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    Plan détaillé Texte intégral Bretons et « Normands » le long du littoral au viie siècle Le culte des saints bretons et « normands » à l’époque carolingienne La dynastie comtale flamande et le culte des saints Notes de bas de page Auteur

    Bretons et Normands au Moyen Âge

    Ce livre est recensé par

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    Table des matières

    Bretons et « Normands » entre Somme et Escaut pendant le haut Moyen Âge

    Charles Mériaux

    p. 19-33

    Entrées d’index

    Index géographique : France

    Texte intégral Bretons et « Normands » le long du littoral au viie siècle Le culte des saints bretons et « normands » à l’époque carolingienne La dynastie comtale flamande et le culte des saints Notes de bas de page Auteur

    Texte intégral

    1Présenter l’influence respective des Bretons et des « Normands » entre la vallée de la Somme et celle de l’Escaut pendant le haut Moyen Âge peut apparaître comme un exercice non seulement artificiel, mais aussi en partie anachronique avant l’établissement de Rollon dans la basse vallée de la Seine en 911. Néanmoins, il nous a paru commode de saisir l’occasion proposée par cette rencontre pour mettre l’accent, après d’autres, sur les relations étroites, religieuses et culturelles, qu’entretenaient les régions littorales de la moitié nord de la Gaule du haut Moyen Âge1.

    2L’histoire de la christianisation des régions situées entre Somme et Escaut au viie siècle nous permet en effet d’observer ponctuellement le rôle d’évêques, d’abbés et de moines — appelés à être honorés comme saints -venus des régions littorales occidentales : Bretagne insulaire ou continentale, Cotentin, basse vallée de la Seine. À l’époque mérovingienne, la forte densité d’échanges économiques qui s’observe le long du littoral de la partie neustrienne du royaume des Francs contribue à construire des réseaux de relations étroits entre les institutions religieuses, particulièrement entre celles des diocèses de Rouen et de Thérouanne. À l’époque carolingienne, les témoignages du culte de ces saints fondateurs, bretons et « normands », entre Somme et Escaut, manifeste parfois l’oubli, mais plus généralement la permanence et la vigueur des liens entre établissements religieux le long du littoral. On observe enfin que certains de ces cultes représentèrent un enjeu important lors de la naissance d’une forte identité politique et religieuse en Flandre au xe siècle autour de la dynastie comtale.

    Bretons et « Normands » le long du littoral au viie siècle

    3À la fin de l’Antiquité, le littoral de la Manche et de la mer du Nord ne cessa pas d’être fréquenté malgré les perturbations entretenues par les migrations de populations germaniques2. Au début du ve siècle, des liens entre Rouen et l’actuel Pas-de-Calais — la Morinie romaine scindée depuis la fin du iiie siècle en deux cités, Thérouanne et Boulogne — sont évoqués dans une lettre adressée par Paulin de Nole († 431) à Victrice de Rouen († avant 410). Paulin y félicitait son correspondant d’avoir porté l’Évangile « dans la terre des Morins » et jusqu’à « la rive la plus éloignée du rivage nervien ». On peut y voir le signe que Rouen aurait été investie d’une fonction éminente dans la mise en place des institutions chrétiennes le long du littoral septentrional. Deux siècles plus tard, ce lien apparaît désormais avec force quand se précise notre connaissance de l’organisation ecclésiastique de la Morinie. Le roi Dagobert (629 † 639) établit un certain Audomarus ou Omer († après 667) comme évêque des deux cités de Boulogne et Thérouanne. La Vita qui lui fut consacrée au début du ixe siècle indique qu’il était originaire de la Constantia civitas, de la Constantinensis regio et plus précisément d’une localité nommée Aurea Vallis3. Il sera question plus loin des méprises auxquelles donna lieu l’interprétation de ces deux termes au Moyen Âge, mais il ne fait aujourd’hui aucun doute qu’il est bien question ici de la cité de Coutances, du Cotentin, et peut-être de l’actuel village d’Orval. Omer était « armoricain », donc finalement peut-être plus breton que « normand ». La familiarité d’Omer avec les populations littorales a pu expliquer sa nomination, il n’empêche que Dagobert s’est surtout appuyé sur le réseau monastique colombanien dont Omer était issu pour avoir été moine à Luxeuil sous l’abbatiat d’Eustaise († 629), lui-même disciple du moine irlandais. Toujours d’après sa Vie, l’évêque Omer fut secondé par trois moines, Mommelin, Bertin et Ébertram, venus eux aussi du Cotentin4. Ils participèrent en 649 à la fondation du monastère de Sithiu, plus tard connu sous les noms de Saint-Bertin et Saint-Omer. Mommelin (f après 684) en fut le premier abbé. Nommé évêque de Noyon et de Tournai en 661 à la mort du célèbre Éloi, il céda alors sa charge à Bertin († 698). Ébertram l’accompagna et prit la tête de la communauté de Saint-Quentin dans le Vermandois. Au début des années 660, un acte d’échange passé entre Mommelin et Bertin signale l’existence, dans le temporel de Sithiu, de la villa de Vausune en Cotentin. Donné à Sithiu par un vir illuster nommé Agulfus en échange d’autres biens, ce domaine fut ensuite définitivement cédé par Bertin à l’église de Noyon5. Tout ceci confirme que la communauté de Sithiu conservait, au moins à ses débuts, des liens avec le Cotentin d’où elle avait reçu quelques donations. Peut-être même continua-t-elle à accueillir d’autres compatriotes.

    4Dans la seconde moitié du viie siècle, s’établirent également des liens étroits entre la Morinie et le monastère de Fontenelle. Peu de temps avant la fondation de cet établissement (vers 650) par saint Wandrille (f 668), ce dernier aurait été ordonné prêtre par l’évêque Omer à la demande d’Ouen, alors évêque métropolitain de Rouen6. Le père de l’abbé Lambert, successeur de Wandrille à la tête de Fontenelle avant d’être nommé évêque métropolitain de Lyon, était originaire des environs de Thérouanne (le Ternois) et procéda à la donation d’importants domaines situés dans cette région7. Nous reviendrons plus loin sur l’ensemble des possessions du monastère de Fontenelle autour de Thérouanne et de Boulogne tel qu’il est connu dans la seconde moitié du ixe siècle. Mais il ne fait pas de doute que celui-ci était le fruit d’une politique de donations et d’acquisitions remontant à l’époque mérovingienne. On sait aussi qu’au tout début du viiie siècle une même personne, un certain Bainus, exerça la fonction d’abbé de Fontenelle et d’évêque de Thérouanne8. Ce cumul de charges annonce aussi celui de Geroald, abbé de Fontenelle et « procurateur » des ports de la Manche sous le règne de Charlemagne9.

    5Il est fait mention au viie siècle de Bretons au nord de la Somme, même s’il reste difficile de dire s’il s’agissait de continentaux ou d’insulaires. La Vita Audomari rapporte, en effet, l’arrivée à Sithiu, sous l’abbatiat de Bertin, de quatre religiosi viri, venus « de la terre éloignée des Bretons ». Nommés Quadanoc, Ingenoc, Madoc et Winnoc, ils fondèrent à Wormhout, une localité aujourd’hui située au cœur de la Flandre maritime française, une petite cella sur un bien cédé à Bertin par un aristocrate nommé Heremarus. Les Bretons y accueillaient là pauvres et pèlerins. À la mort des trois premiers, Winnoc se vit confier seul par Bertin la responsabilité de ce conventiculum resté dans l’orbite de Sithiu10.

    6Un autre groupe de Bretons est attesté entre l’Authie et la Canche. Il s’agit de Josse (Judocus) et de ses deux neveux, Arnoc et Winnoc, qui lui succédèrent à la tête de la fondation qui prit ensuite son nom. Selon son dernier éditeur, Hubert Le Bourdellès, la plus ancienne biographie de Josse semble avoir été composée au tout début du xe siècle par un Breton de la communauté de Landévennec alors réfugiée à Montreuil-sur-Mer11. D’après cette Vie, Josse, d’origine royale, aurait préféré renoncer à sa charge au profit de son frère Judicaël pour entreprendre un pèlerinage à Rome. En chemin, il serait entré au service d’un duc nommé Haymon puis aurait fondé un petit ermitage. Le culte de Josse est attesté à partir de la fin du viiie siècle : la cella où reposait son corps est mentionnée dans plusieurs lettres d’Alcuin entre 795 et 801, puis à plusieurs reprises dans la correspondance de Loup, abbé de Ferrières (f après 862), qui témoigne des efforts opiniâtres de ce dernier pour remettre la main sur l’établissement dont l’importance à l’époque tenait naturellement à sa proximité du grand port de Quentovic. Les deux groupes de Bretons semblent avoir été tout à fait indépendants, même si l’on trouve dans plusieurs manuscrits de la seconde Vie de saint Winnoc une généalogie présentant le saint comme le frère de Judicaël et de Josse12. D’autres Bretons fréquentèrent aussi le littoral au viie siècle. Selon sa Vie primitive, saint Riquier aurait été converti par deux insulaires nommés Fichor et Chaidoc dont il est dit qu’ils venaient d’Irlande mais dont on peut peut-être penser, avec Bernard Merdrignac, qu’ils étaient tous deux d’origine bretonne13.

    7Il faut en définitive insister sur l’activité de ces Bretons et de ces « Normands » qui au viie siècle contribuèrent à fonder des établissements religieux au nord de la Somme. La meilleure explication est à rechercher dans la fréquentation du littoral par les navigateurs qui animaient les échanges économiques. On sait à quel point ceux-ci se développèrent, principalement autour du port de Quentovic, à partir du viie siècle14. Mais on peut aussi rappeler les conditions politiques de la première moitié du viie siècle. Cantonnée autour de la basse vallée de la Seine à la fin de la guerre civile, la royauté neustrienne de Clotaire II (f 629) puis de Dagobert (f 639) renoua avec la politique hégémonique en direction des Mers du Nord entreprise, selon Ian Wood, par les rois mérovingiens dès le vie siècle15 ; elle ne ménagea alors pas ses efforts pour attacher fermement à la pars regni neustrienne le littoral septentrional en l’intégrant dans une vaste structure administrative connue sous le nom de « Duché de Dentelin16 ».

    Le culte des saints bretons et « normands » à l’époque carolingienne

    8Au ixe siècle, la documentation met en pleine lumière l’implantation du monastère de Fontenelle en Ternois et en Boulonnais. Celle-ci, on l’a dit, remonte de toute évidence à l’époque mérovingienne. Il faut toutefois attendre la Constitution de l’abbé Anségise (822 f 833) pour lire la mention indifférenciée de possessions dans les pagi Bononensis et Tarvanensis dont les moines tiraient des pièces de drap, du cuir pour les sandales, des fromages, des œufs, et bien d’autres produits. Les noms de ces domaines - Bloville, Outreau, La Wast, Turbinghem et surtout l’église Saint-Pierre située dans les environs de Quentovic — apparaissent dans le diplôme donné le 21 mars 853/854 par le roi Charles le Chauve pour confirmer les biens de la communauté puis, surtout, dans les récits des miracles opérés par les reliques des saints Wandrille et Ansbert lors de leurs séjours prolongés au nord de la Somme en 858, 866-868, puis à nouveau en 885-88617. Si, aux dires de l’auteur des Miracles, le premier voyage fut entrepris « sous la crainte et la pression de ces païens criminels », c’est-à-dire en raison de la menace normande, force est cependant de constater que les séjours des moines semblent avoir été parfaitement planifiés, ce qui suggère aussi le souci de la communauté de diffuser le culte de ses saints patrons sur ses possessions éloignées et, ainsi, de bien marquer ses droits de propriété. Sans nier absolument la réalité du péril normand, il faut reconnaître que ces pérégrinations annoncent les voyages de reliques qui, pour toutes sortes de raisons, se multiplièrent au siècle suivant.

    9Les rédacteurs successifs des Miracula ont ainsi consigné en détail une petite trentaine de miracles opérés au profit des dépendants de l’abbaye. Mais on comprend aussi qu’il n’ait pas été question de passer sous silence les miracles dont bénéficièrent les dépendants d’autres monastères, comme Saint-Maurice d’Agaune, et surtout ceux qui manifestaient la supériorité évidente des saints de Fontenelle. Il est ainsi question d’un sourd-muet qui avait dans un premier temps vainement prié saint Sébastien à Saint-Médard de Soissons avant de trouver la guérison à Quentovic. Un autre miracle des saints Wandrille et Ansbert fait même état d’une rivalité qui opposa ces saints « normands » au saint breton Josse. Cette situation de concurrence était parfaitement banale et on n’interprétera pas l’épisode comme le signe d’une rivalité (bien entendu parfaitement anachronique au ixe siècle !) entre Bretons et Normands. Ce miracle s’inscrit cependant trop bien dans le thème de notre rencontre pour que nous ne résistions pas au plaisir de le citer en entier.

    « Il y a, dans le pays de Ponthieu, un village du nom d’Agrona [aujourd’hui Airon-Notre-Dame] dont était originaire une femme possédée excessivement par un esprit errant. Elle fut amenée par ses proches au monastère de Saint-Josse afin d’être soignée. Comme elle resta là un certain nombre de jours et que sa guérison tardait à se produire, il parut évident à ceux qui l’avaient amenée de la conduire à la basilique Saint-Pierre où les reliques des saints confesseurs [Wandrille et Ansbert] étaient gardées ; ce qui fut fait le 8 des ides de juillet [8 juillet 868]. Elle demeura là sept jours, poussant des cris terribles et confus. Par sa bouche, l’esprit proférait des paroles abominables de sorte qu’il ne faisait aucun doute qu’il parlait à sa place et qu’il la tenait en son pouvoir. Le huitième jour après son arrivée, c’est-à-dire aux ides de juillet [15 juillet 868], grâce à la largesse du Christ et par les mérites des confesseurs, le démon fut expulsé et elle recouvra la santé. Pour sa santé retrouvée, elle rendit gloire au nom du Seigneur et, parfaitement guérie, elle retourna chez elle18. »

    10À la même époque, le culte des saints Omer et Bertin connaissait un essor tout aussi remarquable. Il faut toutefois noter que le souvenir de leur origine a non seulement été oublié, mais qu’il a même fait l’objet de nouvelles interprétations qui ont progressivement effacé leur caractère « normand ». Au tout début du xie siècle en effet, le moine Folcard de Saint-Bertin identifie sans ambiguïté la cité de Constantia avec Constance en Alémanie19. Cette interprétation figurait déjà dans un texte moins bien daté, mais généralement considéré comme une production du xe siècle, la Vie de saint Mommelin, premier abbé de Sithiu dont nous avons parlé précédemment20. L’origine « alémanique » des saints de Sithiu a ensuite été unanimement développée par les auteurs médiévaux postérieurs, les érudits modernes et les historiens du xixe siècle jusqu’à ce que Wilhelm Levison, en 1907, fasse justice de cette interprétation21. Il importe ici de chercher à comprendre comment, et à quelle époque, cette interprétation « alémanique » a pu voir le jour.

    11À partir de la deuxième moitié du ixe siècle, la documentation berti-nienne suggère l’établissement de liens avec plusieurs abbayes de Francie orientale. Huntfrid, abbé de Saint-Bertin et évêque de Thérouanne, était un ancien moine de Prum qui, jusqu’à sa mort en 868, conserva des liens avec le monastère où il avait fait profession. À la fin du xe siècle, des relations de confraternité unissaient les moines de Corvey et ceux de Saint-Bertin, comme en témoigne une liste des frères de l’abbaye saxonne conservée comme feuille de garde d’un manuscrit de l’actuelle bibliothèque municipale de Saint-Omer22. Un siècle plus tôt, vers 885, les moines de Saint-Bertin avaient adressé eux aussi un tel document au monastère de Saint-Gall, dans le diocèse de Constance précisément, qui fut alors copié dans le Liber confraternitatum de cette abbaye23. À cette date, les moines de Saint-Gall étaient en train de développer le culte de l’un de leurs premiers abbés nommé Otmar dont les reliques avaient été « élevées » deux décennies plus tôt, en 864, par l’évêque Salomon de Constance. On peut alors se demander dans quelle mesure les moines de Saint-Bertin n’auraient pas opéré un rapprochement entre les saints patrons des deux monastères qui portaient le même nom, ce qui aurait guidé leur interprétation du topo-nyme de Constantia qu’ils lisaient dans la Vita Audomari, Bertini et Winnoci. Au xe siècle, un rapport est aussi établi entre Omer de Thérouanne et Otmar de Saint-Gall puisque leurs Vies furent copiées dans un même manuscrit en compagnie de textes liés de près ou de loin à l’Irlandais Colomban : sa Vie par Jonas de Bobbio ; celle d’Eustaise, abbé de Luxeuil ; de Fare ; de Bertulfe, abbé de Bobbio ; et de saint Gall24. Dans l’état actuel des connaissances, il est cependant difficile de préciser le scriptorium où fut composé ce manuscrit passé ensuite dans la bibliothèque du collège jésuite de Molsheim. En somme, dans la deuxième moitié du ixe siècle, Sithiu/Saint-Bertin est devenue une très grande abbaye du monde franc et, à ce titre, elle a noué des liens avec les grands établissements orientaux dont Saint-Gall. Un ensemble de coïncidences — le nom d’Otmar, la cité épiscopale de Constance -me paraît être alors l’explication aux nouvelles origines qu’on attribua aux saints de Sithiu.

    12Dans ce même monastère, on ne perdit pas le souvenir de l’origine bretonne de Winnoc, mais celle-ci n’a pas été à l’origine de liens particuliers avec des établissements bretons au ixe siècle. Malgré son origine géographique, Winnoc était bien devenu un saint fondamentalement flamand, il en sera bientôt question. En revanche, au tournant des ixe-xe siècles, l’installation des moines de Landévennec à Montreuil-sur-Mer fait apparaître un nouvel épisode de l’histoire de l’émigration bretonne au nord de la Somme. Le castrum de Montreuil, mentionné pour la première fois en 898, a peut-être été édifié autour de l’église Saint-Pierre des moines de Fontenelle dont il a été question plus haut25. Montreuil a pris le relais de Quentovic comme siège de l’autorité publique dans la basse vallée de la Canche où sont successivement attestés, dans la première moitié du xe siècle, les comtes Helgaud et Herluin, son fils. La présence de la communauté de Landévennec, dont le départ de Bretagne est habituellement daté de 913/914, est attestée par deux actes26. Le premier est un curieux montage de plusieurs documents conservé dans le cartulaire de Landévennec. Il s’agit d’une donation de la fin du ixe siècle, datée par erreur de 954 par le cartulariste, et dont l’escha-tocole est manifestement empruntée à un autre acte, donné « au château de Montreuil », « dans le cloître de saint Guénolé », en présence du comte Helgaud, de son fils Herluin ainsi que de plusieurs moines bretons27. Le second diplôme est une confirmation de biens du roi Henri Ier donnée en 1042 en faveur de Saint-Guénolé/Saint-Saulve de Montreuil où sont brièvement rappelées les circonstances de la fondation de l’établissement par le comte Helgaud28. Cette fondation n’a pu avoir lieu que dans un espace de temps relativement bref puisque, d’après le chanoine Flodoard de Reims, le comte Helgaud — de toute évidence celui qui tenait Montreuil — fut tué en 926 dans un engagement contre les Normands. Le départ des moines et leur retour à Landévennec est rapproché du retour des Bretons réfugiés auprès d’Aethelstan, roi de Wessex, dont le même Flodoard rappelle qu’il intervint en 93629. Quoi qu’il en soit, Hubert Le Bourdellès n’hésite pas à faire de Montreuil au début du xe siècle une « véritable petite colonie bretonne » qui connut une réelle postérité cultuelle et culturelle, à laquelle cet auteur attribue la rédaction, à Montreuil même, des Vies des saints Josse et Idunet (Idiunetus), compagnon légendaire de saint Guénolé, ainsi que la diffusion de plusieurs manuscrits et textes d’origine bretonne dans le nord de la France et en Angleterre dont le célèbre Psautier de Salisbury30.

    La dynastie comtale flamande et le culte des saints

    13Au xe siècle, le culte des saints connaît en Flandre un nouvel essor, fortement stimulé par le comte Arnoul Ier (918 f 965) et le réformateur Gérard de Brogne (f 959) auquel fut confiée la restauration des grandes communautés religieuses de la principauté, en particulier Saint-Pierre et Saint-Bavon à Gand (en 941 et 946), Saint-Bertin (en 944) et Saint-Amand (en 952)31. La plupart de ces réformes furent accompagnées de la promotion de nouveaux cultes et l’arrivée de nouvelles reliques, ce qui s’avérait d’autant plus nécessaire que la Flandre ne disposait pas alors d’un sanctoral très étoffé. Les grands monastères de l’Escaut se réclamaient tous d’un même fondateur, saint Amand († après 674/675), dont le tombeau se trouvait à Elnone et l’autorité épiscopale, susceptible d’entretenir et d’encourager le culte des saints, était discrète dans la région pour la simple et bonne raison que le diocèse de Tournai avait perdu son évêque au viie siècle pour être rattaché à Noyon. Tout ceci explique les succès que rencontra la « politique des reliques » des premiers comtes de Flandre.

    14Le comte se soucia de remettre à l’honneur les cultes locaux, en particulier celui du Breton Winnoc, mais l’origine du saint a assurément peu compté dans ce choix. Le culte de Winnoc, fondateur de la petite cella de Wormhout, s’était développé au viiie siècle dans un contexte proprement flamand en grande partie entraîné par celui de saint Bertin à Sithiu. Le 30 décembre 899, le comte Baudouin II fut à l’origine de la translation des reliques de Winnoc à Bergues (à quelques kilomètres au nord de Wormhout) où il avait établi une place forte vraisemblablement destinée à contrer la menace que les Normands faisaient continuellement peser sur le littoral. Un privilège royal serait ensuite venu confirmer ces dispositions32. Cette première initiative connut d’importants développements puisque les comtes multiplièrent par la suite les fondations de castra accueillant des reliques de saints honorées par des communautés canoniales. Points d’appui « administratifs » de l’autorité comtale, ceux-ci apportaient la sécurité tant matérielle que spirituelle aux populations locales.

    15Une quarantaine d’années plus tard, l’occasion fut donnée au comte Arnoul Ier de s’intéresser à un autre saint breton nommé Gudwal. Les circonstances de la translation de ses reliques au monastère du Mont-Blandin de Gand sont brièvement présentées dans un légendier du xe siècle où Gudwal est d’ailleurs cité avec le titre de roi33. Elles sont plus longuement développées dans la Vie de saint Bertulphe de Renty, un texte composé dans ce même établissement à la fin du xie siècle à partir de sources variées dont un libellus précisant les péripéties qui entourèrent cette translation34. À la fin des années 930, le comte Arnoul et l’évêque Wicfrid de Thérouanne auraient mis en échec les projets d’un trafiquant de reliques nommé Electus, quidam Britannia oriundus, qui avait rassemblé son butin à proximité du port de Boulogne, sans doute à Audinghem situé à quelques kilomètres au Nord, afin de le faire passer en Angleterre où il devait ensuite être vendu à prix d’or au roi Aethelstan de Wessex (f 939). Dans le lot de reliques découvert, se trouvaient celles d’un saint du Ternois, Bertulphe de Renty, ainsi que le corps de l’évêque Gudwal, alta Britonumprosapia ortus, dont il est précisé qu’ils avaient été dérobés à Montreuil. On ignore tout des développements de ce culte en Bretagne, à l’embouchure de la rivière d’Etel dans le Morbihan, avant le xie siècle et il est ainsi impossible de savoir dans quelles circonstances ces reliques s’étaient retrouvées là, mais on ne peut naturellement manquer de les mettre en rapport avec la présence des moines de Landévennec à Montreuil quelques décennies plus tôt. Une fois récupérées par Arnoul Ier et Wicfrid, les reliques des deux saints furent déposées à Harelbeke, près de Courtrai, puis emportées au monastère du Mont-Blandin un 3 décembre sous l’abbatiat de Gérard de Brogne, donc entre 941 et 953.

    16Si les comtes de Flandre eurent l’occasion de s’intéresser à ces deux saints bretons, il ne fait cependant aucun doute que cet intérêt n’était en rien motivé par leur origine et que le hasard fut ici déterminant. Tout autres sont cependant les raisons qui conduisirent Arnoul Ier à mettre la main sur les reliques des premiers saints de Fontenelle, Wandrille, Ansbert et peut-être Vulfran dont la translation solennelle de Boulogne à Saint-Pierre au Mont-Blandin à Gand eut lieu entre le 22/23 août et le 3 septembre 94435. Ce qu’il était advenu des reliques et de la communauté de Fontenelle depuis la fin du ixe siècle reste obscur et l’on imagine volontiers qu’après leur séjour à Chartres en 885-886, elles avaient subsisté vaille que vaille à Boulogne dans les premières décennies du xe siècle36. Dans la seconde moitié du xe siècle en tout cas, Wandrille, Ansbert et Vulfran furent vite considérés comme les saints patrons les plus prestigieux du Mont-Blandin. Dans le diplôme adressé en 977 aux moines de Saint-Pierre, Otton II rappelle en effet que leur établissement, « fondé à l’origine près du fleuve de l’Escaut par le pontife Amand de sainte mémoire, construit et consacré en l’honneur des très saints apôtres Pierre et Paul », conservait alors « les illustres confesseurs du Christ, le saint abbé Wandrille, les glorieux archevêques Ansbert et Vulfran en compagnie de la bienheureuse vierge Amelberge ainsi que les reliques de nombreux saints37 ». La promotion des reliques des saints de Fontenelle à Gand est loin d’être le fruit du hasard. Trois raisons, géopolitique, dynastique et économique, expliquent le prix qu’elles avaient aux yeux du comte Arnoul Ier.

    17La première tient à la rivalité exacerbée entre les principautés flamande et normande dans les années 930 et 940 alors que l’expansion de la Flandre vers le Sud rencontrait une ferme résistance normande. En 939, Arnoul Ier fut mis en échec devant Montreuil défendue par le comte Herluin et Guillaume Longue Epée. Les tensions culminèrent à la fin de l’année 942 puisqu’Arnoul Ier est soupçonné d’avoir alors personnellement commandité l’assassinat du comte de Normandie38. On peut alors se demander si la captation de saints « normands » prestigieux n’était pas une manière de poursuivre le conflit sur un plan spirituel et d’affirmer par d’autres moyens la supériorité flamande. Cette interprétation permet de comprendre l’action du comte en d’autres circonstances : une fois maître de Montreuil et de ses environs en 951, Arnoul s’empara des reliques des saints Valéry et Riquier, patrons des deux monastères les plus prestigieux de la région situés de part et d’autre de l’estuaire de la Somme. Celles-ci furent apportées à Saint-Bertin — qualifié au xiie siècle par Hariulf de Saint-Riquier de locus fidentior — les 24 et 29 août 9 5 239.

    18Mais Wandrille n’était pas simplement le patron d’une grande abbaye, si prestigieuse fût-elle. Depuis le début du ixe siècle, on attribuait en effet au fondateur de Fontenelle une origine illustre, en prétendant que le père du saint, nommé Waltchise, était l’oncle paternel du maire du palais Pépin Ier40. Or, dans le courant du xe siècle, la dynastie comtale flamande tirait précisément une grande partie de sa légitimité de son ascendance carolingienne. Au début des années 860, le comte Baudouin Ier, grand-père d’Arnoul, avait en effet enlevé puis épousé Judith, fille de Charles le Chauve, dans des conditions rocambolesques, ce qui lui avait permis d’atteindre le cercle étroit de la très haute aristocratie franque et, ainsi, de contester aux fils du marquis Evrard de Frioul († avant 866), gendre de Louis le Pieux, les principaux honores de la région41. Copiée entre 959 et 960 par le prêtre Witger, la généalogie de la famille comtale est construite en deux parties : la descendance de Baudouin Ier et Judith est précédée d’une longue présentation de la famille pippinide et carolingienne (jusqu’aux enfants de Charles le Simple) et le nom de Wandrille apparaît alors dans les premières lignes42. C’est aussi à Saint-Bertin que l’on conservait un dossier extrêmement complet de textes relatifs à saint Ansbert et à saint Wandrille (dont les Miracula évoqués plus haut) copié à la même époque ; il est difficile de savoir si ce libellus a été composé à Sithiu même où s’il provient d’un scriptorium voisin que l’on serait naturellement tenté de localiser à l’abbaye du Mont-Blandin43. Il témoigne en tout cas d’un vif intérêt pour saint Wandrille indéniablement inspiré par les considérations dynastiques que nous avons évoquées.

    19En outre, cet intérêt pour le saint n’était pas étranger à l’étendue de son patrimoine, c’est-à-dire aux possessions que les moines de Fontenelle avaient progressivement rassemblées depuis le milieu du viie siècle. Une notice conservée dans le second Liber traditionum de l’abbaye gantoise du Mont-Blandin donne à l’abbé Womar, successeur de Gérard de Brogne à la tête de l’établissement après 953, le titre étonnant d’abbé de la congrega-tio sancti Wandregisili. Pour Hans van Werveke, que nous suivons volontiers, cette congregatio ne regroupait plus des moines de Fontenelle : parmi ceux qui avaient quitté le monastère au milieu du ixe siècle, aucun ne pouvait être encore en vie à cette date. Cette congregatio désignerait alors une reconstitution fictive de la communauté (puisque les souscripteurs sont tous des moines gantois) disposant des biens de Fontenelle (c’est l’objet de l’acte qui donne à cens un vignoble situé au Pecq) à l’avantage de moines blandiniens qui possédaient les reliques des saints44. Au xie siècle, le long récit de l’invention des reliques de saint Vulfran se fait aussi l’écho de cette tentative de récupération en rappelant que, déjà, Gérard de Brogne avait cherché à mettre la main sur une partie du temporel de Fontenelle — dont le domaine de Rivecourt en Beauvaisis — avant que ne fût entreprise une éphémère restauration de la communauté de Saint-Wandrille par son disciple Mainard dans les années 96045. Le devenir de certaines propriétés de Fontenelle situées au nord de la Somme confirme que le temporel de l’abbaye était à la même époque convoité par le comte et les moines flamands et qu’ils finirent par arriver à leur fin : en 962, le domaine du Wast est tenu par un vassal du comte de Flandre, nommé Hugues ; cette propriété est ensuite attestée comme bien des comtes de Boulogne. En 1038, le domaine de Bloville apparaît dans la confirmation des biens de l’abbaye du Mont-Blandin faite par le roi Henri Ier46.

    ***

    20Bref, « Normands » et Bretons ont assurément participé à l’enracinement du christianisme dans les régions littorales situées entre la Somme et l’Escaut à l’époque mérovingienne. On a dit les liens tissés dès cette époque entre le diocèse de Thérouanne et l’abbaye de Fontenelle. Dans ces conditions, il n’est pas étonnant que ces relations aient pu être « réactivées » par la suite au gré des circonstances : on l’observe avec les voyages des reliques de Wandrille et d’Ansbert en Ternois et en Boulonnais au ixe siècle, l’installation des Bretons de Landévennec à Montreuil au début du xe siècle et plus tard avec la participation de ces saints dans la construction de l’identité religieuse du comté. Il reste néanmoins difficile de parler de convergences ou de rivalités des uns et des autres dans cette région, mais puisqu’il faut bien, en conclusion, prendre position dans le débat qui nous a été soumis par les organisateurs du colloque, il suffit de constater que le culte des saints Bretons connut une diffusion restreinte que l’on ne peut guère comparer au succès de celui d’Omer, Bertin, Wandrille et Ansbert, tous « Normands » avant l’heure.

    Notes de bas de page

    1 Cassard J.-C., Les Bretons et la mer au Moyen Âge. Des origines au milieu du xive siècle, Rennes, 1998 ; Lebecq S., « La Neustrie et la mer », La Neustrie. Les pays au nord de la Loire de 650 à 850, Atsma H. (dir.), Sigmaringen, 1989, t. 1, p. 405-439 ; merdrignac B., « Bretons et Irlandais en France du Nord (vie-viiie siècles) », Ireland and Northern France AD 600-850, Picard J.-M. (dir.), Dublin, 1991, p. 119-142.

    2 Pour tout ce qui suit, le lecteur trouvera davantage de précisions dans Mériaux C., « Thérouanne et son diocèse jusqu’à la fin de l’époque carolingienne. Les étapes de la christianisation d’après les sources écrites », Bibliothèque de l’École des chartes, 158, 2000, p. 377-406.

    3 Vita Audomari, Bertini et Winnoci, Levison W. (éd.), Monumenta Germaniae historica [désormais MGH], Scriptores rerum merowingicarum [désormais SRM], V, Hanovre/Leipzig, 1910, p. 753-775, c. 1, p. 754 : « in Constantinense regione nec longa a Constantia civitate et in eo specialiter loco, quae Aurea Vallis vocatur » ; sur cette identification, voir Picard J.-M., « L’Irlande et la Normandie avant les Normands (viie-ixe siècles) », Annales de Normandie, 47, 1997, p. 3-24 aux p. 6-8 et infra, n. 19-24.

    4 Vita Audomari..., op. cit., c. 9, p. 758-759 : « de predicta Constantinense regione tres una cum mente viri, Mummolinus, Ebertramnus sanctusque Bertinus, periter venerunt ».

    5 Die Urkunden der Merowinger, Brühl C., Kölzer Th. (éd.), MGH, Diplomata regum Francorum e stirpe merovingica, Hanovre, 2001, t. 1, p. 260-261 (n° 101) : « Similiter dedit Bertinus abba memorato domno Mommolino abbati vel episcopo porcione sua de villa noncupante Uausune in pago Constantino ad integrum, quem de illustri viro Agulfo pro alia villa Franciliaco in concambio accepit » ; cet échange, qui est nécessairement postérieur à la nomination de Mommelin sur le siège de Noyon (661), est connu par une fausse confirmation de Clotaire III (663) forgée pour garantir les biens acquis par Sithiu (cf. Kölzer Th., Merowingerstudien I, Hanovre, 1998, p. 111-117) ; il n’y a donc pas lieu de soupçonner l’échange lui-même.

    6 Vita Wandregisili, Krusch B. (éd.), MGH, SRM, V, Hanovre/Leipzig, 1910, p. 13-24, c. 13, p. 19 ; il faut donc corriger ce que j’ai écrit avec la plus grande distraction dans Mériaux Ch., « Gallia irra-diata. » Saints et sanctuaires dans le nord de la Gaule du haut Moyen Âge, Stuttgart, 2006, p. 70 et 112. - Sur les textes hagiographiques produits par les moines de Fontenelle, voir désormais Howe J., « The hagiography of Saint-Wandrille (Fontenelle) (Province of Haute Normandie) (Sources hagiographiques de la Gaule VIII) », Heinzelmann M. (dir.), L’hagiographie du haut Moyen Âge en Gaule du Nord. Manuscrits, textes et centres de production, Stuttgart, 2001, p. 127-192.

    7 Aigrade, Vita Ansberti, Levison W. (éd.), MGH, SRM, V, Hanovre/Leipzig, 1910, p. 618-641, c. 3, p. 621 et c. 8, p. 625.

    8 Gesta sanctorum patrum coenobii Fontanellensis, Pradié P. (éd. et trad.), Chronique des abbés de Fontenelle, Paris, 1999, II, 1, p. 26.

    9 Ibidem, XII, 2, p. 136.

    10 Vita Audomari..., op. cit., c. 22, p. 770 : « quatuor religiosi viri ex longe remota Brittonum terra » ; sur les premiers temps de Wormhout, voir Mériaux C., « Gallia irradiata »..., op. cit., p. 341 ; la communauté gagna Bergues à l’extrême fin du ixe siècle : voir infra n. 32.

    11 Vita Judoci, Le Bourdellès H. (éd. et trad.), « Vie de saint Josse avec commentaire historique et spirituel », Studi medievali, 34, 1993, p. 916-934 (spéc. c. 15, p. 926 pour la mention des deux nepotes de Josse). — Sur la présence de la communauté des moines de Landévennec à Montreuil, voir infra, n. 25-30.

    12 Vita Winnoci secunda, Mabillon J. (éd.), Acta Sanctorum [désormais AA SS] Ordinis sancti Benedicti, Paris, 1672, p. 301-314, aux p. 302-303 ; sur cette Vie composée au milieu du xie siècle, voir Huyghebaert N, « La ‘vita secunda s. Winnoci’ restituée à l’hagiographie gantoise », Revue bénédictine, 81, 1971, p. 216-258.

    13 Vita Richarii, Krusch B. (éd.), MGH, SRM, VII, Hanovre, 1919, p. 444-453, c. 2, p. 445 ; Merdrignac B., « Bretons et Irlandais... », op. cit, p. 135-136.

    14 Lebecq S., « La Neustrie et la mer », op. cit.

    15 Wood I., The Merovingian Kingdoms (450-751), Londres/New-York 1994, p. 176-180.

    16 Mériaux Ch., « Gallia irradiata »..., op. cit., p. 57-59 (avec références).

    17 Ibidem, p. 112-117 et toujours Lot F., Étude critique sur l’abbaye de Saint-Wandrille, Paris, 1913, p. XXX-XL. — Le problème de la localisation de cette église Saint-Pierre ne nous intéresse pas directement ici : F. Lot (ibidem., p. XXXIII, n. 2) pensait à une église du monastère de Saint-Josse ; plus récemment H. Le Bourdellès, suivi par S. Lebecq et J. Le Maho, l’ont identifiée avec l’église de Montreuil-sur-Mer mentionnée en 1042 dans un acte d’Henri Ier ; J. Dhondt et H. Van Verweke, prudents, ont préféré ne pas se prononcer.

    18 Miracula sancti Wandregisili, van den Bosch P (éd.), AA SS Julii, V, Anvers 1727, p. 281-290, c. 43, p. 289 : « Praedium est in pago Pontivo, uocabulo Agrona, de quo femina quaedam, a spiritu erratico nimium possessa, ad monasterium Sancti Judoci a propinquis suis curanda perducta est. Cumque per aliquot dies ibidem moraretur, et ejus differretur curatio, visum est his, qui eam illo perduxerant, ad basilicam Sancti Petri, ubi sanctorum confessorum corpora seruabantur, deduci, quod factum esse constat die VIII iduum iuliarum. Que cum ibidemper septem moraretur dies, voces confusas ac terribiles emittebat, et per os ejus multa nefanda spiritus nequam promebat ; ut nulli dubium esset, quin is ipse per eam loqueretur, qui et inuasam tenebat. Octavo autem die postquam illo aduenerat, id est, idus iulii, largiente Christo, per merita confessorum expulso demone, et recepta sospitate, pro conlata sibi sanitate nomen Domini glorificans, perfecte curata ad propria est regressa. » ; sur ces Miracula, voir désormais Howe J., « The Hagiography of Saint-Wandrille... », op. cit, p. 171-189 et infra n. 43 sur le plus ancien témoin, aujourd’hui Saint-Omer, Bibl. mun., ms 764 du xe siècle.

    19 Folcard de Saint-Bertin, Vita Bertini, Stilting J. (éd.), AA SS Septembris, II, Anvers, 1748, p. 604-613, I, 7, p. 605 : « Beatus puer generosa progenitorum stirpe ortus traditur in Constantiae finibus, quam Rhenus subterfluens, sub ejusdem urbis muros in Apothamo lacu ferme tribus stagnatur milibus : quae hinc e vicino Baioariam, illinc Burgundiam, ab australo autem Alpina suspicit juga. »

    20 Vita Mummolini, éd. Catalogus codicum hagiographicorum Bibliothecae regiae Bruxellensis, I-2, Bruxelles, 1889, p. 529-530, c. 1, p. 529 ; sur ce texte, voir van der Essen L., Étude critique et littéraire sur les vitae des saints mérovingiens de l’ancienne Belgique, Louvain/Paris, 1907, p. 375-384.

    21 De Pas J., « Sur l’origine normande de saint Omer et de ses compagnons », Bulletin de la Société des antiquaires de Morinie, 14, 1922-1929, p. 239-256.

    22 Saint-Omer, bibl. mun., ms 153, fol. 1v ; éd. et comm. Delisle L., « Note sur un fragment d’un Liber confraternitatum de l’église de Saint-Bertin », Bibliothèque de l’École des chartes, 60, 1899, p. 215-227 ; Die alten Monchslisten und die Traditionen von Corvey, Honselmann K. (éd.), t. 1, Paderborn, 1982, p. 12-14.

    23 Libri confraternitatum Sancti Galli, Augiensis, Fabariensis, Piper P. (éd.), Hanovre, 1884 (MGH, Necrologia Germaniae), p. 127-128.

    24 Bruxelles, Bibl. royale, ms 8518-8520.

    25 Voir supra n. 17 ; sur les origines de Montreuil, Lestocquoy J., « Les origines de Montreuil-sur-Mer », Revue du Nord, 30, 1948, p. 184-196 et Le Bourdellès H., « Les problèmes linguistiques de Montreuil-sur-Mer : les origines de la ville à travers ses noms successifs », Revue du Nord, 63, 1981, p. 947-960, en attendant la publication des actes du colloque « Quentovic, un grand port européen à l’aube du Moyen Âge » (11-13 mai 2006).

    26 J’écarte de la discussion l’acte, daté de 1000, par lequel l’abbé Rameric de Saint-Saulve de Montreuil confie au comte de Hesdin l’avouerie du village de Cavron et dont l’exposé rappelle qu’elle aurait été donnée aux moines bretons réfugiés à Montreuil par le comte Helgaud ; R. Fossier s’est toutefois demandé si cette charte, indéniablement fausse, n’aurait pas pris modèle sur « la carcasse d’un acte disparu » : Fossier R., « L’acte faux de Raméric », Retour aux sources. Textes, études et documents offerts Michel Parisse, Paris, 2004, p. 121-127 avec éd. de l’acte p. 126-127.

    27 Cartulaire de l’abbaye de Landevenec, De la Borderie A. (éd.), Rennes, 1888, p. 154-155 ; sur cet acte, voir Latouche R., « L’abbaye de Landevennec et la Cornouaille aux ixe et xe siècles », Le Moyen Âge, 65, 1959, p. 1-26 aux p. 19-21 ; IDEM, Mélanges d’histoire de Cornouaille, Paris, 1911, p. 67 pour l’ajout de la date de 954 par le rédacteur du cartulaire ; et, plus récemment, Guillotel H., « L’exode du clergé breton devant les invasions scandinaves », Mémoires de la Société d’histoire et d’archéologie de Bretagne, 59, 1982, p. 269-315, à la p. 284, n. 84.

    28 Recueil des historiens des Gaules et de la France, Delisle L. (éd.), XI, Paris, 1876, p. 574-576, à la p. 574 ; Guillotel H., « L’exode du clergé breton... », op. cit., p. 283-284.

    29 Ibidem, p. 284.

    30 Le Bourdellès H., « Les Bretons à Montreuil-sur-Mer vers 920. Leur création culturelle », Bulletin de la Société nationale des antiquaires de France, 1995, p. 44-52 à la p. 44 ; sur saint Idunet, voir toujours Latouche R., Mélanges..., op. cit., p. 41-46.

    31 Bozóky E., « La politique des reliques des premiers comtes de Flandre (fin du ixe — fin du xie siècle) », eadem. et Helvétius A.-M. (dir.), Les reliques. Objets, cultes, symboles, Turnhout, 1999, p. 271-292 ; Mériaux Ch., « Gallia irradiata »..., op. cit., p. 220-228 ; sur la réforme de Gérard, Dierkens A., Abbayes et chapitres entre Sambre et Meuse (viie-xie siècles). Contribution à l’histoire religieuse des campagnes du haut Moyen Âge, Sigmaringen, 1985, p. 229-247 et Misonne D., « Gérard de Brogne et sa dévotion aux reliques », Sacris erudiri, 25, 1982, p. 1-26.

    32 Miracula Winnoci, Levison W. (éd.), MGH, SRM, V, Hanovre/Leipzig, 1910, p. 780-786, c. 5-6, p. 782 ; sur ce texte, voir Huyghebaert N., « L’abbé Rumold de Bergues, auteur de la Vie interpolée de s. Winnoc ? », Revue d’histoire ecclésiastique, 68, 1973, p. 5-28 ; sur les premiers temps de Bergues, voir Mériaux Ch., « Gallia irradiata »..., op. cit., p. 252 et surtout Meijns B., Aken of Jeruzalem ? Het ontstaan en de hervorming van de kanonikale instellingen in Vlaanderen tot circa 1155, Leuven, 2000, t. 1, p. 326-332.

    33 La Haye, Bibl. royale, ms 70H50, fol. 97r-97, éd. Analecta Bollandiana, 6, 1887, p. 206 : « Qui [= Bertulfus] primo de suo loco propter paganos Bolonia civitate translatus nuper ab Arnulfo comite Gandavo in ecclesia Sancti Petri III nonas Decembris relatus et honorifice conditus est. Eodem die similiter corpus beatissimi Guthunali Brittanorum regis et confessoris. »

    34 Vita Bertulphi, Holder-Egger O. (éd. partielle), MGH, Scriptores, XV-2, Hanovre, 1888, p. 633-641, c. 24-30, p. 635-637 ; sur ce texte, Huyghebaert N., « La consécration de l’église abbatiale de Saint-Pierre de Gand (975) et les reliques de saint Bertulfe de Renty », Corona gratiarum. Miscellanea patristica, historica et liturgica Eligio Dekkers o.s.b. XII lustra complenti oblata, Bruges/La Haye, 1975, p. 129-141, aux p. 135-136 et IDEM., « Le Sermo de adventu ss. Gudwali et Bertulfi. Edition et étude critique », Sacris erudiri, 24, 1980, p. 87-113 (qui montre que le texte conservé sous ce nom n’est pas le libellus sur lequel se fonde l’auteur de la Vita Bertulphi, mais un texte composé à partir de celle-ci dans les années 1130, peu de temps avant la rédaction de la Vita Gudwali ; tous ces écrits sont issus du scriptorium blandinien). - Sur l’épisode du vol des reliques de Bertulphe et Gudwal, voir aussi Geary P.-J., Le vol des reliques au Moyen Âge, trad. française Paris, 1993, p. 82-83 et Cassard J.- C., « En marge des incursions vikings », Annales de Bretagne et des Pays de l’Ouest, 98-3, 1991, p. 261-272, aux p. 265-270.

    35 Les péripéties de ce voyage se lisent aujourd’hui dans un sermon composé à Saint-Pierre de Gand au xiie siècle à partir d’un récit contemporain : Huyghebaert N. (éd.), Une translation de reliques à Gand en 944, Bruxelles, 1978.

    36 Le recueil des Miracula s’achève, en effet, par le récit d’un miracle à Boulogne (op. cit., c. 52, p. 290) ; sur tout ceci Van Werveke H., « Saint-Wandrille et Saint-Pierre de Gand (ixe-xe siècle) », Miscellanea mediaevalia in memoriam Jan Frederick Niermeyer, Groningue, 1967, p. 79-92 et, plus récemment, Le Maho J., « La dispersion des bibliothèques du diocèse de Rouen au temps des invasions normandes : autour d’un manuscrit carolingien anciennement conservé à la Sainte-Trinité de Fécamp », Tabularia, 4, 2004, p. 61-78, aux p. 71-75.

    37 Diplomata belgica ante annum millesimum centesimum scripta, Gysseling M., Koch A. C. F. (éd.), Bruxelles, 1950, n° 66, p. 167 : « Blandinense coenobium, propter fluenta Scaldis fluminis a sanctae recordationis pontifice Amando in primitus fundatum et in honore beatissimorum apostolorum Petri ac Pauli constructum et consecratum, in quo ad praesens incliti confessores Christi sanctus Wandregisilus abbas, gloriosi archypraesules Ansbertus et Vulframnus cum beata virgine Amalberga multisque sanctorum requiescunt pignoribus. »

    38 Bauduin P., La première Normandie (xe-xie siècles). Sur les frontières de la haute Normandie : identité et construction d’une principauté, Caen, 2004, p. 148-161.

    39 Chronique de l’abbaye de Saint-Riquier (ve siècle — 1104), Lot F. (éd.), Paris, 1904, l. III, c. 22, p. 150-152 ; Folcuin, Gesta abbatum Sithiensium, Holder-Egger O. (éd.), MGH, Scriptores, XIII, Hanovre, 1881, p. 606-635, c. 108, p. 630 ; BozÓky E., « Le recouvrement des reliques des saints Valéry et Riquier par Hugues Capet », Buschinger D. (dir.), Saint Riquier à Saint-Riquier, Amiens, 2001, p. 1-13.

    40 Gesta..., op. cit., I, 2, p. 4 ; Vacandard E., « Saint-Wandrille était-il apparenté aux rois mérovingiens et aux rois carolingiens ? », Revue des questions historiques, 67, 1900, p. 214-228.

    41 Sur tout ceci, voir désormais Joye S., « Le rapt de Judith par Baudoin de Flandre (862) : un clinamen sociologique ? », Bougard F., Feller L. et Le Jan R. (dir.), Les élites au haut Moyen Âge. Crises et renouvellements, Turnhout, 2006, p. 361-379 et toujours Grierson Ph., « La maison d’Evrard de Frioul et les origines du comté de Flandre », Revue du Nord, 24, 1938, p. 241-266.

    42 Saint-Omer, Bibl. mun., ms 776, fol. 33r-35v ; éd. Bethmann L., MGH, Scriptores, IX, Hanovre 1851, p. 302-304 ; Freise E., « Die Genealogia Arnulfis comitis des Priesters Witger », Frühmittelalterliche Studien, 23, 1989, p. 203-243, spéc. p. 238-239 pour l’identification de Witger avec un clerc de la chapelle comtale et non de Saint-Corneille de Compiègne comme on l’écrit habituellement.

    43 Saint-Omer, Bibl. mun., ms 764, fol. 1r-78r ; description dans Poulin J.-Cl., « Les libelli dans l’édition hagiographique avant le xiie siècle » Livrets, collections et textes. Étude sur la tradition hagiographique latine, Heinzelmann M. (dir.), Ostfildern, 2006, p. 15-193, aux p. 158-159. - Sur Saint-Bertin et le Mont-Blandin comme lieux de célébration de la mémoire dynastique, voir désormais Declercq G., « Entre mémoire dynastique et représentation politique : les sépultures des comtes et comtesses de Flandre (879-1128) », Sépulture, mort et représentation du pouvoir au Moyen Âge. Tod, Grabmal und Herrschaftsreprâsentation im Mittelalter, Margue M. (éd.), Luxembourg, 2006, p. 321-372.

    44 Liber traditionum Sancti Petri Blandiniensis, Fayen A. (éd.), Gand, 1906, n° 88, p. 87-88 ; Werveke H., « Saint-Wandrille... », op. cit., p. 82-87 qui est aussi une discussion de l’étude, importante pour notre propos, de Dom Jean Laporte, « Gérard de Brogne à Saint-Wandrille et à Saint-Riquier », Revue bénédictine, 70, 1960, p. 142-166.

    45 Inventio et miracula sancti Vulfranni, Laporte J. (éd.), Rouen, 1938, c. 9-16, p. 28-35 ; l’Inventio, composée en 1053-1054, semble néanmoins être une source « valuable and trustworthy » selon Van Houts E., « Historiography and hagiography at Saint-Wandrille : the Inventio et Miracula sancti Vulframni », Anglo-Norman Studies, 12, 1989, Woodbridge, 1990, p. 233-251 ; sur l’activité de Gérard à Saint-Wandrille connue par ce seul texte, voir Laporte J., « Gérard de Brogne... », op. cit, p. 154-157 (Gérard) et p. 161-164 (réforme introduite par Mainard) ainsi que Le Maho J., « La dispersion des bibliothèques. », op. cit, p. 71.

    46 Werveke H., « Saint-Wandrille... », op. cit., p. 85 ; Mériaux Ch., « Gallia irradiata »..., op. cit., p. 255 (Bloville) et 339 (Le Wast). — Au terme de cette étude, il m’est agréable de remercier les organisateurs du colloque de Cerisy, Joëlle Quaghebeur, Pierre Bouet et François Neveux ainsi que les collègues qui m’ont aidé à préciser certains points, en particulier Véronique Gazeau, Jacques Le Maho et Jean-Michel Picard.

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    • Charles Mériaux
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    1 Cassard J.-C., Les Bretons et la mer au Moyen Âge. Des origines au milieu du xive siècle, Rennes, 1998 ; Lebecq S., « La Neustrie et la mer », La Neustrie. Les pays au nord de la Loire de 650 à 850, Atsma H. (dir.), Sigmaringen, 1989, t. 1, p. 405-439 ; merdrignac B., « Bretons et Irlandais en France du Nord (vie-viiie siècles) », Ireland and Northern France AD 600-850, Picard J.-M. (dir.), Dublin, 1991, p. 119-142.

    2 Pour tout ce qui suit, le lecteur trouvera davantage de précisions dans Mériaux C., « Thérouanne et son diocèse jusqu’à la fin de l’époque carolingienne. Les étapes de la christianisation d’après les sources écrites », Bibliothèque de l’École des chartes, 158, 2000, p. 377-406.

    3 Vita Audomari, Bertini et Winnoci, Levison W. (éd.), Monumenta Germaniae historica [désormais MGH], Scriptores rerum merowingicarum [désormais SRM], V, Hanovre/Leipzig, 1910, p. 753-775, c. 1, p. 754 : « in Constantinense regione nec longa a Constantia civitate et in eo specialiter loco, quae Aurea Vallis vocatur » ; sur cette identification, voir Picard J.-M., « L’Irlande et la Normandie avant les Normands (viie-ixe siècles) », Annales de Normandie, 47, 1997, p. 3-24 aux p. 6-8 et infra, n. 19-24.

    4 Vita Audomari..., op. cit., c. 9, p. 758-759 : « de predicta Constantinense regione tres una cum mente viri, Mummolinus, Ebertramnus sanctusque Bertinus, periter venerunt ».

    5 Die Urkunden der Merowinger, Brühl C., Kölzer Th. (éd.), MGH, Diplomata regum Francorum e stirpe merovingica, Hanovre, 2001, t. 1, p. 260-261 (n° 101) : « Similiter dedit Bertinus abba memorato domno Mommolino abbati vel episcopo porcione sua de villa noncupante Uausune in pago Constantino ad integrum, quem de illustri viro Agulfo pro alia villa Franciliaco in concambio accepit » ; cet échange, qui est nécessairement postérieur à la nomination de Mommelin sur le siège de Noyon (661), est connu par une fausse confirmation de Clotaire III (663) forgée pour garantir les biens acquis par Sithiu (cf. Kölzer Th., Merowingerstudien I, Hanovre, 1998, p. 111-117) ; il n’y a donc pas lieu de soupçonner l’échange lui-même.

    6 Vita Wandregisili, Krusch B. (éd.), MGH, SRM, V, Hanovre/Leipzig, 1910, p. 13-24, c. 13, p. 19 ; il faut donc corriger ce que j’ai écrit avec la plus grande distraction dans Mériaux Ch., « Gallia irra-diata. » Saints et sanctuaires dans le nord de la Gaule du haut Moyen Âge, Stuttgart, 2006, p. 70 et 112. - Sur les textes hagiographiques produits par les moines de Fontenelle, voir désormais Howe J., « The hagiography of Saint-Wandrille (Fontenelle) (Province of Haute Normandie) (Sources hagiographiques de la Gaule VIII) », Heinzelmann M. (dir.), L’hagiographie du haut Moyen Âge en Gaule du Nord. Manuscrits, textes et centres de production, Stuttgart, 2001, p. 127-192.

    7 Aigrade, Vita Ansberti, Levison W. (éd.), MGH, SRM, V, Hanovre/Leipzig, 1910, p. 618-641, c. 3, p. 621 et c. 8, p. 625.

    8 Gesta sanctorum patrum coenobii Fontanellensis, Pradié P. (éd. et trad.), Chronique des abbés de Fontenelle, Paris, 1999, II, 1, p. 26.

    9 Ibidem, XII, 2, p. 136.

    10 Vita Audomari..., op. cit., c. 22, p. 770 : « quatuor religiosi viri ex longe remota Brittonum terra » ; sur les premiers temps de Wormhout, voir Mériaux C., « Gallia irradiata »..., op. cit., p. 341 ; la communauté gagna Bergues à l’extrême fin du ixe siècle : voir infra n. 32.

    11 Vita Judoci, Le Bourdellès H. (éd. et trad.), « Vie de saint Josse avec commentaire historique et spirituel », Studi medievali, 34, 1993, p. 916-934 (spéc. c. 15, p. 926 pour la mention des deux nepotes de Josse). — Sur la présence de la communauté des moines de Landévennec à Montreuil, voir infra, n. 25-30.

    12 Vita Winnoci secunda, Mabillon J. (éd.), Acta Sanctorum [désormais AA SS] Ordinis sancti Benedicti, Paris, 1672, p. 301-314, aux p. 302-303 ; sur cette Vie composée au milieu du xie siècle, voir Huyghebaert N, « La ‘vita secunda s. Winnoci’ restituée à l’hagiographie gantoise », Revue bénédictine, 81, 1971, p. 216-258.

    13 Vita Richarii, Krusch B. (éd.), MGH, SRM, VII, Hanovre, 1919, p. 444-453, c. 2, p. 445 ; Merdrignac B., « Bretons et Irlandais... », op. cit, p. 135-136.

    14 Lebecq S., « La Neustrie et la mer », op. cit.

    15 Wood I., The Merovingian Kingdoms (450-751), Londres/New-York 1994, p. 176-180.

    16 Mériaux Ch., « Gallia irradiata »..., op. cit., p. 57-59 (avec références).

    17 Ibidem, p. 112-117 et toujours Lot F., Étude critique sur l’abbaye de Saint-Wandrille, Paris, 1913, p. XXX-XL. — Le problème de la localisation de cette église Saint-Pierre ne nous intéresse pas directement ici : F. Lot (ibidem., p. XXXIII, n. 2) pensait à une église du monastère de Saint-Josse ; plus récemment H. Le Bourdellès, suivi par S. Lebecq et J. Le Maho, l’ont identifiée avec l’église de Montreuil-sur-Mer mentionnée en 1042 dans un acte d’Henri Ier ; J. Dhondt et H. Van Verweke, prudents, ont préféré ne pas se prononcer.

    18 Miracula sancti Wandregisili, van den Bosch P (éd.), AA SS Julii, V, Anvers 1727, p. 281-290, c. 43, p. 289 : « Praedium est in pago Pontivo, uocabulo Agrona, de quo femina quaedam, a spiritu erratico nimium possessa, ad monasterium Sancti Judoci a propinquis suis curanda perducta est. Cumque per aliquot dies ibidem moraretur, et ejus differretur curatio, visum est his, qui eam illo perduxerant, ad basilicam Sancti Petri, ubi sanctorum confessorum corpora seruabantur, deduci, quod factum esse constat die VIII iduum iuliarum. Que cum ibidemper septem moraretur dies, voces confusas ac terribiles emittebat, et per os ejus multa nefanda spiritus nequam promebat ; ut nulli dubium esset, quin is ipse per eam loqueretur, qui et inuasam tenebat. Octavo autem die postquam illo aduenerat, id est, idus iulii, largiente Christo, per merita confessorum expulso demone, et recepta sospitate, pro conlata sibi sanitate nomen Domini glorificans, perfecte curata ad propria est regressa. » ; sur ces Miracula, voir désormais Howe J., « The Hagiography of Saint-Wandrille... », op. cit, p. 171-189 et infra n. 43 sur le plus ancien témoin, aujourd’hui Saint-Omer, Bibl. mun., ms 764 du xe siècle.

    19 Folcard de Saint-Bertin, Vita Bertini, Stilting J. (éd.), AA SS Septembris, II, Anvers, 1748, p. 604-613, I, 7, p. 605 : « Beatus puer generosa progenitorum stirpe ortus traditur in Constantiae finibus, quam Rhenus subterfluens, sub ejusdem urbis muros in Apothamo lacu ferme tribus stagnatur milibus : quae hinc e vicino Baioariam, illinc Burgundiam, ab australo autem Alpina suspicit juga. »

    20 Vita Mummolini, éd. Catalogus codicum hagiographicorum Bibliothecae regiae Bruxellensis, I-2, Bruxelles, 1889, p. 529-530, c. 1, p. 529 ; sur ce texte, voir van der Essen L., Étude critique et littéraire sur les vitae des saints mérovingiens de l’ancienne Belgique, Louvain/Paris, 1907, p. 375-384.

    21 De Pas J., « Sur l’origine normande de saint Omer et de ses compagnons », Bulletin de la Société des antiquaires de Morinie, 14, 1922-1929, p. 239-256.

    22 Saint-Omer, bibl. mun., ms 153, fol. 1v ; éd. et comm. Delisle L., « Note sur un fragment d’un Liber confraternitatum de l’église de Saint-Bertin », Bibliothèque de l’École des chartes, 60, 1899, p. 215-227 ; Die alten Monchslisten und die Traditionen von Corvey, Honselmann K. (éd.), t. 1, Paderborn, 1982, p. 12-14.

    23 Libri confraternitatum Sancti Galli, Augiensis, Fabariensis, Piper P. (éd.), Hanovre, 1884 (MGH, Necrologia Germaniae), p. 127-128.

    24 Bruxelles, Bibl. royale, ms 8518-8520.

    25 Voir supra n. 17 ; sur les origines de Montreuil, Lestocquoy J., « Les origines de Montreuil-sur-Mer », Revue du Nord, 30, 1948, p. 184-196 et Le Bourdellès H., « Les problèmes linguistiques de Montreuil-sur-Mer : les origines de la ville à travers ses noms successifs », Revue du Nord, 63, 1981, p. 947-960, en attendant la publication des actes du colloque « Quentovic, un grand port européen à l’aube du Moyen Âge » (11-13 mai 2006).

    26 J’écarte de la discussion l’acte, daté de 1000, par lequel l’abbé Rameric de Saint-Saulve de Montreuil confie au comte de Hesdin l’avouerie du village de Cavron et dont l’exposé rappelle qu’elle aurait été donnée aux moines bretons réfugiés à Montreuil par le comte Helgaud ; R. Fossier s’est toutefois demandé si cette charte, indéniablement fausse, n’aurait pas pris modèle sur « la carcasse d’un acte disparu » : Fossier R., « L’acte faux de Raméric », Retour aux sources. Textes, études et documents offerts Michel Parisse, Paris, 2004, p. 121-127 avec éd. de l’acte p. 126-127.

    27 Cartulaire de l’abbaye de Landevenec, De la Borderie A. (éd.), Rennes, 1888, p. 154-155 ; sur cet acte, voir Latouche R., « L’abbaye de Landevennec et la Cornouaille aux ixe et xe siècles », Le Moyen Âge, 65, 1959, p. 1-26 aux p. 19-21 ; IDEM, Mélanges d’histoire de Cornouaille, Paris, 1911, p. 67 pour l’ajout de la date de 954 par le rédacteur du cartulaire ; et, plus récemment, Guillotel H., « L’exode du clergé breton devant les invasions scandinaves », Mémoires de la Société d’histoire et d’archéologie de Bretagne, 59, 1982, p. 269-315, à la p. 284, n. 84.

    28 Recueil des historiens des Gaules et de la France, Delisle L. (éd.), XI, Paris, 1876, p. 574-576, à la p. 574 ; Guillotel H., « L’exode du clergé breton... », op. cit., p. 283-284.

    29 Ibidem, p. 284.

    30 Le Bourdellès H., « Les Bretons à Montreuil-sur-Mer vers 920. Leur création culturelle », Bulletin de la Société nationale des antiquaires de France, 1995, p. 44-52 à la p. 44 ; sur saint Idunet, voir toujours Latouche R., Mélanges..., op. cit., p. 41-46.

    31 Bozóky E., « La politique des reliques des premiers comtes de Flandre (fin du ixe — fin du xie siècle) », eadem. et Helvétius A.-M. (dir.), Les reliques. Objets, cultes, symboles, Turnhout, 1999, p. 271-292 ; Mériaux Ch., « Gallia irradiata »..., op. cit., p. 220-228 ; sur la réforme de Gérard, Dierkens A., Abbayes et chapitres entre Sambre et Meuse (viie-xie siècles). Contribution à l’histoire religieuse des campagnes du haut Moyen Âge, Sigmaringen, 1985, p. 229-247 et Misonne D., « Gérard de Brogne et sa dévotion aux reliques », Sacris erudiri, 25, 1982, p. 1-26.

    32 Miracula Winnoci, Levison W. (éd.), MGH, SRM, V, Hanovre/Leipzig, 1910, p. 780-786, c. 5-6, p. 782 ; sur ce texte, voir Huyghebaert N., « L’abbé Rumold de Bergues, auteur de la Vie interpolée de s. Winnoc ? », Revue d’histoire ecclésiastique, 68, 1973, p. 5-28 ; sur les premiers temps de Bergues, voir Mériaux Ch., « Gallia irradiata »..., op. cit., p. 252 et surtout Meijns B., Aken of Jeruzalem ? Het ontstaan en de hervorming van de kanonikale instellingen in Vlaanderen tot circa 1155, Leuven, 2000, t. 1, p. 326-332.

    33 La Haye, Bibl. royale, ms 70H50, fol. 97r-97, éd. Analecta Bollandiana, 6, 1887, p. 206 : « Qui [= Bertulfus] primo de suo loco propter paganos Bolonia civitate translatus nuper ab Arnulfo comite Gandavo in ecclesia Sancti Petri III nonas Decembris relatus et honorifice conditus est. Eodem die similiter corpus beatissimi Guthunali Brittanorum regis et confessoris. »

    34 Vita Bertulphi, Holder-Egger O. (éd. partielle), MGH, Scriptores, XV-2, Hanovre, 1888, p. 633-641, c. 24-30, p. 635-637 ; sur ce texte, Huyghebaert N., « La consécration de l’église abbatiale de Saint-Pierre de Gand (975) et les reliques de saint Bertulfe de Renty », Corona gratiarum. Miscellanea patristica, historica et liturgica Eligio Dekkers o.s.b. XII lustra complenti oblata, Bruges/La Haye, 1975, p. 129-141, aux p. 135-136 et IDEM., « Le Sermo de adventu ss. Gudwali et Bertulfi. Edition et étude critique », Sacris erudiri, 24, 1980, p. 87-113 (qui montre que le texte conservé sous ce nom n’est pas le libellus sur lequel se fonde l’auteur de la Vita Bertulphi, mais un texte composé à partir de celle-ci dans les années 1130, peu de temps avant la rédaction de la Vita Gudwali ; tous ces écrits sont issus du scriptorium blandinien). - Sur l’épisode du vol des reliques de Bertulphe et Gudwal, voir aussi Geary P.-J., Le vol des reliques au Moyen Âge, trad. française Paris, 1993, p. 82-83 et Cassard J.- C., « En marge des incursions vikings », Annales de Bretagne et des Pays de l’Ouest, 98-3, 1991, p. 261-272, aux p. 265-270.

    35 Les péripéties de ce voyage se lisent aujourd’hui dans un sermon composé à Saint-Pierre de Gand au xiie siècle à partir d’un récit contemporain : Huyghebaert N. (éd.), Une translation de reliques à Gand en 944, Bruxelles, 1978.

    36 Le recueil des Miracula s’achève, en effet, par le récit d’un miracle à Boulogne (op. cit., c. 52, p. 290) ; sur tout ceci Van Werveke H., « Saint-Wandrille et Saint-Pierre de Gand (ixe-xe siècle) », Miscellanea mediaevalia in memoriam Jan Frederick Niermeyer, Groningue, 1967, p. 79-92 et, plus récemment, Le Maho J., « La dispersion des bibliothèques du diocèse de Rouen au temps des invasions normandes : autour d’un manuscrit carolingien anciennement conservé à la Sainte-Trinité de Fécamp », Tabularia, 4, 2004, p. 61-78, aux p. 71-75.

    37 Diplomata belgica ante annum millesimum centesimum scripta, Gysseling M., Koch A. C. F. (éd.), Bruxelles, 1950, n° 66, p. 167 : « Blandinense coenobium, propter fluenta Scaldis fluminis a sanctae recordationis pontifice Amando in primitus fundatum et in honore beatissimorum apostolorum Petri ac Pauli constructum et consecratum, in quo ad praesens incliti confessores Christi sanctus Wandregisilus abbas, gloriosi archypraesules Ansbertus et Vulframnus cum beata virgine Amalberga multisque sanctorum requiescunt pignoribus. »

    38 Bauduin P., La première Normandie (xe-xie siècles). Sur les frontières de la haute Normandie : identité et construction d’une principauté, Caen, 2004, p. 148-161.

    39 Chronique de l’abbaye de Saint-Riquier (ve siècle — 1104), Lot F. (éd.), Paris, 1904, l. III, c. 22, p. 150-152 ; Folcuin, Gesta abbatum Sithiensium, Holder-Egger O. (éd.), MGH, Scriptores, XIII, Hanovre, 1881, p. 606-635, c. 108, p. 630 ; BozÓky E., « Le recouvrement des reliques des saints Valéry et Riquier par Hugues Capet », Buschinger D. (dir.), Saint Riquier à Saint-Riquier, Amiens, 2001, p. 1-13.

    40 Gesta..., op. cit., I, 2, p. 4 ; Vacandard E., « Saint-Wandrille était-il apparenté aux rois mérovingiens et aux rois carolingiens ? », Revue des questions historiques, 67, 1900, p. 214-228.

    41 Sur tout ceci, voir désormais Joye S., « Le rapt de Judith par Baudoin de Flandre (862) : un clinamen sociologique ? », Bougard F., Feller L. et Le Jan R. (dir.), Les élites au haut Moyen Âge. Crises et renouvellements, Turnhout, 2006, p. 361-379 et toujours Grierson Ph., « La maison d’Evrard de Frioul et les origines du comté de Flandre », Revue du Nord, 24, 1938, p. 241-266.

    42 Saint-Omer, Bibl. mun., ms 776, fol. 33r-35v ; éd. Bethmann L., MGH, Scriptores, IX, Hanovre 1851, p. 302-304 ; Freise E., « Die Genealogia Arnulfis comitis des Priesters Witger », Frühmittelalterliche Studien, 23, 1989, p. 203-243, spéc. p. 238-239 pour l’identification de Witger avec un clerc de la chapelle comtale et non de Saint-Corneille de Compiègne comme on l’écrit habituellement.

    43 Saint-Omer, Bibl. mun., ms 764, fol. 1r-78r ; description dans Poulin J.-Cl., « Les libelli dans l’édition hagiographique avant le xiie siècle » Livrets, collections et textes. Étude sur la tradition hagiographique latine, Heinzelmann M. (dir.), Ostfildern, 2006, p. 15-193, aux p. 158-159. - Sur Saint-Bertin et le Mont-Blandin comme lieux de célébration de la mémoire dynastique, voir désormais Declercq G., « Entre mémoire dynastique et représentation politique : les sépultures des comtes et comtesses de Flandre (879-1128) », Sépulture, mort et représentation du pouvoir au Moyen Âge. Tod, Grabmal und Herrschaftsreprâsentation im Mittelalter, Margue M. (éd.), Luxembourg, 2006, p. 321-372.

    44 Liber traditionum Sancti Petri Blandiniensis, Fayen A. (éd.), Gand, 1906, n° 88, p. 87-88 ; Werveke H., « Saint-Wandrille... », op. cit., p. 82-87 qui est aussi une discussion de l’étude, importante pour notre propos, de Dom Jean Laporte, « Gérard de Brogne à Saint-Wandrille et à Saint-Riquier », Revue bénédictine, 70, 1960, p. 142-166.

    45 Inventio et miracula sancti Vulfranni, Laporte J. (éd.), Rouen, 1938, c. 9-16, p. 28-35 ; l’Inventio, composée en 1053-1054, semble néanmoins être une source « valuable and trustworthy » selon Van Houts E., « Historiography and hagiography at Saint-Wandrille : the Inventio et Miracula sancti Vulframni », Anglo-Norman Studies, 12, 1989, Woodbridge, 1990, p. 233-251 ; sur l’activité de Gérard à Saint-Wandrille connue par ce seul texte, voir Laporte J., « Gérard de Brogne... », op. cit, p. 154-157 (Gérard) et p. 161-164 (réforme introduite par Mainard) ainsi que Le Maho J., « La dispersion des bibliothèques. », op. cit, p. 71.

    46 Werveke H., « Saint-Wandrille... », op. cit., p. 85 ; Mériaux Ch., « Gallia irradiata »..., op. cit., p. 255 (Bloville) et 339 (Le Wast). — Au terme de cette étude, il m’est agréable de remercier les organisateurs du colloque de Cerisy, Joëlle Quaghebeur, Pierre Bouet et François Neveux ainsi que les collègues qui m’ont aidé à préciser certains points, en particulier Véronique Gazeau, Jacques Le Maho et Jean-Michel Picard.

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    Mériaux, C. (2008). Bretons et « Normands » entre Somme et Escaut pendant le haut Moyen Âge. In B. Merdrignac & J. Quaghebeur (éds.), Bretons et Normands au Moyen Âge. Rennes: Presses universitaires de Rennes. https://doi.org/10.4000/books.pur.5684
    Mériaux, Charles. « Bretons et “Normands” entre Somme et Escaut pendant le haut Moyen Âge ». In Bretons et Normands au Moyen Âge, édité par Bernard Merdrignac et Joëlle Quaghebeur. Rennes: Presses universitaires de Rennes, 2008. doi:10.4000/books.pur.5684.
    Mériaux, Charles. « Bretons et “Normands” entre Somme et Escaut pendant le haut Moyen Âge ». Bretons et Normands au Moyen Âge, édité par Bernard Merdrignac et Joëlle Quaghebeur, Presses universitaires de Rennes, 2008, https://doi.org/10.4000/books.pur.5684.

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    Merdrignac, B., & Quaghebeur, J. (éds.). (2008). Bretons et Normands au Moyen Âge. Rennes: Presses universitaires de Rennes. https://doi.org/10.4000/books.pur.5678
    Merdrignac, Bernard, et Joëlle Quaghebeur, éd. Bretons et Normands au Moyen Âge. Rennes: Presses universitaires de Rennes, 2008. doi:10.4000/books.pur.5678.
    Merdrignac, Bernard, et Joëlle Quaghebeur, éditeurs. Bretons et Normands au Moyen Âge. Presses universitaires de Rennes, 2008, https://doi.org/10.4000/books.pur.5678.
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