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    Plan détaillé Texte intégral « Sic itur ad Persiam » De modernes Argonautes Une école de rigueur Trachytes et basaltes Notes de bas de page Auteur

    L’amitié dans la littérature de voyage

    Ce livre est recensé par

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    Table des matières

    Le peintre et le géographe : Jules Laurens et Xavier Hommaire de Hell en Turquie et en Perse (1846‑1848)

    Christine Peltre

    p. 203-215

    Texte intégral « Sic itur ad Persiam » De modernes Argonautes Une école de rigueur Trachytes et basaltes Notes de bas de page Auteur

    Texte intégral

    1La relation entre artistes et géographes a depuis quelques années attiré l’attention des chercheurs en histoire de l’art1. L’évolution naturaliste du xixe siècle et l’essor du paysage ont contribué à développer ces enquêtes autour de l’œuvre des peintres de Barbizon, de Courbet ou de Cézanne, mais aussi des explorations plus lointaines qui assurent l’apparition de la carte géographique dans le bagage d’artiste : Théophile Gautier l’a remarqué à plusieurs reprises, « la Vapeur n’a pas tué l’art, et c’est peut‑être elle qui le sauvera en lui ouvrant des horizons nouveaux2 ». Ces lignes sont inspirées à Gautier par Eugène Fromentin, qui évoque les accointances entre géographie et peinture dans Une année dans le Sahel (1858), où l’artiste‑narrateur s’entretient en Algérie avec le géologue Vandell, par le truchement de qui il définit leur territoire : « vous avez toujours un pied ici, l’autre dans les musées3 », dit le géologue à l’artiste, qui dès Un été dans le Sahara (1857) assurait étudier la carte « non point en géographe mais en peintre4 ».

    2Le voyage réalisé par Jules Laurens (1825‑1901) et Xavier Hommaire de Hell (1812‑1848) en Turquie et en Perse de 1846 à 1848 et la relation d’amitié qu’ils ont établie semblent préfigurer les interrogations de Fromentin en Algérie. Sans qu’il soit ici question de livrer l’enquête approfondie que mériterait cette aventure scientifique, quelques aspects de son déroulement jettent une lueur sur le quotidien d’une association peu fréquente. Comment cette coexistence, en vue de la réalisation d’une mission exploratoire, s’est‑elle installée dans le cours de deux destins que tout semblait séparer, quelles interférences se sont épanouies dans ce compagnonnage, et, plus précisément, quelle influence perçoit‑on dans l’évolution artistique de Jules Laurens ?

    « Sic itur ad Persiam »

    3Jules Laurens est né en 1825 à Carpentras, où le musée Comtadin‑Duplessis conserve une partie de ses œuvres. Après des études à l’école des Beaux‑Arts de Montpellier, il arrive à Paris en 1842 et prépare en 1845 le concours du prix de Rome de paysage historique, auquel il échoue, sur le sujet : Rencontre d’Ulysse et de Nausicaa. Il fréquente le milieu des paysagistes à Barbizon, dans la forêt de Fontainebleau, lorsqu’on lui propose d’accompagner en tant que dessinateur le géographe Xavier Hommaire de Hell (1812‑1848). D’une plume alerte, l’artiste a conté les circonstances de son embauche dans La Légende des ateliers, sous le titre « Sic itur ad Persiam » :

    Je fus voir M. de Hell, qui sur le champ et en présence de sa femme, poète et écrivain distingués [sic], m’examina et questionna ad hoc. « Avez‑vous déjà monté à cheval ? – Non – Souffrez‑vous du mal de mer ? – Oui – Portez‑vous habituellement et toujours de la flanelle ? – Non – Craignez‑vous le vertige ? – Oui – Supportez‑vous les veilles ? – Non » et ainsi de suite5 .

    4Né à Altkirch en 1812, ancien élève du collège royal de Dijon et de l’école des Mines de Saint‑Étienne, le savant a déjà réalisé plusieurs expéditions lorsque le ministère de l’Instruction publique lui confie une nouvelle mission : « un voyage de recherches scientifiques, géographiques et historiques sur les bords de la mer Noire et de la mer Caspienne et dans l’intérieur des pays qui avoisinent ces deux mers6 ». Menée à bien dans ses objectifs essentiels, cette mission sera fatale à Xavier Hommaire de Hell, qui, au terme d’un parcours terrible dans l’hiver persan, épuisé par la maladie, finira par mourir à Ispahan le 29 août 1848. Jules rentrera seul en 1849 en empruntant une autre route.

    5Un troisième personnage accompagne le début de l’expédition : Adèle Hommaire de Hell (1810‑1883), femme de lettres qui publiera plusieurs souvenirs de voyage et sera membre de la Société de géographie7. Présente en Turquie jusqu’en juin 1847, elle rédigera les volumes de la relation de son mari d’après ses notes et veillera avec Laurens à la publication de l’Atlas qui viendra les illustrer.

    6Plusieurs sources permettent de mieux connaître cette association : citons d’abord le récit de Hommaire de Hell : Voyage en Turquie et en Perse en 1846, 1847 et 1848, paru entre 1854 et 1860 avec le concours d’Adèle, qui intervient parfois plus directement, comme dans sa description de la vie d’un harem. Laurens fait aussi entendre sa voix dans La Légende des ateliers, sorte d’autobiographie posthume datée de 1901, et surtout dans ses lettres de voyage, publiées en 1907 dans la revue L’Art par Léon‑Honoré Labande, archiviste paléographe, auteur d’une biographie documentée de l’artiste8. Une abondante iconographie, composée de dessins conservés pour certains au musée Comtadin‑Duplessis de Carpentras, pour d’autres à l’école des Beaux‑Arts de Paris (ces derniers ayant fait l’objet d’une exposition à Istanbul en 19989), vient illustrer le voyage. L’Atlas historique et scientifique paru en 1859 est composé d’une centaine de planches en grand format, inspirées des dessins de Jules Laurens et lithographiées par lui‑même ou ses amis. Il offre une vision précise et chronologique des étapes du séjour, en partie évoquées par une carte.

    7Les voyageurs quittent Paris en février 1846 et, après avoir traversé l’Italie, séjournent assez longuement à Constantinople, d’où ils réalisent plusieurs expéditions, en particulier sur les bords de la mer Noire, jusqu’à Varna. En juin 1847, après le retour en France de l’épouse du premier, Hommaire de Hell et Laurens se mettent en route pour la Perse, suivent les bords de la mer Noire, et le 24 août arrivent à Trébizonde. Ils sont le 7 octobre à Diarbékir, entrent le 3 novembre dans le royaume de Perse, et atteignent le 11 novembre la ville de Tauris, qu’ils quittent le 11 janvier 1848 en direction de Téhéran. À Turkmantchaï, Hommaire de Hell occupe la « chambre historique » où fut signé en 1828 le traité du même nom au profit de l’Empire russe après la guerre russo‑persane de 1826‑1828. Parvenus à Téhéran le 9 février, les voyageurs quittent la ville le 17 mai pour des recherches sur la mer Caspienne, traversant les montagnes du Démavend et les forêts du Mazenderan. Passant par Koum, Caschan, ils arriveront le 16 août à Ispahan. Après la mort de Hommaire, Jules Laurens reviendra seul à Téhéran, qu’il quittera en février 1849 pour le retour vers la France.

    De modernes Argonautes

    8Le statut des deux voyageurs est loin d’être le même, puisque l’un est un savant reconnu, identifié sans conteste comme le chef de l’expédition, tandis que le second, plus jeune de treize ans, est un artiste qui n’a pas encore exposé au Salon et reste ignoré du public. Un croquis de Laurens représentant « une séance chez M. de Sartiges à Téhéran10 » peut témoigner de ces conditions différentes : Hommaire est assis aux côtés du chargé d’affaires, tandis que le jeune homme au visage d’adolescent écoute debout le concert des musiciens persans. Les portraits plus achevés confirment cet écart. Celui de Hommaire de Hell, exécuté par Jules Laurens et présenté dans la planche CVI de l’Atlas, accompagné de la mention des ouvrages du modèle, est un hommage à la maturité du savant. Il est empreint d’une certaine majesté dans son décor architectural, orné d’un lourd drapé, et la boussole témoigne clairement de sa fonction. L’artiste n’apparaît pas dans le recueil de l’Atlas, mais il est aujourd’hui bien connu par plusieurs portraits, notamment celui qui le montre au travail à Eguin, dans un paysage qui domine l’Euphrate. Le tableau11 est dû à son ami Jules Didier et réalisé d’après une aquarelle du voyageur datée du 30 septembre 184712. Comme dans le portrait de Hommaire, qui se détache devant l’élancement d’une mosquée, on y relève une inflexion orientale, avec le détail des bottes rouges « insolemment relevées en pointe à leur extrémité13 » et celui du vaste manteau, peut‑être le vêtement « kurde » dans lequel Laurens posera plus tard pour une eau‑forte de Bracquemond. On note ainsi chez les deux modèles une imprégnation affirmée par leur objet d’étude qui répond à la curiosité souvent empathique des textes et se traduit au quotidien par un goût de la collection : « M. de Hell a déjà une caisse pleine de costumes, armes ou ustensiles », note l’artiste à Tauris ; et lui‑même n’est pas en reste : « J’ai acquis un très gentil bouclier curthe [sic] et une gourde à poudre fort originalement entaillée14 ».

    9Une complicité s’établit entre les deux hommes dès le début, selon les lettres de Jules Laurens, comme celle du 17 novembre 1846, adressée à son frère : « […] je suis peu en peine de société. Il me suffit de votre pensée et de M. et Mme de Hell dont les procédés sont si parfaits à mon égard. Ce dernier est un homme vraiment distingué et aimable15. » Quelques mois plus tard semble s’être engagé un modus vivendi à Constantinople : « Nous faisons, M., Mme de Hell et moi, de fréquentes promenades à Stamboul et ses environs qui renforcent mon intérêt et mon admiration pour les mosquées, les fouillis de maisons, les ruines et les cyprès16 ». La relation d’Hommaire évoque les « courses à cheval dans la forêt de Belgrade, en compagnie de [s]a femme et de M. Laurens, qui prit plusieurs vues des bends ou aqueducs dont la forêt est parsemée17 ». Le départ de Constantinople pour l’aventure asiatique, sans Adèle, donne à la relation entre les deux hommes une tournure plus professionnelle, comme l’indique cette remarque de Laurens en septembre 1847, à Trébizonde : « Dans chacune de ses lettres aux ministres des Affaires étrangères, du Commerce et de l’Instruction publique, M. de Hell mentionne, je crois, mes travaux, et en donne même une espèce de catalogue18 ». Cette confiance ne faiblit pas : « Je ne puis te dire ici », écrit‑il depuis Tauris à son frère Bonaventure le 2 décembre 1847, « toutes les bontés et surtout la considération dont me fait entourer cet honorable compagnon qui me traite en frère19 ». Toutefois, des difficultés surgissent à la fin du voyage, avec la dégradation de la santé de Hommaire, qui, « d’une nature active, mais délicate et nerveuse, déjà fatigué par de graves indispositions, était devenu à cette époque irritable au plus haut degré20 ». Mais Laurens veillera sur ses derniers instants « avec une tendresse presque filiale21 ».

    10De plus en plus éprouvante au fil de son déroulement, avant le dénouement tragique, l’aventure est néanmoins sublimée dans les textes par un parrainage mythologique : celui des Argonautes, dont le voyage fut en partie le même : « Sais‑tu bien que mon voyage de printemps, à Trébizonde, sera exactement celui de Jason à la Colchide22 ? », écrit Jules Laurens de Constantinople le 5 janvier 1847. De semblables allusions se retrouvent dans le récit de Hommaire, par exemple lors de l’expédition dans la région du Pont‑Euxin, « nommé ainsi par les premières colonies grecques qui se fixèrent sur ses bords depuis la conquête des Argonautes23 ».

    Une école de rigueur

    11Chargé de rapports pour différents ministères, Hommaire de Hell aborde dans sa relation de multiples sujets qui reflètent une curiosité universelle, sans exclure l’aspect artistique. Les descriptions de monuments et l’intérêt pour les arts de l’Islam, encore balbutiant dans le milieu français, ne sont pas exclus, ni la représentation visuelle de l’Orient. Certains passages (avec le concours de la plume d’Adèle) rivalisent avec le tableau orientaliste, comme celui de la découverte de Semnan :

    C’est bien là une vraie ville du désert, telle que l’imagination des artistes tâche d’en créer pour enrichir les albums. Rien ne lui manque : ni les coupoles bleues des mosquées, ni le minaret arabe, ni les tours à crénelures, ni le fortin obligé, ni le karavansérail en ruines, ni les bazars, ni les tons fauves des constructions, ni les sveltes cyprès, ni l’ombre des platanes24.

    12Les tâches semblent pourtant bien séparées, d’après plusieurs passages du récit de Hommaire, comme celui consacré à la mosquée de Djouma, à Véramine : « Je n’entrerai pas dans plus de détails, renvoyant les amateurs d’archéologie au plan que j’ai levé de ce ravissant édifice, et les amateurs de l’art aux dessins qu’en a faits M. Laurens25. »

    13Mais il reste indiscutable que la personnalité du savant rayonne sur l’expédition, dans la tonalité générale d’une école de rigueur qui contraste avec les rires sous cape du jeune artiste, dans la liberté du genre épistolaire : « Ah ! quelle part de mystification dans les prétendus travaux d’une expédition ! On passe ses heures à charger et décharger ses effets ! Mme de Hell a failli être mise en lambeaux par les branches d’un néflier26 ». Il ne s’agit pas là seulement d’une humeur juvénile : Laurens gardera ce ton fantaisiste dans le roman de sa vie, La Légende des ateliers, et l’on peut imaginer que son tempérament ne s’accommoda pas sans souffrir de certaines situations. Les directives de Hommaire de Hell sont sans doute assez exigeantes et les conditions de travail de l’artiste ne ressemblent pas aux excursions de ses confrères dans les sous‑bois de Barbizon, comme il le note à Constantinople en janvier 1847, dans les premiers mois de l’expédition :

    […] je ne travaille qu’en courant, au milieu des rues, au sommet des rochers, par pluie ou canicule, droit ou accroupi, fatigué ou découragé. C’est en descendant de caïque ou d’arabas que je dessine à la volée, et d’après la première chose venue, la première chose vue, recommençant le lendemain, sans avoir même gardé le souvenir des modèles dont je n’ose revoir les informes copies. Il résulte de cette nécessité que mes dessins, ni faits ni à faire, me sont autant de remords, malgré la conviction où je suis que ma maladresse n’est pas seule coupable. Je soupire donc de temps en temps après le moment qui me rendra à cette élaboration calme et patiente d’une toile, qui seule permet les tentatives sérieuses27…

    14Hommaire intervient certainement dans le choix des motifs : il est possible qu’on lui doive la présence récurrente des ponts, auxquels la relation accorde plus d’une description, comme celui, romain, du lac de Sabandjah en Asie Mineure (planche III de l’Atlas), ou celui, très spectaculaire, qui enjambe ­l’Euphrate. On peut établir une relation entre cet intérêt et la formation de Hommaire de Hell, associé à ses débuts à la réalisation de différents ouvrages d’art.

    15Mais la vigilance du chef s’impose aussi dans les exigences de rigueur scientifique, et d’abord dans l’exactitude des dessins. Il est guidé par des sources précises, parmi lesquelles il cite souvent pour la Perse Jean Chardin (1683‑1713) comme une référence. Mais il est aussi très attaché aux comparaisons avec un contre‑modèle, celui de Louis Dubeux (1798‑1863), conservateur adjoint à la Bibliothèque royale, auteur d’articles pour le Journal asiatique et le Journal des savants, et qui, quoique n’ayant jamais séjourné en Orient, a publié La Perse en 1841 chez Firmin Didot. De cet ouvrage, plusieurs fois cité, Hommaire de Hell conteste les informations, comme à Caschan : « Nous avons inutilement cherché le fameux karavansérail décrit par Dubeux, dont personne n’a pu nous donner de nouvelles28 ». Le même scepticisme s’affirme à propos d’un pont sur la rivière de Kizil‑Ouzen : « Lorsqu’on manque de documents véridiques, on devrait s’abstenir de donner des dessins mensongers qui ne servent qu’à fausser le jugement du public29 ».

    Trachytes et basaltes

    16En acceptant son enrôlement dans l’aventure de ce long voyage, le jeune Laurens s’en faisait une certaine idée :

    Une campagne en Turquie et Perse ! cela m’apparaissait fabuleux, peu réalisable pour moi ; mais sans bien croire au tout jusqu’au terme, je me dis avec convoitise galopante que sur la route de Marseille à Ispahan se rencontrent Florence, Rome, Naples ; puis Malte, Athènes, Constantinople ; lesquelles étapes et stations valaient certes au moins un départ30.

    17Ces rêves de culture classique, entretenus par les ambiances d’atelier, se sont assurément modifiés au cours du voyage après l’arrivée en Turquie. L’adaptation semble se faire sans effort avec les sujets « ethnographiques », dans le style qui commence alors à s’imposer dans la peinture orientaliste : les planches de l’Atlas reflètent la multiplicité de ces intérêts, alignant les objets usuels des populations rencontrées, campant portraits et costumes. Plus étonnante est l’attention accordée à la géographie physique, à ses accidents éloignés des accents poussinesques souvent présents encore dans les paysages d’Orient de ce temps. Le vocabulaire de Laurens semble même s’enrichir de cette curiosité nouvelle, quand il évoque par exemple dans une lettre « les grandes collines arénacées31 » rencontrées sur les bords de la mer Noire. L’artiste est assez tôt entraîné vers des motifs inusités, notamment lors de l’excursion menée depuis l’entrée de la mer Noire jusqu’à Varna32 en août 1846, entreprise restée inconnue des savants et des touristes, « non moins dangereuse qu’intéressante », dont la relation d’Hommaire de Hell décrit ainsi les débuts, après le départ de Thérapia :

    Lorsqu’on a tourné à gauche la pointe Fanaraki d’Europe […], on voit se prolonger, le long de la côte, une suite de massifs de trachyte, dont les roches bouleversées présentent les formes les plus bizarres. Les flots, constamment tumultueux dans ce difficile parage, dessinent crûment, de leur écume éblouissante, la côte noirâtre et déchirée. C’est bien là le Pontos‑Axeinos (mer Inhospitalière)33… 

    18La particularité de ces reliefs fait l’objet d’un travail d’équipe : « Nous allâmes à la recherche des échantillons géologiques et des motifs à croquis34. » Un peu plus loin, la baie de Kilia est le théâtre d’autres opérations : « Aussi ardents que des héros qui mettent le pied sur le sol conquis, la nuit nous surprit à casser toutes les roches du rivage, tandis que mon compagnon, M. Jules Laurens, en dessinait et coloriait la structure et les compositions35. » De semblables motifs surgissent à l’été 1847 sur la route vers Trébizonde. Laurens exécute des dessins de ces particularités, comme celui des « rochers basaltiques à Tchaban‑Kalé », daté du 21 juillet 1847 ; et la planche XX de l’Atlas représente la « côte basaltique de Guzeldjeh‑Seraï sur la mer Noire », accordant une place évidente au caractère spectaculaire des roches à l’arrière‑plan. La planche suivante, consacrée à Amasserah, donne une semblable idée de l’étrangeté du paysage avant d’arriver à Kitros, où « le spectacle des basaltes, des rochers déchirés, transpercés, arides, est constant36 ».

    19Au nombre de ces observations géographiques, on peut compter l’environnement du tableau déjà évoqué de Jules Didier représentant en 1857, d’après le dessin du modèle, Jules Laurens peignant l’Euphrate à Egin. Hommaire de Hell décrit le spectacle qui s’est offert à eux le 24 septembre 1847, cette vue sur le fleuve qui inspirera à Laurens d’autres planches de l’Atlas (voir la planche XXXVIII : « L’Euphrate à Keban‑Maden ») :

    Du haut d’un plateau, l’Euphrate, objet de nos désirs depuis tant de jours, nous apparaît enfin ! C’est une large compensation à l’ennui d’avoir été si longtemps emprisonnés dans les montagnes. Ce fleuve, dont le nom seul réveille tant de souvenirs bibliques et historiques, coule ici entre des dépôts de grès et de conglomérats, au‑dessus desquels s’élèvent sur la rive gauche de hauts sommets de calcaire jurassique. Sa largeur est la même que celle du Rhône au‑dessous de Lyon, et son aspect est imposant et mélancolique37.

    20Rarement portrait d’artiste a été aussi précisément situé dans un décor de géographie physique, mais on note que la description scientifique n’exclut pas, chez Hommaire, un certain lyrisme dans la description des paysages. On en retrouve l’esprit dans plusieurs passages de sa relation :

    La création semble vous initier à ses secrets les plus cachés. On la surprend, pour ainsi dire, en déshabillé. Ces roches aux attitudes bizarres, ces brisants couverts d’écume, ces débris de coquilles, roulés dans le sable, toute cette nature si bouleversée en apparence, devient, pour le géologue surtout, un livre ouvert où il lit couramment l’histoire entière de notre planète38.

    21Même si l’on doit à nouveau réserver à Adèle une participation personnelle, on peut supposer une certaine connivence entre les deux voyageurs dans le partage de ces émotions. La contemplation des reliefs accidentés s’accompagne cependant chez l’artiste de sensations intérieures étrangères à l’étude scientifique, cultivant un sentiment romantique de la nature où l’observation géologique nourrit l’effroi :

    La pensée succombe bientôt à une noire et accablante tristesse dans le tête‑à‑tête de ces effrayantes grimaces d’une nature empreinte encore de ces monstrueuses convulsions. La course plus ou moins rapide de la barque, son tangage continuel donnent comme de la vie et du mouvement à ces ébauches d’une fantaisie infernale, en déplaçant à chaque instant le point de vue. On doute de ses souvenirs de prairies, de ruisseaux et d’ormoies ; l’esprit et l’âme sont tout aux sévères problèmes de la création39.

    22Auparavant, sur cette « merveilleuse côte basaltique » de la mer Noire, l’artiste a repéré « de nombreuses grottes », ajoutant : « Il est douteux que Fingal soit plus étonnant40 ». L’amplification des émois géographiques par des références littéraires ou culturelles est habituelle à l’artiste et distingue son regard des observations de la relation de Hommaire de Hell. Le rapprochement avec la grotte de Fingal est représentatif de l’imaginaire de ­l’artiste, ici sans doute inspiré par l’œuvre symphonique de Mendelssohn (Les Hébrides, ou La Grotte de Fingal, 1832), à laquelle il a été initié par son frère Bonaventure, musicien, proche des grands compositeurs allemands de ce temps. Laurens s’est peut‑être souvenu de la forte impression de ces particularités géologiques en s’intéressant plus tard au tableau de son confrère Jean‑Louis Hamon, exposé au Salon de 1873, dont le sujet mythologique (Amour consolant Ophélia) doit son mystère à la grotte Verte de Capri : « C’est dans les grandioses et infinis accidents de ses formes de roches que Hamon, par exemple, emprunta la vision de son dernier et plus important tableau : Le Triste Rivage41. »

    23Mais, malgré les escapades poétiques de l’artiste, la rigueur du travail sur le terrain s’impose et évoque d’autres compagnonnages. Ainsi peut‑on rappeler, au sein de l’expédition scientifique de Morée en 1829, dans la section des Sciences Physiques, l’association du biologiste et géographe Bory de Saint‑Vincent (1778‑1846) et du peintre Prosper Baccuet (1797‑1854). Le premier dicte au second, dans une relation plus autoritaire, un mode de représentation qui n’est pas éloigné des exigences de Hommaire de Hell : « Je voudrais que dans un ouvrage […] dont l’exactitude des peintures et des récits fait le principal mérite, que dans une relation où le lecteur voudrait suivre le voyageur dans un Atlas, la géographie fût au moins tant soit peu respectée42. » Une différence s’établit cependant entre Prosper Baccuet (enrôlé dans sa maturité) et Jules Laurens dans le devenir de leur pratique artistique, le second s’affirmant plus marqué par son expérience dans l’évolution de sa carrière.

    24Doutant, comme il l’écrit, des souvenirs de lieux familiers, des prairies et des lieux plantés d’ormes, Jules Laurens verra sa sensibilité durablement marquée par le spectacle des mouvements du relief. Il est clair que ses expositions au Salon feront l’impasse sur les représentations d’Ulysse et de Nausicaa, sur une évocation de la nature à l’antique dont en 1845 Corot vient d’offrir un exemple au Salon avec Homère et les bergers. L’expérience du jeune Laurens lui offre une bifurcation radicale dans la représentation du paysage, alors qu’il est formé au contact du paysage historique, dans la tradition d’un Jean‑Joseph‑Xavier Bidauld, né comme lui à Carpentras, dont il évoquera dans La Légende des ateliers la « mythologie surannée43 ». En revanche, il aime l’originalité du peintre et décorateur de théâtre Eugène Ciceri (1813‑1890), et « tout particulièrement la structure géologique et l’appareil de rochers ou de revêtement quelconque des grandes montagnes44 ». Cet artiste s’est chargé de lithographier certaines planches spectaculaires de l’Atlas, comme « Portes caspiennes (Haute-Perse) ».

    25Les expositions de Laurens au Salon porteront la marque de l’aventure vécue avec Hommaire de Hell, comme dans le tableau présenté en 1855 à l’Exposition universelle, Sur la route de Téhéran à Hispahan (Perse), dont Edmond About apprécie le réalisme :

    Un hardi voyageur qui a pénétré jusqu’au fond de la Perse, M. Laurens, a rapporté un paysage de Téhéran. Pour ceux qui ne connaissent la Perse que par les dessins et les tableaux de M. Flandin, il est heureux que M. Laurens ait fait ce voyage. Ses lithographies sont admirables et son tableau est excellent. On y étouffe, on y sue, on y mange de la poussière ; on va prendre un bain après l’avoir vu. M. Laurens est un beau talent. Pourquoi n’a t‑il exposé qu’un paysage45 ?

    26Le choix du spectaculaire s’impose aussi dans Le Rocher de Vann, présenté en 1880, qui reprend le motif d’une planche de l’Atlas.

    27Textes et représentations visuelles esquissent ainsi la relation de deux figures fortuitement réunies, différentes par l’âge et la condition, qui constituent néanmoins une équipe et vivent un moment de complicité, de proximité et d’amitié. Les sources témoignent de caractères différents, entre méthode et fantaisie, associés cependant dans l’objectif de la réussite de l’expédition. La cohésion est également assurée par une même sensibilité à la découverte, qu’il s’agisse des civilisations rencontrées ou des spectacles naturels. Une semblable culture classique sous‑tend souvent ces dispositions, comme dans l’interprétation de leur aventure à la lumière de celle des Argonautes. Le présent fait pourtant concurrence au passé, avec ­l’actualité d’une mission de description menée dans l’exigence scientifique. L’autorité amicale du savant ouvre ainsi l’artiste à une manière nouvelle de voir la nature et introduit dans sa pratique une possible modernité.

    Notes de bas de page

    1En a témoigné notamment ce colloque pionnier : Vanci-Perahim Marina, avec la collaboration de Wermester Catherine (dir.), Atlas et les territoires du regard. Le géographique de l’histoire de l’art (xixe et xxe siècles), Paris, Publications de la Sorbonne, 2006.

    2Gautier Théophile, Le Moniteur universel, 28 mai 1859, dans Théophile Gautier critique d’art, Paris, Séguier, 1994, p. 231. Sur ce sujet, on pourra se reporter aussi à : Bulletin de la Société Théophile Gautier, vol. 44 : Guyot Alain, Moussa Sarga (coord.), La Géographie de Gautier. Mémoire et création, 2022.

    3Fromentin Eugène, Une année dans le Sahel [1858], dans Œuvres complètes, Paris, Gallimard, 1984, p. 314.

    4Ibid., p. 18.

    5Laurens Jules, La Légende des ateliers. Fragments et notes d’un artiste peintre de 1842 à 1900, Paris, Fischbacher, 1901, p. 356‑358.

    6Roquette M. de la, « Notice nécrologique sur M. Hommaire de Hell », dans Hommaire de Hell Xavier, Voyage en Turquie et en Perse, vol. 1, Paris, Bertrand, 1854, p. 20.

    7Monicat Bénédicte, Itinéraires de l’écriture au féminin : voyageuses du xixe siècle, Amsterdam, Rodopi, 1996, p. 19.

    8Labande Léon‑Honoré, Jules Laurens. Ouvrage illustré d’après les œuvres de l’artiste, Paris, Honoré Champion, 1910.

    9Voir Peltre Christine, Yenal Engin (éd.), Jules Laurens'ın Türkiye yolculuğu. Le Voyage de Jules Laurens en Turquie, Istanbul, Yapı Kredi Kültür Sanat Yayıncılık, 1998, et plus spécifiquement Peltre Christine, « L’Orient turc de Jules Laurens », p. 12‑23.

    10Dessin reproduit dans Labande Léon‑Honoré, « De Trébizonde à Tauris. Lettres du peintre‑lithographe Jules Laurens », L’Art, 1907, p. 225.

    11Didier Jules, Jules Laurens peignant l’Euphrate, huile sur toile, 1857, 32 × 41 cm, Carpentras, musée Comtadin‑Duplessis.

    12Aquarelle reproduite dans Labande Léon‑Honoré, « De Trébizonde à Tauris. Lettres du peintre‑lithographe Jules Laurens », op. cit., p. 221.

    13Ibid., p. 219.

    14Ibid., p. 220.

    15Lettre de Jules Laurens à son frère Bonaventure, « Thérapia, près Constantinople, 17 novembre 1846 », citée dans Labande Léon‑Honoré, « Voyage d’un artiste en Turquie et en Perse », L’Art, janvier 1906, p. 32.

    16Lettre de Jules Laurens à son frère Bonaventure, « Constantinople, 3 février 1847 », citée dans Labande Léon‑Honoré, « Impressions d’un artiste en Orient », L’Art, 1907, p. 136.

    17Hommaire de Hell Xavier, Voyage en Turquie et en Perse, vol. 1, op. cit., p. 304.

    18Lettre de Jules Laurens à son frère Bonaventure et à sa nièce Rosalba, « Trébizonde, 8 septembre 1847 », citée dans Labande Léon‑Honoré, « Impressions d’un artiste en Orient », L’Art, op. cit., p. 184.

    19Lettre de Jules Laurens à son frère Bonaventure, « Tauris, 2 décembre 1847 », citée dans Labande Léon‑Honoré, « De Trébizonde à Tauris. Lettres du peintre‑lithographe Jules Laurens », op. cit., p. 220.

    20Laurens Jules, La Légende des ateliers, op. cit., p. 621.

    21Roquette M. de la, « Notice nécrologique sur M. Hommaire de Hell », op. cit., p. 33.

    22Laurens Jules, « Constantinople, 5 janvier 1847 », cité dans Labande Léon‑Honoré, « Impressions d’un artiste en Orient », L’Art, op. cit., p. 134.

    23Hommaire de Hell Xavier, Voyage en Turquie et en Perse, vol. 1, op. cit., p. 124.

    24Ibid., vol. 4, Paris, Bertrand, 1856, p. 317.

    25Ibid., p. 333.

    26Lettre de Jules Laurens à son frère, « Constantinople, 27 mai 1847 », citée dans Labande Léon‑Honoré, « Impressions d’un artiste en Orient », L’Art, op. cit., p. 142.

    27Lettre de Jules Laurens à sa nièce Rosalba, « Constantinople, 5 janvier 1847 », ibid., p. 134.

    28Hommaire de Hell Xavier, Voyage en Turquie et en Perse, vol. 4, op. cit., p. 352.

    29Ibid., p. 88.

    30Laurens Jules, La Légende des ateliers, op. cit., p. 358.

    31Lettre de Jules Laurens, « Trébizonde, 8 septembre 1847 », citée dans Labande Léon‑Honoré, « Impressions d’un artiste en Orient », L’Art, op. cit., p. 184.

    32Hommaire de Hell Xavier, Voyage en Turquie et en Perse, vol. 1, op. cit., p. 123.

    33Ibid., p. 124.

    34Ibid., p. 125.

    35Ibid.

    36Lettre de Jules Laurens, « Trébizonde, 8 septembre 1847 », citée dans Labande Léon‑Honoré, « Impressions d’un artiste en Orient », L’Art, op. cit., p. 186.

    37Hommaire de Hell Xavier, Voyage en Turquie et en Perse, vol. 1, op. cit., p. 399.

    38Ibid., p. 129.

    39Lettre de Jules Laurens, « Trébizonde, 8 septembre 1847 », citée dans Labande Léon‑Honoré, « Impressions d’un artiste en Orient », L’Art, op. cit., p. 186.

    40Ibid.

    41Laurens Jules, La Légende des ateliers, op. cit., p. 91.

    42Bory de Saint‑Vincent, Relation du voyage de la Commission scientifique de Morée dans le Péloponnèse, les Cyclades et l’Attique, Paris, Levrault, 1836‑1838, vol. 2, p. 425‑426.

    43Laurens Jules, La Légende des ateliers, op. cit., p. 286.

    44Ibid., p. 346.

    45About Edmond, Voyage à travers l’exposition des Beaux‑Arts, Paris, Hachette, 1855, p. 225.

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    • Christine Peltre

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    1En a témoigné notamment ce colloque pionnier : Vanci-Perahim Marina, avec la collaboration de Wermester Catherine (dir.), Atlas et les territoires du regard. Le géographique de l’histoire de l’art (xixe et xxe siècles), Paris, Publications de la Sorbonne, 2006.

    2Gautier Théophile, Le Moniteur universel, 28 mai 1859, dans Théophile Gautier critique d’art, Paris, Séguier, 1994, p. 231. Sur ce sujet, on pourra se reporter aussi à : Bulletin de la Société Théophile Gautier, vol. 44 : Guyot Alain, Moussa Sarga (coord.), La Géographie de Gautier. Mémoire et création, 2022.

    3Fromentin Eugène, Une année dans le Sahel [1858], dans Œuvres complètes, Paris, Gallimard, 1984, p. 314.

    4Ibid., p. 18.

    5Laurens Jules, La Légende des ateliers. Fragments et notes d’un artiste peintre de 1842 à 1900, Paris, Fischbacher, 1901, p. 356‑358.

    6Roquette M. de la, « Notice nécrologique sur M. Hommaire de Hell », dans Hommaire de Hell Xavier, Voyage en Turquie et en Perse, vol. 1, Paris, Bertrand, 1854, p. 20.

    7Monicat Bénédicte, Itinéraires de l’écriture au féminin : voyageuses du xixe siècle, Amsterdam, Rodopi, 1996, p. 19.

    8Labande Léon‑Honoré, Jules Laurens. Ouvrage illustré d’après les œuvres de l’artiste, Paris, Honoré Champion, 1910.

    9Voir Peltre Christine, Yenal Engin (éd.), Jules Laurens'ın Türkiye yolculuğu. Le Voyage de Jules Laurens en Turquie, Istanbul, Yapı Kredi Kültür Sanat Yayıncılık, 1998, et plus spécifiquement Peltre Christine, « L’Orient turc de Jules Laurens », p. 12‑23.

    10Dessin reproduit dans Labande Léon‑Honoré, « De Trébizonde à Tauris. Lettres du peintre‑lithographe Jules Laurens », L’Art, 1907, p. 225.

    11Didier Jules, Jules Laurens peignant l’Euphrate, huile sur toile, 1857, 32 × 41 cm, Carpentras, musée Comtadin‑Duplessis.

    12Aquarelle reproduite dans Labande Léon‑Honoré, « De Trébizonde à Tauris. Lettres du peintre‑lithographe Jules Laurens », op. cit., p. 221.

    13Ibid., p. 219.

    14Ibid., p. 220.

    15Lettre de Jules Laurens à son frère Bonaventure, « Thérapia, près Constantinople, 17 novembre 1846 », citée dans Labande Léon‑Honoré, « Voyage d’un artiste en Turquie et en Perse », L’Art, janvier 1906, p. 32.

    16Lettre de Jules Laurens à son frère Bonaventure, « Constantinople, 3 février 1847 », citée dans Labande Léon‑Honoré, « Impressions d’un artiste en Orient », L’Art, 1907, p. 136.

    17Hommaire de Hell Xavier, Voyage en Turquie et en Perse, vol. 1, op. cit., p. 304.

    18Lettre de Jules Laurens à son frère Bonaventure et à sa nièce Rosalba, « Trébizonde, 8 septembre 1847 », citée dans Labande Léon‑Honoré, « Impressions d’un artiste en Orient », L’Art, op. cit., p. 184.

    19Lettre de Jules Laurens à son frère Bonaventure, « Tauris, 2 décembre 1847 », citée dans Labande Léon‑Honoré, « De Trébizonde à Tauris. Lettres du peintre‑lithographe Jules Laurens », op. cit., p. 220.

    20Laurens Jules, La Légende des ateliers, op. cit., p. 621.

    21Roquette M. de la, « Notice nécrologique sur M. Hommaire de Hell », op. cit., p. 33.

    22Laurens Jules, « Constantinople, 5 janvier 1847 », cité dans Labande Léon‑Honoré, « Impressions d’un artiste en Orient », L’Art, op. cit., p. 134.

    23Hommaire de Hell Xavier, Voyage en Turquie et en Perse, vol. 1, op. cit., p. 124.

    24Ibid., vol. 4, Paris, Bertrand, 1856, p. 317.

    25Ibid., p. 333.

    26Lettre de Jules Laurens à son frère, « Constantinople, 27 mai 1847 », citée dans Labande Léon‑Honoré, « Impressions d’un artiste en Orient », L’Art, op. cit., p. 142.

    27Lettre de Jules Laurens à sa nièce Rosalba, « Constantinople, 5 janvier 1847 », ibid., p. 134.

    28Hommaire de Hell Xavier, Voyage en Turquie et en Perse, vol. 4, op. cit., p. 352.

    29Ibid., p. 88.

    30Laurens Jules, La Légende des ateliers, op. cit., p. 358.

    31Lettre de Jules Laurens, « Trébizonde, 8 septembre 1847 », citée dans Labande Léon‑Honoré, « Impressions d’un artiste en Orient », L’Art, op. cit., p. 184.

    32Hommaire de Hell Xavier, Voyage en Turquie et en Perse, vol. 1, op. cit., p. 123.

    33Ibid., p. 124.

    34Ibid., p. 125.

    35Ibid.

    36Lettre de Jules Laurens, « Trébizonde, 8 septembre 1847 », citée dans Labande Léon‑Honoré, « Impressions d’un artiste en Orient », L’Art, op. cit., p. 186.

    37Hommaire de Hell Xavier, Voyage en Turquie et en Perse, vol. 1, op. cit., p. 399.

    38Ibid., p. 129.

    39Lettre de Jules Laurens, « Trébizonde, 8 septembre 1847 », citée dans Labande Léon‑Honoré, « Impressions d’un artiste en Orient », L’Art, op. cit., p. 186.

    40Ibid.

    41Laurens Jules, La Légende des ateliers, op. cit., p. 91.

    42Bory de Saint‑Vincent, Relation du voyage de la Commission scientifique de Morée dans le Péloponnèse, les Cyclades et l’Attique, Paris, Levrault, 1836‑1838, vol. 2, p. 425‑426.

    43Laurens Jules, La Légende des ateliers, op. cit., p. 286.

    44Ibid., p. 346.

    45About Edmond, Voyage à travers l’exposition des Beaux‑Arts, Paris, Hachette, 1855, p. 225.

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    Peltre, C. (2024). Le peintre et le géographe : Jules Laurens et Xavier Hommaire de Hell en Turquie et en Perse (1846‑1848). In N. Bourguinat & N. Dziub (éds.), L’amitié dans la littérature de voyage. Strasbourg: Presses universitaires de Strasbourg. https://doi.org/10.4000/12abb
    Peltre, Christine. « Le peintre et le géographe : Jules Laurens et Xavier Hommaire de Hell en Turquie et en Perse (1846‑1848) ». In L’amitié dans la littérature de voyage, édité par Nicolas Bourguinat et Nikol Dziub. Strasbourg: Presses universitaires de Strasbourg, 2024. doi:10.4000/12abb.
    Peltre, Christine. « Le peintre et le géographe : Jules Laurens et Xavier Hommaire de Hell en Turquie et en Perse (1846‑1848) ». L’amitié dans la littérature de voyage, édité par Nicolas Bourguinat et Nikol Dziub, Presses universitaires de Strasbourg, 2024, https://doi.org/10.4000/12abb.

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    Bourguinat, N., & Dziub, N. (éds.). (2024). L’amitié dans la littérature de voyage. Strasbourg: Presses universitaires de Strasbourg. https://doi.org/10.4000/12abx
    Bourguinat, Nicolas, et Nikol Dziub, éd. L’amitié dans la littérature de voyage. Strasbourg: Presses universitaires de Strasbourg, 2024. doi:10.4000/12abx.
    Bourguinat, Nicolas, et Nikol Dziub, éditeurs. L’amitié dans la littérature de voyage. Presses universitaires de Strasbourg, 2024, https://doi.org/10.4000/12abx.
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