1 Laumonier (éd.) 1914 (n. v.), p. 142-147, cité par Roche 2008, p. 9-10. L’ombre du cheval est le titre d’un des discours de Ronsard dédié à son ami M. de Belot, dans lequel il évoque un certain nombre de chevaux célèbres, imaginaires ou inconnus.
2 « L’ombre du cheval » est le sous-titre du livre de Roche 2008, et il justifie l’avoir choisi ainsi : « Saisir ce qu’un grand poète a pu sentir au XVIe siècle avec sa capacité de comprendre le cheval sous tous ses aspects, dans un répertoire inoubliable, dicte et ouvre notre démarche » (p. 11).
3 Les indications anatomiques données par Simon et Xénophon insistent sur les qualités physiques et esthétiques d’un cheval idéal et n’ont pas lieu d’être commentées dans ce chapitre (cf. chapitre 5). Nous suivons ce qu’écrit Vigneron 1968, t. 1, p. 4 : « Le cheval que l’on décrit en “extérieur” est, par définition même, une bête parfaite, donc qui ne se rencontre jamais. Rien ne serait plus erroné que d’y voir le cheval existant à l’époque précise où telle description a été rédigée. » La comparaison des informations données par Simon et Xénophon avec les remarques d’auteurs postérieurs (hippiatres grecs et romains de l’antiquité tardive, hippologues arabes ou maîtres de cavaleries du XVIIIe siècle) indique en effet que, pour ce qui concerne les éléments de la tête, du corps (c’est-à-dire le « tronc »), des membres, les mêmes critères physiques sont retenus : une tête assez petite, des yeux à fleur de tête, les naseaux ouverts, les oreilles petites, les barres égales, l’encolure souple et légère, arrondie, le poitrail ouvert, le garrot haut et sec, le dos double, le rein court, le ventre petit, les testicules petits, les membres droits, avec des épaules larges.
4 À propos de la place des animaux dans l’art classique, cf. à présent Harden 2014.
5 Pour reprendre l’expression d’Apsyrtos dans le CHG, I, 372, 13 : περὶ ἵππου εἴδους. Cf. Xénophon, Art équestre, I, 17 : εἶδος πώλου, et Simon, Sur l’extérieur et le choix des chevaux, frg. 1 : περὶ ἰδέας ἱππικῆς.
6 Type et non race, ce dernier terme étant très délicat à utiliser pour ce qui concerne les périodes anciennes : cf. chapitre 4. Voir aussi Willekes 2013, p. 24 et 110 notamment.
7 Du Bos 1740, t. 1, p. 384, cité par Winckelmann 2005 [1755], p. 294. On trouve aussi ce genre de réflexion chez Antoine Mongez, dans son Recueil d’Antiquités, bien que la « race » anglaise soit en ce cas critiquée : « Les Anciens connaissaient diverses espèces de chevaux ; mais on peut douter qu’ils aient employé ceux que nous appelons de race anglaise, c’est-à-dire, ces chevaux qui ont une tête mal faite, placée sur une très longue et très étroite encolure ; du moins ne les voit-on point sur les monuments antiques. On peut dire en général que les chevaux représentés sur les monuments grecs sont plus fins que ceux des monuments romains ; mais les uns et les autres ont l’encolure plus forte que celle de nos chevaux, et l’on sait combien cette force donne de beauté » (Mongez 1804, p. 35).
8 Winckelmann 2005 [1755], p. 294 : « Il est indéniable que, dans le royaume de Naples et en Angleterre, les juments locales couvertes par des étalons espagnols donnent une race plus noble, et cet accouplement a permis d’améliorer la qualité de l’élevage dans ces pays. Cela vaut aussi pour d’autres pays, mais c’est l’inverse qui s’est produit ailleurs : les chevaux allemands, que César trouvait très médiocres, sont à présent très bons, tandis que les chevaux de Gaule, très prisés de son temps, sont devenus les plus mauvais d’Europe. Les Anciens ne connaissaient pas la belle race des chevaux danois et les chevaux anglais ne leur étaient pas plus connus ; mais ils avaient des chevaux cappadociens et épirotes, les plus nobles de tous, les chevaux persans, achéens ou thessaliens, siciliens et tyrrhéniens, celtes ou espagnols. Hippias dit, chez Platon, “c’est nous qui avons la plus belle race de chevaux”. » Pour la citation exacte : Platon, Hippias majeur, 288c : ce sont des juments dont est fier Hippias, qui indique que l’Élide est une région d’élevage équin du monde grec.
9 Hoüel 1845, t. 1, p. 94 ; Cherbuliez 1864, p. 117-118. Cf. Blaineau (éd. et comm.) 2011, p. 85-87 pour quelques commentaires supplémentaires sur ce point. Le baron de Curnieu, traducteur du traité de Xénophon, faisait la même remarque dans une note : « Le cheval des bas-reliefs antiques présente presque toujours le même type, c’est un cheval arabe que la dégénération a rendu plus petit, plus massif et plus épais, assez pareil du reste au cheval breton de la petite espèce : cette ressemblance pourrait faire croire à une tradition qui donne à cette dernière race une origine grecque ou phénicienne » (de Curnieu 1840, p. 182 n. 50).
10 Aujourd’hui, certains croient trouver des ressemblances entre ces chevaux de la frise et le petit poney de Skyros. Cf. le site internet de l’association de sauvegarde du cheval de Skyros [www.thesilvaproject.org]. Voir aussi Spence 1993, p. 282 n. 46 et Gaebel 2002, p. 19.
11 Ridgeway 1905, p. 297.
12 Ibidem. Cf. Aristophane, Nuées, 23-24.
13 Texte cité et traduit par Rolley 1999, p. 101, d’après Beutler (éd.) 1964, p. 435. Cf. Blaineau 2009, p. 53-54.
14 Holtzmann 2010, p. 72.
15 Anthologie grecque, IX, 713-742 ; 793-798. Sur la vache de Myron, qui est une œuvre perdue et donc uniquement un « objet verbal », cf. Frontisi-Ducroux et Lissarrague 2005. Squire 2010 analyse particulièrement les différents niveaux de lecture de ces épigrammes, entre objet réel (ou supposé tel) et ses diverses représentations (ekphraseis).
16 Willekes 2013, p. 37.
17 Bataille 1929, p. 28. Dans cet article, Bataille compare quelques monnaies gauloises à des monnaies gréco-macédoniennes, et constate que les Gaulois se sont inspirés de ces dernières, en frappant des chevaux qui rompent avec le « classicisme » grec. Cet article oppose en fait « la civilisation des Gaulois », « comparable à celles des peuplades […] de l’Afrique centrale », à la civilisation classique, et en constitue une « véritable antithèse » du point de vue social (p. 27).
18 Markman 1969, p. 82 et fig. 49.
19 Deblaise 2008a.
20 Giacosa 1973.
21 Ibidem, p. 62 et planche LXIII (fig. 10).
22 Vigneron 1968, t. 1, p. 32-33 et Markman 1969, p. 3. Dans un même mouvement, le savant américain affirmait par ailleurs qu’il n’était pas nécessaire de s’intéresser aux « races » (« breeds ») de chevaux pour étudier leur place dans l’art grec. Selon lui, ce qui intéressait l’artiste grec était de représenter le cheval de la plus belle des manières, et de fait il ne s’était pas intéressé aux types équins réels (p. 18).
23 Gabrielli 2006, p. 12-13. Sur les particularités des formes artistiques qui empêchent une comparaison, et donc une possible description des types de chevaux grecs, cf. déjà les analyses de Schlieben 1867.
24 Digard 2002, p. 11-13.
25 Simon, Sur l’extérieur et le choix des chevaux, frg. 2 (= Pollux, II, 69). Sur ce point, Delebecque 1950, p. 156, critique sévèrement Simon, incapable selon lui d’apprécier l’œuvre d’art : les griefs qu’il adresse à Micon « trahissent la mesquinerie et le ton comminatoire d’un technicien satisfait ». Mais il faudrait peut-être plutôt y voir simplement un goût de la précision de la part de Simon.
26 Voir déjà Morgan 2007 [1894], p. 83. Cf. Markman 1969.
27 Anderson 1961, p. 11.
28 Vigneron 1968, p. 33, se référant au livre de Morin-Jean 1911, p. 247 et fig. 233.
29 Pline, Histoire naturelle, XXXIV, 71, rapporte que le sculpteur Calamis était réputé pour être un maître dans la représentation des chevaux. Praxitèle s’était surpassé pour créer un magnifique aurige, qui visait à égaler les chevaux d’un quadrige sculpté par Calamis.
30 Francfort et Lepetz 2010, p. 80-81. Les auteurs ajoutent toutefois que cet art aulique, qui présente donc des images convenues d’équidés, ne se retrouve pas dans l’art grec (p. 90).
31 Gaebel 2002, p. 19. Voir déjà Vigneron 1968, p. 32.
32 Digard 2003, p. 13. Par ailleurs, l’analyse des chevaux non montés de la frise du Parthénon par Moore 2003 révèle la bonne connaissance du comportement équin en général, comme le montre le cheval frottant sa tête contre son antérieur gauche (W 23).
33 Cela ne se fait pas sans difficultés : Eaverly 1995, p. 17-19 a ainsi insisté sur le fait que la confrontation de la sculpture et de la peinture nécessitait de tenir compte des spécificités de chaque mode d’expression et de leur propre évolution stylistique. Une autre difficulté peut aussi apparaître, lorsque la statuaire semble faire la synthèse de plusieurs profils. Ainsi est-ce le cas des chevaux de Saint-Marc (datés vraisemblablement des IIe ou IIIe siècles de notre ère), qui regroupent les caractères d’un type robuste (mais non lourd), mais aussi « du cheval léger de la période classique, par l’artifice qui consiste à tricher sur les proportions » (Azzaroli 1981, p. 152, et, pour la date estimée Borelli Vlad, Fogolari et Guidi 1981, contra Markman 1969, p. 130-131, pour qui il s’agit d’une œuvre datant de la fin du IVe ou du IIIe siècle).
34 Anderson 1961, p. 11, fait donc une analyse trop peu nuancée lorsqu’il écrit: « Nor is there any obvious difference between ridden and chariot horses in classical art. » Cf. les remarques critiques de ce type d’analyse de Vigneron 1968, p. 30-32.
35 Rommelaere 1991, p. 36-38, bien que l’auteure ne justifie pas l’emploi du terme « race ».
36 Markman 1969. Cf. aussi Woronoff 2008.
37 Moore 1968.
38 Ibidem, p. 359: « Riding horses are slightly more bulky of body than chariot horses, and the withers are en-larged as a gripping and balancing aid for the riders. Chariot horses, on the other hand, are more slender and longer of body and the withers are scarcely noticeable », contra Markman 1969, p. 49-50 qui ne cerne pas d’évolutions stylistiques chez Exékias.
39 Cf. les analyses proposées par O’Hare Wilson 2005, p. 216-217.
40 Sur l’histoire et l’historiographie de l’archéozoologie en Grèce, cf. Trantalidou 2001. Les publications concernant l’étude du matériel ostéologique en Grèce ont souvent privilégié les périodes préhistoriques et protohistoriques. Ces publications, souvent annexes ou intégrées dans des monographies ou des rapports de fouilles, gagnent peu à peu leur autonomie, comme le remarque Gardeisen 2005a, p. 8. L’auteure est d’ailleurs l’une des organisatrices des trois colloques sur les équidés dans le monde méditerranéen antique, au cours desquels il y a eu beaucoup de communications d’archéozoologues : Gardeisen (éd.) 2005, Gardeisen, Furet et Boulbes (éd.) 2010, Gardeisen et Chandezon (éd.) 2014. Un recueil d’articles avait par ailleurs réuni des études archéozoologiques en Grèce (avec quelques informations sur les équidés) : Kotjabopoulou, Hamilakis, Halstead, Gamble et Elefanti (éd.) 2003.
41 Cf. les remarques de Chandezon 2004, p. 479 n. 3, s’appuyant sur l’article de Forest et Rodet-Belarbi 2002 : les auteurs pensent qu’il est plus judicieux d’utiliser le terme de « morphotype », plutôt que celui de « race », lorsque l’on tente une analyse des animaux domestiques des périodes anciennes.
42 Gardeisen 2005a, loc. cit.
43 La détermination des types équins s’effectue généralement grâce à deux critères : la taille et la gracilité (c’est-à-dire la largeur) des os. La longueur de l’os permet de déterminer la stature et la gracilité se fonde « sur le rapport de cette longueur et de la largeur de la diaphyse » : Francfort et Lepetz 2010, p. 61. Cf. l’explication de la méthode appliquée aux chevaux gaulois et de la France médiévale dans Lepetz et Hanot 2012. Ces analyses comportent toutefois des difficultés méthodologiques, liées notamment à l’état de conservation du matériel ostéologique et à l’histoire des sites fouillés. Ainsi, il est parfois difficile de déterminer avec certitude si les ossements trouvés correspondent à des chevaux, à des ânes ou à des hybrides (cf. par exemple quelques remarques à ce sujet dans Gardeisen et Malama 2005a, p. 177 et Gardeisen 2005b, p. 319-320). L’utilisation de l’ADN mitochondrial pourrait permettre d’affiner les analyses (dans la détermination de traces d’hybridation par exemple), bien qu’une recherche récente ait été peu concluante : cf. Martinet et alii 2010.
44 Rappelons les divers usages dans le monde grec : guerre, course attelée et montée, cortège, chasse, transport. Les chevaux n’ont pas été souvent utilisés pour le trait en Grèce. Cf. Ridgeway 1905, p. 285 et suivantes et Anderson 1961, p. 19-20. À propos de la distinction des usages et des types : aujourd’hui, en règle générale, les chevaux brachymorphiques (ou brévilignes) comme le Shire sont davantage destinés au trait, alors que les chevaux longilignes comme le cheval arabe sont des bêtes adéquates pour l’équitation. Les chevaux peuvent être classés en trois catégories : les chevaux à intensité de contraction (fig. 1a), à étendue de contraction (fig. 1b), et de type intermédiaire (fig. 1c).
45 Hemingway 2004, p. 107. Le cheval de bronze dit de l’Artémision fait partie d’un ensemble composé de cette monture et de son jeune « jockey », retrouvé dans le Cap Artémision (fig. 8). Il s’agit d’une sculpture dont la date de fabrication se situe entre la fin du IVe siècle et le Ier siècle, et qui représente bien une scène de course montée (cf. notamment p. 142).
46 Alifakiotis 2000. Cf. Gaebel 2002, p. 19 et Trantalidou 2005, p. 35. Il apparaît que le cheval de Skyros possède des caractéristiques génétiques différentes des autres populations grecques, plus homogènes : cf. notamment Bömcke, Gengler et Cothran 2011.
47 Soit donc n’excédant pas 1,50 m environ (1 « hand » = 10,16 cm).
48 Anderson 1961, p. 15-16.
49 Griffith 2006a, p. 195-196.
50 Mais il convient tout de même d’évoquer ce qui distingue le cheval du poney : il ne s’agit pas tant de sa taille, le cheval de la Caspienne étant par exemple très petit (1,20 m au garrot). Il s’agit en fait de deux types zoologiques distincts : les poneys ont par exemple des jambes plus courtes et robustes, et sont donc moins aptes à parcourir rapidement de longues distances ; à l’inverse, ils peuvent parcourir des terrains plus difficiles. Willekes 2013, à qui nous empruntons ces renseignements, p. 29, écrit par ailleurs que la plupart des chevaux antiques sont plutôt des chevaux que des poneys.
51 http://www.haras-nationaux.fr/information/accueil-equipaedia/races-dequides/chevaux-de-sang/camargue.html.
52 Koolen 2012, p. 35.
53 Arrien, Cynégétique, XXIII, 2-3.
54 Anderson 1961, p. 15.
55 Engels 1978, p. 127 et Gabrielli 2006, p. 5-7 et 10. Le cas des « grands » chevaux est particulier pour l’Antiquité : il ne concerne que certains chevaux de l’armée romaine, ou bien les fameux chevaux néséens.
56 Bökönyi 1968, p. 42.
57 Azzaroli 1985, p. 168. Pour d’autres références, cf. Gabrielli 2006, p. 12.
58 Musée archéologique de Naples, no 10020. Les remarques à ce propos sont de Gabrielli 2006, p. 12 n. 47.
59 Les hommes à pied ainsi que les chevaux remplissent la quasi-totalité de la largeur de la frise (14 cm) et on observe que les auriges, dans leur char, ont une taille réduite : cf. Vigneron 1968, t. 1, p. 33 n. 2.
60 Picard 1939 (n. v.), p. 441, cité par Vigneron 1968, loc. cit.
61 Selon les estimations de Pierre Brulé qu’il nous a communiquées dans le rapport de soutenance de notre thèse, et que nous nous permettons de reprendre ici.
62 Xénophon, Anabase, IV, 5, 36.
63 Arrien, Anabase, V, 13, 3. Cf. Gabrielli 2006, p. 13-14.
64 Xénophon, Hipparque, V, 13.
65 Xénophon, Art équestre, I, 16.
66 Simon, Sur l’extérieur des chevaux et le choix des chevaux, frg. 2 : ὸ δὲ μέγεθος τρία τῶν ὀνομάτων ἐπιδέχεται· μέγα, μικρόν, εὐμέγεθες, ἢ εἰ βούλει σύμμετρον, καὶ δῆλον ἐφ’οὗ τῶν ὀνομάτων ἁρμόσει ἕκαστον· κράτιστον δὲ ἐν παντὶ ζῴῳ ἡ συμμετρία. La traduction est légèrement modifiée : à notre sens, εὐμέγεθες ne signifie pas, comme le propose Delebecque, « de taille moyenne ».
67 Strabon, XI, 11, 8, p. 520 : Σίγιννοι δὲ τἆλλα μὲν περσίζουσιν, ἱππαρίοις δὲ χρῶνται μικροῖς δασέσιν, ἅπερ ἱππότην ὀχεῖν μὲν οὐ δύναται, τέθριππα δὲ ζευγνύουσιν.
68 Hésychios, s. v. ἰννός : ἄλλοι δὲ ἡμιόνιον ἢ ἱππάριον ἀναυξές.
69 Plutarque, Philopoemen, VII, 4 : φαύλοις ἱππαρίοις.
70 Xénophon, Cyropédie, I, 4, 19 : πονηρῶν ἱππαρίων.
71 Aristote, Génération des animaux, 748 b 35 – 749 a 6 ; cf. Histoire des animaux, 577 b 25-28. Chantraine 1965, p. 205-211. Voir aussi DELG, s. v. γίννοϛ.
72 Louis 1957.
73 Loi d’Abdère sur la vente d’esclaves et de bétail de somme (l. 2) : M. Feyel, BCH, 66/67, 1942-1943, p. 180-188 ; Chandezon 2003, no 23. Loi sacrée d’Ialysos (l. 22) : IG XII. 1, 677 ; LSCG, 136 ; Chandezon 2003, no 41.
74 Chandezon 2003, p. 107-108.
75 Hésychios, s. v. γίννος· <ζῷον οὗ> ὁ πατὴρ ἵππος, ἡ δὲ μήτηρ ὄνος.
76 Georgoudi 1990, p. 201, suivant Chantraine 1965.
77 Souda, s. v. Καρκίνος : ναννοφυεῖς δὲ ὅτι νάννοι λέγονται οἱ κολοβοὶ τῶν ἀνθρώπων· οἱ δὲ κολοβοὶ τῶν ἵππων ἴννοι.
78 Platon, Phédon, 96 d-e (trad. L. Brisson) : Σκέψαι δὴ καὶ τάδε ἔτι. ᾤμην γὰρ ἱκανῶς μοι δοκεῖν, ὁπότε τις φαίνοιτο ἄνθρωπος παραστὰς μέγας σμικρῷ μείζων εἶναι αὐτῇ τῇ κεφαλῇ, καὶ ἵππος ἵππου· καὶ ἔτι γε τούτων ἐναργέστερα, τὰ δέκα μοι ἐδόκει τῶν ὀκτὼ πλέονα εἶναι διὰ τὸ δύο αὐτοῖς προσεῖναι, καὶ τὸ δίπηχυ τοῦ πηχυαίου μεῖζον εἶναι διὰ τὸ ἡμίσει αὐτοῦ ὑπερέχειν.
79 Trantalidou 2005, le tableau se trouvant p. 30-31.
80 Gardeisen et Malama 2005, p. 169 (pour les données ostéologiques) et p. 177 et suivantes pour les conclusions.
81 À propos de la stature des chevaux scythes : il faut distinguer les résultats des études ostéologiques concernant des sites d’Europe centrale et orientale (tailles d’environ 123 à 133 cm), de celles de l’Altaï (chevaux de Pazyryk, entre 125 et 150 cm) ou du Kazakhstan (cheval d’Ushkatta : 155 cm). Il s’agit de chevaux robustes et peu graciles. Une synthèse de ces données se trouve dans le livre de Gabrielli 2006, p. 7 et dans l’article de Francfort et Lepetz 2008, p. 65-66. Les fouilles de la nécropole gète de Zimnicea ont permis de mettre au jour des ossements de chevaux datés d’une période allant de la moitié du IVe siècle au IIe siècle. Deux types apparaissent : des animaux d’environ 130 cm, et des animaux d’environ 140 cm ; cf. sur ce point Gabrielli 2006, p. 8, qui cite l’article d’Haimovici 1983 (n. v.). L’analyse des tailles des chevaux de la péninsule italienne de l’âge du Fer montre que la stature moyenne est de 133,2 cm. Dans le Nord-Est de l’Italie, là où se trouvaient les chevaux vénètes, le site de Le Brustolade, près d’Altino, a révélé 27 tombes de chevaux sacrifiés, leur taille allant de 117,4 cm à 146,4 cm. D’autres sites (en Slovénie, près de Trieste, ou à Pozzuolo del Frioli) ont dévoilé des tailles de chevaux moins importantes (entre 123.5 cm et 127 cm). Enfin, il existe des sites où les tailles de chevaux sont intermédiaires (dans le Nord de la Plaine du Pô). Les chevaux étrusques semblaient plus petits que les chevaux vénètes (taille moyenne : 130 cm) : cf. pour toutes ces informations l’article de synthèse de De Grossi Mazzorin, Riedel et Tagliacozzo 1996. La stature des chevaux de la péninsule hispanique est à peu près similaire, puisque les tailles s’échelonnent entre 117 cm (Era Alta, région de Valladolid, mais la date est imprécise, entre l’âge de Bronze et les IIe et Ier siècles) et 142 cm (Alcalá de Chivert, Castellon, entre 550 et 425) : cf. Quesada Sanz 2004.
82 Nous utilisons le tableau de synthèse de Trantalidou 2005, p. 30-31, que nous avons modifié en y ajoutant d’autres informations (signalées par des notes sous le tableau). HM = Helladique moyen ; HR = Helladique récent ; M = mâle ; F = femelle.
83 En fonction des données concernant la stature, le poids des chevaux grecs est difficile à déterminer. Toutefois, une analyse de Gabrielli 2006, p. 29-34, permet d’apporter une information d’importance : les chevaux perses qui étaient destinés à la cavalerie cuirassée, de type néséen, devaient supporter une charge telle qu’ils devaient mesurer, selon lui, entre 148 et 150 cm, et peser entre 380 et 400 kgs. L’auteur a raison d’affirmer que les chevaux grecs étant généralement plus petits, leur poids était souvent inférieur à 380 kgs. Pour étayer sa démonstration, il utilise un texte important de Xénophon, qui est le chapitre XII de l’Art équestre, dans lequel il décrit la cuirasse perse (qui protège le cavalier et le cheval). M. Gabrielli écrit ainsi qu’« une des raisons qui explique le peu de succès de ses recommandations auprès des cavaliers grecs est, sans nul doute, le manque de chevaux en Grèce capables de supporter un tel poids » (p. 33).
84 Le constat est le même pour ce qui concerne les chevaux égyptiens : le plus petit spécimen est un étalon de Tell el-Dab’a, daté de la XVIIIe dynastie et qui mesure 134 cm, et le plus grand est un cheval d’El-Kurru (Soudan), mesurant 155 cm : Rommelaere 2007, p. 94.
85 Comme c’est le cas pour les chevaux de l’Empire romain, dont la stature moyenne a augmenté : cf. par exemple Lepetz et Hanot 2012.
86 Pollux, I, 181-182 distingue plusieurs types de chevaux : chevaux de guerre (polemistèrioi, stratiôtikoi), de course (athlètai, agônistai, adèphagoi, hamillètèrioi, nikèphoroi, athlophoroi), de chasse (kunègetikoi), de voyage (hodoiporikoi), de cortège (pompikoi) et chevaux dits « au vert », c’est-à-dire en troupeau dans des pâturages (phorbades, agelaioi).
87 Rommelaere 2007, loc. cit.
88 Notamment étudiées par Delebecque 1951b, p. 144-146 ; Anderson 1961, p. 16-17 ; Vigneron 1968, t. 1, p. 9 ; Georgoudi 1990, p. 149-151 (n. 52 à 55) ; Gaebel 2002, p. 20.
89 Xénophon, Art équestre, I, 17.
90 Il précise d’ailleurs un peu plus loin que « la bonté d’un cheval dépend de la ressource et de la vigueur, qui sont des qualités intérieures, et non de son poil » : de La Guérinière 1733, p. 27 et 29.
91 CHG, II, 177, 17-18 (Julius Africanus) : τῶν ἵππων διάφοροι μέν, ὡς ἀρεταί, καὶ χρόαι. Il était d’usage, dans l’Antiquité tardive, de teindre les robes de chevaux, ou bien encore de faire appel à des artifices destinés à produire des poulains ayant la couleur désirée : sur ce point, CHG, I, 83, 5-7 ; II, 177-178 (Julius Africanus), Oppien, Cynégétiques, I, 333-348, avec les commentaires de Georgoudi 1990, p. 150 (n. 52).
92 Simon, Sur l’extérieur et le choix des chevaux, frg. 3 : Χρόαν δὲ οὐκ ἔχω ἵππων ἀρίστην ὁρίσαι δοκεῖ δέ μοι ὅμως, ἥ τις ὁμόχρους ἐστιν αὐτῇ ἑαυτῇ ὅλῃ καὶ εὔθριξ μάλιστα, ἀρίστη εἶναι ὡς ἐπὶ πολὺ ἢ ἡ πορρωτάτω ὄνου καὶ ἡμιόνου.
93 L’adjectif λευκόψαρος concerne certes les ânes : cf. CHG, I, 80, 11 (Apsyrtos), avec les commentaires de Georgoudi 1990, p. 203 (n. 169). Mais il s’applique aussi aux chevaux, comme l’écrit Julius Africanus (CHG, II, 178, 6 = Cestes, III, 13).
94 CHG, I, 80, 8 (Apsyrtos) ; Columelle, Économie rurale, VI, 37, 6-7.
95 Xénophon, Art de la chasse, IV, 7-8 (traduction légèrement modifiée).
96 Pour une présentation et une étude plus étendue, cf. les chapitres 3 et 6.
97 Braun 1970, p. 251-253.
98 Kroll 1977, p. 86.
99 Mais il convient de tenir compte du fait que certaines tablettes ne concernent qu’un seul et même cheval.
100 De La Guérinière 1733, p. 27 écrit que « le cheval bai est le plus commun de tous les poils ». Signalons par ailleurs que les chevaux retrouvés à Pazyryk et à Berel’(Altaï) possèdent une robe brune ou entièrement marron : cf. Francfort et Lepetz 2010, p. 62.
101 Cf. le chapitre 2.
102 Lahaye 1956, p. 37 (n. v.), cité par Rommelaere 1991, p. 50 n. 7.
103 Ainsi par exemple les Mongols disposent de plus de 500 termes différents pour qualifier les infinies variations des robes chevalines. Cf. Arthus-Bertrand et Gouraud 2003, p. 10.
104 Chambry 2001, p. 59-62.
105 On y lit par ailleurs le nom d’un autre cheval : Καλλιφόρα. Voir Jeschonnek 1885, p. 40 et 43 et Moore 1971, p. 384 et 387.
106 Le nom Πύρϝος est adjoint à celui de Ταχυδρόμος.
107 L’un des arguments de Chr. Chandezon est imparable : l’auteur de l’œuvre se devait de montrer Bucéphale (et non un cheval de réserve), car il est indissociable de son cavalier. Selon Cohen 1997, s’appuyant sur Pline, Histoire naturelle, XXXV, 110, l’auteur serait Philoxénos d’Érétrie, mais Moreno 2001, p. 34-35, considère que le tableau original serait plutôt l’œuvre d’Apelle. Pour ce qui concerne la question de savoir à quelle bataille correspond la mosaïque, les avis des spécialistes divergent. Selon Chandezon 2010, p. 181 et 192 n. 45, suivant Andrae 1959, p. 25-26, la scène représente un mélange des batailles d’Arbèles-Gaugamèles, du Granique et d’Issos.
108 Contra Woronoff 2007, p. 22, pour qui il s’agit d’une robe aubère. Mais à notre sens, l’adjectif (13) μαλοπαρῴας correspond davantage à la robe aubère.
109 On peut être d’accord avec Anderson 1961, p. 188 n. 4, pour qui « the painters either did not regard the name as descriptive, or, if they did, thought of xanthos as some bright, gay, light colour, whose essential qualities they tried to represent by using white, since the very limited range of colours at their disposal did not include and exact equivalent ». Cf. les remarques identiques dans la thèse de Moore 1971, p. 372-373.
110 Une seule lettre apparaît après le prénom Théaitètos : ΘΕΑ[ΙΤΗ│ΤΟΥ Ṃ. Il pourrait donc s’agir ici de l’adjectif ΜΕΛΑΣ, à moins que ce ne soit l’adjectif ΜΑΛΟΠΑΡΩΙΑΣ. Mais celui-ci n’est inscrit que sur une autre tablette (no 297.2). Cf. nos commentaires infra à propos de cet adjectif : (13) μαλοπαρῴας.
111 Comme pour le no 188, seule la première lettre de l’adjectif qualifiant la couleur de robe est apparente : ΛΕΩΧΑΡΟΥ Μ[│ΑΕΤ[ΟΣ ΤΙΜΗΜΑ[. La restitution est ici plus assurée, car le no 329.1 confirme le lien entre un cheval noir et le propriétaire Léôcharos : ΛΕΩΧΑΡΟΥ │ΜΕΛΑΣ.
112 Selon Launay 1987, t. II, p. 705-706 n. 1, il conviendrait de remplacer μέλαιναν δεπρογαλουκ. θη. par μέλαιναν, λεπρό(ν) γαλοῦχον θήλειαν, c’est-à-dire « jument noire atteinte de pelade, allaitant ».
113 Des bœufs possèdent aussi ce type de robe : Homère, Iliade, XVI, 487-488 ; Odyssée, XVIII, 371-372.