Les voyages pédestres de tandems écrivain‑peintre en Allemagne entre 1750 et 1850
p. 217-236
Texte intégral
1Les monographies sur les voyages entre amis écrivains ou entre amis artistes abondent, alors que les documents sur les voyages pédestres entre écrivains et artistes unis par des liens amicaux sont bien plus rares. Avant d’aborder divers exemples d’une telle pratique dans l’aire culturelle allemande entre 1750 et 1850, il semble judicieux de les replacer d’abord dans leur contexte global, qui se distingue de ce qui est courant dans la société française de la même époque, en particulier pour ce qui concerne l’amitié et le voyage pédestre.
Le contexte culturel 1750‑1850
La peinture de paysage
2Si jusqu’alors, les Académies des Beaux‑Arts allemandes professaient principalement la manière hollandaise, vers la fin du xviiie siècle, la nature devient un sujet de réflexion et d’observation à part entière et non plus un simple objet : une tendance, née de l’Empfindsamkeit (littéralement, le sentimentalisme), considère nature et paysages à la fois comme une source d’inspiration, comme une énergie créatrice et comme un chiffre des mouvements de l’âme et du cœur1. Nombre d’artistes se rendent à pied dans la nature, choisissant de préférence des paysages sauvages, considérés comme « malerisch2 » : la perception corporelle qu’ils ont de leur environnement leur permet de se forger un style novateur3. En revanche, d’autres artistes se tournent plutôt vers le classicisme de l’art antique, prôné par Johann Joachim Winckelmann.
3L’instantanéité d’un croquis, qui semble dégager plus de spontanéité et de véracité qu’un tableau, explique la nouvelle préférence du public, dès la fin du xviiie siècle, pour les dessins et les estampes4. La diffusion des œuvres d’art est d’ailleurs favorisée par l’invention de nouvelles techniques de gravure5 qui s’efforcent de les reproduire le plus fidèlement possible. C’est aussi l’époque où les artistes prennent conscience de leur valeur et assurent leur place sur le marché de l’art6. Les nouveaux mécènes sont issus de la grande bourgeoisie, soucieuse de prestige social et d’influence culturelle.
Le voyage pédestre ou Wanderung
4Par ailleurs, à partir de 1770, le voyage pédestre, réservé auparavant au petit peuple et aux Compagnons, va prendre une tout autre valeur7. La Wanderung, qui désigne un voyage effectué majoritairement (mais pas exclusivement) à pied, devient un signe d’émancipation des membres de l’élite cultivée dans l’esprit de l’Aufklärung : aller à pied, c’est revendiquer une totale liberté, c’est aussi déroger volontairement aux normes sociales en vigueur en se décidant pour une forme alternative de déplacement qui sous‑entend une critique de l’ordre établi. Contrairement à l’aristocrate, considéré comme réfractaire aux déplacements pédestres, le piéton bourgeois manifeste sa supériorité physique et morale par cet acte libérateur, initié par Rousseau et étroitement lié à la conception kantienne d’un possible progrès social allant de pair avec une maturation du genre humain. Il permet au piéton non seulement de vivre pleinement son empathie pour la nature, mais aussi de revaloriser le peuple et d’échapper à l’atmosphère étouffante et sclérosante des contraintes sociales, religieuses et politiques propres au milieu urbain. De ce fait, le voyageur pédestre choisit de se vêtir de façon pratique et confortable et non selon le code vestimentaire de sa classe sociale.
5Toutefois, après 1815, la Wanderung se transforme insensiblement en détente de la bourgeoisie, en gagne‑pain pour intellectuels prosateurs et en outil permettant de satisfaire la curiosité positiviste de divers savants.
6Cela étant, un voyage pédestre reste une entreprise fatigante et parfois périlleuse. À deux, il est plus aisé d’affronter un monde hostile. La solidarité et la confiance entre les Wanderer semblent indispensables et vitales. Au cours du trajet, les idées s’échangent en permanence : la relation amicale privilégiée et le transfert culturel se révèlent alors dans toute leur profondeur.
La rivalité entre peinture et écriture
7Un autre élément de contexte important est la question de la rivalité entre peinture et écriture. La position d’Horace, « ut pictura poesis », avait été reprise par les adeptes de l’Aufklärung. En revanche, Lessing, dans son traité Laokoon8, démontre les différences entre les deux arts et décrète l’impossibilité d’une comparaison ; le néo‑classicisme de Weimar suivra cette tendance. Mais le mouvement romantique allemand va se distancier de cette prise de position et cherchera plutôt à étendre à tous les domaines la liberté nouvellement acquise de l’artiste : il prône le pluralisme, qui amalgame tous les arts et neutralise la différence entre le fictionnel et le réel, avec comme but idéal la totalité9. Souvent, les peintres sont aussi écrivains et vice‑versa.
Le culte de l’amitié
8À ce qui précède, il faut ajouter qu’au xviiie siècle, l’amitié acquiert une nouvelle qualité. Elle n’est plus une relation essentiellement sociale, utilitaire ou politique, comme aux siècles précédents, mais s’oriente plutôt sur une conception antique, fondée sur l’individualisme10. Cette transformation a été provoquée par des changements économiques et sociaux dans le Saint‑Empire romain germanique, puis par la dissolution de celui‑ci, suivie de presque deux décennies d’occupation française qui ont bouleversé les données géopolitiques, et enfin par une frustration politique de la bourgeoisie, surtout après 181511, au sein d’une Confédération germanique en quête constante d’unité. De plus, dès la fin du xviiie siècle, la société d’ordres commence à se déliter. Cette conjoncture amène une partie de la bourgeoisie cultivée à se retirer dans la sphère privée et dans des groupements dont les membres ont des centres d’intérêt communs12 : des sociétés, des associations, des cabinets de lecture, des loges, des confréries, etc.13 ‒ et ce en marge des structures étatiques et des intérêts mercantiles. Une telle mutation des relations humaines, où l’âme et le cœur jouent maintenant un rôle aussi important que le corps14, découle en partie de l’influence du piétisme au sein de la bourgeoisie éclairée15, à laquelle s’ajoutent les idées de l’Aufklärung fondées sur la conviction que l’homme doit juger sur la base de la raison et de la science, et non selon des coutumes inhérentes à son rang16. Cette expérience de l’émancipation amène l’individu à prendre conscience de sa solitude17. Les relations amicales aident donc à restaurer sa stabilité existentielle. C’est ainsi que naît, au sein de la bourgeoisie éclairée, une nouvelle forme de sociabilité (« Geselligkeit18 »), aux antipodes de la superficialité des rapports sociaux aristocratiques. Elle est fondée sur des sentiments amicaux et spontanés, sur la confiance mutuelle19 dans tous les domaines de la vie, ainsi que sur une position fondamentalement altruiste et hautement morale. De même, les bonnes manières se fondent sur le tact et le respect de l’autre, et non plus sur des codes sociaux obsolètes. L’amitié apporte la liberté des échanges d’idées, du choix personnel des amis, et par là une égalité entre les interlocuteurs qui doit abolir les frontières sociales20. Par suite de l’union des âmes (« Seelenfreundschaft 21 »), elle procure une chaleur émotionnelle qui se révèle dans un vocabulaire excessivement sentimental et dans divers rituels22, et qui trouve également à s’exprimer dans la littérature et dans la presse23. Jusque vers 1848, ces caractéristiques de l’amitié resteront globalement valables, tout en perdant progressivement leur côté sentimental et fétichiste.
9Ainsi, les exemples qui vont suivre illustrent bien le poème intitulé « Bruder, komm und laß uns wandern / Habe Leid und Lust gemein24 ».
Les tandems peintre‑écrivain
Le dialogue artistique et littéraire
10Commençons par Goethe et ses amis peintres. Une des raisons qui poussent Johann Wolfgang von Goethe à se rendre en Italie en 1786 est une question existentielle : doit‑il poursuivre sa carrière d’écrivain ou plutôt devenir artiste ? À Rome, quatre amis peintres, qui l’accompagnent dans divers voyages, vont conditionner son avenir.
11Goethe fait la connaissance de Johann Heinrich Wilhelm Tischbein25 à travers ses lettres sur l’Italie publiées dans le Teutscher Merkur (1779‑1781), et, en 1782, par une toile du peintre illustrant une scène de son Götz von Berlichingen. S’ensuit une intense correspondance entre l’écrivain et l’artiste, et quand Goethe arrive à Rome en octobre 1786, il devient son sous‑locataire, dans une maison où logent d’autres peintres26. Tischbein l’emmène dans de longues promenades à travers les ruines antiques et les environs de Rome, ainsi que dans les collections d’art privées et les églises. Il lui enseigne à la fois l’histoire de l’art et le dessin. Tous deux partagent le même goût pour l’art antique et le néo‑classicisme, ainsi que pour la minéralogie. Tischbein illustre la pièce que Goethe est en train de récrire en vers, Iphigénie en Tauride 27 ; et il commence le portrait monumental de Goethe dans la Campagna romaine 28. Goethe et Tischbein voyagent encore ensemble jusqu’à Naples en février 1787, mais ne se reverront jamais ensuite. En 1817, Tischbein envoie à Goethe une série d’esquisses pour illustrer les Idylles, poèmes que ce dernier devait rédiger : une synthèse artistique conçue à Rome en 178629. Un second envoi en 1821 inspire enfin à Goethe un long poème30, qui sera publié sans les dessins de Tischbein.
12C’est un ami de Tischbein, Christoph Heinrich Kniep31, qui accompagnera Goethe pendant son voyage de six semaines en Sicile. Il est censé croquer rapidement (tout en restant fidèle à la réalité) ce que le regard de Goethe découvre. Leur relation repose sur une amitié respectueuse et cordiale, mais où les échanges intellectuels font défaut, de telle sorte qu’elle s’arrête avec la fin du périple.
13Peu après son arrivée à Rome, Goethe se lie également d’amitié avec un peintre suisse, Johann Heinrich Meyer. Ancien élève de Johann Caspar Füssli, il possède une profonde connaissance des œuvres de Winckelmann. Installé à Rome depuis 1784, il devient le conseiller de Goethe en matière d’art et son professeur de dessin à la suite de Tischbein32. Il l’accompagne dans diverses excursions. Venu à Weimar en 1791, il obtient en 1795 un poste de professeur à la Fürstliche freye Zeichenschule grâce à Goethe, et fera partie de sa maisonnée une dizaine d’années. En 1797, Meyer accompagne Goethe lors d’un long périple dans son pays natal, reprenant alors son rôle de cicérone33. Il contribue également au Traité des couleurs de Goethe, collabore à sa revue d’art Propyläen et à d’autres écrits. Leur amitié durera quarante‑cinq ans et procurera à l’artiste de surnom de « Goethemeyer ».
14Goethe se lie également d’amitié avec Angelika Kauffmann34, qui est alors une femme‑peintre renommée et établie, membre de la Royal Academy de Londres, spécialisée dans les portraits de la haute société, les tableaux historiques et les illustrations d’œuvres littéraires, et dans l’œuvre de qui l’amitié tient une grande place35. Dans son salon, elle offre des soirées musicales et littéraires : Goethe y lira des extraits de son Iphigénie. Angelika et son mari font régulièrement visiter les alentours de Rome à Goethe. Celui‑ci admire le talent et la sensibilité du peintre et apprécie grandement ses commentaires esthétiques36, mais elle ne sera jamais sa conseillère artistique. Elle illustre deux œuvres de l’écrivain : Iphigénie et Egmont37. Son allégorie de 1782 la représentant en muse de la peinture écoutant sa voisine et amie, la muse de la poésie38, correspond bien à la conception qu’avait le jeune Goethe de la synthèse de ces deux formes de créativité39. Toutefois, les remarques en apparence admiratives de Goethe sur le talent de l’artiste contiennent des piques destructrices qui altéreront pendant longtemps sa réputation40.
15Un autre exemple d’amitié entre écrivain et peintre, faisant fi celle‑là des barrières non seulement professionnelles, mais aussi sociales, est celle entre Veit Hanns Schnorr von Carolsfeld, jeune peintre issu d’une vieille famille noble, et Johann Gottfried Seume, fils de paysan, mais ayant étudié grâce au mécénat du comte de Hohenthal et devenu entre autres écrivain. Schnorr, ému à la lecture d’un poème de Seume41, s’arrange pour faire la connaissance de l’auteur – qui travaille alors comme lecteur‑correcteur chez l’éditeur Göschen à Grimma – lors d’un passage de celui‑ci à Leipzig42 en 1793. Il s’ensuit une étroite amitié et un dialogue qui durera jusqu’à la mort de Seume en 1810, et même au‑delà43. En novembre 1801, tous deux entreprennent un voyage pédestre à Weimar, accompagnés de Henry Crabb Robinson44. Leur projet commun de partir à pied visiter l’Italie45 va subir des modifications, car, si Seume reçoit des subsides de son mécène Gleim46, Schnorr se voit refuser la bourse de voyage qu’il avait sollicitée auprès du ministère47. En outre, la situation politique instable dans la péninsule lui semble également trop dangereuse48. Du 6 au 26 décembre 1801, il accompagne donc Seume seulement de Grimma à Vienne49. Ils ne se reverront qu’en 1802 à Leipzig50, où Seume s’installe et devient l’hôte quotidien de Schnorr51. En automne 1805, les deux amis entreprennent une autre Wanderung à Dresde et Freiberg, dans un but scientifique52. Lors de la maladie qui emportera Seume, Schnorr sera l’un de ceux qui s’occuperont de lui quotidiennement. Il a peint en 1798 le portrait de Seume53, celui de sa mère et de Wilhelmina Röder54, et a illustré un passage de Spaziergang nach Syrakus55.
Le dialogue artistique et scientifique
16Prenons à présent l’exemple de Christoph Nathe56 et d’Adolf Traugott von Gersdorf. Le premier est issu d’une famille paysanne de Haute‑Lusace (Oberlausitz). Enfant surdoué, il fréquente le lycée de Görlitz, puis l’école de dessin de cette même ville57. Grâce au soutien d’Adolf Traugott von Gersdorf58, il peut ensuite s’inscrire à la Zeichenakademie de Leipzig59, ville où Gersdorf étudie et passe plusieurs doctorats en météorologie, en géographie et en physique expérimentale. La longue et profonde amitié qui les lie toute leur vie est peu commune.
17Gersdorf descend d’une très ancienne famille de la noblesse lusacienne et hérite de plusieurs domaines, dont celui de Meffersdorf, où il résidera souvent et qui abritera ses collections ainsi que ses appareils d’expérimentation60. En 1779, il fonde à Görlitz, avec des amis, la Oberlausitzische Gesellschaft der Wissenschaften61 (Académie des Sciences de Haute‑Lusace). Cette société savante, qui existe encore aujourd’hui, avait divers objectifs inspirés par l’Aufklärung, parmi lesquels celui de soutenir le développement de la peinture de paysage en Haute‑Lusace62. Nathe en deviendra membre en 1798.
18Gersdorf parcourt donc la Lusace, les monts de la Jizera et les monts des Géants, tantôt seul, tantôt avec Nathe, qui fait aussi des croquis et prend des notes. Il s’est représenté avec Gersdorf lors d’une des fréquentes expéditions pédestres où son compagnon de voyage cartographiait la région en déterminant la hauteur des sommets des montagnes à l’aide de relevés barométriques, complétés par des données sur la géologie et les températures. Nathe dit avoir ainsi appris à apprécier ces paysages montagneux d’un abord assez rebutant, mais qui sont d’une majesté transcendante parce qu’ils n’ont jamais été transformés par l’homme63. L’artiste acquiert rapidement les techniques de la topographie et une profonde connaissance des sciences de la nature, dont il tirera une sorte d’auto‑discipline pour son art : il veut connaître la nature et comprendre son évolution en reconstituant l’histoire d’une région par l’histoire de ses roches, pour se sentir capable de rendre l’harmonie intérieure de cette nature. Nathe est considéré comme un peintre pré‑romantique, sensible aux diverses atmosphères64. Toutefois, l’exactitude géographique d’un panorama minutieusement reproduit65 est pour lui presque aussi importante que l’effet artistique, ce qui reflète l’intérêt de l’Aufklärung pour la représentation topographique. En même temps, ce qu’il vit de manière immédiate au sein de la nature, et qu’il reproduit sur son carnet d’esquisses, acquiert une valeur intrinsèque66. Il s’efforce ensuite, dans son processus créatif, de garder un équilibre entre ses exigences scientifiques, ses réactions émotionnelles et ses aspirations esthétiques67. Dans les deux récits viatiques de ses expéditions pédestres en 1790 et 1800, illustrés d’aquatintes, il décrit les paysages avec un vocabulaire plastique et coloré, inspiré par son art et en même temps presque en concurrence avec lui68.
19Nathe dessinera aussi les planches d’un traité de Gersdorf sur l’électricité. Une autre preuve du fructueux échange intellectuel et artistique entre les deux amis est ce qu’ils appellent les « Tableaux électriques » (« Elektrische Gemälde »), inspirés par les expériences de Georg Christoph Lichtenberg69.
La préparation commune d’un guide pour voyageurs pédestres
20Prenons à présent les voyages communs destinés à préparer un guide pour voyageurs pédestres. Il y a d’abord les initiatives individuelles. Un exemple intéressant est celui de Johann Philipp Veith70 et Karl August Engelhardt71. Ils habitent tous deux à Dresde : l’un est élève d’Adrian Zingg à l’Académie des Beaux‑Arts, l’autre est alors précepteur dans une famille aristocratique. Leur amitié est renforcée par leur amour de la nature sauvage et des voyages pédestres. Dans les années 1790, ils entreprennent plusieurs explorations pédestres de la Suisse saxonne, territoire alors peu connu, sauf des autochtones, et dont l’accès est assez périlleux. Peu après, ils publient le récit de leurs expéditions en associant texte et gravures72. Ils se représentent tous deux, un peu schématiquement, dans un médaillon de la page de titre du premier cahier.
21Les récits de voyages pédestres commençant à bien se vendre, ces deux pionniers vont être bientôt imités. En 1797, Johann Jacob Brückner73, notaire et auteur, décide de parcourir à pied une partie de l’Électorat de Saxe en compagnie de son ami Christian August Günther74, élève lui aussi d’Adrian Zingg et pensionnaire de l’Académie des Beaux‑Arts de Dresde. L’année suivante, ils font paraître la relation de cette Wanderung en quatre cahiers, illustrés chacun de douze gravures75. Dans le texte, Brückner appelle son compagnon de voyage « mein Freund », et fait assez souvent allusion à son activité artistique76.
22Le pasteur Christian Friedrich Mylius77, de son côté, évoque dès 1818 la nécessité d’une série de relations viatiques pédestres offrant un lien étroit entre texte et illustration78. Cet ami de Johann Peter Hebel aime voyager et réalise à cinquante ans son rêve d’aller visiter à pied le sud de la France avec un ami peintre, le Bâlois Johann Rudolf Huber79. À partir de mai 1812, les deux amis vont passer presque cinq mois à explorer les monuments antiques, les villes et les paysages de la vallée du Rhône, du midi de la France et du nord de l’Italie. Il résulte de cette collaboration un récit viatique en quatre volumes que Mylius fait éditer à compte d’auteur80 ; le cinquième volume contient les lithographies gravées à partir des dessins de Huber81 et de Mylius, complétées par des illustrations provenant des guides ayant servi à étoffer le texte original82.
23C’est à Hambourg que l’on trouve un autre tandem voyageur qui va préparer un guide pour piétons83 incluant la ville hanséatique, le Schleswig, le Holstein et l’île de Rügen. L’auteur est James Edward Marston84, enseignant d’anglais et écrivain, qui, sous le pseudonyme de Peregrinus pedestris, va relater neuf longues Wanderungen entreprises avec son ami le peintre hambourgeois Otto Speckter85. Ce dernier dirige un atelier de lithographie avec son père et est connu pour ses illustrations d’œuvres d’écrivains célèbres, ses vues de Hambourg et ses portraits de personnalités. Il fournira vingt‑huit lithographies pour ce guide86, où Marston évoque son travail à plusieurs reprises87.
24Une autre publication qu’il faut impérativement mentionner est la série Das malerische und romantische Deutschland. Au cours de la première moitié du xixe siècle, l’idée de dépeindre globalement un pays à l’aide de relations viatiques étroitement coordonnées et adoptant des normes précises devient une mode. En Allemagne notamment, après les guerres de libération, le besoin se fait sentir de souligner l’unité, jusqu’alors conceptuelle, de la nouvelle Confédération germanique qui se met en place. Le moment est donc propice pour une anthologie viatique à visée identificatrice et patriotique, et englobant les régions de l’ex‑Saint‑Empire romain germanique : ce sera Das malerische und romantische Deutschland. Imprimée entre 1836 et 184288 par l’éditeur Georg Wigand, de Leipzig, cette série comprend dix « sections89 ». Elle devait présenter une unité de conception, avoir une valeur universelle tout en respectant les différences régionales, posséder des critères de qualité exigeants, et être illustrée par des gravures sur acier (la sidérographie permettant un fort tirage)90. Le projet prévoyait que chaque région soit décrite par un auteur renommé, habitant sur place, possédant ainsi de solides connaissances historiques et géographiques, et bien documenté sur les légendes locales91. L’ouvrage devait être obligatoirement préparé au cours d’une Wanderung à travers cette contrée. L’auteur pouvait soit être accompagné de l’artiste qui illustrerait le livre, ce qui devait faciliter la concertation, soit transmettre à l’illustrateur une liste des paysages et monuments à reproduire. Wigand tenait à cette symbiose entre texte et image, qui joue un rôle plus patriotique qu’esthétique : elle dynamise le regard du lecteur en lui offrant divers tableaux de l’Allemagne, simulant ainsi pour l’imagination un Vaterland uni, dans le cadre d’un « imaginaire géographique92 » qui met en lumière les aspects inconnus ou négligés d’une nation pour le bénéfice de tous, et ce grâce aux voyages pédestres. Quelques exemples types vont illustrer cette conception.
25Pour élaborer la deuxième section, Gustav Schwab et le peintre Louis Mayer93 vont parcourir ensemble la Souabe historique. Schwab, pasteur et enseignant, était membre d’un cercle littéraire, la Schwäbische Dichterschule (Tübingen, 1805‑1808)94. Un autre membre et ami de Schwab était Karl Mayer95, dont le frère Louis était peintre paysagiste. L’amitié entre Louis et Gustav s’approfondit au cours du périple pédestre, cimentée par l’amour de leur région natale et de son glorieux passé96. Dans le texte de Schwab, leur collaboration est évoquée97.
26Ce même Louis Mayer va, sans le vouloir, inverser les instructions de Wigand. En 1840, au cours d’une Wanderung professionnelle, il passe par Cilli98 (Basse‑Styrie), où habitait alors un grand écrivain autrichien, Johann Gabriel Seidl99. Il lui montre les esquisses et dessins élaborés lors de la première partie de son voyage, déclenchant ainsi chez l’écrivain la réminiscence de ses anciens périples pédestres dans ces régions. Une solide amitié naît entre les deux hommes, et Seidl, dans son fauteuil, part « à la recherche du temps perdu100 » en rédigeant l’imposante septième section de la série sur le Tyrol et la Styrie, illustrée par Mayer101 (« unser Künstler »). Ce voyage commun, qualifié d’« unsere Wanderung », s’appuie ici sur une réalité à la fois passée et présente, tangible et virtuelle.
27La seconde partie de la dixième section est consacrée à la mer Baltique102. Elle est rédigée par Wilhelm Cornelius103 et illustrée par le peintre Bernhard Peters104, tous deux originaires de Poméranie occidentale. Étant donné le peu de données biographiques publiées, les prémices de leur amitié restent dans l’ombre105. Mais c’est après avoir été libéré de la forteresse où il avait été emprisonné sept ans pour menées révolutionnaires106 que Cornelius entreprend avec Peters107, dont l’activité est abondamment citée et commentée dans le texte108, une Wanderung le long de la côte baltique et à Rügen : pour lui, voyager à pied est « la poésie de la vie » et un symbole de liberté.
28En 1838, Wilhelm Langewiesche, libraire et éditeur à Barmen, est ulcéré de voir que Wigand a occulté la Westphalie109 dans sa série, et décide de créer sa propre « onzième section » : Das malerische und romantische Westphalen, parue entre 1839 et 1841110. Il choisit pour ce projet un auteur et un dessinateur westphaliens. L’auteur est Ferdinand Freiligrath111. Bien qu’ayant publié ses premiers poèmes à 18 ans, Freiligrath doit gagner sa vie comme employé de bureau. Il voit donc dans ce voyage pédestre et dans sa narration une occasion de mettre enfin son talent d’écrivain au service de son pays natal, qui était alors une région décriée parce que mal connue112. L’éditeur lui accorde une avance financière pour le voyage. Freiligrath choisit pour l’accompagner un jeune artiste, Carl Schlickum113, qui avait déjà exposé quelques peintures de paysage à Berlin en 1838. Schlickum partageait avec Freiligrath aussi bien l’amour de la Westphalie que des convictions politiques révolutionnaires.
29Leur Wanderung débute en mai 1839 et durera jusqu’à fin juillet, entrecoupée de nombreuses pauses. Ce périple approfondira et scellera l’amitié entre les deux hommes114. Quand, en septembre 1839, Freiligrath loue une maison à Unkel, sur les bords du Rhin, avec quelques amis écrivains, Schlickum l’y suit et y installe son atelier. C’est là que le premier rédige une partie de ses notes de voyage115 et que le second parachève ses dessins avant de les envoyer aux officines de sidérographie choisies par Wigand. Une des gravures montre Freiligrath, un Ranzen (havresac) sur le dos, contemplant une chute d’eau près de Langenfeld, tandis que Schlickum, assis, dessine116. Un autre dessin, non publié et probablement destiné au Stammbuch (ou album amicorum) du poète, les peint accompagnés du chien de Freiligrath, quittant une auberge117. Les deux amis continueront à collaborer et à correspondre. Restés activement fidèles à leurs convictions politiques, ils devront s’exiler118.
Conclusion
30Les relations amicales individuelles satisfont donc non seulement une appétence personnelle, mais suppléent aussi aux carences et bouleversements des structures sociales et politiques de l’époque. Ces quelques exemples ont montré à quel point les voyages pédestres, qui sont certes soigneusement préparés, mais demeurent malgré tout pleins d’imprévus, contribuent à renforcer le lien étroit entre deux amis, indépendamment de leur origine sociale ou culturelle, permettant ainsi une maturation de leur moi profond et le dialogue entre deux sources de créativité : la littérature et les arts graphiques.
Notes de bas de page
1Appel Friedmar, Deutscher Geist und deutsche Landschaft. Eine Topographie, Munich, Siedler, 2000 ; Howoldt Jenns E., Schneede Uwe M. (dir.), Expedition Kunst : die Entdeckung der Natur von C. D. Friedrich bis Humboldt, Hambourg et al., Dölling und Galitz, 2002.
2Pittoresques, dignes d’être peints.
3Posselt Franz, Apodemik oder Die Kunst zu reisen : ein systematischer Versuch zum Gebrauch junger Reisenden aus den gebildeten Ständen überhaupt und angehender Gelehrten und Künstler insbesondere, Leipzig, 1795, surtout vol. 1, p. 349‑417, 618‑664 ; Fröhlich Anke, Landschaftsmalerei in Sachsen in der zweiten Hälfte des 18. Jahrhunderts : Landschaftsmaler, ‑zeichner und ‑radierer in Dresden, Weimar, Verlag und Datenbank für Geisteswissenschaft, 2002, p. 69‑78 ; Denk Claudia, Strobl Andreas (dir.), Landschaftsmalerei, eine Reisekunst ? Mobilität und Naturerfahrung im 19. Jahrhundert, Berlin/Munich, Deutscher Kunstverlag, 2017.
4Hennig Mareike, Struck Neela (éd.), Zeichnen im Zeitalter Goethes. Zeichnungen und Aquarelle aus dem Freien Deutschen Hochstift, Munich, Hirmer, 2022.
5Rebel Ernst, Druckgrafik. Geschichte und Fachbegriffe, Stuttgart, Reclam, 2003 ; et Busch Werner, « Die europäische Druckgrafik von 1790‑1850 », Kunsthistorische Arbeitsblätter, no 9, 2000, p. 47‑60.
6Fröhlich Anke, Landschaftsmalerei in Sachsen, op. cit., p. 63‑65.
7Kosch Arlette, Le Voyage pédestre dans la littérature non fictionnelle de langue allemande. Wanderung et Wanderschaft entre 1770 et 1850, Berlin, Peter Lang, 2018.
8Lessing Gotthold Ephraim, Laokoon oder über die Grenzen der Mahlerey und Poesie, Berlin, C. F. Voss, 1766.
9Voir les articles « Synthesis » et « Totalität », dans Eisler Rudolf, Kant Lexikon, Berlin, Olm, 10e édition, 1989 [1930], p. 521‑524, 536. Voir également Grave Johannes, « Experimentallabor des Sehens und Denkens. Zeichnung und Handschrift », dans Hennig Mareike, Struck Neela (éd.), Zeichnen im Zeitalter Goethes, op. cit., p. 38‑41, illustrations p. 171‑201.
10Laelius de amicitia, de Cicéron, est un modèle. Il y qualifie l’amitié de « soleil de la vie ».
11Schmidt Georg, Wandel durch Vernunft. Deutsche Geschichte im 18. Jahrhundert, Munich, Beck, 2009, en particulier p. 86‑101, 173‑251, 325‑330, 360‑365.
12Par exemple le « Tempel der Freundschaft » de J. W. L. Gleim à Halberstadt, ou la « Göttinger Hainbund » (Ligue du bosquet de Göttingen).
13Dann Otto, « Gruppenbildung und gesellschaftliche Organisierung in der Epoche der deutschen Romantik », dans Brinkmann Richard (dir.), Romantik in Deutschland. Ein interdisziplinäres Symposion, Stuttgart, Metzler, 1978, p. 115‑131 ; Van Dülmen Richard, Die Gesellschaft der Aufklärer. Zur bürgerlichen Emanzipation und aufklärerischer Kultur in Deutschland, Francfort‑sur‑le‑Main, Fischer, 1986.
14Courant de l’« Empfindsamkeit ».
15Stegemann Ekkehard W., « Freundschaftstopik im Neuen Testament », dans Appuhn‑Radtke Sibylle, Wipfler Esther P. (dir.), Freundschaft. Motive und Bedeutungen, Munich, ZI Verlag, 2006, p. 9‑24.
16Rasch Wolfdietrich, Freundschaftskult und Freundschaftsdichtung im deutschen Schrifttum des 18. Jahrhunderts vom Ausgang des Barock bis zu Klopstock, Halle‑sur‑Saale, Niemeyer, 1936 ; Salomon Albert, « Der Freundschaftskult des 18. Jahrhunderts » [1921], dans Gostman Peter, Wagner Gerhard (éd.), Albert Salomon Werke, vol. 1, Wiesbaden, VS Verlag, 2008, p. 81‑133 ; Tenbruck Friedrich H., Die kulturelle Grundlagen der Gesellschaft. Der Fall der Moderne, Opladen, Westdeutscher Verlag, 1989, p. 227‑250.
17Zimmermann Johann Georg, Betrachtungen über die Einsamkeit, Zurich, 1756 ; Zimmermann Johann Georg, Von der Einsamkeit, Leipzig, 1773.
18Görtz Sebastian, Pott Ute, Zimmermann Cornelia (éd.), Geselligkeiten im 18. Jahrhundert. Kulturgeschichtliche Überlieferung in Museen und Archiven Sachsen‑Anhalts, Halle‑sur‑Saale, Mitteldeutscher Verlag, 2012 ; Losfeld Christophe, « Geselligkeit », dans Thoma Heinz (dir.), Handbuch europäische Aufklärung. Begriffe – Konzepte – Wirkung, Stuttgart/Weimar, Metzler, 2015, p. 252‑263 ; Peter Emanuel, Geselligkeiten. Literatur, Gruppenbildung und kultureller Wandel im 18. Jahrhundert, Tübingen, Niemeyer, 1999.
19La confiance mutuelle s’apparente à la vertu antique et s’oppose à l’allégeance et à l’obéissance exigées par l’absolutisme. Voir Bodmer Johann Jakob, Breitinger Johann Jakob (éd.), Die Discourse der Mahlern, vol. 1, II. Discours, Zurich, 1721 ; [Schleiermacher Friedrich Daniel Ernst], Versuch einer Theorie des geselligen Betragens, 1799.
20Mauser Wolfram, Becker‑Cantarino Barbara, Frauenfreundschaft – Männerfreundschaft. Literarische Diskurse im 18. Jahrhundert, Tübingen, Niemeyer, 1991.
21Chez les piétistes, ce concept s’applique aussi à Jésus.
22Aurnhammer Achim (dir.), Gefühlskultur in der bürgerlichen Aufklärung, Tübingen, Niemeyer, 2004 ; Pott Ute (dir.), Das Jahrhundert der Freundschaft. Johann Wilhelm Ludwig Gleim und seine Zeitgenossen, Göttingen, Wallstein, 2004 ; Manger Klaus, Pott Ute (dir.), Rituale der Freundschaft, Heidelberg, Winter, 2006.
23Surtout à travers la poésie anacréontique et les feuilles moralistes (« moralische Wochenblätter ») : par exemple Der Gesellige ; Die Freunde ; Der Freund ; Der Menschenfreund ; et Der Tugendfreund. Sans oublier les biographies des amis décédés et l’édition de leur correspondance.
24Textuellement : « Frère, viens, entreprenons un voyage pédestre / Partageons joies et peines », dans Günther Johann Christian, Sämtliche Werke, vol. 1, Leipzig, 1930, p. 303‑305. Composé au début du xviiie siècle, le poème deviendra un chant populaire. « Frère » est alors un emploi synonymique fréquent pour « ami ».
25Landsberger Franz, Wilhelm Tischbein. Ein Künstlerleben des 18. Jahrhunderts, Leipzig, Klinkhardt et Biermann, 1908 ; et Langenfeld Klaus, Wilhelm Tischbein, Goethe‑Maler in Rom und herzoglich oldenburgischer Hofmaler, Oldenburg, Isensee, 2008.
26Maisak Petra, Goethe und Tischbein in Rom, Francfort‑sur‑le‑Main/Leipzig, Insel, 1994 ; et Italienische Reise, dans Goethes Werke, Weimarer Ausgabe [désormais WA], I, 30, p. 204, 208, 210, 217‑220 ; ibid., I, 32, p. 5‑6, 16 (juin 1787), 53‑54, 318‑319 (avril 1788) ; et ibid., IV, 8, p. 52, 105, 109‑110. Les chiffres romains renvoient aux sections (au nombre de quatre dans cette édition), et les chiffres arabes qui les suivent aux volumes.
27Réécriture en vers de sa pièce en prose de 1779.
28Aujourd’hui au musée Städel de Francfort‑sur‑le‑Main.
29Tischbein exprima alors une idée qui enthousiasma Goethe : que les écrivains et les artistes devraient collaborer dès le début d’une œuvre pour que puisse éclore son homogénéité (Italienische Reise, dans Goethes Werke, WA, op. cit., I, 30, p. 220, 20 novembre 1786).
30Wilhelm Tischbeins Idyllen [1822], ibid., I, 49, p. 306‑330.
31Ibid., I, 31, p. 277 (3 juin 1787) ; et Augry‑Merlino Muriel, « Kniep ou l’aventure sicilienne en images », dans Moureau François (dir.), L’Œil aux aguets ou l’artiste en voyage, Paris, Klincksieck, 1995, p. 23‑30.
32Goethes Werke, WA, op. cit., I, 30, p. 205 (3 novembre 1786) ; ibid., I, 32, p. 5 (16 juin 1787), 160 (25 décembre 1787), 317 (11 avril 1788), 318, 329 (avril 1788) ; ibid., IV, 8, p. 329 (25 janvier 1788) ; et ibid., IV, 9, p. 249 (printemps 1791).
33Goethe Johann Wolfgang von, Meyer Heinrich, Goethes Briefwechsel mit Heinrich Meyer, édition de Max Hecker, Weimar, Goethe‑Geselleschaft, 1919, p. 31.
34Naumann Ursula, Geträumtes Glück. Angelika Kauffmann und Goethe, Francfort‑sur‑le‑Main/Leipzig, Insel, 2007 ; Maierhofer Waltraud, Angelika Kauffmann, Reinbeck près Hambourg, Rowohlt, 1997, surtout p. 103‑114 ; Baumgärtel Bettina (dir.), Angelika Kauffmann, Ostfildern‑Ruit, Hatje, 1998, surtout p. 79‑90.
35Baumgartel Bettina (dir.), Angelika Kauffmann, op. cit., p. 320‑321.
36Goethes Werke, WA, op. cit., I, 32, p. 28 (5 juillet 1787), 134 (octobre 1787), 147‑148 (novembre 1787), 160 (25 décembre 1787), 294 (14 mars 1788), 317 (11 avril 1788).
37Voir aussi Goethe’s Schriften, Leipzig, Göschen, vol. 5, 1788, et vol. 8, 1789 : le frontispice et la vignette de la page de titre ont été gravés par J. H. Lips d’après les dessins d’Angelika Kauffmann. Voir Goethes Werke, WA, op. cit., IV, 8, p. 279‑280 (lettre du 27 octobre 1787 à Göschen) ; et Maierhofer Waltraud, « Angelika Kauffmann Reads Goethe: Illustration and Symbolic Representation in the Göschen Edition », The Sophie Journal, vol. 2, no 1, 2012, p. 1‑34.
38La gravure au pointillé que Thomas Burke a tirée du dessin d’Angelika Kauffmann se trouve au musée de la Klassik Stiftung de Weimar.
39Baumgärtel Bettina, « Seelenverwandtschaften. Angelika Kauffmann und Goethe », dans Baumgärtel Bettina (dir.), Angelika Kauffmann. Unbekannte Schätze aus Vorarlberger Privatsammlungen, Munich, Hirmer, 2018, p. 206‑209.
40Il considère que la création artistique naît du « génie » soutenu par l’imagination, et que les femmes ne peuvent pas avoir de génie. Il rejette comme peu ressemblant et démodé le portrait qu’Angelika peint de lui. Voir Baumgärtel Bettina (dir.), Angelika Kauffmann, op. cit., 1998, p. 322‑323 ; et Schmidt Jochen, Die Geschichte des Genie‑Gedankens in der deutschen Literatur. Philosophie und Politik 1750‑1945, Darmstadt, WBG, 2e éd., 1988 [1985], vol. 1, p. 1‑60, 193‑353.
41Seume Johann Gottfried, « Abschieds‑Schreiben an Münchhausen » [1793], dans Gedichte [Leipzig, 1801], 3e édition, Vienne/Prague, 1810, p. 12‑22.
42Zänker Eberhard, Johann Gottfried Seume. Eine Biographie, Leipzig, Faber et Faber, 2005, p. 129, 132, 153, 236‑274, 278, 319, 368, 392, 394 ; et Schnorr von Carolsfeld Veit Hanns, Meine Lebensgeschichte. Zugleich als ein sonst und jetzt in einem Zeitraum von 55 Jahren, Leipzig, Taurus, 2000, p. 209‑212, 240‑241, 261, 262‑266, 278, 308, 310, 409, 438‑441.
43« Vorrede », dans Anmerkungen und Zusätze zur dritten Auflage des Spazierganges nach Syrakus von V.H., [1811].
44Crabb Robinson Henry, Diary, Reminiscences and Correspondence of Henry Crabb Robinson, vol. 1, Londres, Macmillan and Co, 1869, p. 107‑118.
45Conçu en 1797. Voir Kosch Arlette, Le Voyage pédestre, op. cit., p. 224, 248, 257, 488, 620, 625, 787.
46Seume Johann Gottfried, « Einige Blumen auf Gleims Urne », Zeitung für die elegante Welt, no 30, 10 mars 1803, col. 236.
47Voir la lettre no 242, d’octobre/novembre 1801, de Seume à Schnorr, dans Seume Johann Gottfried, Briefe, édition de Jörg Drews et Dirk Sangmeister, Francfort‑sur‑le‑Main, DKV, 2002, p. 362‑364.
48Voir Seume Johann Gottfried, Spaziergang nach Syrakus im Jahre 1802 [Brunswick, Leipzig, 1803], Munich, Deutscher Taschenbuch Verlag, 1991 [1985], p. 26.
49Ibid., p. 1, 4, 10‑11, 14, 24, 26, 190.
50Ibid., p. 267, 271, 294.
51« Vorrede », dans Anmerkungen und Zusätze, op. cit.
52Voir la lettre no 343, de fin janvier 1806, à Auguste Duvau, dans Seume Johann Gottfried, Briefe, op. cit., p. 526.
53Voir la lettre no 113 (15 juillet 1798) de Seume à Gleim, ibid., p. 177. Ce portrait sera offert par Seume à Johann Wilhelm Ludwig Gleim pour son « Tempel der Freundschaft » à Halberstadt, où il se trouve encore. Une gravure de C. A. Schwerdgeburth qui s’en inspire orne le frontispice du recueil de poèmes de Seume paru en 1810, op. cit.
54Ce médaillon de son premier amour, que Seume porte sur lui, sera brisé lors d’une chute en Italie. Voir Seume Johann Gottfried, Spaziergang nach Syrakus im Jahre 1802, op. cit., p. 189‑190.
55Dessin de Schnorr von Carolsfeld, gravure de A.W. Böhm, intitulée Niente ? Niente, ibid., p. 246 (texte), 247 (gravure).
56Denk Claudia, Strobl Andreas (dir.), Landschaftsmalerei, eine Reisekunst ?, op. cit., p. 61‑65 ; Grundmann Günther, Das Riesengebirge in der Malerei der Romantik, Munich, Bergstadtverlag Korn, 2e éd., 1958 [1931], p. 52‑67 ; et Kosch Arlette, Le Voyage pédestre, op. cit., p. 208, 214, 444, 445, 468, 475‑479, 520, 679, 704, 707‑714, 760, 903‑904, 1264, 1268, 1271.
57Fröhlich Anke, Landschaftsmalerei in Sachsen, op. cit., p. 43‑46, 249‑267.
58Lemper Ernst‑Heinz, Adolf Traugott von Gersdorf (1744‑1807). Naturforschung und soziale Reformen im Dienste der Humanität, Berlin, Deutscher Verlag der Wissenschaften, 1974.
59Fröhlich Anke, Landschaftsmalerei in Sachsen, op. cit., p. 48‑52.
60Herrmann Constanze, Das physikalische Kabinett in Görlitz. Die Sammlung des Adolf Traugott von Gersdorf, Görlitz, Oettel, 2007.
61Anders Constanze, « Adolf Traugott von Gersdorfs Testament und Hinterlassenschaft für die Wissenschaftsgesellschaft », Görlitzer Magazin, vol. 20, 2007, p. 2‑13.
62Winzeler Marius, « Adolf Traugott von Gersdorf und die Kunst. Dem Sammler, Zeichner und Kenner zum 200. Todestag », ibid., p. 14‑31 ; Fröhlich Anke, Landschaftsmalerei in Sachsen, op. cit., p. 34‑37.
63Lettre du 25 juillet 1782 à Gersdorf, citée dans Michels Norbert, Winzeler Marius (éd.), « Mit der Natur innig vertraut ». Christoph Nathe Landschaftszeichner der Vorromantik, Görlitz/Dessau, Kulturhistorisches Museum, 2007, p. 12.
64Klinkhardt Herbert, Christoph Nathe. Versuch einer Entwicklung des Naturgefühls und der Landschaftsmalerei im deutschen 18. Jahrhundert, Leipzig, Klinkhardt, 1928 ; Scheyer Ernst, « Christoph Nathe und die Landschaftskunst des ausgehenden 18. Jahrhunderts », Aurora, 1958, p. 32‑56.
65Fröhlich Anke, Christoph Nathe. 1753‑1806. « Einer der denkendsten Künstler unserer Zeit ». Monographie und Werkverzeichnis der Handzeichnungen und Druckgraphik, Bautzen, Lusatia, 2008, p. 95‑98 ; Michels Norbert, Winzeler Marius (éd.), « Mit der Natur innig vertraut ». Christoph Nathe Landschaftszeichner der Vorromantik, op. cit., p. 14‑20 et p. 39‑41 ; et « Zeichnung und Wissenschaft », dans Hennig Mareike, Struck Neela (éd.), Zeichnen im Zeitalter Goethes, op. cit., p. 243‑253 (partie catalogue).
66Par exemple, il ne livre en 1800 à la reine Louise de Prusse que ses dessins à la sépia, qui seront imprimés bien plus tard dans Mahlerische Wanderung durch das Riesengebirge in Schlesien von Herrn Nathe zu Lauban. Zur Erläuterung seiner Schlesischen Ansichten. In XIV großen Aquatinta‑Blättern herausgegeben von F.J. Bertuch, Weimar, 1806. Voir Fröhlich Anke, Christoph Nathe. 1753‑1806, op. cit., p. 83‑89 ; Fröhlich Anke, « Christoph Nathes Mahlerische Wanderungen », Weltkunst, vol. 74, 2004, p. 58‑60.
67Fiorentini Erna, « “Ich fand dann wieder genug zu sehen, zu studiren und zu bewundern”. Christoph Nathes Verhältnis zur Natur », dans Michels Norbert, Winzeler Marius (éd.), « Mit der Natur innig vertraut ». Christoph Nathe Landschaftszeichner der Vorromantik, op. cit., p. 21‑31.
68Nathe Christoph, « Beschreibung eines Spaziergangs auf die Tafelfichte, welcher den 22 Dec. 1790 ausgeführt wurde », ibid., p. 121‑123 ; et Mahlerische Wanderungen, op. cit.
69Herrmann Constanze, Das physikalische Kabinett in Görlitz, op. cit., p. 66‑71 ; Weltzien Friedrich, « Elektrische Gemälde. Christoph Nathe und die Naturwissenschaft », dans Michels Norbert, Winzeler Marius (éd.), « Mit der Natur innig vertraut ». Christoph Nathe Landschaftszeichner der Vorromantik, op. cit., p. 32‑41.
70Fröhlich Anke, Landschaftsmalerei in Sachsen, op. cit., p. 131‑136, 311 ; Grundmann Günther, Das Riesengebirge in der Malerei der Romantik, op. cit., p. 46‑47.
71Voir « Engelhard, Karl August », dans Encyklopädie der Pädagogik vom gegenwärtigen Standpunkte, vol. 1, Leipzig, 1860, p. 619‑620 ; Kosch Arlette, Le Voyage pédestre, op. cit., p. 137, 169, 391, 692, 693, 696.
72Voir Mahlerische Wanderungen durch Sachsen von Engelhard und Veith, 2 cahiers, Leipzig, 1794‑1795. Réimprimé à Dresde, Rölke, 2008. Engelhard évoque parfois l’activité artistique de Veith (voir par exemple premier cahier, p. 9‑10).
73Voir Goedekes Grundriß zur Geschichte der deutschen Dichtung, vol. 6, no 2, Dresde, 2e édition, 1893, p. 533.
74Voir « Christian August Günther », Neuer Nekrolog der Deutschen, vol. 2, 1824, p. 1082‑1086 ; Fröhlich Anke, Landschaftsmalerei in Sachsen, op. cit., p. 128‑131, 290.
75Voir Pitoreskische Reisen durch Sachsen oder Naturschönheiten Sächsischer Gegenden auf einer gesellschaftlichen Reise gesammelt von Brückner und Günther, Leipzig, 2e édition, 1800‑1805 [1798‑1802]. Dessins et gravures sur cuivre de Günther. Voir aussi Kosch Arlette, Le Voyage pédestre, op. cit., p. 695.
76Voir par exemple le premier cahier, p. 6‑7, 16‑17, 32.
77Felkl Hans, « Christian Friedrich Mylius, ein Freund J. P. Hebels », Die Markgrafschaft, vol. 19, no 4, avril 1967, p. 7‑8.
78« Vorrede », dans Malerische Fußreise durch das Südliche Frankreich und einen Theil von Ober‑Italien von Christ. Fried. Mylius, vol. 1, en 4 vol. et 1 vol. d’illustrations, Karlsruhe, 1818‑1819, p. I‑III.
791770‑1844. URL : https://hls-dhs-dss.ch/fr/articles/020970/2006-11-17/ (consulté le 15 juin 2024) ; et URL : https://www.augustlaube.ch/produkt/rudolf-huber/ (consulté le 14 juin 2024).
80Malerische Fußreise durch das Südliche Frankreich und einen Theil von Ober‑Italien von Christ. Fried. Mylius, op. cit. Voir aussi la riche recension signée RW dans Ergänzungsblätter zur Jenaischen Allgemeinen Literatur‑Zeitung, vol. 38, 1820, col. 298‑304, et vol. 39, 1820, col. 505‑508.
81Mylius évoque parfois son activité dans le récit : vol. 11, p. II, III, 8, 39, 94, 170, 207 ; et vol. 21, p. 113, 229, 239, 353.
82Kosch Arlette, Le Voyage pédestre, op. cit., p. 120, 142, 166, 169, 260, 360, 411, 414, 418, 431, 434, 507, 511, 535, 563, 602, 607, 642, 650, 788‑789.
83Peregrinus pedestris [Marston James Edward], Der Holsteinische Tourist oder Wegweiser für Fußreisende in der Umgegend von Hamburg, Hambourg, 1833.
84 1771‑1855.
85L. U., « Speckter », dans Allgemeine Deutsche Biographie, vol. 35, Leipzig, 1893, p. 85‑88. URL : https://archive.org/details/allgemeinedeutsc35lili (consulté le 15 juin 2024) ; Börsch‑Supan Helmut, « Speckter, Otto », dans Neue Deutsche Biographie, vol. 24, 2010, p. 640‑641 ; Braunfels Veronika, Otto Speckter 1807‑1871. Illustrator und Lithograph in Hamburg, Hambourg, Gesellschaft der Bücherfreunde zu Hamburg, 1995.
86Elles reposent majoritairement sur les dessins de Speckter, mais aussi sur ceux de Marston.
87Peregrinus pedestris, Der Holsteinische Tourist, op. cit., p. 56, 153, 235.
88La date de parution ne figure jamais sur les volumes de cette série. Elle a été déduite de la correspondance entre les auteurs et Wigand, ou bien des comptes rendus critiques des volumes. Ceux‑ci ont été réimprimés en 1978 à Munich.
89Börsenblatt für den deutschen Buchhandel, 1836, col. 1283‑1285 ; Literaturblatt, vol. 43, 26 avril 1837, p. 171 ; et Leipziger Allgemeine Zeitung für Buchhandel und Bücherkunde, 9 juin 1838, col. 119.
90Wigand choisit les ateliers d’Albert Henry Payne à Leipzig, et de Henry Winkles/Carl Ludwig Frommel à Karlsruhe. Leurs gravures étaient de meilleure qualité et la reproduction plus rapide que dans les ateliers anglais employés jusqu’alors.
91Pour les instructions de Wigand aux auteurs, voir Heeringen Gustav von, Wanderungen durch Franken, Leipzig, 1838, p. 6‑7 ; Schwab Gustav, Wanderungen durch Schwaben, Leipzig, 1837, réimprimé à Coblence, 1980, p. 5.
92Behschnitt Wolfgang, Wanderungen mit der Wünschelrute. Landesbeschreibende Literatur und die vorgestellte Geographie Deutschlands und Dänemarks im 19. Jahrhundert, Wurzbourg, Ergon, 2006, surtout p. 21‑105, 109‑172. Behschnitt emprunte le concept à Gregory Derek, Geographical Imaginations, Oxford, Blackwell, 1994.
93Beisel Peter, « Louis Mayer, der Landschaftsmaler aus Neckarbischofsheim », dans Villa Biscovesheim, 988‑1988, Neckarbischofsheim, Vereins für Heimatpflege, 1988, p. 356‑361 ; « Louis Mayer », Neuer Nekrolog der Deutschen, vol. 299, 1845, p. 997‑998 ; Schwab Christoph Theodor, Gustav Schwab’s Leben, Fribourg‑en‑Brisgau/Tübingen, 1883, p. 116‑117 ; et Klüpfel Karl, Gustav Schwab : sein Leben und Wirken, Leipzig, 1858, p. 268.
94Storz Gerhard, Schwäbische Romantik. Dichter und Dichterkreise im alten Württemberg, Stuttgart et al., Kohlhammer, 1967 ; Mojem Helmut, « Glückseelig Suevien… ». Die Entdeckung Württembergs in der Literatur, Marbach-sur-le-Neckar, Deutsche Schillergesellschaft, 2001 ; Potthast Barbara (dir.), Provinzielle Weite. Württembergische Kultur um Ludwig Uhland, Justinus Kerner und Gustav Schwab, Heidelberg, Winter, 2014.
95Klüpfel Karl, Gustav Schwab : sein Leben und Wirken, op. cit., p. 29‑31, 33, 384.
96Kosch Arlette, Le Voyage pédestre, op. cit., p. 176, 185, 322, 326, 347, 354, 424, 436‑437, 506, 529‑530, 570, 715, 717.
97Schwab Gustav, Wanderungen durch Schwaben, op. cit., p. 5, 91.
98Seidl Johann Gabriel, Wanderungen durch Tyrol und Steyermark, Leipzig, [1840 ou 1841], réimprimé à Coblence, Rhenania, 1966, en particulier « Zweyte Abtheilung die Steiermark », p. 336‑364 ; voir aussi p. 11‑14, 335‑336, 596.
99Wurzbach von Tannenberg C., « Seidl Johann Gabriel », dans Biographisches Lexikon des Kaiserthums Oesterreich, vol. 33, Vienne, 1877, p. 333‑350 ; et Lengauer H., « Seidl Johann Gabriel », dans Österreichisches Biographisches Lexikon 1815-1950, vol. 12, Vienne, 2005, p. 124‑125. URL : https://www.biographien.ac.at/oebl_12/124.pdf.
100À propos du voyage en chambre ou « Zimmerreise », voir Kosch Arlette, Le Voyage pédestre, op. cit., p. 887‑901 ; sur Seidl et Mayer, voir ibid., p. 176, 272‑273, 326‑327, 350, 352, 364, 529‑530, 535, 763, 902.
101Le peintre tient un journal de voyage que Seidl retranscrit : voir Seidl Johann Gabriel, Wanderungen durch Tyrol und Steyermark, op. cit., 1966, p. 206.
102Cornelius Wilhelm, Kobbe Theodor von, Wanderungen an der Nord‑ und Ostsee, 2nd vol. par Cornelius Wilhelm, Ostsee, Leipzig, 1842 [réimprimé à Munich, Lothar Borowski, 1978]. Voir aussi Kosch Arlette, Le Voyage pédestre, op. cit., p. 168, 173, 177, 261, 277, 294, 298‑299, 318, 327, 332, 347, 350, 364, 430, 439, 522, 538, 651, 738‑743.
103Koch Friedrich, « Der Stralsunder Dichter Wilhelm Cornelius – der Leidensgefährte Fritz Reuters », Stralsunder Monatshefte, vol. 6, 1957, p. 8‑9.
104Peters Georg, Bernhard Peters. URL : https://museum-im-steintor.museumnet.eu/sites/museum-im-steintor.museumnet.eu/files/archivalie/digitalisatepublic/hk%201932%2051-54.pdf (consulté le 15 juin 2024).
105Il se peut qu’ils se soient connus au lycée de Stralsund, ou bien dans un cercle démocrate et patriotique.
106Gaedertz Karl Theodor, « Ferdinand von Schill, Fritz Reuter und sein Festungsgefährte Wilhelm Cornelius », Reuter‑Kalender, Leipzig, 1910, p. 67‑76.
107Cornelius Wilhelm, Ostsee, op. cit., p. 135‑138. « Herr Ewald » est Cornelius, appelé ici par son deuxième prénom. Mais le peintre libéré en même temps que lui ne peut être qu’une licence poétique, même s’il cite son nom p. 203, car Bernhard Peters n’a jamais été incarcéré : l’auteur veut peut‑être témoigner ainsi du lien politique qui les unit. L’écrivain l’avait d’ailleurs déjà sollicité pour un autre dessin à caractère politique : voir Cornelius Wilhelm, Schill und seine Schar, Berlin, Stralsund, 1842, dessin de la tombe de Ferdinand von Schill à Stralsund p. 166.
108Cornelius Wilhelm, Ostsee, op. cit., 1978, p. 168, 172, 178‑179, 186, 203, 219‑220. Cornelius le désigne comme « der Maler » (le peintre) ou « unser Landschaftsmaler » (notre peintre paysagiste), de même qu’il écrit « unsere Ansicht » (notre panorama). Par ailleurs, Cornelius compare sa prose aux esquisses d’un dessinateur (ibid., p. 134).
109Attribuée à la Prusse au Congrès de Vienne.
110Korzus Bernard (dir.), « Das malerische und romantische Westfalen ». Aspekte eines Buches, Münster, Aschendorff, 1974 ; et Kosch Arlette, Le Voyage pédestre, op. cit., p. 161, 168, 176‑178, 269, 271, 275, 294, 298‑299, 311, 317, 332, 689, 691, 722‑728, 1270.
111Buchner Wilhelm (dir.), Ferdinand Freiligrath. Ein Dichterleben in Briefen, 2 vol., Lahr, 1882 ; Giel Volker, « Ferdinand Freiligrath. Eine poetologische Biografie », Grabbe‑Jahrbuch, vol. 16, 1997, p. 15‑54.
112Riesbeck Johann Kaspar, Briefe eines reisenden Franzosen über Deutschland an seinen Bruder zu Paris, vol. 2, Zürich, 2e éd., 1784, 59e lettre, p. 226‑227 ; et 70e lettre, p. 372‑376.
113Kunze Andreas, Romantisches Westfalen – Bilder aus vergangener Zeit. Der Maler Carl Schlickum und die deutsche Geschichte, Hagen, Hobein, 1996.
114Freiligrath surnommera son ami « le peintre rangé » ou « le lierre ». Voir Hesse‑Frielinghaus Herta, « Der Maler Karl Schlickum und Ferdinand Freiligrath », Westfalen, vol. 38, 1960, p. 209‑221.
115Plachta Bodo, « In der Heimat die Ferne suchen ? Ferdinand Freiligrath, Levin Schücking, Annette von Droste‑Hülshoff und das Projekt des Malerischen und romantischen Westphalen », Lippische Mitteilungen aus Geschichte und Landeskunde, vol. 55, 1986, p. 181‑195 ; Behschnitt Wolfgang, « Das romantisch‑restaurative Westfalenbild um 1840 », dans Wanderungen mit der Wünschelrute, op. cit., p. 179‑183.
116Freiligrath Ferdinand, Das malerische und romantische Westphalen, Barmen, 1839, entre p. 32 et p. 33, réimprimé à Hildesheim et al., Olms, 1974, p. 34.
117Kosch Arlette, « ‘‘Landschaft mit Wohnhaus’’, eine bisher unbeachtete Zeichnung Carl Schlickums. Ein Beitrag zum Malerischen und romantischen Westphalen », Westfälische Zeitschrift, vol. 161, 2011, p. 311‑331.
118Freiligrath en Suisse (1845‑1848), puis à Londres (1851‑1868), et Schlickum aux États‑Unis en 1852.
Auteur
-
Arlette Kosch
Université Paris-Sorbonne
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