Introduction
p. 179-180
Texte intégral
1Les institutions religieuses ont, pendant des siècles, joué un rôle central sinon exclusif dans l’organisation des cimetières et des funérailles, en conformité avec les doctrines dont elles assurent la transmission. À l’égal des édifices du culte – sinon davantage lorsque l’on songe à certaines périodes historiques pour les cultes juif et protestants – les cimetières ont façonné le paysage rural et urbain et donné aussi, d’une certaine façon, la mesure du pluralisme religieux. Au xxe siècle, les cimetières – publics ou confessionnels – reflètent l’arrivée sur le sol européen de nouvelles traditions religieuses au sens où leur présence se manifeste dans des proportions inédites.
2Si les institutions religieuses ne sont plus aujourd’hui en situation de monopole dans l’appréhension voire la détermination du sort réservé aux défunts, elles continuent d’être présentes et actives, même avec de sensibles variations d’un État européen à un autre et dans un contexte de sécularisation. À partir de là, il paraît utile de se pencher sur ce que les principales traditions religieuses présentes en Europe disent des cimetières et des funérailles, pour apprécier comment les rites funéraires religieux s’y expriment et pouvoir ainsi envisager leurs répercussions sur les réglementations profanes – et inversement – dans ce domaine.
3Les limites d’une approche égalitaire formelle ici invitaient à dépasser la juxtaposition et de tenir compte de ce que ces diverses doctrines religieuses se déploient, de façon multiséculaire pour la majorité d’entre elles, dans les sociétés civiles européennes, qu’il s’agisse de faire de ce constat un simple point de départ ou au contraire le centre du propos. Aussi le chapitre consacré aux cimetières juifs renvoie-t-il autant aux sources juives sur ce sujet qu’aux pratiques observables en France (chapitre 8).
4Les adaptations du droit canonique de l’Église catholique au contexte contemporain des sociétés occidentales méritent également que l’on s’y intéresse, après des siècles de domination quasi exclusive de « l’enclos paroissial » (chapitre 9).
5Par ailleurs, l’attention prêtée aux pratiques funéraires musulmanes – dans les travaux doctrinaux – se focalise le plus souvent sur leur compatibilité avec les législations funéraires civiles et comme un point d’observation, plus largement, de la façon dont le statut des cultes intègre les spécificités de cette importante minorité religieuse qui s’est installée plus récemment que d’autres dans les États européens. De là, l’intérêt résidait plutôt dans la « découverte » de ce que dit le droit musulman à propos des cimetières, tant la doctrine concernée est jusqu’à présent demeurée succincte sur ce point (chapitre 10).
6L’absence pour ainsi dire de droit interne protestant, particulièrement sur les cimetières, justifie une approche historique qui interroge, dans le contexte français essentiellement, l’idée même d’un cimetière protestant (chapitre 11).
7Enfin, le chapitre consacré aux pratiques funéraires de la diaspora chinoise en France ne traite pas directement d’une doctrine religieuse, mais repose sur un angle sociologique qui permet d’avoir une vision des rites funéraires liés aux « religions asiatiques » dans les cimetières français, tout en clarifiant précisément l’appellation « religions asiatiques » (chapitre 12).
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Formation du droit canonique et gouvernement de l’Église de l’Antiquité à l’âge classique
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