• Contenu principal
  • Menu
OpenEdition Books
  • Accueil
  • Catalogue de 16477 livres
  • Éditeurs
  • Auteurs
  • Facebook
  • X
  • Partager
    • Facebook

    • X

    • Accueil
    • Catalogue de 16477 livres
    • Éditeurs
    • Auteurs
  • Ressources numériques en sciences humaines et sociales

    • OpenEdition
  • Nos plateformes

    • OpenEdition Books
    • OpenEdition Journals
    • Hypothèses
    • Calenda
  • Bibliothèques

    • OpenEdition Freemium
  • Suivez-nous

  • Lettre d’information
OpenEdition Search

Redirection vers OpenEdition Search.

À quel endroit ?
  • Presses universitaires de Strasbourg
  • ›
  • Configurations littéraires
  • ›
  • Allégories de l’estomac au xixe siècle...
  • ›
  • Satires
  • ›
  • Ventriloquies : La Stomaciade et Mémoire...
  • Presses universitaires de Strasbourg
  • Presses universitaires de Strasbourg
    Presses universitaires de Strasbourg
    Informations sur la couverture
    Table des matières
    Liens vers le livre
    Informations sur la couverture
    Table des matières
    Formats de lecture

    Plan

    Plan détaillé Texte intégral « Prince Estomac » et « M. Stomach » La « langue philomélienne » de l’estomac Prosopopée et belles infidèles Notes de bas de page Auteur

    Allégories de l’estomac au xixe siècle

    Ce livre est recensé par

    Précédent Suivant
    Table des matières

    Ventriloquies : La Stomaciade et Mémoires d’un estomac

    Bertrand Marquer

    p. 115-130

    Résumé

    Si l’apologue de Menenius est souvent évoqué, en particulier dans la presse gastronomique, les véritables prosopopées de l’estomac demeurent relativement rares, y compris dans la littérature panoramique des années 1830. Elles fournissent néanmoins leur argument à La Stomaciade du mystérieux professeur Danzel (1821) et aux Mémoires d’un estomac – publiés en anglais en 1853 et traduits en 1874 par le docteur Gros. Ces deux textes d’apparence fort dissemblable permettent d’interroger le pouvoir de métaphorisation prêté à un organe a priori destiné au registre burlesque, lorsqu’il ne sert pas une simple actualisation de l’apologue antique. Dans les deux cas, en effet, le discours de l’estomac donne forme à un long récit (l’un en vers, l’autre en prose) aux enjeux complexes, représentatifs de la place singulière que le xixe siècle lui accorde : l’intention comique n’y prend pas réellement la forme de la farce, ni franchement celle de la satire politique, mais accompagne le portrait d’une époque qui, à des moments et pour des motifs bien différents, semble voir dans l’estomac une allégorie de ce qui peut constituer son esprit.

    Texte intégral « Prince Estomac » et « M. Stomach » La « langue philomélienne » de l’estomac Prosopopée et belles infidèles Notes de bas de page Auteur

    Texte intégral

    1Si l’apologue de Menenius est souvent évoqué, en particulier dans la presse gastronomique, les véritables prosopopées de l’estomac demeurent relativement rares, y compris dans la littérature panoramique des années 18301. Elles fournissent néanmoins leur argument à deux textes d’apparence fort dissemblable, mais dont le procédé commun permet d’interroger le pouvoir de métaphorisation prêté à un organe a priori destiné au registre burlesque, lorsqu’il ne sert pas une simple actualisation de l’apologue antique. Dans les deux cas, en effet, le discours de l’estomac donne forme à un long récit (l’un en vers, l’autre en prose) aux enjeux complexes, représentatifs de la place singulière que le xixe siècle lui accorde : l’intention comique n’y prend pas réellement la forme de la farce, ni franchement celle de la satire politique, mais accompagne le portrait d’une époque qui, à des moments et pour des motifs bien différents, semble voir dans l’estomac une allégorie de ce qui peut constituer son esprit.

    « Prince Estomac » et « M. Stomach »

    2Publié en 1821, La Stomaciade2 se présente comme l’épopée « héroï-comique », en quatre chants, du « Prince Estomac », le « fils » de la « divine Sagesse » (ST, 9). Les Mémoires d’un estomac écrits par lui-même3 est quant à lui publié en anglais en 1853 et traduit en 1874 par le docteur Gros, médecin en chef de l’hôpital de Boulogne-sur-Mer. L’auteur y donne la parole à M. Stomach, qui détaille les misères subies tout au long de sa vie, dues aux intempérances dont il est victime – alcool passé dans le lait d’une nourrice adepte du porter, farine frelatée, tabac, sentiment amoureux ou prétentions poétiques de son « hôte », « M. Bookworm4 » (ME, 87). Le récit s’achève significativement par un « petit tableau diététique » (ME, 108) où sont exposées les « règles spéciales et pratiques de la cour de santé » (ME, 109).

    3Les enjeux de la prosopopée et le sens de la personnification semblent donc à première vue très différents : publié sous la Seconde Restauration – mais au moment où la « Charbonnerie » s’organise face au virage « ultra » des années 1820 –, La Stomaciade fait de l’estomac une allégorie du pouvoir, dans la lignée de l’apologue de Menenius et des représentations figurées du corps politique. Rédigés durant la période victorienne, les « Mémoires » du roturier Stomach revendiquent quant à eux une ambition prophylactique, en égrenant les souffrances que provoquent un mode de vie mal régulé ou l’adoption d’idées reçues que la science diététique désapprouve.

    4L’ouvrage est néanmoins présenté comme édité « par un ministre de l’intérieur » (en réalité l’obscur homme de lettres Sydney Whiting), et joue également avec la tradition des représentations organiques du corps social, selon un procédé que l’on retrouve, par exemple, dans Les Serviteurs de l’estomac de Jean Macé5. Le discours politique de La Stomaciade cohabite de même avec une ambition didactique perceptible dès le titre, dans la mention d’un mystérieux auteur, le professeur Danzel, « de la Société d’Émulation d’Abbeville et de l’Union antipiratique de l’Allemagne ». On ne trouve cependant aucune trace de ce Danzel dans les procès-verbaux de la Société d’émulation d’Abbeville qui, malheureusement, sont passablement incomplets (voire inexistants, entre 1814 et 1820). Quant à « l’Union antipiratique de l’Allemagne », elle semble être une déclinaison de la « Société antipirate » créée à Paris sous la Restauration par Sir Sidney Smith, le très francophile adversaire de la France révolutionnaire, puis impériale. Les ramifications germaniques de cette société peuvent néanmoins surprendre, et il est très probable que ce mystérieux professeur soit lui-même une fable, au même titre que le « ministre de l’intérieur » de Whiting. Le « Prince Estomac », qui évoque à deux reprises le nom de Danzel, laisse ainsi entendre qu’il s’agit d’un nom crypté en précisant qu’il faut « écri[re] le mot Daniel, et met[tre] z au lieu d’i » (ST, 21). Dans le prologue, le professeur (Danzel) semble de fait avant tout avoir pour fonction de prendre le relais du prophète (Daniel) comme figure de transmission et de révélation d’une parole principielle :

    Je chante ce héros, premier des potentats,
    L’invisible immortel, vrai soutien des états,
    Qui sage en ses travaux, actif, sans qu’on l’entende,
    Transforme l’univers, le sert et lui commande ;
    […]
    Un Dieu dit que tout soit ! …. Estomac prit naissance,
    Et tout corps désormais devint sa résidence.
    Animal, métaux, plante, astres, jusqu’au repos,
    Dans la création, tout s’émut à ces mots ;
    Tout au prince estomac fut rendre un pur hommage,
    Comme exemple des rois, et modèle du sage6.

    5Dans les deux cas, les auteurs, dont on sait peu de choses, se font donc ventriloques selon un double système de masques introduisant un discours à prétention polymathique. Représentations politiques et principes physiologiques s’y côtoient, au détriment, bien souvent, de l’ambition didactique affichée. La posture d’autorité qu’incarne traditionnellement la prosopopée se trouve en effet contredite par la cohabitation de sujets disparates, évoquant davantage le fonctionnement de la satire que celui de la parodie. L’estomac est bien présenté dans ces deux œuvres comme une référence, mais ce qui fonde son importance est comme brouillé par des procédés d’emphase, et par l’extension considérable du domaine d’action prêté à l’estomac. On peut certes y voir, en particulier dans le cas de « M. Stomach », un travestissement de l’emprise grandissante du discours diététique, et du rôle central que joue la physiologie de la digestion7. La fonction de la prosopopée ne peut cependant être ramenée, dans ces deux textes, à cet unique ressort, « Prince Estomac » et « M. Stomach » produisant des effets parodiques relativement complexes.

    La « langue philomélienne » de l’estomac

    6L’éloge pratiqué par Danzel dans son poème héroï-comique incite en effet à voir dans La Stomaciade une parodie, bien que les chants qui le composent ne thématisent pas la rupture entre un sujet bas et une forme noble. Les dialogues concentrés dans le premier chant (avec le soleil, la lune, les étoiles, la terre, l’homme, « Une Dame en députation », un « singe », un aigle, une baleine puis une huître, un chêne, les airs) visent par exemple à confirmer la centralité de l’estomac dans l’univers, et à faire du respect de sa loi un facteur d’équilibre et un gage de paix. Les trois chants qui suivent alternent conseils diététiques et odes à la sagesse d’Estomac, sans que jamais celle-ci ne soit ramenée à un éloge du ventre. La référence anatomique tend ainsi à s’estomper au profit d’un discours allégorique parfois difficile à suivre, mais dont se détache, néanmoins, une morale de la tempérance. La dimension parodique semble en réalité davantage reposer sur une forme de pastiche de la poésie didactique popularisée par Jacques Delille8. Les « quatre chants » mentionnés dans la préface évoquent en effet L’Homme des champs, déjà parodié selon un procédé similaire par Joseph Berchoux et son Homme des champs à table. La Stomaciade intègre en outre un certain nombre de notes savantes, mais très souvent elliptiques ou ironiques, et donc très éloignées du double discours (savant/poétique ; explicatif/imagé) qui structure le poème didactique.

    7Cette intention parodique s’exprime en réalité dès la préface, à travers la mention d’une bien étrange « langue philomélienne » qui ne renvoie pas au discours mélancolique, comme chez Burton ou Milton9, mais à une « langue nouvelle » (ST, 57) qui est aussi « langue universelle » (ST, 75). Une note10 la rattache alors aux « rossignolades » que Balzac associera, dans Gambara, au « monotone crescendo que Rossini a mis en vogue11 », confirmant que l’éloge dont est l’objet la langue philomélienne relève du genre paradoxal :

    Langue Philomélienne, en ta faveur enfin,
    J’ai fait taire le droit qu’avait seul un humain.
    De cette cession mon esprit se console,
    Toutes les voix ayant le don de la parole,
    Et je rends grâce au Ciel de vouloir tout douer
    D’une langue si prompte à rendre le penser.
    Qu’heureux est le berger aujourd’hui de comprendre
    La brebis l’appelant à venir la défendre
    Ou se plaignant de l’herbe, où qu’un terrain fangeux
    S’affaisse et veut l’enfouir jusqu’au-dessus des yeux !
    Le folâtre zéphir, le frifrou du feuillage,
    Tout se comprend, converse en un même langage.
    Chanter, parler n’est qu’un ; l’Univers est uni :
    Métaux, plante, animal ; tout est Catalani12.

    8Éloge paradoxal, car cette langue « philomélienne » présentée comme le langage de l’estomac et des quatre règnes de la nature renvoie moins, en effet, à une loi (la nutrition) comprise de tous, qu’elle ne fait allusion au mémoire de l’excentrique Pierre-Samuel Dupont de Nemours, « lu à la classe des sciences physiques et mathématiques de l’Institut national » en 1806, mémoire ayant notamment pour objet la traduction du chant des rossignols13. Le compte rendu qui en est fait dans le Journal de l’Empire du 8 octobre 1806 témoigne de la perplexité éprouvée face à ces « jeux d’esprit, plus ou moins ingénieux » : « je ne m’aviserai pas [conclut le journaliste] de critiquer la chanson d’un rossignol, et je tiens la traduction pour très exacte ; je ne saurois dire cependant si cette chanson est d’un bon poète rossignol14 ». La marquise de Créquy se montre quant à elle beaucoup plus caustique lorsqu’elle se souvient du concert dirigé par l’étrange Dupont de Nemours :

    On se forme en cercle, et c’était un maniaque appelé M. Dupont qui devait diriger toutes ces belles voix. – Monseigneur, Mesdames et Messieurs, commença par dire M. Dupont, en faisant une inclination profonde à M. le prince de Conty, vous allez entendre une cantate imitée du chant naturel au Rossignol ; j’ose me flatter d’avoir eu le bonheur de l’écrire et de l’accentuer sous la dictée de la nature ; et puis voilà tous ces aimables enfants de la maison qui se mettent à chanter en fausset :

    Ti-ô-ou, ti-ô-ou, ti-ô-ou,
    Spé tiou z’cou-à.
    Cou-orror-pipi ;
    Ti-, ti-ô, ti-ô, ti-ô-tixe !
    Cou-ciò, cou-ciò, cou-ciò !
    Z’cou-ô, z’cou-ô, z’cou-ô ;
    T’zi, t’si, t’si…..
    Currior-tiou ! z’quouâ-pipi, coui15 !

    9L’exclamation d’Estomac, tirant « gloire » de « [s]e voir Philomèle » (ST, 75) acquiert dans ces conditions une connotation très nettement ironique : Danzel, Daniel avec un z au lieu du i, serait également le fils (spirituel) de l’excentrique Dupont de Nemours, et la « langue philomélienne » tout autant gastrique qu’amphigourique. De ce jeu de références sibyllines, La Stomaciade tirerait un principe allégorique aux significations relativement vagues, dont se détacherait seulement une volonté de mystification.

    10Les nombreuses références à l’histoire politique ponctuant ce poème suggèrent néanmoins une autre piste, et invitent à déceler une charge satirique plus ciblée. S’il est de tous les règnes, Estomac semble en effet hostile à l’Empire, comme en témoignent les passages suivants :

    Ce n’est qu’à Sainte-Hélène où cet être s’arrête.
    Même ces jours derniers, d’après divers journaux,
    On crut ce roc à l’ancre assez près de Bordeaux.
    Qui pourrait s’étonner d’aventures pareilles,
    Quand Paris a voulu d’Égypte les merveilles 16?

        Dieu de bonté, bénis à jamais notre nom :
    Je mourrai sans finir, en mourant en Bourbon.

        Défendre son pays, et d’un bras redoutable,
    Est le plus juste augure, et le plus favorable.
        Braves Russes, le Ciel voulut nous le prouver :
    Notre ennemi fuyant, ne vit, pour se sauver,
    Que les bras d’un rival qu’il redoute et déteste.
    […]
        De la Sainte-Alliance affermissons l’Empire […]17.

    11Plusieurs passages font en outre allusion à 1814 comme l’année de la paix retrouvée18, tandis que Napoléon apparaît comme une figure de l’intempérance, un gourmand déséquilibrant l’univers. Le règne universel de Prince Estomac, règne qui se fait « à table » (ST, 55) semble donc évoquer l’avènement de la Restauration, selon une association fréquemment utilisée dans le discours gastronomique sur le mode du calembour19. Aussi l’esprit de parti présent dans La Stomaciade peut-il être lui-même suspecté d’être ironique, d’autant que le rétablissement de la monarchie, avec l’exil de Napoléon en mai 1814, marque précisément le triomphe de la langue philomélienne :

    Et la langue nouvelle, en place de l’ancienne,
    Tout d’une voix reçut le nom : Philomélienne.
    Les règnes aussitôt…. Tout en procession,
    Par un beau jour de mai, de corps, de cœur et d’âme,
    Aux Cordilières marche arborer l’oriflamme
    Où les vers annoncés se trouvèrent écrits,
            Surmontés de trois fleurs de lys20 ;

    12Le quatrième et dernier chant brouille, en particulier, l’axiologie de la représentation allégorique de la Restauration par le « prince Estomac ». Le dernier dialogue du poème le met en effet en présence d’un « Suisse-Allemand » rebaptisé « Or et Compagnie », allusion implicite au rétablissement de la Fédération avec la chute de l’Empire, rétablissement qui rend de nouveau possible l’emprunt aux banques helvètes :

    Tout-à-coup dans les airs on entend : clic-clac…. gare !
            Prr ! prr !… à boire ! une cigarre [sic] !…
    Estomac dit : paix là ! tout jouit en repos….
            Au cri d’arrêt pour les chevaux,
            C’est un Suisse-Allemand, je gage….
    Juste, dit une voix…. Excusez mon tapage….
    Je viens, sire Estomac, me rendre à mon devoir.
        Un peu plus tôt j’aurais bien dû vous voir ;
            Mais dans une contrée antique,
            Appelée Helvétique,
    On me tenait captif à faire des biscuits.
    C’est Or et Compagnie…. Écho nous a transmis
            Les doux accords de la plus belle fête….
            Tous nos geoliers en ont perdu la tête….
            Et nous voilà devant tous nos amis.
    Estomac répartit : mais c’est une merveille.
    Mes ministres, à l’Or offrez une bouteille.
                Vous venez, n’est-ce pas,
    Pour payer grassement l’universel repas21 ?

    13Estomac apparaît donc in fine comme l’allié de l’Argent, dont il écoute patiemment les conseils économiques : « Transforme en moi la valeur nominale : / Bientôt disparaîtra cette vaine rivale » (ST, 93).

    14Enfin, la « morale » du poème prône une aurea mediocritas détiético-politique bien surprenante :

    Le bien, c’est ni trop, ni trop peu :
    Tout garde la santé, si tout remplit ce vœu.
    Reprenons vos travaux ; recommençons la vie :
    Aimons nos chefs et la patrie.
    Que dans tout l’Univers
    Ce qui sent, se meut et respire,
    À l’unisson chante ces vers,
    En formant des vœux pour l’Empire22

    15Incarnation parodique, car trop universelle, et jouant avec les attentes de l’allégorie savante, La Stomaciade apparaît comme une allégorie à tiroirs, reprenant le jeu permis par le double sens de « restauration », mais sans lui associer une signification politique stable. Formellement proche de la poésie didactique, ce poème héroï-comique se présente davantage comme une collection parodique des savoirs construits à partir de l’estomac. Les « quatre chants » du pseudo-professeur Danzel exploiteraient à plein le potentiel allégorique d’un organe finalement bien opportuniste, et dont l’empire semble fondé par la reconnaissance du ventre : « On ne me fait du bien qu’en aimant bien la loi, / Le tout-puissant, l’état, les chambres et le roi. » (ST, 48).

    Prosopopée et belles infidèles

    16Cette intention parodique est également explicite dans l’ouvrage de Sydney Whiting, bien que la traduction française, sélective, choisisse de la mettre à distance. Le docteur Gros précise en effet dans son « avant-propos » qu’il n’a pas reproduit le fictif courrier des lecteurs qui accompagnait l’édition (la huitième) sur laquelle se fonde sa traduction, bien que ce passage soit exemplaire du « style facétieux et humoristique particulier qui caractérise le livre » (ME, vi). Le médecin français ne reproduit pas non plus le frontispice qui ornait l’édition anglaise [fig. 1] et évoquait très fortement une autre caricature, célèbre, de George Cruikshank, « le Granville et le Cham anglais23 » [fig. 2]. Si l’indigestion représentée dans les Memoirs insiste sur le rôle joué par l’alcool (on y voit un blason orné de bouteilles avec une devise portant l’inscription « More !!! »), la lune personnifiée et les petits démons représentés sur la gauche du dessin rappellent en effet les motifs de l’Indigestion de Cruikshank.

    Fig. 1 : George W. Terry, gravure, frontispice à Whiting Sydney, Memoirs of a Stomach. Written by himself, that all who eat may read, 1853.

    Image

    Fig. 2 : George Cruikshank, Indigestion, 1835, gravure, couleur à la main.

    Image

    17Le traducteur français ajoute en revanche tout un appareil de notes pour commenter, rectifier ou évaluer le livre qu’il traduit (déjà lui-même accompagné de notes). Du fait de sa profession, il se montre moins intéressé par le « jeu d’esprit satyrique [sic], tout-à-fait dans le goût anglais » que par la « vérité pratique » qu’il permet de relayer (ME, vii). De fait, les notes ajoutées, excepté quelques précisions concernant des jeux de mots difficilement traduisibles, sont majoritairement consacrées à l’actualisation ou à la vérification d’un savoir médico-diététique. Le docteur Gros dit par exemple avoir fait l’économie des « étymologies comiques de Swift, et d’autres » mentionnées dans la préface qui a pour but de montrer que M. Stomach « occup[e] un rang supérieur à [s]on assistant, M. Brain » (ME, ix). Il les remplace, d’une certaine manière, par sa propre note, sérieuse, sur l’étymologie du terme « intelligence » :

    (a) L’auteur aurait pu, à l’appui de ses prétentions, rappeler l’étymologie du mot intelligence : Intelligere (inter et legere), choisir entre, signifie littéralement discerner : Prestigias a veritate intelligere (Lactant.). Discerner les prestiges ou l’imposture, de la vérité. Or, on conviendra que l’estomac, sûrement guidé par son instinct organique, sait mieux choisir et reconnaître ce qui lui convient, et souvent rejeter les substances nuisibles ou trop abondantes. — Le cerveau, au contraire, en tant qu’organe de la pensée, accepte tout, accueille les idées les plus disparates, et se repaît plus avidement même de poisons que de vrais aliments, de mensonges que de vérités. — (Trad.)24

    18La traduction française cherche donc à infléchir le registre de l’œuvre originale, en valorisant sa dimension didactique au détriment du jeu permis par la représentation allégorique, alors que les deux sont, dans l’original, indissociables. Les Mémoires sont en effet parcourus de petits textes allégoriques adoptant différentes formes : une « entrevue du / docteur et du patient / Acte 1. Scène 1) », suivie d’une série de prescriptions contradictoires permettant, d’après les mots même du traducteur, une « boutade satyrique contre les médecins » (ME, 66) ; un long dialogue intitulé « L’Allopathe et l’Homœpathe se rencontrant » (ME, 49) dans lequel est enchâssée une scène fictive de procès confrontant « l’Oxide » (l’oxyde d’argent) à son juge (« Son Honneur ») ; ou encore un poème intitulé « Le poète et l’estomac », qui stigmatise les « efforts abortifs » (ME, 75) de Bookworm, et consacre la supériorité de la ventriloquie25. Le texte débute en outre par une « Légende de la Cornemuse » issue d’« un vieux manuscrit écrit en caractères anglais-gothiques » (ME, 22) visant à expliquer une similitude de forme qui, précise Stomach, « ne prévient point en [s]a faveur » (ME, 17). Cette légende fantaisiste place en effet clairement les Mémoires de Stomach sous le signe de la blague, et d’un lyrisme pour le moins dissonant. L’argument en est simple : un Roi Magicien et pirate conquit jadis l’Écosse, et transforma l’estomac du courageux Picte qui le défia en un instrument de musique dont les sons, « aussi perçants que les cris d’un homme torturé » (ME, 25), avaient pour but d’apaiser les Euménides. Le procédé eut tôt fait de se retourner contre les envahisseurs : « Bientôt un naturel du pays l’ayant trouvé, et s’étant mis à en jouer, ils [les envahisseurs] se précipitèrent tous vers leurs vaisseaux, en se bouchant les oreilles, et ils ne mirent jamais plus les pieds sur le rivage d’Alben » (ME, 26).

    19L’optique savante et sérieuse du médecin français l’amène donc sans doute à commettre de belles infidèles. L’historien britannique Ian Miller26 rappelle en effet que l’obsession victorienne pour la digestion remonte au xviiie siècle, aux travaux de Robert Whytt qui popularisent le concept de « sympathie nerveuse », ainsi qu’aux convictions de l’influent médecin John Abernethy, qui voit dans l’estomac le centre de cette « sympathie nerveuse » dont dépendent maladie ou santé. En 1853, date de publication des Memoirs of a Stomach, la dyspepsie constitue donc depuis plusieurs décennies une « maladie nationale » (c’est ce que démontre Ian Miller) et la grande popularité de l’ouvrage outre-manche s’explique sans doute davantage par sa forme parodique que par l’acuité de ses conseils diététiques (essentiellement un éloge de la natura medicatrix, qui a souvent une dimension satirique). Le choix d’un « ministre de l’Intérieur » comme éditeur des paroles de Stomach peut dans ce contexte constituer une allusion à l’ampleur politique donnée au problème de la dyspepsie, problème auquel le docteur Gros se montre à son tour sensible (mais en tant que médecin, non en tant qu’écrivain), à une époque où la dyspepsie devient en France un objet d’intérêt et un enjeu médical d’importance27.

    20Les Mémoires d’un estomac sont donc en réalité emblématiques des ambiguïtés traversant la littérature panoramique. L’ouvrage apparaît comme le pendant anglais des physiologies littéraires françaises et de leur mélange typique de sérieux et de grotesque. La réception et la traduction de l’ouvrage en France sont à cet égard représentatives, dans la mesure où l’efficacité de la parodie est à la fois réduite et confirmée : en évacuant les passages trop ouvertement caricaturaux, le docteur Gros donne crédit à un discours scientifique dont il ne perçoit pas l’intention comique générale, ce malentendu confirmant l’efficacité du dispositif adopté, mais aussi la gastromanie d’un siècle que la France de la décadence adopte sans recul.

    21Cornemuse ou rossignol, citoyen ou « Prince », l’estomac endosse, dans ces prosopopées, des identités et des formes multiples, au gré de l’imagination des auteurs, mais en fonction d’un principe que ces deux textes corroborent : organe à bien des égards central, l’estomac semble avoir la vertu d’incarner la satire, en offrant aux divers sujets qui lui sont attachés une unité allégorique et des structures imaginaires pour le faire. À la fois ministre malmené et potentat capricieux, voire versatile, il articule dans ces deux textes problématique physiologique et problèmes politiques, sans que le fonctionnement allégorique ne fige une représentation. Ce faisant, les auteurs de La Stomaciade et des Mémoires d’un estomac montrent que le discours autre que l’allégorie de l’estomac permet de tenir est beaucoup plus ample et complexe que la simple stigmatisation d’appétits physiologiques.

    Notes de bas de page

    1 Pour plus de détails sur ces évocations, voir Marquer Bertrand, L’autre siècle de Messer Gaster ? Physiologies de l’estomac dans la littérature du xixe siècle, Paris, Hermann, 2017, en particulier p. 64, 85, 286. La presse gastronomique ne comporte qu’une seule véritable prosopopée, due au Bibliophile Jacob dans le second numéro du Gastronome, journal universel du goût (18 mars 1830). Elle prend la forme d’un long « dialogue philosophico-médico-gastronomico-littéraire » entre le Cerveau et l’Estomac qui inverse la hiérarchie au profit de l’organe de la digestion.

    2 Pr Danzel, La Stomaciade. Poème héroï-comique en quatre chants, Paris, chez les libraires qui tiennent des nouveautés, 1821. Les références à cette édition, désormais notée ST, seront par la suite données entre parenthèses.

    3 Whiting Sydney, Mémoires d’un estomac écrits par lui-même pour le bénéfice de tous ceux qui mangent et qui lisent, et édités par un ministre de l’Intérieur, traduction de l’anglais par le Dr Gros, Paris, Baillière, 1874. Les références à cette édition, désormais notée ME, seront par la suite données entre parenthèses.

    4 Bookworm signifie, littéralement, « ver à bouquins ».

    5 Macé Jean, Les Serviteurs de l’estomac, pour faire suite à L’Histoire d’une bouchée de pain, Paris, J. Hetzel, « Bibliothèque d’éducation et de récréation », 1875. Le titre joue avec l’étymologie du mot ministre (minister, serviteur).

    6 ST, 9-10.

    7 Sur cette emprise, voir Marquer Bertrand, « “Cette grande opération de la vie : la digestion.” Biologie et gastronomie », dans Klinkert Thomas, Séginer Gisèle (dir.), Littérature française et savoirs biologiques au xixe siècle. Traduction, transmission, transposition, Berlin, De Gruyter, « Mimesis », 2019, p. 127-137.

    8 Sur Delille voir, dans ce volume, l’article de Hugues Marchal, p. 97.

    9 Le chant du rossignol – Philomèle – y est l’emblème de la mélancolie.

    10 « Que c’est beau ! dira Rossini » (ST, 75).

    11 Balzac Honoré de, Œuvres complètes, Paris, A. Houssiaux, 1855, p. 89.

    12 Allusion à Angelica Catalani, célèbre soprano à qui Louis XVIII donna le privilège du Théâtre italien de Paris. ST, 58-59.

    13 Voir Dupont de Nemours Pierre-Samuel, Sur l’instinct. Mémoire lu à la classe des sciences physiques et mathématiques de l’Institut national, dans ses séances du 21 juillet, du 11 et du 18 août 1806, Paris, imprimerie de la Revue philosophique, 1806, p. 39-40.

    14 A., «  Mémoire sur l’instinct, lu à la classe des sciences physiques et mathématiques de l’Institut national, dans ses séances du 21 juillet, du 11 et du 18 août ; par M. Dupont de Nemours (IIIe et dernier Extrait) », rubrique « VARIÉTÉS », Le Journal de l’Empire, 8 octobre 1806, p. 3.

    15 Créquy Renée-Caroline de Froullay, Souvenirs de la marquise de Créquy de 1740 à 1803, t. 5, Paris, H.-L. Delloye, 1840, p.  223.

    16 ST, 11-12.

    17 ST, 61.

    18 Voir par exemple p. 56, ou la note p. 25.

    19 Voir sur ce point Marquer Bertrand, L’autre siècle de Messer Gaster ?, op. cit., p. 31-34.

    20 ST, 57.

    21 ST, 80.

    22 Nous soulignons. ST, 95. Estomac avait par ailleurs confessé précédemment, lors de l’allusion à la campagne de Russie : « J’ai triomphé de moi : je préférais l’Empire » (ST, 62).

    23 Le Figaro, 22 juin 1862.

    24 ME, x.

    25 « Après avoir composé ce qu’on vient de lire, je me sentis l’esprit plus à l’aise ; et j’ai la vanité de croire que ce petit essai surpassa les efforts abortifs de mon maître. Je me rappelle quelques-unes de ses misérables effusions ; et j’en parle au lecteur pour avertir quiconque en aurait besoin que, pendant qu’il croit déclamer au vent ses balivernes poétiques, il peut se trouver là un estomac qui écoute tout, avec le mépris sur les lèvres, et la rancune dans le cœur. » (ME, 74-75).

    26 Miller Ian, A Modern History of the Stomach: Gastric Illness, Medicine and British Society, 1800-1950, Londres, Pickering & Chatto, 2011.

    27 Sur l’importance de cette maladie à la fin du siècle et son lien avec la Décadence, voir Marquer Bertrand, « Portrait de l’artiste en dyspeptique », dans Reverzy Éléonore, Marquer Bertrand (dir.), La cuisine de l’œuvre au xixe siècle. Regards d’artistes et d’écrivains, Strasbourg, Presses universitaires de Strasbourg, « Configurations littéraires », 2013, p. 63-75.

    Auteur

    • Bertrand Marquer

      Université de Strasbourg, Institut universitaire de France.

    Précédent Suivant
    Table des matières

    Le texte seul est utilisable sous licence Licence OpenEdition Books. Les autres éléments (illustrations, fichiers annexes importés) sont « Tous droits réservés », sauf mention contraire.

    Voir plus de livres
    L’Europe en automobile

    L’Europe en automobile

    Octave Mirbeau écrivain voyageur

    Éléonore Reverzy et Guy Ducrey (dir.)

    2009

    Écriture et silence au xxe siècle

    Écriture et silence au xxe siècle

    Michèle Finck et Yves-Michel Ergal (dir.)

    2010

    Les Formes du politique

    Les Formes du politique

    Corinne Grenouillet et Éléonore Reverzy (dir.)

    2010

    Pouchkine, poète de l’altérité

    Pouchkine, poète de l’altérité

    Évelyne Enderlein et Tatiana Victoroff (dir.)

    2012

    La cuisine de l’œuvre au xixe siècle

    La cuisine de l’œuvre au xixe siècle

    Regards d’artistes et d’écrivains

    Bertrand Marquer et Éléonore Reverzy (dir.)

    2013

    Littérature comparée et correspondance des arts

    Littérature comparée et correspondance des arts

    Michèle Finck et Yves-Michel Ergal (dir.)

    2014

    Le Modèle végétal dans l’imaginaire contemporain

    Le Modèle végétal dans l’imaginaire contemporain

    Inès Cazalas et Marik Froidefond (dir.)

    2014

    Renaissances du Mystère en Europe

    Renaissances du Mystère en Europe

    Fin xixe siècle - début xxie siècle

    Anne Ducrey et Tatiana Victoroff (dir.)

    2015

    Alain Suied

    Alain Suied

    L’attention à l’Autre

    Michèle Finck, Pascal Maillard et Patrick Werly (dir.)

    2015

    Les Goncourt historiens

    Les Goncourt historiens

    Éléonore Reverzy et Nicolas Bourguinat (dir.)

    2017

    Les Fables du politique des Lumières à nos jours

    Les Fables du politique des Lumières à nos jours

    Éléonore Reverzy, Pierre Hartmann et Romuald Fonkoua (dir.)

    2012

    Victorien Sardou, un siècle plus tard

    Victorien Sardou, un siècle plus tard

    Guy Ducrey (dir.)

    2007

    Voir plus de livres
    1 / 12
    L’Europe en automobile

    L’Europe en automobile

    Octave Mirbeau écrivain voyageur

    Éléonore Reverzy et Guy Ducrey (dir.)

    2009

    Écriture et silence au xxe siècle

    Écriture et silence au xxe siècle

    Michèle Finck et Yves-Michel Ergal (dir.)

    2010

    Les Formes du politique

    Les Formes du politique

    Corinne Grenouillet et Éléonore Reverzy (dir.)

    2010

    Pouchkine, poète de l’altérité

    Pouchkine, poète de l’altérité

    Évelyne Enderlein et Tatiana Victoroff (dir.)

    2012

    La cuisine de l’œuvre au xixe siècle

    La cuisine de l’œuvre au xixe siècle

    Regards d’artistes et d’écrivains

    Bertrand Marquer et Éléonore Reverzy (dir.)

    2013

    Littérature comparée et correspondance des arts

    Littérature comparée et correspondance des arts

    Michèle Finck et Yves-Michel Ergal (dir.)

    2014

    Le Modèle végétal dans l’imaginaire contemporain

    Le Modèle végétal dans l’imaginaire contemporain

    Inès Cazalas et Marik Froidefond (dir.)

    2014

    Renaissances du Mystère en Europe

    Renaissances du Mystère en Europe

    Fin xixe siècle - début xxie siècle

    Anne Ducrey et Tatiana Victoroff (dir.)

    2015

    Alain Suied

    Alain Suied

    L’attention à l’Autre

    Michèle Finck, Pascal Maillard et Patrick Werly (dir.)

    2015

    Les Goncourt historiens

    Les Goncourt historiens

    Éléonore Reverzy et Nicolas Bourguinat (dir.)

    2017

    Les Fables du politique des Lumières à nos jours

    Les Fables du politique des Lumières à nos jours

    Éléonore Reverzy, Pierre Hartmann et Romuald Fonkoua (dir.)

    2012

    Victorien Sardou, un siècle plus tard

    Victorien Sardou, un siècle plus tard

    Guy Ducrey (dir.)

    2007

    Voir plus de chapitres

    L’illicite transporteur de fonds

    Bertrand Marquer

    Physiologie du goût ou « les Symposiaques de la bourgeoisie »

    Bertrand Marquer

    Introduction

    Bertrand Marquer

    Conclusion

    Bertrand Marquer

    Introduction

    Bertrand Marquer

    L’art de passer à table : une mise en fiction du politique au xixe siècle

    Bertrand Marquer

    Portrait de l’artiste en dyspeptique

    Bertrand Marquer

    Préface

    Bertrand Marquer et Éléonore Reverzy

    Hystéries républicaines : le nerf de la guerre

    Bertrand Marquer

    Épilogue

    Bertrand Marquer

    Avant-propos

    Johann Goeken, Bertrand Marquer et Enrica Zanin

    Voir plus de chapitres
    1 / 11

    L’illicite transporteur de fonds

    Bertrand Marquer

    Physiologie du goût ou « les Symposiaques de la bourgeoisie »

    Bertrand Marquer

    Introduction

    Bertrand Marquer

    Conclusion

    Bertrand Marquer

    Introduction

    Bertrand Marquer

    L’art de passer à table : une mise en fiction du politique au xixe siècle

    Bertrand Marquer

    Portrait de l’artiste en dyspeptique

    Bertrand Marquer

    Préface

    Bertrand Marquer et Éléonore Reverzy

    Hystéries républicaines : le nerf de la guerre

    Bertrand Marquer

    Épilogue

    Bertrand Marquer

    Avant-propos

    Johann Goeken, Bertrand Marquer et Enrica Zanin

    Accès ouvert

    Accès ouvert

    ePub

    PDF

    PDF du chapitre

    Acheter

    Édition imprimée

    Presses universitaires de Strasbourg
    • amazon.fr
    • decitre.fr
    • mollat.com
    • leslibraires.fr
    • placedeslibraires.fr

    1 Pour plus de détails sur ces évocations, voir Marquer Bertrand, L’autre siècle de Messer Gaster ? Physiologies de l’estomac dans la littérature du xixe siècle, Paris, Hermann, 2017, en particulier p. 64, 85, 286. La presse gastronomique ne comporte qu’une seule véritable prosopopée, due au Bibliophile Jacob dans le second numéro du Gastronome, journal universel du goût (18 mars 1830). Elle prend la forme d’un long « dialogue philosophico-médico-gastronomico-littéraire » entre le Cerveau et l’Estomac qui inverse la hiérarchie au profit de l’organe de la digestion.

    2 Pr Danzel, La Stomaciade. Poème héroï-comique en quatre chants, Paris, chez les libraires qui tiennent des nouveautés, 1821. Les références à cette édition, désormais notée ST, seront par la suite données entre parenthèses.

    3 Whiting Sydney, Mémoires d’un estomac écrits par lui-même pour le bénéfice de tous ceux qui mangent et qui lisent, et édités par un ministre de l’Intérieur, traduction de l’anglais par le Dr Gros, Paris, Baillière, 1874. Les références à cette édition, désormais notée ME, seront par la suite données entre parenthèses.

    4 Bookworm signifie, littéralement, « ver à bouquins ».

    5 Macé Jean, Les Serviteurs de l’estomac, pour faire suite à L’Histoire d’une bouchée de pain, Paris, J. Hetzel, « Bibliothèque d’éducation et de récréation », 1875. Le titre joue avec l’étymologie du mot ministre (minister, serviteur).

    6 ST, 9-10.

    7 Sur cette emprise, voir Marquer Bertrand, « “Cette grande opération de la vie : la digestion.” Biologie et gastronomie », dans Klinkert Thomas, Séginer Gisèle (dir.), Littérature française et savoirs biologiques au xixe siècle. Traduction, transmission, transposition, Berlin, De Gruyter, « Mimesis », 2019, p. 127-137.

    8 Sur Delille voir, dans ce volume, l’article de Hugues Marchal, p. 97.

    9 Le chant du rossignol – Philomèle – y est l’emblème de la mélancolie.

    10 « Que c’est beau ! dira Rossini » (ST, 75).

    11 Balzac Honoré de, Œuvres complètes, Paris, A. Houssiaux, 1855, p. 89.

    12 Allusion à Angelica Catalani, célèbre soprano à qui Louis XVIII donna le privilège du Théâtre italien de Paris. ST, 58-59.

    13 Voir Dupont de Nemours Pierre-Samuel, Sur l’instinct. Mémoire lu à la classe des sciences physiques et mathématiques de l’Institut national, dans ses séances du 21 juillet, du 11 et du 18 août 1806, Paris, imprimerie de la Revue philosophique, 1806, p. 39-40.

    14 A., «  Mémoire sur l’instinct, lu à la classe des sciences physiques et mathématiques de l’Institut national, dans ses séances du 21 juillet, du 11 et du 18 août ; par M. Dupont de Nemours (IIIe et dernier Extrait) », rubrique « VARIÉTÉS », Le Journal de l’Empire, 8 octobre 1806, p. 3.

    15 Créquy Renée-Caroline de Froullay, Souvenirs de la marquise de Créquy de 1740 à 1803, t. 5, Paris, H.-L. Delloye, 1840, p.  223.

    16 ST, 11-12.

    17 ST, 61.

    18 Voir par exemple p. 56, ou la note p. 25.

    19 Voir sur ce point Marquer Bertrand, L’autre siècle de Messer Gaster ?, op. cit., p. 31-34.

    20 ST, 57.

    21 ST, 80.

    22 Nous soulignons. ST, 95. Estomac avait par ailleurs confessé précédemment, lors de l’allusion à la campagne de Russie : « J’ai triomphé de moi : je préférais l’Empire » (ST, 62).

    23 Le Figaro, 22 juin 1862.

    24 ME, x.

    25 « Après avoir composé ce qu’on vient de lire, je me sentis l’esprit plus à l’aise ; et j’ai la vanité de croire que ce petit essai surpassa les efforts abortifs de mon maître. Je me rappelle quelques-unes de ses misérables effusions ; et j’en parle au lecteur pour avertir quiconque en aurait besoin que, pendant qu’il croit déclamer au vent ses balivernes poétiques, il peut se trouver là un estomac qui écoute tout, avec le mépris sur les lèvres, et la rancune dans le cœur. » (ME, 74-75).

    26 Miller Ian, A Modern History of the Stomach: Gastric Illness, Medicine and British Society, 1800-1950, Londres, Pickering & Chatto, 2011.

    27 Sur l’importance de cette maladie à la fin du siècle et son lien avec la Décadence, voir Marquer Bertrand, « Portrait de l’artiste en dyspeptique », dans Reverzy Éléonore, Marquer Bertrand (dir.), La cuisine de l’œuvre au xixe siècle. Regards d’artistes et d’écrivains, Strasbourg, Presses universitaires de Strasbourg, « Configurations littéraires », 2013, p. 63-75.

    Allégories de l’estomac au xixe siècle

    X Facebook Email

    Allégories de l’estomac au xixe siècle

    Vous pouvez vous connecter à votre bibliothèque à l’adresse suivante : https://freemium.openedition.org/oebooks

    Suggérer l’acquisition à votre bibliothèque

    Si vous avez des questions, vous pouvez nous écrire à access[at]openedition.org

    Allégories de l’estomac au xixe siècle

    Vérifiez si votre bibliothèque a déjà acquis ce livre : authentifiez-vous à OpenEdition Freemium for Books.

    Vous pouvez suggérer à votre bibliothèque d’acquérir un ou plusieurs livres publiés sur OpenEdition Books. N’hésitez pas à lui indiquer nos coordonnées : access[at]openedition.org

    Vous pouvez également nous indiquer, à l’aide du formulaire suivant, les coordonnées de votre bibliothèque afin que nous la contactions pour lui suggérer l’achat de ce livre. Les champs suivis de (*) sont obligatoires.

    Veuillez, s’il vous plaît, remplir tous les champs.

    La syntaxe de l’email est incorrecte.

    Référence numérique du chapitre

    Format

    Marquer, B. (2020). Ventriloquies : La Stomaciade et Mémoires d’un estomac. In B. Marquer (éd.), Allégories de l’estomac au xixe siècle. Strasbourg: Presses universitaires de Strasbourg. https://doi.org/10.4000/books.pus.24003
    Marquer, Bertrand. « Ventriloquies : La Stomaciade et Mémoires d’un estomac ». In Allégories de l’estomac au xixe siècle, édité par Bertrand Marquer. Strasbourg: Presses universitaires de Strasbourg, 2020. doi:10.4000/books.pus.24003.
    Marquer, Bertrand. « Ventriloquies : La Stomaciade et Mémoires d’un estomac ». Allégories de l’estomac au xixe siècle, édité par Bertrand Marquer, Presses universitaires de Strasbourg, 2020, https://doi.org/10.4000/books.pus.24003.

    Référence numérique du livre

    Format

    Marquer, B. (éd.). (2020). Allégories de l’estomac au xixe siècle. Strasbourg: Presses universitaires de Strasbourg. https://doi.org/10.4000/books.pus.23913
    Marquer, Bertrand, éd. Allégories de l’estomac au xixe siècle. Strasbourg: Presses universitaires de Strasbourg, 2020. doi:10.4000/books.pus.23913.
    Marquer, Bertrand, éditeur. Allégories de l’estomac au xixe siècle. Presses universitaires de Strasbourg, 2020, https://doi.org/10.4000/books.pus.23913.
    Compatible avec Zotero Zotero

    1 / 3

    Presses universitaires de Strasbourg

    Presses universitaires de Strasbourg

    • Mentions légales
    • Plan du site
    • Se connecter

    Suivez-nous

    • Facebook
    • LinkedIn
    • Instagram
    • Flux RSS

    URL : http://pus.unistra.fr

    Email : info.pus@unistra.fr

    OpenEdition
    • Candidater à OpenEdition Books
    • Connaître le programme OpenEdition Freemium
    • Commander des livres
    • S’abonner à la lettre d’OpenEdition
    • CGU d’OpenEdition Books
    • Accessibilité : partiellement conforme
    • Données personnelles
    • Gestion des cookies
    • Système de signalement