1 Ces termes sont utilisés par les inspecteurs d’académie, les recteurs et les inspecteurs généraux dans les rapports conservés dans les dossiers administratifs consultables aux Archives nationales dans la sous-série F17.
2 En 1931, on trouve 359 établissements pour garçons (lycées et collèges) et 202 établissements pour filles (169 lycées et collèges, 35 cours secondaires) ; Ministère de l’Éducation nationale, le Résumé rétrospectif, tableau VII, Enseignement secondaire public.
3 Au 5 novembre 1946, selon le Men, Résumé rétrospectif, Tableau VIII, on trouve 588 établissements pour garçons (156 Lycées, 222 collèges classiques, 210 collèges modernes) et 395 établissements équivalents pour filles (82 lycées, 108 Collèges classiques, 205 collèges modernes). La Loi Carcopino du 15 août 1941 supprime les EPS, la réforme entre en application à partir d’octobre 1942.
4 Les filles en 1968 sont majoritaires chez les élèves de terminale (51,3 %). Pour le taux de féminisation des proviseurs, voir Marlaine Cacouault, « Différenciation des carrières entre les hommes et les femmes dans l’enseignement du second degré », Cahiers du centre Henri Aigueperse, FEN-UNSA, 1999 p. 216 ; Marlaine Cacouault-Bitaud, La direction des collèges et des lycées : une affaire d’hommes ? Genre et inégalités dans l’Éducation nationale, Paris, L’Harmattan, 2008, p. 226.
5 Les collèges d’enseignement secondaire (CES) remplacent en 1963 les collèges d’enseignement général (CEG) substitués aux cours complémentaires (CC) quand l’obligation scolaire est portée à 16 ans en 1959. Ils sont mixtes, comme les nouveaux lycées. Taux de féminisation des principaux dans Marlaine Cacouault-Bitaud, « Différenciation des carrières entre les hommes et les femmes dans l’enseignement du second degré », Cahiers du centre Henri Aigueperse..., op. cit., p. 217 ; Marlaine Cacouault-Bitaud, La direction des collèges et des lycées : une affaire d’hommes ?..., op. cit., p. 227.
6 En 1971-1972, 52 % des élèves des lycées mixtes sont des filles selon les Notes et Études Documentaires du 28 septembre 1973, « Vivre à l’École aujourd’hui », Paris, La Documentation française. À cette date 56 % des agrégés sont des femmes et 62,2 % des certifiés ; le taux de féminisation des agrégés se stabilise autour de 50 % dans les années 1990. Voir Marlaine Cacouault-Bitaud, Professeurs... mais femmes. Carrières et vies privées des enseignantes du secondaire au XXe siècle, Paris, La Découverte, 2007, p. 300. La mixité est généralisée par la Loi Haby de 1975.
7 Les magistrats comptent 6 % de femmes en 1959, 44,6 % en 1992 ; Voir Anne Boigeol, « La magistrature française au féminin : entre spécificité et banalisation », Droit et Société 25-1993, p. 489-522. Chez les médecins, le taux de féminisation s’élève à 30 % en 1990. Les effectifs féminins chez les cadres administratifs supérieurs passent de 13,2 % en 1968 à 20,1 % en 1981 selon l’Insee, Femmes en chiffres, 1986, p. 44.
8 La proportion de femmes chez les cadres du public est de 23 % en 1983, 36 % en 1999 (20 % chez les proviseurs en 1996).
9 Sylvie Schweitzer, Femmes de pouvoir. Une histoire de l’égalité professionnelle en Europe (XIXe-XXIe siècle), Paris, Payot, 2010, 252 p.
10 Claude Dubar, « La sociologie du travail face à la qualification et à la compétence », Sociologie du travail no 2/96, p. 179-193.
11 Lise Demailly, « La qualification ou la compétence professionnelle des enseignants », Sociologie du travail, vol. XXIX, no 1, p. 59-69.
12 Tania Angeloff et Jacqueline Laufer, Introduction au dossier « Genre et organisations », Travail, genre et sociétés no 17, avril 2007, p. 21-25.
13 Pour construire un premier échantillon nous avons consulté les dossiers de directrices qui dans une phase de leur carrière ont été affectées au lycée de jeunes filles de Niort, au lycée Balzac de Tours, au lycée de Sèvres ou au lycée Racine à Paris.
14 Elles sont mises en place dans le premier cycle entre 1946 et 1952 ; les effectifs sont limités à 25 élèves, on demande à des professeurs volontaires de mettre en œuvre une pédagogie active. Voir Antoine Savoye, « Réforme pédagogique, réformes disciplinaires : l’expérience des classes nouvelles dans l’enseignement du second degré (1945-1952) » dans Renaud D’Enfert et Pierre Kahn (dir.), En attendant la réforme. Disciplines scolaires et politiques éducatives sous la IVe République, Grenoble, PUG, 2010, p. 51-64.
15 Yannick Clave, « Les proviseurs de lycée entre 1870 et 1914 : regards sur une fonction », communication à la Journée d’étude no 9 du CREHS-université d’Artois, Diriger les établissements scolaires, Arras, 29 novembre 2013.
16 Rebecca Rogers note que « les femmes sont nettement privilégiées » par rapport aux hommes dans les travaux des historien(ne)s qui traitent des identités professionnelles et du genre, dans Yves Verneuil (dir.), L’enseignement féminin et l’identité féminine enseignante. Hommage à Françoise Mayeur, CRDP de Champagne-Ardenne, 2009, p. 111.
17 Françoise Mayeur, L’enseignement secondaire des jeunes filles sous la IIIe République, Paris, FNSP, 1977, p. 315.
18 Le certificat d’aptitude à l’enseignement secondaire des jeunes filles créé en 1882 donne droit au titre de chargée de cours dans les lycées et de professeur dans les collèges. L’agrégation féminine (lettres ou sciences) est instituée en 1883.
19 Archives nationales, F17 26847.
20 Ibid. ; Mme C., sévrienne, née en 1891, directrice de lycée à partir de 1927-28, prend sa retraite à Paris en 1957. Son mari, chef de division dans une préfecture, meurt en août 1927 des suites de la guerre de 1914-18.
21 Archives nationales, F17 28650 ; Mlle Cl. née en 1901, retraite en 1966 dans l’ouest de la France. Dérogation pour la consultation du dossier.
22 Les agrégées « peuvent seules être désignées pour exercer les fonctions de directrice de lycée », selon le décret du 19 juin 1927, mais aussi « à titre exceptionnel, et dans la proportion maxima de deux nominations sur dix, les directrices de collèges de jeunes filles pourvues seulement d’un certificat d’aptitude ou d’une licence, qui justifient de dix années de services, dont cinq en qualité de directrice, et qui ont dirigé un établissement important, soit par le nombre des élèves, soit par sa situation dans le département ». (Archives nationales, F17 24718, dossier de Mlle Brevet Léonie).
23 Archives nationales, F17 27981, dossier personnel de Mlle G.
24 Ibid., rapport du recteur de 1933.
25 Juliette Rennes, Le Mérite et la nature. Une controverse républicaine : l’accès des femmes aux professions de prestige. 1880-1940, Paris, Fayard, 2007.
26 Françoise Mayeur, L’enseignement secondaire des jeunes filles sous la IIIe République, op. cit., p. 420-438.
27 Voir Caroline Doublier, « Enseignement de l’allemand et image de l’Allemagne depuis la Seconde Guerre mondiale », Histoire de l’Éducation, no 106, 2005, p. 137-152.
28 Archives nationales, F17 28171, dossier de Mme S.
29 Archives nationales, F17 26847, lettre de Jean Zay, année 1938.
30 Archives nationales, F17 24515, dossier de Mme S. ; Rapport de l’inspecteur général sur Mme Lavaud, agrégée d’histoire, qui termine sa carrière au lycée Victor Duruy à Paris en 1936 après avoir dirigé un lycée à Oran, un autre à Marseille : en 1922 il loue la « dignité de vie » de Mme L. « partagée entre ses devoirs de famille et ceux de ses fonctions, sans que les unes aient à souffrir des soins qu’elle donne aux autres, une aisance à porter cette double charge, qui font d’elle un modèle vivant pour ses élèves et la meilleure des cautions aux yeux des familles pour la maison qu’elle dirige ». Mme L. dirige alors le lycée de jeunes filles de Marseille ; son mari est professeur agrégé de lettres et ils ont trois filles.
31 René Sarezat, Les proviseurs et leurs lycées (1944-1980), thèse d’État, université de Lille I, 1986.
32 Née en 1935, proviseure agrégée, ancienne élève d’une ENS. Proviseure à 38 ans en province, à 43 ans dans le centre de Paris. Célibataire. Questionnaire, 1994.
33 Née en 1940. A occupé plusieurs postes en province et deux à Paris. Célibataire. Questionnaire, 1994.
34 Jean-Michel Chapoulie, Les professeurs de l’enseignement secondaire. Un métier de classe moyenne, MSH, Paris, 1987, p. 38.
35 Agnès Pelage, Devenir proviseur : de la transformation du modèle professionnel aux logiques d’accès à la fonction de direction, thèse de doctorat en sociologie, 1996, p. 44.
36 Ibid., p. 43-44.
37 Jean-Michel Chapoulie, Les professeurs de l’enseignement secondaire..., op. cit., p. 15.
38 Les établissements sont classés en fonction des effectifs d’élèves, de la présence ou non d’un internat, de l’offre d’enseignement. Les rémunérations varient en conséquence. La localisation géographique et l’histoire jouent également un rôle pour expliquer l’attrait exercé et les choix effectués par l’administration, dont le choix entre une femme et un homme.
39 Un concours de recrutement est alors instauré, C1 pour les agrégés, C2 pour les certifiés et assimilés. Les femmes réussissent mieux que les hommes, mais elles sont moins nombreuses à se présenter.
40 Agnès Pelage, Devenir proviseur..., op. cit., p. 62.
41 Il passe de 3635 personnes en 1967 à 7749 en 1975.
42 René Sarezat, Les proviseurs et leurs lycées (1944-1980)..., op. cit., p. 118.
43 Marlaine Cacouault, « Différenciation des carrières entre les hommes et les femmes dans l’enseignement du second degré », Cahiers du centre Henri Aigueperse, FEN-UNSA, 1999 p. 213 ; Marlaine Cacouault-Bitaud, La direction des collèges et des lycées : une affaire d’hommes ? Genre et inégalités dans l’Éducation nationale, Paris, L’Harmattan, 2008, p. 223.
44 Circulaire du 6 novembre 1964 : les fonctions de direction « ne sont pas la continuation nécessaire de l’élite du corps enseignant ». Les instituteurs sont autorisés en 1965 (décret du 14 décembre) à s’inscrire sur une liste d’aptitude à la fonction de directeur de CEG s’ils ont 30 ans au moins et 8 ans d’ancienneté. Ils pourront devenir principal de CES. Selon le décret du 30 mai 1969, les agrégés et les certifiés (ou assimilés) ont accès aux fonctions de proviseur et de directrice, l’expérience de la direction comme principal-e leur confère une avance sur les censeurs. Des avantages financiers sont prévus. Voir Agnès Pelage, Devenir proviseur : de la transformation du modèle professionnel aux logiques d’accès à la fonction de direction, thèse de doctorat en sociologie, 1996, p. 59-60.
45 Agnès Pelage, Devenir proviseur..., op. cit., p. 67. Elle cite une circulaire sur la formation des aspirants à la direction : il s’agit « d’obtenir (des stagiaires) qu’ils opèrent une mutation profonde... Enseigner c’est une chose, diriger une autre affaire qui s’apparente à la gestion d’une entreprise » ; on attend (d’eux) « une personnalité renouvelée ».