1Christa Berg (Hg.) : Handbuch der deutschen Bildungsgeschichte (1870-1918), vol. IV, (cité désormais : Handbuch) p. 256.
2Sur Bildung et néo-humanisme, cf. Gandouly : « Wilhelm von Humboldt ou l'humanisme comme idéal de vie et objet de recherches », in : Revue d'Allemagne, 3/1993 (numéro consacré aux actes du colloque « Humanisme et humanité dans la pensée allemande depuis deux siècles » sous la direction de Louis Dupeux), pp. 263-274.
3Nos calculs sont faits à partir des données fournies dans Handbuch, vol. IV, pp. 276-278, et des tableaux reproduits dans cet ouvrage en annexe.
4Handbuch, vol. IV, pp. 276-278.
5Handbuch, vol. IV, p. 257.
6Wilhelm Lexis : Das Unterrichtswesen im Deutschen Reich, vol. 2, (cité désormais : Lexis) p. 72 ; Theobald Ziegler : Geschichte der Pädagogik, p. 365.
7La biographie de Viëtor, ainsi que l'analyse de ses conceptions méthodologiques sont reprises de Monique Mombert : « Le "modèle allemand" et les langues vivantes (1880- 1902) », in : Cahiers du CIRID, n° 7, Université de Strasbourg 1997, p. 12 sqq. Nous nous référons pour la biographie à F. Dôrr : « W. Viëtor zum Gedachtnis », in : Die Neueren Sprachen, vol. XXVI, n° 7/8, déc.-janvier 1919, et à A. Schröer : « Wilhelm Viëtors fachwissenschaftliche Bedeutung », ibid., n° 9/10. A cela s'ajoutent des mentions personnelles trouvées dans les textes de Viëtor lui-même, en particulier dans ceux qui font l'historique de la réforme.
8Christian Puren : Histoire des méthodologies, p. 107.
9L'orthographe curieuse de son patronyme est due à la latinisation, au xvie siècle, du nom de Binder, ou FaBbender, par un ancêtre qui était, déjà, professeur à l'université de Marburg.
10Sur Bréal, cf. Michael Werner : « Auswirkungen der preußischen Universitätsreformen auf Frankreich », in : Schubring Gert (Hg.) : 'Einsamkeit und Freiheit' neu besichtigt. Universitätsreformen und Disziplinenbildung in Preußen als Modell für Wissenschaftspolitik im Europa des 19. Jahrhunderts, p. 218.
11Die rheinfränkische Umgangssprache in und um Nassau, Wiesbaden, 1875.
12Edité à Heilbronn, 1884 ; en 1914/15 paraissait la 6e édition de cet ouvrage, passé de 271 pages dans sa première édition à 424 dans la sixième, selon Schröer (cf. note 7), p. 389.
13Nos calculs sont faits à partir des données fournies dans Handbuch, vol. IV, pp. 276-278, et des tableaux reproduits dans cet ouvrage en annexe.
14Wie ist die Aussprache des Deutschen zu lehren ?, Marburg, 1893, 6e édition 1906 ; Die Aussprache des Schriftdeutschen, Leipzig, 8. éd. 1911. Selon Schröer (cf. note 7, p. 393), qui nous sert de source ici, il s'agissait là de petites brochures, contrairement au Deutsches Aussprachewörterbuch publié à Leipzig en 1912.
15Sans chaire, mais émargeant au budget, ce qui n'était pas le cas de certains Extraordinarien « außerplanmäßig » et des Privatdozenten, une des pièces maîtresses de l'Université allemande, que certains réformateurs français de l'Université auraient souhaité introduire en France ; leur rémunération était assurée par les droits payés par les étudiants qui assistaient à leurs cours.
16Dörr raconte qu'à l'occasion du jubilé de l'Université d'Edimbourg, où Stengel représentait l'Université de Marburg, quelqu'un demanda après qu'il eut présenté les félicitations de son institution : « What language did the learned Professor use ? »
17Les enseignants allemands de l'enseignement secondaire (höhere Schulen) étaient, comme aujourd'hui d'ailleurs, bivalents (voire trivalents). Le français et l'anglais étaient associés, ce que Viëtor critiquait ; il était favorable à des regroupements différents, qui lui paraissaient plus logiques : anglais/allemand, français/latin, à quoi il ajoutait l'histoire, dans tous les cas.
18D'après Dörr, Stengel était « très à gauche », ce qui lui valait de fortes inimitiés. Il était également l'objet de critiques au sein de la Faculté pour ses pratiques d'encadrement doctoral ; on parlait de Doktorenfabrik. Sa mutation à Greifswald est présentée par Dörr quasiment comme une mesure disciplinaire de la part d'Althoff.
19La littérature sur la Reformpädagogik est trop abondante pour que nous la mentionnions ici ; nous renvoyons les lecteurs intéressés au chapitre « Pädagogisches Denken und Anfänge der Reformpädagogik » de Handbuch (cf. note 1), vol. IV : Von der Reichsgründung bis zum Ende des Ersten Weltkriegs, où ils trouveront une bibliographie fournie.
20Dan l'Encyclopédie de la Pléiade sur le langage (sous la direction d'André Martinet), Viëtor n'est mentionné que dans le chapitre « Enseignement et apprentissage d'une langue seconde ».
21Cité par Roloff, in : Lexikon der Pädagogik, 1913, p. 555.
22Puren (cf. note 8), p. 119. Signalons que Viëtor n'était pas à l'époque professeur de phonétique, mais de « langues et littératures occidentales » - la phonétique n'avait pas encore statut de discipline à part entière ; il paraît également difficile d'expliquer par le « statut » de Viëtor le retentissement international de sa brochure Der Sprachunterricht muß umkehren, étant donné la modestie de ce statut, à ce moment-là. Quant à sa « formation », à laquelle Puren attribue une part dans ce retentissement, parce qu'elle était classique et donc légitime, elle lui permettait effectivement de prétendre être entendu en Allemagne, mais encore fallait-il qu'il y ait des réseaux pour faire circuler son message.
23Encyclopœdia universalis, édition de 1985, article « Phonologie ».
24Die Neueren Sprachen, vol. 4, 1896-97, pp. 59-60. On y apprend que les adhérents se distribuaient par pays d'origine de la façon suivante : Allemagne 202 ; Suède 92 ; Danemark 78 ; France 71 ; Angleterre 54 ; Finlande 39 ; Etats-Unis 39 ; Autriche-Hongrie 36 ; Norvège 27 ; Chili 27 ; Canada 17 ; Hollande 14 ; Suisse 10 ; Portugal 10 ; Russie 9 ; Espagne 6 ; Belgique 5 ; Luxembourg 2 ; Italie 2 ; Islande 2 ; Brésil 1 ; Congo 1.
25D'après les informations sur l'association figurant dans les revues Die Neueren Sprachen et Phonetische Studien, qui en donnent régulièrement des nouvelles sous forme de brèves.
26Dörr (cf. note 7), p. 293.
27Dörr, « Die Aufgabe der modernen Philologie des Gegenwart », in : Neuphilologische Beiträge, 1886, p. 39. L'expression « Alte Herren » est ambivalente ; elle a le sens de vétéran (dans un club sportif), d'« ancien » (dans les corporations étudiantes), de père...
28Sur les aspects sociaux des professions enseignantes (dans l'enseignement primaire, secondaire et supérieur), cf. Hartmut Titze, « Lehrerbildung und Professionalisierung », in Handbuch, pp. 345-370.
29L'exemplaire que nous avons consulté appartient à cette seconde édition, qui mentionne le nom de Viëtor à la suite de « Quousque tandem » ; le pseudonyme n'avait plus de raison d'être, l'identité réelle de l'auteur ayant été « trahie » par ses amis.
30Le texte est donné en annexe d'un article de Schröder, « Quousque tandem in Memoriam », dans le n° 81 de 1982 de la revue Die neueren Sprachen, pp. 115-148.
31Sujet d'actualité dès la fin des années vingt du xixe siècle, cf. Paulsen, Geschichte des gelehrten Unterrichts, vol. 2, p. 335 sqq.
32A titre d'illustration, nous citons la page 4 (en rétablissant les majuscules) :
« Daß die Unterscheidung von starken und schwachen Substantiven im Neuhochdeutschen keinen Sinn hat, daß es eine schon recht erwachsene und nun jählings um sich greifende Deklination auf s gibt - das weiß und merkt unsere deutsche Schulgrammatik "auf historischer Grundlage" nicht. Sie jammert lieber über das Schwinden alter Endungen und das Eindringen der Fremdwörter - beides Dinge, über welche sich jeder einsichtige Freund unserer Sprache nur freuen kann ».
33« [...]Grammatik ist, was die Gesellschaft daraus macht ; was gestern im Schwang war, ist heute vergessen, und was heute richtig ist, wird morgen falsch sein » p. 6.
34Viëtor (cf. note 29), p. 5.
36« Même le pire est assez bon pour la jeunesse ».
37Viëtor (cf. note 29), p. 12. Le ton polémique apparaît dans des passages comme celui qui clôt le paragraphe sur la prononciation des langues anciennes, et son incidence sur la versification. Critiquant le fait que toutes les pratiques traditionnelles sont défendues selon le principe que « c'est historique », il fait mine de craindre un retour aux tablettes de cire et au stylet, voire aux capitales gravées dans la pierre. Le but de l'école n'est-il pas, dans le fond, d'obliger les élèves à rester assis plus longtemps (« die Jungen haben langer krumm zu sitzen ! »), c'est-à-dire : d'assurer la mainmise des professeurs sur les élèves ?
38Ibid., p. 10, citant Krauter, « Sprache und Schrift » dans la revue Zeitschrift für Orthographie, 1880.
39Viëtor (cf. note 29), p. 16.
40En France, Paul Passy, dont Viëtor et les réformistes allemands faisaient grand cas, écrivait selon une orthographe « simplifiée » : retiendrait pour retiendraient, etc. « Leçon inaugurale du cours de phonétique descriptive et historique, faite à la Sorbonne de 17 décembre 1891 », in : Phonetische Studien, vol. 5, 1892, p. 257.
41Viëtor (cf. note 29), p. 17. Il semble que les rimes, comme moyen mnémotechnique, pour retenir les interminables « règles », étaient très en vogue ; par exemple :
« Die Wörter auf as, aus, x (oder ix ?), is
Sind feminini generis,
Ingleichen, alle, wie bekannt (!),
Auf s, wovor ein Konsonant » [commentaires de Viëtor].
Il propose au lieu de cela la règle simple : les mots de la 3e déclinaison dont le nominatif se termine par s sont féminins.
42Viëtor (cf. note 29), p. 21 : « Er interessirt sich nicht im Geringsten für diese Regel, er weiß nicht einmal, daß dies wirklich eine Thatsache ist [ ... ] ».
44Ibid., p. 24. Viëtor ne mâche pas ses mots : « auf sehr faulem Boden sind sie zumeist gewachsen ».
47Sur ce point, il s'oppose respectivement à Günther, « Der Lateinunterricht am Seminar », in : Jahrbuch des Vereins für wissenschaftliche Pädagogik, 1881, et à Kühn : Zur Methodik des französischen Unterrichts, 1882.
48La littérature spécialisée est recensée par Breymann : Die neusprachliche Reformliteratur von 1876-1893, 1895, et Die neusprachliche Reformliteratur von 1894 bis 1899, 1900.
49Le Verein für neuere Sprachen de Hannover annonce 93 membres pour l'année 1886, dont certains n'appartiennent pas à l'enseignement.
50Dr K. Mühlefeld : « Die wissenschaftlichen Grundlagen des neusprachlichen Unterrichts », in : Neuphilologische Beiträge, pp. 1-13.
51Rektor F. Dörr : « Die Aufgabe der modernen Philologie in der Gegenwart » (cf note 50), pp. 32-49.
52« [...] aus dem unorganischen Neben- und Nacheinander zu einem organischen Zusammen- und Ineinanderarbeiten [..] » (cf. note 50), p. 37.
53L'ambition du « bilinguisme », de la maîtrise parfaite des langues étrangères ne fait pas partie du programme de ce camp, qui n'y voit qu'un leurre auquel succombe le grand public.
55Viëtor : Die Methodik des neusprachlichen Unterrichts. Ein geschichtlicher Überblick in vier Vorträgen. Leipzig, Teubner, 1902, 56 p. Cité désormais : Methodik.
56Des enseignants de langues passaient une partie de leurs vacances dans le pays dont ils enseignaient la langue (à leurs frais, sauf quelques cas rares de bourses), non pas en touristes, mais dans les universités, qui organisaient pour eux des programmes linguistiques et culturels diffusés par les revues spécialisées et les bulletins d'associations. Des rapports et commentaires de séjours de ce type étaient publiés dans les mêmes périodiques, où paraissaient aussi des conseils et des adresses de logement, etc.
57Viëtor lui-même cite, parmi ses contradicteurs : G. Tanger : Mufi der Sprachunterricht umkehren ? (1888) ; A. von Roden : lnwiefern muß der Sprachunterricht umkehren ? ( 1890) ; P. Schild : Wie muß der Sprachunterricht umkehren ? (1894).
58Viëtor : Methodik, p. 37.
59Viëtor : Methodik, p. 55.
60Il ne faut pas confondre réglementation et pratiques. En Prusse, les contraintes exercées sur les pratiques d'enseignement étaient fortes. La revendication d'une plus grande liberté faisait partie du discours des réformateurs. Néanmoins, de la même façon que certains travaillèrent dans l'esprit de la réforme avant que l'administration ne l'autorise, de la même façon certains résistèrent aux pressions une fois que les textes l'eurent légitimée. Les textes officiels doivent être considérés comme un discours normatif sur des pratiques, et non comme un témoignage de ces pratiques.
61Le débat porte sur ce qu'on appelle en allemand « Berechtigungen ».
62Viëtor, Methodik, p. 38.
63Sur les idées pédagogiques de Herbart, cf. Gandouly : Pédagogie et enseignement en Allemagne de 1800 à 1945, pp. 39-40 et pp. 109-110.
64Outre les périodiques pédagogiques, il faut mentionner les publications savantes du domaine « philologie moderne », avec les sous-disciplines Romanistik, Anglistik, et Germanistik. La salle de lecture du Vereinfür neuere Sprachen de Hannover était abonnée à 33 publications (revues et journaux), dont les suivantes : Litteraturblatt für germanische und romanische Philologie ; Zeitschriftfür Geschichte der deutschen Sprache und Litteratur ; Anglia ; Englische Studien ; Shakespeare-Jahrbuch ; Romanische Studien ; Romania ; Zeitschriftfür romanische Philologie (publiée à Strasbourg par le romaniste Gustav Grober) ; Zeitschrift für neufranzosische Sprache und Litteratur ; Franzosische Studien ; Franco-Gallia ; Courrier de Vaugelas.
65Konrad Schröder : « 100 Jahre Fremdsprachendidaktik. 100 Jahre Die neueren Sprachen »,in : Die neueren Sprachen, 1994, n° 1 (vol. 93), pp. 6-44.
66Fondée par E. Koschwitz (professeur à l'université de Greifswald) et G. Körting, la revue était dirigée en 1890 par E. Behrens (professeur à l'université de Gießen).
67Fondée en 1846 par Ludwig Herrig, cette revue avait pour rédacteurs en chef, en 1890, Stephan Waetzoldt et Julius Zupitza.
68Nous nous fondons pour ce passage sur la revue elle-même et sur Schröder (cf note 65), pp. 6-44.
69Le relevé exact de la périodicité et l'attribution des articles à un numéro précis dans l'année sont compliquées, dans le cas de la consultation des collections reliées des bibliothèques, par le fait que le volume (Jahrgang) indiqué est décalé d'un an (le n° 1 de 1893 paraît donc sous la couverture 1894), par la pagination continue et l'habitude de ne pas garder les couvertures de chaque numéro à la reliure. Signalons une réédition des 100 premières années de parution, par Schröder, aux éditions Diesterweg : DNS-Dokumentation. Band 2 : Die Neueren Sprachen 1894-1993. Klassifizierte Bibliographie, 1994.
70Selon Schröder « das inoffizielle Organ », ce qui est exact en termes juridiques.
71La revue militait activement pour l'abandon des majuscules à l'initiale des noms propres ; dans ce chapitre qui lui est consacré, nous reproduisons les citations conformément à ce choix, sauf indication contraire.
72Nous rencontrons à plusieurs reprises cette notion de « analytisch », opposée à « synthetisch », dans un sens qui diverge de son emploi par Puren (cf. note 8, p. 57) : l'ancienne méthode est qualifiée de « synthetisch », la nouvelle d'« analytisch ». Ainsi par exemple chez Ziegler (cf. note 6,p. 410). Puren commente ce qu'il appelle la MT scolaire, la méthode traditionnelle grammaire/thème, comme « méthode constructive », « démarche rationaliste et analytique ». En revanche, p. 154, dans son exposé sur l'évolution des textes en matière d'apprentissage de l'oral, on retrouve la démarche « analytique » comme un des principes de la méthode directe, d'après l'instruction de 1902, conformément à l'acception que nous rencontrons en Allemagne.
73On trouvera un rapport par Franz Rudolf Weller : « Die "Kanonfrage". Ein Dauerthema im ersten Jahrzehnt (1893-1903) der Neueren Sprachen », in : DNS 1/1994, pp. 66-102.
74Le lecteur d'aujourd'hui s'étonne de la longueur des articles : on avait le temps d'écrire, de lire, et d'écouter ; les textes d'allocutions correspondent à des discours d'une heure ou plus...
75A ces occasions de tension entre l'administration et ce que nous appelons ici le « milieu », il est frappant de constater que le gouvernement envoyait devant les assemblées de l'ADNV un représentant qui justifiait la décision incriminée ; dans le cas cité, l'explication avancée est celle-ci : il y avait pénurie de Fachlehrer, le recyclage rapide de philologues classiques permettait de remédier momentanément à la situation.
76Wilhelm Münch allait faire une brillante carrière de fonctionnaire au ministère et être l'auteur à succès d'ouvrages de pédagogie : Geist des Lehramts (1903), Zukunfspädagogik (1908).
77Les congrès de l 'ADNV se tenaient traditionnellement à la Pentecôte.
78DNS Juni 1900, Bd. VID, H. 3, p. 129 sqq.
79On appréciera la différence entre les données fournies par Viëtor et le traitement des Ordinarien que nous signalons plus loin : « Ein nach 15 akademischen dienstjahren berechnetes preussisches gehalt betragt mit wohnungszuschuss 3 740 mk., noch 100 mk. weniger als das eines seit 6 jahren angestellten gymnasiallehrers am gleichen orte, obwohl das eigene probejahr des akademikers fast ein vierteljahrhundert zurückliegt. »
80L'ADNV comptait, selon les informations données au public, 1 250 adhérents ; ils étaient passés de 305 en 1886 à 963 en 1890, pour descendre à 821 en 1892, à 539 en 1894 ; la remontée se fait en 1898 avec 720 adhérents. DNS, Bd. VIII, Juli 1900, H. 4.
81Nous consacrons un développement à Charles Schweitzer dans la troisième partie de cette étude, et reviendrons sur son intervention au congrès de Leipzig à cet endroit.
82Une « thèse » rejetée entièrement affirmait « Die fremde sprache wird nicht getrieben, um daran die muttersprache zu lernen ».
83Selon l'historique de Viëtor, Methodik, p. 43
84Ibid., « Aber sie sind mindestens ebenso gut wie Griechisch und Latein der Schlüssel zum Wesen und Wirken hervorragender Kulturvölker ».
86Cf. Zapp et Schröder : Deutsche Lehrpläne für den Fremdsprachenunterricht (1900-1970), pp. 21-24.
87Après une période où plusieurs alphabets étaient en concurrence, celui de l'Association phonétique internationale, l'API, s'était généralisé.
88« Die Lektüre soll das vornehmste Gebiet des Unterrichts bilden und wenigstens in der zweiten Hälfte der gesamten Unterrichtszeit wertvollen Inhalt in edler Form darbieten ».
89L'humour (involontaire ?) du texte est amorti par la traduction ; qu'on en juge : « Daß sich die Lehrer bei dem Unterrichte wesentlich der fremden Sprache bedienen, kann - sofern sie dies in gedeihlicher Weise zu tun vermögen - als wünschenswert betrachtet werden ; Gründlichkeit und Ernst darf der Unterricht aber darüber nicht einbüßen ».
91La question du canon de lectures à proposer préoccupait les enseignants, comme en témoignent les nombreux articles sur ce sujet dans la revue DNS. On notera aussi sur ce point les intérêts convergents des réformistes parmi les néophilologues et des enseignants appartenant à la Reformbewegung dans la lignée de Heinrich Wohlgast. Pour un historique complet, lire Weller (cf. note 73). Les résultats du Kanon-Ausschuß sont publiés dans DNS, n° 1 (avril) 1904, sous le titre : « Aufstellung eines organisch zusammenhangenden, stufenweise geordneten Lektüreplanes nach den Beschlüssen des X. Neuphilogentages ».
92Lexis, vol. l, p. 32. Cette partie est rédigée par Fr. Paulsen.
93Werner : « A propos de la notion de philologie moderne. Problèmes de définition dans l'espace franco-allemand », in : Michel Espagne & Michael Werner (sous la dir.), Philologiques !. Contribution à l'histoire des disciplines littéraires en France et en Allemagne au xixe siècle, p. 18. Sur l'aspect qui nous occupe ici, cf. la contribution de M. Werner dans cet ouvrage collectif : « A propos de l'évolution historique des philologies modernes. L'exemple de la philologie romane en Allemagne et en France ».
94Cf. note 93, p. 25. La contribution de Pierre Judet de la Combe porte le titre « Philologie classique et légitimité. Quelques questions sur un "modèle" ».
95Sur l'histoire de la germanistique, lire en particulier les publications sous la direction de Jürgen Fohrmann & Wilhelm Voßkamp : Wissenschaft und Nation. Zur Entstehungsgeschichte der deutschen Literaturwissenschaft ; Wissenschaftsgeschichte der Germanistik im 19. Jahrhundert ; le volume « Von der gelehrten zur disziplinaren Gemeinschaft », publié par la revue Deutsche Vierteljahresschrift für Literaturwissenschaft und Geistesgeschichte, 61 (Sonderheft 1987) ; lire également : Klaus Weimar : Geschichte der deutschen Literaturwissenschaft bis zum Ende des 19. Jahrhunderts.
96Cf. Hans Helmut Christmann : Romanistik und Anglistik an der deutschen Universität im 19. Jahrhundert (ici p. 7). Cf. également les, publications de Schröder : Linguarum recentium annales. Der Unterricht in den europäischen Sprachen im deutschsprachigen Raum (vol. 1 : 1500-1700 ; vol. 2 : 1701-1740, vol. 3 : 1741-1770, publiés en 1980, 1982 et 1983 dans la série Augsburger 1- & 1-Schriften à l'Université d'Augsbourg).
97Christmann (cf. note 96), p. 11.
98Un exemple de cette catégorie est August Wilhelm Schlegel à Bonn (1818-1845), comme le signale Christmann, passim.
99Christmann cite (p. 10) les souvenirs relatés par l'historien Ernst Münch des cours de Johann Georg Jacobi, qui occupa de 1784 à 1814 une chaire à Freiburg : « Seine Vorlesungen über Ästhetik, über Tasso und andere Gegenstände [...] wurden eine Bildungsschule bessern Geschmacks und edlerer Richtung. Eine Menge Personen aus allen Ständen, Männer und Frauen, sammelten sich um ihn und lauschten dem süßen Geschwätz des Greisen, welcher auch für die unbedeutendsten Vorfälle des Lebens verschönernde Blumen zu streuen wußte ».
100Nous citons d'après Johannes Janota (Hg.) : Eine Wissenschaft etabliert sich (1810- 1870), qui présente dans cet ouvrage une sélection de textes représentatifs de l'évolution de la discipline ; ici, pp. 263-277. Le même texte est étudié par Werner : « L'évolution historique des philologies modernes », (cf. note 93), pp. 160-162.
101Sur les avatars de cette dénomination empruntée au droit, cf. entre autres, Christmann, (cf. note 96), p. 10.
102Janota (cf. note 100), p. 273.
103Weimar (cf. note 95), p. 440.
104A propos de l'étude des littératures, Keller écrit : « Einige stecken den Kreis in dieser Beziehung zu weit. So ist neulich folgende Definition aufgestellt worden : Philologe ist dieses, ein Volk oder einen Kreiß von Völkern in der Allseitigkeit ihrer Existenz bis auf den Grund ihrer Seele erforscht zu haben. Auf diese Erklärung hin wird dann dem Philologen alles Ernstes zugemuthet, Polyhistor zu sein und neben der Sprache auch noch die Staatswissenschaft, Geographie, Statistik, Geschichte, Chorographie, Topographie und Ethnographie, die Rechts- und Gerichts-, die administrative, Polizei-, Communal-, Corporations-, Finanz-, die Industrie-, die Kriegs-, die eigentliche Staatsverfassung und die Sittlichkeit, das Privat- und Familienleben u.s.w. bei den betreffenden Völkern zu studieren.
Ich bin nicht dieser Ansicht. [...]lch bin daher geneigt, der modernen Philologie in Absicht auf ihre Beschäftigung mit Litteratur sogar einen noch engem Kreis anzuweisen, als ihn die orientalische und die antike Philologie sich steckt. Sie muB daher vor Allem nothwendig ausscheiden, was dem Gebiete der sogenannten Fachwissenschaften angehört [...]. Mit einem Worte ich verstehe unter Litteratur hier nur, was man wohl auch die schöne Litteratur genannt hat oder die Geschichte der Poesie, und wenn der moderne Philolog außer den poetischen Werken noch andere Producte der Litteratur in seine Untersuchung heranzieht, so kann diß nur geschehen, insofern sie Sprachdenkmale sind, so z.B. die gothische Bibelübersetzung von Ulfilas, oder sofern sie überhaupt zur Aufhellung seiner sonstigen Forschungen dienen. Die Poesie steht aber insofern schon mit der Sprachwissenschaft in genauem Zusammenhang, als die Sprache, als Mittel künstlerischer Darstellung angewandt, in der Poesie ihre höchste Verklärung feiert, wie denn auch den Schlußstein der Grammatik die Metrik bildet. Die moderne Philologie begreift sonach in sich die Kunde der modernen Sprache und der modernen Sprachkunst d.h. der neueren Kunst, sofern sie die Sprache zum Darstellungsmittel wählt. » In : Janota (cf. note 100), pp. 271-272.
105Janota (cf. note 100), p. 274 : « Die Aufgabe der Litteraturgeschichte ist nun, eine lebendige zusammenhängende Darstellung des Verlaufs zu sein, wie der Geist eines Volks oder einer Völkerfamilie sich durch die Sprache als ein künstlerischer manifestiert hat. [....] die Behauptung zu rechtfertigen, daß sich in der modernen Litteraturgeschichte die Strahlen der ganzen Cultur der modernen Welt wiederspiegeln. »
106« Scientifique » étant entendu au sens de « la connaissance vraie et absolue, conceptuelle et désintéressée d'un objet spécifique » (définition que donne S. Auroux, à propos de la distinction faite par les historiens allemands des Sprachwissenschaften entre les grammaires d'avant le xixe siècle et celles qui suivent les travaux de Bopp et de Grimm). Sylvain Auroux (dir) : Histoire des idées linguistiques, t. 2 (« Le développement de la grammaire occidentale »), p. 540.
107Christmann fait état des publications de Carl Wilhelm Mager (cf. note 96), pp. 19-20. Weimar de son côté signale que la Schulkonferenz de 1849 avait déjà souligné l'urgence de créer des chaires de langues et littératures allemandes et romanes ; (cf. note 95), p. 414, note 21.
108La persistance de résistances à l'égard des philologies modernes ressort de cette remarque, faite dans les années 70 à Alais Brandi, qui signalait son intention d'entreprendre des études de philologie anglaise : « Aber Sie können ja das Englische gar nicht studieren ... ; es gibt keine wissenschaftliche Literatur über das Englische, nur einige Schulgrammatiken ; es gibt doch nichts Schöneres als Homer und Tacitus, und was Shakespeare betrifft, werden Sie ihn doch nicht den Journalisten streitig machen wollen ». Cité par Christmann (cf. note 96), p. 23.
109Christmann énumère une douzaine de noms pour la période 1852-1876 (cf. note 96), p. 24.
110Les séminaires de philologie classique existaient depuis le xviiie siècle, selon Christmann (cf. note 96), p. 30, qui cite comme institutions pionnières le Seminarium philologicum de l'université de Göttingen, créé en 1737, et le séminaire de l'université de Halle (1787 à 1806), dont le directeur était Friedrich August Wolf.
111Weimar (cf. note 95), p. 422. Cf. également Uwe Mewes : « Die Gründung germanistischer Seminare an den preußischen Universitäten (1875-1895) », in : Deutsche Vierteljahresschrift für Literaturwissenschaft und Geistesgeschichte 61, Sonderheft 1987. Il s'agit ici des séminaires de germanistique, mais d'une part tout porte à croire que le même principe s'appliquait à la philologie moderne dans son ensemble, et dans certains cas (Heidelberg 1877, Gießen 1889), le séminaire s'intitulait « Germanisch-romanisches Seminar » voire « Seminar für neuere Sprachen » (Tübingen, 1872 ; Heidelberg, 1873 ; Freiburg 1874). Source pour ces données : Mewes, p. 72.
112Mewes (cf. note 111), p. 74.
113Die Aussprache des Englischen nach den deutsch-englischen Grammatiken vor 1750, Marburg, 1886; Shakespeare's Pronunciation, Marburg et New York, 1806 (titres des deux parties: A Shakespeare Phonology with a Rime-Index to the Poems as a Pronouncing Vocabulary; A Shakespeare Reader in the Old Spelling and with a phonetic Transcription).
115Plusieurs exemples chez Mewes.
116C'est une situation d'émulation, voire de concurrence entre philologie allemande et langues étrangères qu'évoque U. Mewes à propos de Marburg, où il y avait depuis 1865 une chaire de langues et littératures occidentales, dont le titulaire, Edmund Stengel, obtint le premier un séminaire de langues modernes en Prusse (1875) ; une situation similaire existait à Halle, (cf. note 111), p. 80. Dans certains cas, par exemple à Bonn, dix ans s'écoulèrent avant que le neusprachliches Seminar, ouvert en 1878, reçoive une autorisation définitive ; ibid., p. 95.
118On trouve un reflet des relations entre étudiants et enseignants dans la cadre de ces séminaires dans la correspondance de Friedrich Paulsen avec Ferdinand Tonnies : Briefwechsel 1876-1908, éditée en 1961 par Olaf Klose et al., Kiel (Ferdinand Hirt).
119Extrait de Die englische Sprache und literatur in Deutschland (1864) de l'angliciste Karl Elze, réclamant des séminaires de langues modernes d'après le modèle de ceux qui existaient pour les langues anciennes ; cette demande se démarquait d'une expérience de séminaire pédagogique de langues modernes menée à Berlin depuis 1860 par Ludwig Herrig, qui dirigeait la revue Archiv für das Studium der neueren Sprachen und Literaturen. Herrig ne réussit pas à faire intégrer son séminaire dans la faculté de philosophie, « trotz - oder wegen - seines Renommees als Schulmann », écrit Christmann (cf. note 96), p. 32.
120Christmann (cf. note 96), p. 33.
122Mewes (cf. note 111), p. 113.
124Cf. le chapitre « Lehrerbildung und Professionalisierung », rédigé par Titze, dans Handbuch IV, p. 345 sqq.
125Ziegler (cf. note 6), p. 389.
126Pour ce passage, notre source principale est Detlev Kopp : « (Deutsche) Philologie und Erziehungssystem », in : J. Fohrmann & W. Voßkamp : Wissenschaftsgeschichte der Germanistik im 19. Jahrhundert, ici p. 701.
127Les quatre domaines sont les suivants : philologie et histoire ; mathématiques et sciences naturelles ; religion et hébreu ; langues modernes. Kopp, ibid.
128Il faut noter que si cet examen de culture générale était réglementaire, certaines universités, ainsi celle de Marburg, s'en dispensaient, comme le signale Ziegler (cf. note 6), p. 389.
129Cf. parmi d'autres sources Ziegler, passim, p. 391.
130Handbuch, vol. IV, p. 348.
131Ziegler (cf. note 6), p. 391 ; malheureusement, Ziegler n'explique pas comment ces séminaires, organisés « privatim » fonctionnaient sur le plan juridique.
132Ziegler écrit (cf. note 6), pp. 410-411 : « Allein die Schulung der Neuphilologen, die ja auf den Universitäten so erhebliche Fortschritte gemacht hat und einen längeren und öfters wiederholten Aufenthalt in Frankreich oder England als notwendig fordert [...) » ; Lexis est particulièrement élogieux : « So kann man auch von dieser Seite aus den neuen Sprachunterricht als einen der lebensvollsten und zukunftfreudigsten Zweige unseres Lehrwesens bezeichnen », Lexis, vol. 2, p. 136.
133A titre d'exemple : les fonctionnaires et les officiers étaient autorisés à se marier selon une hiérarchie définie que traduit le terme de « standesgemäß ».
134Sur le Bildungsbürgertum lire en particulier, sous la direction de Jürgen Kocka : Bildungsbürgertum im 19. Jahrhundert, vol. IV, p. 15.
135D'après Albisetti & Lundgreen, in : Handbuch IV, p. 256.
136Il s'agit là de ce que Wehler appelle « Distanzierungsbemühungen nach unten », in Kocka (cf. note 134), p. 221.
137La catégorie des « höhere » et « hohe Beamten » désigne les fonctionnaires recrutés après des études universitaires, c'est une catégorie plus large que celle 'hauts' fonctionnaires en France.
138Jarausch, in : Kocka (cf. note 134), pp. 188-189.
139R. vom Bruch, in : Kocka (cf. note 134), p. 168.
140Jarausch, in : Kocka, ibid., pp. 188-189.
141Notre source est ici Lexis, vol. 2, pp. 222-223.
142Viëtor (cf. note 29), p. 21 : « Er interessirt sich nicht im Geringsten für diese Regel, er weiß nicht einmal, daß dies wirklich eine Thatsache ist [...] ».
144Selon H. Kaelble : Soziale Mobilitat und Chancengleichheit im 19. und 20. Jahrhundert, p. 47.
145On distingue entre trois catégories : « höhere Schichten », « mittlere Schichten » et « untere Schichten » ; font partie de la première, les fonctionnaires supérieurs, les officiers, les professeurs d'université, les professeurs du secondaire, les avocats, les médecins, les pharmaciens (bien que cette profession ne nécessite pas l'Abitur), les propriétaires terriens et les chefs d'entreprise ; de la seconde, outre les instituteurs et les employés, les commerçants, artisans et paysans ; de la troisième, les ouvriers, domestiques et fonctionnaires subalternes.
146Handbuch, vol. IV, p. 279 sqq (Margret Kraul) ; également : Lexis, vol. 2, p. 237 sqq (l'auteur de ce chapitre est Gertrud Bäumer).