Le sang des princes
Cultes et mémoires des souverains suppliciés (XVIe-XXIe siècles)
« En ma fin est mon commencement »… dernières paroles attribuées à Marie Stuart, au matin de son exécution le 7 février 1587, qui furent immédiatement retranscrites par Adam Blackwood dans le Martyre de la Royne d'Escosse publié la même année. Quarante ans plus tard, c'était au tour de Charles Ier de monter sur l'échafaud pour être décapité à la hache, devant la foule rassemblée à Whitehall. En France, le supplice de Louis XVI et de Marie-Antoinette, les 21 janvier et 16 octobre 1793, se fit l...
Éditeur : Presses universitaires de Rennes
Lieu d’édition : Rennes
Publication sur OpenEdition Books : 10 mai 2019
ISBN numérique : 978-2-7535-5983-7
DOI : 10.4000/books.pur.50394
Collection : Histoire
Année d’édition : 2014
ISBN (Édition imprimée) : 978-2-7535-3461-2
Nombre de pages : 327-VIII
Yves-Marie Bercé
Avant-proposPaul Chopelin et Sylvène Édouard
Introduction généralePremière partie. La réception immédiate du procès et de l’exécution
Sylvène Édouard
La fin de Marie Stuart et le « commencement » de sa gloire : la réception de la nouvelle de son exécution en 1587Stéphane Haffemayer
La naissance du mythe de Charles Ier « prince martyr », dans la France de la FrondeAlain Gouttman
Le martyr gênant de « l’aventure mexicaine ». L’annonce de l’exécution de l’empereur Maximilien en France et en AutricheDeuxième partie. L’écriture historique du régicide
Stéphane Jettot
Mauvais sang ? L’argument généalogique dans la délégitimation des régicides anglais (1660-1798)Aurore Chéry
Louis XVI et l’ombre portée de Charles Ier d’Angleterre dans la France du XVIIIe siècleBernard Hours
Le « martyre » de Louis XVI. Les mythographies royales d’Ancien Régime comme matrices d’une revendicationBettina Frederking
La condamnation des régicides en France sous la Restauration, entre culpabilité collective et conflit mémorielTroisième partie. Mises en scène du supplice royal
Anne-Laure de Meyer
Les images de la mort de Charles Ier : exécution ou martyre ?Marina Bujoli-Minetti
De l’homme au martyr : les images « saintes » de Louis XVI en Grande-BretagneChristian Joschke
Le portrait interdit. Manet, Aubert et l’imagerie populaire du martyre de Maximilien, empereur du MexiqueQuatrième partie. Visions romantiques
Hélène Becquet
Marie-Antoinette, invention d’une héroïne royale (1793-1816)Nicole Cadène
Marie Stuart trois fois martyre ? Relégitimations posthumes de la reine d’Écosse au XIXe siècle françaisFrançois de Vergnette
Paul Delaroche et les enjeux de la représentation de la mort de Charles Ier sous la monarchie de JuilletCinquième partie. Une difficile sainteté
Maïté Billoré
Princes martyrs « hors la foi » dans les royaumes de France et d’Angleterre à l’époque médiévaleMichael T. R. B. Turnbull
L’Église d’Écosse et le martyre controversé de Marie StuartPaul Chopelin
Un régicide contre Dieu ? Les tentatives de béatification de Louis XVI après le refus romain de 1820Kathy Rousselet
Les morts de Nicolas II et de la famille impérialePaul Chopelin et Sylvène Édouard
Conclusion. La seconde mort des princes martyrs« En ma fin est mon commencement »… dernières paroles attribuées à Marie Stuart, au matin de son exécution le 7 février 1587, qui furent immédiatement retranscrites par Adam Blackwood dans le Martyre de la Royne d'Escosse publié la même année. Quarante ans plus tard, c'était au tour de Charles Ier de monter sur l'échafaud pour être décapité à la hache, devant la foule rassemblée à Whitehall. En France, le supplice de Louis XVI et de Marie-Antoinette, les 21 janvier et 16 octobre 1793, se fit lui aussi à la suite d'un procès et en place publique. D'autres princes, érigés en ennemis publics, furent encore exécutés pour abattre leur pouvoir jusque dans sa symbolique, comme Maximilien d'Autriche au Mexique ou encore le tsar Nicolas II.
Leur mort, préméditée et largement informée, a pu apparaître comme la condition nécessaire à l'affermissement d'un nouveau régime ou d'une nouvelle dynastie. Pourtant, comme l'écrivait Olympe de Gouges à la veille du procès de Louis XVI, « il ne suffit pas de faire tomber la tête d'un roi pour le tuer, il vit encore longtemps après sa mort ». Le condamné est en effet considéré comme un authentique martyr par les nostalgiques de l'ordre ancien. Mué en icône partisane, symbole fédérateur d'une opposition parfois divisée, le souvenir de son sacrifice a permis et permet encore de conserver et illustrer une tradition, tout en participant à la délégitimation des institutions politiques fondées sur le régicide. Néanmoins, tous les princes martyrs ont, à un moment ou à un autre, fini par devenir des objets mémoriels gênants, témoins d'une guerre civile que l'on préfère oublier ou dépasser, même si de persévérants thuriféraires entretiennent toujours leur culte, que ce soit par espérance providentialiste ou par simple fidélité désabusée.
Paul Chopelin (dir.)
Sylvène Édouard (dir.)
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