1 Michelet Jules, Introduction, Première partie, « De la religion du Moyen Âge », Histoire de la Révolution française I, éd. publiée sous la dir. de Paule Petitier, Paris, Gallimard, coll. » Bibliothèque de la Pléiade », 2019, t. I, p. 15.
2 Ibid., p. 19.
3 Ibid., p. 20.
4 Ibid. On verra plus loin que Michelet répond sur ce point, comme nombre de ses contemporains et comme Victor Hugo lui-même, aux théories de Joseph de Maistre (chapitre 2).
5 Ibid., p. 21.
6 Ibid., p. 20.
7 Michelet J., Préface de 1847, Histoire de la Révolution française, op. cit., p. 11.
8 En mettant en avant le terme de « solidarité », à comprendre comme la solidarité des crimes et des peines et plus précisément, le fait que tout homme soit coupable en tant qu’homme, il n’est pas impossible que Michelet s’oppose sur ce point non pas à Maistre mais à Ballanche. Pour Ballanche, la loi de « solidarité » est liée à la chute de l’homme qui prouve, à ses dépens certes, sa liberté au moment du péché originel ; elle caractérise les étapes inférieures mais nécessaires de sa marche vers le progrès, le but ultime en effet, étant le remplacement de la loi de « solidarité » par celle de la « charité ». Voir Ballanche Pierre-Simon, La Ville des Expiations [ouvrage inachevé, postérieur à la révolution de Juillet], édition préparée par l’ERA 447 du CNRS sous la direction de Jean-René Derré, Lyon, Presses universitaires de Lyon, 1981, Livre Premier, p. 16-17.
9 Voir Foyer Jean, Histoire de la justice, Paris, PUF, coll. » Que sais-je ? », 1996, p. 49.
10 Officiellement supprimée de la loi au xixe siècle, la personnalité de la peine fait retour sous la forme de la misère (économique) ; le condamné entraîne dans sa chute tous ceux qui dépendaient de lui pour vivre. Toute l’œuvre de Hugo le dénonce : en 1834 la femme de Claude Gueux devenue fille publique, l’enfant disparu (Claude Gueux, p. 864) dans l’anonymat de la misère, comme la sœur de Jean Valjean et ses neveux en 1862. Rien n’a vraiment changé encore en 1876, lorsque Hugo sénateur plaide pour l’amnistie des Communards : « À la justice, la faute apparaît dans une sorte d’isolement inexorable ; à la clémence, le coupable apparaît entouré d’innocents ; il a un père, une mère, une femme, des enfants, qui sont condamnés avec lui et qui subissent sa peine. Lui il a le bagne ou l’exil ; eux, ils ont la misère. Ont-ils mérité le châtiment ? Non. L’endurent-ils ? Oui. » Hugo V., « L’amnistie au Sénat. Séance du lundi 22 mai 1876 », Actes et Paroles III, II, Paris, XXXII, , in Œuvres complètes, Paris, Robert Laffont, coll. » Bouquins », 1985, vol. Politique, p. 918.
11 Cité par Daniel Arasse, La Guillotine et l’Imaginaire de la Terreur, Paris, Flammarion, 1987, p. 19.
12 Pour Jean-Pierre Royer, l’année 1789 constitue ainsi une année décisive, qui opère en quelques mois « une série de cassures » et « commande tous les mouvements et toutes les recherches du régime idéal qui se poursuivent jusque dans les années 1880. » Royer J.-P., Histoire de la justice en France, de la monarchie absolue à la République [1re éd. 1995], 3e éd. refondue, Paris, PUF, coll. » Droit Fondamental », 2001, p. 20.
13 Le roi est ainsi « [l’]incarnation des liens éternels entre pouvoir de juger et pouvoir de commander, entre jurisdictio et imperium ». Royer J.-P., Histoire de la justice en France, de la monarchie absolue à la République, op. cit., p. 25.
14 Les lettres de cachet « tiraient leur nom de leur forme : “C’est une lettre écrite par ordre du Roi, contresignée par un secrétaire d’État et cachetée du cachet du roi.” » Esmein Adhémar, Histoire de la procédure criminelle en France et spécialement de la procédure inquisitoire depuis le xiie siècle jusqu’à nos jours, Paris, L. Larose et Forcel, Libraires-éditeurs, 1882, p. 257.
15 Ibid., p. 253-254.
16 Au pénal uniquement et non au civil : « le droit privé [est] considéré comme trop technique pour être confié, en dehors de la justice de paix, donc des affaires les plus simples, à de simples citoyens sans compétences juridiques. » Garnot Benoît, Histoire de la justice. France, xvie-xxie siècle, Paris, Gallimard, coll. » Folio Histoire », 2009, p. 374.
17 Royer J.-P., Histoire de la justice en France, de la monarchie absolue à la République, op. cit., p. 303. L’italique est dans le texte.
18 Foyer J., Histoire de la justice, op. cit., p. 55.
19 Jusqu’au Consulat qui reviendra à une magistrature nommée. Ibid.
20 Royer J.-P., Histoire de la justice en France, de la monarchie absolue à la République, op. cit., p. 280-281.
21 « Privilège accordant à certains plaideurs le droit de faire évoquer leur cause en première instance devant un autre tribunal (en général un parlement) que celui qui aurait dû être normalement saisi. » Garnot B., Histoire de la justice. France, xvie-xxie siècle, op. cit., p. 694.
22 C. Biet, Droit et Littérature sous l’Ancien Régime, op. cit., p. 104.
23 B. Garnot rappelle que dans la pratique, des contraintes pesaient sur le juge. Par ailleurs, si la libre appréciation de la peine revenait au juge, la procédure décidant au préalable de la culpabilité ou non de l’accusé était fixée, très contraignante et unifiée sur tout le territoire. Garnot B., Histoire de la justice. France, xvie-xxie siècle, op. cit., p. 460, p. 462-463.
24 Les codes mis en place sous l’Empire assoupliront sur ce point l’application de la loi. Garnot B., Histoire de la justice. France, xvie-xxie siècle, op. cit., p. 469.
25 Royer J.-P., Histoire de la justice en France, de la monarchie absolue à la République, op. cit., p. 258.
26 Hugo V., Quatrevingt-treize, II, III, 1, – 3, op. cit., p. 893. Le Peletier de Saint-Fargeau avait proposé à la Constituante un certain nombre de réformes décisives de la justice ; réélu à la Convention, il vota la mort du roi et fut tué le lendemain, le 20 janvier 1793, par un royaliste. La Convention montagnarde en fit le « martyr de la liberté ».
27 Ibid., p. 894.
28 Ibid., III, VII, 6, p. 1065. Ce seront ses dernières paroles.
29 La liste n’est pas close. Pour les années 1770, il faudrait citer Pierre Cahuzac, pour les années 1780 Marie Cléreaux et Catherine Estinès… Voir la liste établie par Garnot B., Histoire de la justice. France, xvie-xxie siècle, op. cit., p. 644-645. Les erreurs judiciaires ne s’arrêteront pas avec la réforme de la Justice. Victor Hugo se souvient de l’affaire du Courrier de Lyon pendant la Révolution et la prend comme clausule au moment du jugement de son fils Charles en 1851, dans la péroraison de son discours (Actes et Paroles I, Tribunaux, op. cit., p. 316) : Joseph Lesurques, guillotiné le 9 brumaire de l’an V, sera réhabilité en 1867. Par ailleurs, Hugo prendra fait et cause en 1862 pour Rosalie Doise, condamnée à mort pour parricide en Flandre française, rejugée et acquittée en 1863 (Hugo V., Actes et Paroles II. Pendant l’exil, – 1862, in Œuvres complètes, Paris, Robert Laffont, coll. » Bouquins », 1985, vol. Politique, p. 551-553).
30 Les travaux de l’historien Benoît Garnot soulignent l’importance de l’effet « médiatique » orchestré par les philosophes des Lumières, et Voltaire au premier chef. Ils réhabilitent aussi la justice de l’Ancien Régime en rappelant d’une part que la procédure civile, donc orale et accusatoire, prenait en charge la majorité des affaires, plus des neuf dixièmes (Histoire de la justice. France, xvie-xxie siècle, op. cit., p. 368) et que d’autre part, la procédure criminelle, extrêmement longue et complexe, allait rarement à son terme (p. 385). B. Garnot s’oppose de manière parfois très polémique à une histoire « voltairienne » de la justice d’Ancien Régime, voir par exemple C’est la faute à Voltaire… Une imposture intellectuelle ?, Paris, Belin, coll. » Histoire et Société », 2009.
31 Garnot B., Histoire de la justice. France, xvie-xxie siècle, op. cit., p. 390.
32 Beccaria Cesare, Traité des délits et des peines, traduit par Collin de Plancy, Paris, Brière éditeur, 1822, p. 59. Cité par Esmein A., Histoire de la procédure criminelle en France, op. cit., p. 359. Nous reviendrons sur la publicité au xixe siècle, liée à la question de l’opinion, deux notions mises en avant par la création, avec la Gazette des tribunaux, d’un journal officiel des tribunaux (chapitre 4).
33 Garnot B., Histoire de la justice. France, xvie-xxie siècle, op. cit., p. 484-485.
34 Nous traiterons de la pénalité dans le chapitre 5.
35 Cité par Arasse D., La Guillotine et l’Imaginaire de la Terreur, op. cit., p. 19-20.
36 Ibid., p. 73.
37 Ibid., p. 22.
38 Hugo V., « Journal des idées et des opinions d’un révolutionnaire de 1830, décembre », Littérature et Philosophie mêlées, in Œuvres complètes, Paris, Robert Laffont, coll. » Bouquins », 1985, vol. Critique, p. 130. D. Arasse place cette citation de V. Hugo en épigraphe du chapitre 1 de son livre, p. 19. Victor Hugo rappelle aussi, non sans ironie, dans la préface de 1832 du Dernier Jour d’un condamné : « La torture a disparu. La roue a disparu. La potence a disparu. Chose étrange ! la guillotine est un progrès !/M. Guillotin était un philanthrope. » Hugo V., Le Dernier Jour d’un condamné, Préface, in Œuvres complètes, Paris, Robert Laffont, coll. « Bouquins », 1985, vol. Roman I, p. 415.
39 Elle est établie dans l’article 24 du titre VI du décret des 19-29 septembre 1791 et elle est encore en vigueur dans l’article 353 de notre Code de procédure pénale (voir chapitre 4).
40 Esmein A., Histoire de la procédure criminelle en France, op. cit., p. 266. A. Esmein souligne qu’il était très difficile d’obtenir une preuve complète car les conditions requises étaient exigeantes. Et la preuve de l’aveu, si elle était obtenue par la torture, ne suffisait pas. Le système était en réalité vicieux : A. Esmein montre que, parce qu’il était très dur d’obtenir une preuve complète, la torture avait été maintenue et pratiquée : on pouvait en effet combiner cette preuve – partielle – avec une autre « demi »-preuve…
41 Garnot B., Histoire de la justice. France, xvie-xxie siècle, op. cit., p. 624.
42 Rappaport Sylvain, La Chaîne des forçats. 1792-1836, Paris, Aubier, coll. » Historique », 2006, p. 16.
43 Ibid., p. 17.
44 Hugo V., Les Misérables, V, VII, 1, in Œuvres complètes, Paris, Robert Laffont, coll. « Bouquins », 1985, vol. Roman II, p. 1095-1096. Voir aussi un peu plus loin « “Je suis un galérien qui obéit à sa conscience.” », ibid., p. 1099.
45 Ibid. La casaque rouge fait partie de l’uniforme des bagnards, ainsi que le bonnet, rouge pour les condamnés à temps et vert pour les condamnés à perpétuité. Voir Pierre Michel, Le Dernier Exil. Histoire des bagnes et des forçats, Paris, Gallimard, coll. » Découvertes », 1989, p. 32-37. Jean Valjean, qui s’est évadé en 1823 de Toulon après sa condamnation à perpétuité pour récidive (conséquence de sa dénonciation au procès Champmathieu), est en rupture de ban.
46 Une première codification de la procédure pénale est amorcée sous la Révolution, avec les lois de septembre 1791, puis avec le Code des délits et des peines (3 brumaire an IV, 25 octobre 1795) adopté à la toute fin de la Convention.
47 Voir sur ce point Esmein A., Histoire de la procédure criminelle en France, op. cit., p. 451, p. 469. Pour éradiquer les bandes de brigands qui terrorisaient les membres du jury lorsque l’un d’entre eux était jugé au pénal, Napoléon, Premier Consul, les fit juger par des commissions militaires déployées dans le pays.
48 Michelet J., Histoire de la Révolution française, op. cit., 2019, t. II, p. 214.
49 Ibid., p. 314. Pour Michelet, la Révolution, celle positive des débuts, est celle du peuple. La Terreur et les violences sont le fait d’« un nombre d’homme minime, infiniment petit », écrit-il dans sa préface datée du 31 janvier 1847 (Histoire de la Révolution française, op. cit., t. I, p. 13). Elle résulte aussi de la personnalisation croissante du pouvoir qui, selon Michelet, conduit à la tyrannie de Robespierre puis à celle de Napoléon Bonaparte.
50 Selon les termes de J.-P. Royer, Histoire de la justice en France, de la monarchie absolue à la République, op. cit., p. 359. L’italique est dans le texte.
51 Robespierre Maximilien (de), Discours sur le jugement de Louis XVI (1re intervention) prononcé à la tribune de la Convention le 3 décembre 1792, in Corato Nicolas (éd.), Grandes Plaidoiries et Grands Procès du xve au xxe siècle, Paris, Éditions Prat, 2005, p. 240.
52 Ibid.
53 Ibid., p. 241.
54 Ibid., p. 242.
55 Ibid.
56 Corato Nicolas (éd.), Grandes Plaidoiries et Grands Procès du xve au xxe siècle, op. cit., p. 231.
57 Hugo V., Quatrevingt-treize, II, III, 1, – 8, op. cit., p. 902.
58 Inventé par Étienne Gaspard Robert qui anglicisa son nom en « Robertson », le dispositif optique de la fantasmagorie naît sous le Directoire. Les scènes représentées traitent de l’actualité récente (par exemple Robespierre sortant de son tombeau) et manifestent un goût pour les scènes macabres et gothiques, nonnes sanglantes ou têtes coupées. Voir Milner Max, La Fantasmagorie. Essai sur l’optique fantastique, Paris, PUF, coll. » Écriture », 1982, en particulier les p. 9 à 11. Delphine Gleizes montre que la fantasmagorie constitue un mode de lecture de l’Histoire, et très exactement « une manière cathartique de s’approprier la tourmente révolutionnaire ». Voir Gleizes D. « “Tout est optique. Ou jeu d’optique”. Machines à images et morales de l’histoire », Écrire l’histoire, no 5, Dossier Morales (1), printemps 2010, p. 66-68 en particulier. L’écriture hugolienne de l’Histoire nous semble rejoindre le dispositif cathartique mis en place pour dire, montrer et exorciser la Terreur.
59 Ibid. Le procédé de l’« apophétie », soit la prophétie après-coup, est fréquent dans les romans de la Révolution ; il est emprunté à l’épopée et encore pratiqué par Voltaire. Voir Bourdenet Xavier, « La Révolution entre mémoire et histoire, 1815-1848 », in Déruelle Aude et Roulin Jean-Marie (dir.), Les Romans de la Révolution, 1790-1912, Paris, Armand Colin, coll. » Recherches », 2014, p. 81.
60 Royer J.-P., Histoire de la justice en France, de la monarchie absolue à la République, op. cit., p. 399.
61 Hugo V., Quatrevingt-treize, II, II, 3, op. cit., p. 887.
62 Foyer J., Histoire de la justice, op. cit., p. 69-70.
63 Hugo V., Quatrevingt-treize, II, III, 1, – 4, op. cit., p. 897.
64 Ibid., II, III, 1, – 5, p. 898-899.
65 Royer J.-P., Histoire de la justice en France, de la monarchie absolue à la République, op. cit., p. 409.
66 Voir Julliot Caroline, Le Grand Inquisiteur, naissance d’une figure mythique au xixe siècle, Paris, Honoré Champion, coll. » Histoire culturelle de l’Europe », 2010.
67 Ozouf Mona, Les Aveux du roman. Le xixe siècle entre Ancien Régime et Révolution [Paris, Librairie Arthème Fayard, 2001], Paris, Gallimard, coll. » Tel », 2004, p. 10.
68 Comme le roman forme un diptyque avec La Vieille fille, ce serait la ville d’Alençon. M. Ozouf consacre de belles pages à ce diptyque dans Les Aveux du roman. Le xixe siècle entre Ancien Régime et Révolution, op. cit., p. 55-79.
69 Balzac Honoré (de), Le Cabinet des Antiques [1839], éd. de Philippe Berthier, Paris, GF-Flammarion, 1987, p. 215.
70 P. Berthier précise que le Cabinet des Antiques est le « département de la Bibliothèque royale où l’on conservait les monnaies, médailles et camées » (ibid., Introduction, p. 32). Les d’Esgrignon et la petite société ultra qui les entoure apparaissent ainsi d’emblée dans le cadre d’un musée voué à la conservation de ce qui a disparu. Ils sont également implicitement comparés à des pièces démonétisées ; ils n’ont plus cours… Balzac semble apprécier la métaphore filée de l’argent démonétisé, de la valeur qui ne permet plus l’échange.
71 Ibid., Préface de la première édition, 1839, p. 200. La critique balzacienne a pu identifier deux procès pour faux susceptibles d’avoir inspiré Balzac, l’un en 1823, l’autre en 1836, éd. citée note 4, p. 369.
72 Ibid., p. 210.
73 Ibid., p. 214.
74 Ibid., p. 228.
75 Ibid., p. 230.
76 Ibid., p. 232.
77 Ibid., p. 239.
78 Ibid., p. 280.
79 Ibid., p. 251. L’italique est dans le texte.
80 Au titre de l’art. 147, « Seront punies des travaux forcés à temps, toutes autres personnes qui auront commis un faux en écriture authentique et publique, ou en écriture de commerce ou de banque […] ».
81 Balzac H. (de), Le Cabinet des Antiques, op. cit., p. 305-306.
82 Ibid., p. 232. La fiction, un peu après cette intervention du narrateur, fait apparaître la date d’octobre 1822. Le roman se passe sous la Restauration, avec un épilogue sous la révolution et la monarchie de Juillet.
83 Ibid., p. 348.
84 Ibid., p. 225.
85 « À son insu, qu’il le veuille ou non, qu’il y consente ou non, l’auteur de cette œuvre immense et étrange est de la forte race des écrivains révolutionnaires. » Hugo V., Actes et Paroles I, Enterrements, « Discours prononcé aux funérailles de M. Honoré de Balzac, 21 août 1850 », op. cit., p. 327.
86 M. Ozouf le constate pour nombre de romans, balzaciens ou non : « Le travail de la démocratie peut ainsi s’observer dans des romans hostiles à la démocratie, et la persistance de l’aristocratie dans les romans “démocrates” ». Ozouf M., Les Aveux du roman, op. cit., p. 23. Nos quatre auteurs vérifient de fait cette ambivalence dans les quatre œuvres que nous avons choisies.
87 Balzac H. (de), Le Cabinet des Antiques, op. cit., p. 226.
88 Le roman est aussi, dans sa seconde partie, un roman qui met en scène les professionnels de la justice, avec le président du tribunal, M. du Ronceret (parti libéral), le juge d’instruction Camusot et son ambitieuse et astucieuse épouse, le juge de paix Blondet, doux et temporisateur, qui a deux passions, le Droit et la Botanique. Balzac s’est intéressé, ici, et dans d’autres romans (Camusot, Du Ronceret sont des personnages reparaissants de La Comédie humaine) aux professions juridiques. Il montre en particulier les aléas des carrières, soumises, avec le principe de la nomination, aux pressions politiques.
89 Voir les travaux de Jacques-David Ebguy sur le personnage balzacien « fantômatique ». Ebguy J.-D., Le Héros balzacien. Balzac et la question de l’héroïsme, Saint-Cyr-sur-Loire, Christian Pirot éd., 2010.
90 Barbey d’Aurevilly Jules, Les Diaboliques [1874], « Le Bonheur dans le crime », éd. de Jacques Petit, Paris, Gallimard, coll. » Folio classique », 2003, p. 158-159. La vengeance privée, aristocratique et horrible, se retrouve dans une autre nouvelle, « La Vengeance d’une femme », où le duc de Sierra-Leone, de très haute noblesse, se venge de son épouse adultère en faisant assassiner sous ses yeux son amant ; il s’apprête à faire manger le cœur du cadavre par ses chiens, lorsque la duchesse, issue elle aussi d’une illustre famille, exige de le manger elle-même… Elle se vengera à son tour en se faisant prostituée afin de souiller à jamais le nom de son époux : sa « vengeance » sera celle du déshonneur et de l’infamie. On retrouve le motif du cœur mangé (acte d’amour et/ou de haine) et de l’ignominie, qui valent par opposition aux valeurs morales et moyennes de la justice bourgeoise.
91 Ibid., p. 147.
92 Ibid., p. 140-141. Barbey d’Aurevilly cite approximativement l’article 230 du Code civil de 1804 (Livre 1er, Titre VI, Du Divorce) : « La femme pourra demander le divorce pour cause d’adultère de son mari, lorsqu’il aura tenu sa concubine dans la maison commune. » Sous la Restauration, le divorce est supprimé (il ne sera rétabli qu’en 1884) ; le mariage est indissoluble, mais la séparation de corps peut être prononcée.
93 « On s’effraie des partis violens [sic] ; mais ils conviennent aux âmes fortes, et les caractères vigoureux se reposent dans l’extrême. » Chamfort, Œuvres complètes [3e éd., 1812], tome second, Maximes et Pensées, Paris, Maradan libraire, 1812, p. 68.
94 Comme l’ont montré Aude Déruelle et Jean-Marie Roulin, les romans de la Révolution au xixe siècle n’appartiennent pas uniquement au genre historique, loin s’en faut, et contribuent en profondeur à l’évolution du roman. La Révolution ne constitue pas un sujet parmi d’autres ; elle est construite comme l’acte de fondation autour duquel gravitent nombre d’éléments caractéristiques du siècle : pour nous, la justice et, dans la perspective d’une histoire des genres, l’élaboration d’une grammaire du récit romanesque. Déruelle A. et Roulin J.-M. (dir.), Les Romans de la Révolution, 1792-1912, Paris, Armand Colin, coll. » Recherches », 2014.
95 Sand George, Mauprat [éd. de 1852], éd. de Jean-Pierre Lacassagne, Paris, Gallimard, coll. » Folio », 1981, préambule du récit, p. 38.
96 Ibid., chap. i, p. 42-43.
97 Ibid., p. 45.
98 Ibid.
99 Ibid., chap. ii, p. 55.
100 Ibid., chap. vi, p. 98.
101 Ibid., chap. x, p. 154.
102 Ibid., chap. xv, p. 260.
103 L’infrajustice désigne un « moyen de résolution des conflits situé hors de la justice officielle (bien que ne s’opposant pas forcément à elle) ». Garnot B., Histoire de la justice. France, xvie-xxie siècle, op. cit., p. 697.
104 Sand G., Mauprat, op. cit., chap. xx, p. 322.
105 Ibid., p. 323.
106 Ibid., chap. xxiv, p. 365.
107 Ibid., p. 364.
108 Voir sur ce point Garnot B., Histoire de la justice. France, xvie-xxie siècle, op. cit., p. 251-252.
109 Voir plus loin notre chapitre 4.
110 Sand G., Mauprat, op. cit., chap. xxv, p. 371.
111 Ibid., chap. xxvi, p. 384-385.
112 L’allusion à la célèbre fable de La Fontaine, « Le paysan du Danube » (Livre XI, Fable 7) n’est pas choisie au hasard. Elle permet une mise en abyme du chapitre : le paysan du Danube a été envoyé par les siens à Rome devant le Sénat pour se plaindre de la cupidité des Romains qui pillent son peuple. Sa figure grotesque, il est « velu », a « le regard de travers, nez tortu, grosse lèvre/Port[ant] sayon de poils de chèvre » correspond à Patience dépenaillé et hirsute. Mais comme le dit la première moralité placée au premier vers de la fable : « Il ne faut point juger des gens sur l’apparence. » La Fontaine Jean (de), Fables, édition de René Radouant, Paris, Hachette [1929], rééd. 1979, p. 430-430. L’éloquence du paysan du Danube, qui en appelle aux dieux dans un discours sans compromis où il dénonce un injuste esclavage et menace les Romains de la vengeance des dieux, remporte contre toute attente un plein succès. C’est ce qui arrive à Patience. George Sand semble néanmoins ne pas avoir retenu la toute fin de la fable, plus désabusée, qui suggère que l’engouement des Romains pour l’éloquence sincère du paysan ne dura pas.
113 Ibid., p. 387. – Nous soulignons.
114 Ibid., chap. xxvii, p. 400-401.
115 Voir supra p. 39-40.
116 Sand G., Mauprat, op. cit., chap. xxvii, p. 397.
117 Ibid., chap. xxviii, p. 416. Comme nous l’avons vu plus haut, Calas, supplicié en 1762, a été réhabilité en 1765. Le procès de Bernard a lieu vingt ans après.
118 Ibid., chap. xxx, p. 431.
119 Ibid., p. 432.
120 Ibid., chap. xiv, p. 242.
121 Ibid., chap. x, p. 165.
122 Ibid., p. 166.
123 Ibid., chap. xiv, p. 249.
124 V. Hugo à Albert Lacroix, 10 janvier 1863, in Hugo V., Œuvres complètes, Paris, Club français du livre, 1969, t. XII, p. 1210.
125 Hugo V., « Le bois de la Saudraie », Quatrevingt-treize, I, I, op. cit., p. 794.
126 Ibid., p. 795.
127 Ibid. Radoub parle en connaissance de cause, soulignant l’existence, en Révolution, d’une parole politique populaire : « J’étais du club de la section des Piques », précisera-t-il à la fin du roman, III, VII, 3, p. 1053.
128 Ibid., p. 798.
129 Ibid.
130 Ibid., p. 957.
131 Ibid., p. 958.
132 Ibid.
133 Aussi n’est-il pas, à la différence de Gauvain, sincèrement attaché aux lieux : « M. de Lantenac était de ceux qui ne ménagent rien, et d’ailleurs il avait surtout habité Versailles et n’avait aucune superstition pour la Tourgue, qu’il connaissait à peine. » Ibid., III, II, 11, p. 966.
134 Ibid., III, II, 9, p. 954-955.
135 Comme l’a montré Claude Millet dans un article fondamental sur la représentation de l’Histoire dans l’œuvre de Victor Hugo comme monument et sur la « minéralisation du passé », les murs écroulés sont nécessaires à la mise en place d’une lecture du Progrès dans l’Histoire. La « Vision d’où est sortie ce livre », écrite au moment de la première série de La Légende des Siècles, mais publiée au moment de la Nouvelle Série (1877), évoque « la lugubre Tour des Choses » écroulée en « hideux tronçons ». Le commentaire de C. Millet vaudrait pour la description de la Tourgue « il y a quarante ans » ou de la Tour-Mauprat : « le bloc de la tradition est brisé en “hideux tronçons” par l’événement révolutionnaire, et en attente de l’avenir ». « Bloc, événement – Une représentation de l’Histoire dans l’œuvre de Victor Hugo », communication au Groupe Hugo du 6 avril 2002, en ligne sur < http://groupugo.div.jussieu.fr >, p. 7, consulté le 23/04/2017.
136 Selon la note de Jean Gaudon dans l’éd. « Bouquins », no 53, op. cit., p. 1107.
137 Ibid., III, II, 9, – IV, p. 957.
138 Latude, « l’homme enterré trente-sept ans à la Bastille », est évoqué dans la partie strictement historique du roman et un lien est ménagé par Hugo entre l’Histoire et la fiction, puisque Cimourdain demande que le bras de la statue de Louis XV, place de la Révolution, renversée et mise en pièces soit portée par une députation à Latude : « Quand Latude, le carcan au cou, la chaîne au ventre, pourrissait vivant au fond de cette prison par ordre de ce roi dont la statue dominait Paris, qui lui eût dit que cette prison tomberait, […] et que de ce roi de boue il ne resterait que ce bras d’airain ! » Ibid., II, I, 2, p. 865-866. Ainsi le thème de la libération et de la chute de la Bastille comme fin de l’arbitraire royal est-il central dans le roman.
139 Ibid., III, VII, 6, p. 1061.
140 Ibid., II, I, 2, p. 865.
141 Ibid., III, VII, 6, p. 1061.
142 Ibid.
143 Ibid.
144 Ibid.
145 Ibid.
146 Ibid., p. 1062.
147 Ibid., III, VI, 1, p. 1031.
148 Ibid., I, II, 3, p. 807.
149 Ibid., II, II, 2, p. 882.
150 Ibid.
151 Voir la Revue de la critique dans l’éd. de Quatrevingt-treize dans les Œuvres complètes de l’Imprimerie Nationale, Paris, Librairie Ollendorff, Roman – IX, 1924, p. 475-489.
152 Hugo V., Quatrevingt-treize, III, VII, 5, op. cit., p. 1056.
153 Hugo V., Les Misérables, V, I, 5, in Œuvres complètes, Paris, Robert Laffont, coll. » Bouquins », 1985, vol. Roman II, p. 940.
154 Voir notre chapitre 4.
155 Hugo V., Quatrevingt-treize, II, III, 1, – IV, op. cit., p. 898.
156 Les historiens actuels parlent d’infrajustice, voir supra note 103, p. 57.
157 Foyer J., Histoire de la justice, op. cit., p. 58.
158 Hugo V., Actes et Paroles I, Notes, Conseil d’État, 1849, Note IX, « La liberté du théâtre », op. cit., p. 361.
159 Ibid., p. 369-370.
160 « Croyez-vous qu’un auteur aille trois fois devant le jury dramatique ? Pour moi, je ne le crois pas. Tout auteur traduit devant le jury se défendra ; s’il est blâmé, il sera profondément affecté par ce blâme, et, soyez tranquille, je connais l’esprit de cette excellente et utile association, vous n’aurez pas de récidives. » Ibid., p. 370. Dans le cas d’un auteur qui s’obstinerait malgré tout, Hugo souligne qu’il n’irait pas jusqu’à interdire la pièce mais que l’auteur pourrait être jugé par les tribunaux ordinaires.
161 Dans le cadre de la loi du 17 mai 1819, la littérature peut constituer un délit relevant de l’« outrage à la morale publique et religieuse, ou aux bonnes mœurs » et passible en cela « d’un emprisonnement d’un mois à un an, et d’une amende de 16 francs à 500 francs. » Les célèbres procès des Fleurs du Mal et de Madame Bovary en 1857 ne sont qu’un exemple parmi d’autres relevés par Yvan Leclerc au nombre des « crimes écrits ». Voir Leclerc Y., Crimes écrits. La littérature en procès au xixe siècle, op. cit.
162 Hugo V., Actes et Paroles I, Assemblée législative (1849-1851), IX, op. cit., p. 272.
163 Ibid.
164 De 1814 à 1848, les rois de la Restauration et de la monarchie de Juillet « auront voulu et cette fois réussi pour la durée de leurs règnes à se réapproprier une justice qui émanera d’eux désormais mais qu’ils auront quelque peu modernisée et adaptée aux temps nouveaux ». Royer J.-P., Histoire de la justice en France, op. cit., p. 494. – L’italique est dans le texte.
165 Hugo V., Actes et Paroles I, Assemblée législative (1849-1851), IX, op. cit., p. 273.
166 Ibid., p. 274.
167 Ibid., Assemblée législative (1849-1851), VI, p. 249-250.
168 Hugo V., Actes et Paroles III, in Œuvres complètes, Paris, Robert Laffont, coll. » Bouquins », 1985, vol. Politique, I, Bruxelles, IV, À MM. Meurice et Vacquerie, p. 792. La lettre, d’abord publiée dans Le Rappel du 6 mars 1872 où elle est datée du 28 avril 1871, fut écrite en réalité après la semaine sanglante, entre le 29 juillet et le 15 septembre (note de Marie-Christine Bellosta, no 70 p. 1131). Elle résume les positions de Hugo à l’égard de la commune. Nous renvoyons à l’excellente présentation de Franck Laurent, Victor Hugo. Écrits politiques, anthologie et présentation, Paris, Librairie Générale Française, coll. » Le Livre de Poche Références », 2001, p. 277-280.
169 Hugo V., Actes et Paroles III, op. cit., p. 792-793.
170 Ibid., III, Paris, IV, p. 840. V. Hugo ne fut pas élu.
171 Hugo V., Actes et Paroles I, Assemblée Constituante, 1848, IV, « La peine de mort », op. cit., p. 180.
172 Hugo V., Actes et Paroles II, 1853, II, op. cit., p. 440. La jeune femme, proscrite, était morte de phtisie. Hugo accuse les conditions d’incarcération inhumaines dont elle avait été victime à Paris (une « cellule d’essai […] sorte de cage de sept à huit pieds carrés à peu près, sans air et sans jour », ibid., p. 438) puis son expulsion du pays dans toutes les rigueurs d’un hiver glacial et dans un dénuement total.
173 Hugo V., Actes et Paroles I, Assemblée législative (1849-1851), VIII, « La liberté de la presse », 9 juillet 1850, op. cit., p. 269.
174 Hugo V., Actes et Paroles II, 1862, I, « Les condamnés de Charleroi », op. cit., p. 530.
175 C’est ce que nous avons montré dans « “Ce cri que nous jetons souvent” : le Progrès selon Hugo », numéro spécial de Romantisme, no 108, consacré à L’Idée de Progrès, Paris, Sedes, 2000, p. 75-90.
176 Nous renvoyons par exemple aux travaux de B. Garnot, même si c’est dans un esprit polémique : C’est la faute à Voltaire. Une imposture intellectuelle ?, op. cit. ou Voltaire et l’Affaire Calas, Paris, Hatier, coll. » Récits d’historien », 2013.
177 Hugo V., « La Caravane », Châtiments, VII, VII, in Œuvres complètes, Paris, Robert Laffont, coll. » Bouquins », 1985, vol. Poésie II, p. 181.
178 Hugo V., William Shakespeare, III, III, 4, in Œuvres complètes, Paris, Robert Laffont, coll. » Bouquins », 1985, vol. Critique, p. 450.
179 Hugo V., Paris [1867], in Œuvres complètes, Paris, Robert Laffont, coll. » Bouquins », 1985, vol. Politique, p. 38. Écrit comme une introduction au Paris-guide, le guide de l’Exposition universelle de 1867, publié par l’éditeur Lacroix, Paris fut aussi publié simultanément en brochure (mai 1867). Dans le contexte plus libéral des dernières années du Second Empire, et depuis l’exil, Hugo souhaite rappeler à Paris qu’elle est la ville de la Révolution ; il propose également avec ce texte un manifeste pour la paix en Europe. Voir l’introduction d’Yves Gohin, éd. cit., p. 1086.
180 C’est ce que montre Raymond Trousson dans Le Tison et le Flambeau. Victor Hugo devant Voltaire et Rousseau, Bruxelles, Éditions de l’université de Bruxelles, 1985.
181 Hugo V., Paris, op. cit., p. 41.
182 Hugo V., Actes et Paroles II, 1867, IV, « La statue de Voltaire », op. cit., p. 589.
183 Hugo V., Actes et Paroles IV, in Œuvres complètes, Paris, Robert Laffont, coll. » Bouquins », 1985, vol. Politique, 1878, II, « Le Centenaire de Voltaire. 30 mai », p. 986.
184 Ibid., p. 986-987.
185 Ibid., p. 987.
186 Marieke Stein montre bien dans sa thèse comment le souci constant chez Hugo de diffuser ses lettres ou ses discours, en particulier à partir de l’exil, relève d’un dispositif pré-médiatique, intimement lié aussi à l’épreuve de la parole exilée : « La parole exilée doit se répéter et être proférée sans cesse, sous peine d’être éteinte par la censure, l’éloignement et l’oubli. » Stein M., « Un homme parlait au monde ». Victor Hugo orateur politique (1846-1880), Paris, Honoré Champion, coll. » Romantisme et Modernités », 2007, p. 282.
187 Guy Rosa a édité les pièces du dossier dans ce qu’il appelle, à la suite de Hugo dans Actes et Paroles, « L’affaire Tapner » (Hugo V., Le Dernier Jour d’un condamné, suivi de Claude Gueux et L’Affaire Tapner, éd. de G. Rosa, Paris, Librairie Générale Française, coll. » Le Livre de Poche Classiques », 1989), soit la lettre de Hugo aux habitants de Guernesey en janvier 1854, parue simultanément en brochure et dans plusieurs journaux, puis reprise dans Discours de l’exil [Jersey, 1854], et dans Actes et Paroles II. Pendant l’exil [M. Levy, 1875]. Elle est suivie de la Lettre de Hugo écrite à Lord Palmerston, Secrétaire d’État de l’Intérieur en Angleterre, le 11 février 1854, ainsi que du récit de la visite que fit Hugo à la prison de Guernesey le 5 décembre 1855, texte inédit du vivant de l’écrivain, et publié dans la première série de Choses vues (Charpentier, 1888).
188 Hugo V., Actes et Paroles II, op. cit., note 66, p. 1121 par Josette Acher.
189 Ibid., p. 525-526 ; p. 590.
190 La reproduction des quatre versions se trouve dans les Œuvres complètes de Victor Hugo, Paris, Club français du livre, 1967, t. XVII, Dessins et lavis – I, no 499 à 502. Nous utilisons ici les renseignements fournis par Bernadette Grynberg (no 499 et no 502).
191 Voir Jean-Claude Farcy, Les Sources judiciaires de l’époque contemporaine (xixe-xxe siècle), Paris, Bréal, coll. » Sources d’histoire », 2007, p. 259.
192 Hugo V., Actes et Paroles II, 1862, VI, « Affaire Doise », op. cit., p. 551-553.
193 Voir la présentation de Jacques Seebacher dans son édition de Claude Gueux, in Hugo V., Œuvres complètes, Paris, Robert Laffont, coll. » Bouquins », 1985, vol. Roman I, p. 947-951. L’édition critique de Paul Savey-Casard (Paris, PUF, 1956), précise, à partir d’archives, qui fut le véritable Claude Gueux.
194 Hugo V., Claude Gueux, op. cit., p. 877.
195 Hugo V., Les Rayons et les Ombres, III, in Œuvres complètes, Paris, Robert Laffont, coll. » Bouquins », 1985, vol. Poésie I, p. 936.
196 Hugo V., Actes et Paroles II, 1862-II, « Armand Barbès », op. cit., p. 532. Barbès fait allusion à ce passage des Misérables qui viennent de paraître au moment où il écrit à Hugo, dans lequel ce dernier rend hommage aux conceptions progressistes de Louis-Philippe en matière de justice : « Louis-Philippe avait annoté de sa main Beccaria. Après la machine Fieschi, il s’écriait, Quel dommage que je n’ai pas été blessé ! j’aurais pu faire grâce. Une autre fois, faisant allusion aux résistances de ses ministres, il écrivait à propos d’un condamné politique qui est une des plus généreuses figures de notre temps : Sa grâce est accordée, il ne me reste plus qu’à l’obtenir. » Hugo V., Les Misérables, IV, I, 3, op. cit., p. 662.
197 Hugo V., Actes et Paroles II, 1862-II, « Armand Barbès », op. cit., p. 533.