Chapitre VII. L’exil de soi : de la nudité sociale à la versatilité du Soi

p. 229-277


Extrait

« Les formes de relation et d’interdépendance entre les fourmis, les abeilles, les termites et autres insectes vivant en sociétés peuvent, pour autant qu’il s’agisse de la même espèce, se répéter pendant des milliers et des milliers d’années sans le moindre changement. […]
L’une des particularités spécifiques des sociétés humaines réside précisément dans le fait que leur structure, la forme des rapports d’interdépendance entre les hommes, peut se modifier, sans que l’organisme biologique de l’homme change. […] Autrement dit, la constitution biologique de l’espèce permet que son mode de coexistence sociale évolue, sans que l’espèce évolue. »
Norbert Elias

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I. L’exil de soi

A. Définition

1L’exil de soi peut être défini comme : la capacité de restreindre tant ses besoins que la manière même de concevoir le monde de façon à se conformer aux exigences d’un milieu hostile et ce, en adaptant sa perception temporelle, sa relation à autrui et le souci que l’on a de soi, de façon extrêmement r

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