1 « Traslado de la Carta que la Audiencia de Charcas escribió al licenciado Castro, exponiendo las razones que había para que continuase aquella Audiencia » [désormais « Audiencia de Charcas 1566 […] »], dans Roberto Levillier, Audiencia de Charcas, Correspondencia de presidentes y oidores, Madrid, Impr. de J. Pueyo, 1918-1922, 3 vol., t. II, p. 443.
2 « Carta del lic. Cristóbal Vaca de Castro al emperador Carlos Quinto. 24-11-1542 », Cartas de Indias, Madrid, Manuel G. Hernández, 1877, p. 486.
3 En 1577, le vice-roi du Pérou Francisco de Toledo recommandait ainsi la plus grande vigilance au nouveau gouverneur de la province : les délinquants de Potosí, écrivait-il, « […] n’ont d’autre refuge pour fuir la justice que d’entrer dans la province de Tucumán, comme s’il s’agissait d’un royaume étranger non soumis à Sa Majesté, et ils croient que leur entrée dans cette province les met à l’abri de tout emprisonnement et de tout châtiment, ce pourquoi Sa Majesté s’en trouve fort desservie et la province en question est remplie de délinquants et de criminels […] » : « Instrucciones dadas por el virrey don Fco de Toledo al gob. Hdo de Lerma », dans Roberto Levillier, Nueva crónica de la conquista del Tucumán, Buenos Aires-Varsovia 1926-1930, vol. III, p. 259-265. [N.B. : toutes les traductions sont de l’auteur de cet article, sauf mention contraire].
4 Dans l’organisation administrative espagnole, les Audiences étaient des tribunaux qui pouvaient disposer également de larges prérogatives en matière exécutive.
5 Largement inspirées par Bartolomé de Las Casas, elles prévoyaient, notamment, la suppression de l’encomienda, la suppression du « service personnel » et réitéraient l’interdiction de l’esclavage.
6 Il s’agit là d’une mesure incitative typique des zones de frontière de l’empire espagnol, pratiquée au Tucumán jusqu’au XVIIIe siècle. Elle est prévue par les titre 58 et 61 des Ordenanzas de descubrimiento, nueva población y pacificación de las Indias édictées par Philippe II en 1573 ; Francisco MoralesPadron, Teoría y leyes de la conquista, Madrid, Ed. Cultura Hispánica del Centro Iberoamericano de Cooperación, 1979, p. 489-518.
7 Au début du XVIIe siècle, le gouverneur de la province le reconnaît lui-même : « Les encomenderos ne savent pas combien d’Indiens ils ont […]. Pour qu’ils travaillent, ils doivent aller les chasser, comme s’il s’agissait de cerfs » : rapport du gouverneur Barraza y Cárdenas, 25 mai 1604, 29 mai 1604, BNBA, García Viñas, 186, no 3920.
8 Pour le cas de la première Tucumán, appelée Cañete, Pedro Lozano, Historia de la conquista del Paraguay, Río de la Plata y Tucumán, Buenos Aires, 1874, 5 vol., vol. IV, p. 170.
9 On a conservé peu de titres originaux sur cette phase primitive de la conquête, mais le caractère massif de la distribution d’encomiendas ne fait aucun doute. Le chroniqueur jésuite Pedro Lozano, qui cite un grand nombre de documents disparus, évoque, par exemple, la distribution de 12 000 Indiens pour la seule ville de Londres et d’environ autant pour Córdoba et Cañete (des chiffres sujets à caution, mais qui donnent un ordre d’idée).
10 Pedro Lozano, Historia de la conquista del Paraguay…, op. cit., p. 164.
11 La mention d’une conversion indiquait d’ailleurs, le plus souvent, la marque d’une incorporation effective dans la sphère d’obéissance, puisque dans le cadre de l’encomienda, l’encomendero avait pour devoir d’assurer l’évangélisation des Indiens qu’il faisait travailler.
12 La vallée des rivières Calchaquí et Santa María constitue, en effet, une voie d’accès naturelle aux hauts plateaux andins de la Puna, déjà utilisée du temps des Incas avant d’être empruntée par les Espagnols.
13 Pour reprendre un concept employé par Edward Palmer Thompson dans un tout autre contexte et révisé récemment par Didier Fassin. Ce concept semble plus opératoire pour expliquer l’équilibre atteint de manière très éphémère dans la période qui a précédé le déclenchement de la guerre. Juan Calchaquí et ses alliés seraient parvenus au terme d’une confrontation de divers niveaux d’intensité à définir le degré tolérable de soumission au nouvel ordre et la quantité de prestations acceptables dans la relation asymétrique qu’ils entretenaient avec la ville de Córdoba. Didier Fassin, « Les économies morales revisitées », Annales HSS, novembre-décembre 2009, no 6, p. 1237-1266.
14 Pedro Lozano, Historia de la conquista del Paraguay…, op. cit.
15 « Información hecha a pedido del capitán Hernán Mexia Miraval de los servicios hechos por él en el descubrimiento y Población de las provincias del Tucumán desde su entrada con Juan Nuñez de Prado, por el año 1550 », témoignage de Pedro Pérez Roldán ; Roberto Levillier, Probanzas de méritos y servicios de los conquistadores, Madrid, Sucesores de Rivadeneyra, 1919-1920, 2 vol. t. II, p. 20-140.
16 Pedro Lozano, Historia de la conquista del Paraguay…, op. cit., IV, p. 209 et 213.
17 « Testimonio de información de los servicios prestados a SM por el capitán Juan Pedrero de Trejo », vecino de Salta, Roberto Levillier, Informaciones de méritos y servicios…, op. cit., t. II, p. 560-589.
18 Sur ce point et sur la peur que suscitait chez les colons ce genre de cinquième colonne avant la lettre, voir Christophe Giudicelli, « El miedo a los monstruos. Indios ladinos y mestizos en la rebelión tepehuán de 1616 », dans Gregorio Salinero (éd.), Mezclado y sospechoso. Movilidad e identidades, España y América (Siglos XVI-XVIII), Madrid, Casa de Velázquez, 2005, p. 43-61.
19 Pedro Lozano, Historia de la conquista del Paraguay…, op. cit., p 198.
20 Ibid., p. 194.
21 « Audiencia de Charcas 1566… », loc. cit.
22 « Carta de la Audiencia de Charcas, Lic. Matienzo, lic. Antonio López de Haro, lic. Recalde, 06-02-1563 », Roberto Levillier, Correspondencia de presidentes y oidores, op. cit., t. I, p. 94.
23 Pedro Lozano, Historia de la conquista del Paraguay…, op. cit., p. 202.
24 D’après un témoignage cité par Lozano, Ibid.
25 « Carta de la Audiencia de Charcas. Lic. Matienzo, lic. Antonio López de Haro, lic. Recalde, 30-10-1564 », Ricardo Jaimes Freyre, El Tucumán colonial, Buenos Aires, Coni hermanos, 1915, vol. 1, p. 46.
26 « Carta del presidente de la Audiencia de Charcas al Rey, 24-11-1567 », Roberto Levillier, Audiencia de Charcas, Correspondencia de presidentes y oidores, op. cit., t. I, p. 227.
27 Christophe Giudicelli, « El conquistador y su doble. Silencios en la conquista el Tucumán, (siglo XVI) », dans Christophe Giudicelli, Gilles Havard et Salvador Bernabéu Albert (éd.), Cautivos, renegados y « coureurs de bois ». La indianización en los confines americanos. XVIe-XVIIIe s., Madrid, Doce Calles, 2013, p. 137-160.
28 Voir María Florencia Amigó, El desafío de Calchaquí. Un puñado de jesuitas « entre un mar de indios », Tesis de licentciatura, Buenos Aires, UBA, 2000.
29 Thierry Saignes, « Guerres indiennes dans l’Amérique pionnière : le dilemme de la résistance chiriguano à la colonisation européenne (XVIe-XIXe siècles) », Histoire, Économie et Société, t. I, no 1, 1982, p. 77-103.
30 « Carta de la Audiencia de los Charcas al Rey, 06-02-1563 », Roberto Levillier, Audiencia de Charcas, Correspondencia de presidentes y oidores, op. cit., t. I, p. 95.
31 « Carta de la Audiencia de los Charcas al Rey », 30-10-1564, Ricardo Jaimes Freyre, El Tucumán colonial, op. cit., vol. 1, p. 47.
32 « Audiencia de Charcas 1566… », op. cit., p. 446.
33 Pour mémoire, les années 1560 voient le début du mouvement millénariste connu sous le nom de Taki Onqoy parfois appelé « la rébellion de huacas », probablement attisé depuis Vilcabamba. Voir l’étude classique de Pierre Duviols, La lutte contre les religions autochtones dans le Pérou colonial. L’extirpation de l’idolâtrie entre 1532 et 1660, Toulouse, PUM, 2008.
34 Silvia Palomeque, « La “historia” de los señores étnicos de Cochinoca y Casavindo », Andes, 17, en-dic. 2006, p. 139-194 [en ligne].
35 « Audiencia de Charcas 1566… », op. cit., p. 445.
36 Ces « Pulares » avaient toujours été inclus dans la dénomination originelle de « diaguitas » avant d’être identifiés à la bellicosité « calchaquí » puis de présenter un visage pacifié. Plus que les continuités avec leurs voisins et cousins « calchaquíes », on insista désormais sur leur nouveau rôle colonial : ils servaient leurs encomenderos, vivaient dans des réductions, acceptaient l’évangélisation, combattaient comme auxiliaires des Espagnols et adoptaient même une apparence conforme aux règles coloniales de bienséance. En d’autres termes, leur changement de fonction dans l’économie coloniale les retranchait de fait de la barbarie « calchaquí ». Christophe Giudicelli, « La raya de los pulares. Institution d’une frontière indienne au sein du Valle Calchaquí (1582-1630) », dans Luc Capdevila, Jimena Obregón Iturra et Nicolas Richard (dir.), Les indiens des frontières coloniales. Amérique australe du XVIe au XXe siècle, Rennes, PUR, 2011, p. 27-58.
37 San Clemente de la Nueva Sevilla en 1577, Nuestra Señora de Guadalupe en 1631.
38 « Carta al rey del gobernador del Tucumán don Alonso de Rivera », 26-02-1611, BNBA, García Viñas, no 4131.
39 Roxana Boixados, « Rebeldes, soldados y cautivos. Etnografía de un episodio en la frontera de guerra del Valle Calchaquí », dans Lorena B. Rodríguez (éd.), Resistencias, conflictos y negociaciones. El Valle Calchaquí desde el periodo prehispánico hasta la actualidad, Rosario, Prohistoria, 2011, p. 123-144.
40 Elle s’acheva aussi par la réduction de l’ennemi intérieur au rang de prises après la campagne militaire finalement victorieuse menée contre eux après le soulèvement attribué à Pedro Bohórquez, alias « l’Inca du Tucumán », un mystificateur de génie originaire de Séville et qui était parvenu à se faire accepter par tous – jésuites, autorités espagnoles et Indiens – comme descendant légitime de l’Inca. Le vocable « calchaquí » n’en disparut pas pour autant : il servit désormais à désigner les Indiens de guerre déportés et relocalisés dans des conditions très dures aux quatre coins de la province et même à des milliers de kilomètres de là, à Córdoba, Santa Fe et sur les rives du Río de la Plata.
41 Christophe Giudicelli, « De la déportation à l’invisibilisation : la “dénaturalisation” des Indiens Calchaquís (Nord-ouest argentin), XVIIe-XXIe siècle », Recherches amérindiennes au Québec, XLI, no 2-3, 2011 [2013], p. 61-82.
42 « Encasillar la frontera. Clasificaciones coloniales y disciplinamiento del espacio en el área diaguitocalchaquí (s. XVI-XVII) », Anuario IEHS no 22, p. 161-212 [en ligne : http://nuevomundo.revues.org/56802].