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    Plan détaillé Texte intégral Représentations de desservants du culte : archigalle, galle ou prêtre(sse) Instruments de musique, ciste, pedum et pin : iconographie d’Attis mourant et des autels tauroboliques Prêtre(sse)s, tauroboles et mystères phrygiens Figures Notes de bas de page Auteur

    Figures de dieux

    Ce livre est recensé par

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    Table des matières

    Prêtre(sse)s, tauroboles et mystères phrygiens

    Françoise Van Haeperen

    p. 99-118

    Texte intégral Représentations de desservants du culte : archigalle, galle ou prêtre(sse) Instruments de musique, ciste, pedum et pin : iconographie d’Attis mourant et des autels tauroboliques Prêtre(sse)s, tauroboles et mystères phrygiens Figures Notes de bas de page Auteur

    Texte intégral

    1Le culte de la Mère des dieux, Cybèle, dans le monde romain est fascinant à plus d’un titre. La déesse, d’origine phrygienne, est introduite officiellement dans le panthéon romain, à la fin de la deuxième guerre punique. Sous la République et jusqu’à l’empereur Claude, deux formes de culte parallèles coexistent pour lui rendre hommage : une forme romaine lors des fêtes publiques d’avril, célébrées par des magistrats romains et les citoyens, et une forme phrygienne lors des fêtes de mars qui restent en bonne partie tenues à l’écart du peuple romain et qui sont accomplies par un prêtre et une prêtresse d’origine phrygienne ainsi que par les galles, ces dévots de la déesse qui, à l’image d’Attis, lui offraient leur virilité. À partir de l’empereur Claude, les fêtes phrygiennes de mars font leur entrée dans le calendrier officiel romain, en adoptant – au moins partiellement – des formes romaines1. Colonies et municipes d’Italie et des provinces occidentales de l’Empire introduisent également Mater Magna dans leur panthéon officiel, en tant que culte romain, tel qu’il est pratiqué à Rome.

    2Les sources abondantes relatives au culte de Mater Magna dans la partie occidentale de l’Empire romain comptent de nombreuses représentations figurées2. Parmi celles-ci, quelques portraits de desservants de la déesse occupent une place de choix dans les publications ; par contre, les nombreux autels tauroboliques, commémorant le sacrifice d’un taureau à la déesse ou à son parèdre Attis, ne sont que très rarement envisagés pour leur iconographie. Notre parcours nous mènera de ces quelques portraits bien connus aux images, le plus souvent négligées, ornant les autels tauroboliques.

    3Les acquis des recherches récentes – tout comme les points qui continuent à faire débat – permettent en effet, me semble-t-il, de jeter un regard renouvelé sur ces diverses représentations.

    4Rappelons d’abord que notre perception du taurobole a été profondément modifiée par deux études récentes, indépendantes l’une de l’autre. P. Borgeaud et N. McLynn ont prouvé que le texte de l’auteur chrétien Prudence ne peut être utilisé comme une source fiable pour décrire le taurobole3. Loin de la douche de sang inondant le dévot qui s’y soumet4, le taurobole apparaît, jusqu’à l’époque tardive, comme le sacrifice d’un taureau dont les testicules font l’objet d’un traitement particulier (l’animal est châtré, les testicules sont sacralisés puis vraisemblablement portés dans un récipient cultuel, le kernos, et sont enfin brûlés et enfouis). Contrairement à l’opinion admise depuis les études de J. Rutter et de R. Duthoy, le taurobole tel qu’il est pratiqué dans le culte de Mater Magna n’aurait donc pas connu une évolution radicale entre sa date d’apparition et le IVe siècle5.

    5Sur la base d’une interprétation stimulante d’un texte de Clément d’Alexandrie, P. Borgeaud proposait en outre de voir dans le taurobole une pratique conçue comme un mystère : ce rite, accessible aux citoyens, leur permet de se faire initier aux mystères de la déesse, en évitant la castration6. Cette suggestion séduisante ne fait cependant pas l’unanimité7. Le détour que nous allons amorcer vers les acteurs du culte métroaque et leurs représentations nous permettra d’apporter d’autres éléments pour aborder cette question de l’identification du taurobole aux mystères phrygiens.

    6Rappelons ensuite que la perception des acteurs du culte métroaque par les modernes a longtemps été dominée par un modèle implicite « christiano8 ». Les fonctions et les rapports entre ces acteurs – archigalles, prêtres, prêtresses et galles notamment – ont été pensés en termes de hiérarchie, à l’image des structures de l’Église catholique. Or, une étude attentive des fonctions des acteurs du culte métroaque invite à les considérer davantage en termes de complémentarité9. L’archigalle, institué à l’époque de Claude plutôt que d’Antonin le Pieux, remplit un rôle prophétique, notamment en recommandant l’accomplissement de tauroboles. Prêtres et prêtresses de la déesse sont responsables des processions et des sacrifices. Ils assurent en outre le bon déroulement des tauroboles et détiennent une responsabilité dans la transmission de ce rite. Des collèges – dendrophores et cannophores – participent aux processions annuelles de mars, lors du canna intrat et de l’arbor intrat, qui commémorent l’enfance et la mort d’Attis. Quant aux galles – dévots de la déesse qui s’émasculent à l’imitation d’Attis –, ils ne font pas partie des structures officielles du culte à Rome (il s’agit là d’une grande différence par rapport à ce que l’on sait des galles des cités d’Asie mineure à l’époque hellénistique). Si ceux-ci jouent déjà sous la République un rôle d’acolyte lors de la procession de la lauatio à la fin du mois de mars, on ne fait par contre pas appel à eux pour les processions de la dendrophorie et la cannophorie, instituées sous l’Empire.

    7Les fonctions essentielles du culte reposent donc entre les mains des prêtres et archigalles au statut officiel ou sont confiées à des collèges reconnus – le tout étant accompli en lien étroit avec les autorités officielles de la cité, comme le montrent les tauroboles accomplis publiquement dans une série de cités romaines.

    Représentations de desservants du culte : archigalle, galle ou prêtre(sse)

    8Ces considérations sur les fonctions des acteurs cultuels m’ont amenée à revenir sur l’identification de quelques portraits de desservants de Mater Magna10.

    9Le premier est généralement identifié à l’archigalle d’Ostie11. Le personnage est d’une part représenté sur le couvercle de son sarcophage, en vêtement « oriental », couché, tenant dans la main droite une branche de pin ; à son pied gauche, une cista mystica avec un couvercle et un serpent. Il figure d’autre part sur deux panneaux latéraux (fig. 1 et 2). Sur l’un, il est en train de sacrifier devant une statuette de Mater Magna, précédée d’un petit Mercure, et entourée de torches allumées. Sur l’autre, il tient deux torches allumées, tournées vers le haut, devant une statuette d’Attis, portant le pedum et une syrinx, devant un pin duquel pendent des cymbales. Sur ces trois représentations, il porte une couronne et un bracelet orné d’effigies de Cybèle. Selon les sources épigraphiques, il s’agit là d’attributs des prêtres de la déesse et non des archigalles12 ; rappelons en outre que l’action de sacrifier semble davantage relever des compétences des prêtre et prêtresse de Mater Magna que de l’archigalle. Ces constatations invitent dès lors à reconnaître dans ce personnage un prêtre plutôt qu’un archigalle.

    10Le second portrait, de Lanuvium, est généralement interprété comme celui d’un galle, un dévot émasculé de la déesse (milieu du IIe siècle ; fig. 3)13. Voici la belle description qu’en donne F. Cumont14 :

    « Le visage glabre de cet eunuque a, avec celui d’une femme, une ressemblance qu’accentuent ses pendants d’oreilles et sa chevelure. Celle-ci devait être prise par-derrière dans une résille (Anthologie Palatine, VII, 219, 4), d’où pendent deux bandelettes grenues de laine. Le vêtement se compose d’une tunique à longues manches et d’un manteau enroulé autour de la taille et qui passe sur la tête. Celle-ci porte, par-dessus, une couronne de laurier avec trois médaillons ornés de bustes de divinités ; au milieu, le Zeus de l’Ida ; à droite et à gauche, Attis. Le même Attis se retrouve sur un pectoral en forme d’édicule. Le cou est entouré d’un torque. La main droite tient une grenade et trois rameaux15 ; la gauche, un plat rempli de fruits. Contre l’épaule gauche, un fouet dont les trois lanières sont garnies d’osselets. Dans le champ, sont suspendus deux cymbales, un tambourin, deux flûtes, l’une droite, l’autre courbe, une ciste. »

    11Ce portrait serait donc celui d’un galle. C’est une possibilité mais une autre interprétation mérite, me semble-t-il, d’être prise en considération, si l’on tient compte des observations suivantes.

    12Des galles – souvent moqués dans les sources littéraires païennes et chrétiennes – nous n’avons conservé aucune trace épigraphique (pas un témoignage de piété, pas un monument funéraire) ; auraient-ils laissé de tels portraits16 ?

    13Le pectoral qui orne ce buste a généralement été interprété en fonction de témoignages littéraires qui concernent les galles des cités d’Asie Mineure à l’époque hellénistique. Toutefois, d’après les témoignages portant sur les réalités du culte à Rome17, ce sont les prêtre et prêtresse de la déesse qui portent de telles effigies sur leur poitrine (dans les descriptions nombreuses des galles « romains », on ne trouve aucune information en ce sens). Les autres portraits de desservants de Mater Magna ornés de telles effigies concernent indubitablement une prêtresse dans le cas de Laberia Felicla18 ; dans les deux autres cas, ils pourraient, sans aucun problème, se rapporter à des femmes.

    14Le premier, le cosidetto galle Montfaucon, est une statue en pied (IIIe siècle ; fig. 4)19 ; sa tête n’est pas d’origine ; en l’absence des bras et de la tête, il est difficile de préciser son sexe, mais le vêtement, tout comme la représentation des cuisses20, renvoient plutôt à une femme. La personne porte ici deux médaillons ornés d’un buste d’Attis en habit oriental, ainsi qu’un pectoral en forme de temple. Y figurent, sur le fronton, Attis, couché, tenant un pedum ; dans le temple, Cybèle tenant un tympanum dans sa main gauche, entourée de Mercure à sa droite et de Jupiter à sa gauche.

    15Le second, un buste (IIIe siècle ; fig. 5), représente une personne, tête couverte, portant des bracelets et colliers, mais aussi un pectoral décoré avec un buste de Cybèle, vers lequel vole un Eros (ou une Victoire)21. Dans sa main gauche, la personne tient un objet supportant une base ou un autel flanqué de deux lions assis. Depuis sa première publication par C. Pietrangeli, ce portrait est interprété comme celui d’un galle. Ne pourrait-il pas tout autant s’agir d’une prêtresse de la déesse ?

    16Revenons au portrait de Lanuvium. Comme les deux que nous venons d’envisager, il pourrait représenter une femme, plus toute jeune. G. Calza remarquait ainsi que les mains, le cou et la coiffure, avec une raie au milieu et trois « vagues » à l’avant sont caractéristiques de Faustine Mineure et typiquement féminins22.

    17Les objets que porte cette personne et qui l’entourent – cymbales, tambourin, flûtes, ciste – ont souvent été mis en rapport par les modernes avec des passages littéraires évoquant les galles. Il faut cependant souligner que ceux-ci apparaissent assez fréquemment dans l’iconographie impériale relative à Mater Magna et Attis, sans qu’aucun galle n’y soit représenté. On y trouve en outre parfois un ou plusieurs des éléments suivants : pin, torches, syrinx, pedum (houlette) ou bonnet phrygien, comme, par ex., sur les représentations du prêtre d’Ostie évoqué ci-dessus.

    Instruments de musique, ciste, pedum et pin : iconographie d’Attis mourant et des autels tauroboliques

    18Tournons-nous dès lors vers les autres images qui associent ce type d’objets. Deux séries peuvent être distinguées. Il s’agit d’une part de représentations liées au mythe d’Attis et d’autre part de reliefs tauroboliques23.

    19Les quelques images, assez peu nombreuses, qui évoquent le mythe d’Attis, et plus précisément les moments précédant ou suivant sa castration au pied d’un pin, contiennent fréquemment les objets suivants : instruments de musique, accompagnés du pedum et éventuellement de torches ou d’un bonnet phrygien24. Citons par ex. le relief, daté du IIe siècle, trouvé dans la « Maison d’Attis », identifiée désormais à la schola des dendrophores de Glanum (fig. 6)25. Attis, portant un bonnet phrygien, repose sous un pin, dans lequel se trouvent une cymbale ou un petit tympanum et des flûtes ; sous l’arbre pousse un jeune pin. À côté de l’épaule d’Attis figure un pedum, dans le champ une syrinx.

    20Ces objets qui accompagnent l’iconographie d’Attis mourant ou celle de prêtres et prêtresses de la déesse, nous les trouvons aussi représentés sur des autels tauroboliques.

    21Si le cadre de cet article ne permet pas d’envisager dans le détail leur iconographie, quelques remarques générales peuvent être formulées. Dès le IIe siècle, ces autels peuvent être ornés de têtes de taureau et/ou de bélier, entourées des ornements du sacrifice, éventuellement accompagnées d’instruments cultuels : couteau, patère, cruche. Une partie d’entre eux reçoit une décoration un peu plus complexe, dès le IIe siècle, en Gaule. Une série d’autels de Die (Gaule Narbonnaise), datés de la 2e moitié du IIe ou de la première moitié du IIIe siècle, mérite d’être mentionnée (fig. 7)26. Outre les têtes de taureau et de bélier ornées d’infulae, on y trouve les objets suivants : glaive, tympanum, caducée, flûtes (tibia et cornu), paire de cymbales. Certains de ces autels portent une inscription27 : ces tauroboles ont été accomplis pour le salut de l’empereur, par des citoyens ou par la res publica, en présence d’un prêtre et dans un des cas à la suite d’un vœu. Quant à l’autel taurobolique de Périgueux, daté du IIe siècle et consacré aux numina des Augustes et à la Mère des dieux, il présente, outre son formulaire assez simple, une décoration très élaborée, sans parallèle pour cette période (fig. 8)28 : sur la face arrière, une tête de taureau ornée d’infulae, un glaive, une patère à manche et une cruche ; sur le côté droit, un pin sur lequel est perché un oiseau et dont pendent deux fouets ; devant le pin, une base couverte par un tissu, sur laquelle repose le buste d’Attis, à côté duquel se trouve un taureau tourné vers la droite ; dans le champ, un bonnet phrygien et une syrinx ; sur le côté gauche, une tête de bélier entre deux flûtes ; en dessous, une paire de crotala ou de petites cymbales.

    22Les autels tauroboliques de Rome, tous datables entre l’extrême fin du IIIe et la fin du IVe siècle, sont souvent ornés. Seuls des instruments de musique typiques du culte de Mater Magna et des torches figurent sur deux d’entre eux29. La majorité de ces autels décorés portent un décor plus complexe. En voici un exemple : sur un côté est représenté un taureau sous un pin dont pendent des cymbales et une syrinx ; sur l’autre, un bélier sous un pin aux branches duquel sont suspendus une double-flûte et un pedum30 ; d’autres autels au même type de décoration portent en outre sur une de leurs faces deux torches croisées, allumées, et des instruments sacerdotaux (urceus ou patera) ou typiques du culte de Mater Magna (cymbales, tambourins, pedum) (fig. 9)31.

    23Enfin, trois autels romains se distinguent par une décoration comparable certes mais qui fait également intervenir les divinités32. Citons l’exemple de l’autel élevé par L. Cornelius Scipio Orfitus en 295 (fig. 10)33 : sur la face avant est représentée Cybèle sur un bige tiré par deux lions ; la déesse porte une couronne murale et tient un épi de céréales dans sa main droite, un tympanum dans sa gauche ; devant le bige, un pin sur lequel un oiseau est perché et contre lequel Attis s’appuie ; debout, jambes croisées, il tient un tympanum dans sa main gauche levée ; un pedum est dressé devant lui. L’inscription court au-dessus et sous cette image. Sur la face arrière, figure un pin, avec, dans les branches, un coq, trois autres oiseaux, des cymbales, une syrinx, une casserole, une bouteille et un seau ; de part et d’autre de l’arbre, se trouvent un taureau et un bélier, ornés de couronnes et de guirlandes. Sur le côté gauche de l’autel, on voit deux torches allumées entrecroisées ainsi que des cymbales ; sur le côté droit, des flûtes entrecroisées et une syrinx.

    24Différents schémas iconographiques semblent donc se dégager. Les autels tauroboliques figurés portent presque tous une représentation partielle ou totale d’un taureau ou d’un bélier34 – et ce, du IIe au IVe siècle35.

    25Au taureau ou au bélier sont fréquemment associés, dès le IIe siècle, des instruments de musique typiques du culte de Mater Magna (tympanum ; cymbalum ; flûtes ou syrinx) ou d’autres éléments caractéristiques, dont certains directement liés à Attis (pedum, bonnet phrygien, pin ou encore, plus rarement ciste ou flagellum). Il est possible que ces autels provenant de Gaule s’inspirent d’exemples romains ou italiens mais aucun autel orné provenant de la péninsule italique n’a été conservé pour cette période. La présence d’Attis sur les autels des IIe -IIIe siècles reste exceptionnelle (tandis que Mater Magna y est absente).

    26Il faut attendre les autels tardifs de Rome pour voir des représentations de Mater Magna et d’Attis, la première le plus souvent assise sur un bige tiré par des lions, le second sous le pin. Les autels tauroboliques sans représentation de ces dieux sont cependant plus nombreux. On y trouve taureau ou bélier, instruments de musique ou pin, mais aussi – c’est une nouveauté – des torches entrecroisées et allumées, tournées vers le haut.

    27Comment interpréter cette évolution dans l’iconographie des autels tauroboliques ? Correspond-elle à une évolution du rite ? Pas nécessairement, il pourrait tout autant s’agir d’un développement, à moins que cette apparente évolution ne soit que le reflet des hasards des découvertes (rappelons qu’aucun autel taurobolique de Rome n’est antérieur à l’extrême fin du IIIe siècle).

    28Reste aussi à se demander dans quelle mesure cette iconographie est en rapport avec le rite du taurobole… Cela semble assez évident tant qu’il s’agit du taureau (ou du bélier – un criobole pouvant accompagner le taurobole) ou de Mater Magna et d’Attis, fréquent(s) dédicataire(s) du sacrifice. La présence des instruments de musique ou des torches semble par contre plus difficile à interpréter à première vue. Nous y reviendrons.

    Prêtre(sse)s, tauroboles et mystères phrygiens

    29Les réflexions sur les représentations de desservants de la déesse et des objets qui les entourent nous ont ainsi ramenés au rite particulier du taurobole, qui a parfois été interprété comme un mystère. Examinons dès lors quelle fonction assumaient les prêtres et prêtresses de Mater Magna dans les tauroboles et dans les mystères de la déesse.

    30Pour les mystères, aucun texte, à ma connaissance n’évoque leur rôle. Par contre, l’iconographie nous montre certains d’entre eux, tels les cosidetti archigalle d’Ostie et galle de Lanuvium, accompagnés d’une ciste mystique. La comparaison avec d’autres mystères – ceux d’Isis par exemple – permet également de supposer que les prêtres de la déesse détenaient une fonction importante dans ces cérémonies.

    31Le rôle des prêtres dans les tauroboles est davantage connu, grâce à la série des inscriptions tauroboliques.

    32On notera d’abord qu’un certain nombre de ces autels sont dédiés par des prêtres ou prêtresses qui se sont eux-mêmes soumis au rite du taurobole36. Le formulaire de trois d’entre eux laisse penser qu’ils ont accompli ce sacrifice, peu après leur accès au sacerdoce37 – voire que leur entrée en fonction ait impliqué la célébration de ce rite38.

    33On notera ensuite qu’une large part des inscriptions tauroboliques (près d’un tiers) précisent que le sacrifice se déroule en présence d’un ou plusieurs prêtres de la déesse. Dans quelques cas, leur action est précisée : soit dictentils la formule au dédicant, soit sont-ils présentés comme « transmettant » (tradentes) le rite39. Ce verbe pourrait laisser penser que le taurobole ait été « conçu comme un mystère », ainsi que le suggérait P. Borgeaud. Si plusieurs arguments permettent d’appuyer cette hypothèse – nous y reviendrons dans un instant –, d’autres considérations ont conduit plusieurs savants à la refuser40. En effet, observent-ils, le taurobole n’était pas uniquement un rite accompli par des particuliers ; il pouvait aussi être pratiqué par des communautés, civiques ou collégiales, notamment pour le salut de l’empereur. Il était ainsi parfois célébré à titre public41.

    34On ne voit dès lors pas comment un tel rite – qui pouvait revêtir une dimension officielle marquée – aurait pu correspondre aux mystères phrygiens. L’objection est de taille. Avant de l’affronter, voyons sur quelles bases repose l’hypothèse selon laquelle le taurobole pourrait être identifié aux mystères phrygiens.

    35Si aucune des rares sources, essentiellement chrétiennes, qui évoquent ces mystères ne se réfère explicitement au taurobole, il est frappant de constater avec P. Borgeaud que Clément d’Alexandrie lie les mystères phrygiens au mythe de Déo qu’il narre de la manière suivante : « Zeus s’unit à Déo en prenant la forme d’un taureau ; Déo […] enragée par la colère se transforme en une redoutable Brimo ; pour l’adoucir, Zeus feint de s’être châtré et jette au sein de Déo les testicules qu’il a arrachés à un bélier42. » La castration d’un animal et la manipulation de ses testicules jouent donc un rôle fondamental dans le mythe rapporté aux mystères tout comme dans le rite du taurobole.

    36De plus, les formules prononcées lors des mystères phrygiens contiennent plusieurs éléments qui évoquent le formulaire ou le décor des autels tauroboliques. Ainsi, selon Clément d’Alexandrie, l’initié prononçait les mots suivants : « J’ai mangé sur le tambour, j’ai bu à la cymbale ; j’ai porté les vases sacrés ; j’ai pénétré derrière le rideau du lit nuptial », ou selon Firmicus Maternus, « je suis devenu myste d’Attis ». Trois de ces objets – tympanum et cymbales, ainsi que kernos – apparaissent régulièrement (du moins pour les deux premiers) sur des autels commémorant des tauroboles43.

    37Constatons aussi que le formulaire de plusieurs autels tauroboliques tardifs évoque ce rite comme un mystère44. « Les termes teletè (initiation) et mustipolos (guide des initiés), la dédicace en grec (à Rome) du “symbole des purs mystères”, la mention (en Attique) de “mots de passe secrets”, cela ne laisse aucun doute45. » On notera en outre que le taurobole est régulièrement mentionné parmi une liste d’initiations dans une série d’inscriptions romaines46.

    38Un passage de l’Histoire Auguste sur lequel N. McLynn a attiré l’attention mérite également d’être mentionné. L’empereur Héliogabale « reçut les sacra de la Mère des dieux et a été taurobolié, afin de dérober son image et d’autres objets sacrés que l’on garde cachés dans les profondeurs du sanctuaire47 ». Peu importe l’historicité douteuse de l’épisode ; ce qui nous intéresse ici, c’est la perception qu’un auteur païen de la fin du IVe siècle avait du taurobole. Il s’agit d’un rite secret, qui a lieu loin des regards et qui semble lié aux mystères, comme le dénote l’expression sacra accepit48. On retrouve une telle formule à propos de l’initiation de Lucius narrée par Apulée ou dans le formulaire des autels tauroboliques (taurobolium accipere)49.

    39Il apparaît ainsi qu’au IVe siècle du moins le taurobole était conçu comme une cérémonie de type mystérique, par ceux qui s’y soumettaient et la commémoraient par un autel, mais aussi par un public plus large, comme en témoignent l’Histoire Auguste ou encore le fait que ces inscriptions étaient vraisemblablement visibles d’un grand nombre.

    40Le taurobole revêtait-il déjà précédemment une telle dimension ? Le passage de Clément d’Alexandrie le laisse penser. Un autre indice me semble intéressant : la durée même de la cérémonie qui pouvait s’étendre sur plusieurs jours et avait également lieu pendant la nuit50.

    41L’iconographie des autels tauroboliques contiendrait-elle des allusions à ces mystères ?

    42C’est ce que semble indiquer une des deux inscriptions tauroboliques tardives de Phyla (Athènes) : « Archéleos m’a consacré, autel de Rhéa ; il a fait graver les synthèmata krupta (symboles, mots de passe) de la télétè taurobolique51. » Parmi les représentations qui ornent cet autel, lesquelles correspondraient aux synthèmata de la télétè taurobolique ? On y repère le tympanum et les cymbales fréquemment représentés sur les autels tauroboliques. Ces instruments jouaient – on vient de le voir – un rôle dans ces mystères et sont évoqués par Firmicus Maternus, à propos des « mots de passe et des symboles » (signis uel quibus symbolis) des mystères phrygiens52. On y retrouve également le pin, parfois présent sur les autels tauroboliques, mais aussi sur les reliefs présentant les moments précédant ou suivant la mort d’Attis et sur le sarcophage du prêtre d’Ostie. On y voit aussi les torches et peut-être Hermès, à côté de Déméter (à moins qu’il ne s’agisse de Iacchos). Hermès est en tout cas présent sur plusieurs autels tauroboliques de Die (par le biais du caducée)53, est invoqué sur un autel taurobolique de Rome54 et figure, entouré de torches, sur un des panneaux représentant un prêtre d’Ostie, ou encore sur des couronnes ou pectoraux de prêtres de la déesse55. Or Hermès et les torches semblent aussi liés aux mystères phrygiens56. Selon Julien, l’empereur apostat, ce dieu était invoqué comme epaphroditos par les initiés, en tant que dieu qui allume les torches pour Attis le sage57.

    43De telles représentations – instruments de musique, pin, torches, Hermès – pouvaient donc évoquer au tout-venant des mythes connus ou des objets utilisés dans les cérémonies ouvertes à tous mais pouvaient aussi se référer pour les initiés à une autre dimension.

    44Le taurobole se présente donc à travers nos sources sous des facettes apparemment contradictoires : soit comme un rite accompli à titre public pour le salut de l’empereur ou de la communauté civique, soit comme une cérémonie de type initiatique. Comment interpréter cette distorsion apparente ?

    45Je ne prétends pas résoudre ici cette question controversée mais simplement ouvrir brièvement quelques pistes.

    46On pourrait bien sûr répondre en invoquant une évolution du rite qui aurait acquis des caractéristiques de type mystérique au IVe siècle, comme l’a notamment proposé G. Sfameni Gasparro58. Mais… les nouvelles interprétations du texte de Prudence conduisent à minorer sinon à rejeter l’idée d’une évolution importante du taurobole59.

    47Il me semble en outre que dans certains cas du moins se retrouvent dans une même inscription des éléments qui se rapportent à des dimensions tant publique ou collective qu’initiatique. Pensons par ex. au taurobole de Lyon, dont l’autel est dressé sur un emplacement accordé par décret des décurions, mais qui fait également mention d’un mesonyctum60. Quant à l’autel taurobolique élevé par les dendrophores de Valence – une communauté collégiale donc –, outre une tête de taureau et une tête de bélier martelée entre un aspergillum et un pedum, sur deux de ses faces, il porte, sur le côté gauche, une cruche, une ciste, une patère à manche, un tympanum et un bonnet phrygien, tandis que la face postérieure est ornée d’un pin61. À la dimension collective – la dédicace est faite par un collège – s’ajoute, semble-t-il, un aspect au moins – la ciste –, faisant référence à des mystères.

    48Ne pourrait-on pas suggérer que le taurobole ait comporté un aspect public – ou du moins une partie visible – mais aussi un aspect privé – ou « réservé aux initiés » ? Le récit d’Apulée, de l’initiation de Lucius à Corinthe, constitue en tout cas un parallèle intéressant62. L’initiation proprement dite est précédée, quelques jours auparavant, d’instructions données, les unes en secret, les autres au grand jour63. Le jour même, avant d’être revêtu d’une robe de lin et d’être conduit dans la partie la plus reculée du sanctuaire, Lucius est honoré de présents par une foule de gens, dont les profanes sont ensuite éloignés64. Après la nuit d’initiation qu’Apulée ne fait qu’évoquer par allusions, Lucius est exposé aux regards de tous.

    49La récente découverte du mithrée de Tirlemont nous amène aussi à repenser le déroulement de rites souvent perçus comme rigoureusement exclusifs : les fouilles ont révélé, à l’extérieur de la chapelle, la tenue d’un grand banquet ayant réuni plusieurs centaines de personnes (peut-être pour inauguration) mais aussi, au sein même du mithrée les restes de sacrifices concernant manifestement cette fois un cercle plus restreint, celui des initiés65.

    50Le taurobole aurait également pu comporter ces deux dimensions : le sacrifice du taureau – accompli au grand jour, éventuellement pour le salut de l’empereur ou de la cité, et ce parfois à frais publics ; sacrifice qui aurait ensuite été suivi d’une cérémonie réservée aux initiés. Le traitement réservé aux testicules de l’animal sacrifié aurait eu lieu sans doute partiellement au vu de tous (il est évoqué de manière claire dans les inscriptions), mais également lors des mystères proprement dits (avec une effusion de sang tachant l’initié, à laquelle font allusion le Carmen contra paganos et Firmicus Maternus)66. Ces mystères auraient également comporté un repas auquel semblent se référer les formules transmises par les auteurs chrétiens ou encore des expériences liées au mythe d’Attis qui aurait alors reçu une interprétation non accessible au commun des dévots. Au terme des mystères, les organes du taureau étaient alors enfouis et l’autel commémorant le sacrifice érigé – parfois, en un lieu public, accordé par décret des décurions, et parfois, semble-t-il, sur le lieu même de l’ensevelissement des uires67. Cette dernière partie de la cérémonie du taurobolium semble donc avoir revêtu un certain caractère public.

    *

    51Les objets qui accompagnent les portraits que je propose d’identifier à un prêtre d’Ostie et une prêtresse de Lanuvium gagnent à être mis en parallèle avec l’iconographie de Mater Magna sous l’Empire, plutôt qu’avec des textes littéraires, parfois sans rapport direct avec le monde romain.

    52Ces objets évoquent, me semble-t-il, tant l’iconographie des moments entourant la castration d’Attis que celle des autels tauroboliques ; ils renvoient également aux formules des mystères phrygiens. Or prêtres et prêtresses de la déesse jouaient un rôle non négligeable dans le taurobole, qu’ils transmettaient à celui qui s’y soumettait. Cérémonie qui aurait pu comprendre, semble-t-il, deux volets : l’un public, visible d’un grand nombre, l’autre réservé au cercle des initiés. Les autels commémorant ce rite, parfois exposés en des lieux publics, portaient des représentations qui pouvaient faire l’objet d’une interprétation large, partagée par le commun des dévots, mais aussi d’une lecture accessible aux seuls initiés.

    Figures

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    Figure 1. – CCCA III 448, pl. 287. Relief d’un prêtre de Mater Magna, sacrifiant à la déesse, provenant de Portus. Ostie, Antiquarium (2de moitié du IIIe siècle).

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    Figure 2. – CCCA III 447, pl. 447. Relief du même prêtre de Mater Magna, devant une statuette d’Attis, provenant de Portus. Ostie, Antiquarium (2de moitié du IIIe siècle).

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    Figure 3. – CCCA III 466, pl. 296. Relief funéraire d’un(e) desservant(e) de Mater Magna, provenant de Lanuvium. Rome, Musées capitolins (milieu du IIe siècle).

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    Figure 4. – CCCA III 249, pl. 140. Statue d’un(e) desservant(e) de Mater Magna, provenant de Rome. Rome, Musées capitolins (fin du IIIe siècle).

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    Figure 5. – CCCA III 250, pl. 142. Buste d’un(e) desservant(e) de Mater Magna, provenant de Rome. Rome, Musées capitolins (IIIe siècle).

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    Figure 6. – CCCA V 344, pl. 119. Relief d’Attis couché sous un pin, provenant de Glanum. Saint-Rémy, Musée archéologique (IIe siècle).

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    Figure 7. – CCCA V 359, pl. 124. Autel taurobolique provenant de Die. Die, musée municipal (2de moitié du IIe ou début du IIIe siècle).

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    Figure 8. – CCCA V 420, pl. 146. Autel taurobolique provenant de Périgueux. Périgueux, musée du Périgord (IIe siècle).

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    Figure 9. – CCCA III 241a, pl. 127. Autel taurobolique provenant de Rome. Conservé au Vatican.

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    Figure 10. – CCCA III 357, pl. 208. Autel taurobolique provenant de Rome. Rome, Villa Albani (26 février 295).

    Notes de bas de page

    1 Nicole Belayche, « “Deae Suriae Sacrum”. La romanité des cultes “orientaux” », Revue historique, 302/3, Paris, 2000, p. 565-592, part. p. 572 ; Philippe Borgeaud, La Mère des dieux. De Cybèle à la Vierge Marie, Paris, Seuil, 1996, p. 132-134 ; Françoise Van Haeperen, « Les acteurs du culte de Magna Mater à Rome et dans les provinces occidentales de l’Empire », in S. Benoist, A. Daguet-Gagey, C. Hoët-Van Cauwenberghe (éd.), Figures d’Empire, fragments de mémoire. Pouvoirs et identités dans le monde romain impérial (IIe s. av. n. è.-VIe s. de n. è.), Lille, Septentrion, 2011, p. 467-484.

    2 Il suffit de consulter les volumes du CCCA (Maarten J. Vermaseren, Corpus Cultus Cybelae Attidisque, Leyde, Brill, coll. Etudes préliminaires aux religions orientales dans l’Empire romain [désormais EPRO], vol. 50, 7 vol., 1977-1989) pour s’en rendre compte.

    3 Philippe Borgeaud, La Mère des dieux. De Cybèle à la Vierge Marie, Paris, Le Seuil, 1996, p. 156-168 ; Neil Mclynn, « The Fourth-Century “Taurobolium” », Phoenix, 50, 1996, p. 312-330. Leurs interprétations sont reçues par Jaime Alvar, Romanising Oriental Gods, Leyde, Brill (Religions in the Graeco-Roman World), vol. 165, 2008, p. 261-275 ; Alan Cameron, The Last Pagans of Rome, Oxford, Oxford University Press, 2011, p. 159-163.

    4 Prudence, Peristephanon, 1006-1050.

    5 Robert Duthoy, The Taurobolium. Its Evolution and Terminology, Leyde, Brill (EPRO 10), 1969; Jeremy Rutter, « The Three Phases of the Taurobolium », Phoenix, 22, 1968, p. 226-248. Notons rapidement qu’une inscription publiée en 1994 (Stefania Adamo Muscettola, « I Flavi tra Iside e Cibele », La Parola del Passato, 49, 1994, p. 83-118, part. p. 96-99) permet de faire remonter la date d’apparition du taurobole de quelques décennies. Cette pratique est désormais attestée sous Domitien ou Trajan et ne doit donc plus être considérée comme une innovation apparue sous le règne d’Antonin le Pieux, comme on le supposait sur la base de l’inscription la plus ancienne datée de 160 (CIL XIII 1751 – Lyon). La mention d’une cernophore – porteuse de kernos – dans une inscription de Lusitanie datée de 108 (CIL II 179) apporte un élément supplémentaire en faveur d’une datation plus haute pour l’apparition du taurobole : en effet, le kernos est un vase rituel plusieurs fois mentionné dans des textes tauroboliques et les cernophores connu(e) s sous l’Empire semblent tou(te) s en rapport avec le culte métroaque.

    6 P. Borgeaud, op. cit., p. 164-165.

    7 Voir infra.

    8 Françoise Van Haeperen, « Des “médecins de l’âme”. Les prêtres des Religions orientales selon Cumont », in Corinne Bonnet, Carlo Ossola, John Scheid (éd.), Rome et ses religions. Culte, morale, spiritualité. En relisant Lux perpetua de Franz Cumont, Supplemento a Mythos. Rivista di Storia delle Religioni. 1 n.s., Caltanissetta, 2010, p. 49-62.

    9 Pour les références aux sources et à la bibliographie, voir F. Van Haeperen, « Les acteurs du culte… » loc. cit., p. 467-484.

    10 F. Van Haeperen, « Des “médecins de l’âme”… » loc. cit., p. 57-60.

    11 CCCA III 447-448 (pl. 284-287) (avec la bibliographie).

    12 CIL X 3698 = ILS 4175 = CCCA IV 7.

    13 CCCA III 466 (pl. 296) (avec la bibliographie) ; voir encore récemment en ce sens Mary Beard, John North, Simon Price, Religions of Rome, Cambridge, CUP, 1998, II, p. 211 ; Nina Mekacher, « Priesterschaft der Mater Magna in Rom (gallus, archigallus, cistophori, dendrophori) », in ThesCRA (Thesaurus cultus et rituum antiquorum), V Personnel of cult. Cult instruments, Los Angeles, 2005, p. 97-100 ; Katherina Rieger, « Lokale Tradition versus überregionale Einheit : der Kult der Magna Mater », in Corinne Bonnet, Sergio Ribichini, Dirk Steuernagel (éd.), Religioni in contatto nel Mediterraneo antico, Pise-Rome, F. Serra, 2008, p. 89-120 (et traduction française « Tradition locale contre unité supra-régionale : le culte de Magna Mater », Trivium, 4-2009, [En ligne], mis en ligne le 23 octobre 2009. URL : http://trivium.revues.org/index3362.html). Guido Calza, « Una figura-ritratto di archigallo scoperta nella necropoli di Portus Romae », Historia. Studi storici per l’antichità classica, 10, 1932, p. 227-231, avait déjà attiré l’attention sur le fait que ces trois portraits pouvaient représenter des femmes – mais il ne fut guère suivi, si ce n’est par Franz De Ruyt, « La nécropole romaine de l’Isola Sacra et l’archigalle de Cybèle », Les Études classiques, 5, 1936, p. 32.

    14 Franz Cumont, Les religions orientales dans le paganisme romain (Corinne Bonnet, Françoise Van Haeperen, rééd. de la 3e éd. française de 1929), Turin, Aragno, 2006, pl. II, 1.

    15 Il s’agit d’un aspergillum pour le CCCA III 466.

    16 Les tablettes de defixio, récemment trouvées lors de la fouille des temples d’Isis et de Mater Magna de Mayence, livrent des galles une image très proche de celle des sources littéraires (AE, 2005, 1123, 1124, 1126) : leur mutilation volontaire fait l’objet d’incompréhension et les rejette en marge du monde des hommes. Ainsi, à l’instar des galles qui « se coupent et se tranchent le sexe », la personne maudite doit-elle être punie et se voir trancher « fidélité, renommée, capacité ».

    17 Denys d’Halicarnasse, Antiquités romaines, II, 19, 4.

    18 CIL VI 2257 = ILS 4160 = CCCA III 258.

    19 CCCA III 249 (avec la bibliographie), pl. 140.

    20 G. Calza, « Una figura-ritratto… », loc. cit., p. 227.

    21 Carlo Pietrangeli, « Un busto di Gallus nei musei Capitolini », in Gli archeologi italiani in onore di Amedeo Maiuri, Cava dei Tirreni, Di Mauro editore, 1965, p. 367-377 ; CCCA III 250 (avec la bibliographie).

    22 G. Calza, loc. cit., p. 228.

    23 On trouve aussi ce type d’objets sur le sarcophage d’une prêtresse de Mater Magna d’Ostie (CCCA III 423 : tambourins, cymbales, torches et bonnet phrygien) et sur une ciste en marbre dédiée par l’archigalle de la même cité (CCCA III 395).

    24 Voir Maarten J. Vermaseren, The Legend of Attis in Greek and Roman Art, Leyde, Brill (EPRO, 9), 1966, p. 31-38.

    25 CCCA V 344.

    26 CCCA V 359, 360, 361, 362, 364.

    27 CCCA V 359, 360, 361.

    28 CCCA V 420. Il faut attendre les autels tauroboliques tardifs de Rome pour retrouver un décor aussi complexe.

    29 CCCA III 231, 358 (fig.).

    30 CCCA III, 233.

    31 CCCA III 226, 233, 239, 241a, 241b, 242, 243, 244, 245a.

    32 CCCA III 236 ; 237 ; 357. La décoration de deux autels tardifs de Phyla (Athènes) est assez proche de celle de ces autels romains, mais s’en distingue par la présence de Déméter, de Korè et d’Hermès ou de Iacchos. Voir infra.

    33 CCCA III 357.

    34 Sur la base du catalogue de R. Duthoy (op. cit.), seules deux exceptions ont été relevées (no 15 et 19 où seuls des instruments de musiques et des torches sont figurés).

    35 L’association du bélier au taureau est très fréquente dans l’iconographie de ces autels, même quand l’inscription ne mentionne qu’un taurobole (et non un criobole). Voir les no suivants du catalogue de R. Duthoy, op. cit. : 11, 24, 25, 81, 84-86, 91, 93, 95, 96, 101, 104, 107, 108, 118, 125-129, 132 et CCCA V, 415.

    36 R. Duthoy, op. cit., no 10, 49, 52, 53, 55, 56, 57, 58, 60, 61, 72, 73, 77, 80, 92.

    37 R. Duthoy, op. cit., no 56 (CIL IX 1540: Attini sacr(um) et Miner/uae Parachintiae / L(ucius) Sontius Pineius Iustia/nus eq(uitis) R(omani) adne(pos) uir princi/palis duumuir et munera/rius natalis coloniae om/nibus honoribus perfunct(us) / et sacerdos Matri deum M (agnae) I (deae) / in primordio suo taurobo/lium a se factum traden/te simul Cosinia Celsina/consacerdote sua/praeeunte Flauio Libe/rali har(uspice) publ(ico) primario), 60 (CIL VIII 23400: M(atri) d(eum) M(agnae) I (deae) Aug(ustae) sac(rum) / pro salute Imp(eratoris) Caes(aris) M (arci) Aure/li [[Probi]] Pii Felicis Aug(usti) / totiusque divinae domus / Q(uintus) Arellius Optatianus/eq(ues) R(omanus) sacerdos perfec/tis ritae sacris cer/norum crioboli et tau/roboli suffragio ordi/nis col(oniae) suae Mactaritan(ae) / comprobatus antistes sum(p)/tibus suis tradentibus / Rannio Salvio eq(uite) R(omano) pon/tifice et Claudio Fausto / sacerdotibus una cum/universis dendroforis / et sacratis utriusq(ue) sexus / v(otum) s(olvit) l(ibens) a(nimo), 61 (CIL VIII 23401: même formule: sacerdos perfectis ritae sacris cernorum crioboli et tauroboli suffragio ordinis coloniae suae Mactaritanae comprobatus antistes).

    38 Ce qui semble tout à fait logique si le taurobole était, totalement ou partiellement, un mystère (voir infra) : il fallait y être initié pour pouvoir ensuite en assurer le déroulement.

    39 R. Duthoy, op. cit., no 21, 54, 56, 60, 61, 68.

    40 Voir par ex. Giulia Sfameni Gasparro, « Misteri e culti orientali : un problema storico-religioso », in Corinne Bonnet, Jörg Rüpke, Paolo Scarpi (éd.), Religions orientales – culti misterici. Neue Perspektiven – nouvelles perspectives – prospettive nuove, Stuttgart, Franz Steiner (Potsdamer Altertumswissenschaftliche Beiträge, 16), 2006, p. 201-202.

    41 Voir par ex. CIL XII 4321 : Matri deum taurobolium indictum iussu ipsius ex stipe conlata celebrarunt publice Narbon(enses).

    42 P. Borgeaud, op. cit., p. 162.

    43 Clément d’Alexandrie, Protreptique, II, 15, 3 ; Firmicus Maternus, Erreur des religions païennes, 18, 1. Ph. Borgeaud, op. cit., p. 163-164. Pour la présence des cymbales et du tambourin, voir supra ; pour le kernos, voir R. Duthoy, op. cit., no 60, 61, 62, 68.

    44 R. Duthoy, op. cit., no 5, 6, 22 (mustipolos en 370), 24, 38, 30, 31 (en 377).

    45 P. Borgeaud, « Taurobolion », in Fritz Graf (éd.), Ansichten griechischer Rituale : Geburtstags-Symposium für Walter Burkert, Stuttgart-Leipzig, Teubner, 1998, p. 189. Voir aussi Giulia Sfameni Gasparro, Misteri e teologie per la storia dei culti mistici e misterici nel mondo antico, Cosenza, Edizioni Lionello Giordano (Hierá. Collana di studi storici-religiosi, 5), 2003, p. 301-302.

    46 R. Duthoy, op. cit., no 17, 20, 23, 24, 26, 27, 28, 29, 32, 34; CCCA III 245a; CIL 6, 31940.

    47 Histoire Auguste, Héliogabale, 7 : Matris etiam deum sacra accepit et tauroboliatus est, ut typum eriperet et alia sacra, quae penitus habentur condita (trad. d’après R. Turcan, CUF).

    48 N. Mclynn, loc. cit., p. 315.

    49 Apulée, Métamorphoses, XI, 21.

    50 R. Duthoy, op. cit., no 93 (= CIL XII 1782 ; 20-23 avril 184), 128 (= CIL XIII 1753 ; 9-11 mai 194), 129 (CIL XIII 1754 ; 4-7 mai 197) : chacun de ces tauroboles est dit avoir été commencé (inchoatum) tel jour et porté à son terme (consummatum) tel autre jour. no 126 (CIL XIII 1751 ; mesonyctum 9 décembre 161).

    51 CCCA II 389 (peu avant 387). À l’arrière figurent deux torches entrecroisées, allumées, tournées vers le haut ; entre celles-ci, un tympanum et un pedum ; au-dessus, un urceus et une patera, de chaque côté un pin. Sur le côté droit, Cybèle et Déméter assise l’une à côté de l’autre, à droite de cette dernière, un jeune en tunique, portant une torche (identifié à Hermès ou Iacchus), à gauche de Cybèle, Korè, tenant deux torches vers le bas. Au-dessus du groupe, trois bucrania, avec deux lampes. Sur le côté gauche, sous un baldaquin soutenu par deux pins, Cybèle assise sur un trône, avec un lion, et tenant un tympanum dans sa main gauche ; Attis à ses côtés, qui pose sa main droite sur un pedum. Contre le pin à sa droite, un large tympanum, une syrinx dans les branches, ainsi qu’un pin à sa gauche, avec des cymbales et un linge.

    52 Firmicus Maternus, 18, 1.

    53 Voir supra.

    54 R. Duthoy, op. cit., n° 13.

    55 Voir supra.

    56 Julien, Discours, V, 179 b-c. Voir Giulia Sfameni Gasparro, Soteriology and Mystic Aspects in the Cult of Cybele and Attis, Leyde, Brill (EPRO, 103), 1985, p. 73-74.

    57 On notera que les torches semblent fréquemment employées dans les mystères, notamment à Éleusis. Voir Lydia Palaiokrassa, « Beleuchtungsgeräte », in ThesCRA V, Personnel of cult. Cult instruments, Los Angeles, 2005, p. 364-365.

    58 G. Sfameni Gasparro, Misteri e teologie…, op. cit., p. 327 ; ead., « Misteri… », loc. cit., p. 102.

    59 Voir en ce sens J. Alvar, op. cit., p. 264.

    60 R. Duthoy, op. cit., no 126 (CIL XIII, 1751), en 160.

    61 R. Duthoy, op. cit., no 91 (CIL XII, 1744) (2e moitié IIe siècle-1re moitié IIIe siècle).

    62 Rappelons également que les mystères d’Éleusis revêtaient un certain caractère public : Louise-Marie L’Hommé-Wéry, « Les Mystères d’Éleusis entre privé et public », in Véronique Dasen, Marcel Piérart (éd.), Idia kai dèmosia. Les cadres « privés » et « publics » de la religion grecque antique, Liège, Centre international d’étude de la religion grecque antique, 2005, p. 159-175. Voir aussi, de manière plus large, Walter Burkert, « Le secret public et les mystères dits privés », Ktema, 23, Strasbourg, 1998, p. 375-381.

    63 Apulée, Métamorphoses, XI, 23, 2.

    64 Ibid., XI, 23, 4.

    65 Marleen Martens, « The Mithraeum in Tienen (Belgium). The Remains of a Feast in Honour of Mithras », in Corinne Bonnet, Vinciane Pirenne-Delforge, Danny Praet (éd.), Les religions orientales dans le monde grec et romain : cent ans après Cumont (1906-2006), Bruxelles-Rome, Institut historique belge de Rome, 2006, p. 215-232.

    66 Firmicus Maternus, Erreur, 27, 8 ; Carmen contra paganos, 60-61. N. Mclynn, loc. cit., p. 318-319.

    67 Voir R. Duthoy, op. cit., no 30 (2e moitié IVe siècle), 83 (30 septembre 245) ; N. Mclynn, loc. cit., p. 322 et n. 38.

    Auteur

    • Françoise Van Haeperen
      Université catholique de Louvain
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    1 Nicole Belayche, « “Deae Suriae Sacrum”. La romanité des cultes “orientaux” », Revue historique, 302/3, Paris, 2000, p. 565-592, part. p. 572 ; Philippe Borgeaud, La Mère des dieux. De Cybèle à la Vierge Marie, Paris, Seuil, 1996, p. 132-134 ; Françoise Van Haeperen, « Les acteurs du culte de Magna Mater à Rome et dans les provinces occidentales de l’Empire », in S. Benoist, A. Daguet-Gagey, C. Hoët-Van Cauwenberghe (éd.), Figures d’Empire, fragments de mémoire. Pouvoirs et identités dans le monde romain impérial (IIe s. av. n. è.-VIe s. de n. è.), Lille, Septentrion, 2011, p. 467-484.

    2 Il suffit de consulter les volumes du CCCA (Maarten J. Vermaseren, Corpus Cultus Cybelae Attidisque, Leyde, Brill, coll. Etudes préliminaires aux religions orientales dans l’Empire romain [désormais EPRO], vol. 50, 7 vol., 1977-1989) pour s’en rendre compte.

    3 Philippe Borgeaud, La Mère des dieux. De Cybèle à la Vierge Marie, Paris, Le Seuil, 1996, p. 156-168 ; Neil Mclynn, « The Fourth-Century “Taurobolium” », Phoenix, 50, 1996, p. 312-330. Leurs interprétations sont reçues par Jaime Alvar, Romanising Oriental Gods, Leyde, Brill (Religions in the Graeco-Roman World), vol. 165, 2008, p. 261-275 ; Alan Cameron, The Last Pagans of Rome, Oxford, Oxford University Press, 2011, p. 159-163.

    4 Prudence, Peristephanon, 1006-1050.

    5 Robert Duthoy, The Taurobolium. Its Evolution and Terminology, Leyde, Brill (EPRO 10), 1969; Jeremy Rutter, « The Three Phases of the Taurobolium », Phoenix, 22, 1968, p. 226-248. Notons rapidement qu’une inscription publiée en 1994 (Stefania Adamo Muscettola, « I Flavi tra Iside e Cibele », La Parola del Passato, 49, 1994, p. 83-118, part. p. 96-99) permet de faire remonter la date d’apparition du taurobole de quelques décennies. Cette pratique est désormais attestée sous Domitien ou Trajan et ne doit donc plus être considérée comme une innovation apparue sous le règne d’Antonin le Pieux, comme on le supposait sur la base de l’inscription la plus ancienne datée de 160 (CIL XIII 1751 – Lyon). La mention d’une cernophore – porteuse de kernos – dans une inscription de Lusitanie datée de 108 (CIL II 179) apporte un élément supplémentaire en faveur d’une datation plus haute pour l’apparition du taurobole : en effet, le kernos est un vase rituel plusieurs fois mentionné dans des textes tauroboliques et les cernophores connu(e) s sous l’Empire semblent tou(te) s en rapport avec le culte métroaque.

    6 P. Borgeaud, op. cit., p. 164-165.

    7 Voir infra.

    8 Françoise Van Haeperen, « Des “médecins de l’âme”. Les prêtres des Religions orientales selon Cumont », in Corinne Bonnet, Carlo Ossola, John Scheid (éd.), Rome et ses religions. Culte, morale, spiritualité. En relisant Lux perpetua de Franz Cumont, Supplemento a Mythos. Rivista di Storia delle Religioni. 1 n.s., Caltanissetta, 2010, p. 49-62.

    9 Pour les références aux sources et à la bibliographie, voir F. Van Haeperen, « Les acteurs du culte… » loc. cit., p. 467-484.

    10 F. Van Haeperen, « Des “médecins de l’âme”… » loc. cit., p. 57-60.

    11 CCCA III 447-448 (pl. 284-287) (avec la bibliographie).

    12 CIL X 3698 = ILS 4175 = CCCA IV 7.

    13 CCCA III 466 (pl. 296) (avec la bibliographie) ; voir encore récemment en ce sens Mary Beard, John North, Simon Price, Religions of Rome, Cambridge, CUP, 1998, II, p. 211 ; Nina Mekacher, « Priesterschaft der Mater Magna in Rom (gallus, archigallus, cistophori, dendrophori) », in ThesCRA (Thesaurus cultus et rituum antiquorum), V Personnel of cult. Cult instruments, Los Angeles, 2005, p. 97-100 ; Katherina Rieger, « Lokale Tradition versus überregionale Einheit : der Kult der Magna Mater », in Corinne Bonnet, Sergio Ribichini, Dirk Steuernagel (éd.), Religioni in contatto nel Mediterraneo antico, Pise-Rome, F. Serra, 2008, p. 89-120 (et traduction française « Tradition locale contre unité supra-régionale : le culte de Magna Mater », Trivium, 4-2009, [En ligne], mis en ligne le 23 octobre 2009. URL : http://trivium.revues.org/index3362.html). Guido Calza, « Una figura-ritratto di archigallo scoperta nella necropoli di Portus Romae », Historia. Studi storici per l’antichità classica, 10, 1932, p. 227-231, avait déjà attiré l’attention sur le fait que ces trois portraits pouvaient représenter des femmes – mais il ne fut guère suivi, si ce n’est par Franz De Ruyt, « La nécropole romaine de l’Isola Sacra et l’archigalle de Cybèle », Les Études classiques, 5, 1936, p. 32.

    14 Franz Cumont, Les religions orientales dans le paganisme romain (Corinne Bonnet, Françoise Van Haeperen, rééd. de la 3e éd. française de 1929), Turin, Aragno, 2006, pl. II, 1.

    15 Il s’agit d’un aspergillum pour le CCCA III 466.

    16 Les tablettes de defixio, récemment trouvées lors de la fouille des temples d’Isis et de Mater Magna de Mayence, livrent des galles une image très proche de celle des sources littéraires (AE, 2005, 1123, 1124, 1126) : leur mutilation volontaire fait l’objet d’incompréhension et les rejette en marge du monde des hommes. Ainsi, à l’instar des galles qui « se coupent et se tranchent le sexe », la personne maudite doit-elle être punie et se voir trancher « fidélité, renommée, capacité ».

    17 Denys d’Halicarnasse, Antiquités romaines, II, 19, 4.

    18 CIL VI 2257 = ILS 4160 = CCCA III 258.

    19 CCCA III 249 (avec la bibliographie), pl. 140.

    20 G. Calza, « Una figura-ritratto… », loc. cit., p. 227.

    21 Carlo Pietrangeli, « Un busto di Gallus nei musei Capitolini », in Gli archeologi italiani in onore di Amedeo Maiuri, Cava dei Tirreni, Di Mauro editore, 1965, p. 367-377 ; CCCA III 250 (avec la bibliographie).

    22 G. Calza, loc. cit., p. 228.

    23 On trouve aussi ce type d’objets sur le sarcophage d’une prêtresse de Mater Magna d’Ostie (CCCA III 423 : tambourins, cymbales, torches et bonnet phrygien) et sur une ciste en marbre dédiée par l’archigalle de la même cité (CCCA III 395).

    24 Voir Maarten J. Vermaseren, The Legend of Attis in Greek and Roman Art, Leyde, Brill (EPRO, 9), 1966, p. 31-38.

    25 CCCA V 344.

    26 CCCA V 359, 360, 361, 362, 364.

    27 CCCA V 359, 360, 361.

    28 CCCA V 420. Il faut attendre les autels tauroboliques tardifs de Rome pour retrouver un décor aussi complexe.

    29 CCCA III 231, 358 (fig.).

    30 CCCA III, 233.

    31 CCCA III 226, 233, 239, 241a, 241b, 242, 243, 244, 245a.

    32 CCCA III 236 ; 237 ; 357. La décoration de deux autels tardifs de Phyla (Athènes) est assez proche de celle de ces autels romains, mais s’en distingue par la présence de Déméter, de Korè et d’Hermès ou de Iacchos. Voir infra.

    33 CCCA III 357.

    34 Sur la base du catalogue de R. Duthoy (op. cit.), seules deux exceptions ont été relevées (no 15 et 19 où seuls des instruments de musiques et des torches sont figurés).

    35 L’association du bélier au taureau est très fréquente dans l’iconographie de ces autels, même quand l’inscription ne mentionne qu’un taurobole (et non un criobole). Voir les no suivants du catalogue de R. Duthoy, op. cit. : 11, 24, 25, 81, 84-86, 91, 93, 95, 96, 101, 104, 107, 108, 118, 125-129, 132 et CCCA V, 415.

    36 R. Duthoy, op. cit., no 10, 49, 52, 53, 55, 56, 57, 58, 60, 61, 72, 73, 77, 80, 92.

    37 R. Duthoy, op. cit., no 56 (CIL IX 1540: Attini sacr(um) et Miner/uae Parachintiae / L(ucius) Sontius Pineius Iustia/nus eq(uitis) R(omani) adne(pos) uir princi/palis duumuir et munera/rius natalis coloniae om/nibus honoribus perfunct(us) / et sacerdos Matri deum M (agnae) I (deae) / in primordio suo taurobo/lium a se factum traden/te simul Cosinia Celsina/consacerdote sua/praeeunte Flauio Libe/rali har(uspice) publ(ico) primario), 60 (CIL VIII 23400: M(atri) d(eum) M(agnae) I (deae) Aug(ustae) sac(rum) / pro salute Imp(eratoris) Caes(aris) M (arci) Aure/li [[Probi]] Pii Felicis Aug(usti) / totiusque divinae domus / Q(uintus) Arellius Optatianus/eq(ues) R(omanus) sacerdos perfec/tis ritae sacris cer/norum crioboli et tau/roboli suffragio ordi/nis col(oniae) suae Mactaritan(ae) / comprobatus antistes sum(p)/tibus suis tradentibus / Rannio Salvio eq(uite) R(omano) pon/tifice et Claudio Fausto / sacerdotibus una cum/universis dendroforis / et sacratis utriusq(ue) sexus / v(otum) s(olvit) l(ibens) a(nimo), 61 (CIL VIII 23401: même formule: sacerdos perfectis ritae sacris cernorum crioboli et tauroboli suffragio ordinis coloniae suae Mactaritanae comprobatus antistes).

    38 Ce qui semble tout à fait logique si le taurobole était, totalement ou partiellement, un mystère (voir infra) : il fallait y être initié pour pouvoir ensuite en assurer le déroulement.

    39 R. Duthoy, op. cit., no 21, 54, 56, 60, 61, 68.

    40 Voir par ex. Giulia Sfameni Gasparro, « Misteri e culti orientali : un problema storico-religioso », in Corinne Bonnet, Jörg Rüpke, Paolo Scarpi (éd.), Religions orientales – culti misterici. Neue Perspektiven – nouvelles perspectives – prospettive nuove, Stuttgart, Franz Steiner (Potsdamer Altertumswissenschaftliche Beiträge, 16), 2006, p. 201-202.

    41 Voir par ex. CIL XII 4321 : Matri deum taurobolium indictum iussu ipsius ex stipe conlata celebrarunt publice Narbon(enses).

    42 P. Borgeaud, op. cit., p. 162.

    43 Clément d’Alexandrie, Protreptique, II, 15, 3 ; Firmicus Maternus, Erreur des religions païennes, 18, 1. Ph. Borgeaud, op. cit., p. 163-164. Pour la présence des cymbales et du tambourin, voir supra ; pour le kernos, voir R. Duthoy, op. cit., no 60, 61, 62, 68.

    44 R. Duthoy, op. cit., no 5, 6, 22 (mustipolos en 370), 24, 38, 30, 31 (en 377).

    45 P. Borgeaud, « Taurobolion », in Fritz Graf (éd.), Ansichten griechischer Rituale : Geburtstags-Symposium für Walter Burkert, Stuttgart-Leipzig, Teubner, 1998, p. 189. Voir aussi Giulia Sfameni Gasparro, Misteri e teologie per la storia dei culti mistici e misterici nel mondo antico, Cosenza, Edizioni Lionello Giordano (Hierá. Collana di studi storici-religiosi, 5), 2003, p. 301-302.

    46 R. Duthoy, op. cit., no 17, 20, 23, 24, 26, 27, 28, 29, 32, 34; CCCA III 245a; CIL 6, 31940.

    47 Histoire Auguste, Héliogabale, 7 : Matris etiam deum sacra accepit et tauroboliatus est, ut typum eriperet et alia sacra, quae penitus habentur condita (trad. d’après R. Turcan, CUF).

    48 N. Mclynn, loc. cit., p. 315.

    49 Apulée, Métamorphoses, XI, 21.

    50 R. Duthoy, op. cit., no 93 (= CIL XII 1782 ; 20-23 avril 184), 128 (= CIL XIII 1753 ; 9-11 mai 194), 129 (CIL XIII 1754 ; 4-7 mai 197) : chacun de ces tauroboles est dit avoir été commencé (inchoatum) tel jour et porté à son terme (consummatum) tel autre jour. no 126 (CIL XIII 1751 ; mesonyctum 9 décembre 161).

    51 CCCA II 389 (peu avant 387). À l’arrière figurent deux torches entrecroisées, allumées, tournées vers le haut ; entre celles-ci, un tympanum et un pedum ; au-dessus, un urceus et une patera, de chaque côté un pin. Sur le côté droit, Cybèle et Déméter assise l’une à côté de l’autre, à droite de cette dernière, un jeune en tunique, portant une torche (identifié à Hermès ou Iacchus), à gauche de Cybèle, Korè, tenant deux torches vers le bas. Au-dessus du groupe, trois bucrania, avec deux lampes. Sur le côté gauche, sous un baldaquin soutenu par deux pins, Cybèle assise sur un trône, avec un lion, et tenant un tympanum dans sa main gauche ; Attis à ses côtés, qui pose sa main droite sur un pedum. Contre le pin à sa droite, un large tympanum, une syrinx dans les branches, ainsi qu’un pin à sa gauche, avec des cymbales et un linge.

    52 Firmicus Maternus, 18, 1.

    53 Voir supra.

    54 R. Duthoy, op. cit., n° 13.

    55 Voir supra.

    56 Julien, Discours, V, 179 b-c. Voir Giulia Sfameni Gasparro, Soteriology and Mystic Aspects in the Cult of Cybele and Attis, Leyde, Brill (EPRO, 103), 1985, p. 73-74.

    57 On notera que les torches semblent fréquemment employées dans les mystères, notamment à Éleusis. Voir Lydia Palaiokrassa, « Beleuchtungsgeräte », in ThesCRA V, Personnel of cult. Cult instruments, Los Angeles, 2005, p. 364-365.

    58 G. Sfameni Gasparro, Misteri e teologie…, op. cit., p. 327 ; ead., « Misteri… », loc. cit., p. 102.

    59 Voir en ce sens J. Alvar, op. cit., p. 264.

    60 R. Duthoy, op. cit., no 126 (CIL XIII, 1751), en 160.

    61 R. Duthoy, op. cit., no 91 (CIL XII, 1744) (2e moitié IIe siècle-1re moitié IIIe siècle).

    62 Rappelons également que les mystères d’Éleusis revêtaient un certain caractère public : Louise-Marie L’Hommé-Wéry, « Les Mystères d’Éleusis entre privé et public », in Véronique Dasen, Marcel Piérart (éd.), Idia kai dèmosia. Les cadres « privés » et « publics » de la religion grecque antique, Liège, Centre international d’étude de la religion grecque antique, 2005, p. 159-175. Voir aussi, de manière plus large, Walter Burkert, « Le secret public et les mystères dits privés », Ktema, 23, Strasbourg, 1998, p. 375-381.

    63 Apulée, Métamorphoses, XI, 23, 2.

    64 Ibid., XI, 23, 4.

    65 Marleen Martens, « The Mithraeum in Tienen (Belgium). The Remains of a Feast in Honour of Mithras », in Corinne Bonnet, Vinciane Pirenne-Delforge, Danny Praet (éd.), Les religions orientales dans le monde grec et romain : cent ans après Cumont (1906-2006), Bruxelles-Rome, Institut historique belge de Rome, 2006, p. 215-232.

    66 Firmicus Maternus, Erreur, 27, 8 ; Carmen contra paganos, 60-61. N. Mclynn, loc. cit., p. 318-319.

    67 Voir R. Duthoy, op. cit., no 30 (2e moitié IVe siècle), 83 (30 septembre 245) ; N. Mclynn, loc. cit., p. 322 et n. 38.

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