2Brayard Florent, Wirsching Andreas (dir.), Historiciser le mal. Une édition critique de Mein Kampf, op. cit., p. 697-698. Voir dans ce volume le chapitre 5 sur l’idéologie nationale-socialiste.
3Discours du 30 janvier 1937 devant le Reichstag, reproduit dans le Völkische Beobachter (no spécial du 31 janvier 1937) et pour de longs extraits (le discours lui-même ayant duré plus de trois heures) dans Domarus I (1962), p. 664-676.
4Présentation au Reichstag de l’occupation de la rive gauche rhénane. Reproduite en grande partie dans Domarus I (1962), p. 583-597. Il en existe une version anglaise de 1936 : Speech delivered in the Reichstag, March 7th. 1936, by Adolf Hitler, Führer and Chancellor, Berlin, Müller & Sohn KG.
5« Proclamation au congrès national du parti » du 9 septembre 1936 à Nuremberg (congrès du NSDAP* du 8 au 14 septembre, dit « de l’honneur » – l’honneur allemand étant considéré comme retrouvé après l’occupation militaire de la Ruhr). Extraits dans Domarus I (1962), p. 637-639. Publication dans le Völkische Beobachter et dans la brochure Reden des Führers am Parteitag der Ehre 1936, Munich, Éditions centrales du NSDAP, Franz Eher succ., 1936.
6Discours du 30 janvier 1937, Domarus I (1962), p. 667.
8Les 4 et 12 février 1937, Goebbels fit deux discours de « contenu similaire » sur la situation intérieure et extérieure de l’Allemagne et l’œuvre de redressement accomplie en quatre ans (Bulletin périodique de la presse allemande no 470, p. 6, 7, 22). Le premier a été reproduit dans la Hamburger Fremdenblatt du 5.02.1937. Le second, qui insistait sur « l’action néfaste du bolchévisme », n’a pas été radiodiffusé et les comptes rendus des journaux sont volontairement restés sommaires, d’après le Journal de Goebbels, p. 385, qui a interdit la publication « de ce triomphe oratoire » avant retravail. Le Bulletin quotidien de presse étrangère a traduit le résumé et les citations donnés par Goebbels à l’Angriff, le journal du NSDAP de Berlin qu’il avait fondé (no 6474, p. 3-5). Le même Bulletin rend compte du discours de Cologne du 25.02.1937 (no 6485, p. 3-4), consacré surtout à la politique étrangère et qui fait du bolchévisme un « problème juif ».
9Domarus I (1962), p. 637.
10« Il est bien évident que, vu la densité de population de notre pays, nous ne cesserons d’exiger des colonies ». Discours du 30 janvier 1937, Domarus I (1962), p. 673.
11Brayard Florent, Wirsching Andreas (dir.), Historiciser le mal. Une édition critique de Mein Kampf, op. cit., chapitre I/4 « Munich », p. 153-178.
12Dans l’accord naval du 18 juin 1935 entre la Grande-Bretagne et l’Allemagne, celle-ci s’engageait à ne pas dépasser 35 % de l’effectif de la flotte britannique.
13Domarus I (1962), p. 673.
15Les traités de Westphalie (il y en eut deux, l’un à Münster et l’autre à Osnabrück) mirent fin à la guerre de Trente ans le 24 octobre 1648. La France y était entrée ouvertement en 1635 et Richelieu fut longtemps accusé par l’historiographie, notamment allemande, de visées expansionnistes sur la rive gauche du Rhin. De fait, la France obtint pour la première fois des pays de langue allemande au traité d’Osnabrück : outre les Trois-Évêchés (Metz, Toul et Verdun), elle s’assurait les droits de la maison d’Autriche sur presque toute l’Alsace. La politique de Richelieu paraît toutefois largement guidée par le souci d’affaiblir les Habsbourg, maîtres de l’Autriche et de l’Espagne. Par ailleurs, le rêve des Habsbourg de transformer l’Empire en État unitaire s’évanouit en 1648. Garantes de la paix, la France et la Suède pouvaient intervenir à tout moment dans les affaires intérieures de l’Empire. Les quelques trois cent cinquante États allemands, sous réserve de ne pas se dresser contre l’empereur auquel ils restaient finalement subordonnés, recevaient une large autonomie (Landeshoheit), notamment le droit de conclure alliance et de faire la guerre.
16Tentative de coup d’État du 25 juillet 1934 du parti national-socialiste autrichien, où le chancelier Dollfuss trouva la mort.
17Le nom exact du bureau est « Organisation pour l’étranger » (Auslandsorganisation). L’intérêt pour les « Allemands de l’étranger » (désignation apparue après la fondation de l’Empire en 1871) augmenta dans les années 1890 lors du virage à droite du nationalisme allemand. Certains courants (notamment la Ligue pangermaniste fondée en 1891) prônaient l’extension des frontières de l’Allemagne à tous les Allemands d’origine vivant hors d’elles, contre la solution « petite-allemande », politique, choisie par Bismarck (qui revenait à faire l’unification des provinces du Saint Empire romain en excluant les possessions héréditaires des Habsbourg). Après 1918, la question des « Allemands de l’étranger » domina la politique étrangère de la République de Weimar, qui versa des sommes considérables à leurs organisations de défense ou (et) à but pangermanique. Néanmoins, Berlin ménageait ses voisins et refusait de mettre en danger ses relations diplomatiques à cause de l’irrédentisme de certains groupes germanophones, à la différence de l’Organisation étrangère du NSDAP à partir de 1933.
18Discours au Reichstag* du 21 mai 1935, à l’occasion de la loi sur la défense nationale (Wehrgesetz) pour protester des intentions de paix allemandes, reproduit dans le Völkische Beobachter no 142 du 22 mai 1935 et dans Domarus I (1962), p. 505-514. Memel, en Prusse Orientale, avait été transformé en condominion franco-britannique par le traité de Versailles. La Lituanie avait annexé la ville en 1923, coup de force accepté par les autres puissances en échange d’un statut autonome, toutefois mal respecté par Vilnius qui menait une politique de lituanisation (71 000 habitants sur 140 000 étaient germanophones). Memel fut annexé au IIIe Reich le 23 mars 1939. Les passages du discours de Hitler concernant Memel sont reproduits dans Domarus, p. 510-511.
19Brayard Florent, Wirsching Andreas (dir.), Historiciser le mal. Une édition critique de Mein Kampf, op. cit., p. 710-714.
20Avenue du centre de Berlin à proximité de la porte de Brandebourg, perpendiculaire à celle d’Unter den Linden, siège de nombreux ministères sous le IIIe Reich, notamment de celui des Affaires étrangères.
21Le chiffre est en réalité presque celui du nombre de germanophones vivant en République tchécoslovaque (environ 3,5 millions de personnes sur 14,2 millions d’habitants en 1930). Il n’en demeure pas moins que le mouvement du professeur de gymnastique Konrad Henlein, ancien combattant de la Première Guerre mondiale, jouissait d’une énorme faveur auprès d’eux. Son « Front intérieur sudète » (sudetendeutsche Heimatfront) fut fondé en octobre 1933 pour remplacer deux partis d’extrême-droite interdits et se transforma en Parti sudète (Sudetendeutsche Partei ou SdP) le 30 avril 1935. Lors des élections parlementaires de mai 1935, il obtient 1,2 million des 1,8 million de voix allemandes. Il se rapproche progressivement du NSDAP à partir de 1933 ; en 1936, il est financé par le Front du travail* allemand et le bureau du Plan quadriennal* de Goering. En novembre 1937, Henlein confie le sort de la population germanophone à Hitler contre les prétendues attaques de la République tchécoslovaque.
22Brayard Florent, Wirsching Andreas (dir.), Historiciser le mal. Une édition critique de Mein Kampf, op. cit., chapitre II/14, « Orientation vers l’est ou politique à l’Est ».
25Pacte du 26 janvier 1934 intitulé Erklärung zwischen Deutschland und Polen über den Verzicht auf Gewaltanwendung (Déclaration germano-polonaise de renonciation à la violence). Fac-similé mis en ligne par Heidi Hein-Kircher pour l'Institut Herder (Marbourg), Dokumente und Materialien zur ostmitteleuropäischen Geschichte. Themenmodul ‘Zweite Polnische Republik’, https://www.herder-institut.de/resolve/qid/32.html (consulté le 11/10/2021).
26Nicolae ou Titulescu (1883-1941), avocat et homme politique roumain, représenta son pays à la Conférence de paix en 1919. Il fut ministre plénipotentiaire à Londres entre 1928 et 1932, ministre des Affaires étrangères de 1932 à 1936 et il s’engagea pour la Petite Entente (alliances avec la France, la Tchécoslovaquie et la Yougoslavie). Sa chute eut lieu après une violente campagne de presse contre lui. L’Allemagne, principale partenaire économique de la Roumanie entre 1935 et 1938, finançait alors la presse et les organisations d’extrême-droite. Le successeur de Titulescu, qui acheva sa vie à Cannes en France, fut Victor Antonescu.
27L’article 16 du pacte de la SDN portait sur les sanctions (allant jusqu’à l’emploi de la force militaire) contre les États commettant un acte de guerre contre un membre de la Ligue. Les sanctions, qui devaient être décidées à l’unanimité par le Conseil, étaient certes imposées aux membres si elles étaient d’ordre économique et financier, mais seulement recommandées si elles étaient plus contraignantes.
28La Belgique était liée avec la France depuis 1920 par un accord de défense mutuel contre une agression non provoquée. Rendu méfiant par le manque de réaction française devant la réoccupation de la zone rhénane démilitarisée, le roi Léopold III dénonça l’accord dans le discours du 14 octobre 1936, accord par ailleurs source de tensions intérieures (il était vivement critiqué par l’aile flamande du parti catholique et, sur certains cas, par les socialistes).
29Après la chute d’Addis Abeba le 5 mai 1936, les sanctions prises antérieurement par la SDN contre l’Italie ont été levées le 4 juillet.
30Richelieu n’apparaît pas dans Mein Kampf, mais on y trouve une allusion à l'histoire de France (p. 706 de l'édition réalisée par l’ouvrage Brayard Florent, Wirsching Andreas, (dir.), Historiciser le mal. Une édition critique de Mein Kampf, op. cit.).
32Voir « ligne Siegfried » dans le glossaire.
33Le 11 janvier, l’Agence de presse allemande (Deutsches Nachrichtenbüro ou DNB) prétendit qu’une république communiste était en train de se former à Perpignan où le gouvernement français, paraît-il, n’avait déjà plus aucune autorité. Cette nouvelle aurait été lancée en réponse à celle de l’agence Havas sur d’éventuelles infiltrations de troupes allemandes au Maroc espagnol. L’affaire est évoquée dans les Documents diplomatiques français 1932-1939, 2e série, 1936-1939, Paris, Imprimerie nationale, 1967, t. IV, p. 459-460 (télégramme d’A. François-Poncet à Y. Delbos du 11 janvier 1937).