Jenny Marx, femme tourmentée dans une rude vie en exil (1865)
p. 251-257
Texte intégral
1Brève esquisse d’une vie tourmentée, récit autobiographique publié en 1865, est l’œuvre de Jenny Marx, née sous le nom de Johanna Bertha Julie von Westphalen. À l’été 1836, elle devient la fiancée du philosophe et sociologue allemand Karl Marx. Jenny est séduite par la force de ses idées révolutionnaires, bien qu’elle ne soit pas issue du même milieu que lui1. Mais pour elle, vivre avec un intellectuel révolutionnaire n’est pas de tout repos. Dès 1843, son mari écrit ainsi, dans une lettre : « Par amour pour moi, ma fiancée a livré les plus violentes batailles, qui ont presque miné sa santé […]. [Nous] avons été engagés dans plus de conflits inutiles et fatigants que plusieurs personnes de trois fois notre âge2 ». Cela n’empêche par leur mariage le 19 juin 1843, mais ce constat s’avère particulièrement lucide, et il le restera par la suite. Les combats de Karl influencent évidemment la vie du couple, et donc celle de Jenny, pour qui suivre et soutenir son mari s’avère particulièrement pénible. Son autobiographie révèle une femme qui, d’une part, subit l’exil et ses nombreuses difficultés. Mais, d’autre part, Jenny vit cet exil dans une position spécifique, n’étant pas directement visée par les expulsions qui les amènent à Londres. Elle est en quelque sorte, avec leurs enfants, une victime collatérale. Cela implique des avantages, comme la possibilité de voyager plus aisément, qui expliquent en partie au moins pourquoi Jenny est si impliquée dans la recherche de solutions pour pallier les difficultés financières familiales. Or, cette lutte vient s’ajouter à sa charge d’épouse et de mère, qui n’est pas moins influencée par les conditions de l’exil.
2Au moment où Jenny écrit ces passages de son autobiographie, elle se trouve en exil à Londres. Auparavant, les Marx étaient exilés à Paris, identifiée par Karl comme le refuge par excellence pour développer ses idées et où, en mars 1844, Jenny donne naissance à un premier enfant. La famille espérait alors y vivre paisiblement des bons revenus de Karl, issus de ses écrits. C’était sans compter que ceux-ci vaudraient aux Marx d’être expulsés. Ils s’installent alors en Belgique. Puis, après un retour en Allemagne marqué par les événements de 1848, suivi d’un retour à Paris, les Marx sont encore une fois expulsés. Karl refuse un exil imposé en Bretagne et en août 1849, il opte pour un exil « choisi » en Angleterre. Jenny ne le rejoint qu’un mois plus tard, bénéficiant de restrictions moins strictes, et dès novembre, elle donne naissance à un nouvel enfant. À ce moment précis, elle est malade, fatiguée. Finalement, toute la famille vit dans la pauvreté, et Jenny s’en inquiète, comme on peut aussi l’observer dans sa correspondance de l’époque, malgré le soutien d’Engels, qui est bien plus qu’un compagnon politique de Karl.
3Les deux extraits qui vont suivre montrent bien cette réalité prégnante, dans laquelle, derrière les péripéties politiques relevant avant tout de Karl, Jenny est tourmentée par les difficultés matérielles et familiales d’une rude vie d’exil à Londres.
4Dans le premier extrait, les révolutions du Printemps des peuples viennent d’avoir lieu. En France, l’une d’elles a mis un terme à la monarchie de Juillet de Louis-Philippe. Mais ailleurs, la contre-révolution l’a emporté. Les nationalistes italiens et hongrois ont été réprimés par l’empire d’Autriche, avec l’aide de l’empire russe3. En Allemagne, alors que les libéraux se sont révoltés en mars, en Bade d’abord, puis dans tous les territoires de la Confédération germanique, Guillaume IV a d’abord joué l’apaisement, avant de réaffirmer sa vision absolutiste4. La répression est forte, et c’est dans ce contexte que les personnalités révolutionnaires comme Karl Marx sont visées. Une véritable vague d’exilés, allemands notamment, déferle alors sur l’Angleterre libérale. Néanmoins, surveillé par des espions prussiens, contesté dans le camp communiste, à commencer par August Willich qui va jusqu’à le provoquer en duel, et terriblement critique à l’encontre des personnes l’entourant à Londres en l’absence d’Engels, Karl Marx est souvent mis en difficulté. Pourtant, il croit toujours fermement au communisme et à la révolution. Jenny suit et soutient activement son mari dans ses combats et se retrouve comme lui plongé dans les tracas et fracas d’une vie en communauté (les exilés se regroupent par nationalités et/ou par idéologie), qui s’immisce jusque dans l’intimité, relative, de leur foyer. L’évocation d’August Willich, hébergé par le couple, venant disserter sur le communisme au pied de leur lit en robe de chambre, par-delà le caractère comique de la scène, souligne bien ce mélange entre intime et politique dans la vie des exilés.
5Dans le second extrait, postérieur de plusieurs années, les difficultés financières des Marx ont une place marquante. Au-delà des combats et ennuis politiques de son mari, et même si elle le soutient dans ceux-ci, Jenny apparaît en effet concentrée sur ces difficultés qui touchent à la vie familiale et à son statut d’épouse et de mère, selon les normes de la société du xixe siècle. D’après celles-ci, le mari doit subvenir aux besoins de la famille, mais l’argent que Karl gagne pour ses articles, notamment pour ceux publiés dans le grand journal américain New York Daily Tribune, est insuffisant. Le besoin de maintenir des apparences bourgeoises et le refus de Karl de se lancer dans un métier manuel expliquent cette situation. Il en est conscient, et l’évoque aux côtés de considérations intellectuelles dans ses lettres à Engels. Jenny, elle, est loin d’être passive, et supporte une bonne partie de la charge de la survie familiale. Elle se rend par exemple en Hollande en août 1850 pour chercher chez un oncle de Karl une aide financière, sans l’obtenir, profitant d’une liberté de mouvement supérieure à celle de son mari. De surcroît pèsent sur elle des problèmes plus intimes, comme la naissance d’un enfant de Karl et Lenchen, la nourrice familiale, en 1851 ou la mort de plusieurs enfants, dont celle d’Edgar d’une tuberculose pulmonaire en 1855. À partir de cet événement tragique, Jenny et Karl ne supportent plus leur quartier de Soho, qu’ils quittent pour un lieu plus confortable mais plus isolé, à Grafton Terrace. Là, les articles de Karl pour le Daily Tribune sont toujours aussi nécessaires, mais toujours aussi insuffisants du point de vue financier, tandis qu’on ressent chez Jenny un épuisement et un besoin criant de stabilité et de confort, après des années difficiles et instables qu’elle qualifie de « vie de bohème ».
La révolution hongroise, l’insurrection de Bade, le soulèvement de l’Italie5, tout s’effondra ; la loi martiale régna en Hongrie6 et dans le pays de Bade7, et cinquante mille Français, sous la présidence de Louis-Napoléon, qui avait été élu président de la République fin 1848 avec une énorme majorité, entrèrent dans la ville aux sept collines pour occuper l’Italie. L’ordre règne à Varsovie8 et vae victis, telles étaient les devises de la contre-révolution ivre de victoire. La bourgeoisie reprenait son souffle, le petit-bourgeois faisait de nouveau des affaires, les petits philistins libéraux serrèrent le poing dans leurs poches, les ouvriers furent expulsés, punis, et quant aux hommes qui avaient combattu avec la plume et l’épée pour le royaume des pauvres et des opprimés, ils furent heureux de pouvoir travailler à l’étranger pour gagner leur pain. Pendant son séjour à Paris, Karl était entré en relation avec de nombreux dirigeants des clubs et des sociétés secrètes d’ouvriers. Je le suivis lorsque en juillet 1849 il se rendit à Paris, où nous restâmes un mois. Mais là non plus, on ne nous laissa pas tranquilles9. Un beau matin se présenta de nouveau chez nous la figure bien connue de l’agent de police, nous informant que “Karl et sa dame” devaient quitter Paris dans les vingt-quatre heures. On fut assez clément pour lui offrir de se rendre à Vannes au Morbihan {sic} en guise de lieu de résidence. Un tel exil ne fut évidemment pas accepté10, et je ficelai une nouvelle fois mon baluchon, pour trouver à Londres un asile sûr et paisible. Karl m’y avait précédée. Il avait vécu là-bas avec Blind11 en relation plus étroite. Plus tard arriva aussi Georg Weerth12. C’est lui qui m’accueillit à mon arrivée à Londres, alors que j’étais malade et épuisée, avec les trois petits, traqués de toutes parts, et il nous installa à Leicester Square dans une petite Boardinghouse13 chez un maître tailleur. En toute hâte, on dénicha un logement plus grand à Chelsea, car le moment où nous aurions besoin d’un toit plus calme approchait de plus en plus. Le 5 novembre, tandis que dehors le peuple se faisait entendre au cri de Guy Fawkes14 for ever et que les jeunes gens aux masques baroques, montés sur des ânes fabriqués, allaient et venaient dans les rues, au milieu du vacarme naquit mon pauvre petit Heinrich. En l’honneur du grand conspirateur, notre petit rejeton reçut le nom de Föxchen15. Peu après sa naissance arriva aussi Engels, qui avait fui le pays de Bade en passant par Gênes. Avant lui, Willich16 était déjà venu s’installer chez nous, en frère et compagnon communiste. De bon matin, il faisait son apparition dans notre chambre à coucher en authentique don Quichotte en gilet de laine gris, un foulard rouge noué autour de la taille en guise de ceinture, riant bruyamment à la mode prussienne, pour se répandre en longs débats théoriques sur le communisme “naturel”. Karl ne tarda pas à faire un sort à cette tentative. Willich ne parvint pas plus à ses fins, lorsqu’il voulut tenter de faire sortir le ver qui se cache dans tout mariage. Wilhelm Pieper17 et Wilhelm Liebknecht18 vinrent aussi chez nous à Chelsea. Wolff le Rouge s’était déjà rendu à Londres avec Karl. Des milliers de réfugiés arrivaient chaque jour ; tous plus ou moins dans la misère, un petit nombre avec quelques ressources, tous dépendants, désirant et recherchant de l’aide. Ce fut l’époque la plus désagréable dans notre vie de réfugiés. Des comités de réfugiés furent formés pour soutenir les réfugiés, des réunions organisées, des appels publiés, des programmes rédigés, de grandes manifestations préparées. Dans tous les cercles de la communauté des réfugiés éclatèrent des discordes. Les différents partis se divisèrent peu à peu complètement. Même entre les démocrates allemands d’un côté et les socialistes de l’autre, on en vint à la séparation officielle, et jusque dans les rangs des ouvriers communistes on en vint à une rupture fracassante19. Les dirigeants des fractions se faisaient la guerre la plus furieuse, et une bande d’imbéciles en mal d’« actes » et d’« actions » se fit remarquer de façon importune et lança les plus véhémentes attaques contre la partie des ouvriers et ceux des dirigeants qui voyaient le plus clair dans la situation et percevaient dès ce moment que l’ère des révolutions était arrivée à son terme pour longtemps. C’est surtout Karl qui fut le plus sévèrement poursuivi, calomnié et diffamé20.
[…]
Au milieu de 1857, la grande crise commerciale s’abattit de nouveau sur les ouvriers américains21. La Tribune refusa de nouveau de payer deux articles hebdomadaires, et c’est ainsi, du fait de cette chute dans nos revenus, qu’un grand reflux se produisit aussi dans notre exchequer22. Par chance, Dana publiait alors une encyclopédie, pour laquelle Karl fut chargé de fournir des articles relatifs aux sujets militaires et économiques23. Comme cela ne se produisait que de façon très irrégulière et que les enfants qui grandissaient et l’appartement plus grand causaient des dépenses plus importantes24, ce ne furent vraiment pas des temps prospères. Ce ne fut pas positivement le dénuement, mais une constante gêne, des inquiétudes et des calculs mesquins. Malgré toutes les restrictions, the two ends ne voulaient never meet25, et c’est ainsi que naquirent encore, jour après jour et année après année, de nouvelles dettes, dont le poids fut d’autant plus sensible que la seule possession d’une maison avait frayé le chemin de la « respectabilité ». La vie de bohème avait pris fin, au lieu de lutter comme pendant l’exil ouvertement et librement contre la pauvreté, il fallait de nouveau à tout le moins conserver une apparence d’honorabilité. Nous naviguâmes à pleine voiles dans le philistinisme26. C’était encore la même petite pression, la même lutte, encore la même petite misère, les mêmes relations intimes avec les trois boules salvatrices - mais c’en était fait de la joie de vivre. Ce n’est que dans le premier stade de notre vie bourgeoise et honnête de philistins que je ressentis vraiment la pression de l’exil. Mais cette transition était nécessaire. Il fallait en finir avec le passé. Ne serait-ce que pour les enfants, il fallait emprunter les chemins aplanis de la vie bourgeoise réglée et respectable. Chacun cherchait à s’installer bourgeoisement et à se couler dans la situation. Comme tous devenaient des philistins, il n’était plus possible pour nous de continuer à vivre en bohèmes. Mais le salto mortale27 fut rude. Le 6 juillet, notre septième enfant vint au monde, mais seulement pour être emporté auprès de ses trois autres frères et sœurs, après son premier et dernier soupir. […] L’année 1858 n’apporta pour nous ni bien ni mal ; ce fut une année où chaque jour était à l’égal du précédent. Boire et manger, écrire des articles, lire des journaux et aller se promener, tel fut tout le contenu de notre vie.Marx Jenny, « Brève esquisse d’une vie mouvementée », dans Marx Karl et Jenny, Lettres d’amour et de combat, Paris, Payot & Rivages, 2013, p. 124-127, p. 137-139.
Notes de bas de page
1 Wheen Francis, Karl Marx : biographie inattendue, Paris, Calmann-Lévy, 2003, p. 27. Sauf mention contraire, l’analyse proposée ici s’appuie sur cette biographie.
2 Ibid., p. 57.
3 Sperber Jonathan, The European Revolutions, 1848-1851, Cambridge, Cambridge University Press, 1994.
4 Roth François, L’Allemagne de 1815 à 1918, Paris, Armand Colin, 1996, p. 29-35.
5 L’Italie se soulève en 1848 contre la présence autrichienne dans le nord du pays et pour l’unification de la péninsule. Les libéraux romains se révoltent, Pie IX doit fuir, et la république est proclamée le 9 février 1849. Cependant, la République française de Louis Napoléon Bonaparte lance une expédition contre-révolutionnaire. La ville de Rome est assiégée et bombardée, et après plusieurs jours de siège, les républicains capitulent.
6 De la même manière que pour l’Italie, la Hongrie connaît une insurrection violente qui a également pour but de s’affranchir de la domination autrichienne. Cette fois-ci, c’est l’Empire russe qui intervient pour réprimer les révolutionnaires, en soutien à l’Autriche, qui applique la loi martiale.
7 Le grand-duché de Bade, situé dans le sud-ouest de l’Allemagne actuelle, est touché en 1848 par une révolution lancée par les partisans de la démocratie, qui souhaitent mettre en place un gouvernement républicain. Très vite, après une tentative de putsch qui échoue, les insurgés se rendent, et nombre d’entre eux finissent devant une cour martiale, tandis que d’autres partent en exil.
8 Ici Jenny Marx fait référence à la célèbre illustration du caricaturiste français Jean-Jacques Grandville, intitulée L’ordre règne à Varsovie, réalisée après la répression des insurgés polonais par l’Empire russe en 1830-1831, lors du précédent cycle révolutionnaire en Europe. Cette référence permet de dresser un parallèle entre les deux cycles, qui aboutissent à chaque fois à de fortes répressions.
9 Les Marx sont expulsés de Paris sur ordre du roi Louis-Philippe, mais la demande émane en réalité de l’empereur Frédéric Guillaume IV, la Prusse étant très dure avec les révolutionnaires.
10 En Bretagne, Karl se rend compte que l’humidité des lieux va mettre en péril la santé déjà fragile de sa famille et notamment de Jenny.
11 Karl Blind, né en 1826, a participé à la révolution de mars en Bade, en 1848. En 1849, alors qu’il est à Paris, il est expulsé au même moment que Karl Marx. Il contribue à la Neue Rheinische Zeitung, mais finit par s’éloigner du communisme, et de Marx.
12 Georg Weerth, né en 1822, est un poète allemand. En 1849, il doit lui aussi quitter Paris alors qu’il vient d’être condamné à une peine de prison en Allemagne, ce qui l’entraîne à Londres où il se lie d’amitié avec Karl Marx.
13 Pension de famille.
14 La nuit de Guy Fawkes est fêtée le 5 novembre en Angleterre en mémoire du complot contre le Parlement qui s’est soldé par un échec, en 1605.
15 Le surnom que donne Jenny à son fils né un 5 novembre fait référence au complot des poudres de 1605. Ainsi, Föxchen est constitué d’une transposition allemande de Fawkes (Föx) accompagné du diminutif -chen.
16 August Willich, né en 1810, quitte l’armée prussienne dans laquelle il servait en raison de ses idéaux républicains peu avant les révolutions de 1848. Il est impliqué dans la révolution du Palatinat aux côtés d’Engels, et finit par s’exiler à Londres où il devient l’une des principales figures de la Ligue communiste. Mais en 1850, il s’oppose à Karl Marx.
17 Wilhelm Pieper, né en 1826, est condamné à une peine de prison pour lèse-majesté en Allemagne après les révolutions de 1848. Il s’exile à Londres et devient le secrétaire de Karl Marx dès 1850.
18 Wilhelm Liebknecht, né en 1826, est un communiste et un républicain convaincu au moment des révolutions de 1848. Il est arrêté en Bade mais parvient à sortir de prison. Il rejoint alors la Suisse, d’où il est expulsé, ce qui l’amène à Londres, en 1850.
19 La Ligue communiste se divise en 1850, deux ans avant sa disparition, et deux ans après la publication du Manifeste du parti communiste, rédigé par Marx et Engels.
20 En 1850 notamment, Conrad Schramm, proche de Karl Marx, défie August Willich, rival de Karl au sein de la Ligue communiste, désormais divisée, en duel. Le défi avait été initialement lancé par ce dernier à Marx, mais il avait prudemment décidé de refuser.
21 Le 22 août 1857, un krach a lieu à la bourse de New York, entraînant une crise économique mondiale. Marx et Engels voient cette dernière d’un très bon œil, car ils pensent qu’elle va déclencher des révolutions, et ils se préparent à les mener. Mais celles-ci n’eurent jamais lieu.
22 À partir de 1851, Marx écrit pour le New York Daily Tribune, de même qu’Engels. La rémunération pour ces articles n’est pas négligeable, Francis Wheen estimant dans sa biographie qu’elle aurait dû suffire à répondre aux besoins de base des Marx, surtout s’ils avaient vraiment vécu une vie de bohème.
23 En fait, c’est Friedrich Engels qui écrit, étape par étape, cette encyclopédie, en signant du nom de son ami.
24 Après 1855 et la mort de leur fils Edgar, Karl et Jenny quittent le West End pour s’installer dans une maison plus grande et agréable, dotée notamment d’un jardin, mais située dans une zone encore en construction, sans route pavée par exemple. S’ils peuvent l’acheter grâce à des héritages, ils sont cependant en difficulté vis-à-vis du loyer.
25 Peut se traduire par « nous n’arrivions pas à joindre les deux bouts ».
26 Les étudiants allemands désignaient par philistins ceux qui n’avaient pas fait d’études, en particulier les marchands, Littré Émile, Dictionnaire de la langue française, t. 3, Paris, Hachette, 1873-1874, p. 1096. Sans doute faut-il voir dans l’emploi de ce terme par Jenny Marx la perspective de l’adoption d’un mode de vie bourgeois peu conforme à la vie passée et aux idées du couple.
27 Saut périlleux (à comprendre au sens d’un brutal retour sur terre).
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