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Jean-Michel Meurice
p. 131-132
Texte intégral
1Jean-Michel Meurice est né en 1938. « Tout en devenant peintre, je veux aussi faire des films », déclare-t-il pour évoquer l’année 1960 durant laquelle la vision d’À bout de souffle de Jean-Luc Godard fut pour lui une révélation. Telle est l’originalité de Jean-Michel Meurice d’être à la fois un réalisateur doublé d’un artiste reconnu en France et à l’étranger au travers de nombreuses expositions. Bram van Velde, Sonia Delaunay, Alberto Burri, Zao Wou-Ki, Pierre Soulages sont les premiers peintres vers lesquels il se tourne en 1963 pour réaliser une série de portraits. D’autres rencontres importantes suivent avec des artistes, des musiciens, des historiens d’art dont celles avec Hantaï (Simon Hantaï, les silences rétiniens, 1976), Masson (Quatre jours avec André Masson, 1980), Cage (Against order John Cage, 1971), Duby (Georges Duby, le plaisir et le temps, 1996). Tout en tournant de grands reportages pour les magazines d’information de la télévision comme 5 Colonnes à la Une, Panorama, XXe siècle, il travaille pour différents magazines spécialisés dans les arts tels que Voir diffusé avec Le Nouveau Dimanche. Il obtient en 1980 le Grand Prix du festival international du film d’art de la ville de Paris pour un second portrait de Bram van Velde, et à nouveau en 1981 pour un autre film sur Pierre Soulages durant lequel on voit l’artiste exceptionnellement peindre devant la caméra.
2Appelé par Pierre Desgraupes en 1981, Jean-Michel Meurice devient responsable des programmes documentaires sur Antenne 2, où il crée des magazines d’arts plastiques, Aux arts citoyens et Désir des Arts, et des séries sur la danse contemporaine et la musique baroque. Il produit en outre de nombreux films dont il confie la réalisation à différents auteurs : Tapiès, Sylvie Guilhem, William Forsythe (par André S. Labarthe), Antonio Saura (par José Maria Bersoza), William Christie (par Jean Baronnet), Pina Bausch (par Chantal Ackerman). En 1986, il dirige avec Georges Duby et Michel Guy La Sept, nouvelle chaîne éducative et culturelle qui lui apparaît alors comme « une véritable utopie réalisée » et qui deviendra Arte.
3Attaché à montrer l’artiste au travail, Jean-Michel Meurice tourne d’autres films consacrés à des peintres contemporains : Alechinsky pris sur le vif en 2004, Velickovic, les apparences de la peur en 2005. Depuis quinze ans, il mène également de grandes enquêtes sur les systèmes de pouvoir et leurs dysfonctionnements : les financements politiques occultes, les dérives des puissances bancaires, la crise financière…
4Il reçoit en 1992 le Grand Prix national de la création audiovisuelle et en 2010 le Grand Prix de la SCAM (Société civile des auteurs multimédia) pour l’ensemble de son œuvre.
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