207 Ernest Mbonda, « L’utilitarisme et le critère d’utilité », in Justice et droits de l’homme chez John Rawls, thèse de doctorat défendue le 2 octobre 2000 à l’université de Paris IV, sous la direction d’Alain Renaut.
208 Théorie de la justice, trad. de C. Audard, Paris, Seuil, 1997, p. 49.
209 « Dans le règne des fins, tout a ou bien un prix, ou bien une dignité. A la place de ce qui a un prix on peut mettre aussi quelque chose d’autre en le considérant comme son équivalent ; ce qui en revanche est au-dessus de tout prix, et par conséquent n’admet nul équivalent, c’est ce qui possède une dignité... Or, la moralité est la condition sous laquelle seulement un être raisonnable peut être une fin en soi, étant donné que c’est seulement par elle qu’il est possible d’être un membre législateur dans le règne des fins. La moralité et l’humanité en tant qu’elle est capable de moralité, c’est donc ce qui seul possède de la dignité. » (Fondation de la métaphysique des mœurs, in Kant, Métaphysique des mœurs I, trad. A. Renaut, Paris, Garnier-Flammarion, 1994, p. 116).
210 Les deux principes de justice de Rawls sont les suivants : « 1° Chaque personne doit avoir un droit égal au système total le plus étendu de libertés de base égales pour tous, compatible avec un même système pour tous. 2° Les inégalités économiques et sociales doivent être telles qu’elles soient : a) au plus grand bénéfice des plus désavantagés, dans la limite d’un juste principe d’épargne, et b) attachées à des fonctions et à des positions ouvertes à tous, conformément au principe de la juste égalité des chances » (§ 46). Ces principes sont dits d’égale liberté (1), de différence (2a) et d’égalité des chances 2b) » (cité par P. Ricœur, « Le cercle de la démonstration », in Lectures 1, Autour du politique, op. cit., p. 216. Voir la première formulation de ces deux principes dans la Théorie de la justice de Rawls, op. cit., p. 91).
211 Théorie de la justice, p. 29-30.
212 Ibid., p. 29.
213 Pour cette analyse du principe de l’inviolabilité de la personne humaine chez Rawls, nous nous inspirons beaucoup d’Ernest Mbonda, op. cit.
214 Nous renvoyons à la section suivante pour plus de détails relatifs au principe d’utilité.
215 François Ost, Théorie de la justice et droit à l’aide sociale, in Individu et justice sociale, Paris, Seuil. 1988, p. 247. François Ost est par ailleurs convaincu que le recours à la dignité humaine est le seul remède aux nombreuses contradictions que contient la théorie de Rawls, lesquelles sont dues aux « reliquats d’utilitarisme » qu’on peut y déceler.
216 Théorie de la justice, op. cit., p. 619.
217 Ibid.
218 Ibid., p. 627.
219 Cf. Théorie de la justice, op. cit., p. 40-48, 151 et s.
220 Rawls s’inscrit ici dans la perspective des théories dites déontologiques, qui prétendent définir le Juste indépendamment du Bien, tandis que les théories dites téléologiques déterminent le juste en fonction du Bien, c’est-à-dire qu’une norme est dite juste proportionnellement à sa capacité à maximiser le bien-être des personnes qu’elle vise.
221 Théorie de la justice, op. cit., p. 73.
222 Pour Rawls, Il existe en effet des convictions morales communes et évidentes, telles par exemple le caractère inacceptable de l’intolérance religieuse, du servage, de l’esclavage etc. « Ces convictions, dit-il, sont, pour nous, des points fixes provisoires que doit respecter n’importe quelle conception de la justice. » (Ibid., p. 46).
223 Ibid.
224 Cf. P. Ricœur, « Ethique et morale », in Lectures 1, op. cit., p. 264.
225 Prendre les droits au sérieux, trud. M.-J. Rossignol et F. Limare, trad. rev. par F. Michaut, Paris, PUF, 1995, p. 254.
226 Théorie de la justice, op. cit., p. 210.
227 P. Ricœur, « Le cercle de la démonstration », in Lectures 1, op. cit., p. 229.
228 Ibid.
229 La règle du maximin dispose en effet que « toute augmentation de l’avantage des plus favorisés est compensée par une diminution du désavantage des moins favorisés. Une formule résume le principe : « maximiser la part minimale ». D’où le nom de principe de maximin. » (P. Ricœur, « Le juste entre le bon et le légal », in Lectures 1, op. cit., p. 187).
230 P. Ricœur, « Le cercle de la démonstration », op. cit., p. 229.
231 Alain Caillé, « Qu’est-ce être anti-utilitariste ? », entretien avec Christian Lazzeri et Jean-Pierre Cléro, in L’utilitarisme aujourd’hui, le bonheur sous contrôle ?, Cités, oct. 2002, p. 80.
232 François Ost, « Théorie de la justice et droit à l’aide sociale », in Individu et justice sociale, Paris, Seuil, 1988, p. 247 et s.
233 C’est en ce sens qu’en référence au deuxième principe de justice, Ricœur affirme qu’« en adoptant le point de vue du plus défavorisé, Rawls raisonne en moraliste et prend en compte l’injustice foncière de la distribution des avantages et désavantages dans toute société connue. C’est pourquoi, conclut-il, derrière son formalisme, pointe son sens de l’équité, fondé dans l’impératif kantien qui interdit de traiter la personne comme un moyen et exige de la traiter comme une fin en soi. » (« Ethique et morale », in Lectures 1, op. cit., p. 264).
234 Cf. P. Ricœur, « Le cercle de la démonstration », in Lectures 1, op. cit., p. 216-230.
235 P. Ricœur, « John Rawls : de l’autonomie morale à la fiction du contrat social », in Lectures 1, ibid., p. 211-212.
236 Ibid.
237 P. Ricœur, « Le cercle de la démonstration », op. cit., p. 229-230. Dans le même sens, Philippe Van Parijs conclut son « Bref plaidoyer pour la philosophie politique, manière anglo-saxonne » en ces termes : « Le philosophe politique, [...] n’a pas la mission d’un tribun, ni celle d’un prophète. Il n’a ni le droit ni le devoir d’annoncer aux hommes ce qu’il leur incombe de faire. Sa tâche est beaucoup plus modeste. Elle consiste à scruter inlassablement nos intuitions spontanées sur ce qui, dans notre société, est bon et mauvais, admirable et intolérable – et à s’efforcer simplement de leur donner une formulation qui soit claire, cohérente, systématique. » (Revue de Métaphysique et de Morale, no 1, 1988, p. 69-79.) Catherine Audard ne dit autre chose qui considère que « la tâche du philosophe est celle d’un traducteur » (« John Rawls et le concept de politique » in Justice et démocratie, Paris, Seuil, 1993, p. 33.). Il importe toutefois de relever avec Luc Bégin le risque que comporte un tel « tournant démocratique » de la philosophie, réduite, à l’âge de la démocratie, à la bien modeste tâche d’« introduire davantage de clarté et de cohérence dans ces règles et notions déjà présentes dans le sens commun ». Le risque n’est-il pas alors réel, comme le demande Bégin, que la philosophie renonce à « sa tâche d’éclairer et de diriger l’agir humain. » (pour toutes ces considérations de L. Bégin, cf. « Le raisonnable en éthique et en droit », in Ethique et droit à l’âge démocratique. Cahiers de philosophie politique et juridique, no 18, 1990, p. 93-106).
238 Cf. Alain Caillé, « Qu’est-ce qu’être anti-utilitariste ? », op. cit., p. 81.
239 Article publié dans Philosophy and Public Affairs, vol. 14, no 3, 1985, p. 223-251, et traduit par Catherine Audard sous le titre « La théorie de la justice comme équité : une théorie politique et non pas métaphysique » et publié dans Justice et démocratie, Paris, Seuil, 1993, p. 205-241.
240 Justice et démocratie, ibid., p. 214-215.
241 Ibid., p. 214.
242 Ce renoncement est toutefois provisoire, puisque quelques années après, Rawls tentera de montrer l’universalité des droits de l’homme dans The Law of Peoples, the Idea of Public Reason Revisited, Cambridge (Mass.), Harvard University Press, 1999.
243 « Pour la philosophie politique, le problème de la stabilité est fondamental » (Political Liberalism, Columbia University Press, 1993. Trad. franç. Catherine Audard, Libéralisme politique, Paris, PUF, 1995, p. 5). Dans Libéralisme politique, Rawls prend en effet toute la mesure du problème que représente la pluralité des doctrines pour la stabilité politique ; aussi se livre-t-il à une auto-critique exemplaire : « Ce fait d’une pluralité de doctrines raisonnables, mais incompatibles – le fait du pluralisme raisonnable –, écrit-il, montre que l’idée d’une société bien ordonnée, unifiée par la théorie de la justice comme équité, telle qu’elle est utilisée dans Théorie de la justice, est une idée irréaliste... L’analyse de la stabilité présentée dans la troisième partie de Théorie de la justice est, par conséquent, elle aussi irréaliste et elle doit donc être reformulée. » (Ibid.).
244 Libéralisme politique, ibid., p. 6.
245 La recherche d’un tel consensus, gage non coercitif de stabilité politique, est l’un des principaux sinon le principal problème que tente de résoudre le Libéralisme politique de Rawls. Ainsi écrit-il : « L’unité sociale se fait grâce à un consensus sur la conception politique de la justice ; et la stabilité est possible quand les doctrines qui forment le consensus sont, d’une part, soutenues par les citoyens politiquement actifs de la société et que, d’autre part, les exigences de la justice ne sont pas trop en conflit avec les intérêts essentiels que possèdent les citoyens et qui ont été engendrés ou encouragés par leur organisation sociale. » (Libéralisme politique, ibid., p. 172).
246 Libéralisme politique, ibid., p. 32.
247 Débat sur la justice politique (textes de Jürgen Habermas et John Rawls publiés dans The Journal of Philosophy, vol. 92, no 3, mars 1995), trad. de Catherine Audard et Rainer Rochlitz, Paris, Cerf, 1997, p. 139.