer en conséquence l’a priori, c’est-à-dire ici la règle d’universalisation qui n’est sans doute, écrit-il, « qu’un critère de contrôle permettant à un agent de mettre à l’épreuve sa bonne foi, lorsqu’il prétend être "objectif" dans les maximes de son action. En hissant au rang de principe suprême la règle d’universalisation, poursuit Ricœur, Kant met sur la voie de l’idée la plus dangereuse de toutes, [...] à savoir que l’ordre pratique est justiciable d’un savoir, d’une scientificité comparable au savoir et à la scientificité requis dans l’ordre théorique. Kant il est vrai réduit ce savoir à l’énoncé du principe suprême. Il reste que, conclut-il néanmoins, la brèche est ouverte par où s’engouffreront toutes les wissenschafstlehre, qui à leur tour, engendreront l’idée mortelle, – mortelle parfois au sens physique du mot-, qu’il y a une science de la praxis. » (Paul Ricœur, Du texte à l’action, Essai d’herméneutique II, Paris, Seuil, 1986, p. 250). Si l’on suit donc Ricœur, on conviendra que la références au principe d’universalité suppose reconnu ou implique la volonté d’attester l’existence d’un point de vue objectif, notamment sur le modèle scientifique. Il en résulte donc que pour qui conteste l’existence d’un tel point de vue, la référence à ce principe ne saurait à elle seule suffire pour contester la validité morale de ses maximes.
483 C. Audard, op. cit., t. 3, p. 280, note 1. Cette approximation est notamment attestée par le fait que loin de prétendre prendre en compte toutes les conséquences, toutes les données de la cause, comme le reconnaissaient tantôt Hare et Brandt entre autres, les utilitaristes contemporains tendent à se limiter à l’appréciation des conséquences prévisibles d’une action pour juger de sa moralité (cf. Hare, Freedom and Reason, op. cit., p. 43-44 ; R. Brandt, Morality, Utilitarianism and Rights, op. cit., p. 158 et s.).
484 « L’utilitarisme contemporain, une théorie générale des valeurs », op. cit., p. 29.
485 Ibid., p. 34.
486 Ibid., p. 29.
487 ID., p. 23.
488 Pour C. Lévi-Strauss, nous le verrons dans le prochain chapitre, l’institution primordiale de la culture humaine est plutôt l’interdiction de l’inceste.
489 René Girard, Le sacrifice, Paris, Bibliothèque nationale de France, 2003, p. 27, 48.
490 De façon générale, René Girard considère que le désir n’est pas spontané ; il relèverait d’un phénomène d’imitation qu’il qualifie de mimétique : nous désirons des objets par imitation, parce que d’autres ou une majorité de gens les désirent, et non parce que ceux-ci sont en eux-mêmes ou spontanément désirables (Ibid., p. 21). La théorie de R. Girard est résumée dans Le sacrifice mais amplement développée dans ses ouvrages antérieurs que nous indiquons dans la bibliographie, notamment dans Le bouc émissaire.
491 II s’agit ici des désirs des différentes personnes composant la société.
492 R. Girard, Le sacrifice, op. cit., p. 26.
493 Ibid., p. 21 et s.
494 Ibid., p. 26.
495 Ibid., p. 28 et s. ; 53 et s.
496 Ibid., p. 26.
497 ID., p. 30.
498 Ibid., p. 45.
499 Ibid., p. 30.
500 Ibid., p. 41.
501 Ibid., p. 45. Girard affirme sans détour à ce propos qu’« Avoir un bouc émissaire, c’est ne pas savoir qu’on l’a. » (Ibid., p. 54.)
502 Ibid., p. 8, 56-59.
503 Ibid., p. 51-53.
504 Évangile de Jean, XI, 49-51.
505 Ibid., p. 61.
506 Ibid., p. 57. R. Girard explique à ce propos que si l’on parle de « sacrifice » pour la mort de Jésus, c’est dans un sens tout à fait opposé au sacrifice rituel. Si Jésus accepte de « se sacrifier » ou de mourir, c’est pour révéler le mensonge des sacrifices sanglants et les rendre plus que jamais impossibles (Ibid. p. 8 et s.).
507 Si la torture aujourd’hui comporte de nombreuses ressemblances avec le sacrifice rituel tel qu’appréhendé ici par René Girard, elle s’en distingue également par un certain nombre de caractéristiques.
Du point de vue de la nature, la torture et le sacrifice consistent tous les deux en des actes de violence aiguë contre la personne humaine. Ils partagent également un même but, prévenir le chaos social ou préserver la communauté d’une importante menace. Le contexte d’émergence est aussi le même, il consiste généralement en situations sociopolitiques troubles. Et pour ce qui est de l’efficacité ou des conséquences, le sacrifice comme la torture n’ont jamais des effets positifs que sur le court terme ; l’expérience montre à ce propos que les causes non traitées des troubles sociaux tendent très vite à réapparaître et à engendrer un cycle de répétitions de ces actes.
A côté de ces principales ressemblances entre le sacrifice et la torture, il faudrait noter de profondes différences. La torture aujourd’hui, en tant qu’ennemi du genre humain, est loin de jouir de la publicité du sacrifice. Peut-être est-ce en raison du fait qu’à la différence de ce dernier, elle est une pratique universellement prohibée dont la réintroduction, dans l’un ou l’autre pays, fait l’objet d’un débat. En outre, l’efficacité voire l’existence même du sacrifice dépend de l’inconscience de son mécanisme de base, le mécanisme victimaire, ce qui n’est pas le cas pour la torture. La victime du sacrifice finit généralement par être divinisée, en raison du pouvoir réconciliateur de son lynchage ; tandis que le torturé, qui est inconnu ou anonyme parce que détenu au secret, est plutôt détesté, aussi bien avant qu’après la torture. Enfin, dernière différence fondamentale, le sacrifice est un acte de condamnation ou en est l’exécution, tandis que la torture aujourd’hui apparaît davantage comme un moyen d’enquête, un instrument au service du renseignement.
508 Pour plus de développement sur ce point, nous renvoyons notamment à la première partie de notre thèse soutenue le 26 octobre 2004 aux Facultés universitaires Saint-Louis de Bruxelles, L’Interdit de la torture en procès ? Essai de justification morale et politique.
509 Pour une appréciation de l’influence du christianisme dans l’adoucissement des peines corporelles classiques, voir également la première partie de notre thèse précitée.