Web et logiques classificatoires
p. 195-205
Texte intégral
« Qu’est-il donc impossible de penser, et de quelle impossibilité s’agit-il ? »
Foucault, Les mots et les choses, Paris, Gallimard, 1966.
1Les classifications apparaissent désormais comme datées, inscrites dans une démarche héritée de l’époque moderne qui a vu l’impulsion d’une logique de rationalisation du réel1 produire un besoin de classification des connaissances. Les espaces numériques se détachent a priori de plus en plus des méthodes de classements traditionnelles et privilégient une approche davantage fondée sur le plein texte et le traitement automatique des langues, le moteur de recherche symbolisant ce passage d’un système arborescent à la logique du bouton poussoir. Autre logique, celle qui fait de la carte le territoire même, comme cela semble être le cas du réseau social Facebook qui vise à englober l’humanité toute entière. La volonté de classer le monde se transforme en désir de classer tout le monde.
2Quelles sont les nouvelles logiques de classement et de sens qui se développent sur les espaces numériques ? Il est désormais impossible de tout classer et d’espérer produire une classification de l’ensemble des ressources du Web. Le Web sémantique, appelé actuellement Web de données, prétend parfois porter cette initiative, mais les logiques sont différentes. La mesure du Web, cette « complexité impensable2 » selon l’auteur de science-fiction William Gibson, s’est portée sur d’autres horizons. Plusieurs tentatives pour mesurer la taille du Web ont été développées, notamment en matière de métrologie, de visualisation et de cartographie de l’Internet et du Web. L’atlas de cybergéographie3 recense bon nombre de ces réalisations. Mais l’enthousiasme des premières cartographies des réseaux a diminué et on constate un intérêt de plus en plus grand pour les interactions entre les usagers et les données de leurs profils sociaux, plutôt que pour catégoriser les documents et les connaissances.
3Ce qui apparaît de plus en plus, c’est que les principes documentaires classiques semblent de moins en moins opérationnels, au point qu’il convient de se demander si nous n’assistons pas à une fin des logiques classificatoires sur le Web. Les classifications classiques comme la Dewey ou la CDU (classification décimale universelle) présentent des défauts bien connus du fait de leur ancienneté et de leur représentation occidentale du monde. Ces limites sont renforcées du fait qu’elles prenaient en compte les aspects pratiques du classement et les questions matérielles. En effet, les classifications avaient autant pour but de classifier les documents que de les ranger dans les rayons et étagères de façon efficace. Or la somme des ouvrages à ranger étant essentiellement occidentaux, il n’est pas illogique que les classifications aient eu un effet grossissant. Finalement, les classifications apparaissent peu adaptées au numérique et au Web, même si on peut encore trouver des tentatives en ce sens. Malgré tout, faut-il abandonner tout projet classificatoire ? Que faut-il alors envisager comme nouvelles pistes d’organisation des connaissances ? Il apparaît opportun d’étudier d’abord le contexte du document numérique.
Un contexte complexe : le problème du document numérique
4Le document numérique s’avère aussi difficile à saisir qu’à définir. Plusieurs travaux de recherche y ont été consacrés et l’un des plus intéressants est sans doute le projet du RTP-doc au sein du réseau thématique pluridisciplinaire 33 du département STIC du CNRS, qui deviendra l’auteur collectif Roger Pédauque4. Un choix de découpage avait été effectué en considérant qu’il existait trois manières principales de voir le document (numérique) qui ne sont pas exclusives.
5La théorie de la redocumentarisation développée également dans les travaux du collectif Pédauque accompagne cette triple manière de voir le document. Cette opération de redocumentarisation résulte de la plasticité (c’est-à-dire de la souplesse) du numérique. Dès lors, redocumentariser, c’est « documentariser à nouveau un document ou une collection en permettant à un bénéficiaire de réarticuler les contenus sémiotiques selon son interprétation et ses usages5 ». La définition de Wikipédia apparaît probablement plus simple à comprendre : « La redocumentarisation consiste à retraiter un document ou un ensemble de documents numérisés de façon à les enrichir de métadonnées nouvelles et à réarranger et relier leurs contenus6. » Concrètement, un grand nombre de documents peuvent être ainsi redocumentarisés à des fins non prévues initialement par le premier créateur du document7. Ce qui ajoute à la complexité, c’est que cette redocumentarisation concerne également les individus et leur double numérique8.

Figure 1 – Les trois dominantes du document numérique selon Pédauque.
6Ces mutations font qu’il devient difficile d’appréhender et de définir le document numérique. Il est alors tentant de le qualifier de « monstre9 » en raison de sa relative instabilité qui le rend difficile à décrire et à cataloguer, du fait d’une redocumentarisation quasi permanente. Mais il devient aussi un monstre, car bien souvent il se doit d’être vu et montré comme l’indique l’étymologie du mot monstre. Une monstruosité qui domine par son côté démonstrateur, tant il s’agit surtout de privilégier les ressources qui font le buzz et qu’il faut avoir absolument vues, mais qui finiront par être oubliées du fait de leur faible apport documentaire et intellectuel. Faut-il pour autant considérer tous les documents numériques comme des monstres ? Cette hypothèse concerne surtout les ressources non structurées et non indexées de façon professionnelle. Au vu de l’état actuel du Web, cela concerne la grande majorité des documents que peuvent rencontrer les usagers. De plus, un document indexé de façon optimale n’est pas à l’abri d’une redocumentarisation imprévue.
7Face à cette « monstruosité » grandissante, il faut savoir faire preuve de modestie dans toute entreprise de type classificatoire. La volonté initiale de Paul Otlet de tout classifier s’avère désormais une mission impossible. Cette instabilité du document numérique ne doit pas nous empêcher de penser et de catégoriser ces changements. La piste d’une « tératologie10 » documentaire peut être tentante en obligeant à une évolution notamment de nos méthodes de classements et de classifications, mais surtout en incitant à une mutualisation des réflexions et de méthodes issues de différentes professions et disciplines. Au minimum, un rapprochement entre professionnels de la documentation et de l’archivistique paraît requis.
8La pérennité des productions numériques est loin d’être pleinement assurée. Déjà des pertes se sont produites. Le numérique ne garantit pas une conservation ad vitam aeternam. Nous le savons. Des enjeux de conservation et de stratégies d’archivage apparaissent de première importance. La fiabilité des ressources pose également question, tant il n’est pas aisé, parfois, de distinguer le vrai du faux. L’enjeu de l’évaluation de l’information apparaît alors comme un des défis les plus importants au moins au niveau éducatif11. Mais tout cela n’est sans doute qu’un début, tant il devient difficile de comprendre quelles sont les frontières du Web qui ne cessent de s’étendre et dont le prochain objectif est lié à l’Internet des objets12, avec des éléments possédant leur propre adresse IP.
9Pourtant des tentatives classificatoires ont bien été présentes sur le Web ou continuent de l’être sous des formes dérivées.
Des tentatives classificatoires ?
10Il apparaît que les éléments que nous allons présenter relèvent parfois de l’archéologie d’une logique en disparition, au profit de logiques commerciales. Les mieux classés ne sont pas les documents produits et les savoirs et connaissances associés, mais davantage nos profils sociaux. « L’homme qui voulait classer le monde13 » définit actuellement davantage Marc Zuckerberg que Paul Otlet. Toutefois, les démarches restent souvent les mêmes et les méthodes documentaires et bibliothéconomiques ont influencé la constitution de fichiers de personnes. On songe notamment à John Edgar Hoover qui a mis à profit son travail à la bibliothèque du Congrès dans la constitution des fichiers de criminels pour le FBI. On retrouve toujours des éléments anciens dans ce qui paraît innovant.
11Le premier outil de classement est la liste qui constitue un moyen efficace d’organiser l’information notamment avec l’usage de colonnes. Élément ancien, elle demeure présente dans le Web actuel. Les résultats d’une requête sur un moteur de recherche ne dérogent pas à la règle et rares sont les autres méthodes de présentation des résultats qui puissent bénéficier d’une efficacité équivalente. La permanence de la liste s’observe aussi dans les signets sociaux avec le classement des dernières ressources taguées disponibles sous forme de liste antéchronologique.

Figure 2 – Le classement par liste des derniers éléments tagués sur Diigo. (Source : [www.diigo.com].)
12Des formes plus élaborées ont vu le jour pour tenter de classer les ressources numériques. Les répertoires de signets en sont un exemple. Originellement conçus comme une sélection des meilleures ressources du Web, leurs usages semblent relativement restreints, au point que certaines bibliothèques ont cessé de mettre à jour leur dispositif de sélection, lui préférant des stratégies de veille et de diffusion différentes notamment avec les moyens du Web 2.0 (comptes sur Delicious, portails Netvibes, pages Facebook ou comptes Twitter). Les signets de la BnF privilégient la qualité de la sélection, mais il est difficile de savoir quels sont les usagers qui se servent réellement de cette collecte. La logique est d’ailleurs très nettement influencée dans la catégorisation par les classifications Dewey et CDU.

Figure 3 – Une tentative classificatoire : les signets de la BnF.
13Dans le même état d’esprit, des logiques similaires continuent d’exister mais avec un ancrage plus pratique, comme dans le cas du remarquable « portillon14 » réalisé par des professeurs-documentalistes à destination des enseignants. Une classification Dewey est appliquée à une sélection de ressources. Rares sont les domaines où les décimales sont utilisées mais certaines thématiques sont particulièrement bien renseignées.

Figure 4 – Le portillon : une sélection de ressources en Dewey.
14Des professeurs-documentalistes ont tenté d’appliquer la Dewey aux univers Netvibes15 pour classer et signaler des ressources pour les élèves. Ces tentatives s’avèrent surtout pédagogiques pour expliquer l’intérêt de la Dewey plutôt qu’une réelle réussite classificatoire.
15Les logiques classificatoires semblent en disparition progressive au bénéfice des moteurs de recherche, grands vainqueurs de l’ancien affrontement entre moteurs et annuaires. Initialement réalisée par des humains, la sélection de sites par les annuaires a fini par s’étioler au point que le dernier annuaire actuel, Dmoz. org, abandonné par Google mais toujours financé en partie par AOL, semble menacé. Réalisé par des bénévoles qui opèrent la sélection et le classement, on ne sait quel sera à terme l’avenir du projet de Dmoz. org. La logique des annuaires semble en effet dépassée et l’avatar16 de Dmoz. org fait de plus en plus figure de dinosaure du Web. L’évolution de Yahoo illustre parfaitement cette transformation d’un Web documentaire en un Web commercial. Aujourd’hui, il ne subsiste plus rien du projet initial créé par David Filo et Jerry Yang en 1995 qui se voulait surtout un annuaire du Web avec un ancrage qui empruntait très nettement aux logiques documentaires classiques. Yahoo est désormais devenu une plate-forme de services et il n’y a plus d’annuaire.
16Le fait de pouvoir effectuer facilement des requêtes plein texte fait que les catégorisations et les navigations par arborescences sont de plus en plus rares et faiblement structurées. Les plates-formes de vidéos n’y font pas exception. On y trouve rarement plus de trois niveaux hiérarchiques notamment sur Dailymotion, mais l’INA ne propose guère mieux car le but est de coller au plus près des logiques de référencement qui suivent les choix des moteurs de recherche. Seul le réseau social de loisirs créatifs, Ravelry17 propose une organisation plus poussée avec un moteur à facettes. Mais on demeure dans des domaines spécialisés.
17Quant aux traditionnelles extensions, les. com, les. fr, il devient difficile de pleinement les comprendre, d’autant que la somme d’extensions possibles ne cesse de croître. Si bien que la logique de l’extension renvoie plus à une logique de censure, notamment quand il s’agit d’inciter les sites pornographiques à présenter une extension en. xxx.
Des évolutions documentaires
18Le Web initial de Tim Berners-Lee et celui que nous pratiquons actuellement ne sont plus les mêmes. On est passé d’un Web avec une logique documentaire et une orientation « savoirs » à une forme d’omniweb sur lequel il est possible de tout faire. Depuis le développement des aspects sociaux du Web 2.0, le Web valorise la popularité plus que l’autorité.
La prédominance de la logique commerciale
19La logique commerciale prédomine face aux logiques documentaires. Les moyens ne sont pas les mêmes et les visées non plus. Si bien que ce sont les classifications des individus qui prennent de l’essor avec l’avènement d’un homme de plus en plus transformé en document lui-même : « L’Homme est devenu un document comme les autres, disposant d’une identité dont il n’est plus “propriétaire”, dont il ne contrôle que peu la visibilité (ouverture des profils à l’indexation par les moteurs de recherche), et dont il sous-estime la finalité marchande18. »
20L’individu devient également un tag, tant il est fréquent de rencontrer des tags nominatifs dans les blogs, dans les réseaux sociaux ou bien sur les sites de microblogging comme Twitter. Cette description de l’individu par les tags s’opère déjà sans nécessairement utiliser des tags nominatifs. Les tags employés par les usagers constituent des mines de renseignements et sont parfois révélateurs et porteurs de sens. Le caractère subjectif des tags souvent critiqués pour leur faible qualité en matière d’indexation, s’avère surtout une forme de description de l’usager lui-même davantage qu’une réelle catégorisation de la ressource19.
21La logique des réseaux sociaux est de pouvoir rassembler un maximum d’usagers avec des profils précis pour améliorer le ciblage publicitaire. Mais il s’agit aussi de diminuer les logiques d’anonymat pour tenter d’attribuer plus aisément un auteur à toute production sur le Web. C’est un des objectifs d’ailleurs de Google +. Cette logique s’accompagne d’une volonté de mesurer la notoriété et la reconnaissance, une entreprise menée par plusieurs acteurs dont Klout qui prétend attribuer un indice de notoriété en fonction des actions effectuées sur les réseaux sociaux. Plus l’indice est élevé, plus l’internaute est recommandable. Finalement, le glissement de la classification des documents vers les individus s’opère progressivement avec des logiques de mesure de la valeur. Être bien classé correspond désormais davantage à l’individu qu’au document, ce qui montre bien ce basculement progressif.
Des espaces en expansion
22Si la somme du Web est impossible à classifier et à classer, d’autres projets émergent pour mieux traiter les données disponibles. Les enjeux sont importants notamment dans les territoires de la science et de la connaissance, où il est désormais possible de traiter et d’analyser des corpus de plus en plus grands, des megacorpus dont il faut parvenir à tirer du sens. Pour cela, il importe que les données et les métadonnées associées soient de bonne qualité, ce qui implique des compétences documentaires et de traitement de données importantes. C’est notamment un des enjeux pour les humanités numériques que de pouvoir travailler avec des corpus de qualité.
23À un échelon plus large, le développement d’un Web sémantique désormais qualifié de Web de données déplace la problématique classificatoire vers des aspects plus complexes notamment la constitution d’ontologies. Mais la question reste celle du sens : comment rendre intelligible cette production massive de données à la fois pour le citoyen et le chercheur ?
Conclusion : faut-il vraiment des Dewey du Web ?
24Ce n’est pas vraiment de Dewey du Web dont on a désormais besoin. La complexité du Web requiert des spécialistes capables de conférer du sens aux documents et aux données. Mais il convient de penser autant le court terme, que le long terme pour faire face aux deux fossés décrits par Bruno Bachimont :
« Le premier, qui frappe les deux catégories de médias, est le fossé d’intelligibilité : avec le temps, un contenu se décontextualise et la médiation culturelle devient de plus en plus difficile et spécialisée, pour ne plus être parfois assumée que par quelques experts ou universitaires (par exemple, les anciennes inscriptions et les paléographes, etc.). Le contenu devient inintelligible et perd sa lisibilité culturelle. Le second problème, concernant les médias technologiques, est le fossé d’obsolescence : les techniques et les appareils nécessaires à la maintenance et à l’accès au contenu ne font plus partie du système technique courant et nécessitent une prise en charge particulière, elle aussi de plus en plus coûteuse avec le temps. Le contenu perd alors sa lisibilité technique20. »
25Les enjeux d’accessibilité des documents et des données se situent donc à la fois au plan pratique mais aussi au niveau intellectuel. De plus en plus, il s’agit pour l’usager de se montrer capable d’évaluer, de comprendre le document mais aussi de développer des stratégies personnelles pour classer la somme d’informations qu’il lui faut traiter quotidiennement. La logique classificatoire devient de plus en plus essentielle pour l’individu lui-même tant les données qu’il va conserver constituent des archives pour lui mais également de lui-même. Finalement, c’est bien la question de l’archive foucaldienne qui constitue notre défi actuel :
« Mais l’archive, c’est aussi ce qui fait que toutes les choses dites ne s’amassent pas indéfiniment dans une multitude amorphe, ne s’inscrivent pas non plus dans une linéarité sans rupture, et ne disparaissent pas au seul hasard d’accidents externes, mais qu’elles se groupent en figures distinctes, se composent les unes avec les autres selon des rapports multiples, se maintiennent ou s’estompent selon des régularités spécifiques21. »
Notes de bas de page
1 Mai J.-E., « The Modernity of Classification », Journal of Documentation, t. 67, 4, 2011, p. 710-730.
2 Gibson W., Neuromancien, Paris, La Découverte, 1985, p. 64.
3 Dodge M., Kitchin R.. Atlas of Cyberspace, Harlow, Addison-Wesley, 2001. Site Web du livre disponible sur [http://www.kitchin.org/atlas/index.html]; Dodge M., Kitchin R., Mapping Cyberspace, Londres, Routledge, 2001. Site Web du livre : [http://www.mappingcyberspace.com].
4 Pédauque R.T., La redocumentarisation du monde, Toulouse, Cépaduès éditions, 2007.
5 Zacklad M., « Réseaux et communautés d’imaginaire documédiatisées », R. Skare, W.L. Lund et A. Varheim, A Document (Re)turn, Frankfurt-am-Main, Peter Lang, 2007, p. 279-297.
6 Article Redocumentarisation, Wikipédia, disponible sur [http://fr.wikipedia.org/wiki/Redocumentarisation], en ligne.
7 Voir aussi la longue définition de la redocumentarisation donnée par Jean-Michel Salaün. « Pour définir la re-documentarisation, il faut commencer par s’entendre sur le terme “documentarisation”. Documentariser, c’est ni plus ni moins traiter un document comme le font […] les professionnels de la documentation […] : le cataloguer, l’indexer, le résumer, le découper, éventuellement le renforcer, etc. […] L’objectif de la documentarisation est d’optimiser l’usage du document en permettant un meilleur accès à son contenu et une meilleure mise en contexte. Le numérique, par nature, implique une re-documentarisation. Dans un premier temps, il s’agit de traiter à nouveau des documents traditionnels qui ont été transposés sur un support numérique en utilisant les fonctionnalités de ce dernier. Mais le processus ne se réduit pas à cette simple transposition. En effet, bien des unités documentaires du Web ne ressemblent plus que de très loin aux documents traditionnels. Dans le Web 2.0 […] la stabilité du document classique s’estompe et la redocumentarisation prend une tout autre dimension. Il s’agit alors d’apporter toutes les métadonnées indispensables à la reconstruction à la volée de documents et toute la traçabilité de son cycle. Les documents traditionnels eux-mêmes, dans leur transposition numérique, acquièrent la plasticité des documents nativement numériques et peuvent profiter des possibilités de cette nouvelle dimension », Salaün J.-M., « La redocumentarisation : un défi pour les sciences de l’information », Études de communication, no 30, 2007, p. 13-23.
8 Ertzscheid O., « L’homme est un document comme les autres : du World Wide Web au World Life Web », Hermès, no 53, 2009, p. 33-40.
9 Le Deuff O., « Monstres, légendes et hérauts : vers une tératogenèse documentaire », Cinquième séminaire de Marsouin, Rennes, 5-6 juin 2007, disponible sur [http://www.marsouin.org/IMG/pdf/marsouinledeuff.pdf], en ligne.
10 La tératologie désigne l’étude des monstres.
11 Serres A., Dans le labyrinthe. Évaluer l’information sur Internet, Caen, C & F éditions, 2012.
12 Kaplan F., La métamorphose des objets, Limoges, Fyp éditions, 2012 [2e édition].
13 Levie F., L’homme qui voulait classer le monde. Paul Otlet et le Mundaneum, Bruxelles, Les Impressions nouvelles, 2006.
14 Le portillon, disponible sur [http://docsdocs.free.fr/spip.php?rubrique8], en ligne.
15 Voir notamment, l’univers de Myriam Ledoux, disponible sur [http://www.netvibes.com/myriamledoux1#ACCUEIL_EN_DEWEY], en ligne.
16 Il est en effet difficile de définir à quoi ressemble le petit personnage vert qui symbolise l’annuaire.
17 Disponible sur [www.ravelry.com], en ligne.
18 Ertzscheid O., « L’homme est un document comme les autres », art. cit.
19 Le Deuff O., Du tag au like : la pratique des folksonomies pour améliorer ses méthodes d’organisation de l’information, Limoges, Fyp éditions, 2012.
20 Bachimont B., « La présence de l’archive : réinventer et justifier », Intellectica, vol. 53-54, 2010, p. 22-23.
21 Foucault M., L’archéologie du savoir, Paris, Gallimard, réédité en 2008 [1re édition 1969], p. 177-178.
Auteur
-
Olivier Le Deuff
ORCID : 0000-0003-0721-5779
Maître de conférences en sciences de l’information et de la communication, université de Bordeaux-Montaigne.
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