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Conclusion de la seconde partie
p. 285-286
Texte intégral
1De façon attendue, les diverses traditions religieuses appréhendent le cimetière comme un espace physique de rencontre entre le monde des morts et celui des vivants. Bien que la plupart des textes sacrés ou des doctrines religieuses y consacrent généralement des références, la nécessité de les compléter est ressentie par les autorités religieuses et les hommes de religion pour appréhender la réalité terrestre et sociale que sont les cimetières. Car, assez paradoxalement au regard de la place essentielle faite aux défunts dans les différentes traditions religieuses exposées ici, le cimetière n’apparaît pas systématiquement comme une question centrale, mais comme une conséquence secondaire du sort à réserver aux corps désormais privés de vie terrestre, une réalité parmi d’autres liée au décès, l’âme des défunts demeurant la principale préoccupation. Les cimetières protestants français, entre autres, l’illustrent, la religion réformée étant née dans un cadre dès l’origine hostile à la visibilité d’une religion autre que catholique.
2Les prescriptions religieuses dans le domaine des funérailles sont par ailleurs soumises aux effets de la mobilité des croyants, appelant une adaptation supplémentaire. Les pratiques funéraires s’articulent alors avec d’autres considérations liées au phénomène diasporique ou, plus largement migratoire, dont la question du rapatriement des corps vers la terre d’origine, que cette « origine » soit récente ou beaucoup plus ancienne, remontant à plusieurs siècles. Il en ressort des textes religieux qui reflètent et portent des prescriptions applicables à un contexte donné et évoluent lorsque celui-ci change, parfois de manière radicale, posant la question de la traduction et de l’adaptation de règles posées dans une situation géographique, historique et sociétale différente. Certaines règles apparaissent ainsi des siècles plus tard comme le souvenir d’usages anciens et comme des vecteurs de mémoire d’une époque lointaine. Certaines subsistent comme un fil qui relie les croyants à travers les époques. L’on songe par exemple au refus de la crémation, commun au judaïsme et à l’islam, qui renvoie par ailleurs à la réception de la normativité religieuse par l’ordre normatif civil. Du point de vue des traditions religieuses, l’on observe alors les rapports classiques d’indifférence, de compatibilité ou d’opposition entre les deux normativités.
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Le pluralisme religieux dans les cimetières en Europe
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