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    Plan détaillé Texte intégral Première partie. L’explication de la méthode Deuxième partie. L’analyse du texte : le Cardinal Danneels nous parle de la famille Troisième partie. Références pour la comparaison des méthodes Notes de bas de page Auteur

    Méthodes d’analyse de contenu et sociologie

    Ce livre est recensé par

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    Table des matières

    La méthode d’analyse textuelle de Jules Gritti1

    François Houtart

    p. 69-91

    Texte intégral Première partie. L’explication de la méthode I. Le contenu du discours Les associations et oppositions (premier filtrage) Figures binaires Figures ternaires Les niveaux de culture (deuxième filtrage) Repérer les mots non définis Repérer les mots définis Repérer les mots traducteurs Repérer les termes connotés Regrouper les termes par registres II. L’idéologie du locuteur Les connotations qualitatives (troisième filtrage) Les lieux idéologiques (quatrième filtrage) Les figures de déploiement (cinquième filtrage) III. Les rapports de communication Le rapport entre locuteur et destinataire (sixième filtrage) Le destinateur Le(s) destinataire(s) Traits communs au destinateur et aux destinataires Deuxième partie. L’analyse du texte : le Cardinal Danneels nous parle de la famille I. Le contenu du discours Les associations et les disjonctions (premier filtrage) Figures binaires 1.Les disjonctions a. Bloc de la relation homme/femme b. Bloc de l’amour c. Bloc de la morale d. Bloc de l’Eglise 2. Les préférences a. Bloc de la relation homme/femme b. Bloc de l’amour 3. Les équivalences/similitudes a. Bloc de la relation homme/femme b. Bloc de l’amour c. Bloc des solutions d. Bloc Eglise-Religion-Morale 4. Les équivalences exclusives Figures ternaires Conclusion du premier filtrage Les niveaux de culture (deuxième filtrage) Repérage des mots définis et non-définis Conclusion du deuxième filtrage II. L’idéologie du locuteur Les connotations qualitatives (troisième filtrage) Les lieux idéologiques (quatrième filtrage) Conclusion du quatrième filtrage Les figures de déploiement : syntagmes (cinquième filtrage) Conclusion du cinquième filtrage III. Les rapports de communication Le rapport entre locuteur et destinataire (sixième filtrage) Conclusion du sixième filtrage Conclusion concernant le discours et son énonciation Troisième partie. Références pour la comparaison des méthodes La définition de l’objet Les matériaux Les fondements de la méthode Les procédures Le lien avec le contexte La validité de la méthode Notes de bas de page Auteur

    Texte intégral

    1Comme toute analyse textuelle, celle proposée par J. Gritti, vise à repérer les structures idéologiques d’un texte, pris hors de tout contexte, en décomposant les structures patentes au profit de l’articulation latente. Elle ne se suffit donc pas à elle-même pour autoriser la totale intelligibilité du discours analysé. Il importe de la considérer comme un préalable à une analyse du contexte, de l’auteur, des réactions suscitées dans l’univers des auditeurs/spectateurs/lecteurs. Elle doit aussi s’inscrire dans une articulation des rapports entre structures sociales et productions symboliques.

    2La première partie de cet article sera consacrée à la présentation de la méthode. La seconde partie aura pour objet l’application de la méthode au texte du Cardinal Danneels repris en annexe 1. El la dernière partie apportera certaines précisions sur la méthode relativement aux préoccupations qui furent à l’origine de la journée d’étude.

    Première partie. L’explication de la méthode

    3La méthode proposée par J. Gritti est en fait multiple. L’analyse se déroule en six filtrages successifs, chacun d’eux étant axé sur une articulation différente du texte proposé à l’observation. Cette analyse se voulant très souple, il est possible de ne pratiquer que l’un ou l’autre des filtrages, chacun d’eux constituant une analyse complète du texte.

    4Il s’agit donc d’opérationaliser, à l’intérieur d’un contexte théorique global, l’étude d’une production discursive. Les six filtrages qui sont proposés par J. Gritti s’inscrivent dans une logique que l’on peut reconstruire de la manière suivante. Les deux premiers filtres essaient de révéler le contenu : il s’agit de retrouver les oppositions ou les associations d’une part et d’autre part les niveaux de culture. Ces deux filtrages ont pour objet l’analyse de la structure fondamentale du texte en lui-même

    5La deuxième perspective porte sur l’énonciation et est destinée à étudier le profil idéologique du locuteur. Il s’agit cette fois de trois filtrages différents. Tout d’abord, on étudie les connotations qualitatives du texte, qui permettent de déterminer le lieu privilégié par le locuteur, lorsqu’il désire communiquer avec un public précis. Le deuxième filtrage étudie les lieux idéologiques, c’est-à-dire les parties du discours où l’idéologie du locuteur a le plus de probabilité de s’exprimer. Un dernier filtrage de cette catégorie s’intéresse aux types de raisonnement utilisés par locuteur.

    6La dernière perspective est celle de la relation de communication, entre le locuteur et le public, c’est-à-dire la manière dont le locuteur parle, le type de vocabulaire utilisé pour se qualifier lui-même et pour qualifier le destinataire.

    7Au travers de l’ensemble des filtrages on retrouve un principe commun à toute analyse structurale, qui est celui de la destruction de la logique discursive, afin de faire ressortir d’autres logiques qui ne sont pas immédiatement apparentes dans le texte.

    I. Le contenu du discours

    Les associations et oppositions (premier filtrage)

    8On se rappelle qu’il s’agit de repérer dans le texte les figures binaires et ternaires, soit sous la forme de disjonction, de préférence ou d’équivalence.

    9Le travail s’accomplit sur la charpente du texte en relevant sa structure paradigmatique. Quelles sont les associations de mots, et quels types d’associations manifestent le sens et la vigueur d’une communication en articulant le syntagme que constitue le discours ? Les figures repérées dans le texte peuvent être binaires ou ternaires.

    Figures binaires

    101. la disjonction a # b

    11Exemples : « Justice n’est pas charité », « la logique capitaliste n’est pas la logique des travailleurs »

    122. la préférence a > b

    13Le b n’est pas purement éliminé. Ex. « Dans l’Eglise, la communion prime l’institution », « Le Nouveau Testament précise l’Ancien Testament »

    143. l’équivalence se manifeste sous trois formes :

    15a et b : « Le changement dans la continuité »

    16ni a ni b : « Ni Marx, ni Jésus », « Ni capitalisme, ni socialisme »

    17ou a ou b : Courrier du cœur : « Soyez tantôt fort, tantôt tendre »

    Figures ternaires

    181. le juste milieu a-m-b

    19« La vérité est entre deux extrêmes »

    20« In medio stat virtus »

    212. la synthèse Image 10000000000000470000004CE04D5D41.jpg

    22« Evolution révolutionnaire (Jaurès) », « Aggiornamento »

    23« L’Homme providentiel »

    24« Le gouvernement de l’unité nationale »

    253. le dépassementImage 100000000000003D00000040865C4063.jpg

    26« Réforme ou révolution ? »

    27« La contestation permanente »

    28« Passé ou présent ? l’Histoire, un éternel recommencement »

    29N.B. Il est utile de repérer quand le texte constate une opposition existant par ailleurs et lorsqu’il en instaure une.

    Les niveaux de culture (deuxième filtrage)

    30Ce filtrage vise à repérer les connotations possibles des termes utilisés.

    Repérer les mots non définis

    31A cet effet, on repère les termes qui échappent à la langue commune et ne sont pas définis. Ceci suppose une définition de la langue commune la plus pragmatique possible, c’est-à-dire celle des mots du vocabulaire fondamental dans leur acception courante.

    32Les mots non-définis peuvent avoir une triple fonction :

    • la reconnaissance de l’excellence du locuteur : « il sait de quoi il parle ».

    • affirmer une autorité de compétence pour rassurer le destinataire : emploi d’un vocabulaire spécialisé.

    • faire impression sur l’auditoire : utilisation volontaire d’un mot inconnu (ex. le Général de Gaulle lors du putsh d’Alger parle d’un « quarteron »)

    Repérer les mots définis

    33Il faut ensuite repérer les mots définis. Ceux-ci échappent à la langue commune, mais font l’objet par le locuteur, d’une définition. Cette définition permet de se rendre compte :

    • de l’idée que le locuteur se fait de ses interlocuteurs. Ainsi le journal « France-Dimanche » parlant de la Bible définit les mots suivants : « Adam », « Eve », « Abraham », « hagiographie », mais pas « David et Goliath » ou « Samson et Dalila » que le lecteur du journal est censé connaître comme héros de la romance antique.

    • des champs d’intérêt du locuteur, ceux sur lesquels il ne veut pas d’erreur de communication. Ces définitions sont souvent idéologiques. Ainsi, l’encyclopédie Aujourd’hui la Bible » (qui ne définit pas les termes de « préhominien », « sépulture mégalithique »... et d’autres concepts de ce genre) définit l’Eglise comme « lieu fraternel où se réunissent les croyants ». Le but de cet ouvrage est de ramener les élites intellectuelles détachées de la foi sinon dans l’institution religieuse, du moins dans des espaces qui lui sont proches.

    Repérer les mots traducteurs

    34Il s’agit des métaphores à fonction traductrice qui visent à faire passer une communication à propos d’un événement dans un registre de vocabulaire connu du lecteur.

    35En voici un exemple, à propos d’un texte réagissant à la publication de l’encyclique « Humanae Vitae » :

    Termes utilisés

    Registres

    « Pas de feu vert, coup de frein »

    automobiliste

    « verdict, sentence »

    judiciaire

    « décision »

    gouvernemental

    « droite conservatrice vs gauche progressiste »

    politique

    Repérer les termes connotés

    36Ce sont les termes qui ont l’air d’appartenir à la langue commune, mais dont le sens a été dévié par certaines connotations qu’il faut connaître pour comprendre le terme.

    37Ainsi le mot : « engagement » n’a pas le même sens pour le militant, le banquier, le sportif, l’officier d’état-major.

    Regrouper les termes par registres

    38Finalement le regroupement des termes en registre sportif, politique, médical, etc. permet de repérer le niveau de culture privilégié ou imposé par l’émetteur à son public.

    II. L’idéologie du locuteur

    39Après avoir étudié le texte du point de vue de son contenu, J. Gritti propose deux filtrages destinés à mettre en lumière la manière dont le locuteur se situe vis-à-vis du contenu qu’il désire transmettre. Cette partie permet de situer l’acteur dans l’analyse et de rendre compte du degré d’auto-implication du locuteur. Il s’agit donc d’une analyse de l’énonciation. On pourrait, en s’inspirant d’autres démarches, notamment celles de M. PECHEUX (formations idéologiques), de M. FOUCAULT (formation discursive) ou de A.J. GREIMAS (schéma actantiel), proposer encore d’autres filtrages.

    Les connotations qualitatives (troisième filtrage)

    401. L’analyse consiste, à l’exclusion de tout ce qui est purement descriptif, à repérer tout ce qui sert à apprécier ou à déprécier une réalité. L’ensemble des connotations permettra de percevoir quel est le type d’argumentation préféré par l’auteur.

    • Les adjectifs : « un homme courageux ».

    • Les mots : « une peste pour la société »

    • Les verbes : « affaiblir »

    412. Sans tenir compte de la réalité valorisée, on tente alors de regrouper les qualifications en registres. Ceci permet de connaître les lieux au sein desquels le locuteur se situe pour illustrer son propos.

    42A l’intérieur de ces lieux, il faut tenir compte des connotations positives et des appréciations négatives. En outre, on y trouve un lieu central qui varie selon les discours, autour duquel s’articulent un registre du rationnel, de l’affectif, du biologique, ou du sublimé. Le caractère positif ou négatif est indiqué par un + ou par un-. Voici un exemple à propos d’un reportage sportif.

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    Les lieux idéologiques (quatrième filtrage)

    43Cette étape de l’analyse s’inspire des topoi d’Aristote, les endroits du discours où l’idéologie s’investit de manière implicite.

    441. Le début et la fin du discours. En effet, la phrase d’attaque et la phrase de conclusion signalent souvent l’idéologie du locuteur.

    452. Les superlatifs et tout ce qui porte la marque de l’exceptionnel. Ex. dans les discours de Mgr Romero, l’emploi du mot « idolâtrie » pour qualifier les tentations du pouvoir moderne.

    463. Les gradations en crescendo : « ceci est commandé par l’équité, mais aussi par la justice et la solidarité », « Magie, Religion, Science » en decrescendo : « hommes, femmes, enfants », « Officiers, sous-officiers, soldats » mixtes : « l’homme supporte, encaisse, résiste, réagit, rebondit »

    474. Les chiffres et l’utilisation qui en est faite.

    485. Les citations directes ou indirectes qui manifestent l’autorité dont on s’inspire ou l’adversaire que l’on privilégie.

    496. Les généralités que l’on utilise : dictons, maximes, proverbes sont également des lieux privilégiés ou s’investit l’idéologie, sous forme de vérités simplifiées ou d’évidences partagées.

    Les figures de déploiement (cinquième filtrage)

    50Ce filtrage s’occupe de la manière dont le locuteur fait fonctionner le texte, des rapports qu’il établit à l’intérieur de celui-ci, des « figures de style » qui en garnissent l’argumentation.

    51On y constate généralement deux grands types de synecdoques. Il s’agit d’une figure de rhétorique qui consiste à prendre le plus pour le moins, la matière pour l’objet, l’espèce pour le genre, la partie pour le tout, le singulier poulie pluriel ou inversement.

    521. Une synecdoque généralisante

    53Elle va du général au particulier, de la règle aux applications, de la cause aux effets, du but aux moyens, du tout à la partie. Cette figure est la marque d’un esprit plutôt normatif et se retrouve, par ex. dans le discours de la presse américaine lorsqu’elle pose « la Liberté » en norme, puis en déduit les applications.

    542. Une synecdoque particularisante

    55Elle part de la base vers les principes, des effets vers les causes, des moyens vers le but. Elle est la trace d’une démarche empirique, éventuellement pragmatique ou encore anti-dogmatique.

    III. Les rapports de communication

    56L’acte de communication comprend trois éléments : un locuteur, un message, un destinataire. Il s’agit maintenant d’examiner le rapport entre le locuteur et le destinataire.

    Le rapport entre locuteur et destinataire (sixième filtrage)

    57Ce filtrage veut repérer dans le discours les traces des acteurs de la communication : Fauteur-locuteur, le(s) destinataire(s), ainsi que les relations entre les destinateurs et destinataires. Ces relations se manifestent pour chaque acteur dans trois lieux privilégiés : l’usage des pronoms (une analyse lexicale), les allusions à soi-même ou les déclarations sur soi, plus explicites.

    Le destinateur

    581. Les pronoms : les socialistes français utilisent souvent le « je »de présence forte envers l’auditoire. Les communistes un « nous » plus englobant, plus fonctionnel.

    592. Les allusions à soi : telles par ex. parler de soi à la troisième personne : « Le Ministre pense... »

    603. Les déclarations sur soi : qui peuvent renforcer ou contredire les allusions. Ex. Quelqu’un dit « Je m’occupe des autres, mais fait continuellement allusion à sa santé... »

    Le(s) destinataire(s)

    611. Les pronoms :

    62Jean-Paul II : « France qu’as-tu fait de ton baptème ? »

    63Giscard : « La France, grande jeune fille » (dont il est le père...)

    64de Gaulle : « La France, mère ou épouse » (de son président)

    65L’usage de la deuxième ou de la troisième personne, le tutoiement ou le vouvoiement révèlent la façon dont le locuteur considère le(s) destinataire(s).

    662. Les allusions aux destinataires : le Guide bleu s’adresse implicitement aux automobilistes : « petit détour : 8 km », « circuit très facile de 120 Km ».

    673. Les déclarations sur les destinataires : le Guide bleu dit : « Tout ce qui est beau sera renseigné », mais en même temps déconseille tout ce qui demande un effort.

    Traits communs au destinateur et aux destinataires

    681. Les pronoms : signes de relation directe. Le « nous », « je + vous ». Ex. « Nous qui sommes ici ensemble... ».

    692. Allusions : déclarations créant un espace commun par rejet d’un tiers. Ex. « ensemble, contre les grands monopoles ».

    703. Allusions : déclarations créant une mise à distance. Ex. le discours du journal « Le Monde » se distancie de l’homme de la rue, ce qui se manifeste dans l’abus des formes passives.

    714. Allusions : déclarations créant un espace commun par inclusion. Ex. politique : « La jeunesse, il faut la comprendre » (les jeunes ne sont pas là).

    72Voilà donc les divers filtrages proposés par J. GRITTI. Ils ont l’avantage de pouvoir s’appliquer à plusieurs types de textes. Cependant, il ne faut minimiser ni les exigences de rigueur, ni le caractère descriptif de la méthode, qui pour déboucher sur une dimension sociologique, doit s’appuyer sur une démarche théorique.

    Deuxième partie. L’analyse du texte : le Cardinal Danneels nous parle de la famille

    73Nous allons suivre la méthode de GRITTI, de façon à appliquer à un texte les différents moments de l’analyse proposée par l’auteur.

    74Pour la facilité du repérage des parties analytiques, il est bon de numéroter chaque paragraphe du texte, ce qui permet d’indiquer entre parenthèse à côté de chacune des phrases ou des mots retenus la référence exacte (ceci n’a pas été fait dans l’analyse qui suit).

    75Il est bon de rappeler que ni l’analyse, ni les interprétations ne concernent les intentions du locuteur ou la légitimité du discours, car cela n’entre pas dans le champ de compétence de l’analyste. Il s’agit avec de telles méthodes de relever des structures et de souligner des fonctions, pouvant servir de base à une réflexion sociologique.

    I. Le contenu du discours

    Les associations et les disjonctions (premier filtrage)

    Figures binaires

    76Nous avons regroupé les figures binaires en plusieurs groupes, correspondant à des thèmes divers : relation homme/femme, amour, morale, etc., pour la facilité des repérages sémantiques.

    1. Les disjonctions
    a. Bloc de la relation homme/femme

    Crise relation homme/femme # crise du mariage religieux, divorce

    Plus de liberté # plus de bonheur

    Plus de liberté # harmonie entre l’homme et la femme

    Divorce # mépris de la famille

    Société africaine : plus de tabous, plus de joie # société occidentale : moins de tabous, moins de joie

    Notre société # joie

    Mariages valides # mariages invalides

    b. Bloc de l’amour

    Imaginaire des jeunes sur amour # amour durable

    Amour sentiment # amour décision

    Idéal # rêve

    Amour possessif # amour oblatif

    Possessif de l’étreinte # oblatif de l’enfant

    Rupture # continuité

    Aimer pour les qualités physiques # amour du partenaire tel qu’il est

    Caractère transitoire des qualités physiques # force de l’amour-don

    Intervention providentielle # acte de liberté

    Choix du conjoint # pur hasard

    Venue de l’amour # venue d’un virus

    c. Bloc de la morale

    Morale chrétienne # commandement

    Principe # changement

    Observance du principe de la morale # la loi comme principe

    Dogme # pastorale

    Poing fermé # main ouverte

    d. Bloc de l’Eglise

    Christianisme # Eglise

    Eglise # ensemble des gens parfaits

    Eglise d’aujourd’hui # aller dans les rues et sur les places

    2. Les préférences
    a. Bloc de la relation homme/femme

    Société africaine > société occidentale

    Enquête 88 : réussite du mariage > enquête des années 60 : obtention de biens matériels

    b. Bloc de l’amour

    Don > liberté

    Don > affirmation de soi

    Don > amour

    Amour oblatif > amour possessif

    Continuité > rupture

    3. Les équivalences/similitudes
    a. Bloc de la relation homme/femme

    Relation du couple ~ cœur de la création

    Effets d’une mauvaise conception de la relation ~ effets d’une explosion nucléaire

    Relation du couple ~ noyau de la matière humaine

    Plus de liberté ~ moins de bonheur

    b. Bloc de l’amour

    Amour ~ désir d’appropriation

    Repli sur soi ~ consommation mutuelle

    Repli sur soi ~ obscurcissement de l’image de Dieu

    Amour don ~ joie

    Repli sur soi ~ oubli par l’homme qu’il est don de Dieu

    Diminution du don ~ société de consommation

    Diminution du don ~ perte de la joie

    Diminution du don ~ développement d’une pathologie du couple

    Amour ~ décision

    Amour ~ durée

    Intérêt humain ~ amour unique

    c. Bloc des solutions

    Remède ~ connaissance exacte du mariage

    Commencement du bonheur ~ connaissance

    Remède ~ lecture de la Bible

    Remède ~ chercher exemples autour de soi

    La chose la plus difficile à réussir aujourd’hui ~ réussite du couple et de la famille

    Explication de nombreux divorces ~ grand désir de réussir sa vie

    Symbole du bonheur ~ amour

    Séparation du couple (vs continuité) ~ incapacité d’atteindre l’âge adulte de l’amour

    Processus maturation de l’amour ~ ordre biologique (étreinte/enfant)

    " " " ~ ordre psychologique

    " " " ~ ordre spirituel (contemplation de l’amour de Dieu)

    Continuité ~ sagesse humaine : vivre et vieillir ensemble

    Continuité ~ foi en une intervention de la providence

    Seule source du bonheur ~ amour

    Amour ~ substance même de l’univers

    Evolution de l’Univers ~ amorisation progressive sous l’action de Dieu

    d. Bloc Eglise-Religion-Morale

    Rédemption du couple ~ réaffirmation du don pur

    Discours de Jésus ~ retour aux origines

    Dieu ~ don

    Couples vivant d’une inspiration chrétienne ~ motifs de crédibilité pour l’Eglise

    Tâche de l’Eglise ~ rendre crédible la foi chrétienne

    Crédibilité de la foi ~ inspirer une façon de vivre l’amour sous des formes qui rendent heureux

    Morale chrétienne ~ appel à perfection

    Appel à perfection ~ gradualité

    Loi morale conjugale ~ principe

    Insistance sur les principes ~ véritable sagesse de vie

    Documents dogmatiques ~ pas d’équivoque sur les exigences

    Idéal ~ exigence

    Foi dans l’intervention providentielle ~ soutien dans les difficultés

    Ceux qui n’atteignent pas l’idéal chrétien ~ ne sont pas de notre bord

    Eglise ~ ceux qui essaient et ceux qui chutent

    Ordre du Christ ~ aller dans les rues et sur les places

    Préoccupation de l’Eglise ~ soigner et gérer le petit troupeau

    Divorcés remariés ~ souffrent des sanctions

    Evêque ~ miséricorde

    Parole du Christ ~ indissolubilité du mariage

    Mariages invalides ~ dissolution du mariage

    4. Les équivalences exclusives

    Amour ~ pas de don, pas de joie

    Christianisme ~ ni parfaits, ni imparfaits

    Christianisme ~ ni saints, ni pécheurs

    Figures ternaires
    Image 1000000000000265000001635DA07BC9.jpg
    Conclusion du premier filtrage

    77Le texte se construit sur une série d’oppositions majeures autour desquelles s’articulent toutes les autres.

    78STABILITE DU MARIAGE vs INSTABILITE DU MARIAGE

    79PRINCIPE DE L’EGLISE vs INCREDIBILITE DE L’EGLISE

    80INVARIANT vs VARIANCE

    81Cet ensemble d’oppositions débouche sur des contradictions apparemment insolubles que l’auteur cherche à résoudre. A cet effet, il réduit la signification de la première opposition, celle de l’« instabilité » vs « la stabilité » du mariage par le postulat : l’amour = durée, à la condition qu’il soit « don ».

    82Quant à la deuxième contradiction : principe affirmé par l’Eglise, vs son incrédibilité, sa solution se raccroche à celle de la première. En effet, d’une part, le don dans l’amour = don de Dieu, ce qui est un invariant, mais d’autre part, le repli sur soi dans l’amour = faute. Il en résulte que le « principe » affirmé par l’Eglise = excellence.

    83Le locuteur réduit la rigidité de l’invariant (la troisième contradiction) par le concept de « morale ». Cette dernière joue à un double niveau :

    84morale = appel à l’idéal

    85morale = miséricorde pour le fautif.

    86En outre, elle trouve aussi sa justification dans l’existentiel :

    87exemple de couples heureux vivant chrétiennement

    88rigidité relative de l’indissolubilité (nombreux cas d’invalidités)

    89Il reste une contradiction mal résolue : l’intervention providentielle dans le choix du conjoint — vs — les cas de dissolution. L’argument de la liberté laissée aux êtres humains, malgré l’intervention providentielle dans le choix du conjoint, se heurte en finale à un discours théologique difficilement crédible.

    90La fonction du texte serait donc, tout en étant formellement un discours sur l’amour, de légitimer l’intervention de l’institution religieuse et d’assurer sa crédibilité.

    Les niveaux de culture (deuxième filtrage)

    Repérage des mots définis et non-définis

    91Mots non-définis2

    Civilisation/monde (6 fois)

    Philosophies (différentes) de la relation homme/femme (2 fois)

    Année de la famille Anthropologie

    Société de consommation Pathologie

    Rédemption du couple

    Cantique des cantiques

    Lectionnaire

    Argument de crédibilité

    Synode sur la famille

    Encyclique/Humanae Vitae

    Equipe Notre Dame

    Documents dogmatiques

    Abbés de monastères

    Annonciation

    Valeurs

    92Mots définis

    relation homme/femme : constitutive de l’humanité

    Dieu = don

    morale chrétienne = appel à la perfection et pas commandement

    amour : pas un sentiment, mais une décision (de prendre l’autre)

    grâce = une force

    loi # Graduelle

    continuité = passage

    de l’amour possessif à l’amour oblatif amour véritable = oblatif

    foi = soutien psychologique et spirituel

    amour = durée

    amour = substance même de l’univers

    93Synthèse

    94Mots non-définis

    958 concepts du spécialiste de la morale ou de l’anthropologie

    969 concepts spécifiques au christianisme

    97Mots définis

    986 concepts relatifs : homme/femme, amour, continuité

    995 concepts : Dieu, foi, grâce, morale, loi

    100Les autres termes (traducteurs, connotés et registres divers) n’apparaissent pas dans ce texte.

    Conclusion du deuxième filtrage

    1011. Cela suppose un public ayant une culture chrétienne et une formation intellectuelle supérieure.

    1022. C’est un texte didactique qui définit une morale oblative à référence religieuse, mais pas un texte qui ne s’adresse qu’aux spécialistes.

    1033. Le nombre relativement réduit de termes techniques non expliqués, montre qu’il y a un effort de communication avec le public (de conviviabilité).

    II. L’idéologie du locuteur

    Les connotations qualitatives (troisième filtrage)

    104(+ = positif, = négatif)

    105Affectif

    - certaine tristesse

    - pas joyeuse (civilisation)

    + beaucoup plus libre, plus épanoui

    + véritablement heureux

    + le cœur de chaque homme de chaque évêque

    106Rationnel

    + beaucoup plus vaste (question)

    + problème non seulement sexuel, mais aussi culturel

    + réfléchir sérieusement

    - mauvaise conception

    - toute une pathologie

    + conception exacte

    - cote très basse

    + cote très haute

    + explication chrétienne

    107Sublimé

    - véritable crise

    - explosion nucléaire

    + cœur même de la matière

    - brouillard de tristesse

    - fièvre

    + très beaux récits

    + véritable inspiration

    + grands motifs

    + puissant désir

    + grand désir

    + grands saints

    - grands pécheurs

    + véritable sagesse de vie

    + maturation spirituelle très profonde

    + amour humain véritable

    + amour durable, mûr et profond

    + véritable mariage

    + puissant argument de crédibilité

    108Biologique

    - comme un virus

    - indique la fièvre

    109On constate quatre choses

    1101. Le « sublimé » est majoritaire : négatif pour la crise, positif pour l’amour continuité et positif pour l’Eglise

    1112. L’affectif n’est pas accentué

    1123. Le rationnel est présent, mais surtout dans l’aspect descriptif

    1134. Le biologique est ici équivalent de maladie et qualifie la crise

    114Cela permet de dire que ce discours qui met l’accent sur le « sublime » a pour fonction d’accentuer d’une part le caractère jugé fondamental du sujet et d’autre part l’autorité morale du locuteur.

    Les lieux idéologiques (quatrième filtrage)

    115Nous supposons ici que l’extrait analysé soit une entité réelle, alors qu’il n’est qu’un extrait. Par ailleurs, son caractère d’interview fausse aussi une telle perspective, parce que le locuteur n’est pas maître de son angle d’attaque.

    Lieux

    Début : en Europe et en Amérique, crise de la philosophie de la relation homme/femme

    Fin : Ce que Dieu a uni, l’homme ne le séparera pas.

    116Superlatifs

    Confusion extrême

    Explosion nucléaire

    Il faudrait toute une anthropologie

    L’indice le + précis (tristesse)

    Toute une pathologie du couple se développe

    La foi... ne fait rien d’autre que... don pur

    Je plaiderais très fort → lecture de la Bible

    Le + difficile à réussir (le couple, la famille)

    Spirituellement = maturation très profonde

    Beaucoup + difficile qu’auparavant (vieillir ensemble)

    L’amour devient de + en + fort

    Le Christ l’a dit avec force (Eglise = gens parfaits)

    Il existe un puissant désir (de réussir le couple)

    Cote très basse (la famille) (adversaire, on)

    Cote très haute, même de + en + élevée (moi)

    Les conjoints attendaient beaucoup trop du couple

    Très puissant argument de crédibilité

    117Gradations

    Relation du couple, transmission de la vie, transmission des valeurs

    Amour, processus biologique, psychologique, spirituel

    → pathologies - passage de l’amour possessif à l’amour oblatif, apprendre à

    vivre et à vieillir ensemble

    → intervention de la Providence

    D’abord lire la Bible, ensuite regarder autour de nous (exemples)

    118Chiffres

    Des centaines de textes dans la Bible

    119Citations

    Première page de la Bible (relation homme/femme) - « I Is étaient nus et n’avaient pas honte »

    Jésus parlant du mariage : retourner aux origines

    Une enquête auprès de jeunes travailleurs

    Le Pape Jean-Paul II reconnaît la gradualité

    Paul VI (Humanae Vitae et Allocution aux Equipes Notre-Dame) loi vs pastorale

    Ce que Dieu a uni, l’homme ne le séparera pas

    120Généralités

    Le plus simple des poèmes fait rimer amour avec toujours

    Conclusion du quatrième filtrage

    121On peut constater ce qui suit :

    1221. Les deux points essentiels portent d’une part sur l’état de crise et d’autre part sur l’affirmation de la non-séparation comme norme.

    1232. Les superlatifs portent sur :

    • la crise (11)

    • le don exprimé par la Bible (4)

    • l’Eglise (1))

    1243. Les gradations

    125Le spirituel se situe en dernière instance, soit comme principe, soit comme instance d’intervention avec médiation de la Bible comme référence.

    1264. Chiffres

    127La Bible : les centaines de textes ne sont pas précisés, mais cela suppose de toute façon une sélection qui apparaît comme une évidence.

    1285. Citations

    129La Bible : amour, don et continuité

    130Les papes : différence entre loi et pastorale

    131Une enquête : de la matière aux valeurs

    1326. Généralités

    133Exprimer la continuité Il en résulte que la prise de position principale est la mise en opposition entre la crise qui est une situation de fait et la continuité de l’amour comme don, qui est une situation normative. La solution offerte par l’Eglise est la tension entre loi et pastorale.

    Les figures de déploiement : syntagmes (cinquième filtrage)

    134Les figures que l’on retrouve dans le texte partent des causes pour aboutir aux effets :

    • Crise de la philosophie due à la confusion des philosophies, ce qui entraîne une mauvaise conception de la relation homme/femme et aboutit à une « explosion nucléaire », car cette relation est constitutive de l’humanité.

    • Disparition du don, ce qui signifie que la joie s’en va et aboutit à toute une pathologie du couple.

    • Le repliement sur soi obscurcit l’image de Dieu qui est don.

    Conclusion du cinquième filtrage

    1. Les causes de la crise sont situées (au niveau de ce texte) dans l’idéalité : philosophie, représentations de l’amour, sans interrogations ultérieures sur l’incidence de l’organisation de la société ou de ses formes d’économie sur cette idéalité.

    2. La conséquence de la crise est l’obscurcissement du divin, qui est don, ce qui rejoint sa cause, la disparition du don. La crise est ainsi située dans le champ religieux, ce qui implique la compétence de l’institution religieuse dans le domaine.

    III. Les rapports de communication

    Le rapport entre locuteur et destinataire (sixième filtrage)

    135Nous/notre

    • civilisation occidentale : 7

    • chrétiens : 6

    • pasteur : 3

    136Je

    • spécialiste (moraliste) : 19

    • pasteur : 2

    • croyant aimant : 3

    137On

    • spécialiste (adversaire) : 5

    • croyant : 7

    • un membre du couple : 3

    Conclusion du sixième filtrage

    1381. Le locuteur parle en moraliste, plus qu’en porteur de l’autorité ou en pasteur (19 je + 5 on = interlocuteur).

    1392. Le locuteur se situe au sein de la civilisation occidentale.

    1403. Le locuteur parle aux chrétiens de cette civilisation en créant une identification entre son public et lui-même.

    Conclusion concernant le discours et son énonciation

    1411. Le public cible : les chrétiens d’un certain niveau intellectuel et pas les milieux populaires (ce qui est confirmé par le support médiatique utilisé).

    1422. Il s’agit de l’énonciation d’un moraliste, situé institutionnellement en autorité, mais qui n’utilise pas cette position pour imposer un point de vue (autre discours que celui utilisé généralement par le pape, par exemple).

    1433. Le texte part d’une position philosophique dont il déduit les effets plutôt que du réel social pour expliquer la genèse des idées, ce qui a pour effet implicite de privilégier le statut du champ religieux.

    1444. La localisation du sujet se situe dans le champ religieux ce qui, vis-à-vis de croyants, lui donne une importance centrale et légitime l’intervention de l’institution religieuse.

    1455. L’impasse de crédibilité du discours religieux (sur le choix du conjoint) est compensée dans le texte par le caractère sublimant de l’énonciation.

    1466. La stratégie de communication est « conviviale » d’une part et « sublimante » d’autre part, ce qui permet dans le registre religieux d’orienter des comportements, sans recourir directement à l’argument d’autorité.

    1477. Outre sa fonction explicite, le discours est destiné à sauvegarder la crédibilité de l’institution religieuse (considérée comme essentielle pour sa mission).

    Troisième partie. Références pour la comparaison des méthodes

    La définition de l’objet

    1481. Les diverses techniques utilisées permettent de découvrir des fonctions latentes du discours, de même qu’une stratégie de l’énonciation.

    1492. La méthode de GRITTI, s’appuyant sur plusieurs entrées méthodologiques, peut faire l’objet d’un traitement total ou partiel.

    Les matériaux

    1501. La méthode est adaptée pratiquement à tout type de texte.

    1512. La possibilité de soumettre un texte à six filtrages différents signifie que l’investissement pour un texte très long est assez considérable. Un choix s’impose, en fonction du but que l’on poursuit : étude du contenu, étude de l’énonciation, etc.

    Les fondements de la méthode

    1521. Les présupposés de la méthode sont d’une part qu’une analyse structurale permet de découvrir des logiques non directement apparentes dans la logique discursive et d’autre part que le discours est le produit d’un acteur et s’inscrit par conséquent dans une stratégie.

    1532. Les questions formulées dans ce cadre s’expriment par les différents filtrages utilisés.

    1543. Les hypothèses s’élaborent au fur et à mesure de l’analyse, au départ des postulats indiqués plus haut.

    Les procédures

    1551. Les unités élémentaires du discours sont diverses selon les filtrages : soit les mots, soit les phrases, soit des unités sémantiques qui peuvent dépasser le paragraphe.

    1562. Le seul découpage est celui du numérotage des paragraphes pour le besoin du repérage.

    1573. Les opérations de type interprétatif se font après les opérations techniques de description, sur base d’une pensée logique.

    1584. Les différentes étapes de la démarche sont, après le numérotage des paragraphes, des lectures successives du texte, totalement indépendantes les unes des autres.

    1595. Il s’agit d’un ensemble de procédures avec la possibilité d’un choix, en fonction du contenu et de la nature du texte. La mise en œuvre de la technique peut conduire à une pluralité de lectures au moment de l’interprétation.

    1606. Les procédures de vérification sont assurées d’une part par les techniques utilisées (repérage de tous les mots, lorsqu’il s’agit d’une démarche lexicale ; des enchaînements, lorsqu’il s’agit d’une démarche de type syntagmatique ; des oppositions, lorsqu’il s’agit d’une perspective structurale) et d’autre part par l’intervention, si possible, de deux lecteurs indépendants.

    1617. La comparaison de plusieurs textes ne peut se faire que sur la base de la lecture successive de chacun d’entre eux.

    Le lien avec le contexte

    1621. Le contexte est pris en compte lors de l’élaboration des conclusions générales.

    1632. L’ensemble du contexte : lieu, occasion, qualité du locuteur, qualité du ou des destinataires, type de support médiatique, etc., doit être pris en considération dans un premier temps. Dans un deuxième temps, une lecture plus globale sera entreprise, sur la base de théories sociologiques plus globales.

    La validité de la méthode

    1641. Les présupposés de la méthode sont ceux de toute approche scientifique dépassant le simple positivisme. Par ailleurs, les règles de l’analyse sont en général assez précises, car elles doivent respecter la matérialité du texte. Cependant, certaines interprétations peuvent faire l’objet de discussions, l’imagination sociologique du chercheur devant toujours être en éveil, elle-même liée à des possibilités de découvertes conditionnées par sa formation, sa position dans la société et ses champs d’intérêts.

    1652. Les conditions requises pour une bonne application de la méthode sont d’une part une application la plus rigoureuse possible des techniques et d’autre part une bonne formation logique.

    1663. Les résultats obtenus ne peuvent être généralisés que dans la mesure où ils constituent des indicateurs destinés à une réflexion sociologique plus fondamentale.

    Notes de bas de page

    1 La méthode que nous présentons dans ce texte est reprise aux notes de cours de J. Gritti, qui fut professeur à l’UCL. Elle a été adaptée par nos soins de deux manières différentes. Tout d’abord par un regroupement des filtrages proposés par l’auteur, afin de les remettre dans une logique plus globale et ensuite par de légères transformations du vocabulaire : filtrage au lieu de ratissage, etc.

    2 Quand le nombre d’utilisations du mot n’est pas indiqué, c’est qu’il n’apparaît qu’une seule fois

    Auteur

    • François Houtart

      Professeur à l’Université catholique de Louvain

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    Table des matières

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    Méthodes d’analyse de contenu et sociologie

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    Méthodes d’analyse de contenu et sociologie

    Ce livre est cité par

    • Delgado Molina, Cecilia A.. (2018) MODELOS CULTURALES DE MUJERES CATÓLICAS DE LOS ACTIVISMOS CONSERVADORES EN ARGENTINA. Cultura y Religión, 12. DOI: 10.61303/07184727.v12i2.830
    • Gumuchian, Hervé. Marois, Claude. (2000) Initiation à la recherche en géographie. DOI: 10.4000/books.pum.14801
    • Vrancken, Didier. (2014) La sociologie en Belgique francophone au rythme des ordres négociés. Sociologies pratiques, HS 1. DOI: 10.3917/sopr.hs01.0309
    • Vrancken, Didier. (2012) La sociologie en Belgique francophone au rythme des ordres négociés. Sociologies pratiques, n° 24. DOI: 10.3917/sopr.024.0136
    • Delgado Molina, Cecilia Ardisia. (2012) Entre lo público y lo privado. Ciencias Sociales y Religión/Ciências Sociais e Religião, 14. DOI: 10.22456/1982-2650.26608
    • Microcrédit et genre dans un contexte de pauvreté en Haute Guinée. DOI: 10.70675/9f5bfa11z2125z4140z8fffz65d86c5a3401

    Ce chapitre est cité par

    • Bédard-St-Pierre, Nadine. (2006) Les prélats africains et les tentatives de démocratisation du début de la décennie 1990. Social Compass, 53. DOI: 10.1177/0037768606070411

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    Houtart, F. (1990). La méthode d’analyse textuelle de Jules Gritti. In D. Ruquoy & J. Remy (éds.), Méthodes d’analyse de contenu et sociologie. Bruxelles: Presses universitaires Saint-Louis Bruxelles. https://doi.org/10.4000/books.pusl.16693
    Houtart, François. « La méthode d’analyse textuelle de Jules Gritti ». In Méthodes d’analyse de contenu et sociologie, édité par Danielle Ruquoy et Jean Remy. Bruxelles: Presses universitaires Saint-Louis Bruxelles, 1990. doi:10.4000/books.pusl.16693.
    Houtart, François. « La méthode d’analyse textuelle de Jules Gritti ». Méthodes d’analyse de contenu et sociologie, édité par Danielle Ruquoy et Jean Remy, Presses universitaires Saint-Louis Bruxelles, 1990, https://doi.org/10.4000/books.pusl.16693.

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    Ruquoy, D., & Remy, J. (éds.). (1990). Méthodes d’analyse de contenu et sociologie. Bruxelles: Presses universitaires Saint-Louis Bruxelles. https://doi.org/10.4000/books.pusl.16639
    Ruquoy, Danielle, et Jean Remy, éd. Méthodes d’analyse de contenu et sociologie. Bruxelles: Presses universitaires Saint-Louis Bruxelles, 1990. doi:10.4000/books.pusl.16639.
    Ruquoy, Danielle, et Jean Remy, éditeurs. Méthodes d’analyse de contenu et sociologie. Presses universitaires Saint-Louis Bruxelles, 1990, https://doi.org/10.4000/books.pusl.16639.
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