1Crary Jonathan, L’Art de l’observateur. Vision et modernité au xixe siècle, Nîmes, Éditions Jacqueline Chambon, coll. « Rayon photo », 1994 [1990], p. 33.
2Hamon Philippe, Imageries. Littérature et image au xixe siècle, Paris, José Corti, coll. « Les essais », 2007 [2001], p. 9.
3Milner Max, La Fantasmagorie. Essai sur l’optique du fantastique, Paris, PUF, coll. « Écriture », 1982, p. 6.
4Ernest Hello publie dans son article « Du genre fantastique » des réflexions sur le fantastique comme affaire de l’œil – c’est le regard qui rend l’objet fantastique et qui investit le monde, lui-même un trompe-l’œil, du fantastique. Hello Ernest, « Du genre fantastique », Revue de Paris, tome XV, 1858, p. 36.
5Voir Mohr Manuela, « “La Légende du daguerréotype” : bouleversements du réel et du moi dans un conte fantastique de Champfleury », Autour de Vallès, no 52, 2022.
6Voir Cheminaud Julie, Les Évadés de la médecine. Physiologie de l’art dans la France de la seconde moitié du xixe siècle, Paris, Vrin, coll. « Essais d’art et de philosophie », 2018.
7Il publie à ce sujet une « Étude sur les moyens de communication avec les planètes », Cosmos, 7-21 août 1869. La fiction se délecte de ce sujet où les sciences et les croyances se rencontrent, comme on le voit dans De la Terre à la Lune de Verne ou dans Un habitant de la planète Mars de Parville, publiés en 1865. La suite de l’ouvrage de Verne paraît la même année que l’« Étude » de Cros.
8Cros Charles, « Un drame interastral », La Renaissance littéraire et artistique, 24 août 1872, p. 140.
11Cros C., op. cit., 24 août 1872, p. 140.
12Idem. Les courbes montrent que la lumière est appréhendée comme un phénomène ondulatoire ; il en va de même pour les « réfractions atmosphériques » (idem) brouillant les images que les amoureux s’envoient.
13La fumée et la poussière se composent de particules infiniment petites qui forment une surface semi-transparente. Ce détail fait référence au fantôme de Pepper, technique d’évocation qui rencontre beaucoup de succès dès la seconde moitié du siècle. Le brouillard sert de surface de projection, propice à rendre une ambiance lugubre quand l’image projetée peut être manipulée par l’ondulation de l’air, suggérant ainsi un flou qui confère aux visions une vraisemblance spécifique.
14Mendès Catulle, « L’étang », Histoires d’amour, Paris, Lemerre, 1868, p. 148.
15« Ces histoires d’images à voir enfouies ou ressuscitées sont très souvent associées à des histoires d’images mentales, obsessions, idées fixes, souvenirs obsédants, quêtes d’un secret, recherche d’un être perdu, extases, hallucinations. » Hamon P., op. cit., p. 94.
16« Je dus attribuer à la contemplation prolongée des jeunes pins entre lesquels je venais de passer la singulière coloration que certains objets revêtaient à mes yeux ; les bras et les visages des misérables villageois qui me regardaient avec une persistance bestiale et craintive m’apparaissaient très-blêmes [sic], presque verts. Des femmes glissaient leurs têtes et leurs mains parmi les groupes d’hommes. Il me sembla que ces têtes et ces mains oscillaient sans repos, blêmes aussi et vertes. » Mendès C., op. cit., p. 149.
17Selon Morel, la dégénérescence peut découler de l’intoxication causée par le mauvais air ou le mauvais état du sol.
18Mendès C., op. cit., p. 150.
19Ibid., p. 155. En filigrane apparaît la superstition de la contre-création par le diable qui ridiculise les créations parfaites de Dieu.
20L’expression prend le sens de « cliché » que le conte exploite également.
21Mendès C., op. cit., p. 156.
22Mendès C., op. cit., p. 156.
23« Après quelques heures d’un sommeil agité, je m’éveillai en sursaut », idem.
26Mendès C., op. cit., p. 159.
27Ibid., p. 159-160. L’étang, pâle comme les villageois, attire son regard : le mouvement du haut vers le bas s’arrête invariablement sur l’eau, origine de la vie dans de nombreuses mythologies et origine d’un élément de connaissance sur le moi.
28Le narrateur approche « le point obscur et douteux où la terre allait devenir l’eau », ibid., p. 161.
29Ibid., p. 160. L’état entre veille et sommeil de l’étang correspond à celui du narrateur.
30Mendès C., op. cit., p. 161. Selon les croyances populaires, les eaux stagnantes sont habitées par le diable.
34« Cet étang est fameux dans les superstitions du pays. Il s’y montre chaque nuit, dit-on, un gigantesque fantôme qui se berce lentement à la cime des roseaux. Quelques personnes éclairées ayant supposé que ce prétendu fantôme n’était autre chose que le reflet d’un ancien vitrail enchâssé dans une muraille voisine, on a démoli la muraille ; mais, au dire des gens du lieu, le fantôme n’a point cessé d’apparaître », idem.
35Mendès C., op. cit., p. 167.
37Dubois Philippe, L’Acte photographique et autres essais, Paris, Nathan, coll. « Nathan – Université », 1990, p. 214. Sur la place de l’invisible dans le régime scopique de la fin du xixe et du début du xxe siècle, on consultera avec profit l’excellente étude de Fleur Hopkins-Loféron.
38Erckmann-Chatrian, « La Lunette de Hans Schnaps, conte fantastique », in Pauvert J.-J. (éd.), Contes et Romans nationaux et populaires, Paris, Pauvert, 1990 [1850], t. 13, p. 351.
41Le narrateur raconte que, « au lieu de rester dans sa boutique, il se promenait dans les rues, une grande lunette sous le bras », ibid., p. 351. Lorsque le bourgmestre se plaint de Schnaps, il met en relief que son comportement est répréhensible parce qu’il passe son temps à observer les passants et parce que sa vie de couple ne correspond pas au modèle du mari prenant les repas avec son épouse : « Figurez-vous, docteur, qu’il s’est établi dans une cave, et qu’il fabrique là on ne sait quoi. Si vous jetez, par hasard, un coup d’œil dans le soupirail, vous voyez la lunette braquée sur vous ; Schnaps vous regarde en éclatant de rire… et quand arrive midi, sa femme est obligée de lui crier trois ou quatre fois : “Hans ! Hans ! la soupe est prête !” », ibid., p. 352.
42Erckmann-Chatrian, « La Lunette de Hans Schnaps, conte fantastique », op. cit., p. 352.
43Benhamou Noëlle, « Loci horribiles dans quelques récits d’Erckmann-Chatrian : comment effrayer, plaire et instruire », in Bermejo Larrea E. (dir.), Regards sur le locus horribilis. Manifestations littéraires des espaces hostiles, Saragosse, Presses de l’université de Saragosse, coll. « Humanidades », 2012, p. 133.
44Erckmann-Chatrian, « La Lunette de Hans Schnaps, conte fantastique », op. cit., p. 352.
47Idem. Cette présentation enthousiaste s’inspire du discours publicitaire : Schnaps se comporte comme un charlatan qui emberlificote ses clients sans scrupule.
48Erckmann-Chatrian, « La Lunette de Hans Schnaps, conte fantastique », op. cit., p. 353.
49« Je me voyais présidant la Société scientifique de Berlin, gros et gras, joufflu, bien portant, décoré des ordres du Mérite, de l’Aigle noir, de l’Aigle brun, de l’Aigle roux, du Matidjé, de la Jarretière », idem.
52Crary J., op. cit., p. 70.
53Petitier Paule, « L’imagination dans l’histoire : Michelet et les critiques du Second Empire », in Vaillant A. (dir.), Écrire/Savoir : littérature et connaissances à l’époque moderne, Saint-Étienne, Printer, coll. « Lieux littéraires », 1996, p. 123.
54« Avant l’invention de la photographie, ce même procédé se retrouvait dans les rêves, lieu privilégié de stockage des images perçues durant la veille, images qui alimentent nos phantasmes et qui, une fois réanimées, nous donnent l’impression de vivre à nouveau des scènes avec une réalité parfois déconcertante. » Pascuito Elsa, « Le simulacre à l’épreuve de l’hyperréalité », in Braito A. et Citton Y. (dir.), Technologies de l’enchantement. Pour une histoire multidisciplinaire de l’illusion, Grenoble, UGA Éditions, coll. « Savoirs littéraires et imaginaires scientifiques », 2014, [en ligne] < https://doi.org/10.4000/books.ugaeditions.596 >, consulté le 4 novembre 2022.
55Saintine Xavier Boniface, « La Glace de Venise », La Seconde Vie, Paris, Hachette, 1864, p. 17-18.
60Saintine X. B., « La Glace de Venise », op. cit., p. 15.
61Selon Léon Cellier, « les glaces de Venise – en faveur au xviie siècle – étaient encore à la mode entre 1830 et 1860 ». Cellier Léon, « Devant le miroir de Venise. Gautier et Mallarmé », Cahiers de l’Association internationale des études françaises, no 11, 1959, p. 122. Le miroir de Venise est considéré comme un médiateur privilégié.
63Saintine X. B., « La Glace de Venise », op. cit., p. 15.
65Saintine X. B., « La Glace de Venise », op. cit., p. 16. Le récit propose une théorie sur le surgissement du souvenir qui se fait par étapes. Le processus ne permet pas de faire l’impasse sur une étape précédant une autre.
67Idem. Si elle obéit au fonctionnement décrit par l’ami, la glace dissout ces liens spatio-temporels. Ainsi, elle réfléchit à la manière dont les images vues continuent à avoir un effet après la disparition de leur source. Cette interrogation est transposée sur les relations interhumaines, car le narrateur n’a pas vu son ami pendant un certain temps.
69Saintine X. B., « La Glace de Venise », op. cit., p. 19.
72Tisseron Serge, Le Mystère de la chambre claire. Photographie et inconscient, Paris, Les Belles Lettres, coll. « L’Inconscient à l’œuvre », 1996, p. 167.
73« [S]i je tenais à voir encore les soirs d’automne resplendir sur les hauteurs boisées, je devais me hâter. » Villiers de L’isle-Adam Auguste de, « L’intersigne », Revue des lettres et des arts, 29 décembre 1867, p. 86.
74« Mais l’horizon brillait tellement sur les forêts de chênes lointains et de pins sauvages où les derniers oiseaux s’envolaient dans le soir ; les eaux d’un étang couvert de roseaux, dans l’éloignement, réfléchissaient si solennellement le ciel ; la nature était si belle au milieu de ses airs calmés, dans cette campagne déserte, à ce moment où tombe le silence, que je restai – sans quitter le marteau suspendu – que je restai […] muet. » Idem. L’horizon qui brille évoque une source de lumière diffuse, comme il peut y en avoir au diorama.
76Idem. Le narrateur jette trois regards différents sur la maison : d’abord, il ne voit pas de différence car les attentes façonnent son regard ; ensuite, il la contemple en étant mentalement absent ; à la fin, il la regarde attentivement.
77Villiers de L’isle-Adam A. de, « L’intersigne », op. cit., p. 89.
78Lumbroso Olivier, « Passage des Panoramas », Littérature, no 116, 1999, p. 23.
79Villiers de L’isle-Adam A. de, « L’intersigne », op. cit., 5 janvier 1868, p. 115.
81Villiers de L’isle-Adam A. de, « L’intersigne », op. cit., 5 janvier 1868, p. 116.
82« Et, m’accoudant sur mon oreiller, je me mis à regarder obstinément la lumière de la bougie, sur la table, près de moi. Je la regardai avec fixité, entre mes cils, – avec cette attention intense que donne au regard l’absolue distraction de la pensée », idem. Cette absence de maîtrise de soi renvoie à la tache que le narrateur ne contrôle pas.
83Idem. L’eau bénite est censée éloigner les visions diaboliques.
86Anger Violaine, « Le gaz et le diorama : la pensée sonore du corps et la technologie de la première révolution industrielle », Loxias-Colloques, 2018, [en ligne] < http://revel.unice.fr/symposia/actel/index.html?id=1110 >, consulté le 04/11/2022.
87Caraion Marta, Pour fixer la trace. Photographie, littérature et voyage au milieu du xixe siècle, Genève, Droz, coll. « Histoire des idées et critique littéraire », 2003, p. 58.
88Castex Pierre-Georges (éd.), Contes cruels et Nouveaux Contes cruels, Paris, Bordas, coll. « Classiques Garnier », 1989, p. XVIII.
89Caraion M., op. cit., p. 135.