Donner une forme historique à la ville ? Paris comme nouvelle Rome au milieu du XVIe siècle
p. 297-308
Texte intégral
1Depuis la fin du XVe siècle, l’Italie antique fascine les élites françaises : Louis XII se fait représenter en César, François Ier en empereur1. Progressivement, surtout à partir du règne d’Henri II, l’assimilation des canons de la Renaissance italienne s’accompagne d’une tentative d’émancipation vis-à-vis du modèle italien, perceptible dans les efforts de « nationalisation » littéraire, architecturale et même juridique2. Cependant, la force du modèle romain antique marque tant les esprits que cette libération prend la forme d’une concurrence, d’une tentative de translatio imperii, visible dans le projet impérial d’Henri II ou dans les poèmes de Joachim Du Bellay, par exemple, qui engage le monarque à « rebâtir en France une telle grandeur » que celle de Rome3. Paris est alors la plus grande ville d’Europe, avec trois cent mille habitants environ au milieu du siècle. À côté de grands travaux effectués par le roi, au Louvre notamment, dans lesquels transparaît le goût de l’antique, la description et la cartographie de Paris constituent d’autres formes d’appropriation de l’espace urbain reflétant un identique rêve de grandeur. Au milieu du XVIe siècle, la description de Paris est d’abord un discours sur l’historicité de la ville, avec comme fil conducteur implicite la volonté d’égaler (donc d’imiter) et de dépasser Rome. La représentation littéraire et cartographique de la ville est une représentation idéale, qui s’inscrit dans la tradition des éloges urbains valorisant le modèle de Jérusalem. Mais c’est surtout le modèle romain, antique et pontifical à la fois, qui donne la mesure de cette idéalité, comme en témoignent à la fois le discours historique et archéologique sur la fondation de Paris et la célébration de ses institutions comparées à celles des Romains. Cet imaginaire historique sous-tend aussi les premiers plans de la capitale qui sont alors diffusés.
2Le cœur de notre étude est l’entreprise de librairie menée par Gilles Corrozet (1510-1568), d’abord cicerone, guide d’étrangers dans Paris, puis à partir de 1536 éditeur et libraire dans la grande salle du Palais. Dans La fleur des antiquitez de la noble et triumphante ville et cité de Paris (1532) puis dans Les Antiquitez de Paris (1550), il décrit la ville en appréhendant sa topographie par l’histoire, et ce de plus en plus précisément au fil des éditions4. Construits comme des promenades parmi les témoignages visuels de la grandeur de la ville, ses ouvrages sont lus par les voyageurs qui viennent visiter la capitale française, tel l’étudiant Arnold Van Buchel, qui commente et complète Corrozet dans son journal de voyage de 1585-15865. Ils servent aussi de modèles aux descriptions de Paris par Zwinger, Thevet ou Belleforest.
3Le premier ouvrage de Corrozet consacré à Paris, La fleur, est une réflexion sur la grandeur historique de la capitale et de ses rois. Il s’achève par une liste des rues organisée selon les trois parties habituellement distinguées dans Paris : la cité, sur l’île qui porte son nom ; la ville, sur la rive droite ; l’université, sur la rive gauche. Cet inventaire des rues, mais aussi des églises, des collèges, et enfin des quartiers de Paris, est une véritable litanie visant à donner un sentiment d’immensité. Première représentation graphique de la grandeur de la capitale française, la liste court sur soixante-seize pages et se termine par une addition de toutes les rues et des principaux bâtiments publics : quatre cent quatre-vingt-quinze rues au total, qui organisent l’espace urbain et en attestent la densité. La description de Thevet reprend d’ailleurs cet effet d’accumulation :
« Et à fin que l’estranger imagine de quelle grandeur elle peult estre, il faut noter qu’en ce qu’on dit la Ville, il y a deux cens quatre vingts rues, en la cité quarante six & en l’université cent septante huict ; esquels lieux y a tant & si grand nombre d’hostels & maisons superbes, temples & collèges, que jamais je n’aurois fait, si je voulois m’amuser à en faire le discours tout au long6. »
4La grandeur de Paris est donc d’abord celle de son étendue, mais elle est aussi nourrie par la recherche des traces de son ancienneté. L’ouvrage de Claude-Gilbert Dubois Celtes et Gaulois a montré l’importance de la celtomanie qui fait pièce au modèle romain en attestant que Paris est plus ancien que Rome7. Corrozet rappelle en 1532 les principales hypothèses émises par Jean Lemaire de Belges. Selon la première, Paris, fils de Romus, dix-huitième roi des Gaulois, aurait édifié Paris quatre cent quatre-vingt-dix-huit ans avant la fondation de Rome par Romulus et seulement soixante-dix après Troyes8. Autre piste, Hercule, en route pour le jardin des Hespérides situé en Espagne, se serait arrêté sur l’île de la Cité, où il aurait laissé des hommes, nommés les « Parrasiens ». Le nom de la ville suscite encore d’autres interprétations étymologiques, assez fantaisistes. L’une d’elles fait référence à une statue d’Isis longtemps conservée à Saint-Germain-des-Prés, qui aurait donné le nom de « Parisiens » (Par-Isis). Le terme « Lutèce » viendrait d’une cité fondée a luto, sur une boue fertile, par des Troyens. Toutes ces hypothèses ont en commun de prouver que la fondation de la ville est bien antérieure à la conquête romaine, ce dont se félicite Corrozet :
« C’est la premiere construction tres antique de ceste ville de Paris, capitalle du royaulme de France, université d’estudes, et college de toutes sciences aujourdhuy, plus que mille Rommes et mille Athenes, en tous arts et facultez florissante et estimee9. »
5Un tel discours permet d’attester au passage la résistance de Paris à Rome, puisque César, précise Corrozet, n’a réussi à conquérir la ville que par « subtilité et cautelle : car oncques homme ne la print ny entra dedens par force10 ». Corrozet s’attarde plus précisément sur l’ancienneté de certains bâtiments. La fondation du palais de Cluny, ou palais des Thermes, est l’élément le plus souvent évoqué comme véritable cœur historique de la ville :
« Après que icelluy Cesar fut jouyssant de la cité, il fit edifier près icelle le Palais des termes, qui au lieu qu’on dict maintenant l’hotel de Clugny, près les Mathurins. […] donc le peuple commença a edifier maisons entour celluy chasteau et eulx y loger11. »
6La référence déborde le champ des descriptions de Paris, puisqu’elle est reprise jusque dans le discours parlementaire. Le 2 juillet 1549, lors de la première visite officielle du roi au parlement, le premier président, pour illustrer le thème du roi restaurateur de la pureté de la justice, évoque le séjour de l’empereur Julien (331 ou 332-363) à Lutèce :
« Julian, empereur, qui demoura deux hyvers en ceste ville de Paris […] tenoit durant icelluy temps la justice souveraine ou Palais des Thermes ou est a present la maison de Cluny12. »
7Cependant, la réflexion philologique de Corrozet sur l’ancienneté des origines de Paris, dans laquelle les différentes hypothèses se renforcent étrangement les unes les autres, est vite dépassée : Étienne Pasquier réfute dans ses Recherches de la France les théories répandues par Corrozet, qu’il qualifie d’« antiquailles13 ».
8La concurrence avec Rome est aussi attestée dans les cérémonies officielles, telles les « entrées royales », dont les décors regorgent de motifs antiquisants. Dès 1491, l’entrée d’Anne de Bretagne reprend le motif d’Hercule, qui devient Hercule Gaulois lors de celle d’Henri II en juin 154914. Francion et Pharamond illustrent l’ancienneté parisienne pour célébrer la venue de Charles IX en 1571. La rivalité franco-romaine est aussi sensible dans les tournois qui suivent l’entrée, avec pour thème par exemple « Mars Dieu des Gaules15 ». Les funérailles officielles, de même, se présentent comme de véritables triomphes romains16. C’est sensible dans les funérailles royales, inspirées par Jean Lemaire de Belges, qui, dans son traité Des Anciennes pompes funeralles (1507), avait repris d’Hérodien le modèle romain de l’effigie impériale et du repas post mortem17. De même, le cortège funèbre de François de Guise, décrit dans le livret rédigé par Gilles Corrozet comme « très bon prince & père de la patrie », traverse en 1562 la capitale afin de rendre un dernier hommage au général victorieux18. L’idée même de cette cérémonie, qui s’inspire de l’enterrement de Gaston de Foix à Milan en 1512, en fait bien une imitation d’un triomphe à l’antique19.
9Dans son second ouvrage entièrement consacré à Paris, les Antiquitez, publié en 1550, Corrozet s’intéresse véritablement à la dimension spatiale de l’épaisseur historique de la ville. Il explique notamment que, « pour voir le plant de Paris, & comme jadis se comportoit son estendue, je vous ameneray ce qu’en escrit Julian l’Apostat20 ». Cet ouvrage constitue avant tout un éloge de la monarchie à travers ses hauts lieux, les principaux lieux de culte surtout, et ses dignes représentants, la succession des grands rois et leur apport à l’urbanisme de la capitale. Dans le premier livre est notamment décrite la grande salle du palais de l’île de la Cité, avec le détail de toutes les statues de rois depuis Pharamond21. L’ouvrage est construit comme un récit chronologique de l’histoire de la capitale, mais avec l’association systématique d’un lieu à un événement. Ainsi la grandeur du règne de Louis XII est-elle reliée, entre autres, à la reconstruction de la Grand chambre du parlement, dite chambre Dorée. La première version des Antiquitez de Paris constitue avant tout un éloge de la monarchie à travers ses hauts lieux (les principaux lieux de culte) et ses dignes représentants (la succession des grands rois).
10Ce second ouvrage glorifie aussi Paris par la célébration d’institutions égales en dignité à celles de Rome. Le prestige accordé à ses institutions est évidemment celui reconnu tout d’abord à la monarchie française, ce qui a retenu l’attention de la plupart des commentateurs de Corrozet22. Cependant, le goût humaniste pour la comparaison avec le passé nourrit aussi une réflexion du même ordre entre les divers officiers français et romains. Ainsi la comparaison institutionnelle avec Rome trouve-t-elle une traduction visuelle dans la ville même lors de l’édification en 1533 de l’Hôtel de Ville. Une inscription latine, gravée sur le portail et relevée par Corrozet dans l’édition de 1561, imite grossièrement l’épigraphie romaine pour célébrer le peuple de la capitale, le roi et la municipalité, assimilée aux décurions :
senatvi, populo, & equitibvsque parisien. pie de se meritis, franciscvs primvs francorvm rex potentissimvs has aedes a fvndamentis extrvendas mandavit accvravit, congendisque pvblice consiliis et administradae rei pvblicae dicavit, anno a salvite condita. m. d. xxxiii. idibvs ivlii.
incisvm m. d. xxxiii. idibvs septemb. petro viola preafecto decvrionvm, clavdio daniele, ioanne, bartholomaeo, martin bragelonio, ioanne cvrtino decvrionibvs.
Dominico cortonensi architectante.
11Cependant, c’est la principale cour souveraine du royaume, le parlement de Paris, qui est surtout utilisée dans les descriptions de Paris, afin de faire pièce à Rome. Depuis le XVe siècle en effet, le parlement de Paris est souvent assimilé à un sénat, sur le modèle de la Rome républicaine, dans le discours des magistrats eux-mêmes23. Le 7 janvier 1412, le premier président du parlement, Henri de Marle, affirme ainsi que, « comme la cité de Rome avait été non pas seulement édifiée d’édifices, mais fondée pour faire justice de cent vaillants hommes sénateurs, aussi avait été cette cour ordonnée et établie pour faire justice par cent personnes qui font le parlement24 ».
12Ce motif historique renforce la légitimité de l’institution en ajoutant à la dignité des magistrats l’auctoritas de la référence romaine. Mais cette comparaison, qui tend à faire de Paris la capitale d’un empire25, déborde largement le monde de la robe. Elle est reprise par Corrozet dans les Antiquitez, après une riche présentation historique du parlement : « la Gaule parisienne donc ayant le Senat le plus beau & grave de l’univers, & qui pour son integrité a jadis vuidé les differents des plus grands Monarques de l’Europe26. » De même, Belleforest, qui intitule un chapitre de sa Cosmographie « De la police des Parisiens, institution du parlement à Paris », présente-t-il cette institution, qu’il appelle un « saint sénat », comme le véritable cœur symbolique de la capitale et du royaume. Il insiste sur le fait que « la cour de parlement, […] comme elle est plus auguste, & ayant sa puissance plus grande & icelle souveraine […] pour estre ce sénat le conseil général, & le lieu des jugemens souverains de toute la Gaule27 ». Il compare aussi les magistrats du Châtelet aux questeurs de Rome, les échevins aux consuls et aux tribuns28.
13De même, dans les « entrées royales », le parcours du roi l’amène-t-il depuis la porte « royalle » de Saint-Denis jusqu’au cœur chrétien de Paris, Notre-Dame, avant de se terminer par un banquet offert par la municipalité dans la grande salle du Palais, sous les statues des anciens monarques, mais aussi dans le lieu d’exercice de la justice du parlement. Dans chaque cortège, les magistrats se présentent d’ailleurs en sénateurs avec leur habit pourpre, et le parlement est bien qualifié de sénat dans le récit de la cérémonie rédigé dans les registres du Bureau de la ville de Paris :
« Après, suyvoit la court de Parlement, souveraine de France, […] tous portans robbe d’escarlate et chapperon de mesme, fourré de menu ver, pompe venerable et admirable, à raison que tel Senat ne cede à aucun autre de la terre29. »
14Ainsi, dans la tradition vulgarisée par les Antiquitez, la grandeur de Paris égale-t-elle celle de Rome en partie grâce à ses institutions.
15Cependant, au-delà du discours historique ou allégorique, se développe aussi une argumentation d’ordre archéologique, certes assez sommaire, mais qui témoigne d’une imitation des pratiques humanistes de description archéologique romaine30. La grandeur de Paris s’ancre ainsi de plus en plus précisément dans son espace. Dès 1561, Les Antiquitez sont rééditées par le gendre de Corrozet, Nicolas Bonfons, et augmentées d’une série de remarques qui en témoignent. Est notamment discutée l’origine précise du palais des Thermes : s’agit-il des bains publics ou bien du terme au bout duquel un tribut est échu ? De manière plus générale, les références au Paris antique gagnent en précision lors de la publication de cette édition augmentée. Ainsi, afin de prouver l’ancienneté du Châtelet, l’ouvrage mentionne le fait que plusieurs observateurs auraient vu sur le bâtiment des inscriptions grecques et latines indiquant qu’« ici se payoit le tribut à Cesar »31. Les témoignages littéraires ou philologiques sont systématiquement renforcés par des preuves archéologiques. Ainsi, le mot « Arcueil » est considéré comme un dérivé d’« arc », ce qui renvoie à un aqueduc romain. La présence de ruines, et surtout la mise au jour de canaux en 1544 lors de travaux d’érection de murailles autour de Paris, viennent renforcer cette certitude. Pour Bonfons, le témoignage du typographe Geoffroy Tory sur des sources épigraphiques attestant l’existence d’un enseignement druidique à Paris, la découverte de médailles antiques de bronze sous le pavage de la rue Saint-Victor, celle de onze tombeaux dans des fondations, en 1538, près de la tour de Nesle, sont autant de preuves matérielles de l’antiquité de la ville. De même, Belleforest, dans sa description de Paris de 1575, attribue à Julien l’Apostat la fondation du Châtelet, ainsi que celle de thermes sur l’emplacement du futur collège de la Sorbonne. L’archéologie balbutiante sert ainsi un discours élogieux sur Paris, malgré le regret du faible nombre de ruines antiques par rapport à Rome.
16La dernière réédition de l’ouvrage par Bonfons, en 1586-1588, comporte aussi une liste de sépultures de gens célèbres. La dignité de la ville est attestée par celle de ses morts, présentés comme « personnages illustres, […] lesquels vivans ont surpassé les Romains non seulement aux armes, conquestes & batailles, mais principalement en la Religion chrestienne32 ». L’ouvrage invite à la déambulation dans une ville humanisée et embellie par la présence de ses nobles défunts. À côté des grands rois, on trouve dans cette liste quelques contemporains : le poète Rémi Belleau, dont la tombe est aux Augustins, les favoris d’Henri III, Maugeron, Samegrin et Quesleus, mais aussi le premier président du parlement, Christophe de Thou, à Saint-André-des-Arts, ainsi que le chancelier Birague et sa femme, à Sainte-Catherine33. Seuls ces deux derniers magistrats, héros de la robe, ont droit à une gravure les représentant. Les « sénateurs », ou parlementaires, font partie des grands hommes de la monarchie et leur évocation sert la comparaison de Paris avec Rome.
17Les premiers plans de Paris, exécutés à partir des années 1520, manifestent graphiquement cette ambition de montrer que l’espace parisien égale celui de Rome34. Leur réalisation, à en croire Corrozet, est d’ailleurs le fruit d’un projet royal. En 1550, le roi demande à la municipalité de « faire faire le portrait & dessein de la closture & fortifications de tout Paris, comprins les fauxbourgs, tant de l’université que de la ville, avec permission de bastir & edifier maisons dedans ceste closture35 ». L’un des plus anciens plans conservés aujourd’hui est celui gravé sur bois qui accompagne à partir de 1550 la Cosmographie de Sebastian Münster (fig. 1). Comme tous les plans du XVIe siècle, il s’agit d’un plan à vol d’oiseau, donnant à la fois une vision géométrique plane et l’élévation en perspective des bâtiments. Il présente un Paris circulaire, coupé en deux par la Seine, et sépare nettement la ville à gauche, la cité au centre, et l’université à droite, avec leurs bâtiments principaux (Sorbonne, Palais de justice, Hôtel de Ville, cathédrale). Cette circularité de la figuration cartographique est généralement considérée comme le signe de l’ambition politique de faire de Paris une nouvelle Rome36. L’importance donnée à cette circularité est relayée par les écrits de hevet, qui évoque la forme « presque en rond » de la capitale37.

Figure 1. Hans R. Manuel-Deutsch, Plan de Paris dit de Münster, vers 1548, gravure sur bois, dans Sébastien Münster, Cosmographiae universalis…, Bâle, 1550, p. 88-89.
18La circularité de la ville est encore plus visible dans le plan dit de Bâle, une eau-forte bien plus précise, exécutée par Germain Hoyau et Olivier Truschet en 1550, et vendue, pense-t-on, en accompagnement de l’ouvrage de Gilles Corrozet (fig. 2). Ce plan constitue de fait une véritable mise en image de sa vision de la ville. Les deux sources sont d’ailleurs utilisées conjointement par heodor Zwinger pour rédiger sa description de Paris. Le plan illustre dans le détail la longue liste de rues de Corrozet, en faisant apparaître des groupes de maisons plus précis, mieux ordonnés, avec des noms de rue, alors que « l’horrible estampe sur bois » de Münster présente seulement quelques pâtés de maisons bien plus clairsemés38. La légende indiquait d’ailleurs au recto qu’il « n’a pas été possible de desployer en si peu de papier tous les édifices qui sont dedans ceste ville, ne toutes les rues qui sont en icelles39 ». La représentation des bâtiments sur le plan de Münster est approximative. L’objectif de cette version simplifiée est de montrer la division générale de la ville en trois parties : « ce sera assez de voir comment elle est divisée en trois partz par la rivière de Seine et conjoincte par les pontz qui y sont ». Le projet du plan de Bâle, bien plus précis, est une restitution idèle de l’abondance des rues de Paris, caractérisée par la densité, par contraste avec le modèle romain d’une ville désertée, comme vidée de sa substance. Le cartouche en bas à droite du plan indique d’ailleurs qu’« icy est le pourtraict naturel de la ville, cité, université & faubourgz de Paris, où sont justement figurées toutes les Rues & Ruelles correspondantes l’une à l’autre, ainsi que sont de présent situées, qui sont en nombre deux cens quatre vingtz & sept. Aussy sont figuréz tous les colleges qui sont en nombre quarante neuf. Et pour congnoistre icelles Rues, Ruelles, Eglises, Monasteres & collèges, vous trouverrez leurs noms escriptz à chaun sur son propre endroict40 ».

Figure 2. Germain Hoyau et olivier Truschet, Plan de Paris dit de Bâle, 1550, gravure sur bois (1552).
19De plus, sur le plan de Bâle, la ville est représentée comme circulaire, à l’image de Rome : le plan étire sensiblement la ville du nord au sud, et l’aplatit d’est en ouest pour en renforcer la circularité, symbole de perfection. Cette déformation permet de placer l’île de la Cité en son cœur, un cœur double, à la fois céleste avec Notre-Dame, et terrestre avec le Palais, et de présenter ainsi la ville comme lieu de pouvoir41. Belleforest insiste beaucoup sur l’importance de cette île, au centre symbolique entre les Gaules Celtique et Belgique, qu’il décrit comme « la plus belle, & la plus riche isle d’Europe », mais aussi « la plus sainte » à cause de sa cathédrale et « des plus superbes », de par « la majesté des parquets, & lieux de jugements tant spirituels, que temporels, civils & criminels, qui se vuident tous les jours ordinaires en ceste isle42 ». Il fait référence ici au palais de la Cité, qui accueille la Sainte-Chapelle, le siège des juridictions des Eaux et Forêts, de l’Amirauté, mais surtout du parlement. C’est cette dernière institution qui est la plus valorisée dans le plan de Bâle, comme en témoigne le poème élogieux du cartouche central :
Le sainct senat où sont les conseilliers
Nombre six vingtz hommes tres singuliers
De grand sçavoir, qui tiennent leur office
De par le roy, pour faire à tous justice…
20Déjà, le texte de Münster accompagnant le plan de 1550 faisait référence à l’importance des décisions du parlement : « toutes choses se font par l’arrest de ce Sénat43 ». Le Palais était d’ailleurs l’un des rares éléments de la légende, avec la Sorbonne, l’Hôtel de Ville, Notre-Dame, les portes Saint-Denis et Saint-Martin, ainsi que le chemin de Picardie. Sa reprise par Anthoine Du Plinet, en 1564, se double d’un éloge de « la magnificence du Palais Royal, l’ordre louable maintenu en la dispensation des jugemens, & l’excellence des Sénateurs disant droict en iceluy44 ». L’importance du « sénat » dans la description géographique de Paris au XVIe siècle se retrouve encore chez Thevet, qui en fait le cœur de la ville. Il évoque expressément « la magnifique structure du Palais Royal, où à present s’assemblent ceux du divin Sénat de France, que nous appelons Parlement. C’est une chose non pareille, ne déplaise à toutes les cours souveraines des Roys Chrétiens de l’Europe. Ce superbe édifice est au chœur de l’Isle de Paris, & vient finir à la pointe qui regarde le NO. En laquelle furent autrefois les étuves & jardins du roy45 ».
21La centralité du Palais de justice est, on le voit, un leitmotiv du discours parlementaire qui informe aussi bien les descriptions élogieuses de Paris que sa première cartographie. Thevet attire lui aussi l’attention sur l’importance de la représentation de son enceinte, rappel de l’ancienne maison royale : le Palais de justice « est tout clos de bonnes & fortes murailles, avec des tours de tous cotés, & le reste de l’édifice si bien fait & à profit, que je pense que ce soit la maison la plus durable de France ».
22La cartographie participe donc autant que le livre de l’affirmation de Paris, égale à Jérusalem par son plan circulaire, mais plus encore à Rome, par sa grandeur historique ou politique. L’éloge aboutit à la présentation de Paris comme une ville-monde. En 1539, lors de son voyage en France, Charles Quint aurait dit : « non urbs, sed orbis46 ». Ce lieu commun se retrouve aussi chez Pasquier, qui reprend la comparaison avec Rome, mais en ajoutant à son éloge la mention des ressources naturelles de la région. Évoquant l’infinie richesse et variété de Paris, il conclut : « tout ce qu’une ville triple contient en son orbe, lui vaut le nom non pas de ville mais de monde47 ». Ce célèbre avocat et historien donne pour sa part une description idéalisée d’une ville ayant toujours résisté à l’envahisseur, tout en rappelant qu’à l’inverse Rome avait été assiégée et vaincue à plusieurs reprises. Mais il insiste surtout sur les qualités actuelles par lesquelles Paris en vient à surpasser Rome : ses « commoditez », que sont sa rivière et surtout la « facilité de bastir » grâce aux « Pierrieres (dis-je) et plastrieres, lesquelles sont inexpuisables, comme celles qui en s’espuisant renaissent, et par consequent peut être ville eternelle, sous meilleur tiltre que celle de Rome, qui fut ainsi appellée, sur son declin, par quelques autheurs ». Il évoque aussi la présence de grandes institutions dans la capitale pour décrire un régime politique cher à son cœur, une monarchie mixte : « trois Cours Souveraines, le Parlement, Chambre des Comptes, des Aydes, et de trois maisons Royales, Le Parlement, le Louvre et l’Hostel de sainct Paul : Parlement auquel nostre Prince entrant represente vrayement son Roy, Louvre son Gentil-homme, saint Paul son citoyen de Paris48 ». Pour Belleforest, son portrait idéalisé fait de la capitale un modèle pour l’ensemble du royaume : « Tout ainsi qu’une nef porte la figure d’une république bien régie, & policée, Paris aussi, estant la vraie figure d’un estat bien administré, sert de miroir, & patron au reste des villes de France pour la suivre au fait politique49. » Grâce à ces solides références, historiques, archéologiques, institutionnelles, diffusées par les ouvrages de Corrozet, Paris dépasse largement Rome dans le discours de ses promoteurs. En témoigne la synthèse de Corrozet, dans le Catalogue :
« Entre toutes les villes & citez du pays de Gaule & principalement du royaulme de France, Paris est la capitalle & le siège des roys très chrétiens, laquelle de présent resplendit en toutes vertus & sciences pour la saincte estude de l’université qui en Athènes jadis florissoit, & le juste sénat, autrement appelé la court de parlement, qui en icelle continuellement pullulent & augmentent, tellement qu’elle est maintenant plus estimée, tant pour ses richesses & fertillitez que pour les peuples & nations qui y habondent, que toutes les villes d’Europe50. »
23Cette comparaison de Paris avec Rome n’est donc pas, au milieu du XVIe siècle, réductible à un simple stéréotype, mais constitue bien un véritable outil pour penser la capitale. La description historicisée des antiquaires s’accompagne de plus d’un effort très concret pour faire coïncider, par la cartographie, l’épaisseur du passé avec l’espace réel de la ville, qu’elle contribue par ailleurs à représenter avec une précision croissante. Par ces publications, la ville prend une forme historique, en ceci que la réflexion sur son passé présenté comme glorieux permet d’affirmer sa spécificité vis-à-vis du modèle romain et de la penser en capitale nationale.
24Au cours des guerres de Religion, cette assimilation perd de sa force paradigmatique. Rome est utilisée par Antoine Caron comme sombre décor de la guerre civile, dans son tableau Les Massacres du triumvirat. Paris n’est plus non plus une cité idéale dans la cartographie : le plan de Quesnel, offert au roi en 1609, a changé l’orientation de la Seine, désormais en diagonale, et cessé de dépeindre des fortifications circulaires pour tenter d’en appréhender le tracé réel (fig. 3). La représentation idéale de la ville cède le pas à une tentative de représentation réaliste.

Figure 3. François Quesnel, Plan de Paris dit de Quesnel, 1608, gravure (1609).
Notes de bas de page
1 L’échec face à Charles Quint lors de l’élection impériale ajoute très certainement à cette volonté de grandeur impériale.
2 Plus que l’affirmation d’un droit français, on pense ici aux conférences du droit, c’est-à-dire aux ouvrages comparant droit français et antiques. Ainsi l’avocat Pierre Ayrault est-il l’auteur d’un Discours de la mutation des lois (1564), ou encore d’un texte intitulé De l’ordre et instruction judiciaire dont les Grecs et les Romains ont usé ès-accusations publiques, conferé à l’usage de nostre France… (Paris, J. du Puys, 1576).
3 Joachim Du Bellay, épître liminaire du Songe et des Antiquités de Rome, 1558, citée dans Carrols A., « “De votre monarchie un bienheureux présage”. Le Songe de Du Bellay et le rêve impérial français », e-lla, no 3, juin 2010, p. 5, en ligne : [http://sites.univ-provence.fr/e-lla/article.php?article_id=26>]. Voir Dupront A., « Rome ville éternelle », Cahiers Alphonse Dupront, no 4, 1995, p. 8-11 ; Yates F., Astrée, le symbolisme impérial au XVIe siècle, trad. fr., Paris, Belin, 1989 ; Haran A., Le Lys et le globe. Messianisme dynastique et rêve impérial en France aux XVIe et XVIIe siècle, Seyssel, Champ Vallon, 2000.
4 Corrozet G., La fleur des antiquitez, singularitez et excellences de la plus que noble et triomphante ville et cité de Paris, capitale du Royaulme de France, Avec la généalogie du roy Françoys premier de ce nom, Paris, Denys Janot, 1532 ; id., Les Antiquitez, histoires et singularitez de Paris, ville capitale du Royaume de France, Paris, G. Corrozet, 1550 ; id., Les Antiquitez, histoires et singularitez excellentes de la ville, cité et université de Paris, capitale du royaume de France, Paris, E. Groulleau, 1561 ; Les Antiquitez, chroniques et singularitez de Paris, ville capitale du royaume de France, avec les fondations et bastimens des lieux : les sépulchres et épitaphes des princes, princesses et autres personnes illustres : corrigées et augmentées pour la 2e édition par G. Corrozet, Paris, G. Corrozet, 1561 ; Les Antiquitez, chroniques et singularitez de Paris… Avec les fondations et bastimens des lieux, les sepulchres et epitaphes des princes… Par Gilles Corrozet,… et depuis augmentees par N. B. [Nicolas Bonfons], Paris, Galiot Corrozet, 1561 ; Les Antiquitez, histoires et singularitez excellentes de la ville, cité et université de Paris par feu Gilles Corrozet, Paris, Vve J. Bonfons, s. d. ; Bonfons N., édition augmentée des Antiquitez, Histoires, Croniques et Singularitez de la grande & excellente cité de Paris, ville capitalle & chef du royaume de France de Gilles Corrozet, Paris, N. Bonfons, 1577, rééd. 1586 et 1588.
5 Rappelons qu’il est aussi l’auteur des Antiques erections des Gaules, compendieuse et brieve description des fondations des villes et citez assises aux trois Gaules, Paris, Denis Janot/Gilles Corrozet, 1535.
6 Thevet A., La Grande et Excellente Cité de Paris,Dufour V. (éd.), Paris, A. Quantin, 1881, p. 16.
7 Cooper R., « Rabelais, Corrozet et les origines légendaires de Paris », Hommage à Claude Faisant, Paris, Les Belles Lettres, 1991, p. 151-162. Voir aussi Ménager D., « Éloges et descriptions de Paris au seizième siècle », Bancquart M.-C. (dir.), La Ville, histoires et mythes, Nanterre, université Paris X-Nanterre, 1982, p. 17-30.
8 Cette première hypothèse est reprise dans Corrozet G. et Champier C., Catalogue des antiques érections des villes, cités, fleuves et fontaines assises ès trois Gaules (1538), Lyon, Georg, 1882, partie I.
9 Corrozet G., La Fleur des antiquitez de la noble et triumphante ville et cité de Paris (1532), Paris, L. Willem, 1874, p. 7.
10 Ibid., p. 19.
11 Ibid., p. 22.
12 Archives nationales, X1a 1565, fos 203 v° -210 v°, 2 juillet 1549. En réalité, Julien, césar des Gaules lorsqu’il réside à Lutèce, à partir de 355, ne devient empereur qu’en 361.
13 Pasquier É., Les Recherches de la France,Fragonard M.-M. et Roudaut F. (éd.), Paris, Honoré Champion, 1996, livre IX, chap. ii, p. 1714.
14 Bryant L., The King and the City in the Parisian Royal Entry Ceremony: Politics, Ritual and Art in the Renaissance, Genève, Droz, 1986, p. 223.
15 Benedict P., Bryant L. et Neuschel K., « Graphic History: What Readers Knew and Were Taught in the Quarante Tableaux of Perrissin and Tortorel », French Historical Studies, vol. XXVIII, no 2, 2005, p. 175-229, ici p. 215 et 220.
16 C’est aussi le cas de l’« entrée royale » d’Henri II à Rouen, qui célèbre la prise de Boulogne, et dont le cortège se compose d’hommes en armes, de trophées, de chars triomphaux. D’ailleurs, le poème liminaire du livret d’entrée évoque des Romains (Dentatus, Scevola, Trebieus) célébrés à Rome et conclut : « si telz honneurs, percevoir à permis,/l’antiquité notable a un payen/pourquoy ne doit plain triumphe Rouen,/au tres Christian, qui festins & tournoys/arriere a mis, pour plus grande entreprise/executer, premise que s’en advise/son ennemy, Car sans froiser harnoys,/a l’instant prit, cinq forts en Boullonnoys,/puis en sa main fut Boullogne remise » (C’est la deduction du sumptueux ordre plaisantz spectacles et magnifiques theatres dressés, et exibhés par les citoiens de Rouen… à… Henry second…, Rouen, Jean Le Prest, 1551).
17 LemairedeBelges J., Des Anciennes pompes funeralles (1507), Fontaine M.-M. (éd.), Paris, Société des textes français modernes, 2001 ; Brown E., « Refreshment of the Dead : Post Mortem Meals, Anne de Bretagne, Jean Lemaire de Belges, and the Influence of Antiquity on Royal Ceremonial », Balsamo J. (dir.), Les Funérailles à la Renaissance, Genève, Droz, 2002, p. 113-130.
18 Ordre des cérémonies et pompes funèbres… à Paris… de François de Lorraine duc de Guise, Paris, Nivert, 1562.
19 Voir le récit de Brantôme qui évoque les prisonniers « marchans tous à la mode de triumphe des anciens Romains », mais dans la tristesse (Châtenet M., « Quelques aspects des funérailles nobiliaires au XVIe siècle », dans Balsamo J., op. cit., p. 37-54, ici p. 47).
20 Bonfons N., op. cit., éd. 1588, f° 4.
21 Ibid., fos 99 sq.
22 Voir Liaroutzos C., Le Pays et la mémoire. Pratiques et représentations de l’espace français chez Gilles Corrozet et Charles Estienne, Paris, Honoré Champion, 1998.
23 Voir Jurmand J.-P., « L’évolution du terme de Sénat au XVIe siècle », dans La Monarchie absolutiste et l’histoire en France. Théories du pouvoir, propagandes monarchiques et mythologies nationales. Colloque tenu en Sorbonne les 26-27 mai 1986, organisé par le Centre de recherches sur l’Occident moderne de l’université Paris IV, Paris, Presses de l’université Paris-Sorbonne, 1987, p. 55-77 ; Krynen J., « Une assimilation fondamentale : le Parlement “Sénat de France” », A Ennio Cortese, Rome, Il Cigno Edizioni, 2001, t. II, p. 208-223, repr. dans L’État de justice, France, XIIIe-XXe siècle. I. L’Idéologie de la magistrature ancienne, Paris, Gallimard, coll. « Bibliothèque des histoires », 2009 ; Houllemare M., Politiques de la parole, le Parlement de Paris au XVIe siècle, Genève, Droz, 2001.
24 Krynen J., L’Idéologie de la magistrature…, op. cit., p. 219.
25 Sur cette notion de capitale, voir LeGall J.-M., « Paris à la Renaissance : capitale ou première des bonnes villes ? », dans id. (dir.), Les Capitales de la Renaissance, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2011, p. 45-70, et Philippe Hamon, « Quelle(s) capitale(s) pour la Bretagne (XVe-XVIIe siècle) ? », ibid., p. 71-84.
26 Bonfons N., op. cit., éd. 1588, f° 114 v°.
27 Belleforest F. de, L’ancienne et grande cité de Paris,Dufour V. (éd.), Paris, A. Quantin, 1882, p. 39. Voir aussi p. 50 : « les arrests de ce sénat sont inviolables, & sont comme des oracles, contre lesquels les roys mesmes ne se sont voulu attribuer puissance. »
28 Ibid., p. 49, 52, 60.
29 Registres des délibérations du bureau de la ville, t. III (1539-1552), Guérin P. (éd.), Paris, Imprimerie nationale, 1886, p. 167.
30 Sur la naissance de l’archéologie, voir Schnapp A., La Conquête du passé. Aux origines de l’archéologie, Paris, Carré, 1993.
31 Bonfons N., op. cit., éd. 1588, f° 5.
32 Ibid., f° a iii.
33 Ibid., fos 99-102.
34 Le premier plan de Paris, vers 1530-1535, dit « plan de la Gouache », est connu par une copie de Roger de Gaignières (vers 1688) et inspire les plans connus pour le XVIe siècle : celui de Truschet et Hoyau, dit de Bâle, Icy est le vray pourtraict naturel de la ville, cité université et faubourgz de Paris (Paris, 1552), Bâle, Bibliothèque publique de l’université de Bâle, AA 124 ; celui du Bernois Deusch, sur bois, publié dans Münster S., Cosmographiae universalis…, Basileae, apud Henrichum Petri, 1550 ; le plan de la Tapisserie ; le plan de Saint-Victor, 1550 ; celui de Franz Hogenberg, sur cuivre, publié dans Braun, Civitates Orbis Terrarum, Coloniae Agrippinae, typis T. Graminaei, 1572 ; le plan de Cruche, sur bois, dans Belleforest F. de, La Cosmographie universelle de tout le monde, Paris, Chesneau, 1575. Voir Bonnardot A., Études archéologiques sur les anciens plans de Paris des XVIe, XVIIe, XVIIIe siècles, rééd. M. Fleury, Paris, Bibliothèque historique de la ville de Paris, 1994 ; Munster, Du Pinet et Braun, plant et pourtraict de la ville, cité et université de Paris,Dufour (éd.), Paris, A. Quantin, 1883 ; Dumolin M., « La famille du plan de la Tapisserie », dans Études de topographie parisienne, t. I, Paris, l’auteur, 1929, p. 1-100 ; Dérens J., « Notes sur les plans de Paris au XVIe siècle », Bulletin de la Société de l’histoire de Paris et de l’Île-de-France, vol. CVII, 1980, p. 71-86 ; Les Plans de Paris du XVIe au XVIIIe siècle. Actes du colloque de juin 1994, organisé par la Ville de Paris, sa bibliothèque historique, la Commission du Vieux Paris et le Centre de recherches et d’études sur Paris et l’Île-de-France, CREPIF, à la Bibliothèque historique de la Ville de Paris, Cahiers du CREPIF, no 50, mars 1995 ; Boutier J., « L’affirmation de la cartographie urbaine à grande échelle dans l’Europe de la Renaissance », Iachello E. et Salvemini B. (dir.), Per un atlante storico del Mezzogiorno e della Sicilia : Omaggio a Bernard Lepetit, Naples, Liguori, 1997, p. 107-127 ; Boutier J., Les Plans de Paris, des origines (1493) à la fin du XVIIIe siècle, Paris, Bibliothèque nationale de France, 2002.
35 Bonfons N., op. cit., éd. 1588, f° 172 v°. Quelques jours plus tard commence le bornage des limites des faubourgs, et en 1553 l’édification des fortifications.
36 Boutier J., Les Plans de Paris, op. cit., p. 14 et note 42.
37 Thevet A., op. cit., p. 15.
38 Bonnardot A., op. cit., p. 26.
39 Cité ibid., p. 27.
40 Plan dit de Bâle : Truschet O. et Hoyau G., icy est le vray pourtraict naturel de la ville, cité université et faubourgz de Paris, Paris, 1552.
41 Noter cependant la représentation du nouvel Hôtel de Ville, encore en cours de construction.
42 Belleforest F. de, L’ancienne et grande cité…, op. cit., p. 22, 275.
43 Plan de Deusch, sur bois, publié dans Münster S., op. cit., p. 5-6.
44 Plantz, pourtraitz et descriptions de plusieurs villes et forteresses tant de l’Europe, Asie & Afrique que des Indes & Terres Neuves…, Lyon, Jan d’Ogerolles, 1564, cité dans Boutier J., Les Plans de Paris, op. cit., p. 17.
45 Thevet A., op. cit., p. 21. Il précise ensuite que, pour lui, « l’autre ornement de Paris est le nouveau chasteau du Louvre » (p. 23).
46 Boutier J., Les Plans de Paris, op. cit., p. 14.
47 Il traduit lui-même un distique latin de son cru, « Omnia quae triplex urbs, uno continet orbe, / Illi non urbis nomen, at orbis erit » (Pasquier É., op. cit., p. 1721).
48 Ibid., p. 1716-1721.
49 F. deBelleforest, L’ancienne et grande cité…, op. cit., p. 57.
50 Corrozet G. et Champier C., op. cit., p. 43.
Auteur
-
Marie Houllemare
Université de Picardie-Jules Verne, Amiens (France) – EA 4289 CHSCC.
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