Annexe biographique
p. 507-535
Texte intégral
Fig. 1 : Portrait de Mathilde Franziska Anneke, 1874-1875, photographie

Source : Ruben Regina, Mathilde Franziska Anneke. Die erste grosse deutsche Verfechterin des Frauenstimmrechts, Hambourg, Ruben, 1906
1Mathilde Franziska Anneke (1817-1884), née Giesler, grandit en Westphalie, avec onze frères et sœurs, dans un environnement tolérant, éclairé et socialement engagé. Son mariage turbulent avec Alfred de Tabouilot et la procédure de divorce fastidieuse et humiliante poussent Mathilde à s’engager pour l’égalité entre hommes et femmes. Afin de garantir son quotidien et celui de sa fille, Mathilde commence à écrire et publier des textes à partir de 1840. Elle publie des poèmes, des almanachs et même une pièce de théâtre. Dès 1843, elle rédige des articles pour la Kölnische Zeitung et à partir de 1845, elle devient journaliste pour la Augsburger Allgemeine Zeitung1. En 1847, Mathilde épouse l’ex-officier Fritz Anneke et déménage à Cologne, où leur maison se transforme en lieu de réunion important pour les penseurs révolutionnaires et démocrates de l’époque, comme Karl Marx et Friedrich Engels2. Lors de la deuxième vague d’insurrections de la Märzrevolution (1848-1849) en Bade, le couple s’engage aux côtés de l’armée de Bade. Pourtant les révoltes sont écrasées en quelques mois et le couple quitte la Confédération germanique avec ses enfants et s’enfuit aux États-Unis. Ils s’installent à Milwaukee, où vit un cousin de Fritz. Dès le début, Mathilde voyage sur la côte est des États-Unis. Elle participe à des réunions publiques où elle parle des révolutions germaniques et la nécessité d’améliorer la position sociale de la femme3. En outre, elle lit les publications féministes de Susan B. Anthony et Elizabeth Cady Stanton, avec qui elle échange4. Ses discours gagnent rapidement en audience. En 1852, elle publie une première édition de son journal Die Deutsche Frauen-Zeitung, premier journal publié par une femme aux États-Unis. En 1853, Fritz Anneke publie le livre de sa femme Mutterland. Memoiren einer Frau aus dem badisch-pfälzischen Feldzuge 1848/1849 qui porte sur leur participation aux insurrections et leur fuite. Pourtant, une série de revers de fortune frappent Mathilde. Elle perd deux de ses enfants et doit fermer son journal à Milwaukee après seulement sept mois. Cependant elle ne perd pas espoir et essaye de le refonder à New York en 1852 et à Newark en 1855. En 1862 et 1863, lors d’un séjour en Suisse, elle écrit et publie une série de livres dans lesquels elle critique l’esclavage et la guerre civile américaine. À son retour aux États-Unis en 1865, elle fonde avec son amie Caecilie Kapp, le Milwaukee Töchter Institut, où des filles de tous les États-Unis viennent pour apprendre les arts libéraux selon les normes de l’éducation humanistique des Gymnasien (lycées) allemands. Elle gère cet institut pendant dix-huit ans, jusqu’à sa mort en 1883. Jusqu’à un âge avancé, Mathilde reste active et voyage à travers les États-Unis pour tenir des discours où elle demande le droit de vote des femmes et gagne en prestige en tant que directrice de son institut5.
Fig. 2 : Isaak Brodsky, portrait d’Angelica Balabanova, 1920, dessin

2Angelica Balabanova (1878-1965). Le nom d’Angelica Balabanova n’est pas le premier qui vient à l’esprit lorsque l’on évoque le mouvement ouvrier international de la fin du xixe et du début du xxe siècle. Elle fut pourtant, aux côtés de Lénine, Trotski et bien d’autres, l’une de ses plus éminentes représentantes durant plus d’un demi-siècle. Polyglotte, parlant pas moins de six langues, elle fut la personnalité du mouvement ayant milité dans le plus grand nombre de pays européens durant cette période.
3Angelica Balabanova est issue d’une riche famille bourgeoise russe. Elle naît dans l’actuelle Ukraine, non loin de Kiev, au sein de l’ancien Empire russe. Destinée, dès sa naissance, à suivre le chemin classique d’une bourgeoise russe de son temps, elle se rend très vite compte des privilèges dont elle jouit et cela crée chez elle un sentiment d’injustice. Elle se révolte contre le cadre aristocratique que tente de lui imposer sa mère. La rupture familiale paraît inévitable. Dès qu’elle est en âge de le faire, elle quitte la Russie, en renonçant à tous ses biens et à son héritage et part étudier à l’université libre de Bruxelles, afin de parfaire son éducation. Ce fut pour elle un formidable laboratoire. Elle put y poursuivre le développement de ses idées « révolutionnaires » et se créer un réseau socialiste qui lui permet plus tard de favoriser son action en exil. Son autobiographie est une formidable trace du bouillonnement politique et idéologique qui agite l’Europe à la fin du xixe et au début du xxe siècle. Elle constitue un des rares témoignages d’une femme politisée durant cette période. Angelica Balabanova, à travers son œuvre, permet de mieux comprendre le rôle politique des femmes au début du xxe siècle. Notons toutefois que sa condition sociale constitue un facteur déterminant quant à sa possibilité d’action en exil, qui est au cœur de son expérience. Cela nous permet ainsi de mieux comprendre les conditions de la proscription politique à l’époque, notamment lorsque l’on est une femme.
4Angelica Balabanova ne donne que peu de renseignements sur elle-même dans son récit. Elle ne voyait pas l’intérêt d’écrire sur sa propre histoire avant que John Reed6 ne lui en donne l’idée lors de leur rencontre durant la Première Guerre mondiale. Elle ne se lança toutefois dans la rédaction de son autobiographie que vingt années plus tard. Elle justifie son action d’écriture dans l’introduction de son ouvrage. Le fait de prendre la plume constitue ainsi, pour elle, le prolongement de son action militante. En effet, elle écrit pour raconter son combat à la nouvelle génération. Elle résume sa Vie de rebelle ainsi : « ce n’est pas une autobiographie classique […] Je n’y parle de moi-même que comme témoin des événements dont j’ai été l’actrice7 […] ».
5Wilhelmine von Beck (1797-1849), à travers ses « Aventures personnelles pendant la guerre d’indépendance de Hongrie » (Personal Adventures during the Late War of Independence in Hungary) publiées en 1850 alors qu’elle se trouve en Angleterre, décrit son implication dans les événements qui ont suivi la révolution hongroise de 1848. Elle donne son opinion sur l’Empire autrichien qu’elle décrit comme un terrible oppresseur et dépeint son expérience de l’exil. Hongroise née en 1797, elle se serait engagée pleinement dans la guerre d’indépendance hongroise à la suite du décès de son mari le 18 octobre 1848 alors qu’il encourageait le peuple de Vienne à repousser l’attaque des soldats impériaux à la seconde barricade de Jagerstrasse.
6Après plusieurs mois de transformations politiques pacifiques8 inspirées des événements parisiens et viennois de 1848, la révolution se transforme progressivement en guerre, d’abord face aux minorités croates et serbes soutenues par l’Autriche, puis contre l’Empire de Ferdinand Ier. Alors que l’armée hongroise tient tête aux soldats autrichiens jusqu’en mai 1849, l’invasion de la Hongrie par l’armée russe du tsar Nicolas Ier douche peu à peu les espoirs d’une victoire hongroise, jusqu’à la capitulation signée le 13 août. À l’issue de cet échec, Wilhelmine von Beck s’exile en Angleterre et se présente dès son arrivée comme une personnalité hongroise importante proche de Lajos Kossuth.
7Ses écrits font état de son prétendu rôle de messagère auprès de Kossuth9 et des nombreux actes qu’elle aurait entrepris entre mars 1848 et septembre 1849 pour soutenir la cause libérale, qu’il s’agisse de la tenue de conseils dans sa chambre10 ou de visites régulières aux généraux emprisonnés11. Arrivée en Angleterre après plusieurs passages en Autriche et en Prusse, la communauté d’exilés hongrois qu’elle retrouve s’interroge pourtant sur son titre de baronne, elle que personne ne connaît et qui ne parle pas hongrois. Ils en viennent également à douter de son implication pour la cause hongroise. Cette cause leur est si chère qu’il leur semble impardonnable que la « soi-disant baronne12 » se forge une réputation sur une prétendue participation active à la guerre d’indépendance13.
8Elle est arrêtée pour fraude à Birmingham en août 1851, accusée d’avoir usé de son usurpation pour collecter de l’argent à Manchester et Liverpool. Elle finit même par être présentée comme Wilhelmine Racidula, née à Vienne et payée par l’Empire d’Autriche pour des missions d’espionnage, dont les papiers auraient été égarés14. D’autres la défendent publiquement en affirmant que de nombreux hauts généraux de l’armée hongroise la reconnaissent et attestent de sa noblesse et de son courage15.
9L’identité de Wilhelmine n’est donc pas tranchée, mais plusieurs travaux récents semblent corroborer la version de l’accusation16. L’absence de preuves de son implication directe dans la guerre d’indépendance hongroise et de la véritable existence de son titre de baronne alimentent la thèse de la fausse identité de la « baronne von Beck ». Elle meurt d’une crise cardiaque le 30 août 1849 lors de son transfert vers la prison de Moor Street, sans avoir été jugée, mais non sans avoir laissé derrière elle un précieux témoignage des conditions d’un exil féminin au xixe siècle.
Fig. 3 : Francesco Hayez, Cristina Trivulzio Belgiojoso, 1832, huile sur toile

Source : collection privée, Florence (Italie)
10Cristina Trivulzio di Belgiojoso (1808-1871) naît le 28 juin 1808 à Milan. Fille de Gerolamo Trivulzio et de Vittoria Gherardini, son père décède alors qu’elle est jeune fille. Il existe très peu d’informations sur l’enfance de la future princesse. Alors qu’elle est adolescente, Cristina se lie d’amitié avec Ernesta Bisi, sa professeure de dessin. C’est elle qui initie la future princesse aux mouvements du carbonarisme et du Risorgimento. Issue de la grande lignée des Trivulzio, Cristina bénéficie d’une fortune colossale, faisant d’elle l’une des plus riches héritières d’Italie. Vers la fin des années 1820, la princesse tisse des liens avec des figures politiques engagées et impliquées dans le mouvement pour la libération de l’Italie. Évitant les arrestations, mais se sentant continuellement menacée par les autorités autrichiennes, Cristina di Belgiojoso décide de fuir en France. Arrivée à Paris, elle fait la rencontre d’Heinrich Heine, François-Auguste Mignet ou encore Alfred de Musset. Toujours engagée politiquement, elle entretient une correspondance avec le marquis de La Fayette. En 1838, Cristina donne naissance à sa première fille, Maria. C’est à cette période qu’elle délaisse ses salons parisiens et se rend en Angleterre. Sur le sol anglais, la princesse rencontre Louis Napoléon Bonaparte, lui-même en exil. De leurs échanges naît chez la princesse une forte ambition visant à réunir et unifier les régions italiennes sous le même étendard. Retournée en Italie, la princesse est de nouveau contrainte à l’exil à la fin des années 1840. En 1848, Belgiojoso s’exile à la suite de l’insurrection de Milan, participant alors au mouvement de soulèvement contre l’autorité du gouvernement de Vienne. À Rome, les espoirs de la princesse d’une Italie unifiée et libérée, qui la conduisent à soutenir la République romaine, s’évaporent en même temps que l’insurrection de 1849. La princesse est de nouveau forcée de s’exiler, cette fois-ci pour le Proche-Orient. Son voyage l’emmène sur les terres de l’Asie Mineure et de la Syrie. Pendant cinq ans, seulement accompagnée de sa fille et de quelques exilés italiens, elle voyage et écrit l’histoire de ses péripéties et ne rentre en Italie qu’en 1855. L’unité italienne s’étant concrétisée en 1861, la princesse se retire de la politique et vit alors entre Milan, Locate et le lac de Côme. Elle meurt en 1871, à l’âge de soixante-trois ans, des suites d’une santé fragilisée par plusieurs maladies.
Fig. 4 : Portrait de la comtesse de la Boutetière de Saint-Mars, 1884, gravure

Source : La Boutetière de Saint-Mars Adélaïde-Paule-Françoise, comtesse de, Mémoires de Mme la comtesse de la Boutetière de Saint-Mars rapportant les principaux événements de son émigration en 1791, Angers, Imprimerie Lachèse et Dolbeau, 1884
11Adélaïde de la Boutetière (1753-1823), comtesse de Saint-Mars, naît le 30 septembre 1753 au château de Bessay dans une famille de sept enfants. Elle est la fille cadette du marquis Joseph-Louis-Dominique de la Fare et de Henriette Gazeau de Champagné. Son père fut capitaine au régiment de Chabrillan, puis maître des camps de cavalerie et chevalier de l’ordre de Saint-Louis. Sa mère est connue à la cour de France pour avoir été l’une des favorites de Marie Leszczynska, épouse de Louis XV. Les origines de la famille de la Fare remontent à 1160 : le château familial se situe près de Saint-André-de-Valborgne dans les Cévennes. Les de la Fare disposent également de biens fonciers très importants. Joseph-Louis-Dominique obtient l’érection en marquisat de ses terres de Venjean, Saint-Mazaire et Saint-Alexandre dans le Languedoc en 1754. Du côté maternel, la famille Gazeau de Champagné est affiliée aux Lusignan et aux Bessay, deux illustres familles de la noblesse poitevine.
12La comtesse possède, selon sa mère, un « caractère dur et inflexible17 ». Grâce à ses quartiers de noblesse, elle est admise à l’école Saint-Cyr dans le but d’entrer au chapitre des chanoinesses de l’Argentière. Mais ses parents ne peuvent fournir la dotation qu’exige l’établissement. Elle est mariée en 1781 au comte Jean-François Prévost de la Boutetière, de dix-huit ans son aîné. Sa vie nous est principalement connue grâce à son récit d’exil durant la Révolution française rédigé en 1816. Celui-ci fut publié par son petit-fils en 188418. La comtesse de Saint-Mars s’éteint le 1er juin 1823.
Fig. 5 : Portrait de Maria das Neves de Portugal, photographie, c. 1873

13Maria das Neves de Bragança (1852-1941) est une figure féminine de la lutte carliste. Princesse du Portugal, sa vie est marquée par un engagement politique fort qui la condamne à un exil à travers le monde. En 1934, elle publie ses Mémoires rédigés à partir de notes prises lors de ses nombreux voyages, dont la campagne militaire carliste en Catalogne de 1872 à 1874.
14Son engagement est hérité de son père, Michel Ier (1802-1866), roi absolutiste de Portugal (1826-1834), destitué après six années de guerre entre absolutistes et libéraux (1828-1834), qui s’achèvent sur la victoire de ces derniers. Contraint de s’exiler, Michel Ier trouve refuge à Rome puis en Autriche où il épouse la princesse Adélaïde de Löwenstein (1831-1909). De cette union naissent sept enfants dont Marie des Neiges de Bragance, le 5 août 1852 à Kleinkeuback en Bavière. Née en terre d’exil, elle passe son enfance à la cour de Bavière où elle reçoit une formation académique, et part ensuite étudier en France au collège du Sacré-Cœur de Pontigny. Sa formation lui permet de rencontrer la noblesse d’Europe, dont le frère de Charles de Bourbon19, Alphonse Charles de Bourbon, ancien zouave pontifical, avec qui elle se fiance en 1871. Une fois leur union célébrée, ils s’installent sur l’île de Malte.
15La seconde guerre carliste débute le 21 avril 1872 en Catalogne. Marie des Neiges quitte Malte avec son époux ; ils commencent alors une longue période de pérégrination. Arrivés en France, ils passent plusieurs mois dans les Pyrénées-Orientales avant de passer clandestinement en Espagne pour prendre la tête de l’armée carliste en Catalogne. Marie des Neiges partage la vie militaire de son époux jusqu’à leur départ d’Espagne à la fin de l’année 1874. Ils s’installent alors en Autriche. La suite de sa vie est mal connue20, mais elle se caractérise par de nombreux voyages et de nombreux séjours dans différents pays d’Europe. Marie des Neiges et son époux s’engagent à la fin du xixe siècle dans une lutte contre la pratique du duel. À partir de 1931, Alphonse devient le prétendant carliste à plus de quatre-vingts ans ; Marie des Neiges est alors destinée à devenir reine d’Espagne en cas de restauration absolutiste. Elle meurt en Autriche en 1941, après avoir passé toute sa vie hors du Portugal, son pays d’origine, et seulement deux ans en Espagne, pays d’origine de son mari.
Fig. 6 : Portrait de la marquise de La Rochejaquelein, 1889, dessin

Source : La Rochejaquelein Marie-Louise-Victoire de Donnissan, marquise de, Mémoires de Mme la marquise de la Rochejaquelein. Édition originale publiée sur son manuscrit autographe par son petit-fils, Paris, Bourloton, 1889, cote MM343
Licence ouverte, bibliothèque Carnegie – Reims
16Victoire de Donnissan, marquise de La Rochejaquelein (1772-1857). Elle est la fille unique du marquis de Donnissan et Citran, maréchal de camp de l’armée du roi, et de Marie-Françoise Civrac, dame d’atour de la princesse Victoire, fille de Louis XV. Elle passe toute sa jeunesse aux côtés de sa grand-mère au château de Versailles où elle est en contact avec les plus grandes familles d’Europe.
17À l’âge de quinze ans, elle épouse le marquis de Lescure, opposant à la Révolution française, avec qui elle a trois enfants. Lorsqu’éclate la Révolution française, elle décide d’émigrer avec son mari qui est retenu à Paris par la reine pour servir le roi. Après la journée du 10 août 1792, le couple Lescure rejoint Clisson en Vendée, où couve la guerre civile. Pendant la guerre de Vendée, où son mari est à la tête des armées vendéennes, son engagement est intense : elle brode les drapeaux pour les soldats, secourt les blessés de guerre, etc. Elle témoigne un soutien inconditionnel à son mari. Durant cette guerre, elle subit une première perte marquante, le décès de Lescure tué au combat à la fin de l’année 1793. À la suite de ces événements, elle vit cachée jusqu’à la proclamation de l’amnistie et son départ à Citran. Pendant toutes ces années, elle est considérée comme émigrée.
18Après le coup d’État du 18 fructidor an V, les émigrés sont à nouveau sommés de sortir du territoire. Ainsi, elle part en Espagne et ne peut rentrer en France qu’en octobre 1800. Dès son retour, sur le souhait de sa mère, elle épouse Louis Vergier de la Rochejaquelein le 1er mars 1802, frère de Henri de la Rochejaquelein, généralissime de l’armée catholique et royale pendant la guerre de Vendée. Le couple s’installe loin de la capitale et de la vie politique. En butte à l’hostilité des autorités napoléoniennes, le couple accueille avec joie la Première Restauration, mais Louis de la Rochejaquelein est tué pendant le soulèvement vendéen qui marque les Cent-Jours. La marquise de La Rochejaquelein est alors repartie dans son exil espagnol avec ses enfants.
19Sous la Restauration, elle s’attache à des actions charitables en Vendée. La révolution de Juillet conduit son fils aîné à prendre part au soulèvement de la duchesse de Berry en Vendée en 1832, puis à partir combattre les libéraux au Portugal, où il trouve la mort en combattant pour dom Miguel. La marquise se retire alors à Orléans, où elle meurt en 1857.
Fig. 7 : Portrait d’Emma Goldman, 1910, photographie

Source : Goldman Emma, Anarchism and Other Essays, New York, Mother Earth Publishing Association, 1910, frontiscpice
Library of Congress, https://www.loc.gov/item/2002716783/
20Emma Goldman (1869-1940) est une figure emblématique de l’anarchisme américain. Ses combats symbolisent une transition politique et militante entre les xixe et xxe siècles21. Née à Kovno dans l’Empire russe (actuelle Lituanie) le 27 juin 1869 dans une famille de la petite bourgeoisie juive orthodoxe en déclin financier, elle passe une partie de sa jeunesse à Saint-Pétersbourg avant de partir en décembre 1885 en direction de l’Amérique alors qu’elle n’a que seize ans. Là-bas, elle rejoint sa sœur aînée Lena, mais elle fuit surtout le domicile familial et l’autorité de son père. Trois années plus tard et après un mariage d’une année seulement, elle divorce et décide de se bâtir une vie pour elle-même. Elle s’installe alors à New York où elle rencontre Alexander Berkman, mais aussi Johann Most, penseur et militant notoire de l’anarchisme, qui la prend sous son aile afin de la former aux idées politiques anarchistes et à l’activisme politique.
21C’est à ce moment-là que débute véritablement la vie d’Emma Goldman telle qu’on s’en souvient aujourd’hui, mais aussi telle qu’elle veut qu’on s’en souvienne. Pourtant, cette mémoire n’est que très récente. Normand Baillargeon soulève à juste titre qu’« Emma Goldman a été victime, tout particulièrement dans le monde francophone, d’une étrange amnésie qui a fait que le mouvement anarchiste, pourtant si enclin à célébrer son histoire et ses héros, semble parfois aisément oublier qu’il a aussi compté de nombreuses héroïnes22 ». Ses Mémoires sont traduits en français pour la première fois en 1979 sous le titre Emma Goldman. Épopée d’une anarchiste, des écrits dans lesquels elle se livre sur sa vie depuis sa « renaissance » de 1886, associée à sa conversion à l’anarchisme. Elle y raconte son parcours de militante anarchiste, toujours accompagnée de Berkman, avec ses états d’âme, ses rencontres et surtout le cheminement des événements qui l’ont conduite à la déportation en décembre 1919 vers la Russie.
22Après un séjour en Russie d’un peu moins de deux ans, Emma Goldman passe le reste de sa vie en exil, dont quelques années en France au cours desquelles elle écrit ses Mémoires. Elle passe les dernières années de sa vie à Toronto au Canada, où elle meurt le 14 mai 1940 alors âgée de soixante-dix ans. Elle est enterrée conformément à sa volonté à Chicago, aux côtés des « Huit de Chicago », les condamnés de Haymarket Square en 1886.
Fig. 8 : Henry-André, Madame la duchesse de Gontaut-Biron, gouvernante des enfants de France, sous la Restauration, 1923, miniature

Source : Cabanès Augustin, Mœurs intimes du passé (huitième série). Éducation de Princes, Paris, Albin Michel, 1923, p. 55
23Marie-Joséphine de Gontaut (1773-1862) naît à Paris en 1773. Elle est l’unique fille du comte de Montault-Navailles, qui participe également à l’éducation des enfants de France (Louis XVI, Louis XVIII et Charles X). La Révolution française bouleverse sa vie de jeune femme et à dix-neuf ans, Mme de Gontaut et sa mère émigrent en 1792 et vont d’abord en Allemagne, à Coblence, puis à Rotterdam dans les Pays-Bas et finissent par s’installer en Angleterre, pays qui accueille environ 12 500 émigrés sur toute la période révolutionnaire. Sa grand-mère restée en France s’occupe tant qu’elle le peut des possessions familiales, mais l’argent qui vient à manquer pousse la duchesse à travailler avec sa mère et avec Charles Michel de Gontaut-Saint-Blancard qu’elle a épousé en Angleterre en 1792.
24Son mari rentre en France en 1803, mais reste à l’écart de l’Empire, tandis que la duchesse n’y revient qu’en 1814 avec l’entrée dans Paris de Louis XVIII. Au service de la duchesse de Berry, elle devient sa dame d’atour en 1817. Mme de Gontaut devient ensuite gouvernante des enfants de France (Louise d’Artois et Henri de Bourbon) et consacre sa vie à leur éducation. Cependant, en 1826, l’éducation du duc de Bordeaux, âgé de six ans, passe au duc de Rivière. À cette occasion, Charles X offre à Mme de Gontaut le titre de duchesse. Quatre ans plus tard, elle assiste à la révolution de Juillet et prend le chemin de l’exil auprès de la famille royale. Dans un premier temps, la cour s’installe en Écosse, puis en 1832 à Prague. En 1834, la duchesse de Gontaut est libérée de sa charge de gouvernante. Louise d’Artois étant majeure, sa charge prend fin, même si des considérations politiques entrent en jeu dans le renvoi de Mme de Gontaut d’une cour où elle a beaucoup d’influence sur les princes et entretient une relation privilégiée avec Charles X. Ainsi, 1834 marque son départ de la cour et elle rejoint ses filles, Charlotte et Joséphine, en France. La fin de vie de Mme de Gontaut nous est peu connue, il semblerait qu’elle demeure auprès des siens. En 1844, sa fille Joséphine décède. C’est à quatre-vingts ans, en 1853, qu’elle se met à rédiger ses Mémoires à la demande de ses petits-enfants. Mme de Gontaut, légitimiste, ne cesse, jusqu’à sa mort en 1862, de nourrir des sentiments d’estime pour les deux enfants dont elle a eu la charge.
Fig. 9 : Friederike Miethe, Emma Siegmund, 1838, huile sur toile

Source : museum Dichter- und Stadtmuseum Liestal
25Emma Charlotte Herwegh (1817-1904), née Siegmund, naît le 10 mai 1817 à Magdeburg. Elle est la fille de Johann Gottfried Sigmund, un marchand de soie prospère, et d’Henriette Wilhelmine Siegmund. La jeune fille bénéficie d’une éducation très riche en littérature et en musique principalement. Élevée dans un milieu bourgeois, elle n’entend pas faire partie de cette classe sociale. Dès les années 1830, elle manifeste son envie de faire bouger l’ordre social. La révolution qui destitue Charles X en France l’éveille à la politique et la fête de Hambach en Allemagne signe ses premiers engagements pour la cause démocratique. Elle se passionne pour la Révolution française et pour le soulèvement en Pologne de l’année 1830. Elle participe à un procès qui voit comparaître près de quatre cent cinquante révolutionnaires polonais et se fait l’écho à l’échelle internationale de leur cause. En 1843, elle épouse le poète Georg Herwegh, déjà bien connu pour ses provocations littéraires et sa désobéissance face au pouvoir souverain. Ensemble, ils vivent à Paris d’où ils organisent la révolte. Lorsqu’elle éclate en 1848, le couple Herwegh coordonne une force de volontaires baptisée la Légion démocratique allemande. Partie en campagne contre les troupes régulières badoises, cette force de quelque neuf cents soldats est vaincue non loin de Schopfheim. Les Herwegh retournent alors à Paris, puis en Suisse avant de revenir en Allemagne grâce à une amnistie décrétée en 1866. Lorsque son mari meurt en 1875 à Vienne, Emma retourne à Paris après un court passage à Stuttgart où elle s’éteint le 24 mars 1904. Elle laisse derrière elle quelques œuvres littéraires comme Eine Erinnerung an Georg Herwegh, immédiatement censuré, ou bien Zur Geschichte der Demokratischen Legion in Paris.
Fig. 10 : Portrait de Natalie Herzen, 1871, photographie

26Natalie Herzen (1844-1936). Natalie Alexandrovna Herzen est une exilée russe, fille de l’écrivain et penseur Alexandre Herzen. Née le 12 octobre 1844 à Moscou, elle suit son père, socialiste et opposant au régime tsariste, dans l’exil en janvier 1847. Cet exil emmène Natalie à Paris, où la famille Herzen s’installe, puis à Nice en juillet 1850. La mort de sa mère en 1852 la rapproche de son père, avec lequel elle entretient une correspondance régulière.
27La vie de Natalie Herzen ne se résume pas à celle d’une « fille de grand homme », cachée dans l’ombre de son père. Ses correspondances épistolaires et celles de son entourage renseignent une vie riche en événements, marquée par les mobilités transnationales. Ainsi, Natalie quitte Rome en mai 1865 et rejoint Genève, où son père s’est installé. Dès lors, Natalie déploie ses talents artistiques. Elle peint, elle écrit et tient un journal, du 26 juillet 1869 au 7 juillet 1870, où elle relate d’abord une rencontre malheureuse à Florence, puis son voyage à Genève.
28Sans être aussi engagée politiquement que son père, Natalie Herzen est intéressée par les affaires russes et par les mouvements socialistes en Europe. Après la mort de son frère en 1906, Natalie, naturalisée Suisse depuis 1849, s’installe dans l’immeuble Blanc-Castel, à Lausanne. Elle reste en contact avec la diaspora russe et consacre le reste de sa vie à préserver l’héritage littéraire de son père. Elle décède à Lausanne le 12 septembre 1936.
Fig. 11 : Portrait de Johanna Kinkel, 1840, peinture

Source : Stadtmuseum Bonn
29Johanna Kinkel (1810-1858) est née en 1810 à Bonn. Très tôt, elle commence à s’intéresser à la musique, elle est même formée par Anton Ries (le professeur de Beethoven). À Bonn, elle est chef d’orchestre dans le Musikverein et à partir de 1829, elle commence à écrire ses propres partitions. Pendant longtemps, Johanna est soumise à un mari violent, mais elle parvient à divorcer et commence une nouvelle vie à Bonn. Pendant ce temps, elle donne des leçons de piano et est ainsi indépendante, jusqu’à sa rencontre avec Gottfried Kinkel, qui à ce moment est encore fiancé, mais qui décide de quitter sa compagne pour Johanna. De surcroît, en 1840, elle est le moteur de la fondation de la société des poètes du Maikäferbund. En 1843, le couple se marie. Pourtant, son mari décide de quitter sa famille pour participer aux révolutions de 1848, dans un premier temps à Berlin, puis dans le Bade entre 1849 et 1851. Ces révolutions se déroulent dans le cadre de la campagne pour la constitution du Reich. Gottfried est arrêté et emprisonné. Pendant, l’absence de son mari, Johanna assume son rôle, en étant rédactrice du journal Neue Bonner Zeitung et en gagnant de l’argent. Emprisonné à Spandau après la répression du Printemps des peuples, Gottfried Kinkel arrive à fuir et décide d’émigrer à Londres en 1851 ; la même année, sa famille le suit. À Londres, Johanna Kinkel aide sa famille en composant, en donnant des leçons d’allemand et en écrivant des articles pour divers journaux. Du fait de sa sollicitude pour sa propre famille et pour les nouveaux exilés allemands, elle est considérée comme Emigrantenmutter (la mère des exilés). Les lecteurs attentifs auront certainement constaté que le nom « Hans », qui est indiqué dans le titre du livre de Johanna Kinkel, Hans Ibeles in London, ne correspond pas au nom réel de son mari. C’est un premier indice, qui indique que Johanna Kinkel écrit un roman qui peut être attribué au genre semi-autobiographique ou au roman à clé. Cependant, avec ce roman, elle documente quelques situations qui l’ont affectée personnellement pendant leur exil à Londres. Johanna Kinkel meurt dans des conditions très mystérieuses en 1858 (il s’agit probablement d’un suicide)23
Fig. 12 : Alexandra Kollontaï, 1910, photographie

Source : Sovfoto/Universal Images Group Editorial
30Alexandra Kollontaï (1872-1952) naît Alexandra Domondovitch dans une famille noble russo-finnoise. Elle rompt assez tôt avec l’existence à laquelle elle était destinée et part pour la Suisse où elle fait des études, comme beaucoup de jeunes Russes à l’époque. Elle y rencontre des figures socialistes de premier plan, comme Lénine ou Rosa Luxemburg, et elle adhère au Parti ouvrier social-démocrate de Russie (POSDR), au sein duquel elle oscille, à partir de 1903, entre bolcheviks et mencheviks. Rentrée en Russie pour participer à la révolution de 1905, elle y défend des positions socialistes, mais aussi des positions féministes, qui vont parfois à contre-courant de celles de ses camarades de parti. Elle joue un rôle important dans l’organisation d’un mouvement féministe au sein de la classe ouvrière russe et doit s’exiler en Allemagne à partir de 1908, à la suite d’un article où elle appelle au soulèvement de la Finlande, intégrée à l’Empire russe.
31En exil, elle voyage beaucoup et entre en contact avec les principaux dirigeants du socialisme européen. Elle se rapproche définitivement des bolcheviks et de Lénine au cours de la Première Guerre mondiale, où elle défend des positions pacifistes. Elle est élue au Soviet de Petrograd et participe aux révolutions de 1917, ce qui la conduit à devenir la seule femme commissaire du peuple dans le premier gouvernement bolchevik, à l’Assistance publique. Rapidement, elle exerce aussi des responsabilités dans le secteur féminin du Parti communiste. Dans les années qui suivent la révolution d’Octobre, elle rejoint l’opposition de gauche à Lénine sur plusieurs questions, ce qui la marginalise et conduit à sa relégation au service diplomatique. À partir de 1923, elle est l’une des premières femmes ambassadrices au monde et représente l’URSS en Norvège, au Mexique ou encore en Suède, et se rallie à Staline en 1930. Elle prend sa retraite en 1945 et meurt à Moscou en 1952.
Fig. 13 : Portrait de Zsuzsanna Kossuth, 1848, gravure

Source : site officiel de la municipalité du département de Borsod-Abaúj-Zemplén (Hongrie)
32Zsuzsanna Kossuth Meszlenyi (1817-1854) est avant tout connue comme la sœur de Lajos Kossuth, dirigeant de la révolution hongroise de 1848. On sait peu de choses sur sa jeunesse avant son mariage avec Rudolf Meszlenyi en 1841 et sa participation active à la révolution hongroise de 1848. En particulier, elle est nommée au début de l’année 1849 à la tête des ambulances de l’armée hongroise et joue un rôle majeur dans l’organisation des soins apportés aux blessés dans la guerre d’indépendance contre l’Autriche. Emprisonnée après l’écrasement de l’armée hongroise par les troupes russes à l’été 1849, elle est libérée avant d’être à nouveau emprisonnée en 1851, avec une partie de sa famille, pour faire pression sur Lajos Kossuth qui poursuit alors son combat politique depuis l’exil. L’intervention de l’ambassadeur américain à Vienne, qui promet un départ sans retour pour l’Amérique de la famille Kossuth, permet la libération de Zsuzsanna et son départ pour Bruxelles, avec sa mère et ses filles notamment. Après plusieurs mois de séjour forcé dans la capitale belge du fait de sa santé, elle rejoint New York avec le reste de sa famille en 1853 et meurt aux États-Unis l’année suivante.
Fig. 14 : Portrait de Rosa Luxemburg, 1895, photographie

33Rosa Luxemburg (1871-1919) – Rozalia Luksemburg – est née en 1871 à Zamość en Pologne. Elle est une journaliste, révolutionnaire et théoricienne marxiste. Née en Pologne, elle part en Suisse, et plus précisément à Zurich pour faire ses études. À Zurich, elle étudie d’abord les sciences naturelles puis se tourne vers la politique, la philosophie et le droit. En parallèle, elle fonde un parti politique, la Sociale-démocratie du royaume de Pologne et de Lituanie (SDKPiL) avec plusieurs personnes dont Leo Jogiches, son compagnon.
34Après avoir soutenu sa thèse sur le développement industriel de la Pologne, elle décide de poursuivre son exil en Allemagne. Elle adhère alors au Parti social-démocrate d’Allemagne (SPD) et est envoyée à plusieurs reprises en campagne électorale dans toute la Prusse afin de répandre les idées socialistes. Elle participe également à la révolution polonaise de 1905, participation qui lui vaudra d’être incarcérée en 1906. Elle participe à de nombreux congrès du SPD et défend tout au long de sa vie une position radicale et révolutionnaire, s’opposant en ce sens à des personnes comme August Bebel ou Eduard Bernstein. Lors du déclenchement de la Première Guerre mondiale, elle s’oppose au conflit et refuse que le parti vote les crédits de guerre. Ses positions lui valent d’être exclue du SPD. Elle fonde alors le Parti social-démocrate indépendant d’Allemagne (USPD). Avec, notamment, Karl Liebknecht, elle fonde la ligue spartakiste et elle participe à la révolution allemande de 1918. Elle est arrêtée avec Karl Liebknecht et exécutée en janvier 1919.
Fig. 15 : Portrait de Jessie White Mario, s. d., photographie

35Jessie White Mario (1832-1906) est issue d’une famille de riches armateurs britanniques. Elle fait ses études à Londres et à Paris – même si l’entrée à la faculté de médecine lui est refusée en tant que femme – et fréquente les milieux libéraux et démocrates. Elle rencontre Garibaldi en 1854 et fréquente aussi Mazzini, en exil à Londres à cette époque. Elle organise des souscriptions et prononce des conférences en faveur du Risorgimento et va jusqu’à participer à des degrés divers à des expéditions insurrectionnelles mazziniennes – elle est notamment proche de Carlo Pisacane. C’est ainsi qu’elle rencontre et épouse Alberto Mario, écrivain mazzinien, auprès de qui elle poursuit ses tournées en faveur de l’unification.
36Elle participe comme infirmière à la deuxième guerre d’indépendance italienne à partir de 1859, puis à l’expédition des Mille de Garibaldi, où elle cumule activité de terrain et travail journalistique. Elle devient alors une femme en vue du combat pour l’unité. Elle est encore infirmière auprès de Garibaldi lors de ses tentatives d’invasion des États pontificaux, à Aspromonte en 1862 et à Mentana en 1867. Elle fait enfin partie de l’armée des Vosges dirigée par Garibaldi pendant la guerre franco-allemande de 1870-1871.
37Son activité militaire et politique prend fin avec l’unité, et elle reprend alors son travail de journaliste, en proposant notamment une des premières enquêtes de terrain sur la ville de Naples à la fin des années 1870. Elle rédige aussi alors des biographies des principaux personnages du Risorgimento, comme Mazzini ou Garibaldi, et se consacre, après la mort de son mari en 1883, à la rédaction de plusieurs ouvrages de souvenirs et de Mémoires. Elle meurt à Florence en 1906.
Fig. 16 : Portrait de Jenny von Westphalen, c. 1840

Source : archives du RGASPI
38Jenny Marx (1814-1881), née baronne von Westphalen en 1814, est la fille de Johann Ludwig von Westphalen, un fonctionnaire de haut rang prussien, et de Caroline Heubel, issue d’une famille bourgeoise. Elle a vécu sa jeunesse dans la ville de Trèves où elle reçoit une éducation bourgeoise, ce qui la rend critique de la religion et l’oriente politiquement à gauche. Durant sa jeunesse, elle fait la rencontre de Karl Marx grâce à la proximité entre leurs pères. Puis, elle se fiance en 1836, mais c’est seulement le 19 juin 1843 qu’elle se marie avec lui. La même année, les Marx s’exilent vers Paris où Karl espère éviter de subir la censure qui touche ses publications. Leur relation est ainsi profondément liée à l’exil. Jenny joue un rôle de mère, ayant connu six grossesses sur une période de onze années après leur mariage. Pendant les déplacements, elle voyage sans Karl, souvent enceinte ou accompagnée de ses enfants. Bien qu’obéissant à l’ordre patriarcal, Jenny Marx joue un rôle de soutien essentiel. Elle aide Marx dans ses travaux de rédaction et de correspondance. Elle prend ainsi part à la lutte politique de son mari. Néanmoins, peu de lettres témoignent de l’ampleur avec laquelle elle était engagée dans la lutte, vu que beaucoup d’entre elles ont été détruites. Même si elle est épargnée par les tâches ménagères du fait qu’une bonne est toujours engagée auprès de sa famille, elle est au courant des finances et elle fait face aux créanciers et recherche des ressources supplémentaires pour éviter la faillite. Ce qui ressort bien de l’autobiographie qu’elle rédige vers 1865, c’est le sentiment de pauvreté constant qui poursuit la famille Marx à Paris, à Bruxelles et enfin à Londres où ils connaissent quelques améliorations de leur situation financière, sans pour autant sortir complètement de la pauvreté. Le stress causé par leur situation financière, les déplacements, les changements réguliers de domicile et les maladies pèsent lourdement sur la vie de Jenny Marx qui s’éteint en 1881, deux ans avant son mari.
Fig. 17 : Jenny Longuet, née Marx, 1865, photographie

Source : Marx Karl, Engels Friedrich, Ihr Leben und ihre Zeit, Berlin, Dietz Verlag, 1978, p. 208
39Jenny Marx (1844-1883), souvent appelée par son diminutif Jennychen, est née le 1er mai 1844 à Paris. Selon les témoignages de l’époque, ses yeux ainsi que ses cheveux noirs faisaient penser à un Karl Marx miniature. Après la naissance de leur premier enfant, Karl et sa femme ont constaté qu’ils manquaient réellement d’expérience parentale. Il a été décidé au début du mois de juin 1844 que les deux Jenny allaient passer plusieurs mois auprès de la baronne de Westphalen à Trèves, pour apprendre « les rudiments de la maternité ». Mais rapidement, Marx et Jenny furent pris d’un chagrin pour la petite Jennychen qui souffrait de crampes, et tous deux pensaient qu’elle était aux portes de la mort. Selon la légende de la famille Marx, la petite fille fut sauvée par un bain recommandé par Heine. Une fois âgée de douze ans, Jennychen ainsi que sa sœur Laura (1845-1911) ont été transférées au collège de jeunes filles de South Hampstead et elles « gagnèrent bientôt des prix dans toutes les matières ». Pendant l’hiver 1861-1862, à l’âge de dix-sept ans, Jenny fut constamment malade. Karl pensa que c’était une conséquence directe des difficultés financières que rencontrait la famille. Jenny refusait d’ailleurs de nombreuses invitations à des réceptions dans la crainte de ne pas pouvoir rendre la pareille. Concernant sa personnalité, elle partageait les mêmes idées que son père et ne manquait pas de vivacité à l’inverse de sa sœur Laura qui « n’aima jamais être le centre de l’attention ». En 1872, un jeune communard nommé Charles Longuet, éditeur en chef du Journal officiel, vint à Londres après la chute de la Commune et rencontra Jennychen. Ils se marièrent après le congrès de La Haye le 2 octobre 1872, à la mairie de Saint-Pancrace. Deux années avant le mariage, Jenny n’avait pas eu d’autre choix que de chercher un emploi comme gouvernante quand les finances de la famille étaient au plus mal. Son mari Charles s’avéra être un homme brutal, égoïste, autoritaire qui condamnait sa femme à faire le ménage quotidiennement. Karl était bien évidemment au courant de la situation de sa fille aînée, mais il se consolait par le fait que Longuet « avait un revenu régulier comme enseignant à l’Université de Londres ; ce qui assurait à Jennychen la nourriture et le logement ». Néanmoins, Karl ne s’attendait pas à ce que sa fille déménage subitement à Paris avec son mari au début de l’année 1881, car ce dernier avait obtenu le poste de rédacteur en chef du quotidien radical de Georges Clemenceau, La Justice. En 1882, Jennychen fut atteinte d’un cancer à la vessie. Elle fit de son mieux pour cacher son état de santé à son père avant qu’il ne l’apprenne lors de l’été de la même année. Le 5 janvier 1883, il apprit de la part des Lafargue que la maladie de Jenny avait atteint un point critique. Elle mourut âgée de trente-huit ans le 11 janvier 1883, à cinq heures de l’après-midi.
Fig. 18 : Portrait de Malwida von Meysenbug, c. 1904, photographie

Source : Courrier régional du Nordbayerischer Kurier, no 3, 2003, p. 17
40Malwida von Meysenbug (1816-1903) est née le 28 octobre 1816 à Cassel en Hesse (Allemagne) dans une famille proche des sphères du pouvoir local. Son père, Carl Philippe Rivalier, est ministre de l’électeur Guillaume Ier de Hesse-Cassel puis de son fils Guillaume II de Hesse. Il est anobli en 1825 et prend le titre de baron von Meysenbug. Malwida von Meysenbug connaît très tôt les vicissitudes de l’agitation politique de son siècle. En 1831, sa famille est poussée sur la route de l’exil : la révolution de Juillet 1830 en France se répercute en Allemagne et, face à la pression, Guillaume II de Hesse est forcé d’abdiquer et de s’exiler, entrainant à sa suite la famille von Meysenbug.
41Peu à peu, à force de lectures et de rencontres, elle se forge une opinion démocratique opposée aux idées conservatrices de sa famille. En 1848, durant le Printemps des peuples, elle assiste avec passion aux débats du parlement à Francfort et, malgré la répression, elle en garde l’espoir d’un changement en Allemagne. En 1850, sa situation familiale devient intenable, elle part à Hambourg pour rejoindre le collège pour femmes qui s’y trouve et devient citoyenne de la commune libre de Hambourg. Puis Malwida von Meysenbug part pour Berlin, ville qu’elle doit rapidement quitter en raison de la surveillance policière dont elle est victime. Le 28 mai 1852, elle débarque en Angleterre. Pour vivre, elle travaille en donnant d’abord des leçons d’allemand aux enfants de riches Anglais. Elle vit à Londres où elle intègre principalement les réseaux d’exilés allemands non marxistes, notamment Gottfried et Johanna Kinkel. Mais elle fréquente des exilés d’autres nationalités, comme Alexandre Herzen qui lui confie l’éducation de ses filles.
42En 1862, elle part pour l’Italie avec Olga Herzen qu’elle a prise sous son aile. Elle y demeure jusqu’à sa mort, forcée par une santé fragile à rester dans des contrées au climat favorable. Là-bas, elle se consacre à l’écriture et publie en 1869 une première version, en français, de ses Mémoires. En 1876, elle les publie, cette fois en allemand, en trois tomes qui retracent sa vie depuis sa naissance jusqu’à son départ en Italie. En 1898, elle en publie la suite sous le titre Le soir de la vie d’une idéaliste. Ces textes rencontrent un certain succès en Allemagne et une communauté d’admirateurs se forme autour de sa personne, certains se rendant même en Italie pour la rencontrer. Elle s’éteint le 23 avril 1903 à Rome à l’âge de quatre-vingt-six ans.
Fig. 19 : Ernest-Charles Appert, Louise Michel. Chef des incendiaires, 1871, photographie

Licence CC0 Paris Musées / musée Carnavalet – histoire de Paris
43Louise Michel (1830-1905) est née le 29 mai 1830 à Vroncourt-la-Côte dans le département de la Haute-Marne. Sa mère Marianne Michel était servante au château de ce même lieu. Le père de Louise Michel est inconnu ; cependant, elle pense que c’est le fils de Charles-Étienne Demahis, Laurent. Louise Michel passe toute son enfance au château des Demahis où elle étudie la peinture et la musique, et reçoit une « éducation sceptique et voltairienne ». Elle reçoit aussi de sa tante maternelle une instruction au christianisme mystique. Louise Michel débute sa carrière d’institutrice en 1854 à Audeloncourt. En 1856, elle part à Paris, devient sociétaire de l’Union des poètes en 1862 et secrétaire de la Société démocratique de moralisation en 1869, dont le but était d’aider les ouvrières. La carrière politique de Louise Michel commence à partir de 1870. Elle est élue à cette même date présidente du comité républicain de vigilance des femmes du 18e arrondissement. Elle participe aux événements insurrectionnels de la Commune de Paris en 1871, ce qui lui vaut la déportation en Nouvelle-Calédonie en 1873. À la faveur de la loi d’amnistie générale le 11 juillet 1880, Louise Michel rentre en France où elle passe une décennie très mouvementée, marquée par des conférences, des allers et retours en prison et échappe à une tentative d’assassinat en 1890. Elle s’exile en Londres de 1890 à 1904 après avoir été menacée d’internement en asile psychiatrique. Louise Michel retourne en France où elle meurt le 9 janvier 1905 à Marseille.
Fig. 20 : Portrait d’Alexandrine de la Boutetière de Saint-Mars, baronne du Montet, gravure

Source : Montet Baronne du, Souvenirs de la baronne du Montet, 1785-1866, Paris, Plon-Nourrit et Cie, 1914
Bibliothèque nationale de France, département Philosophie, histoire, sciences de l’homme, 8-LN27-51398 (A), https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k9741401q/f10.item © Bibliothèque nationale de France
44La baronne du Montet (1785-1866), de son nom Marie-Henriette-Radegonde-Alexandrine, est née le 30 janvier 1785 à Luçon, en Vendée. Elle est morte à Nancy en 1866 à l’âge de quatre-vingt-un ans. Elle vit son enfance en grande partie en exil avec sa mère, la comtesse de la Fare, son père le comte de la Boutetière Saint-Mars et ses frères24. Son père part pour Bruxelles dès 1791. La baronne du Montet suit sa mère sur le chemin de l’exil d’abord à Bruxelles, ensuite à Trèves et Vienne de 1792 à 1797. C’est après son arrivée à Vienne à l’été 1797 à l’âge de dix ans que l’on commence à disposer d’informations fiables sur sa vie ; ses souvenirs sont trop flous sur les étapes précédentes de son exil. Ainsi, elle témoigne de l’impact de ces moments de son enfance qui ont bouleversé sa vie d’adulte, même une fois de retour en France avec son mari à partir de 1824. Ils s’établissent ensemble à Nancy. Mme du Montet voyage peu à partir de cette date ; ses Mémoires ne mentionnent en tout cas plus de déplacement de sa part. Entourée de sa famille et des amis qu’elle s’est faits sur place, l’essentiel de sa vie tourne autour de ses neveux et petits-neveux – elle n’a pas eu d’enfants. À Nancy, Mme du Montet est surtout connue pour son hospitalité. En 1841, elle fait face à une autre épreuve douloureuse : celle de la perte de son époux. À partir de cette date, pendant vingt-cinq ans, elle continue de partager ses souvenirs avec ses neveux. Elle s’éteint le 16 janvier 1866 à Nancy.
45Albertine Octavie Mélite de Nédonchel, comtesse Dauger (1783-1861). Fille de Marie Alexandre Bonaventure, baron de Nédonchel, et d’Aimée Victoire Le François d’Orchival, Albertine Octavie Mélite de Nédonchel devient la comtesse Dauger après son mariage le 18 octobre 1806 avec le comte Dauger, officier supérieur de cavalerie en retraite25. Née le 26 juillet 1783 au Quesnay, elle passe une partie de sa petite enfance à Versailles.
46En 1790, la famille décide de fuir à l’étranger et s’installe à Aix-la-Chapelle, mais la proximité des troupes françaises à la frontière les pousse à quitter la ville au bout de seulement deux ans. Les hommes de la famille partent alors pour le combat tandis que Mélite, sa sœur et sa mère emménagent à Maastricht, où elles vivent leur premier siège en 1793.
47En 1794, le grand-père et le père rejoignent la famille, mais les grands-parents prennent le chemin de Düsseldorf tandis que la jeune Mélite part avec ses parents et sa sœur pour Cologne, puis pour Attendorn. La famille s’établit en 1795 à Fritzlar. Ces pérégrinations se poursuivent jusqu’en 1799, quand le baron de Nédonchel les invite à le rejoindre à Paderborn pour se rapprocher de la frontière : la rumeur d’un possible retour en France pour les émigrés commence à circuler. Il rentre au pays le premier afin d’assurer un retour en toute sécurité à sa famille ; les dames de Nédonchel repassent ensuite rapidement la frontière pour retourner chez elles. Mélite a alors seize ans lorsqu’elle revient de neuf années d’exil.
48Ce retour clôt les Souvenirs d’émigration, rédigés en 1858 par la comtesse Dauger à la demande de son fils Gustave. De la vie qu’elle mène à son retour en France, il ne reste que peu de traces. Mariée à Alexandre Louis Frédéric comte Dauger en 1806, elle emménage à Menneval, une ancienne possession de la famille du comte. De leur union naissent cinq enfants ; Gustave, à qui la comtesse adresse ses Souvenirs d’exil, est le cadet. La comtesse meurt en 1861 à l’âge de soixante-dix-huit ans, laissant derrière elle le récit de ses souvenirs qui demeure aujourd’hui encore la source principale pour retracer son histoire.
49Rosalie de Rancher, marquise de Nadaillac (1761-1842) grandit sur les terres familiales en Touraine. C’est en 1784 qu’elle épouse Alexandre du Pouget, marquis de Nadaillac. Ensemble ils ont deux enfants : Athénaïs en 1785 et Sigismond en 1787. La famille alterne son temps entre Paris et ses terres. Son exil commence en 1791 : le 25 mai, la famille quitte la France pour la Rhénanie, passant par la suite à Aix-la-Chapelle, à Mayence et enfin à Spa. Le marquis s’engage dans l’armée des princes. C’est à Mayence en 1791 que Mme de Nadaillac fait la connaissance du roi de Prusse Frédéric Guillaume II, qu’elle marque par son esprit et par son charme. Avec l’échec de l’intervention austro-prussienne et l’avancée des troupes françaises, elle prend la fuite pour Mayence. Mais rejetée par les princes allemands, comme de nombreux réfugiés de l’époque, elle se rend à Nassau où elle retrouve son mari avec qui elle part pour l’Angleterre, en passant par la Hollande à la fin de l’année 1792. Ils se réfugient ensuite à Richmond, non loin de Londres. Cependant, l’argent venant à manquer, la famille vit pauvrement et le mari meurt de maladie en 1794. Le coût de la vie, la mort de son mari et l’envie de se rapprocher de la France poussent la veuve à quitter l’Angleterre. Dans un premier temps, elle se rend dans le Brabant, mais les avancées des troupes françaises la poussent à se réfugier à Düsseldorf d’abord puis dans les campagnes de Hesse. Le roi de Prusse Frédéric Guillaume II ne l’avait pas oubliée et lui offre l’asile dans ses États, lui accordant même une rente. Elle parvient donc en 1795 à Berlin où elle s’intègre à la cour prussienne. Là-bas, elle tient même un salon où des officiers prussiens et des diplomates étrangers hostiles à la France se réunissent. Elle renvoie ses enfants en France en 1796 auprès de leur grand-mère restée à Tours. Elle reste proche du roi de Prusse jusqu’à sa mort en 1797. Elle épouse en 1798 le baron d’Escars, lui aussi réfugié français à Berlin. C’est l’arrivée au pouvoir de Napoléon et sa politique de réconciliation qui lui permettent de revenir en France en 1801. Le baron et la baronne reconstituent leur patrimoine et voyagent entre leurs possessions et Paris. En 1805, ils s’établissent à Tours dans un appartement où rapidement un salon, qui devient un lieu de rendez-vous pour les royalistes, se forme. Elle est arrêtée en 1806, condamnée sans procès et envoyée à la forteresse des îles Sainte-Marguerite où elle passe trois mois, avant d’être assignée à résidence à Nice, Vichy, Moulins et enfin Ferrière. Elle reste à Ferrière de 1809 à 1813 et y rédige ses Mémoires qu’elle destine à ses descendants. Pendant la Restauration, le baron et la baronne bénéficient de la faveur des Bourbons, retournent à Paris et reçoivent, en 1816, les titres de duc et duchesse d’Escars nouvellement créés. Le duc meurt en 1822, ce qui n’empêche pas la duchesse de maintenir un salon qui reste populaire. En 1835, elle effectue un pèlerinage à Prague où elle rencontre le vieux roi Charles X, ainsi que le roi de Prusse Frédéric Guillaume III. Elle s’éteint à l’âge de quatre-vingt-trois ans en 1842.
Fig. 21 : Portrait de Victorine Brocher, 1909, photographie

Source : B[rocher] Victorine, Souvenirs d’une morte vivante, Lausanne, Lapie, 1909
Bibliothèque nationale de France, département Philosophie, histoire, sciences de l’homme, 8-LN27-60789, https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k97623796 © Bibliothèque nationale de France
50Victorine Rouchy-Brocher (1839-1921), née Malenfant le 4 septembre 1839, est une militante républicaine, membre de l’Association internationale des travailleurs (AIT), communarde puis libertaire. Fille d’un républicain, ses deux parents participent à la révolution de 1848. Après le coup d’État de Louis Napoléon Bonaparte, son père doit s’exiler en Belgique. Victorine déménage à Paris après son mariage en 1861 avec Jean Charles Rouchy. Installée à Paris, elle subit l’alcoolisme de son mari et une grave maladie de leur premier enfant. En 1867, elle adhère avec son mari à l’AIT (créée en 1864), mais s’en éloigne au début de l’année 1868 lorsque la maladie emporte son fils. Durant le siège de Paris en 1870, Victorine s’engage en tant qu’ambulancière, puis au sein de la garde nationale. À la proclamation de la Commune, elle rejoint un bataillon avec son mari. Leur deuxième fils ainsi qu’un enfant qu’ils avaient adopté meurent tous deux de maladie en 1871. À la chute de la Commune, alors que son mari est emprisonné et que l’entrée des Versaillais déclenche une terrible répression, Victorine est condamnée à mort par les conseils de guerre. Contrainte de se cacher, elle quitte Paris en 1872 pour s’exiler à Genève, où elle rejoint à nouveau l’Internationale. Elle séjourne également en Hongrie en tant que préceptrice, avant de revenir à Genève en 1874 pour rejoindre son mari libéré. Victorine continue ses activités politiques au sein de la fédération jurassienne de l’AIT26. Après l’amnistie des communards, elle retourne vivre à Paris et est élue déléguée au congrès anarchiste international de Londres de 1881 par plusieurs groupes d’arrondissements parisiens27. Durant ces années, elle écrit dans plusieurs journaux, collabore à La Révolution sociale et diffuse ses textes dans Le Cri du peuple et dans la presse anarchiste lyonnaise (La Lutte et le Drapeau noir). Alors que son mari décède en 1884 dans un asile d’aliénés, Victorine s’installe à Londres deux ans plus tard. Là, elle participe à la fondation de l’École internationale de Louise Michel, au sein de laquelle elle est ensuite engagée en tant qu’institutrice. En 1892, elle s’installe à Lausanne avec son deuxième mari, Gustave Brocher, avec lequel elle fonde une librairie et une pension pour jeunes. C’est en 1909 qu’elle publie ses Mémoires sous le titre de Souvenirs d’une morte vivante, édités par Lucien Descaves. De 1915 à 1919, elle collabore au journal anarchiste suisse La Libre fédération. Elle meurt le 4 novembre 1921 à Lausanne.
Fig. 22 : Portrait de Pancracia de Ollo, s. d., peinture

Source : Zumalakarregi Museum. Provincial Council of Gipuzkoa
51Pancracia Ollo de la Mata (1798-1865). Fille du procureur du tribunal ecclésiastique de Pampelune Francisco José de Ollo, Pancracia Ollo de la Mata épouse en 1820 Tomás de Zumalacárregui, militaire de carrière. Celui-ci prend, à partir de 1833, la tête des armées carlistes, qui luttent en faveur du prétendant don Carlos de Bourbon et contre l’établissement d’un régime libéral en Espagne. Emprisonnée avec ses filles en 1834 par les autorités qui souhaitent faire pression sur son mari, elle part ensuite pour la France où elle est internée, notamment à Libourne. C’est dans cette ville qu’elle apprend la mort de son mari, survenue pendant le siège de Bilbao en juin 1835. Elle rentre alors en Espagne et s’établit à Vitoria-Gasteiz où elle meurt en 1865.
Fig. 23 : Jean-Baptiste Isabey, Adélaïde d’Osmond, 1810, peinture

Source : musée des Beaux-Arts de Chambéry
© Musées de Chambéry-Didier GOURBIN
52Adèle d’Osmond (1781-1866) est la fille de René Eustache, marquis d’Osmond, et d’Éléonore Dillon. Ses deux parents sont des descendants de vieilles familles nobles au passé assez prestigieux, c’est donc naturellement qu’elle passe son enfance à Versailles, dans l’entourage proche de la famille royale. Après le début de la Révolution française et des journées des 5 et 6 octobre 1789, sa famille décide de partir une première fois en Angleterre. Ils rentrent en France en janvier 1790 avant de repartir en émigration, cette fois-ci en Italie. Après des séjours à Rome et Naples, la famille s’installe en Angleterre à la campagne, puis progressivement à Londres à partir de 1795. Elle grandit en exil et se marie à l’âge de dix-sept ans avec le général de Boigne. Après treize années d’exil, elle revient en France en septembre 1804, bientôt suivie par ses parents. Lors de séjours à Buisson Rond en Savoie, la demeure du général de Boigne, elle fréquente les anciens émigrés royalistes tels que Germaine de Staël, Benjamin Constant ou Juliette Récamier. La monarchie de Juillet lui fait gagner en influence, notamment grâce à son amitié avec la reine Marie-Amélie et aux réceptions qu’elle donne dans son salon. En 1835, après un drame personnel, elle commence la rédaction de ses Mémoires. La chute de la monarchie de Juillet en 1848 et la mort de différents proches la poussent à se retirer de la vie publique.
Fig. 24 : Portrait d’Hermione Asachi, 1848, daguerréotype

Source : Engravings Cabinet, Romanian Academy Library
53Hermione Quinet (1821-1900), née Hermione Asachi, est une écrivaine roumaine, née au sein d’une famille d’artistes et d’intellectuels. Dès les années 1840, elle se fait connaître par des traductions de Silvio Pellico ou Benjamin Franklin en roumain. Elle part terminer ses études à Paris à la même époque, et suit notamment les cours d’Edgar Quinet au Collège de France. Elle fréquente les milieux républicains français, et après le coup d’État du 2 décembre 1851, elle rejoint Edgar Quinet dans son exil bruxellois et l’épouse en 1852. Elle devient alors Mme Quinet et suit son mari dans la proscription en Belgique puis en Suisse jusqu’à la chute du Second Empire. Elle raconte cette période dans ses Mémoires d’exil parus en 1868, et poursuit à partir de cette date ses activités littéraires jusqu’à sa mort. Elle se consacre notamment à l’entretien de la mémoire de Quinet après sa mort en 1875, en éditant ses œuvres complètes, et consacre des publications à l’art ou à l’éducation. Elle meurt à Paris en 1900.
Fig. 25 : Vladimir Borovikovski, Anne Louise Germaine de Staël-Holstein, 1812, huile sur toile

Source : galerie Tretiakov
54Germaine de Staël (1766-1817), femme de lettres française de la fin du xviiie et du début du xixe siècle, naît Anne-Louise-Germaine Necker le 22 avril 1766 à Paris. Grandissant dans un milieu noble protestant d’origine suisse, la jeune femme s’instruit rapidement et reçoit une éducation qui la distingue parmi les élites lettrées contemporaines majoritairement composées d’hommes. Dans le salon parisien de sa mère, Suzanne Necker, elle s’imprègne de l’influence des philosophes des Lumières et fait preuve d’une intelligence précoce. Son père, Jacques Necker, est proche du pouvoir en devenant le ministre des Finances et le directeur du Trésor du roi Louis XVI en 1776. En 1786, elle épouse le baron Erik Magnus Staël von Holstein, ambassadeur du roi Gustave III de Suède à la cour à Versailles, à qui elle donne trois enfants.
55Le 5 mai 1789, elle est témoin de l’ouverture des États généraux. Durant la Révolution française, elle se positionne comme favorable à une monarchie constitutionnelle, s’inspirant du mode de gouvernement britannique. Ses idées politiques, qui la coupent tant des partisans d’une république que des tenants de l’absolutisme, la poussent à s’exiler en Angleterre puis en Suisse, à Coppet. En 1794, Germaine de Staël rencontre Benjamin Constant : elle entretient avec lui de nombreux échanges intellectuels et politiques ainsi qu’une liaison orageuse définitivement rompue en 1808. Elle rentre en France en 1795, année au cours de laquelle elle ouvre un salon parisien où elle reçoit de nombreux intellectuels et hommes politiques de renom, comme le marquis de La Fayette, Nicolas de Condorcet ou encore Talleyrand. Toutefois, son activité inquiète le Directoire qui la met en demeure de regagner la Suisse.
56De retour à Coppet, Germaine de Staël fait rapidement de la demeure familiale un centre important de la vie intellectuelle du début du xixe siècle. Elle forme alors avec Constant ce qu’on appelle par la suite « le groupe de Coppet ». Femme de lettres engagée politiquement, Mme de Staël est exilée par Napoléon Ier. Dès 1803, elle partage alors sa vie entre les séjours à Coppet et des voyages dans toute l’Europe. Durant dix ans, elle a ainsi l’occasion de séjourner en Allemagne, en Italie, en Autriche, en Russie, en Suède et en Angleterre. Au cours de son exil, elle rédige ses œuvres majeures, notamment Corinne ou l’Italie (1807) ou encore De l’Allemagne (1810-1813). Veuve depuis 1802, elle épouse en secondes noces un jeune officier suisse, Albert de Rocca, en mai 1811.
57La chute de Napoléon lui permet finalement de revenir à Paris au printemps 1814 où elle rouvre immédiatement un salon. Toutefois, sa santé est gravement altérée : terrassée par une attaque d’apoplexie, elle meurt trois ans plus tard, le 14 juillet 1817. Elle s’éteint, à l’âge de cinquante et un ans, en laissant des œuvres publiées à titre posthume comme Considérations sur les principaux événements de la Révolution française ou Dix années d’exil.
Fig. 26 : Portrait d’Amalia Struve, 1850, dessin

Source : Stadtarchiv Mannheim – ISG, Bildsammlung AB01612
58Amalia Struve (1824-1862), née Drusart, voit le jour à Heidelberg en 1824 et grandit à Mannheim. Son père est enseignant de langues et, dès 1839, elle exerce la même profession aux alentours de Francfort, travaillant principalement au sein des familles en tant qu’éducatrice.
59Lors de son retour à Mannheim en septembre 1845, elle rencontre Gustav Struve, qu’elle épouse en novembre 1845. C’est par son mari qu’elle rencontre de plus en plus d’acteurs politiques, nourrissant ainsi sa curiosité. La participation politique étant interdite aux femmes, elle peut seulement participer aux associations politiques en tant qu’observatrice passive, jusqu’au début de la révolution en 1848. Dès lors, elle devient connue comme étant une des femmes les plus engagées sur la scène politique. Participant à tous les soulèvements du grand-duché de Bade de 1848-1849, elle raconte les faits dans Erinnerungen aus den badischen Freiheitskämpfen. Den deutschen Frauen gewidmet (1850).
60Après l’échec de ces soulèvements, elle passe deux ans en exil à Londres avant de partir pour les États-Unis avec son mari. Dès lors, elle se voue à des occupations littéraires, écrivant de nombreux articles pour l’émancipation des femmes, évoquant notamment les femmes des révolutions françaises et allemandes, afin de les idéaliser.
Fig. 27 : Bernard Rico, Juana María de Vega, 1871, gravure

Source : La Ilustración de Madrid, vol. 2, no 25, 1871
Licence CC BY 4.0. Biblioteca Virtual de Prensa Histórica
61Juana María de la Vega Martínez (1805-1872). Issue d’une famille de marchands galiciens établis un temps à Cuba, Juana María de la Vega Martínez grandit dans un milieu libéral où l’éducation des filles est considérée comme essentielle, dans le sillage de la pensée des Lumières. Elle épouse en 1821 Francisco Espoz y Mina, alors capitaine général de Galice, chef de l’une des principales guérillas du pays pendant la guerre d’indépendance (1808-1814) et importante figure du libéralisme espagnol de la première moitié du xixe siècle. Malgré une différence d’âge importante, le couple apparaît particulièrement uni, et la jeune Juana María de la Vega suit son mari dans les vicissitudes où le conduisent son action politique. Elle connaît ainsi l’exil en Angleterre pendant la Décennie abominable (1823-1833) et joue un rôle éminent dans les conspirations et les projets insurrectionnels qui se développent dans les milieux libéraux espagnols en exil. Rentrée en Espagne après la mort de Ferdinand VII, alors que son mari combat les carlistes, elle fréquente les cercles du pouvoir et devient une figure du camp progressiste. Veuve à partir de 1836, elle devient quelques années plus tard la gouvernante d’Isabelle II et de sa sœur de 1841 à 1843, à la faveur de l’arrivée à la régence du général progressiste Baldomero Espartero, dont elle est proche. Le renversement de ce dernier en 1843 marque la fin de l’action de Juan María de la Vega sur la scène publique, mais elle poursuit jusqu’à sa mort une activité d’écriture intense destinée à entretenir la mémoire de son mari, tout en masquant son propre rôle historique, dans le souci de se conformer aux stéréotypes genrés de son époque.
62Luisa Saenz de Viniegra (1792-1865) est née à Cadix le 28 mai 1792. On sait très peu de choses de son enfance et de sa vie avant son mariage avec José Maria de Torrijos y Uriarte en 1813. En effet, comme de nombreuses veuves de la haute société espagnole du xixe siècle, elle entreprend l’écriture des Mémoires de Torrijos et l’on trouve la plupart des informations sur elle dans ces dernières. Elle suit ensuite son mari dans ses affectations militaires et dans l’exil en 1823 en France, puis en Angleterre. Elle joue un rôle majeur dans les cercles d’émigrés libéraux en exil à Londres et prend une part active dans le ménage qu’elle forme avec Torrijos.
63Après la mort de ce dernier en 1831, elle demeure en exil jusqu’en 1834, après la mort du roi Ferdinand VII. Elle retrouve son titre de comtesse de Torrijos et obtient en 1837 le titre de membre de l’ordre des dames royales de la reine Marie-Louise d’Espagne, en l’honneur des actes de son défunt mari. Elle entreprend l’écriture de Vida del general D. José Maria de Torrijos y Uriarte en 1836 et l’ouvrage est publié en 1860. Elle décède de mort naturelle à Madrid le 18 avril 1865.
Fig. 28 : Clara Zetkin, 1897, photographie

Source : Badia Gilbert, Clara Zetkin. Eine neue Biographie, Berlin, Dietz Verlag, 1994
64Clara Zetkin (1857-1933), née Eissner, est aujourd’hui une figure emblématique de la lutte socialiste et féministe. Elle naît en 1857 à Wiederau, petit village industriel de Saxe. Son éducation féministe bourgeoise, héritée de sa mère, est rapidement confrontée aux questions politiques posées par la forte industrialisation de Leipzig, où la famille emménage avant la mort de son père en 1875. C’est donc dans un contexte de relative précarité qu’elle commence à côtoyer les milieux ouvriers, prolétaires et socialistes. En fréquentant ces milieux, elle rencontre le futur père de ses enfants, Ossip Zetkin, avec qui elle partage ses années de jeunesse marxiste (durant lesquelles elle rejoint notamment le SPD). Comme August Bebel et Karl Liebknecht, Ossip est arrêté en 1880 et décide de partir à Paris. Clara le rejoint dans son exil en 1882.
65Le couple vit à Paris jusqu’en 1889 – leurs deux enfants, Maxim et Kostja, naissent donc en exil. La situation économique du couple est plus qu’instable, ils sont plusieurs fois expulsés et doivent compter sur la solidarité de camarades socialistes russes, allemands, puis français (Kautsky, Lafargue, Liebknecht, Luxemburg). Son mari tombant malade, Clara doit cumuler plusieurs emplois et tenir le foyer tout en jouant un rôle de coordination important dans le milieu socialiste (correspondances, rédactions). Ces années parisiennes, qu’elle évoque comme ses « universités politiques », sont formatrices pour elle. On voit dans son quotidien l’importance grandissante de l’internationalisme, puisqu’elle entre en relation avec les dirigeants des mouvements ouvriers français et allemand. En même temps sont publiés pour la première fois des articles sous son nom, pour la Berliner Volkstribüne, ayant pour thème la situation des ouvrières. 1889 voit la consécration de sa formation politique en exil : en raison de sa connaissance du terrain et de ses compétences linguistiques, elle tient le rôle de secrétaire au congrès ouvrier international de Paris où elle représente les Berlinoises. C’est à cette occasion qu’elle présente son discours sur l’émancipation des femmes. Dans le parcours de Clara, le congrès de Paris constitue une étape incontournable : elle devient à cette occasion une figure du socialisme, en inscrivant l’égalité des femmes dans la lutte des classes.
66Par la suite, elle décide de rentrer en Allemagne, et ayant fait ses preuves dans la presse, elle crée le journal Die Gleichheit. Elle en fait le journal féminin socialiste le plus connu et le plus diffusé dans le monde entier : il décrit les vies des travailleuses, publie leurs lettres, des rapports syndicaux, des statistiques, etc. Il devient un journal phare de la politisation des femmes prolétaires socialistes et gagne en qualité jusqu’en 1917, date à laquelle elle quitte la rédaction.
Notes de bas de page
1 Le plus important journal libéral avant la révolution de mars. Anneke Mathilde Franziska, Mutterland. Memoiren einer Frau aus dem badisch-pfälzischen Feldzuge 1848/1849, Münster, Tende, 1982.
2 FrauenMediaTurm, « Mathilde Franziska Anneke », Digitales Deutsches Frauenarchiv, 2021, https://www.digitales-deutsches-frauenarchiv.de/akteurinnen/mathilde-franziska-anneke.
3 Anneke Mathilde Franziska, Mutterland. Memoiren einer Frau aus dem badisch-pfälzischen Feldzuge 1848/1849, op. cit., p. 119-131.
4 Ibid.
5 FrauenMediaTurm, « Mathilde Franziska Anneke », art. cité.
6 John Reed (1887-1920) est un journaliste et militant socialiste américain.
7 Balabanoff Angelica, Ma vie de rebelle, traduit de l’anglais par Philippe Bonnet, Paris, Balland, 1981 [1938], p. 21-22.
8 Tóth Heléna, An Exiled Generation. German and Hungarian Refugees of Revolution, 1848-1871, New York, Cambridge University Press, 2014, p. 36-37.
9 Beck Wilhelmine von, Personal Adventures during the Late War of Independence in Hungary, vol. 1, Londres, Bentley, 1850, p. 5.
10 Ibid., vol. 2, p. 112.
11 Ibid., p. 141.
12 Birmingham Journal, 6 septembre 1851, p. 6.
13 Tóth Heléna, An Exiled Generation. German and Hungarian Refugees of Revolution, op. cit., 2014, p. 141.
14 Ibid.
15 Liverpool Mercury, 14 octobre 1851, p. 4.
16 Voir Shaw Caroline, Britannia’s Embrace. Modern Humanitarism and the Imperial Origins of Refugee Relief, New York, Oxford University Press, 2015, p. 93-94.
17 Brye Bernard de, Un évêque d’Ancien Régime à l’épreuve de la Révolution. Le cardinal A.L.H. de la Fare (1752-1829), Paris, Publications de la Sorbonne, 1985, p. 30.
18 « Introduction », dans La Boutetière de Saint-Mars Adélaïde-Paule-Françoise, comtesse de, Mémoires de Mme la comtesse de la Boutetière de Saint-Mars rapportant les principaux événements de son émigration en 1791, Angers, Imprimerie Lachèse et Dolbeau, 1884.
19 Charles VII pour ses partisans espagnols, il est le prétendant carliste de 1868 à sa mort en 1909.
20 Voir toutefois Chauvet Guilhem, « Gardiennes du carlisme. Fonctions familiales et politiques des femmes de la dynastie carliste en exil (années 1870 - années 1900) », Diasporas, no 38, 2022, p. 113-128.
21 Cette notice biographique s’appuie sur Leroy Max, Emma Goldman. Une éthique de l’émancipation, Lyon, Atelier de création libertaire, 2014.
22 Ibid., p. 6.
23 Pinfold Debbie, Whittle Ruth, Voices of Rebellion. Political Writing by Malwida von Meysenbug, Fanny Lewald, Johanna Kinkel and Louise Aston, Berne, Peter Lang, 2005, p. 101-102.
24 Louis François (colonel d’infanterie dans l’armée autrichienne ; il meurt en 1861) et Henriette.
25 Hauterive Borel de (dir.), Annuaire de la pairie et de la noblesse de France et des maisons souveraines de l’Europe. Paris, 1846, p. 225.
26 International Institute of Social History, Amsterdam, G. Brocher Papers, 185, Convocation à des réunions de l’Association internationale des travailleurs à Genève, 1873-1877, fo 2-3.
27 International Institute of Social History, Amsterdam, G. Brocher Papers, 81, Mandat sans nom [Victorine Rouchy] du Cercle anarchiste du 11e arrondissement de Paris et rapport du Cercle d’études sociales du 6e arrondissement de Paris pour le congrès de Londres, juillet 1881, fo 2-3.
Le texte seul est utilisable sous licence Creative Commons - Attribution - Pas d'Utilisation Commerciale - Pas de Modification 4.0 International - CC BY-NC-ND 4.0. Les autres éléments (illustrations, fichiers annexes importés) sont « Tous droits réservés », sauf mention contraire.
Voyage de noces d’une royaliste à travers l’Allemagne et l’Italie (1845)
Sophie Johanet Nicolas Bourguinat et Marina Polzin (éd.)
2014
Lettres de Rome (1808-1810)
Friederike Brun Nicolas Bourguinat et Hélène Risch (éd.) Hélène Risch (trad.)
2014
Dictionnaire historique des Françaises connues par leurs écrits
Fortunée Briquet Nicole Pellegrin (éd.)
2016
Les voyages forment la jeunesse
Les boursières scientifiques David-Weill à la découverte du monde (1910-1939)
Antonin Durand (éd.)
2020
Souvenirs d’une vie d'engagements
Magda Trocmé Frédéric Rognon, Nicolas Bourguinat et Patrick Cabanel (éd.)
2021
« Nous nous en allons aux cyclones »
Anthologie d’écrits de femmes exilées au xixe siècle
Alexandre Dupont (dir.)
2024
Une jeune aristocrate lorraine face à la guerre de 1870
Le journal de Renée de Riocour (1870-1871)
Renée Riocour Timothée Muller (éd.)
2026
