1Voir l’article Sprachbewußtsein. In : Hadumod Bußmann : Lexikon der Sprachwissenschaft. Stuttgart 1983.
2François Alvarez-Peyrere : « La conscience linguistique : pourquoi, comment ? In : Jean-Claude Bouvier (Éd.) : Les Français et leurs langues. Université d’Aix-Marseille 1991, p. 292.
3Cf. Sylvain Auroux : La philosophie du langage. Paris 1996, p. 69.
4Voir à cet égard les remarques critiques de Eva Neuland : « Sprachgefühl, Spracheinstellungen, Sprachbewußtsein. Zur Relevanz “subjektiver Faktoren” für Sprachvariation und Sprachwandel ». 1993, p. 733.
5Cf. Marie-Armelle Valentin : « Language awareness ». In : Bulletin régional de l’Association des Professeurs de Langues Vivantes 53/1996, p. 13.
6Cf. Harald Weinrich : Conscience linguistique et culture littéraire. Paris 1989, p. 7.
7Cf. Auroux 1966 (cf. note 3), p. 61.
8Cf. Peter Scherfer : « Untersuchungen zum Sprachbewußtsein der Patois-Sprecher in der Franche-Comté ». Tübingen 1983, p. 23 : « Neben der Linguistik haben vor allem die Wissenssoziologie […] und der symbolische Interaktionismus das Studium des « Alltagswissens » zum Gegenstand. Ausgehend von diesen in der Soziologie erarbeiteten Zusammenhängen hat Schlieben-Lange (1973, 1975) den Sprachbewußtseinsbegriff in die Soziolinguistik und in die Sprachtheorie eingeführt ».
9La conscience linguistique est à distinguer de la conscience langagière en ce que la première renvoie à un savoir sur une langue-système.
10Cf. Brigitte Schlieben-Lange : Soziolinguistik. Eine Einführung. Stuttgart 1981, p. 108.
11Cf. Georg Kremnitz : « La sociolinguistique dans les États français et espagnol ». In : Norbert Dittmar/Brigitte Schlieben-Lange (Éd.) : Die Soziolinguistik in romanischsprachigen Ländern. La sociolinguistique dans les pays de langue romane. Tübingen 1983, p. 13-28.
12Cf. Brigitte Schlieben-Lange : « Les objets de la recherche sociolinguistiques II : attitudes ». In : Dittmar/ Schlieben-Lange 1983 (cf. note 11), p. 219-223.
Cf. aussi Peter Scherfer 1983 (cf. note 7).
13Cf. Jean-Claude Bouvier : L’Ethnotexte du GRECO 5/1984, p. 3.
14Cf. Jean-Claude Bouvier (Éd.) : Les Français et leurs langues. Université d’Aix-Marseille 1991, p. 4.
15Cette recherche commencée en 1989 a donné lieu, à ce jour, à quelques 250 enquêtes transcrites et analysées, cf. Archives sonores en dépôt au Département de Dialectologie de l’Université des Sciences Humaines de Strasbourg.
16Voir, en particulier, les articles, in : Werner Besch/Ulrich Knoop/Wolfgang Putschke/Herbert Ernst Wiegand (Éd.) : Ein Handbuch zur deutschen und allgemeinen Dialektologie. Berlin/New York Vol. 1/1982, Vol. II 1983.
17Cf. Heinrich Löffler : « Gegenstandskonstitution in der Dialektologie : Sprache und ihre Differenzierungen ». In : Werner Besch et al. 1/1982 (note 16) : « So bekommt letztlich diejenige Auffassung innerhalb der Dialekttheorie ein neues Gewicht, die anfangs eher als exzentrisch und ganz und gar unlinguistisch ercheinen mußte, daß Dialekt nämlich das sei, was die Dialektsprecher dafür halten ».
18Cf. Edgar Morin : « De l’interdisciplinarité ». In : Actes du Colloque Carrefour des Sciences. Session plénière du comité national de la recherche scientifique : l’interdisciplinarité. Palais de l’UNESCO 1990, p. 29.
19Concernant la méthodologie d’enquête, nous avons opté pour un questionnaire ouvert permettant aux témoins de faire des digressions et de développer leur pensée. L’enquête de type « interactionniste » a donné lieu à un entretien thématique semi-dirigé d’une durée moyenne de lh 30.
20Pour les grandes tendances, voir Arlette Bothorel-Witz/Dominique Huck : « Des variétés dialectales aux locuteurs dialectophones alsaciens : état d’une recherche géo- et sociolinguistique ». In : Jean-François Bonnot (Éd.) : Paroles régionales. Strasbourg 1995, p. 45-96.
21Cf. Morin 1990 (cf. note 18), p. 27.
22L’entretien avec les locuteurs s’organise autour de six axes : 1. délimitation de l’espace linguistique et de l’espace de vie du locuteur / 2. auto-évaluation de la compétence linguistique en dialecte, en français et en allemand / 3. représentations des normes linguistiques dans les trois langues / 4. La conscience des variations dans les trois langues / 5. Les pratiques linguistiques / 6. L’idéologie linguistique (classement hiérarchique des langues, transmission dialectale, dialecte et école, identité et langue).
23La distanciation perçue – que déterminent des critères plus irrationnels – peut être objectivée par l’emploi de sobriquets qui marquent l’altérité lointaine ou plus proche.
24Les locuteurs, indépendamment de leur origine géographique, ont une perception très fine des micro-variations (dans l’entourage spatial proche) qui contraste avec une perception plus grossière des macro-variations. De même, lorsque les variations sont exemplifiées, elles relèvent le plus souvent du niveau phonétique.
25Cf. Claude Martel : « Conscience et utilisation de l’outil linguistique : régionalismes du français dans les Alpilles ». In : Bouvier 1991 (cf. note 14), p. 461-469.
26Cf. Eugène Philipps : Les luttes linguistiques en Alsace jusqu’en 1945. Strasbourg 1975.
27Cf. Georges Bischoff : « L’invention de l’Alsace ». In : Saisons d’Alsace (Alsace imaginaire. Symboles, fantasmes et rêves) 119/1993, p. 38.
28Voir à cet égard, Michel de Certeau/Dominique Julia/Jacques Revel : Une politique de la langue. La Révolution française et les patois. Paris 1975, p. 291-317.
29Cf. Arlette Bothorel-Witz : « Nommer les langues en Alsace ». In : Andrée Tabouret-Keller (Éd.) : Le nom des langues 1. Les enjeux de la nomination des langues. Louvain : Peeters BCILL 1997, p. 117-145.
30Cf. en particulier, Antoine de Rivarol : Discours sur l’universalité de la langue française. Berlin 1784. Voir aussi Albert Dauzat : Le génie de la langue française. Paris 1954.
31Cf. pour de plus amples détails sur les phénomènes d’« insécurité linguistique », Sophie Frantz : La recherche des indices d’insécurité linguistique dans le discours épilinguistique de locuteurs alsaciens. Mémoire de maîtrise dactylographié en dépôt au Département de dialectologie de l’Université de Strasbourg II, Strasbourg 1997.
32Cf. Maurice Halbwachs : Les cadres sociaux de la mémoire, Paris 1994 (11925).
33Cf. Henri Boyer/Jean Peytard (Éd.) : Les représentations de la langue : approches sociolinguistiques/Langue française 85/1990, p. 3.
34Jean-Blaise Grize : « Logique naturelle et représentations sociales ». In : Denise Jodelet (Éd.) : Les représentations sociales. Paris 1993 (11989), p. 160.
35Concernant la distinction entre les représentations collectives et individuelles, Durkheim (cité par Serge Moscovici in : « Des représentations collectives aux représentations sociales », p. 79) écrit dans Les règles de la méthode sociologique : « On peut se demander si les représentations individuelles et les représentations collectives ne laissent pas, cependant, de se ressembler en ce que les unes et les autres sont également des représentations et si, par suite de ces ressemblances, certaines lois abstraites ne seraient pas communes aux deux règnes. Les mythes, les légendes populaires, les conceptions religieuses de toute sorte, les conceptions morales, etc., expriment une autre réalité que la réalité individuelle ; mais il se pourrait que la manière dont elles s’attirent et se repoussent, s’agrègent ou se désagrègent, soit indépendante de leur contenu et tienne à leur qualité générale de représentations ».
36Serge Moscovici : « Des représentations collectives aux représentations sociales ». In : Denise Jodelet : (Éd.) : Les représentations sociales. Paris 1993 (11989), p. 65.
37Cf. Émile Durkheim : Les règles de la méthode sociologique. Paris 1963 (11895).
38Cf. Serge Moscovici : La psychanalyse, son image et son public. Paris 1976 (11961).
39Cf. Serge Moscovici : « Le domaine de la psychologie sociale ». In : Serge Moscovici (Éd.) : Psychologie sociale. Paris 1988 (11984), p. 6.
40Cf. Denise Jodelet : « Représentations sociales : un domaine en expansion ». In : Denise Jodelet (Éd.) : Les représentations sociales. Paris 1993 (11989), p 41.
41Cf. Denise Jodelet : « Représentations sociales : un domaine en expansion ». In : Denise Jodelet 1993 (cf. note 40), p. 40.
42Cf. Jean-François Le Ny : « Comment (se) représenter les représentations ? ». In : Psychologie française 30/1985 (Les Représentations, numéro spécial), p. 231-238.
43C’est ainsi que la norme dialectale est, dans les représentations, associée aux locuteurs âgés, ruraux, peu mobiles. Elle constitue, de ce fait, une variété sociolectale.
44Cf. Claudine Herzlich : « La représentation sociale ». In : Serge Moscovici (Éd) : Introduction à la psychologie sociale. Paris 1972, p. 303-323.
45Cf. Jean Piaget : Le jugement et le raisonnement chez l’enfant. Neuchâtel 1967 (cité par Jean-Blaise Grize : « Logique naturelle et représentations sociales ». In : Jodelet 1993 (note 40), p. 162).
46Cf. Denise Jodelet : « Réflexions sur le traitement de la notion de représentations sociale en psychologie sociale ». In : B. Schiele/C. Belisle (Éd.) : Les représentations, Communication, Information (numéro spécial). Montréal, 1984/6, n° 2-3.
47Cf. Véra Vidal : « Quelques réflexions sur l’interdisciplinarité ». In : E. Portella (Éd.) : Entre Savoirs. L’interdisciplinarité en acte : enjeux, obstacles, résultats. Toulouse 1992, p. 53-56.
48Cf. Jodelet 1993 (cf. note 41), p. 36.
49Voir aussi à cet égard, les remarques de Willem Doise : « Attitudes et représentations sociales ». In : Jodelet 1993 (cf. Note 41), p. 229-230.
50Voir Henri Boyer : Langues en conflit. Études sociolinguistiques. Paris 1991, p. 40-41.
51La sociolinguistique occitane qui accorde une grande place aux faits subjectifs a retenu le terme de « représentations psycho-sociolangagières ».
52Les travaux du sociopsychologue Wallace Lambert sur les attitudes des communautés francophone et anglophone au Canada, de même que la mise au point méthodologique de la technique du locuteur masqué (matched guise technique) ont rencontré un large écho dans la sociolinguistique allemande.
53Cf. Sonia Vandermeeren : « Sprachattitüde. Language attitude. Attitudes linguistiques ». In : Hans Goebl et al. : Kontaktlinguistik. Contact Linguistics. Linguistique de contact. Ein internationales Handbuch zeitgenössischer Forschung. Berlin/New York Vol. 1/1996, p. 692-702.
54Milton J. Rosenberg/Carl I. Hovland : « Cognitive, affective and behavioral components of attitudes ». In : Carl I. Hovland et al. (Éd.) : Attitude organization and change. New Haven 1960, p. 1-14.
55Cf. Claudine Herzlich : « La représentation sociale ». In : Serge Moscovici (Éd.) : Introduction à la psychologie sociale. Paris 1972, p. 303-323.
56Pour la définition du suivisme, cf. Geneviève Paicheler et Serge Moscovici : « Suivisme et conversion ». In : Serge Moscovici (Éd.) : Psychologie sociale, p. 141 : « Le suivisme consiste en l’acceptation publique d’un comportement ou d’un système de valeurs sans qu’il n’y ait d’adhésion privée. En apparence, les individus ou les groupes se soumettent pour s’éviter des désagréments : dévaluation, rejet, répression. Mais ils conservent leurs croyances et sont prêts à changer leur comportement dès que les circonstances ne l’imposent plus. »
57Cf. Jean-Blaise Grize : « Logique naturelle et représentations sociales ». In : Denise Jodelet 1993 (cf. note 41), p. 162.
58Voir pour les principes théoriques et méthodologiques, Pierre Ansart : Les sociologies contemporaines. Paris 1990, p. 77-92.
59Cf. Raymond Boudon : L’inégalité des chances ; la mobilité sociale dans les sociétés industrielles. Paris 1985 (11973) ; Effets pervers et Ordre social. Paris 1989 (11977) ; L’idéologie ou l’origine des idées reçues. Paris 1986.
60Selon Max Weber, l’explication des phénomènes sociaux, quels qu’ils soient, doit être ramenée aux comportements individuels, rationnels, qui en sont la cause. Ce n’est qu’en cas d’échec de cette explication qu’il convient de recourir à des composantes irrationnelles.
61Cf. Boudon 1986 (cf. note 59), p. 16.
62Pierre Achard : La sociologie du langage. Paris 1993, p. 93.
63Voir en particulier, Ansart 1990 (cf. note 58), p. 29-46.
64Voir Alain Accardo/Philippe Corcuff : La sociologie de Bourdieu. Textes choisis et commentés. Bordeaux 1986, p. 14.
66Cf. Ansart 1990 (cf. note 58), p. 40-41.
67Pierre Bourdieu : Ce que parler veut dire. L’économie des changements linguistiques. Paris 1982, p. 59-60.
68Cf. Irène Fenoglio : « Conscience linguistique ». In : Hans Goebl et al. 1996 (cf. note 53), p. 675-684.
69C’est ainsi que le lien entre le découpage spatial subjectif de l’espace de vie et de l’espace dialectal et les représentations telles que nous les avons définies n’est pas établi.
70Raymond Aron : L’opium des intellectuels. Paris 1955 p. 167