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    Plan

    Plan détaillé Texte intégral Introduction Une collection de dessins La geste professionnelle Le care héroïsé Humour et autodérision de la profession Conclusion Bibliographie Annexe Notes de bas de page Auteur

    Genre, images et représentations dans les sphères de l’éducation, de la formation et du travail

    Ce livre est recensé par

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    Table des matières

    Chapitre 5. Militante de l’école : les combats d’une maîtresse-héroïne Profession et contre-culture iconographique

    Sophie Devineau

    p. 71-90

    Texte intégral Bibliographie Bibliographie Annexe Annexe Contexte des représentations de l’enseignante Le service d’une cause nationale Un travail très exigeant L’engagement pédagogique Les combats ordinaires Personnage de contes de fées Héroïne des missions impossibles Le travail d’accompagnement et d’attention individuelle Le travail de gestion des émotions Le travail de soin aux élèves Hiérarchie sexuée dans les savoirs et les professions Humour et autodérision Notes de bas de page Auteur

    Texte intégral

    Introduction

    1Dans la mise en images du travail féminin, l’enseignante est une figure classique dans le sens où elle est inscrite dans les représentations sociales de longue date (Zancarini-Fournel, 2005 ; Rogers, 2002 ; Rogers et Thébaud, 2010). Et si l’imaginaire a longtemps tourné autour du personnage du maître d’école dépeint par Marcel Pagnol, la profession (aujourd’hui féminisée à plus de 80 %) est représentée et se représente par des modèles féminins. Dans l’univers des médias où enseigner est un métier qui s’incarne dans des images de femmes souvent stéréotypées et sexistes, on s’intéressera spécifiquement aux choix éditoriaux de la revue syndicale du SNUIPP1 (Syndicat national unitaire des instituteurs professeurs des écoles et PEGC) visant une représentation de la professeure des écoles, syndiquée, militante d’une ambition éducative progressiste.

    2La question qui sera étudiée ici porte précisément sur la manière de présenter ces professionnelles comme des travailleuses avec des problèmes liés au travail, à son organisation et à son fonctionnement. C’est donc l’image forgée par le syndicat qui nous intéressera et ce que les choix opérés disent des rapports sociaux de sexe dans le discours iconographique tenu sur les métiers. Une des hypothèses qui sera testée concerne la place de l’idéologie domestique de la mère éducatrice ou de la maternité spirituelle (Van Essen et Rogers, 2003). Il s’agit de la part accordée au soin et à la sollicitude pour décrire l’activité du travail comme principe actif sexiste féminisant la profession. La relation à autrui, le service d’accompagnement de l’élève, s’ils définissent bien une part du métier, ne sauraient prendre le pas sur l’expertise pédagogique sous peine de surdéterminer l’éducation scolaire comme un avatar de l’économie familiale (Folbre, 1994 ; Sofer, 2003), et l’enseignement comme une profession du care (Molinier, 2003 ; Hochschild, 1983). Sur ce point se noue un enjeu crucial de reconnaissance d’une qualification à haute valeur salariale quand prévaut partout la division sexuée du travail. En effet, les compétences relationnelles sont moins valorisées parce que non répertoriées en tant qu’indices d’une professionnalisation élevée et ce phénomène touche particulièrement des secteurs d’emplois occupés majoritairement par des femmes (Soares, 1998 ; Pfefferkorn, 2007).

    3Il s’agira donc d’observer comment un syndicat progressiste défend dans ses publications une profession très féminisée à travers les portraits d’une maîtresse d’école. L’étude vise d’une part à saisir l’image que le syndicat cherche à promouvoir, et à en repérer les traits distinctifs au sein des rapports sociaux de genre. Deux grandes séries de questions seront examinées : le recours à l’image de l’enseignante échappe-t-il à la mise en avant de la femme salariée sous l’angle exclusif de son dévouement aux jeunes élèves ? L’héroïsation de cette figure professionnelle évite-t-elle les poncifs sur les qualités « féminines naturelles » ?

    4Le parti pris méthodologique est ici autant illustratif que démonstratif, puisque les images sélectionnées pour l’étude s’adossent en amont à une enquête par questionnaires sur la part du care dans les représentations des métiers de l’éducation (Devineau et Confais, 2017). Le matériau principal de l’enquête est constitué de dessins humoristiques du dessinateur Brizemur2 publiés au cours des treize dernières années par la revue Fenêtres sur cours du SNUIPP. Porte-parole des enseignant·e·s du 1er degré de l’enseignement public, ce syndicat est majoritaire et de cette façon souscrit au critère de la représentativité. La base de données comprend une centaine de dessins dont ont été extraites les trente-deux images les plus typiques. Par ailleurs, le choix de concentrer l’analyse sur un seul support de diffusion d’images et sur un unique artiste vise à contrôler la polysémie de ce matériau particulier (Barthes, 1964 ; Joly, 1993 ; Debray, 1991 ; Gervereau, 2000 ; Bounie). Cela permet d’interroger les modalités de l’héroïsation du point de vue du regard que porte la profession sur elle-même au fil d’une collection homogène de thèmes qui émaillent la vie scolaire. La facture empathique plutôt qu’hagiographique des données d’enquête repose sur une posture clairement progressiste (anti-sexiste, anti-raciste). On étudiera ainsi les mises en scène de la critique sociale des rapports de domination, notamment par les procédés de renversement des situations et des clichés. Ici, l’analyse sociologique se réalise à l’échelle collective de la représentation identitaire de la profession dont l’ethos est construit autour du service public, de l’intérêt général et de la relation aux élèves (Baudelot et Gollac, 2003).

    5Cette optique justifie le choix du matériau iconographique centré sur le dessinateur étroitement associé à chacun des numéros de la revue de telle sorte que l’on peut parler de réelle identification de l’illustrateur à la profession enseignante et aux causes défendues par ce syndicat (fig. 10).

    Une collection de dessins

    6Tout l’intérêt de cette collection réside dans l’entreprise de déconstruction des stéréotypes véhiculés par les caricatures sexistes de la maîtresse d’école, forcément vieille et donc archaïque, toujours revêche et donc autoritaire, ou bien à l’inverse aguicheuse usant de ses charmes féminins de manière outrancière pour séduire ses élèves. Les représentations du métier dans l’univers des jouets comme dans celui de la littérature jeunesse proposent tantôt une érotisation à travers la poupée Barbie maîtresse d’école, tantôt le cliché de la maîtresse à lunettes, image diffusée dans la collection « P’tite fille » des éditions fleurus (fig. 11). Aucun de ces traits négatifs ne parcourt les dessins de Brizemur qui tout au contraire brosse le portrait d’une jeune enseignante, gaie, simple et pleine de ressorts devant l’adversité. Plongée au milieu de ses élèves pour affronter les mille petits défis du quotidien d’une classe, elle figure avec une profonde humanité l’engagement au travail. Le thème central de l’œuvre est celui de la maîtresse seule alliée de ses élèves contre tous, l’institution, le ministère autant que les parents, tantôt montrée dans la réalité prosaïque de son métier, tantôt métamorphosée en fée sauveuse d’enfants en danger. L’univers enfantin qui mêle le magique et le réel est ainsi parfaitement rendu. On l’aura compris, l’histoire qui nous est contée est pleine de bonne humeur dans une école joyeuse défendue par une maîtresse dévouée et vaillante.

    7Cette image enjolivée, si elle gomme la face moins glorieuse de ces professionnel·lle·s compris dans leur sociologie statistique (Bourdieu et Passeron, 1964 ; Zimmermann, 1978 ; Léger, 1983 ; Perrenoud, 1984 ; Devineau et Léger 2001), signale que le personnage est moins ordinaire qu’il n’y paraît, puisqu’il décrit l’enseignante militante portant les grandes causes de son syndicat. Renvoyer une image combative est d’abord l’indice que le jeu social n’est pas tendre et que les rapports sociaux qui se jouent dans l’école sont largement construits à l’extérieur de ses murs, ensuite cela montre que le syndicat prend pleinement part à la construction de la politique éducative en démontant auprès de son lectorat chacune des pièces de la domination. Se jouer des stéréotypes de la mère éducatrice en soulignant le professionnalisme qui est nécessaire dans la pratique contribue sans doute à rectifier l’image sexiste d’un métier « parfait pour les femmes », « plus que parfait pour les mères de familles » de surcroît.

    8Le récit de l’engagement ordinaire peut prendre alors des allures d’épopée lorsque, transformée en soldate, la maîtresse est mise en première ligne des grands combats pour la défense d’une école démocratique. Ingénieuse, elle réalise des prouesses pour intéresser ses élèves, ou pour satisfaire l’inspecteur. Mais il y a toujours de l’humilité dans l’expression de cet héroïsme discret qui est le lot de la vie professionnelle pour cette travailleuse sans fards. Le style du dessin est bon enfant, et l’innocence des expressions produit l’effet de contraste recherché avec les ambitions démesurées des objectifs assignés par la nation à l’enseignante. L’univers enfantin dans lequel est plongée la maîtresse d’école donne le ton d’un métier qui porte la cause des enfants à travers la revendication du droit à exercer son travail dans de bonnes conditions, sans subir la surcharge tatillonne des tâches administratives, sans faire face seule aux injonctions contradictoires des autorités de tutelles. La souffrance au travail n’est compensée que par la forte implication auprès des jeunes élèves et par la joie émancipatrice de lutter pour des idéaux.

    9L’entreprise de déconstruction de l’ordre établi est la trame du propos suivi sur treize ans de publications numérisées qui enchaînent les thématiques progressistes (anti-racisme, anti-sexisme, anti-homophobie, anti-dogmatisme religieux, anti-inégalitarisme)3. La fausse évidence d’un métier parfait pour les femmes est pointée par plusieurs illustrations qui dénoncent les représentations sexistes des métiers pour au contraire souligner qu’il s’agit d’un métier exigeant incompris, méconnu et peu reconnu.

    10Les figures types de la maîtresse d’école décrivent tout d’abord une travailleuse de force. La militante des droits des classes populaires incite à la force des bras la République à investir des moyens dans les zones d’éducation prioritaire (ZEP). Militante des droits des élèves, elle porte l’arme contre leurs ennemis, ou encore elle pousse seule le fauteuil des enfants porteurs de handicaps dans une institution qui montre peu d’égards pour les besoins réels d’encadrement de ces élèves. Sans faillir, elle ploie tout de même sous le poids des réformes qui se succèdent à un rythme effréné sans considération pour le temps de travail que cela suppose pour chaque nouveau chantier (fig. 12-13). Outre une charge de travail très lourde, c’est le manque de reconnaissance de la qualification élevée qui est mis en avant (fig. 14-15).

    La geste professionnelle

    Les prouesses du quotidien

    11À côté des grandes causes nationales, sont dépeintes ensuite les prouesses pédagogiques du quotidien avec une insistance sur le professionnalisme en acte repérable à des objectifs complexes et au jargon institutionnel. L’expertise dont fait preuve l’enseignante recouvre des aptitudes à la gestion de groupe, des compétences généralistes qui couvrent tout le spectre des disciplines et exigent l’engagement total du corps dans l’activité de travail. Selon le principe de liberté pédagogique, l’enseignante est plus qu’une technicienne des savoirs scolaires, elle est une conceptrice au sens de la création artisanale d’une pièce unique, faite main ou encore du spectacle donné par l’artiste seul·e en scène devant son public. L’injonction à l’innovation et à la performance pour gagner l’intérêt des élèves est traduite en image par la réalisation d’exploits. Ainsi aura-t-on affaire tour à tour à une cracheuse de feu, une maîtresse faisant les pieds au mur ou encore transfigurant une séance de lecture en une conquête de l’espace (fig. 16-19).

    12L’ordinaire de la militante de l’école est fait aussi d’une somme de combats contre tous les petits maux du métier lorsqu’il s’agit de contrer les rôles de genre imposés par les parents rendus visibles à travers une scène où trône le père violent qui terrorise son fils. C’est également le cas lorsqu’il s’agit de renverser le cliché de la petite fille qui n’aime pas les maths et de réprimander les comportements scolaires masculins habituels d’occupation de tout l’espace et de captation de l’attention des enseignantes. Un autre cliché particulièrement répandu et tenace concerne l’assignation des filles à l’enseignement sous le prétexte fallacieux que ce métier laisserait du temps et ce qui serait spécifiquement attendu des futures mères de famille ; le dessin s’empare du sujet pour provoquer l’indignation (fig. 20-22).

    Personnage de conte de fées

    13Personnage extraordinaire, la militante de la cause de l’école revêt parfois les habits des contes de fées, mais c’est elle qui détient pouvoir, force, courage et témérité. En un véritable retournement des rôles sociaux de sexe, elle affronte tous les adversaires en étant aux commandes des opérations. Tour à tour fée, cow-woman, soldate, elle est de tous les combats et de toutes les guerres pour sauver les élèves, l’école et son métier. Sous les traits d’une fée, l’enseignante conduit le carrosse du conte de Cendrillon pour emmener avec détermination ses élèves au « grand bal de la réussite pour tous ». Une autre fois, ce sera dans l’habit de la cow-woman que la maîtresse, hissée fièrement sur son cheval, fera traverser la rivière périlleuse des savoirs à son troupeau d’élèves qui menacent de se noyer. Parmi ses nombreux combats, celui mené contre le dragon est emblématique de l’accomplissement d’exploits professionnels transposés dans un monde de légende [fig. 23-25]. Avec pour toute arme un globe terrestre, la maîtresse affronte seule les problèmes de l’école grâce à la force et la rage de vaincre. Sauveuse des élèves et figure de la justice, elle fait preuve d’une habileté exceptionnelle dans une activité noble, comme la guerre. La maîtresse d’école emprunte ainsi le parcours initiatique de tout héros. Elle incarne le pouvoir d’agir contre les éléments et s’affirme comme la cheffe courageuse d’une troupe en révolte. Les clins d’œil aux contes de la littérature jeunesse et son univers poétique ouvrent le champ des idéaux humanistes, comme autant de rappels aux vertus d’une société juste.

    14Mais elle est aussi l’héroïne des missions impossibles, en conquérant par exemple les lauriers de la meilleure réussite de tous. Pour les personnages légendaires, cela correspond à l’apothéose par l’accomplissement de la quête la plus difficile. À cette étape du parcours héroïque, la protagoniste « sans peur et sans reproche » accède à la renommée et la gloire. Le dessin est l’occasion d’une critique ironique de la sélection et de l’élitisme scolaire (Lahire, 2008), des évaluations qui organisent la compétition entre les élèves les exposant au danger de la chute dans le gouffre de l’échec et placent la maîtresse dans une position elle-même périlleuse pour leur porter secours [fig. 26-27].

    15Cette suite de dessins réunit tous les ingrédients qui définissent les qualités du héros typique pour dépeindre une maîtresse d’école qui fait montre de bravoure et de ténacité dans des combats salvateurs. La sagesse, l’intelligence et la magnanimité complètent ce portrait où les codes de la virilité (Corbin, Courtine, Vigarello, 2011) vont être systématiquement détournés au profit du personnage de la militante de la cause de l’école. Parfois même transfigurée en véritable pasionaria de la cause scolaire, cette enseignante écrit un nouveau modèle féminin.

    Le care héroïsé

    16Travailleuse prise dans les rapports de genre, hiérarchiques – inspection, savoirs et recherche –, des rapports de pouvoir – gouvernement, politiques publiques –, la maîtresse d’école subit fortement les rôles sexués et les assignations du care4 – maternage, accompagnement, aide, protection et soin à la personne (Benelli et Modak, 2010 ; Hochschild, 1979 ; Rothier Bautzer, 2012). Évoquer ces aspects du métier se révèle important pour la défense de meilleures conditions de travail, mais c’est aussi très risqué pour l’artiste qui doit éviter d’enfermer son personnage dans les clichés sexistes.

    17Dans la série d’images consacrées au care, on peut voir à l’œuvre les procédés de recomposition des codes sexués par l’intervention de l’imaginaire qui décale les registres du maternage ou encore les clichés domestiques. L’objet de l’action de la maîtresse concerne explicitement les savoirs à transmettre, notamment la langue orale et écrite, soulignant de cette manière la professionnalité sous des dehors familiers et trompeurs d’une figure de la mère. C’est par le jeu des contrastes que l’artiste va rendre compte du fossé qui existe entre les représentations communes d’un métier essentiellement défini par les soins qu’apportent les professionnelles aux enfants, la vigilance qu’elles exercent pour garantir leur intégrité physique comme psychologique et la réalité des objectifs d’enseignement qu’elles ont pour mission de remplir. De sorte que cela dresse le portrait d’une professionnelle dont on attend presque tout, tant le spectre des gestes de travail semble étendu. L’ironie de la critique prive ainsi de toute valeur les indices domestiques pour mieux détruire les clichés de la mère éducatrice et replacer le débat au cœur de l’expertise pédagogique.

    18On peut s’en rendre compte à partir de l’illustration de l’entrée dans l’écrit des enfants en grande difficulté. Si le reste de l’image propose des éléments familiers d’une scène entre une mère à la piscine et son enfant, l’eau du bain de langue est représentée par les lettres de l’alphabet, indice s’il en est de l’instruction. La bienveillance de la maîtresse est un geste éminemment professionnel (Bucheton, 2008) d’encouragement devant les peurs enfantines et réclame de bonnes compétences en psychologie avec du temps à consacrer à chacun [fig. 28-30].

    19Le travail implique également des compétences spécifiques dans la gestion des émotions, aspect occulté de l’activité et pourtant très important comme dans les métiers du secteur social (Boujut, 2005). C’est précisément ce que visent à rendre visibles les situations inattendues évoquées par les illustrations où la maîtresse réagit avec sang-froid devant un élève qui s’accroche au rideau ou d’un élève en proie à un malaise [fig. 31-32].

    20Mais le travail du soin aux élèves est aussi remis à sa juste place, toujours derrière la découverte des savoirs : la maîtresse est tournée vers l’avenir et emmène ses jeunes élèves vers la conquête de la lune. Tous vêtus de la tenue professionnelle de cosmonaute, les codes de la virilité sont partagés sans distinction par les deux sexes pour les élèves comme pour l’enseignante. Ici, l’opposition s’opère entre la mère qui rappelle à l’enseignante l’ordonnance médicale pour son enfant et la découverte du monde par la science et la technologie modernes. Ou encore, face à une épidémie de grippe, la maîtresse poursuit stoïquement son enseignement d’arithmétique en proposant un exercice de mesure des températures [fig. 33-34].

    Humour et autodérision de la profession

    21Le métier de professeure des écoles occupe le bas d’une hiérarchie professionnelle sexuée (Devineau, 2012). Le travail des premiers apprentissages de la langue comme celui de la discipline confinent au sale boulot quand la recherche et l’encadrement sont masculins. Mais les rapports de pouvoir éminemment sexués vont être eux aussi raillés, à l’extérieur comme à l’intérieur de la profession. L’imaginaire comme procédé pour contrer le sexisme d’une scène est manifeste dans l’ensemble du discours artistique ; ainsi en est-il de la femme de ménage munie de son balai et de sa pelle qui contourne habilement l’univers domestique par l’invention de mots-animaux peuplant l’oral des élèves [fig. 35-37].

    22L’humour et l’autodérision permettent à la fois l’empathie pour le personnage de la maîtresse et la critique ironique du système scolaire, qu’il s’agisse de la République symbolisée par une Marianne complètement décalée par rapport aux réalités du métier, ou bien des inspecteur·trice·s de l’Éducation nationale qui attendent des miracles. De sorte que l’enseignante sort grandie de chacune des aventures qu’elle traverse toujours dans le rôle de guide [fig. 38-39].

    23Le pari de la défense de la femme diplômée, salariée dans un emploi largement défini par la relation à autrui, est une entreprise délicate tant les clichés sur les métiers exercés par les femmes imprègnent tous les modes d’expression et tant le déni de qualification de ces compétences est grand dans les professions du care. Pour qu’un dessin soit parlant, il doit concentrer le message en quelques traits et fait donc appel aux schémas les plus reconnus. Le tour de force alors est de réussir à détourner ces stéréotypes, autrement dit à déféminiser la composition du thème tout en gardant une femme comme personnage central. C’est le type de l’anti-héroïne qui en assure le succès puisque le caractère ordinaire de la protagoniste va être systématiquement déplacé dans une situation extraordinaire où elle déploie à cette occasion des qualités héroïques. Cette héroïne décalée provoque l’empathie et des sentiments positifs pour les valeurs de progrès qu’elle défend. La technique appartient à la bande dessinée et permet l’humour, ménageant ainsi une distance critique à une hagiographie trop appuyée.

    24Tout en convoquant l’imagerie maternante, les représentations de la maîtresse d’école parviennent à échapper aux stéréotypes sexistes par l’usage de la figure guerrière. Le recours aux personnages d’acrobate, de voltigeuse, de cascadeuse ou de dresseuse d’animaux exotiques est un autre ressort de ce récit syndical qui vise à exemplifier la profession.

    25Le comique de situation invite également à la critique d’une éthique excessive du dévouement (Molinier, 2000). L’imaginaire comme procédé pour contrer le sexisme d’une scène est manifeste dans l’ensemble du discours artistique, et les compositions utilisées formulent un récit qui s’apparente à l’épopée où le caractère principal est rendu sympathique à travers la pureté des intentions et des valeurs éducatives qu’il défend. Il en résulte un fort contraste avec l’institution sourde et aveugle aux difficultés, voire carrément méchante. Surtout, l’identification systématique des enjeux sociaux à l’œuvre évite l’infantilisation du personnage féminin toujours mis en scène dans un rôle de guide et d’opposante éclairée.

    Conclusion

    26En somme, l’entreprise de déconstruction des images sexistes réussit son pari et ouvre un espace à la reconnaissance professionnelle de tant d’expertise mise au service de la relation pédagogique. Le fil conducteur de cette représentation est celui du pouvoir d’agir. Ainsi, l’enseignante est une femme d’action, militante de la cause des enfants. L’inspiration rousseauiste de la volonté générale du syndicat s’incarne dans le petit groupe que forment la maîtresse et ses élèves qui se confrontent au pouvoir politique autoritaire. La visée transformatrice d’une école bourgeoise, élitiste et inégalitaire est soutenue par cette femme simple et courageuse qui prend en mains la politique de l’école. On rompt ici avec une conception misérabiliste et sexiste de l’enseignante s’accommodant de l’assignation à une profession dévalorisée et uniquement tournée vers le bénéfice qu’elle peut en tirer pour son propre foyer (Cacouault, 2003). Non seulement elle apparaît sous les traits d’une travailleuse infatigable et invincible dans ses convictions, mais elle démontre le fossé qui sépare la profession de l’univers domestique.

    27La figure de la militante de l’école que l’on suit au long des combats d’une maîtresse-héroïne fonctionne comme en écho à l’allégorie de La Liberté guidant le peuple de Delacroix choisie pour les affiches du syndicat. Le monde du travail enseignant se fait revendication de la fierté émancipatrice d’un métier hautement technique que l’on accomplit à travers une pensée critique. Le procédé produit une forme de légitimation de la puissance féminine, autant que la satire sociale ouvre des perspectives collectives ; le métier se montre ainsi en tant que groupe professionnel tournant le dos aux versions individualistes du métier (Kergoat, 2009). Dans le flot des images sexistes qui inonde les médias, le contrepoint opéré par cette ligne artistique soutient le mouvement pour la mixité et la parité et participe à la lutte contre les stéréotypes sexués sur les métiers.

    Bibliographie

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    Format

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    Boujut, Stéphanie. “Le travail social comme relation de service ou la gestion des émotions comme compétence professionnelle”. Déviance et Société, vols. 29, nos. 2, CAIRN, 2005, p. 141. Crossref, https://doi.org/10.3917/ds.292.0141.
    Cacouault-Bitaud, Marlaine. “12. La Sociologie De l’éducation Et Les enseignants : Cherchez La femme. ”. Le Travail Du Genre, La Découverte, 1 Jan. 2003, pp. 163-80. Crossref, https://doi.org/10.3917/dec.laufe.2003.01.0163.
    Hochschild, Arlie Russell. “Emotion Work, Feeling Rules, and Social Structure”. American Journal of Sociology, vols. 85, nos. 3, University of Chicago Press, Nov. 1979, pp. 551-75. Crossref, https://doi.org/10.1086/227049.
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    Cette bibliographie a été enrichie de toutes les références bibliographiques automatiquement générées par Bilbo en utilisant Crossref.

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    Perrenoud Philipe, 1984, La fabrication de l’excellence scolaire, Genève, Droz.

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    Zimmermann Daniel, 1978, « Langage non verbal de classe », Revue française de pédagogie, no 44, p. 46-70.

    Annexe

    Annexe

    fig. 10. Autoportrait de Brizemur et billet éditorial « Les 400 coups », juin 2014.

    Image

    Contexte des représentations de l’enseignante

    fig. 11. Première de couverture de Lisa joue à la maîtresse, par Christelle Mekdjian, Émilie Beaumont et Nathalie Bélineau, Paris, fleurus, « P’tite fille », 2008.

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    Le service d’une cause nationale

    12- « La militante des droits des classes populaires », Fenêtres sur cours, no 351, 7 février 2011, dossier « Éducation prioritaire. Besoin d’un vent nouveau ».

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    13- « La République se contente d’encourager la bonne volonté des travailleuses », Fenêtres sur cours, no 358, septembre 2011, dossier « Handicap, ça roule pas tout seul ».

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    Un travail très exigeant

    14- « La République se décharge sur les travailleuses », Fenêtres sur cours, no 391, novembre 2013, dossier : « Fonctionnement de l’école. Quelle direction ? » (fonction de directrice d’école).

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    15- « Le manque de reconnaissance de la qualification élevée », Fenêtres sur cours, no 401, août 2014, dossier sur une profession dégradée, dévalorisée, peu reconnue.

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    L’engagement pédagogique

    16- « Le professionnalisme en acte », Fenêtres sur cours, no 345, août 2014 et no 395, février 2014, dossier : « EPS, la remise en jeu »

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    17- « La cracheuse de feu », Fenêtres sur cours, no 287, août 2007, dossier sur le principe de liberté pédagogique : « L’enseignant est plus qu’un technicien des savoirs scolaires, il est un concepteur »

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    18- « Les pieds au mur », Fenêtres sur cours, no 386, septembre 2013, dossier sur l’injonction à l’innovation en pédagogie

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    19- « La conquête de l’espace (1) », Fenêtres sur cours, no 404, octobre 2014, dossier : les manuels scolaires, les mettre à la page ; la question des outils pédagogiques

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    Les combats ordinaires

    20- « Lutter contre les comportements de genre », Fenêtres sur cours, no 316, août 2008, dossier : la relation enseignants-parents, professionnaliser cette rencontre.

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    21- « L’égalité sexuée entre les élèves », Fenêtre sur cours, n° 394, janvier 2014, Dossier : Pour que l’école tourne rond. Des moyens pour l’école..

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    22- « Un métier parfait pour les femmes ? », Fenêtre sur cours, n° 395, février 2014, dossier sur le temps réel de travail : comptabiliser le travail visible et invisible.

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    Personnage de contes de fées

    23- « La fée », Fenêtre sur cours. 1ères classes, novembre 2011, dossier sur l’évaluation des élèves.

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    24- « La cow-woman », Fenêtre sur cours. 1ères classes, septembre 2011, dossier sur la refondation de l’école, du chemin à parcourir.

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    25- « Le combat contre le dragon », Fenêtres sur cours, no 343, août 2010, dossier « Retrouver son pouvoir d’agir » : le travail enseignant, la souffrance au travail, un problème collectif.

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    Héroïne des missions impossibles

    26- « Les lauriers de la vainqueuse de la réussite pour tous », Fenêtre sur cours, n° 300, août 2007, dossier sur une école de la valorisation et non de la compétition.

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    27- « La sauveuse du gouffre », Fenêtres sur cours, no 322, novembre 2008, dossier « Difficultés scolaires : on n’est pas aidé ».

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    Le travail d’accompagnement et d’attention individuelle

    28- « Le travail de l’accompagnement de l’entrée dans l’écrit : le bain de langue », Fenêtres sur cours, no 236, février 2003, dossier sur l’adaptation et l’intégration scolaire (AIS) des enfants en grande difficulté ».

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    29- « La militante rassurante contre la peur enfantine du loup », Fenêtres sur cours, no 308, janvier 2008, dossier sur l’éducation aux médias.

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    30- « La militante du temps pour chacun », Fenêtres sur cours, no 307, janvier 2008, dossier sur les rythmes scolaires ; les heures du samedi matin et le temps nécessaire aux apprentissages et à leur enseignement.

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    Le travail de gestion des émotions

    31- « La militante réagit avec sang-froid », Fenêtres sur cours, no 298, mai 2007, dossier sur les dispositifs d’accueil d’enfants porteurs de handicaps.

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    32- « Le travail d’accompagnement psychologique », Fenêtres sur cours. Premières classes, février 2012, dossier sur la pédagogie.

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    Le travail de soin aux élèves

    33- « La conquête de la lune (2) », SNUIPP, octobre 2005. Actualité : « Pourquoi faire complexe ? ». Le métier d’enseignant est complexe. Gérer cette complexité est le problème numéro un des difficultés du métier.

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    34- « Enseigner à des élèves malades », Fenêtres sur cours, no 330, septembre 2009, dossier « Santé, une éducation à prendre avec soin » : faire face aux problèmes de santé ordinaires (obésité, poux, traitement en cas de maladie chronique...)

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    Hiérarchie sexuée dans les savoirs et les professions

    35- « Ménage dans le travail de la langue orale », Fenêtres sur cours, no 206, janvier 2003, dossier sur l’enseignement de la langue orale.

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    36- « La recherche est masculine », Fenêtres sur cours, no 373, octobre 2012, dossier « Recherche et métier : des ponts à construire ».

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    37- « La hiérarchie institutionnelle est sexuée », Fenêtres sur cours, no 403, septembre 2014, dossier sur l’inspection.

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    Humour et autodérision

    38- « Un sigle syndical imprononçable », Fenêtres sur cours, no 235, janvier 2003

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    39- « La maîtresse-guide », Fenêtres sur cours, no 378, janvier 2013, dossier « La loi d’orientation ».

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    Notes de bas de page

    1 Le SNUIPP est affilié à la FSU (Fédération syndicale unitaire, première organisation syndicale de la fonction publique).

    2 Jean-Pierre Brizemur : http://portelune.com/pgs/tdm/cv/cvbrizemur.html (consulté le 2 mars 2018).

    3 Le premier numéro de Fenêtre sur cours est paru le 10 septembre 1992. Les archives numérisées disponibles et base de recueil des illustrations concernent les nos 223 à 411 et couvrent la période de septembre 2002 à avril 2015.

    4 Le terme, sans équivalent en français, caractérise une relation d’aide, familiale ou professionnelle ; il désigne tout à la fois l’activité de soin à une personne qui en dépend et le souci de la réception de ce soin, sa singularité résidant dans cette combinaison affûtée de compétences techniques et émotionnelles (Hochschild, 1983).

    Auteur

    • Sophie Devineau

      sophie.devineau@univ-rouen.fr

      Professeure des universités en sociologie à l’université de Rouen, directrice du laboratoire des dynamiques sociales (DySoLab, EA 7476.), co-directrice de la collection Genre à lire... et à penser aux PURH, membre du GIS-Institut du genre. Ses recherches portent sur les rapports sociaux de classe et de genre dans le champ de l’éducation, de l’orientation et des professions. Elle a notamment publié Le Genre à l’école des enseignantes : embûches de la mixité et leviers de la parité (L’Harmattan, 2012) et participé à Feminist interrogations of women’s hear haid (S. Barak-Brandes et A. Kama dir., Routledge, 2018). Parmi ses publications de 2018 : « Le travail en école maternelle. Des gestes de métier sous l’emprise du genre » (Regards sociologiques, n° 52), « L’éducation des filles, entre utopie révolutionnaire et affaire d’état » (Revue française de science politique, n° 6), « Working in higher education in France : a specific challenge for women » (International Journal of High Education, n° 7).

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    1 Le SNUIPP est affilié à la FSU (Fédération syndicale unitaire, première organisation syndicale de la fonction publique).

    2 Jean-Pierre Brizemur : http://portelune.com/pgs/tdm/cv/cvbrizemur.html (consulté le 2 mars 2018).

    3 Le premier numéro de Fenêtre sur cours est paru le 10 septembre 1992. Les archives numérisées disponibles et base de recueil des illustrations concernent les nos 223 à 411 et couvrent la période de septembre 2002 à avril 2015.

    4 Le terme, sans équivalent en français, caractérise une relation d’aide, familiale ou professionnelle ; il désigne tout à la fois l’activité de soin à une personne qui en dépend et le souci de la réception de ce soin, sa singularité résidant dans cette combinaison affûtée de compétences techniques et émotionnelles (Hochschild, 1983).

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    Devineau, S. (2019). Chapitre 5. Militante de l’école : les combats d’une maîtresse-héroïne Profession et contre-culture iconographique. In S. Devineau & N. Hedjerassi (éds.), Genre, images et représentations dans les sphères de l’éducation, de la formation et du travail. Mont-Saint-Aignan: Presses universitaires de Rouen et du Havre. https://doi.org/10.4000/books.purh.15335
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    Devineau, S., & Hedjerassi, N. (éds.). (2019). Genre, images et représentations dans les sphères de l’éducation, de la formation et du travail. Mont-Saint-Aignan: Presses universitaires de Rouen et du Havre. https://doi.org/10.4000/books.purh.15235
    Devineau, Sophie, et Nassira Hedjerassi, éd. Genre, images et représentations dans les sphères de l’éducation, de la formation et du travail. Mont-Saint-Aignan: Presses universitaires de Rouen et du Havre, 2019. doi:10.4000/books.purh.15235.
    Devineau, Sophie, et Nassira Hedjerassi, éditeurs. Genre, images et représentations dans les sphères de l’éducation, de la formation et du travail. Presses universitaires de Rouen et du Havre, 2019, https://doi.org/10.4000/books.purh.15235.
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