1 « Sa conscience inébranlable et ses mains infatigables / lui permirent de créer, jour après jour, / des valeurs nouvelles et un échantillon / d’une nouvelle terre allemande ». Tiré du Colon mourant, poème paru le 5 juin 1910.
2 C’est ce qui ressort de la thèse de Jean-Pierre Sironneau consacrée à ce qu’il tient pour les deux grandes mythologies politiques de notre temps : le nazisme et le marxisme. Il est également possible de se reporter à son article, « Retour du mythe et imaginaire socio-politique ». In : Jean-Pierre Sironneau : Le retour du mythe. Grenoble, 1980, p. 9-29.
3 Cecil Rhodes : The Last Will and Testament of Cecil Rhodes. London, 1902. http:// publicintelligence.net/the-last-will-and-testament-of-cecil-john-rhodes-1902/
4 Kolonie und Heimat : « Das deutsche Volk als Kolonialvolk » (16 janvier 1910). Discours du professeur Dietrich Schäfer, tenu à l’occasion du vingt-cinquième anniversaire de la levée des couleurs par Carl Peters en Afrique orientale allemande. Dietrich Schäfer est par ailleurs l’auteur d’un ouvrage consacré à l’histoire coloniale allemande. Cf. Dietrich Schäfer : Deutsche Kolonialgeschichte. Leipzig, 1906.
5 Edward W. Said : Culture et impérialisme. Paris, 2000, p. 13.
6 Le phénomène a été particulièrement bien montré par Daniel Kehlmann dans son roman Die Vermessung der Welt (2005), roman dans lequel il met en scène le personnage d’Alexander von Humboldt, persuadé qu’arpenter le monde lui permettra également de le maîtriser.
7 Cf. Sigrid Weigel : « Zum topographical Turn. Kartographie, Topographie und Raumkonzepte in den Kulturwissenschaft ». In Kulturpoetik, tome II. Göttingen 2002, p. 151-165 : www-alt.uni-greifswald.de/~histor/~osteuropa/…/weigel.pdf. Sigrid Weigel évoque, en complément du Spatial Turn du milieu des années 1990, un Topographical Turn, insistant sur le fait que les cartographes créent en premier lieu l’espace qu’ils prétendent reproduire par la suite. Son approche est particulièrement importante pour la construction d’espaces coloniaux « préimaginés ». Voir également Thomas Rottland : Von Stämmen und Ländern und der Macht der Karte. Eine Dekonstruktion der ethnographischen Kartierung Deutsch-Ostafrikas. Berlin 2003. Ou encore Iris Schröder / Sabine Höhler (Hgg.) : Welt-Räume. Geschichte, Geographie und Globalisierung seit 1900. Frankfurt / Main, 2005.
8 Kolonie und Heimat : « Das deutsche Volk als Kolonialvolk » (16 janvier 1910) : « Sich in der Welt behaupten und seinen Platz einnehmen […] ist Natur und Wesen jedes lebendigen Volkes. »
9 Ibid. : « […] es [ist] notwendig, es [ist] natürlich, es [steckt] in einem Volke, sich auszudehnen und sich auszubreiten. »
10 Moritz Wagner (1813-1887) est un explorateur, géographe et zoologue allemand. Il développa notamment l’idée que l’isolation géographique pouvait jouer un rôle déterminant en matière de spécification. En d’autres termes, il pensait qu’un organisme qui ne se déplaçait pas n’était l’objet d’aucune transformation et restait par conséquent authentique. Voir Moritz Wagner : Über den Einfluß der geographischen Isolierung und Kolonienbildung auf die morphologischen Veränderungen der Organismen. München 1871. Voir également Moritz Wagner : « Die Entstehung der Arten durch räumliche Sonderung ». In : Gesammelte Aufsätze. Basel, 1889.
11 Friedrich Ratzel : Anthropo-Geographie und Grundzüge der Anwendung der Erdkunde auf die Geschichte. Stuttgart, 1882, Bd. 1, p. 116 : « Ein Staat strebt naturgemäß nach Ausbreitung und aufrichtig gesagt nach Eroberung. »
12 Friedrich Ratzel : Der Staat und sein Boden. Leipzig, 1897, p. 8 sqq. et p. 16 sqq.
13 Kolonie und Heimat : « Das deutsche Volk als Kolonialvolk » (16 janvier 1910) : « Nun Kolonialbewegung ist nichts mehr oder weniger als die Geschichte der Menschheit. »
14 Le thème est récurrent dans la littérature coloniale. Voir par exemple l’utopie de Theodor Hertzka : Freiland. Ein soziales Zukunftsbild. Leipzig, 1890. Dans ce texte les éclaireurs chargés de trouver une terre nouvelle déclarent à leur arrivée dans une vallée kényane : « Eden laßt uns diesen Ort nennen! » Voir également le roman de Frieda von Bülow : Im Lande der Verheißung. Dresden, 1899.
15 La présence en ces lieux de tribus africaines ne change rien à ces considérations. Ces tribus, considérées comme des Naturvölker, font entièrement partie de cette nature brute et ne sont pas assimilées aux « premiers hommes », qui ne peuvent être que des Européens.
16 Kolonie und Heimat : « Der Afrika-Reisende », d’Otto Stollowsky (13 février 1910).
17 Nous nous appuierons dans cette partie ainsi que dans la partie suivante sur les poèmes parus dans Kolonie und Heimat. Ces poèmes nous paraissent en effet particulièrement révélateurs d’une certaine conception du monde, conception que l’on peut tenir pour la charpente « philosophique » de l’idéologie coloniale telle qu’elle apparaît dans la revue. De plus, les poèmes sont le véhicule privilégié pour pénétrer au sein de certaines structures mythiques. Nous nous appuyons à ce propos sur l’article de Max Bilen : « Le comportement mythique de l’écriture ». In : Les Cahiers de l’hermétisme. Paris 1987, p. 203-212. Max Bilen nous montre dans cet article que la production mythique et la production poétique sont de nature identique.
18 Kolonie und Heimat : « Der Urwaldfriedhof », poème paru le 21 novembre 1909.
19 Ibid. : « Auf den grasbewachs’nen Hügeln / Steht kein Stein mit goldner Inschrift./ Kleine schwarze Kreuze ragen / Nur drauf, schon halbverwittert, / und von dunkelgrünen Moose / Dicht umsponnen; Unkrautsblumen/Blicken leuchtend auf zum Himmel. »
20 Kolonie und Heimat : « Den Gefallenen in Südwest », poème paru le 12 avril 1914.
21 Ibid. : « Bald werden die Kreuze verwittern […] / Nur das Wildgras der Steppe wird zittern […] / Die Helden […] / Von denen einst keiner gedacht, / Daß heut’ihm das Sternkreuz im Süden / Die ewige Ruhestatt bewacht! »
22 Kolonie und Heimat : « Ein Abend in Südwest », poème paru le 21 novembre 1909.
24 Pour définir le concept d’« homme traditionnel », nous nous référerons à l’ouvrage de Gilbert Durand : Science de l’homme et tradition. Paris, 1979, p. 35 sq. Pour Gilbert Durand, l’homme traditionnel ne distingue pas le « moi » du « non-moi ». En d’autres termes, il n’est jamais coupé de l’univers ; il est une sorte d’« anthropocosmos, à qui rien de cosmique n’est étranger ». Pour Durand, le monde que l’homme traditionnel aborde de façon symbolique est un, mais lisible sur plusieurs registres.
25 Mircea Eliade : Le sacré et le profane. Paris, 1965, p. 131.
27 Kolonie und Heimat : « Daheim und draußen in Ostafrika », de Paul Rohrbach (10 avril 1909).
28 Kolonie und Heimat : « Ein Abend in Südwest », poème paru le 24 avril 1910 : « Schakal, Hyäne, gehen an ihr nächtlich Werk / Ihr heiseres Lachen gilt auch dir. / Schon freu’n sie sich auf deine Knochen. »
29 Voir notamment les poèmes : « Verdurstet! », paru le 16 juin 1910, ou encore « Legionärs Ende », paru le 4 janvier 1914.
30 Voir notamment : « Die Patrouille », poème paru le 7 novembre 1909,
32 Pierre-Yves Pétillon : « La plantation dans la wilderness ». In : Élise Marienstras / Barbara Karsky (éd.) : Autre temps, autre espace. Nancy, 1986, p. 41.
33 Jean-Jacques Wunenburger : « De la Terre promise à l’Ouest américain ». In : Jean-Jacques Wunenburger (éd.) : La vie des images. Strasbourg, 1995, p. 108.
34 Klaus Vondung : « Von der völkischen Religiosität zur politischen Religion des Nationalsozialismus : Kontinuität oder neue Qualität? » In : Marc Cluet / Catherine Repussard (éd.) : La Lebensreform ou la dynamique sociale de l’impuissance politique. Tübingen, 2013, p. 237-251.
35 Uwe Puschner : Die völkische Bewegung im wilhelminischen Kaiserreich. Sprache, Rasse, Religion. Darmstadt, 2001, p. 26. Deux décennies plus tard, l’idéologie völkisch sera définie comme étant antisémite et située politiquement à l’extrême droite, tendance qu’avait soulignée le Brockhaus, dès 1875. Le terme était alors apparu sous sa forme adjectivale.
36 Kolonie und Heimat : « Der sterbende Ansiedler », poème paru le 5 juin 1910.
37 Kolonie und Heimat : « Zum kolonialen Frauentag in Münster » (14 juin 1914) : « […] die Förderung des jungen Neudeutschland in Übersee […] ».
38 Kolonie und Heimat : « Deutsches Frauenleben in Südwest », de Clara Brockmann (14 février 1909).
39 Kolonie und Heimat : « Der Afrika-Reisende, Plauderei von Otto Stollowsky » (13 février 1910).
40 Heinrich Schnee : Deutsches Koloniallexikon (note 51), article « Neuland ».
41 Kolonie und Heimat : « Der sterbende Ansiedler », poème paru le 5 juin 1910.
42 Pour la traduction, voir note 195.
43 Kolonie und Heimat : « Der Afrika-Reisende » (13 février 1910) : « Die ganz unbestimmte Sehnsucht allein, die den einzelnen Menschen von einem fremden Lande Glück und Reichtum oder auch nur die Befriedigung der Lust an neuartigen Erlebnissen erhoffen läßt, genügt, um vielen Leuten den oft beschwerlichen Weg ins Neuland zu weisen. »
44 Kolonie und Heimat : « Der Kakaobauer », poème paru le 20 mai 1912 : « Ein pommerscher Bauer, feist und rund, […] / Wollt’nicht mehr an der Scholle kleben, / Der wollte woanders und besser leben. » C’est l’auteur qui souligne.
45 Ibid. : « Dort karges Leben, entsetzlich mies, / Der Kakao hierschafft ihm’s Paradies-. »
46 Kolonie und Heimat : « Der Afrika-Reisende » (13 février 1910).
47 Ibid. : « Nun, auch der Kilimandjaro-Schuster hat es […] zu ganz behäbigem Wohlstand und gutbürgerlichem Ansehen gebracht. »
48 Kolonie und Heimat : « Der sterbende Ansiedler », poème paru le 5 juin 1910.
49 Notons qu’Altneuland est également le titre de l’utopie sioniste que Theodor Herzl fait paraître à Leipzig, en 1902. Voir également Friede H. Kraze : Heim-Neuland. Stuttgart / Leipzig, 1909.
50 Kolonie und Heimat : « Der Afrika-Reisende » (13 février 1910).
51 Kolonie und Heimat : « Das deutsche Volk als Kolonialvolk » (16 janvier 1910).
52 Voir notamment le poème « Der sterbende Ansiedler », ainsi que celui intitulé « Der Urwaldfriedhof » (21 novembre 1909) ; on peut également prendre en considération tous les articles de la revue consacrés à la construction et au développement de zones habitées par les colons.
53 Mircea Eliade : Le sacré et le profane (note 219), p. 50.
54 Mircea Eliade ajoute que « même dans les sociétés modernes, si fortement désacralisées, les fêtes et les réjouissances qui accompagnent l’installation dans une nouvelle demeure gardent encore le souvenir des festivités bruyantes qui marquaient jadis l’incipit vita nova ». Voir Mircea Eliade : Le sacré et le profane (note 219), p. 55.
55 Pour Mircea Eliade, l’éternel retour est le « retour cyclique de ce qui a été auparavant », ou encore la répétition d’un « archétype », c’est-à-dire d’une conception que l’on retrouve à travers les âges chez des peuples divers. Cf. Mircea Eliade : Le mythe de l’éternel retour. Paris, 1969, p. 107.
57 Pour Georges Dumézil, les sociétés indo-européennes partageaient une vision du monde tripartite – le système des trois fonctions – où s’articulaient, selon un ordre hiérarchique : la souveraineté magique et juridique (la première fonction) ; la force physique et principalement guerrière (la deuxième fonction) ; la richesse tranquille et féconde (la troisième fonction). La société distinguait en les hiérarchisant les prêtres, les guerriers et les éleveurs-agriculteurs. Dumézil souligne également que l’absence de prêtres est étonnante chez les Germains.
58 Claude Carozzi : « La Rigspula et la structure sociale indo-européenne ». In : Georges Dumézil (éd.) : Apollon sonore et autres essais. Paris, 1982, p. 21 sqq.
59 En réalité, la Schutztruppe est essentiellement intervenue pour mater les révoltes indigènes, l’appropriation des colonies étant davantage le fait de commerçants, voire d’aventuriers, comme nous l’avons montré dans une première partie.
60 Kolonie und Heimat : « Auf Asgards Höhen », poème paru le 7 août 1912.
61 Kolonie und Heimat : « Den Gefallenen in Südwest », poème paru le 12 avril 1914 : « Nun schlafen zestreut und verloren / In der Öde [die Helden]. »
62 Kolonie und Heimat : « Die Patrouille », poème paru le 7 novembre 1909.
63 Kolonie und Heimat : « Die Erstürmung von Buschiris Lager », poème paru le 10 mai 1914.
64 Kolonie und Heimat : « Die Patrouille », poème paru le 7 novembre 1909.
65 Kolonie und Heima : « Legionärs Ende », poème paru le 4 janvier 1914.
66 Kolonie und Heimat : « Auf Asgards Höhen », poème paru le 7 août 1912.
67 La bataille de Waterberg eut lieu en avril 1904, dans le Sud-Ouest africain. Elle opposa les Hereros révoltés au corps expéditionnaire du général Lothar von Trotha, qui les encercla sur le plateau de Waterberg, pour les abandonner par la suite dans le désert de l’Omahéhé, où ils moururent de faim. Suite à cette bataille fut signée la paix d’Ukamas (23 décembre 1906). Le terme de « génocide » pour désigner ces événements est d’emploi récent ; l’historiographie n’évoquait jusqu’à ces dernières années que la « révolte » des Hereros (Aufstand). Alors que pour des historiens comme Gerhard Ritter, le nationalisme et le colonialisme doivent être compris comme deux formes de domination radicalement distinctes, d’autres historiens, à l’instar de Joachim Zeller, considèrent que la politique coloniale allemande doit être abordée comme la préfiguration de la solution finale. C’est du moins l’idée que Zeller défend dans un bref article paru en 2002, « Orden für einen Völkermord ». In : Ulrich Van der Heyden / Joachim Zeller (Hgg.) : Kolonialmetropole Berlin (note 40), p. 274-278. Il développe cette idée dans un ouvrage qu’il cosigne avec Jürgen Zimmerer : Völkermord in Deutsch-Südwestafrika : der Kolonialkrieg 1904-1908 in Namibia und seine Folgen. Berlin, 2004. Birthe Kundrus insiste elle aussi sur la continuité de la discrimination raciale légalisée et place les lois de Nuremberg dans le sillage de la lutte contre les mariages mixtes dans les possessions coloniales. Cf. « Von Windhoek nach Nürnberg? Koloniale „Mischehenverbote“ und die nationalsozialistische Rassengesetzgebung ». In : Birthe Kundrus (Hg.) : Phantasiereiche (note 8), p. 110-135.
70 Pour Mircea Eliade, « vivre » un mythe relève d’une expérience religieuse. Pour lui, « on vit le mythe, dans le sens qu’on est saisi par la puissance sacrée, exaltante des événements. “Vivre” les mythes implique donc une expérience vraiment “religieuse”, puisqu’elle se distingue de l’expérience ordinaire, de la vie quotidienne. La religiosité de cette expérience est due au fait qu’on réactualise des événements fabuleux, exaltants, significatifs, on assiste de nouveau aux œuvres créatrices des êtres surnaturels ; on cesse d’exister dans le monde de tous les jours et on pénètre dans un monde transfiguré, auroral […] ». Cf. Mircea Eliade : Aspects du mythe. Paris, 1963, p. 33.
71 Vladimir Grigorieff : Mythologies du monde entier. Paris, 1987, p. 12.
72 Mircea Eliade : Aspects du mythe (note 264), p. 31.
75 Pour ce qui est de l’ancrage dans la mythologie germanique, voir par exemple Jacques Lacarrière : Au cœur des mythologies. Paris, 1998. Voir aussi Raymond Ian Page : Mythes nordiques. Paris, 1999.
76 Raoul Girardet : L’idée coloniale en France de 1871 à 1962. Paris, 1972, p. 35 : « […] fait important aussi, au niveau de l’histoire des mentalités, que la confusion qui tend simultanément à s’établir dans la masse de l’opinion entre ce que l’on peut appeler le légendaire colonial et le légendaire militaire. Dans la comédie de mœurs, le feuilleton populaire, la littérature enfantine, le colonial porte presque toujours l’uniforme ». Voir également Jacques Thobie : « La France coloniale de 1870 à 1914 ». In : Jacques Thobie / Gilbert Meynier : Histoire de la France coloniale. Tome II : L’apogée 1871-1931. Paris, 1991, p. 9-185.
77 Gilbert Durand considère que les mythes peuvent être assimilés à de « grands essaims d’images qui obsèdent une époque ». Cf. Gilbert Durand : Figures mythiques et visages de l’œuvre (note 187). Introduction, p. IX.
78 Kolonie und Heimat : « Deutsche Diamanten » de Max Bewer, poème paru en 1909 : « Und denket derer, die dürsten / Und sterben fürs Vaterland! »
79 Kolonie und Heimat : « Verloren », d’Otto Taubner, poème paru le 14 août 1910.
80 Kolonie und Heimat : « Leutnant Friedrich », d’A. Reulecke, poème paru le 8 juillet 1912 : « Unser Leutnants Sterben war schön / Er fiel fürs Vaterlands Ehre. »
81 Kolonie und Heimat : « Die Erstürmung von Buschiris Lager », de C. von Perbandt, poème paru le 10 mai 1914.
83 Kolonie und Heimat : « Legionärs Ende », poème paru le 4 janvier 1914.
84 Kolonie und Heimat : « Den Gefallenen im Südwest », poème paru le 12 avril 1914 : « Wenn im Land, das sie sterbend gewonnen / Wo ihr Haupt sich erbleichend gesenkt / Am mühsam erschlossenen Brunnen, / Der Siedler die Herden einst tränkt, / Dann erbe, blondlockige Jugend […] / Von den Toten germanische Tugend / Und der Geist, dem die Zukunft gehört! »
85 Edith Hamilton : La mythologie. Paris, 1996. Voir notamment le chapitre intitulé : « La mythologie nordique », p. 374-392.
86 Gilbert Durand : Figures mythiques et visages de l’œuvre (note 187), p. 326.
87 Que les humains soient enfantés par la terre, c’est là, d’après Mircea Eliade, une croyance universellement répandue. Cf. Mircea Eliade : Mythes, rêves et mystères (note 21), p. 202. Voir aussi Mircea Eliade : Traité d’histoire des religions. Paris, 1964, p. 211-231.
90 Ludwig Schemann, professeur d’anthropologie raciale à Fribourg-en-Brisgau, s’attacha à la traduction des ouvrages de Gobineau et les fit paraître en allemand entre 1898 et 1914. En février 1894, il fonda la Gobineau-Vereinigung, qui connut un grand succès et dont il fut président jusqu’en 1920. Politiquement ultra-conservateur, monarchiste, anti-libéral, nationaliste et pangermaniste, il signa en 1907, avec le peintre Hermann Hendrich, l’historien littéraire Adolf Bartels, Arthur Moeller Van den Bruck, Houston Stewart Chamberlain et Henry Thode, l’appel à l’origine de la fondation du Werdandi Bund (Fédération Werdandi, du nom d’une déesse nordique aussi appelée Verdanti ou Verthandi), association d’inspiration völkisch à laquelle adhérèrent environ 500 membres. Par ailleurs, il était membre de la branche fribourgeoise de la Gesellschaft für Rassenhygiene, qui était affiliée à la Gobineau-Vereinigung, et devint en 1928 le soutien public du Kampfbund für deutsche Kultur, d’inspiration nationale-socialiste. En 1937, il devint membre honoraire de la Reichsinstitut für Geschichte des Neuen Deutschlands, elle aussi d’inspiration nazie.
91 Ludwig Schemann : Hauptepochen und Hauptvölker der Geschichte in ihrer Stellung zur Rasse. Berlin, 1930, p. 288 : « Die ganze ungeheuere Energie der Germanen warf sich eben auf den Ackerbau, sie sind ein Bauervolk gewesen, wie zuvor noch keines da war und vielleicht auch nie wieder eines kommen wird. »
92 Les missions semblent en effet bien implantées dans les colonies. Du côté protestant, on trouve la Mission de l’Allemagne du Nord au Togo, la Mission de Bâle, la Mission baptiste allemande, la Mission de Béthel, la Mission de Berlin, les frères moraves et la Mission évangélique de Leipzig au Cameroun. Du côté catholique, la Société du verbe divin est installée au Togo, les Pallotins et les prêtres du Sacré-Coeur de Saint-Quentin se trouvent au Cameroun. On trouve les oblats de Marie-Immaculée, ainsi que les oblats de Saint-François-de-Sales dans le Sud-Ouest africain, mais c’est en Afrique orientale que l’activité missionnaire catholique est la plus importante : Pères blancs, spiritains, bénédictins de Saint-Odile et capucins y ont leurs missions.
93 « […] füllet die Erde und machet sie euch untertan! ». Dr. Dietrich Schäfer : « Das deutsche Volk als Kolonialvolk » (16 janvier 1910). Cf. Genèse (Gn 1-28) : « Dieu les bénit et leur dit : “Soyez féconds, multipliez, emplissez la terre et soumettez-la. Dominez les poissons de la mer, les oiseaux du ciel et tous les animaux qui rampent sur la terre.” »
94 Kolonie und Heimat : « Das deutsche Volk als Kolonialvolk » (16 janvier 1910) : « [ein] Kulturvolk […], daß an der Stelle entsprungen und entstanden [ist] ».
95 Ibid. : « Fürsten, die es in Europa gegeben hat, sind mit wenigen Ausnahmen zu allen Zeiten germanischen Blutes gewesen und sind es heute noch. »
96 Son allégation peut paraître étonnante, car du temps de l’empereur Frédéric II, les frontières de l’Empire s’étendaient au nord-est, au-delà de Stettin, et atteignaient presque Cracovie à l’est. Sans doute pense-t-il à la situation du Reich au ixe siècle, quand les frontières à l’est étaient effectivement limitées par une ligne allant de Hambourg à Ratisbonne.
97 Kolonie und Heimat : « Das deutsche Volk als Kolonialvolk » (16 janvier 1910) : « Auf diesem Kolonialboden, durch deutsche Kolonisation gewonnen, stehen heute unsere größten Städte Berlin und Wien, ferner die halbmillionenstädte Leipzig, Dresden, Breslau. »
98 Ibid. : « Als Kolonisatoren haben die Deutschen im Mittelalter mehr geleistet als irgend ein anderes Volk. »
99 Étienne Balibar / Immanuel Wallerstein : Race, nation, classe. Les identités ambigües. Paris, 1988, p. 34.
100 Kolonie und Heimat : « Das deutsche Volk als Kolonialvolk » (16 janvier 1910), p. 36.
101 Ibid. : « Ihnen [den Deutschen] war eine ganz besondere Kraft der Ausbreitung eigen, eine besondere Kraft, ihr Volkstum hinauszutragen in fremde Gebiete. »
102 Anne Chalard-Fillaudeau : « Die Lebensreform und Julius Langbehn, der Herold der deutschen Reformer ». In : Marc Cluet / Catherine Repussard (éd.), p. 75-85 : La Lebensreform ou la dynamique sociale de l’impuissance politique (note 228).
103 Julius Langbehn : Rembrandt als Erzieher – Von einem Deutschen. Leipzig, 1891, p. 231 : « Die Deutschen sind bestimmt, den Adel der Welt darzustellen. »
104 Ibid., p. 230: « Der Deutsche beherrscht also, als Aristokrat, bereits Europa ».
105 Kolonie und Heimat : « Das deutsche Volk als Kolonialvolk » (16 janvier 1910).
106 Ibid. : « Die alte Tatkraft des deutschen Volkes war geblieben; sie steckt in jedem einzelnen wie eine unverwüstliche Erbschaft. Aber es hatte sich nirgends eine Macht gefunden, die diese Kraft zusammenfassen konnte, bis das deutsche Reich kam. »
107 Max Weber : Gesammelte politische Schriften. Tübingen, 1971, p. 23 : « Wir müssen begreifen, daß die Einigung Deutschlands ein Jugendstreich war, den die Nation auf auf ihre alten Tage beging und seiner Kostspieligkeit halber besser unterlassen hätte, wenn sie der Abschluß und nicht der Ausgangspunkt einer deutschen Weltmachtpolitik sein sollte. »
108 Heinrich von Treitschke : Politik, Vorlesungen gehalten an der Universität Berlin, Leipzig, 1913, Bd. 1, p. 44 : « […] es handelt sich doch um unser Dasein als Großmacht bei der Frage, ob wir jenseits der Meere eine Macht werden können […] ».
109 Mircea Eliade : Aspects du mythe (note 264), p. 94.
110 Jost Hermand / Michael Niedermeyer : Revolutio germanica. Die Sehnsucht nach der « alten Freiheit » der Germanen 1750-1820. Frankfurt/Main/Berlin, 2002.
111 Klaus von See : Deutsche Germanen-Ideologie vom Humanismus bis zur Gegenwart. Frankfurt/Main 1970.Voir également Uwe Puschner: Die Germanenideologieim Kontext der völkischen Weltanschauung, fowid.de/…/Germanenideologie_TA2001_4.pdf
112 Christopher B. Krebs : Ein gefährliches Buch. München, 2012.
113 Jakob Wimpheling cité par Klaus von See (note 305), p. 14-15 : « Die Germanen [sind] den Römern gar nicht unterlegen, weil sie ja immer Treue, Keuschheit, Gerechtigkeit, Freigiebigkeit und Lauterkeit pflegten. »
114 Conrad Celtis, cité par Klaus von See (note 305), p. 15 : « Seine Entstehung ableitet nicht von einem anderen Volk. »
115 Au début de l’ère chrétienne, les Romains parvinrent rapidement jusqu’au Rhin et au Danube. Cependant, ils ne purent atteindre l’Elbe, qui devait former leur frontière à l’est. Ils durent livrer bataille en l’an ix après Jésus-Christ et furent vaincus par Arminius, sur lequel fut superposée la figure légendaire d’Hermann le Chérusque. Le lieu de la bataille reste inconnu et l’appellation courante de « bataille dans la forêt de Teutoburg » ne saurait signifier que la bataille de Varus a réellement eu lieu dans cette forêt.
116 Andreas Dörner : Politischer Mythos und symbolische Politik. Der Hermann Mythos. Reinbek bei Hamburg 2011.
117 Michael Titzmann : « Die Konzeption der Germanen in der deutschen Literatur ». In : Jürgen Link / Wülfing Wülf (Hgg.) : Nationale Mythen und Symbole in der zweiten Hälfte des 19. Jahrhunderts. Bd. 16 Stuttgart, 1991, p. 134.
118 http://books.google.fr/books/about/Histoire_de_Danemark.html?hl=fr&id = RSYVAAAAQAAJ
119 http://books.google.com/books/about/Monumens_de_la_mythologie_et_de_la_ poesi.html ? id = EzC1ri5FBEkC
120 Mircea Eliade : Aspects du mythe (note 264), p. 14.
123 Mircea Eliade : Aspects du mythe (note 264), p. 17.
127 Kolonie und Heimat : « Das deutsche Volk als Kolonialvolk » (16 janvier 1910) : « Als Kolonisatoren haben die Deutschen im Mittelalter mehr geleistet als irgend ein anderes damaliges Volk ».
128 Ibid. : « Die Deutschen waren das erste und größte Kolonialvolk Europas ».
129 Hermann Glaser : Bildungsbürgertum und Nationalismus. München, 1993, p. 79 : « Die Geschichtswissenschaft der wilhelminischen Epoche hatte keinen Sinn für Hegels universalgeschichtlich fundiertes Diktum: Was wirklich ist, das ist vernünftig, und was vernünftig ist, das ist wirklich. Eine Geschichtswissenschaft, die positivistisch vorging, musste entweder den Glauben an den Gang Gottes durch die Weltgeschichte verlieren, was zu einem geschichtlichen Pessimismus führte, oder aber neue Ersatzgötter sich schaffen, die die Sinngebung des nun sinnlosen bewirkten. »
130 Uwe Puschner : Die völkische Bewegung im wilheminischen Kaiserreich (note 229), p. 83.
131 Cécile Hussherr / Emmanuel Reibel (éd.) : Figures bibliques, figures mythiques. Ambiguïtés et réécritures. Paris, 2002.
132 Jean-Jacques Wunenburger : « De la Terre promise à l’Ouest américain ». In : Jean-Jacques Wunenburger : La vie des images (note 227), p. 111.
133 Pour Ann Laura Stoler et Frederick Cooper, les colonies sont avant tout des laboratoires de la modernité. Cf. Ann Laura Stoler / Frederick Cooper (eds.) : Tensions of Empire. Colonial Cultures in a Bourgeois World. Berkeley, 1997. Dirk Van Laak est d’avis contraire. Il pense en effet que les colonies ne peuvent être tenues pour des laboratoires, car elles n’ont en rien pu offrir les conditions nécessaires à des expérimentations, telles que devraient les fournir les laboratoires. Cf. Dirk Van Laak : « Kolonien als Laboratorien der Moderne? » In : Sebastian Conrad / Jürgen Osterhammel (Hgg.) : Das Kaiserreich transnational, Deutschland und die Welt 1871-1914. Göttingen, 2004, p. 257-279.