1Cité par Marie-Hélène Clavères : « Des langues classiques aux langues modernes : mythes et réalités ». In : Les langues modernes, 1/1988, p. 43.
2Revue de l’enseignement des langues vivantes (désormais RELV), 1891-92, vol. 8, p. 218.
4Dans Les langues modernes, 1/1988 (Actes d’un colloque CREDIF/ENS de Fontenay-Saint-Cloud « Didactique des langues ou didactique de langues ? Transversalité et spécificités »), Louise Dabène et Michel Candelier intitulaient leur introduction « Frontières, étanchéité, perméabilités ».
5Cf. le titre de la contribution de Christian Puren au numéro cité précédemment des Langues modernes, « Les mécanismes de circulation dans l’évolution historique de la didactique scolaire des langues vivantes étrangères ». Il désigne les mécanismes qu’il analyse par les termes d’héritage, emprunt, généralisation, transfert, qu’il définit dans le corps de l’article. Sa définition du transfert, comme « le mécanisme par lequel les éléments d’une méthodologie donnée se transmettent de l’enseignement d’une langue à l’enseignement d’une autre langue » ne coïncide pas exactement avec l’acception de « transfert culturel » familière aux germanistes et aux historiens, connue par les travaux publiés sous le direction d’Espagne et Werner.
6G. Halbwachs : « Quelques mots sur la question des langues vivantes ». In : RELV, 1886-1887, vol.3, p. 194.
7RELV, 1889-1890, vol. 6, p. 481 sqq ; ce rapport est présenté par Bossert à la sous-commission « Enseignement, méthodes, programmes » dans le cadre de la Commission pour l’étude des améliorations à introduire dans le régime des établissements d’enseignement secondaire. Ce rapport est exactement identique au texte de l’Instruction sur l’enseignement des langues vivantes de 1890 ; cf. BAMIP, 1890, supplément au n° 922, p. 463 sqq.
8RELV, 1891-92, vol.8, p. 219 ; l’article est signé L. Morel. Berthelot a publié un article dans la Revue des Deux-Mondes du 15.3.1891, sur la crise de l’enseignement secondaire, dans lequel il recourait à une argumentation qui fut très mal accueillie dans le corps enseignant de langues vivantes : selon lui, on n’avait pas besoin d’agrégés de langues, mais seulement d’enseignants efficaces.
9Michel Bréal : Quelques mots sur l’Instruction publique en France. Paris : Hachette 1872, p. 174.
10Dans son article, Clavères (cf. note 1) analyse le manuel de Lhomond : Éléments de grammaire latine.
11Adolphe Bossert : RELV, 1889-1890, p. 484.
12Clavères : « Les épreuves de langues vivantes au baccalauréat de 1852 à 1914 ». In : Les langues modernes, 4/1996, p. 3-14.
13En particulier celle d’un professeur de langues modernes allemand, K.A. Martin Hartmann, envoyé en mission en France et en Suisse par le ministère des Cultes et de l’Instruction publique du Royaume de Saxe en 1895-96, qui publie ses impressions de voyage : Reiseeindrücke und Beobachtungen eines deutschen Neuphilologen in der Schweiz und in Frankreich. Leipzig 1897.
14Lire Anne-Marie Chartier/Jean Hébrard : « De la composition latine à l’explication des textes français. Les étapes d’une scolarisation du lire à la fin du xixe siècle ». In : Le français aujourd’hui, 85/1989, p. 115-120, et des mêmes auteurs, « L’invention de la lecture dans les enseignements sans latin », op. cit., 86/1989.
15Gérard Genette : Figures II. Paris : Seuil (Coll. Points) 1969, p. 23-42 ; A. Chervel : Les auteurs français, latins et grecs au programme de l’enseignement secondaire de 1800 à nos jours. INRP et Publications de la Sorbonne 1986, p. 3-4.
16Hermann Dietz : « Les langues vivantes dans l’enseignement secondaire spécial ». In : RELV, 1888-89, vol.5, p. 311.
17Lire à ce sujet Gonthier-Louis Fink : « Classique et romantique, critères du génie national ». In : Freddy Raphaël (Éd.) : Image de soi, image de l’autre. La France et l’Allemagne en miroir. Strasbourg : Presses universitaires 1994, p. 71-86.
18Gustave Lanson : « La méthode de l’histoire littéraire ». In : Revue du Mois, 10. 10. 1910, repris dans : Lanson : Essais de méthode de critique et d’histoire littéraire, présentés par Henri Peyre. Hachette 1965, p. 33.
19RELV, 1891-92, vol.8, p. 177-179 (« Le programme des langues vivantes dans le nouvel enseignement classique français »).
21Ernest Renan : La réforme intellectuelle et morale de la France. Paris 1871 : « Qu’on juge de ce que j’ai souffert quand j’ai vu la nation qui m’avait enseigné l’idéalisme railler tout idéal, quand la patrie de Kant, de Fichte, de Herder, de Goethe s’est mise à suivre uniquement les visées d’un patriotisme exclusif, quand le peuple que j’avais toujours présenté à mes compatriotes comme le plus moral et le plus cultivé s’est montré à nous sous la forme de soldats ne différant en rien des soudards de tous temps, méchants, voleurs, ivrognes, démoralisés, pillant comme du temps de Wallenstein […] ». Cité par Beate Gödde-Baumanns : « L’idée des deux Allemagnes dans l’historiographie française des années 1871-1914 ». In : Francia 12/1985, p. 609-619.
22Parmi les nombreux auteurs qu’il faudrait citer à propos de la théorie des deux Allemagnes, nous nous limiterons à Claude Digeon : La crise allemande de la pensée française (1870-1914). Paris : Gallimard 1959, p. 162 sqq., et à l’étude déjà citée de Gödde-Baumanns (cf. note 21).
23Elme-Marie Caro : Les jours d’épreuve 1870-1871, Paris 1872, reprenant les articles publiés par la Revue des deux mondes le 15 décembre 1870 et le 1er novembre 1871 ; je cite d’après Gödde-Baumanns (cf. note 21), p. 611.
24On voit ici qu’après 1870, on pouvait être amené à prôner l’enseignement de l’allemand comme véhicule d’une culture morte, et quelques années après militer pour l’enseignement « moderne », selon les besoins du moment. Les objectifs didactiques ne sont pas prioritaires ; ce sont des justifications d’un autre ordre qui déterminent les discours et les stratégies.
25Cf. Monique Mombert : « L’enseignement de l’allemand en France et du français en Allemagne après 1871, 1918 et 1945 ». In : Ilja Mieck/Pierre Guillen (Éd.) : Nachkriegsgesellschaften in Deutschland und Frankreich im 20. Jahrhundert/Sociétés d’après-guerre en France et en Allemagne au xxe siècle. München : Oldenburg Verlag 1998, p. 161-173, ainsi que « Le discours patriotique et l’enseignement de l’allemand en France 1870-1914 ou : enseigner la langue de l’ennemi ? ». In : Allemagne d’aujourd’hui, n° 135, janvier-mars 1996, p. 126-156.
26Pour cet aspect, cf. Mombert, passim.
27Les concours de recrutement avant 1850 ont été étudiés par Michel Espagne/Françoise Lagier/Michael Werner : Philologiques II. Le maître de langues. Les premiers enseignants d’allemand en France (1830-1850). Éditions de la M.S.H. 1991, p. 113-127. Sur les débuts des chaires de littérature étrangère, lire Espagne. In : Espagne/Werner (Éd.), Les études germaniques en France (1900-1970). Éditions du CNRS 1994, p. 33-62. La spécialisation, qui a commencé dès 1841 au Collège de France, qui n’assure pas la préparation aux concours, s’amorce entre 1878 et 1885 dans les universités.
28Cf. Puren (cf. note 5) et Maurice Sachot : « La notion de discipline scolaire : éléments de constitution ». In : J.-P. Clément/M. Herr/P. Boyer (Éd.) : L’identité de l’éducation physique scolaire au xxe siècle : entre l’école et le sport. Clermont-Ferrand : AFRAPS 1993.
29Cf. Espagne/Werner (cf. note 27).
30Signalons à ce propos le livre de Bernard Trouillet : « Der Sieg des preußischen Schulmeisters und seine Folgen für Frankreich 1870-1914. Köln/Bohlau : Deutsches Institut für Internationale Pädagogische Forschung 1991, Bd. 45.
31Sur cet aspect, cf. Mombert, Le « modèle allemand » et les langues vivantes (1880-1902). Les Cahiers du CIRID 1997, n° 7, USHS.
32Clavères fait la biographie de Wolfromm dans le n° 1/1988 des Langues modernes (« Nous, les maîtres de langues »), p. 7-14.
33Des deux inspecteurs généraux en fonction à cette époque (A. Bossert et E. Chasles), seul Chasles accepte d’écrire en son nom ; de Bossert, on ne trouve dans la revue que des textes de type normatif. C’est du reste probablement à Bossert que Wolfromm devra sa mutation disciplinaire, qui sanctionne sans doute une liberté de ton plus qu’un fait précis.
34Le milieu des enseignants de langues vivantes était en pleine expansion ; de 174 en 1865, le nombre de professeurs, toutes catégories et langues confondues, passe à 704 en 1887 et à 1023 en 1895. Source : Paul Lévy : La langue allemande en France. Pénétration et diffusion des origines à nos jours. Lyon : IAC (Bibliothèque de la Société des études germaniques) 1952, t. II, p. 175. Cette augmentation rapide favorisait le rayonnement des enseignants qui disposaient de tribunes (revue, association…) pour exposer leurs idées.
35Schweitzer est devenu un personnage de la littérature française grâce à son petit-fils, Sartre, qui en fait le patriarche tyrannique des Mots.
36Selon François-Georges Dreyfus : « Les protestantismes entre la France et l’Allemagne 1850-1933 ». In : Christian Baechler/Klaus-Jürgen Müller (Éd.) : Les tiers dans les relations franco-allemandes / Dritte in den deutsch-französischen Beziehungen. München : Oldenbourg Verlag 1996, p. 175-182.
37Espagne/Werner (cf. note 27), p. 512.
38Alain Choppin (Éd.) : Les manuels scolaires en France de 1789 à nos jours. Vol.5. Les manuels d’allemand. INRP/Publications de la Sorbonne 1983.
39En collaboration avec Émile Simonnot, Armand Colin 1917.
40Fondée en 1891, cette Société regroupait 700 membres en 1895, issus des milieux du commerce, de l’armée, de l’administration.
41Hartmann (cf. note 13), p. 77, décrit deux cours de Schweitzer, auxquels il a assisté : en sixième à Janson de Sailly, et à la Mairie du 4e arrondissement de Paris, à un public d’instituteurs et d’institutrices.
42Outre les articles publiés dans la RELV, signalons l’ouvrage de A. Pinloche : La Réforme de l’éducation en Allemagne au xviiie siècle. Basedow et le philantropinisme. A. Colin 1889, ainsi que, du même : Pestalozzi et l’éducation populaire en Allemagne, 1902.
43Schweitzer prête à F. Gouin, auteur d’une méthode reposant sur des séries lexicales, et d’un ouvrage méthodologique, L’art d’enseigner et d’étudier les langues (1880), un rôle d’inspirateur qui me paraît discutable.
44Cf. la circulaire du 15.11.1901 : « Il faut employer la méthode qui donnera le plus rapidement et le plus sûrement à l’élève la possession effective de ces langues [i.e. les langues vivantes étrangères]. Cette méthode, c’est la méthode directe ».