1 Nous nous référons ici notamment à Becher T., Academic Tribes and Territories. Intellectual Enquiry and the Cultures of Disciplines, Buckingham, Open University Press, 1989 ; Favre P., « Retour à la question de l’objet ou faut-il disqualifier la notion de discipline ? », Politix, no 29, 1995, p. 141-157 ; Bourdieu P., Science de la science et réflexivité, Paris, Raisons d’agir, 2001.
2 Nous employons la dénomination recherche éducationnelle dans un sens générique, incluant toutes les formes de recherche portant sur les phénomènes éducatifs, quelles que soient leurs ancrages institutionnels et disciplinaires ; nous recourons à sciences de l’éducation pour mettre l’accent sur ces traits emblématiques, décrivant le processus à l’œuvre au sein d’institutions qui relèvent explicitement de ce champ, en embrassant aussi celles qui se déploient en dehors de l’Université. Voir Hofstetter R. et Schneuwly B., « Sciences de l’éducation », A. Van Zanten (dir.), Dictionnaire de l’Éducation, Paris, PUF, 2008, p. 614-619.
3 L’inventaire détaillé de celles-ci se trouve dans nos publications citées dans le présent chapitre lequel constitue une synthèse de travaux antérieurs ; une cinquantaine d’entretiens ont aussi été menés avec les acteurs des années 1960 et 1970.
4 Gautherin J., Une discipline pour la République : la Science de l’éducation, 1882-1914, Berne, Peter Lang, 2002 ; Gautherin J., « Preparing French School Teachers by Means of the Science of Education (1883-1914) », European Educational Research Journal, no 1, 2002, p. 27-36.
5 Pour une synthèse toujours d’actualité, voir Depaepe M., Zum Wohl des Kindes ? Pädologie, pädagogische Psychologie und experimentelle Pädagogik in Europa und den USA, 1890-1940, Weinheim, Deutscher Studien Verlag, 1993 ; Drewek P. et Lüth C. (dir.), History of educational studies/Geschichte der Erziehungswissenschaft/Histoire des sciences de l’éducation, Gent, CSHP, 1998.
6 Hofstetter R. et Schneuwly B., avec la participation de Cicchini M., Lussi V., Criblez L. et Spaeni M., Émergence des sciences de l’éducation en Suisse, à la croisée de traditions académiques contrastées (fin du XIXe-première moitié du XXe siècle), Berne, Lang, 2007.
7 Voir en particulier l’article de M. Cichini dans l’ouvrage précité.
8 Hofstetter R., « La Suisse et l’enseignement aux 19e-20e siècles. Le prototype d’une “fédération d’États enseignants” », Histoire de l’éducation, no 134, 2
012, p. 59-80.
9 Voir le chapitre 8 de Hofstetter et Schneuwly, Émergence des sciences de l’éducation, op. cit.
10 Ce titre a été choisi en référence à l’ouvrage de Bain D., Brun J., Hexel D., & Weiss J. (dir.), L’épopée des centres de recherches en éducation en Suisse 1960-2000, Neuchâtel, IRDP, relevant le défi majeur de proposer une histoire des services de recherche en Suisse, 2001.
11 Criblez L. et Magnin C. (dir.), « Die Bildungsexpansion der 1960er und 1970er Jahre/L’expansion des systèmes de formation dans les années 1960 et 1970 », Revue suisse des sciences de l’éducation, no 23, 2001.
12 Gretler A., « Die schweizerische Bildungsforschung der Nachkriegszeit im Spiegel ihrer Institutionen und ihrer Themen – von der Geschichte zu aktuellen Fragestellungen », Schweizerische Zeitschrift für Bildungswissenschaften, no 22, 2000, p. 111-144.
13 Landsheere G. de, La recherche en éducation dans le monde, Paris, PUF, 1986, p. 141.
14 Schweizerische Koordinationsstelle für Bildungsforschung (SKBF), Was ist Bildungsforschung? Geschichte, Selbstverständnis und Perspektiven. Qu’est-ce que la recherche en éducation ? Histoire, identité et perspectives, Aarau, SKBF, 1996. Les exemples qui suivent sont tirés des contributions contenues dans Bain et al., L’épopée des centres de recherches en éducation en Suisse, op. cit.
15 Ibid.
16 C’est le cas aujourd’hui, puisque depuis le 1er janvier 2013 un département a pour attribution la formation et la recherche, mais aussi l’économie (Département fédéral de l’Économie, de la Formation et de la Recherche dit DEFR), témoignant bien des logiques économiques qui soustendent désormais l’investissement dans la science et l’éducation.
17 Schweizerische Koordinationsstelle für Bildungsforschung, Was ist Bildungsforschung?, op. cit.
18 Pour une histoire détaillée de l’histoire de l’Institut Jean-Jacques Rousseau jusqu’en 1948, voir Hofstetter R., Genève : creuset des sciences de l’éducation, Genève, Droz, 2010.
19 L’histoire mouvementée de l’Institut qui deviendra la Faculté de psychologie et des sciences de l’éducation est racontée in Hofstetter R., Ratcliff M. et Schneuwly B., Cent ans de vie, 1912-2012 : la Faculté de psychologie et des sciences de l’éducation, héritière de l’Institut Rousseau et de l’ère piagetienne, Genève, Georg, 2012.
20 Voir à ce propos la contribution de N. Hedjerassi dans le présent ouvrage.
21 Outre le fait que l’envergure de Piaget porte de fait ombrage à ceux qui œuvrent dans son environnement, Dottrens promeut nombre de réformes qui bousculent certaines idées reçues et connaîtront une réception d’autant plus délicate que le pédagogue se positionne volontiers de manière critique à l’encontre tant des enseignants que de l’administration scolaire.
22 Nous nous référons ici à Hofstetter R., Schneuwly B. et Freymond M., « “Pénétrer dans la vérité de l’école pour la juger pièces en main.” L’irrésistible institutionnalisation de l’expertise dans le champ pédagogique (XIXe -XXe siècles) », Borgeaud Ph., et al. (dir.), La fabrique des savoirs. Figures et pratiques des experts, Genève, Georg, 2013, p. 79-116.
23 Ces services fusionneront en 1996 pour former le Service de recherche en éducation.
24 Voir en particulier: Hofstetter R. et Schneuwly B., « The International Bureau of Education (1925-1968). A platform for designing a “chart of world aspirations for education” », European Educational Research Journal, no 12, 2013, p. 215-230. Hofstetter R., « Building an “international code for public education”: Behind the scenes at the International Bureau of Education (1925-1946) », Prospects. Quarterly Review of Comparative Education, 445/1, 2015.
25 Voir en particulier les procès-verbaux de la 3e Conférence internationale du BIE, de 1934.
26 Dans les années 1930, le projet (de l’Union pédagogique universelle) d’une « université populaire » se discute dans les milieux de la SDN et du BIT, auxquels est lié le BIE, afin de promouvoir l’éducation ouvrière, l’éducation populaire ; épaulé du BIE et d’autres organismes dont l’Unesco bien sûr, le BIT poursuivra les travaux en ce sens dans l’après-guerre, comme en attestent ses enquêtes et publications de la fin des années 1950 (1957 en particulier).
27 Voir à ce propos Hofstetter R., Ratcliff B. et Schneuwly B., Cents Ans de vie, op. cit.
28 Hofstetter R. et Schneuwly B., « Pertinence scientifique et pertinence sociale. Mise en perspective de six rapports nationaux commandités sur la recherche en (sciences de l’) éducation en Europe », Revue suisse des sciences de l’éducation, no 22, 2000, p. 51-93.