Annexes
p. 267-293
Entrées d’index
Index géographique : France
Texte intégral
Chapitre I
Annexe I Propositions de lois pour l’indemnisation des conséquences du dévouement courageux (1897-1939)
1Recensement exhaustif jusqu’à la fin de la troisième république. La Fédération Nationale de Sauvetage tentera d’obtenir un nouveau dépôt de proposition, se réclamant du vote de 1882, en 1957. Les évolutions de la jurisprudence administrative à la fin des années 1950, ouvrant droit à indemnisation des secoureurs bénévoles mais souvent au terme de plusieurs années de procédure, ne marquent pas la fin des initiatives en faveur du dévouement courageux. Voir par exemple : proposition de loi » tendant à la création d’un Fonds d’indemnisation des victimes de l’obligation de secours », par M. Joseph-Henri Maujoüan Du Gasset et quarante-cinq autres parlementaires, n° 183, seconde session ordinaire de 1977-1978.


Chapitre II
Annexe II Prix de vertu créés à l’Académie française en sus de la fondation Montyon (1866-1908)



2Note1
Annexe III Somme totale des récompenses distribuées au titre des prix de vertu de l’Académie française, 1868-1908 (en francs)

Annexe IV Prix de vertu fondés dans cinq académies de province (1861-1920)


Annexe V Présidents de la Société Nationale d’Encouragement au Bien (1862-1956)


Annexe VI Présidences officielles des assemblées générales de la Société Nationale d’Encouragement au Bien (1899-1936)

Annexes VII-IX Nombre des récompenses attribuées par la Société Nationale d’Encouragement au Bien sur propositions de ministères (1893-1914)

Dépenses de la Société Nationale d’Encouragement au Bien par types de récompenses (1890-1914)

Nombre des récompenses attribuées par la Société Nationale d’Encouragement au Bien (1864-1914)

Chapitre III
Annexe X Décorations civiles françaises. Récapitulatif et créations au cours de la Troisième République
3Avant la troisième république, n’existent que les distinctions suivantes (la date indiquée est celle de l’officialisation du droit d’user de l’insigne suspendu à un ruban en tous lieux et à tout moment) :
- 1804 : Légion d’honneur.
- 1831 : médailles pour actes de courage et de dévouement.
- 1866 : palmes académiques.
4Le tableau suivant donne le détail des créations pour l’ensemble de la troisième république2. Les devises ne sont mentionnées que lorsqu’elles différent du simple nom de la distinction, de celui du ministère les attribuant, ou de l’indication « république Française ». On remarquera leur homogénéité et les occurrences multiples de la notion de « dévouement ». Le nombre de degrés des distinctions, révélateur de la prétention à l’établissement d’une véritable hiérarchie du mérite, est également indiqué, ainsi que la possibilité d’attributions pour » acte exceptionnel de courage ou de dévouement », indépendamment du critère principal de l’ancienneté des services, dont la durée est variable selon les distinctions.




5Note3
6En 1963 a été créé l’ordre National du Mérite, en remplacement de 16 ordres de mérite ministériels établis pour l’essentiel après la troisième république. N’ont été maintenus que les ordres des palmes académiques (1866), du Mérite agricole (1883), du Mérite Maritime (1930), et des arts et Lettres (1957).
Annexe XI Réglementation des récompenses officielles pour actes de courage et de dévouement (1805-1901)



Annexe XII Dossier d’instruction en faveur de la récompense de Jean Anro (1877)
Lettre de Miss Sarah Good au préfet de Haute-Savoie, 2 août 1877.
7« Monsieur, le 18 juillet dernier, au moment où je me noyais, j’ai été sauvée par un guide du nom de Enro Jean, demeurant à Servoz. Je vous prie de porter attention sur ce fait, tout en espérant que vous vous y intéresserez avec bonté, pour procurer à cet homme brave et humain, la récompense et la médaille du Gouvernement français, à laquelle il a droit m’a-t-on dit. Je quitte paris demain pour l’Angleterre, mais la circonstance où je fus délivrée d’une si horrible mort est bien connue à Chamonix et surtout à l’hôtel d’Angleterre où je demeurais. ayant été poussée à visiter la Gorge de Dioza, j’y allai ; mais, peu de temps après y être entrée, mon guide et mes amis prirent sur moi une légère avance ; alors, en me pressant de les rejoindre, je glissai dans une place humide (car le temps était pluvieux) au fond d’une rampe d’escaliers, et je tombai dans l’eau. Je fus alors entraînée par la force du courant sur un roc où je me cramponnai avec beaucoup de peine, aussi longtemps que je pus ; puis je fus roulée jusque sur un autre rocher, où Dieu dans sa bonté, me permit de rester jusqu’à ce que le guide vint à moi. En essayant de me hisser sur le roc mon poids l’entraîna dans l’eau tourbillonnante. Alors il réussit à me tenir au-dessus de l’eau (car nos forces étaient absolument épuisées), jusqu’à ce qu’un autre homme, un guide je crois, vint sur le rocher sur lequel les deux hommes parvinrent à me placer. De là je gagnai le sommet du pont à l’aide d’une échelle. Il y avait beaucoup de personnes : les habitants du village qui me donnèrent un peu d’eau de vie ; et un prêtre qui pourra attester la vérité de mes assertions. En particulier, j’ai contracté à l’égard du sieur Jean Anro à Servoz une dette de gratitude qu’on ne pourrait jamais trop payer ; et j’attend naturellement avec anxiété de le voir récompensé par le Gouvernement de son pays, et distingué des autres autant qu’il le mérite. »
Rapport de gendarmerie, 17 août.
8« Ce jourd’hui 17 août 1877, à 7 heures du matin. Nous… gendarme à pied à la résidence de Chamonix département de la haute Savoie, revêtus de notre uniforme, et conformément aux ordres de nos chefs, rapportons qu’agissant en vertu d’une lettre de M. le sous-préfet de Bonneville (haute Savoie) en date du 14 août courant à nous transmise par nos chefs, nous prescrivant de procéder à une enquête au sujet d’un acte de dévouement accompli le 18 juillet dernier par le sieur Anro Jean âgé de 21 ans, journalier né à Ivrée (Italie), demeurant à Servoz (haute Savoie). Nous étant rendu dans la susdite commune au jour et à l’heure sus indiqués, y avons recueilli les renseignements suivants : Le 18 juillet dernier le susnommé accompagnait dans l’après-midi trois dames anglaises en qualité de guide aux gorges de la Diozas. Lorsqu’arrivé à 20 mètres de la porte, il entend crier : au secours. Une de ces dames en voulant ramasser des plantes aurait glissé dans le gouffre de pierre rousse ; revenant en toute hâte sur ses pas et voyant le danger que courait Miss Sarah Good dont on n’apercevait que les jupons flottants à la surface de l’eau qui forme un tourbillon dangereux en cet endroit, surtout quand l’eau est forte : n’écoutant que son courage en présence du danger, quoique étant très faible nageur, il franchit la barrière et descend sur le rocher qui entoure le gouffre puis se laisse glisser dans l’eau où il est parvenu à saisir Miss Good, d’abord par une jambe, puis par un bras et est parvenu à la ramener contre le rocher où il s’est cramponné en attendant du secours, ne pouvant seul retirer celle qu’il venait de sauver d’une mort certaine, vu les aspérités du rocher en cet endroit et sans l’arrivée du sieur Berthaud, sur l’aveu d’Anro qui a lutté pendant cinq minutes dans le gouffre, ils se seraient noyés tous les deux attendu que la frayeur commençait à s’emparer de lui. Berthaud, Pierre Ambroise, âgé de 42 ans, charpentier né et domicilié à Servoz (haute Savoie) nous a fait la déclaration suivante : « Le 18 juillet dernier, dans l’après-midi, je me rendais aux gorges de la Diozas, pour visiter les travaux dont j’ai été l’entrepreneur ; lorsqu’arrivé près de la porte j’ai vu une dame poussant de hauts cris en faisant des signes de détresse, ne comprenant pas sa langue ;mais en présence de ses gestes, j’ai deviné que quelqu’un était en danger. J’ai aussitôt pris le pas de course dans la direction qu’elle m’indiquait, et, après avoir dépassé la porte des gorges, j’ai vu le sieur Anro dans le gouffre de pierre rousse tenant une femme par le bras gauche, ayant le corps submergé jusqu’aux épaules et faisant tous ses efforts pour se sortir du gouffre d’où il n’aurait pu se retirer sans secours, vu les aspérités du rocher auquel il se tenait cramponné. Je me précipitai aussitôt à son secours en sautant par dessus la passerelle et suis parvenu non sans peine à saisir la dame que le sieur Anro tenait par le bras, laquelle nous avons hissé sur le rocher, après quoi je suis venu chercher une échelle à Servoz pour la faire monter sur la galerie : deux guides de Chamonix et un dominicain nous ont prêté leur concours à cet effet. D’après la situation des lieux et la frayeur qui commençait à s’emparer du sieur Anro et l’insensibilité de celle qu’il voulait sauver, sans mon prompt secours, ils auraient infailliblement péri, vu la profondeur du gouffre et ses abords difficiles. » Lecture faite de sa déclaration, le sieur Berthaud a déclaré qu’elle contenait la vérité et l’a signée. De l’examen des lieux il résulte… » (Suit le passage cité dans le texte, qui termine le rapport.)
Lettre du maire de Servoz, 29 août.
9« Nous, maire de la commune de Servoz, soussigné, certifions que l’acte de dévouement signalé dans les pièces ci-jointes a été réellement accomplis par le sieur Anro Jean ; que sa conduite antérieure n’a donné lieu à aucune plainte qui soit parvenue à notre mairie mais cependant il a eu une cause par devant le tribunal correctionnel de Bonneville, il y a quelques années, qu’on pourra consulter au besoin. »
Lettre du procureur de la République de Bonneville, 8 septembre.
10« Monsieur le Sous-préfet, j’ai l’honneur de vous transmettre en réponse à votre dépêche du 1er de ce mois, le bulletin du sieur Anro… (suit le résumé cité). » Est joint le bulletin de condamnation.
Lettre du secrétaire général de la préfecture de Haute-Savoie, 20 octobre.
11« J’ai l’honneur de vous transmettre, ci-après, six pièces attestant un acte de courage accompli par le sieur Anro Jean de la commune de Servoz, dans les circonstances suivantes. (Suit un résumé des faits). Le sieur Anro, faible nageur, ayant exposé sa vie dans cette circonstance, je n’hésiterai pas à proposer pour lui, à votre excellence, une médaille d’argent de 2e classe, si au vu de l’extrait de son casier judiciaire elle ne le juge pas indigne de cette distinction. Je dois ajouter que si ma proposition était favorablement accueillie elle encouragerait les guides de nos montagnes au Dévouement et le voyageur serait plus confiant. Votre excellence appréciera d’autre part si le sieur Berthaud ne mérite pas une lettre de félicitations de votre nom. » Le commis du ministère qui a traité le dossier a ajouté au crayon sur la lettre de la préfecture les lignes suivantes : « Le sieur Anro a accompli un sauvetage dans des conditions très périlleuses et il ne semble pas que la légère condamnation qu’il a encouru en 1876 soit de nature à l’empêcher d’avoir une médaille. Le préfet insiste d’ailleurs en faisant remarquer que les guides ont besoin d’être encouragés. L’avis du sous-préfet de Bonneville n’est pas joint. Quant au sieur Berthaud, dont il est également question dans le rapport du préfet, ce fonctionnaire pourra lui adresser une lettre de félicitations au nom du ministre. »
Lettre du ministre de l’Intérieur, 14 novembre.
12« Monsieur le préfet, vous m’avez adressé le 20 octobre dernier une proposition de récompense honorifique… (suit le résumé des faits). Il m’a paru juste Monsieur le préfet de récompenser la belle conduite du sieur Anro et j’ai décidé qu’il serait compris pour une médaille en argent de 2e classe dans le prochain rapport relatif aux Belles actions que j’aurai à soumettre à l’approbation présidentielle. Quant au sieur Berthaud qui a également participé au sauvetage dont il s’agit, je vous autorise à lui adresser en mon nom une lettre de félicitations. »
Chapitre IV
Annexe XIII Associations de sauvetage/sauveteurs créées en France (1853-1903)
13Cette liste s’appuie sur celle de l’ouvrage de Félix Damico (La Médaille d’Honneur des Sauveteurs et la Médaille des Secouristes (Etude Historique), Paris, Augustin Challamel, 1905), vérifiée et complétée par les autres sources de la documentation. Elle ne reprend pas les sections locales des associations les plus importantes, soit au début du xxe siècle, 93 pour la Société Centrale de Sauvetage des Naufragés, 12 pour les hospitaliers Sauveteurs Bretons, ce qui du porterait le total à plus de 260.
14Jusqu’en 1900, les associations déclarées comme sociétés de secours mutuels (identifiées à partir des rapports annuels à l’empereur puis au président de la république sur la situation des sociétés de secours mutuels, décret du 26 mars 1852) sont repérées par le sigle : *





Annexe XIV Hymne des Sauveteurs (sur l’air de La Marseillaise)
15Alons, soldats du sauvetage,
Au devoir chacun est rivé !
Contre vous, de la mort sauvage
L’étendart sanglant est levé ! (bis)
Entendez-vous dans l’indendie ;
Ces cris d’alarme et ces sanglots !
Ces victimes au fond des flots,
Par vous seuls, recouvreront la vie !
En avant, Sauveteurs, formez vos bataillons !
Marchons, marchons !
Et que la mort déserte vos sillons !
16Dites donc, hommes intrépides,
D’où vous vient ce beau dévoûment
En acceptant vos lois rigides, vous ne prêtez aucun serment. (bis)
Au lourd budget de la dépense,
Vous n’espérez pas émarger,
On vous voit braver le danger,sans
compter sur quelque récompense !
En avant, Sauveteurs… […]
17Tous à l’affût, prêts à l’alerte,
Vous n’êtes jamais en retard ;
Ce n’est pas chez vous qu’on disserte,
On s’en remet au dieu hasard ! (bis)
Le bon destin aime le brave,
Il lui prodigue sa faveur ;
La Providence, aux gens de cœur,
Ne saurait opposer nulle entrave !
En avant, Sauveteurs… […]
18Qu’ils courent après la richesse
Les séides d’un souverain,
Ce n’est qu’aux êtres en détresse,
Que le sauveteur tend la main ! (bis
Contre les fléaux et les crimes,
Amis, sans cesse, armez vos bras !
Pour ravir sa proie au trépas,
N’écoutez que vos élans sublimes !
En avant, Sauveteurs… […]
19CHŒUR DES JEUNES
20Nous entrerons dans la carrière,
Quand nos aînés n’y seront plus ;
Nous y trouverons leur poussière
Et la trace de leurs vertus ! (bis)
Pour avoir notre place au temple
Des héros de l’humanité,
Concrits de la Fraternité,
Nous suivrons dignement leur exemple !
En avant, Sauveteurs… […]
Notes de bas de page
1 On a retenu comme année de création la première année d’attribution des fondations, repérée à l’intérieur des livrets, et non la date des décrets d’autorisation des legs et donations (plusieurs années s’écoulant en général entre le décret et la première attribution). Ceci explique les différences avec les dates données par l’ouvrage classique du comte de FRANQUEVILLE (le Premier siècle de l’institut de France, 25 octobre 1795-25 octobre 1895, paris, J. Rothschild, 1895, tome ii) qui, de plus, ignore les libéralités exceptionnelles, et s’arrête en 1895. par « vocation élargie » on entend des prix qui, quels que soient les termes employés dans le legs ou la donation, correspondent à l’objectif initial des prix Montyon, et ne sont pas explicitement restreint à un type de vertu particulier.
2 La source principale, vérifiée et complétée, est l’ouvrage d’André Souyris-Rolland : Guide des Ordres Civils, des Médailles d’Honneur et des Médailles de Sociétés, paris, Souyris-Rolland, 1979. On y renverra pour le détail des rubans officiels correspondant à chacune de ces distinctions, dont la symbolique mériterait d’être commentée. On notera que seules les médailles pour actes de courage et de dévouement, et des Épidémies, bénéficient d’un ruban tricolore vertical aux couleurs françaises, également divisées. Celui de la médaille des sapeurs-pompiers se compose de quatre ensembles aux couleurs nationales séparés par trois raies verticales jaunes. Le ruban tricolore aux rayures horizontales est celui de la médaille du travail.
3 Appelée également « médaille des Vieux Serviteurs ».
Le texte seul est utilisable sous licence Licence OpenEdition Books. Les autres éléments (illustrations, fichiers annexes importés) sont « Tous droits réservés », sauf mention contraire.
Un constructeur de la France du xxe siècle
La Société Auxiliaire d'Entreprises (SAE) et la naissance de la grande entreprise française de bâtiment (1924-1974)
Pierre Jambard
2008
Ouvriers bretons
Conflits d'usines, conflits identitaires en Bretagne dans les années 1968
Vincent Porhel
2008
L'intrusion balnéaire
Les populations littorales bretonnes et vendéennes face au tourisme (1800-1945)
Johan Vincent
2008
L'individu dans la famille à Rome au ive siècle
D'après l'œuvre d'Ambroise de Milan
Dominique Lhuillier-Martinetti
2008
L'éveil politique de la Savoie
Conflits ordinaires et rivalités nouvelles (1848-1853)
Sylvain Milbach
2008
L'évangélisation des Indiens du Mexique
Impact et réalité de la conquête spirituelle (xvie siècle)
Éric Roulet
2008
Les miroirs du silence
L'éducation des jeunes sourds dans l'Ouest, 1800-1934
Patrick Bourgalais
2008
