Regards des lithographes bretons sur le costume breton au début du XIXe siècle
p. 235-247
Texte intégral
1Au XIXe siècle, le désir de découvrir les richesses archéologiques et les aspects pittoresques de la province française suscite la mode des récits d’écrivains voyageurs et des recueils d’estampes. De toutes les contrées de France, la Bretagne séduit particulièrement pour son exotisme. L’importante production de livres et l’abondante iconographie1 qui lui sont consacrés à l’époque2 témoignent de l’attrait, de la curiosité pour le pays et ses habitants.
2La profusion d’images au XIXe siècle est intimement liée à la lithographie, nouvelle technique d’impression inventée à Munich en 1796 par Aloys Senefelder. Celle-ci remporte un vif succès dès 1816 à Paris et cette situation conduit les autorités à en réglementer l’exercice par la création du brevet de lithographe en 18173. En Bretagne, le premier brevet est accordé à Victor Mangin à Nantes le 26 mai 18194. Puis d’autres villes voient rapidement s’ouvrir un premier atelier lithographique : 1820 à Brest5, 1828 à Rennes6, Saint-Brieuc7 et Morlaix8 et 1829 à Saint-Servan9. Jusqu’en 1830, période des pionniers de la lithographie en province, on dénombre 12 imprimeries lithographiques en Bretagne. De cette époque datent les premières lithographies de costumes bretons, dont de nombreuses feuilles volantes.
3Pour inventorier la production des ateliers, la source primordiale, mais méconnue ou négligée, est le dépôt légal des estampes. Le collectage, institué dès 1642 pour l’estampe en feuille volante, est supprimé pendant la Révolution. Officiellement rétabli par Napoléon en 1810, le dépôt légal est alors de cinq épreuves, dont deux destinées à la Bibliothèque impériale, ce que confirme l’ordonnance royale du 24 octobre 1814. Une autre ordonnance, du 9 janvier 1828, en porte le nombre à trois estampes et cette situation perdure jusqu’en 188110. Le secrétariat général de chaque préfecture enregistre les dépôts des lithographes et les envoie ensuite à Paris. Le préfet est donc responsable des dépôts pour son département et l’analyse du système du dépôt légal montre que la régularité des dépôts fut fonction de la surveillance active, diligentée par la préfecture11. La connaissance du dépôt légal est nécessaire pour comprendre l’intérêt des collections de la Bibliothèque nationale de France mais aussi ses limites en cas de non-dépôt.
4Le dépôt légal des estampes se présente sous la forme de registres et livre diverses informations précieuses pour le chercheur : le numéro d’ordre de dépôt de l’estampe, la date de l’enregistrement, le ou les noms du déposant, du reproducteur et de l’auteur, le procédé technique, le sujet de l’estampe et des observations12. Mon étude repose sur le dépouillement exhaustif des registres du dépôt légal, qui n’avait pas encore été réalisé, et sur la recherche systématique au département des Estampes et de la Photographie de la Bibliothèque nationale de France des lithographies imprimées en Bretagne. Il permet d’une part de dater les lithographies, dont certaines ont déjà été recensées mais ont été datées approximativement, et d’autre part conduit à porter un regard nouveau sur la production bretonne en situant, ici, la thématique du costume dans le contexte général de la lithographie de cette province. Ainsi, j’ai recensé 3 300 lithographies imprimées en Bretagne de 1819 à 191413, dont seulement 21 feuilles volantes de costumes, essentiellement entre 1819 et 1836, au plus tard 1852.
Les feuilles volantes de costumes
5En 1819 à Nantes, François Mellinet-Malassis, typographe et libraire, acquiert une presse lithographique sans être breveté14. Il imprime, illégalement, une des premières lithographies de Bretagne, une étude de costume, Journalières de Nantes, datée de 1819 (fig. 1)15. Les deux femmes portent la coiffe nantaise, proche par sa forme de la coiffe vendéenne. Elles tiennent à la main un mouchoir servant de fichu dans le costume féminin de travail et remplaçant le châle du costume de cérémonie. Breveté lithographe en 182316, François Mellinet-Malassis publie ensuite Costume breton en 1825, Costume breton – Guérandaises en 1826, et Inspection d’un jeune homme en sabots par un garde en 182717.
6À Brest, l’activité lithographique est aussi précoce qu’à Nantes et l’on recense 12 feuilles isolées. Michel Le Tendre, un artiste, est breveté lithographe dès 1820. Il imprime 7 vues de costumes de 1826 à 1831, soit d’après ses propres dessins ou d’après ceux d’un jeune artiste brestois, Louis Caradec18. L’imprimeur publie un Costume breton – paysan breton19, Marchands bretons de Plougastel – côté sud de la rade de Brest, Paysans bretons allant en foire – environs de Morlaix (Finistère)20, Pêcheur de Kerhors – rade de Brest, Costume breton – Laitière des environs de Brest, Costume breton – Paysans de Plouguerneau21. Les lithographies ont des titres précis qui indiquent le lieu de la scène et le costume. Les personnages sont dessinés vaquant à leurs occupations quotidiennes.

Fig. 1. – F. Mellinet-Malassis, Journalières de Nantes, lithographie, 1819.
7Avec Marchands bretons de Plougastel (fig. 2), l’imprimeur, qui est ici aussi le dessinateur, montre qu’il connaît particulièrement les costumes de la rade de Brest. Les femmes portent la coiffe ordinaire avec les ailes repliées. Le lithographe est soucieux du détail avec la représentation du khilog, petite pièce rigide qui renforce l’arrière du corset échancré, appelé le krapos, et sur laquelle reposent les brides du tablier. Les hommes dessinés de dos ou de profil sont vêtus du pantalon et du kabig clairs et portent le bonnet si particulier par sa forme, le chigivi22. Michel Le Tendre réalise une sérieuse étude de costume avec pour toile de fond une scène fréquente en rade de Brest à l’époque : les marchands de Plougastel débarquant d’une chaloupe leurs produits sur le quai.

Fig. 2. – M. Le Tendre, Marchands bretons de Plougastel, lithographie, 1827.
8Le lithographe imprime aussi plusieurs vues de costumes quotidiens de paysans du Léon, prétextes à des scènes pittoresques. La feuille la plus originale date de 1827 : Costume breton. Jn Le Menn, né le 5 mars 1721 mort à St Urbain le 21 avril 182723. C’est le premier portrait lithographié d’un paysan doublé ici d’une pointe d’anecdote par l’image d’un centenaire. Le sous-titre précise « Ce costume est l’ancien habit de cérémonie des anciens cultivateurs de Dirinon et St Urbain, arrondissement de Brest ». Cela montre la volonté du dessinateur de dépeindre le costume au plus près de sa spécificité par la précision de la mode locale. De plus, au regard de l’âge du personnage et de l’ancienneté soulignée du costume, cette lithographie donne un témoignage rare sur une mode du XVIIIe siècle24.
9Le costume des paysans, plus caractérisé que celui des pêcheurs, retient davantage l’attention. On recense une seule feuille consacrée aux métiers maritimes, le Pêcheur de Kerhors, rade de Brest, dessinée par Louis Caradec. Le pêcheur est présenté en action, quittant le port chargé de ses paniers de poissons. Le titre localise la scène mais l’habit du pêcheur est commun à de nombreux marins des côtes bretonnes : sabots, pantalon, gilets à boutons, turban à la taille, veste et bonnet de marin.
10À Brest également, Jean-Baptiste Cuzent, sculpteur au port et imprimeur lithographe25, édite entre 1829 et 1831 trois estampes : Paysan et gentilhomme26 d’Édouard Dupont et de Louis Caradec, Homme et femme bas-bretons27 et Costumes bretons – Paysans des environs de Brest (fig. 3)28. Cette dernière présente quatre paysans vus de dos, profil ou face, en conversation. Ils sont vêtus du gilet, de la veste, du turban et des bragoù braz typiques. Le dessin relève des détails distinctifs, comme la coupe et la longueur des vestes, le coloris des bragoù braz, le port de guêtres à boutons ou de bas, restituant la réelle diversité du costume des environs de Brest. Enfin, deux hommes portent le petit bonnet, la coiffure typique des paysans du pays Pagan29.

Fig. 3. – L. Caradec, Costumes breton – Paysans des environs de Brest, lithographie, 1831.
11Luc Auger, professeur de dessin de la Marine à Brest et lithographe depuis 182530, publie une feuille de Costumes malouins en 1831 (fig. 4)31. L’artiste Louis Caradec lithographie la vue d’après le dessin d’un officier de la Marine du nom de Kérangoué32. À l’origine, la planche comporte deux scènes : deux femmes en buste et au-dessous une vue du Fort-Royal à Saint-Malo33. Les femmes portent les habits de cérémonie de Cancale et de Saint-Malo. L’étude est centrée sur les coiffes, celle de la grande toilette des Cancalaises, plissée savamment et brodée, et la coiffe de Saint-Malo, dite « le coq » en raison de sa forme en crête34. La vue en buste des femmes est originale à l’époque où les porteurs de costumes sont présentés vus en pied. La lithographie était sans doute destinée aux visiteurs étrangers si l’on en juge par la volonté de présenter en une seule planche le pittoresque de la cité corsaire35.

Fig. 4. – L. Caradec, Costumes maloins, lithographie, 1831.
12À Rennes, l’imprimeur Joseph Landais est breveté lithographe en 1828 et publie en 1829 la première lithographie rennaise, Deux hommes portant le costume de fête du pays de Rennes36. Celui-ci est peu caractérisé et proche des costumes citadins français de l’époque : chapeau haut-de-forme, pantalon, veste redingote37. Les lithographes rennais ne s’intéressent pas aux costumes du pays de Rennes. Par contre, on recense deux feuilles de costumes du Léon et du pays de Saint-Malo, Paysan Bas-Breton38 en 1833 et Costume de Cancale – Cancalaise en costume habillé39 entre 1842 et 1852.
13Paysan Bas-Breton, retrouvée au département des Estampes et de la Photographie de la Bibliothèque nationale de France, est imprimée par Joseph Landais et Alphonse Marteville à Rennes. La feuille est déposée sans titre lithographié ou imprimé et le titre Paysan Bas-Breton est donné a posteriori par le rédacteur des registres du dépôt légal. De prime abord, cette feuille serait l’étude type du costume paysan de la Basse Bretagne, doublée d’une caricature au regard du type physique du personnage, borgne et bossu. Mais la découverte postérieure de la même planche dans les collections du musée de Bretagne à Rennes (fig. 5) a permis d’y reconnaître un portrait grâce au titre imprimé : « Jean Trévian de Plouardaniel, canton de Lesneven, témoin dans l’affaire Lecoz, jugée aux assises de Rennes le 6 mai 1833 ». Les journaux publient régulièrement les chroniques d’affaires criminelles que le public suit avec attention. La planche est publiée dans un contexte spécifique et la lithographie mise en vente40 doit obéir aux règles du portrait avec le souci de réalisme, tant pour le personnage que pour son costume, les acheteurs pouvant juger sur pièce. Il porte le costume typique de fête du Bas-Léon : chapeau à large bord, gilets à boutons avec turban autour des reins, veste mi-longue à revers, bragoù braz, bas et souliers de cuir à boucles41. Jean Trévian pose de bonne grâce, souriant et fier devant le dessinateur42. Jean Le Menn, centenaire de Saint-Urbain, et Jean Trévian, témoin de procès, ont donc eu les honneurs du portrait, surtout par souci de pittoresque ; cela ne s’oppose pas à une représentation fidèle du costume, partie intégrante de l’intérêt porté aux personnages par les dessinateurs.

Fig. 5. – R. Toulmouche, Jean Trévian de Plouardaniel, canton de Lesneven, témoin dans l’affaire Lecoz, jugée aux assises de Rennes le 6 mai 1833, lithographie, 1833.
Essais lithographiques et regards sur le costume
14Les premières feuilles volantes représentant des costumes apparaissent très tôt, dès 1819 ; elles sont contemporaines de la création des ateliers lithographiques. Puis, les lithographies isolées disparaissent rapidement, vers 1830-1835, alors que l’engouement pour la Bretagne n’en est encore qu’à ses prémices. L’étude des rapports entre les feuilles de costumes, la technique et les artistes permet, à travers un regard critique sur les vues de costumes, de comprendre ce paradoxe.
15Le rédacteur du Journal de Nantes – Le Breton, écrit en 1827 que « la province si lente, habituellement, à adopter les nouvelles découvertes a compris cependant toutes les ressources que pouvait offrir celle-ci [la lithographie] […]. Nantes n’a pas été la dernière à suivre cet exemple, et déjà plusieurs tentatives ont été couronnées d’une réussite complète. Plusieurs amateurs ont fait les plus heureux essais43 ».
16Le terme « essais » est intéressant car il résume l’état d’esprit des années 1819-1835. C’est dans cette période que j’ai recensé le plus grand nombre d’artistes ou d’amateurs locaux ayant signé des lithographies44. La prédominance du dessin dans la technique, la conservation de la graphie, la relative facilité d’exécution par rapport à la gravure, enthousiasment les artistes. De fait, certains obtiennent le brevet dans le but de diffuser leurs propres compositions45. Mais nombreux sont ceux qui collaborent simplement avec le lithographe le plus proche pour reporter sur pierres leurs dessins. Ceux-ci sont imprimés soit pour le compte du lithographe, soit à compte d’auteurs46. Le tirage des planches de costumes est peu élevé, de 60 à 400 exemplaires à Brest, en fonction de la notoriété du dessinateur, mais le tirage moyen est de 150 exemplaires47. La diffusion des feuilles est destinée au public local.
17Ces lithographies offrent en général peu de valeur artistique et l’impression est souvent de faible qualité par manque de maîtrise du procédé. Comme le note Georges Duplessis en 1861, « sur 10 ou 11 mille estampes déposées chaque année, en est-il seulement un millier digne d’arrêter un moment le regard de l’artiste48 ? » Rares en effet sont les feuilles remarquables, telles celles, tardives, qu’imprime Victor Guilmer, lithographe à Morlaix49. Paysans et la vente d’un bœuf et Paysannes au panier (fig. 6)50, coiffées à la mode de Morlaix, dessinées en 1836 par Léopold Beau, artiste morlaisien, montrent la sûreté du dessin, les jeux subtils d’ombre et de lumière et la qualité du tirage dues à une plus grande maîtrise technique.
18Le faible nombre de feuilles isolées montre que les lithographes n’avaient certes pas l’ambition d’inventorier les costumes de la région. Les compositions des artistes amateurs sont centrées sur leur proche environnement personnel. Les planches présentent donc le costume des environs même des ateliers lithographiques : pays de Nantes et Saint-Malo en Haute Bretagne, et le Léon en Basse Bretagne. Aucune lithographie de costume n’est recensée pour le Trégor, la Cornouaille, le Goëlo, le Penthièvre, le pays vannetais où il n’existe pas d’imprimeries lithographiques avant 1830. L’étude du dépôt légal confirme l’importance des feuilles à thèmes locaux – paysages et costumes – jusqu’en 1830. La proximité des dessinateurs et de leurs modèles plaide en faveur de l’exactitude du document pour le costume, quelle que soit l’approche choisie : planches documentaires et sociales des personnages ou feuilles plus pittoresques. Le paysan est la figure dominante de ces planches : modèle social commun mais aussi très typique par son costume, qui l’identifie à un pays ou à une mode. On dénombre peu de femmes et aucun enfants dans ces feuilles.

Fig. 6. – L. Beau, Paysanne au panier, lithographie, 1836.
19Quant à Rennes, malgré l’existence d’ateliers en lithographie, les imprimeurs ne s’intéressent pas au costume. Cette situation peut s’expliquer par la date tardive – 1828 – du premier atelier. À ce moment, la phase d’expérimentation se termine. La généralisation de la technique et sa maîtrise conduisent à exploiter pleinement le procédé pour une exploitation plus commerciale. Les brevets accordés sont plus nombreux et, peu à peu, se créent des ateliers dans tous les départements bretons51. Les imprimeurs s’orientent alors vers une production lithographique moins centrée sur l’image de la localité comme le costume. Et le dépôt légal enregistre pour les estampes, alors, une plus grande variété de thèmes. En même temps, les artistes collaborent moins avec les ateliers qui emploient des dessinateurs ou des ouvriers lithographes pour répondre aux besoins des commandes précises de la clientèle.
20Pour toutes ces raisons, la feuille volante de costume disparaît vers 1830-1835 au profit de publications plus commerciales. Apparaît au même moment la première tentative d’inventaire du costume breton mais seuls les ateliers lithographiques possédant les moyens de leurs ambitions peuvent mener de grandes entreprises éditoriales. En Bretagne, Pierre-Henri Charpentier est le seul lithographe à s’orienter vers les éditions artistiques d’envergure.
Le premier recueil de costumes bretons
21Pierre-Henri Charpentier, graveur installé depuis 1808 à Nantes52, comprend très tôt que la lithographie va apporter un préjudice notable à la gravure. Dès 1820, il s’oriente sans hésitation vers la lithographie et acquiert des presses53. Après trois demandes infructueuses, il est breveté lithographe en 182854. Nouvelles dépenses, création de l’atelier et premières impressions se succèdent dès cette date55. Et dès la fin juin 1829, la Maison Charpentier père fils et Cie débute une publication ambitieuse pour l’époque, « Recueil des costumes de la Bretagne et des autres contrées de la France », dédié dès la première livraison à SAR Madame la Duchesse de Berry, dont le Journal de Nantes – Le Breton vante l’intérêt pour avoir « sous les yeux la reproduction de ces costumes originaux qui depuis tant d’années se conservent intacts dans cette antique province56 ».
22Chaque livraison comprend six planches. Les trois premières sont consacrées aux costumes de la Loire-Inférieure, soit dix-huit lithographies57. À partir de la quatrième et jusqu’à la dizième livraison, la maison Charpentier présente les costumes d’autres départements français58. À la onzième livraison, au printemps 1830, elle recentre l’édition sur la Bretagne, avec le Morbihan (cinq feuilles), l’Ille-et-Vilaine (quatre planches) puis débute la galerie du Finistère. Les livraisons, toujours de six pièces, mêlent les costumes des départements bretons. Mais d’août 1830 à mars 1831, la publication s’interrompt59. Pierre-Henri Charpentier le regrette amèrement et met en cause la rareté des amateurs et des dessinateurs lithographes à Nantes60. L’édition reprend en avril 1831 avec le Finistère (vingtdeux lithographies) puis les Côtes-du-Nord (deux feuilles). Puis, à partir de la 16e livraison, les costumes des autres provinces françaises sont présentés61.
23La publication se termine en 1831 après vingt livraisons et cent vingt lithographies. On dénombre quarante et une estampes de costumes bretons, principalement pour la Loire-Inférieure et le Finistère. L’intérêt de la publication est la diversité des costumes recensés. Le titre présente le métier, localise la scène, précise l’action ou une caractéristique du vêtement. Le type du paysan et de la paysanne, de l’homme et de la femme en costume de travail ou de fête, domine le nombre d’estampes. Mais apparaissent aussi des figures peu fréquentes telles Les marchands d’oignons et Panets du Cap près Pont-Croix, Marchande de paille et de foins environ de Quimper, Le pêcheur de Sardines de Douarnenez, Le poissonnier près Pont-l’Abbé. Les costumes de travail sont étudiés, y compris ceux des petits métiers citadins nantais avec Un petit costume des femmes de chambres, Les grisettes, Les ouvrières, Les couturières journalières. Enfin, le lithographe indique le statut social avec Demoiselle du Croisic, Mariée de Douarnenez, Veuve et femmes de l’île d’Ouessant. Pourtant, malgré la volonté manifeste d’approcher la diversité du costume, les vues statiques et le style répétitif de la forme conduisent à la monotonie62.
24Henri Charpentier fils, bon dessinateur, réalise des compositions63. On ignore s’il parcourt la Bretagne et le degré exact de création de ses dessins, car il copie quelques estampes antérieures64. Mais grâce à son apprentissage de la lithographie à Paris65, il les reporte lui-même sur pierre et signe « H. C. ». La maîtrise du dessin lithographique est primordiale d’une part pour l’exactitude du report de la composition, d’autre part pour la qualité artistique de l’estampe.
25La maison Charpentier requiert aussi le concours d’un lithographe signant « H. B », initiales que j’ai identifiées à Henri Bétrémieux66. Exerçant depuis 1821 la lithographie à Paris, il prend la direction d’un atelier à Nantes en 1829 et 183067. Dès son arrivée en 1829, il collabore aussi avec la maison Charpentier pour le report sur pierre de six études de costumes, destinées au recueil, et dessinées par Henri Charpentier68. La même année, J. Maubré, élève de l’École royale des beaux-arts et de Jean-Baptiste Le Thiers séjourne à Nantes pour dessiner plusieurs sites69. Artiste et lithographe, il compose et reporte sur pierre trois costumes pour le recueil, dont Paysans des Varades près d’Ancenis et Paludiers du bourg de Batz pour la Loire-Inférieure70. Les signatures de Charpentier, Bétrémieux et Maubré sont les trois seules recensées sur les feuilles du recueil, mais elles ne représentent pas la diversité des sources à l’origine des planches71.
26En 1831, Pierre-Henri Charpentier écrit à un souscripteur en possession des livraisons que « malgré nos engagements remplis, autant qu’il se présentera de costumes riches et bizarres en originalité, nous en augmenterons notre édition72 ». Mais en dépit de l’intention déclarée, il ne publie pas de nouvelles livraisons. Cependant les ambitions de la maison Charpentier se concrétisent quelques années plus tard par plusieurs éditions d’envergures, dont La Galerie Armoricaine, œuvre majeure de François-Hippolyte Lalaisse, publiée par livraisons de 1844 à 1846 et consacrée exclusivement aux costumes de la Bretagne. En 1847, les Annonces de Morlaix indiquent aux lecteurs que cette publication « nous a réellement transportés au milieu des populations bretonnes. Non seulement les costumes sont d’une vérité parfaite, mais les physionomies offrent une réalité étonnante73 ». Le but de la maison Charpentier est atteint : l’inventaire sérieux des costumes mêlé au sentiment de dépaysement apprécié de l’amateur d’art.
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27Les lithographies de costumes, retrouvées dans le cadre du dépôt légal au département des Estampes et de la Photographie de la Bibliothèque nationale de France, sont toutes en noir et blanc. Les feuilles volantes de costumes ont certainement été vendues non coloriées, les ateliers lithographiques modestes ne pouvant supporter le coût de la mise en couleur. Mais le Recueil des costumes de la Bretagne et des autres contrées de la France, de 1829-1831, lui, est publié en deux versions, noir et blanc et colorié. Celles-ci sont encore disponibles en 1841 à la librairie de la maison Charpentier, au prix de 60 francs pour les livraisons en noir et blanc et de 120 francs pour l’édition coloriée et reliée en deux volumes74. La différence de prix permet donc de toucher un plus large public.
28Pierre-Henri Charpentier fait enregistrer au dépôt légal, comme nombre de lithographes, les planches non coloriées par souci d’économie ; celles qui sont conservées à la Bibliothèque nationale de France ne sont donc pas totalement représentatives de la publication elle-même. L’imprimeur ne limite pas son regard à la représentation des types physiques, des métiers et des modes des pays bretons, mais il inclut aussi les couleurs indispensables à l’étude de la diversité du costume breton – en supposant qu’elles respectaient celles qui étaient observées.
29Les publications de l’imprimerie Charpentier à Nantes sont, sans conteste, extrêmement précieuses pour les historiens du costume, grâce au sérieux de l’inventaire, à la diversité des costumes représentés, à la sûreté du dessin lithographique et à la qualité du tirage. Mais bien avant ces éditions nantaises, les feuilles volantes, jusqu’ici peu étudiées, sont, après l’analyse du contexte de création, un témoignage tout aussi sérieux et précis du costume breton du début du XIXe siècle.
Notes de bas de page
1 Delouche D., Les peintres de la Bretagne avant Gauguin, Lille, service de reproduction des thèses, 1978. L’auteur recense les estampes sur la Bretagne publiées en France et à l’étranger, de 1775 à 1888. Le catalogue n’est pas exhaustif car les feuilles isolées sont exclues du recensement.
2 Bertho C., « Les enseignements d’une bibliographie : les livres consacrés à la Bretagne au XIXe siècle », Revue française du Livre, 20, 3e, t. 2, 1978.
3 De Géricault à Delacroix, Knecht et l’invention de la lithographie, 1800-1830, catalogue de l’exposition du musée d’Art et d’Histoire Louis-Senlecq à L’Isle-Adam (27 novembre 2005 – 19 février 2006), Somogy, 2005, p. 45. La création du brevet par ordonnance de Louis XVIII date du 8 octobre 1817.
4 Archives nationales, F18 * (I) 24, brevet no 18 accordé en France. Les études indiquaient jusqu’alors comme titulaire du premier brevet breton, François de Sandobal mais celui-ci n’est breveté que le 5 octobre 1819, brevet no 24.
5 Ibid., brevet accordé le 14 mars 1820 à Michel Le Tendre (Landerneau, 1783 – Port-Louis, 1860).
6 Ibid., brevet accordé le 10 juin 1828 à Joseph Landais (Rennes, 1790 – Nantua, 1873).
7 Ibid., brevet accordé le 16 septembre 1828 à Théodore Jac (Saint-Brieuc, 1792 – 1870).
8 Ibid., brevet accordé le 13 septembre 1828 à François Petit de Granville (Saint-Domingue, 1786 – Morlaix, 1850).
9 Ibid., brevet accordé le 7 janvier 1829 à Hyacinthe Lorette (Rennes, 1794 – Saint-Servan, 1872).
10 Lemaitre H., Histoire du dépôt légal. 1ère partie (France), Paris, A. Picard et fils, 1910. Grivel M., « La Bretagne à Paris », Arts, Création, Société en l’honneur de Denise Delouche, Rennes, PUR, 1997, p. 49-67.
11 Ce constat pour la lithographie concerne aussi l’imagerie populaire. Voir Beauducel Ch., L’imagerie populaire en Bretagne aux XVIIIe et XIXe siècle, thèse de doctorat d’histoire de l’art, université Rennes 2, 2006, vol. 1, p. 48-53.
12 Les registres sont conservés par deux institutions : Archives nationales, F18*(XI)/1-28, de 1852 à 1885 (lacunes) ; et Bibliothèque nationale de France, département des Estampes et de la Photographie, Res YE 79 pet. fol, registres complets. La rubrique des noms est souvent incomplète, surtout pour l’auteur. Les observations sont rares et indiquent généralement un dépôt insuffisant en nombre pour une même feuille.
13 BNF, Est., Res YE 79 pet. fol. La période chronologique correspond à celle choisie pour ma recherche de doctorat.
14 AN, F18 1963. Il informe l’administration de son achat et s’inquiète de la nécessité d’être breveté. Sans réponse des autorités, il imprime et dépose plusieurs lithographies jusqu’en 1823 sans être gêné par la police de la presse. Né à Nantes en 1795, il y meurt en 1843.
15 BNF, Est., Res YE 79 pet. fol., dépôt légal 1819 no 776. 0a 93 pet. fol., planche signée de B. Ch., amateur inconnu. Dim. : 15,4 × 22,2 cm.
16 AN, F18 * (I) 24, brevet accordé le 21 mai 1823.
17 BNF, Est., Res YE 79 pet. fol., dépôt légal 1825 no 16. Lithographie non localisée à la BNF. Dépôt légal 1826 no 257 et 1827 no 334. BNF, Est., Oa 138 a fol. t. 15.
18 Né à Brest en 1802, il y meurt en 1888. Sa carrière artistique est principalement brestoise. Il est peintre de portraits, de paysages, de scènes de genre, aquarelliste, professeur de dessin et dessinateur lithographe. Voir Delouche D., op. cit., p. 464. L’auteur présente les autres productions de l’artiste sur le sujet du costume, hors feuilles isolées.
19 Archives départementales du Finistère, 2T 11. Lithographie non localisée, mentionnée dans les récépissés conservés par la préfecture du Finistère mais qui n’est pas enregistrée au dépôt légal à Paris.
20 BNF, Est., Res YE 79 pet. fol., Marchands bretons de Plougastel, dépôt légal 1827 no 768, dim. : 30 × 24 cm. Paysans bretons allant en foire, dépôt légal 1828 no 22. SNR 3 Le Tendre. Feuilles dessinées par Le Tendre.
21 Ibid., Pêcheur de Kerhors, dépôt légal 1828 no 22. Laitière des environs de Brest et Paysans de Plouguerneau, dépôt légal 1831 no 671, tirage chacune à 150 exemplaires. SNR 3 Caradec.
22 Guilcher M., « Le costume de Plougastel de 1800 à 1890 », ArMen, no 36, p. 16-35.
23 BNF, Est., N2 le Menn, dépôt légal 1827 no 768. Estampe d’après Goesbriant, amateur inconnu. Bouchot-Le Tendre H., « Michel le Tendre lithographe brestois 1783-1860 », Bulletin de la société archéologique du Finistère, t. XCV, 1969, p. 73-84.
24 Pour la connaissance de la mode du XVIIIe siècle, cette feuille s’ajoute donc aux gravures de L’Épine d’après les dessins de François Valentin pour le Voyage dans le Finistère par J. Cambry paru en 1798, et à celles d’Olivier Perrin pour La Galerie des mœurs usages et costumes des Bretons de l’Armorique publiée en 1808.
25 AN, F18 * (I) 24, breveté le 15 avril 1828. Il est né à Brest en 1787 et meurt à Lorient ( ?).
26 BNF, Est., Res YE 79 pet. fol., dépôt légal 1829 no 617. SNR 3 Dupont. ADF 2T 11, tirage à 150 exemplaires. Amateur inconnu qui signe deux autres lithographies en 1829 chez Cuzent.
27 Ibid., dépôt légal 1829 no 617. SNR 3 Dupont. ADF 2T 11, tirage à 150 exemplaires. Homme et femme bas-bretons, cotée par erreur à la BNF « SNR 3 Dupont » car Caradec est l’auteur. ADF, 2T 11, tirage à 60 exemplaires.
28 Ibid., dépôt légal 1831 no 671, cotée par erreur à la BNF « SNR 3 Dupont » car Caradec est l’auteur. Oa 138 a fol. t. 14. ADF 2 T 11, tirage à 400 exemplaires. Dim. : 32,5 × 24,6 cm.
29 Creston R.-Y., Le costume breton, Spezed, Coop-Breizh, 1993, p. 170-176.
30 AN, F18 * (I) 24, brevet accordé le 1er mars 1825. Né à Saint-Nicolas-de-Granville en 1776, mort à Brest en 1854.
31 BNF, Est., Res YE 79 pet. fol., dépôt légal 1831 no 671. Oa 138 a fol. t. 15.
32 ADF, JAL 17.2, L’Armoricain, 7 mai 1839. À l’Exposition des produits de l’industrie de l’arrondissement de Brest, Kérangoué est présenté également comme peintre amateur. Il expose trois marines peintes à l’huile.
33 BNF, Est., Fort-Royal cotée Va 35 t. 4 et SNR 3 Caradec. Inscription manuscrite « tirage à 300 exemplaires. » Dim. : 26,8 × 42 cm.
34 Delouche D., Un carnet de croquis et son devenir. F. H. Lalaisse et la Bretagne, Brest, Éd. de la Cité, 1985, p. 167.
35 AN, F18 * (I) 24. En 1831, deux lithographes sont actifs dans le pays de Saint-Malo : H. Lorette à Saint-Servan depuis 1829 et Ch. Benderitter à Saint-Malo, breveté le 10 mai 1831. Mais Kérangoué fait lithographier sa composition à Brest, sa ville natale.
36 Musée de Bretagne [N2 84 4356]. Indication manuscrite sur la feuille « 1re lithographie imprimée à Rennes (1829) ». Lithographie sur papier jaune, signée M, comportant deux scènes, dont une femme tenant une corbeille d’oiseaux. Non déposée au dépôt légal.
37 Creston R.-Y., op. cit, p. 273-274.
38 BNF, Est., Res YE 79 pet. fol., dépôt légal 1833 no 246. SNR 3 R. T. Dim.: 19 × 25,5 cm.
39 Musée du Château, Saint-Malo. Feuille non enregistrée au dépôt légal et imprimée par les associés Landais et Oberthur à Rennes, ce qui permet une datation entre 1842 et 1852. Dessin et report sur pierre par H. Lorette de Saint-Servan.
40 Musée de Bretagne, Rennes. Prix 40 centimes pièce, indiqué sur la feuille.
41 Creston R.-Y., op. cit., p. 193-195.
42 Par une inscription manuscrite sur l’estampe conservée au musée de Bretagne à Rennes, le dessinateur, R. T. est identifié à René Toulmouche. L’annuaire d’Ille-et-Vilaine de 1834 précise qu’il est avocat à Rennes et sociétaire de l’école municipale de dessin.
43 Bibliothèque municipale de Nantes, Journal de Nantes – Le Breton, 12 avril 1827.
44 J’ai recensé 59 noms d’artistes ou amateurs ayant signé des lithographies entre 1819 et 1834. Les collaborations se poursuivent certes ensuite mais les artistes sont quantitativement moins nombreux et jouissent d’une plus grande réputation.
45 À Brest M. Le Tendre et J.-B. Cuzent ; à Saint-Servan, H. Lorette.
46 ADF, 2T12, inscription du compte de l’impression portée sur les déclarations d’intention d’imprimer et les bulletins de dépôts conservés. Costumes malouins est par exemple pour le compte des auteurs, tirage à 200 exemplaires.
47 ADF 2T12. En 1829, Bas-Breton de Louis Caradec est tiré à 60 exemplaires lorsqu’il termine ses études à l’Académie de dessin brestoise. Après son bref séjour artistique à Paris, il tire sa lithographie Paysans des environs de Brest, à 400 exemplaires en 1831. Chiffre du tirage moyen fixé à partir des bulletins d’impressions conservés.
48 Duplessis G., « Du dépôt légal des estampes », La Revue universelle des arts, 1861, t. XIII, p. 153-163.
49 AN, F18 * (I) 24. brevet accordé le 2 février 1835. Né à Morlaix en 1798, il y meurt en 1867.
50 BNF, Est., Res YE 79 pet. fol., dépôt légal 1836 no 321 et no 320. SNR 3 Beau et Oa 138 a fol. t. 14. Dim. : 31,6 × 39,7 cm.
51 J’ai recensé 230 imprimeries lithographiques de 1819 à 1914 en Bretagne. Chiffre établi à partir de l’enregistrement des imprimeurs lithographes, AN, F18 * (I) 24 et F18 * (I) 25, de l’Annuaire de l’Imprimerie et des annuaires départementaux et locaux.
52 Archives départementales de Loire-Atlantique, 152 T 6, lettre de Charpentier au préfet, vers 1844-1845. Il est né en 1771 à Châlons-sur-Marne et meurt à Nantes en 1854.
53 AN F18 1962. Achat du matériel du lithographe François de Sandobal, portugais, qui quitte Nantes en 1820 par suite de mauvaises affaires.
54 Ibid. Demandes en mai et octobre 1824, puis en mars 1827. Brevet accordé le 29 avril 1828.
55 BNF, Est., Res Ye 79 (pet. fol.), dépôt légal 1828 no 17 et no 879, 5 lithographies.
56 BMN, Journal de Nantes – Le Breton, 2 juillet 1829. Le prix est de 6 francs par livraison de six costumes. Delouche D., op. cit., 1978, p. 235. La dédicace disparaît au plus tard à la 15e livraison.
57 Musée départemental breton, Quimper. Étude réalisée à partir du recueil colorié conservé par le musée.
58 De la 4e à la 8e livraison : costumes de la Vendée, des Deux-Sèvres, de la Charente-Inférieure, de la Gironde et des Landes. 9e livraison : mélange de costumes de l’Ain, du Rhône, de la Vienne, de l’Indre-et-Loire et du Maine-et-Loire. 10e livraison : le Maine-et-Loire.
59 BNF, Est. Période établie après l’étude des registres du dépôt légal et confirmée par la correspondance de Charpentier père.
60 ADLA, 151 T 3, lettre de Charpentier père au préfet le 7 mars 1831.
61 La Seine-Inférieure, l’Eure, la Manche, le Calvados, l’Eure-et-Loir, la Mayenne et le Loiret.
62 Delouche D., op. cit., 1985, p. 29-31.
63 AMN, R1 carton 26, dossier 4. Il étudie le dessin auprès de son père et de 1818 à 1819 est élève à l’école municipale de dessin à Nantes.
64 Delouche D., op. cit., 1985, p. 29-31. Copie de six gravures d’après François Valentin pour Voyage dans le Finistère, paru en 1798.
65 ADLA, 152 T 6, op. cit.
66 AN, F 18 1734. Né en 1804 à Paris (6e arrondissement). Élève du peintre Blondel à l’École des beaux-arts à Paris, il abandonne sa carrière artistique suite à un revers de fortune. Il crée et régit les maisons parisiennes de Formentin, Chabert, Laugain et dirige des ateliers à Nantes et Angers. En 1833, il prend la direction de l’atelier Kaeppelin à Paris et est breveté lithographe le 1er octobre 1833 à Paris. AN F18 1742, Il exerce plusieurs années, vend son imprimerie et travaille ensuite chez Kaeppelin et Lemercier. Brevet annulé pour inexploitation le 28 juillet 1856.
67 Mention sur 2 lithographies de 1829 « Lith. de Mellinet dirigée par H. Bétrémieux à Nantes ». BMN, Journal de Nantes – Le Breton, 27 novembre 1829, il enseigne les divers procédés du dessin lithographique, tirages, recettes d’encres, fabrication de crayon, etc. Il signe 4 feuilles à Nantes non enregistrées au dépôt légal et transpose sur pierre 7 dessins de Charpentier fils. Signe aussi Bétrémieux ou H. Bétrémieux. BNF, Est. SNR 3 Bétrémieux et Dc 116 g (4°). Inventaire du Fonds français après 1800, Paris, BNF, t. II, p. 373. Il travaille aussi pour des lithographes parisiens, Lordereau essentiellement, Gaugain et Dubreuil.
68 Musée de Bretagne, Rennes. Mentions sur les planches : « H. B. d’après le dessin de Charpentier fils », pour 4 costumes nantais, Marchandes de guenilles, Grisettes, Ouvrières, Couturières journalières, et 2 costumes du Pays de Guérande, Ouvrières du Croisic et Habitants des Marais Salans. Dépôt légal pour les 6 planches, 1829 no 549 et no 736.
69 BMN, Journal de Nantes-Le Breton, 21 septembre 1829, il donne des leçons de lithographie, de dessin et de peinture à Nantes.
70 Musée de Bretagne, Rennes. Costumes de la Loire-Inférieure, dépôt légal 1829 no 736. BNF, Est., Costume de la Vendée, Dames des Sables d’Olonne en hiver, dépôt légal 1829 no 824. Oa 138 a fol t. 12. Il signe « J. M. » ou « J. Maubré ».
71 Jean-Baptiste Peytavin (Chambéry 1767-1855), artiste peintre à Nantes dès 1821, voyage de 1827 à 1832 dans les provinces françaises et réalise une centaine d’aquarelles de costumes bretons, tourangeaux, et landais. BMN, Feuille commerciale et Le Breton : sa présence est certaine à Nantes jusqu’en 1828, donc avant le début de la publication. Les Charpentier utilisent certaines de ces aquarelles, mais aussi des dessins de différentes mains dont certains anonymes. Beaulieu F. de, « Un trésor retrouvé : les originaux d’Henri Charpentier », ArMen, février 1990, no 25, p. 44-47. L’auteur reproduit trois dessins, dont un est signé « Maubré », Paysans de St Lyphard (Canton d’Herbignac). Après une nouvelle étude des planches, j’ai recensé une lithographie issue de ce dessin mais signé seulement d’Henri Charpentier, alors même que le dessinateur, encore à Nantes, signe et reporte au même moment des lithographies sous son nom. Ce nouvel exemple montre toute la complexité des rapports de la maison Charpentier avec ses dessinateurs.
72 Musée départemental breton, Quimper. Recueil des costumes de la Bretagne et des autres contrées de la France dédié à son Altesse royale Madame la Duchesse de Berry, Nantes, Charpentier, 1829-1831. Lettre de Charpentier père au souscripteur des livraisons.
73 ADF, article du 18 décembre 1847.
74 Guilmin A., Pornic et ses bains – Album du baigneur, Nantes, Charpentier, 1841. Insertion de publicités des éditions Charpentier à la fin de l’ouvrage.
Auteur
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Viviane Benoit-Renault
Docteur en histoire de l’art contemporain
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