Chapitre XI. Cary Grant dans North by Northwest (La Mort aux trousses, 1959)
p. 243-266
Extrait
1Quand Cary Grant tourne La Mort aux trousses (North by Northwest, Alfred Hitchcock), il est précédé de vingt-sept glorieuses années de jeu à l’écran ; tout comme Cagney dans Les Anges aux figures sales, sa persona de star s’impose avant même que son personnage, Roger Thornhill, n’ait pris pleinement forme au sein de la narration. Dans sa scène d’ouverture, il traverse à grands pas des bureaux bondés, tout en donnant des ordres à une secrétaire et en balançant une plaisanterie, par-dessus l’épaule, à un liftier. En se frayant un chemin parmi les passants, légèrement voûté pour les besoins de la conversation avec de simples mortels, il laisse dans son sillage des traces familières : un accent tranché et jovial, vaguement britannique ; un sourire généreux mais un peu timide ; une beauté et une santé fruits de soins attentifs ; un complet superbement coupé et porté avec une aisance aristocratique ; et l’air insouciant de s’amuser de bon cœur, bien adapté à la comédie.
2L’accès de
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