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    Plan détaillé Texte intégral Évolution de la villa du « Grésil » Organisation spatiale de la villa Apports de la campagne de fouille de 2013 Synthèse et perspectives de recherches Bibliographie Notes de bas de page Auteurs

    Journées archéologiques de Haute-Normandie. Alizay, 20-22 juin 2014

    Ce livre est recensé par

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    Résultats des opérations menées en 2013 sur la villa du « Grésil » : analyses géophysiques, pédologiques et sondages archéologiques

    Results of work conducted in 2013 on the “Grésil” villa (Seine-Maritime): geophysical, pedological and archaeological surveys

    Jérôme Spiesser et Alain Giosa

    p. 93-100

    Résumés

    Les opérations archéologiques menées en 2013 sur la villa du « Grésil » avaient deux objectifs distincts. D’une part, les analyses géophysiques et pédologiques ont permis de caractériser l’organisation du site et le potentiel agronomique des sols environnants. D’autre part, une campagne de sondages archéologiques a été programmée pour préciser la chronologie du site, ses activités et la gestion de son environnement immédiat.

    The archaeological operations carried out in 2013 on the “Gresil” villa had two specific objectives. Firstly, geophysical analysis and soil research characterised the site organization and the soil’s agronomic potential. Secondly, an archaeological survey campaign was aimed at clarifying the site chronology, productions and the management of its immediate surroundings.

    Entrées d’index

    Mots-clés : gallo-romain, Haut-Empire, villa, géophysique, pédologie, anthracologie

    Texte intégral Évolution de la villa du « Grésil » Le premier état Le second état Organisation spatiale de la villa Analyse géophysique Étude archéopédologique Apports de la campagne de fouille de 2013 Une occupation qui débute à l’époque augustéenne ? Un premier état en terre et bois sur solins Un second état partiellement maçonné Abandon du site Synthèse et perspectives de recherches Bibliographie Bibliographie Notes de bas de page Auteurs

    Texte intégral

    1Situé au cœur des forêts de « La Londe » et du « Rouvray », à 14 km au sud de Rouen, le site du « Grésil » correspond à une villa gallo-romaine (fig. 1). Au Haut-Empire, elle se trouvait en Gaule lyonnaise et plus précisément dans la cité des Véliocasses dont Rotomagus (Rouen) était le chef-lieu. La proximité de la Seine et de la voie antique reliant Rotomagus à l’agglomération secondaire d’Uggate (Caudebec-lès-Elbeuf) offrait à cet établissement rural un cadre favorable à son développement, du fait de son insertion dans les réseaux commerciaux locaux. Il fallait bien cela pour motiver son implantation dans ce secteur peu favorable aux activités agro-pastorales. En effet, la profondeur de la nappe phréatique (120 m) et la faible épaisseur des sols n’offrent pas le meilleur contexte de productivité agricole.

    2L’enjeu des recherches menées depuis 2011 sur ce site est de caractériser ses productions agro-pastorales et la gestion de son environnement immédiat, afin de comprendre les limites des connaissances agronomiques antiques et les critères qui motivaient l’implantation d’un habitat rural gallo-romain dans ce contexte.

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    Fig. 1. Carte des sites antiques à proximité de la villa du « Grésil » (trait noir : voie ; grand rond bleu : habitat rural fouillé ; petit rond rouge : autre site antique fouillé ; petit rond orange : indices d’occupations antiques ; DAO : J. Spiesser).

    3L’exploration de la villa du « Grésil » a commencé en 1903 par l’excavation de trois bâtiments antiques (fig. 2 ; Vesly, 1904, p. 118-120). Cette fouille a été menée sur une courte période puisque la nature des vestiges ne permettait pas de répondre à la problématique de recherche de L. de Vesly, centrée sur les lieux de cultes. Un siècle plus tard, la réalisation de prospections pédestres visant à identifier plusieurs anomalies topographiques repérées sur un relevé LIDAR1 a amené la « redécouverte » du site. Cependant, seuls deux des bâtiments (2 et 3) sondés par L. de Vesly ont pu être localisés avec précision (Dardignac et al., 2012, p. 71-74). En 2012, une campagne de prospection géophysique préalable à une opération de sondages a mis en évidence un bâtiment maçonné inédit (bât. 4). Les fouilles réalisées l’été suivant ont permis de préciser la nature, la chronologie et le potentiel archéologique du site. Deux états successifs ont été identifiés au cours de cette intervention.

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    Fig. 2. Plan du second état de la villa (beige : mur maçonné ; bleu : soubassements en pierres sèches ; gris : hypothèse de restitution des murs ; DAO : J. Spiesser).

    Évolution de la villa du « Grésil »

    Le premier état

    4Un probable premier état du bâtiment résidentiel semble être aménagé dans la seconde moitié du Ier siècle après J.-C. Il se matérialise par un solin de pierres sèches large de 0,8 m, supportant une élévation en matériaux périssables. Cet état reste cependant hypothétique puisqu’il n’a été observé que dans deux sondages.

    Le second état

    5Au milieu du IIe siècle après J.-C., la pars urbana de la villa semble entièrement réaménagée (fig. 3). Elle est ceinturée par un enclos d’environ 4 000 m2 ouvert au nord-est. Le mur d’enceinte entoure trois bâtiments. Deux de ces bâtiments, localisés aux angles nord-est et sud-est de la pars urbana, sont parfaitement symétriques. Ils se divisent en deux pièces et leur particularité est d’avoir une architecture qui mêle différents matériaux et techniques de construction. Ainsi, l’une des pièces est entièrement maçonnée tandis que l’autre présente deux murs maçonnés et deux parois en matériaux périssables reposant sur un solin de pierres sèches. La faible superficie de ces pièces (15 m2) et la présence de débris d’amphores et de jattes retrouvées ici en quantité plus importante que dans les autres secteurs, permettent d’envisager une fonction d’espace de stockage. Le bâtiment central correspond sans doute au lieu de vie des propriétaires de la villa. Cette hypothèse repose sur sa situation au cœur du grand enclos, sur la présence de décors peints, ainsi que sur la nature et la forte densité de vestiges retrouvés. Il s’agit d’un espace maçonné de 27,6 m2 composé d’une ou plusieurs pièces, alignées en direction du nord-ouest. La pièce sud, construite en opus vittatum, possède un sol en opus caementicum et un décor mural peint, partiellement conservé in situ. Le mobilier céramique retrouvé dans les quelques sondages réalisés en 2012 permet de supposer que la villa a été abandonnée aux alentours de la fin du IIe siècle après J.-C.

    Organisation spatiale de la villa

    6Dans l’objectif d’étudier la gestion environnementale à proximité de l’établissement, il paraissait indispensable de caractériser l’organisation du site et la variabilité des sols. Une campagne de prospection géophysique et d’analyses pédologiques a par conséquent été réalisée en 2013.

    Analyse géophysique

    7Une analyse de résistivité électrique du sol a été effectuée par pôle-pôle2 sur une surface d’un hectare (fig. 3). Il a été décidé de réaliser cette étude sur la pars urbana ainsi que sur un secteur situé au sud-est comportant plusieurs talus fossilisés sous le couvert forestier. La comparaison de la carte de résistivité électrique obtenue avec les anomalies topographiques repérées sur le relevé LIDAR et les vestiges découverts en fouille permet d’interpréter les anomalies géophysiques. D’une part, les édifices apparaissent plus conducteurs que le sol environnant. D’autre part, les murs délimitant les parcelles sont très résistants à l’électricité. Les horizons archéologiques observés en fouille permettent d’expliquer ces phénomènes. En effet, les remblais de construction et les niveaux d’occupations présents au sein des bâtiments ont une pierrosité beaucoup plus faible que les strates liées à la démolition des murs de clôture. Cette étude a mis en évidence l’existence supposée d’un nouveau bâtiment dans l’angle sud-ouest de la pars urbana, ainsi qu’une tripartition possible de cet espace. Concernant la moitié sud de l’aire d’étude, plusieurs talus résistants à l’électricité ont été décelés. Ils correspondent probablement à des murs. Cependant, à l’exception de leurs morphologies et de leurs orientations, similaires à celles de l’enceinte résidentielle, aucun indice ne permet de proposer leur contemporanéité avec la villa du « Grésil ». De même, le secteur peu conducteur localisé à l’angle sud-ouest de cette zone ne peut donner lieu à une quelconque interprétation en l’absence d’une fouille archéologique.

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    Fig. 3. Interprétation des anomalies de résistivité électrique de la villa du « Grésil » (DAO : J. Spiesser).

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    Fig. 4. Caractérisation des sols présents autour de la villa du « Grésil » (DAO : A. Giosa).

    Étude archéopédologique

    8La caractérisation des sols du « Grésil » a été réalisée à partir d’observations et de prélèvements effectués au sein de 119 fosses pédologiques, réparties sur une surface de 3,5 ha. Malheureusement, l’aménagement voisin du circuit automobile des « Essarts » a fortement perturbé le secteur est de la villa. Cette zone a par conséquent été exclue de l’aire d’étude archéopédologique. Un prélèvement systématique de l’horizon présent à 0,1 m de profondeur a été réalisé sur chacune des fosses. Selon la variabilité observée d’une fosse à l’autre, des prélèvements complémentaires ont été effectués. 179 échantillons d’un volume constant de 0,4 l ont été pesés et tamisés (mailles de 4,2 et 0,2 mm) pour définir la pierrosité des différents types de sols. Des analyses complémentaires sont toujours en cours afin d’aller plus loin dans la caractérisation de l’impact anthropique sur les sols (susceptibilité magnétique, teneurs en phosphate, en carbonate et en matière organique). Au total, cinq types de sols ont pu être identifiés aux alentours de l’établissement (fig. 4). Les podzo-peyrosols sont des sols très pierreux, acides et lessivés. Ces terrains peu fertiles et très difficiles à travailler se retrouvent autour de la pars urbana, à l’exception du côté est (fig. 5). Les peyrosols localisés dans l’angle nord-ouest de l’enclos résidentiel sont aussi très pierreux et acides. Ils sont par conséquent de très mauvais sols pour l’agriculture. Leur partie supérieure a été tronquée sous l’action anthropique. La cause de cet enlèvement ne peut être expliquée en l’état actuel des connaissances. La grande majorité des sols présents au sein de la pars urbana peuvent être qualifiés d’anthroposols archéologiques. Fortement modifiés par les apports anthropiques, ils correspondent donc aux espaces où la stratigraphie archéologique est la plus conséquente. Deux types d’anthroposols ont été identifiés. Les anthroposols archéologiques artificiels sont les niveaux d’occupation et de démolition des bâtiments gallo-romains. Les autres anthroposols archéologiques sont dits construits. Il s’agit de remblais pouvant atteindre 0,5 m d’épaisseur. Ils sont présents sur une grande partie de la pars urbana. Leurs épaisseurs sont beaucoup plus importantes au sud, où il est possible de les interpréter comme un remblai visant à niveler l’aire interne de cet espace domestique. Les luvisols identifiés à l’est du secteur d’étude sont des sols limoneux, observés jusqu’à un mètre de profondeur. Il s’agit de sols fertiles et faciles à travailler. Plusieurs fosses pédologiques réalisées dans ces luvisols ont d’ailleurs livré de possibles horizons de labours. Il sera toutefois nécessaire de vérifier cette hypothèse dans les prochaines années.

    9La comparaison des données pédologiques avec les structures archéologiques observées permet d’affirmer que la capacité agronomique des sols a été prise en compte dans l’organisation de la villa du « Grésil ». La pars urbana a en effet été installée sur les sols pierreux et peu fertiles (podzo-peyrosols) afin d’optimiser la surface des terres arables (luvisols). L’ouverture de l’enclos résidentiel en direction des sols fertiles, l’existence d’un probable mur entourant ces luvisols ainsi que la présence de supposés horizons de labours viennent appuyer cette hypothèse.

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    Fig. 5. Carte archéopédologique de la villa du « Grésil » (DAO : A. Giosa).

    Apports de la campagne de fouille de 2013

    10En 2013, la campagne de fouilles avait pour objectif de vérifier la présence d’un premier état du bâtiment résidentiel et de probables autres édifices antiques à l’emplacement d’anomalies géophysiques conductrices (fig. 6).

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    Fig. 6. Localisation des sondages (bleu clair : sondage de 2012 ; rose : sondage de 2013 ; DAO : J. Spiesser).

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    Fig. 7. Relevés photogramétriques du bâtiment résidentiel en milieu et en fin de campagne (relevé : R. Méreuze).

    Une occupation qui débute à l’époque augustéenne ?

    11La découverte de quelques tessons augustéens dans les horizons anthropiques les plus précoces remet en cause la date de création de la villa. Cependant, la pauvreté du mobilier et l’absence de structure associée nous obligent à rester très prudents sur cette hypothèse.

    Un premier état en terre et bois sur solins

    12Dans la seconde moitié du Ier siècle après J.-C., un bâtiment résidentiel d’au moins 54 m2 a été aménagé au centre de la pars urbana. Cette habitation, matérialisée par la découverte de solins en pierres sèches, devait avoir une élévation en matériaux périssables. En l’état actuel des connaissances, elle se divisait en deux pièces (fig. 7). L’une, située sous la pièce maçonnée du deuxième état, mesure 5,5 m de long sur 4,5 m de large. La seconde, au nord-ouest, est plus allongée et mesure 11,5 sur 2,5 m. Le mur nord de cette dernière n’a pu être appréhendé en fouille. Il a, en effet, été détruit au cours d’une fouille ancienne, dont aucun document ou mention n’a été retrouvé (fig. 8). Néanmoins, l’arrêt brutal des murs est et ouest fournit un aperçu de l’emprise de cette pièce. Il faut aussi noter la différence de morphologie entre les deux solins qui délimitent son aire interne (fig. 9). Celui de l’est mesure 0,7 m de large, alors que le mur ouest ne repose que sur un alignement de silex dont le gabarit avoisine les 0,2 m de diamètre. Il apparaît donc envisageable que ce dernier ne soit qu’une cloison interne du bâtiment résidentiel. L’entrée principale de cette habitation a aussi pu être observée. Elle est matérialisée par une interruption d’un mètre au centre du mur est de la pièce la plus allongée. Des blocs de silex d’environ 0,5 m de diamètre ont été observés de chaque côté de cette entrée. La fouille des niveaux stratigraphiques du premier état du bâtiment résidentiel a permis la découverte de nombreux vestiges, dont un couvercle de boîte à sceaux en alliage cuivreux (fig. 10). Cet objet possède un décor composé d’arabesques. Sa forme en goutte est très répandue outre-Manche et semble indiquer des contacts commerciaux entre l’établissement du « Grésil » et la Britannia (Boucher et Feugère, 2009, p. 11).

    13Le sondage 501, localisé à l’angle sud-ouest de la pars urbana, a aussi livré des structures correspondant au premier état de la villa. Il s’agit d’un probable fossé en relation avec un niveau d’occupation. La présence de battitures, d’éléments de parois de fours et de rejets de foyers suggère la proximité d’une forge.

    Un second état partiellement maçonné

    14Vers le milieu du IIe siècle après J.-C., la pars urbana semble nivelée par la mise en place d’un remblai. Dans le même temps, le sol de la pièce sud du bâtiment résidentiel est surélevé de 0,2 m. Cet édifice est reconstruit en opus vittatum avec un léger décalage vers l’ouest. La pièce nord en matériaux périssables semble toujours occupée et même réaménagée, puisqu’un hérisson composé de silex est mis en place pour surélever et consolider le sol. L’intérieur de la pièce maçonnée possède un décor mural peint composé de panneaux verts et ocres séparés d’un fond rouge par un liseré blanc. Plusieurs fragments témoignent de l’existence de vignettes à l’intérieur de ces panneaux. Ce type de décor semble caractéristique de la Gaule et de l’Italie septentrionale au IIe siècle après J.-C. (Carrive, 2014, p. 41-42). Phénomène plus surprenant, les parois extérieures de cette pièce possèdent aussi un décor mural peint, partiellement conservé en place. Ce dernier est néanmoins beaucoup plus simple puisque les deux tiers des fragments retrouvés ont une couche picturale rouge et le tiers restant ne possède qu’un badigeon blanc. Il est possible que cette décoration extérieure ait été protégée par un auvent. La présence d’un niveau d’occupation large de 1,5 m et longeant les murs sud et ouest de cette pièce vient conforter cette hypothèse. Cette strate a livré plusieurs tessons de céramique appartenant à différentes formes de faisselles (fig. 11). Ce type de mobilier permet de supposer la présence d’une activité de fabrication de produits laitiers sur le site. En l’état actuel des connaissances, il est cependant difficile de savoir s’il s’agit d’une production domestique ou à usage commercial.

    15Le sondage 501 a aussi livré des vestiges appartenant au second état de la villa, notamment un mur maçonné. Bien qu’il s’agisse de la seule structure mise en évidence pour cette période, la découverte de vestiges mobiliers en très grande quantité suppose l’existence d’un bâtiment à proximité.

    Abandon du site

    16Contrairement aux hypothèses évoquées en 2012, les derniers niveaux d’occupation de l’établissement ont livré quelques tessons du IIIe siècle après J.-C. Il apparaît donc probable que l’abandon du site ait eu lieu dans la première moitié de ce siècle.

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    Fig. 8. Sondage 110 en cours de fouille (cliché : J. Spiesser).

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    Fig. 9. Vestiges du premier état du bâtiment résidentiel, sondage 109 (cliché : J. Spiesser).

    Synthèse et perspectives de recherches

    17Les opérations menées en 2013 ont permis de prouver que la villa du « Grésil » était organisée en fonction du potentiel agronomique des sols environnants. Ainsi, les propriétaires ont installé la pars urbana sur des sols pierreux peu productifs afin d’optimiser la possible exploitation des sols environnants, plus fertiles. Ces derniers sont probablement ceinturés par un mur relié à l’angle nord-est de l’enceinte résidentielle. L’établissement rural du « Grésil » possède un premier état aménagé dans la seconde moitié du Ier siècle après J.-C. Toutefois, la présence d’un état bâti de la période augustéenne n’est pas à exclure. Le premier état est composé d’une probable forge et d’un bâtiment résidentiel d’au moins 54 m2, érigé en matériaux périssables sur solins en pierres sèches. Vers le milieu du IIe siècle après J.-C., l’habitat est entièrement réaménagé. L’espace résidentiel est nivelé grâce à un remblai et la partie sud de l’habitation est alors surélevée et maçonnée. Dans le même temps, deux bâtiments de stockage sont aménagés aux angles nord-est et sud-ouest de la pars urbana. L’abandon de cet habitat rural semble aujourd’hui attribuable à la première moitié du IIIe siècle après J.-C. La campagne de 2013 marque aussi la mise en évidence de relations commerciales entre cet établissement et la Britannia, la présence probable d’un « atelier » de fabrication de produits laitiers sur le site et la possible existence d’horizons de labours conservés. Ces dernières hypothèses reposent néanmoins sur peu d’éléments. Par conséquent, elles feront l’objet d’une attention toute particulière lors des prochaines recherches.

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    Fig. 10. Couvercle de boîte à sceau retrouvé dans les niveaux du premier état (dessin et cliché : J. Spiesser).

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    Fig. 11. Fragment de faisselle en céramique retrouvé dans les niveaux du second état (cliché : J. Spiesser).

    Bibliographie

    Bibliographie

    AFES (2009) – Référentiel pédologique 2008, Versailles, Quae, Collection Savoir-faire, p. 88-98.

    Boucher T. et Feugère M. (2009) – Les boîtes à sceau romaines du musée de Montagnac (Hérault). Instrumentum, 29, p. 9-12.

    Carrive M. (2014) – La peinture postpompéienne en Italie. Dossiers d’archéologie, 366, p. 40-43.

    Dardignac C., Benaily G. et Le Jeune Y. (2012) – Rapport des prospections pédestres en forêt de La Londe/Rouvray, Rouen, Service régional de l’archéologie de Haute-Normandie.

    Vesly L. de (1904) – La forêt de Rouvray archéologique, préhistoire, légende, fouilles de 1903. Bulletin de la Société normande d’études préhistoriques, XI, p. 131-146.

    Notes de bas de page

    1 Light Detection and Ranging.

    2 Le matériel a été gracieusement mis à notre disposition par J. Thiesson (maître de conférences à l’université Pierre-et-Marie-Curie-Paris 6, UMR 7619 Sisyphe).

    Auteurs

    • Jérôme Spiesser

      Doctorant à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, UMR 7041 ArScAn, équipe Archéologies environnementales

    • Alain Giosa

      Doctorant à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, UMR 7041 ArScAn, équipe Archéologies environnementales

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    Journées archéologiques de Haute-Normandie. Alizay, 20-22 juin 2014

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    Journées archéologiques de Haute-Normandie. Alizay, 20-22 juin 2014

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    Spiesser, J., & Giosa, A. (2015). Résultats des opérations menées en 2013 sur la villa du « Grésil » : analyses géophysiques, pédologiques et sondages archéologiques. In N. Bolo, F. Carré, & L. Liogier (éds.), Journées archéologiques de Haute-Normandie. Alizay, 20-22 juin 2014. Mont-Saint-Aignan: Presses universitaires de Rouen et du Havre. https://doi.org/10.4000/books.purh.4279
    Spiesser, Jérôme, et Alain Giosa. « Résultats des opérations menées en 2013 sur la villa du “Grésil” : analyses géophysiques, pédologiques et sondages archéologiques ». In Journées archéologiques de Haute-Normandie. Alizay, 20-22 juin 2014, édité par Nathalie Bolo, Florence Carré, et Luc Liogier. Mont-Saint-Aignan: Presses universitaires de Rouen et du Havre, 2015. doi:10.4000/books.purh.4279.
    Spiesser, Jérôme, et Alain Giosa. « Résultats des opérations menées en 2013 sur la villa du “Grésil” : analyses géophysiques, pédologiques et sondages archéologiques ». Journées archéologiques de Haute-Normandie. Alizay, 20-22 juin 2014, édité par Nathalie Bolo et al., Presses universitaires de Rouen et du Havre, 2015, https://doi.org/10.4000/books.purh.4279.

    Référence numérique du livre

    Format

    Liogier, L., Bolo, N., & Carré, F. (éds.). (2015). Journées archéologiques de Haute-Normandie. Alizay, 20-22 juin 2014. Mont-Saint-Aignan: Presses universitaires de Rouen et du Havre. https://doi.org/10.4000/books.purh.4232
    Liogier, Luc, Nathalie Bolo, et Florence Carré, éd. Journées archéologiques de Haute-Normandie. Alizay, 20-22 juin 2014. Mont-Saint-Aignan: Presses universitaires de Rouen et du Havre, 2015. doi:10.4000/books.purh.4232.
    Liogier, Luc, et al., éditeurs. Journées archéologiques de Haute-Normandie. Alizay, 20-22 juin 2014. Presses universitaires de Rouen et du Havre, 2015, https://doi.org/10.4000/books.purh.4232.
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