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    Plan détaillé Texte intégral Une définition problématique et datée du « témoignage » et du « témoin » L’écriture de guerre : un phénomène culturel multiforme et ancré dans le contexte du conflit Sources et objet d’histoire Les archives Bibliographie Notes de bas de page Auteurs

    Archives de la Grande Guerre

    Ce livre est recensé par

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    Table des matières

    Le témoignage

    Nicolas Beaupré et Sylvie Clair

    p. 489-497

    Texte intégral Bibliographie BIBLIOGRAPHIE Notes de bas de page Auteurs

    Texte intégral

    1Le « témoignage », et en particulier ce qu’on a coutume d’appeler « témoignage combattant », est indéniablement lié à l’histoire de la Grande Guerre. Des civils à l’arrière ou sous occupation ont certes pris la plume, mais sans que cette autre forme de mise en récit d’une expérience de guerre se constitue comme sous-genre testimonial à part entière. Si, aujourd’hui, l’intérêt pour les « écrits du for privé » des non-combattants est vif, en raison d’un élargissement de la focale des historiens du front vers l’arrière et les zones occupées, il est relativement tardif. Numériquement, ces écrits restent très en deçà du témoignage combattant.

    2Pour ces raisons, nous évoquerons ici exclusivement la « littérature de témoignage » – pour reprendre un oxymore forgé par Georges Duhamel en 1920 – des combattants. Avant de revenir sur une terminologie loin d’être neutre, le terme lui-même étant étroitement lié à l’histoire de la guerre et de l’entre-deux-guerres, il convient de noter que si les conflits précédents ont été à l’origine d’une prise de parole par les combattants, celle-ci demeurait assez largement exceptionnelle, ou du moins sporadique, alors qu’entre 1914 et 1918, elle est de grande ampleur et de large audience ; ampleur qui découle d’une série de facteurs : la large alphabétisation des combattants, la guerre de position qui ménage de longues plages de temps libre et, surtout, la centralité culturelle de la figure du soldat, du « Poilu », comme acteur de la guerre. D’acteur, il devient souvent auteur car il est très vite considéré comme légitime à raconter la guerre là où elle se déroule de manière paroxystique : sur le front.

    Une définition problématique et datée du « témoignage » et du « témoin »

    3Par « témoignage », nous retiendrons ici, par commodité, une définition extensive assez largement héritée de la lecture pourtant multiforme des écrits du front que fit Jean-Norton Cru1 dans les années 1920 et 1930, dans ce qui est considéré comme la première étude sérieuse du corpus français2. Ce dernier, qui livre la critique de 301 volumes publiés, définit ainsi les « combattants3 » susceptibles de livrer un véritable « témoignage » : « Tout homme qui fait partie des troupes combattantes ou qui vit avec elles sous le feu, aux tranchées et au cantonnement, à l’ambulance du front, aux petits états-majors. » Il ajoute que « la guerre elle-même a imposé cette définition fondée sur l’exposition au danger et non plus sur le port des armes qui ne signifie plus rien ». Quant au témoignage, qu’il dénomme aussi « récits de combattants », il en dessine les contours ainsi :

    « Carnet de route, journal, souvenirs de guerre, lettres du front, pensées, réflexions ou méditations sur la guerre, récits fictifs mais seulement lorsque la fiction n’est qu’un voile léger sous lequel on peut distinguer la personne de l’auteur, son expérience de la guerre […]. En somme, considérer les souvenirs de guerre sous quelque forme qu’ils se présentent pourvu qu’ils soient des souvenirs personnels4… »

    4Si sa définition du combattant ne pose guère de problème, celle qu’il propose – et qui finit par s’imposer – pour le « témoignage » est davantage sujette à caution. Jean-Norton Cru fait en effet fi des différences de statut des textes et des intentions des auteurs. Si tous les textes qu’il étudie furent publiés, tous n’étaient pas au départ destinés à l’être, comme certains journaux intimes ou surtout les correspondances. Or, il étudie ces dernières avec les mêmes critères que les autres textes alors qu’elles n’ont pas nécessairement pour fonction première de témoigner d’une expérience de guerre. Certaines correspondances endossent d’emblée ce rôle, mais d’autres peuvent le faire seulement de manière incidente. En tout cas, elles ont aussi et surtout pour fonction essentielle de maintenir un lien entre les épistoliers5.

    5Jean-Norton Cru inclut également dans son corpus des fictions romanesques qu’il juge comme les récits ou journaux de guerre se donnant pour vrai. Cependant, s’il assimile ces différents sous-genres à du témoignage, il les distingue ensuite pour conduire son étude. Il distingue alors les journaux, les souvenirs, les réflexions, les lettres et les romans. Mais cette distinction est essentiellement pratique et pédagogique. Elle ne fonde pas la critique qui repose sur d’autres critères. Pour lui, il y a de bons et de mauvais témoins. Il les trie en cinq classes (plus une pour les textes sans intérêt documentaire aucun). Toutes les fonctions – esthétiques ou politiques par exemple – autres que le témoignage sont secondaires ; pis, elles sont à même d’entraver le bon témoignage. Car pour lui, le témoignage a une fonction : dire une vérité qui permette d’empêcher le retour de la guerre :

    « Si nous, combattants, nous pouvions peindre notre guerre avec assez de vérité et d’art pour que les hommes de demain, nous lisant, éprouvent mentalement des souffrances assez identiques à celles que nous avons éprouvées réellement, alors le problème de la paix permanente serait résolu, la guerre deviendrait impossible, non pas matériellement, bien mieux : impossible à concevoir, à accepter dans l’esprit6. »

    6La sortie du livre de Jean-Norton Cru, et la conception normative qu’il avait du témoignage comme impératif moral de vérité, s’accompagnent de polémiques avec les auteurs de livres de guerre.

    7Associée à l’histoire de la Grande Guerre, la notion de « témoignage » a donc une histoire propre, issue de la guerre et de l’après-guerre. Mais il est également indéniable qu’une forme d’écriture de l’expérience est bien née pendant la guerre et que, concurremment avec d’autres notions, celle de « témoignage » a émergé dès les années de guerre.

    L’écriture de guerre : un phénomène culturel multiforme et ancré dans le contexte du conflit

    8Si, dans l’entre-deux-guerres, les correspondances ne forment qu’une faible partie du corpus publié, elles représentent aujourd’hui une part importante des publications. Il convient d’y ajouter les lettres accessibles au public parce que déposées dans les fonds d’archives ou de bibliothèques. Potentiellement, les correspondances de guerre représentent donc le gisement le plus important de « témoignages », si l’on accepte, avec les réserves mentionnées, qu’il s’agit là d’un « témoignage ». Les millions de soldats ont écrit chaque jour des millions de lettres. Ce sont donc plusieurs milliards de lettres qui sont échangées pendant la Grande Guerre. L’engouement perceptible pour le centenaire de la Grande Guerre se traduit déjà par le dépôt ou la publication, en livre ou en ligne, de centaines, voire de milliers de ces lettres de guerre qui devraient enrichir un corpus testimonial déjà considérable.

    9En effet, pendant le conflit – cette réalité ne se limite pas à la France – des livres de toutes sortes relatifs à l’expérience du front sont mis sur le marché. La poésie de guerre, trop négligée en France7 – peut-être en raison du rejet de Jean-Norton Cru, qui la considérait comme trop peu documentaire et trop littéraire8 – alors qu’elle est centrale dans les études anglo-saxonnes et allemandes consacrés à la littérature de guerre, ne fait pas exception. Dans un travail déjà ancien et malheureusement inachevé, Émile Willard a dénombré 2 120 auteurs de poésies de guerre, combattants et non combattants9.

    10Les éditeurs, les critiques, les prix littéraires comme instances de réception ménagent une large place à cette littérature du front. Le prix Goncourt couronne de 1915 à 1918 systématiquement des livres de guerre dont les auteurs ont, au moins un temps, séjourné sur le front. Les éditeurs contribuent à faire du témoignage un genre à part entière. Berger-Levrault publie une collection intitulée La guerre – Les récits des témoins, tandis qu’Hachette nomme la sienne Mémoires et récits de guerre. Pour autant, pendant la guerre et même encore après, le « témoin » est encore concurrencé par « l’écrivain combattant ». C’est en effet ce terme qui s’impose d’abord. Les écrivains mobilisés ont leur Bulletin des Écrivains de 1914-1915 dès le mois de novembre 1914. Peu à peu, les écrivains devenus combattants et les combattants devenus écrivains à la faveur de la guerre finissent par se confondre en une seule catégorie. Ils sont quatre-vingts à fonder en 1919 une Association des écrivains combattants (AEC). En moins d’un an, le nombre d’adhérents dépasse les deux cents. La taxinomie alors revendiquée montre bien que ces auteurs ne se considèrent pas uniquement comme des témoins mais aussi comme des écrivains. Roland Dorgelès, qui est un temps président de l’AEC, ne manque pas de le rappeler lors du débat suivant les publications de Jean-Norton Cru.

    11La guerre correspond à la première grande vague de publications d’ouvrages de nature testimoniale. Plusieurs centaines de livres sont alors publiés. Comme chez les autres belligérants, le public réserve généralement un bon accueil à ces livres, certains remportant même des succès considérables. Avec la fin de la guerre, l’intérêt pour ce type de littérature décroît, tant dans le public que chez les historiens, et avec lui le nombre de publications. Cependant, il ne disparaît pas. Dix ans après la guerre, on assiste même à une seconde vague de publications qui coïncide avec le succès mondial d’À l’Ouest rien de nouveau d’Erich Maria Remarque. Lors de cette seconde vague, les ouvrages de fiction se taillent une place importante. Elle se caractérise également par un plus grand nombre de traductions, même si Le Feu de Barbusse a déjà été traduit en une dizaine de langues entre 1916 et 1920. La seconde guerre mondiale relativise ensuite l’intérêt pour le premier conflit mondial et une autre littérature de témoignage – relative aux camps nazis notamment – fait son apparition. L’intérêt pour les écrits de combattants de 1914-1918 resurgit alors périodiquement, à la faveur des anniversaires mais surtout en raison des changements de paradigmes historiographiques. En 1959, la publication, avec succès, par Jacques Meyer, Gabriel Perreux et André Ducasse, trois anciens combattants, de Vie et mort des Français, avec une préface de Maurice Genevoix, ouvrage fondé en grande partie sur des témoignages, relance l’intérêt pour ce type de source. Mais c’est avec l’établissement de l’histoire sociale, puis surtout culturelle, à la fin des années 1980 et au début des années 1990, que les sources testimoniales deviennent centrales ; dans le même temps, les historiens se donnent les outils pour en faire une critique scientifique renouvelée. Depuis, les publications de ce type de texte se multiplient, que ce soit sous la forme d’ouvrages, d’anthologies – à l’image du très critiquable Paroles de Poilus10 (1998) qui dépasse les trois millions d’exemplaires vendus – ou de sites Internet. Entre temps, les témoignages sont passés du statut d’illustrations à celui de sources et enfin d’objet d’histoire à part entière.

    Sources et objet d’histoire

    12À condition de prendre les précautions qui s’imposent, et notamment d’historiciser ces sources, c’est à dire de prendre en compte à la fois leur contexte d’émission et l’histoire propre aux notions même de « témoins » et de « témoignages », celles-ci demeurent d’une indéniable richesse pour qui veut écrire une histoire de la guerre « par en bas », une histoire du quotidien des hommes dans la guerre, une histoire des affects et des sensibilités, une histoire sociale et culturelle des représentations.

    13Mais le « témoignage » n’est pas qu’une source. Comme phénomène culturel et social et comme réponse individuelle à la guerre, il contribue à sa manière à la construction, entre 1914 et 1918 puis après 1918, d’un récit sur le conflit fondé sur l’expérience de la guerre au front11. En cela, le « témoignage » au sens large trouve progressivement sa juste place dans l’histoire de la Grande Guerre.

    14Nicolas Beaupré

    ***

    Les archives

    15Même si l’on s’en tient au « témoignage combattant », le champ des sources reste très large. Tout document d’archives, tout objet, ne comporte-t-il pas sa part de témoignage ? Nous limiterons notre choix aux témoignages issus d’une démarche désireuse, sinon de faire trace, du moins de raconter, d’énoncer le vécu, immédiatement ou a posteriori.

    16Une autre difficulté réside dans la dissémination des sources. Aucune institution n’en est l’estuaire naturel. Archives ministérielles, nationales, départementales, municipales, bibliothèques patrimoniales ou universitaires, musées, mais aussi institutions privées, associations, particuliers, possèdent des correspondances, carnets, photographies ou autres documents plus ou moins explorés. Cependant, la démarche de repérage est rendue difficile par l’absence d’un classique guide des fonds inter-institutionnel et par une identification pas toujours précise dans les répertoires.

    17Dès la Grande Guerre, le témoignage combattant a été un phénomène éditorial en tant que tel. En reprenant les critères de Jean-Norton Cru, on a dénombré 1 265 témoignages français en prose parus entre 1914 et 2011. Les sources ne peuvent donc négliger les imprimés. Certaines bibliothèques sont particulièrement riches dans ce domaine, comme la BDIC (qui conserve notamment quatre cent trente journaux du front et de prisonniers), la bibliothèque municipale de Lyon (fonds constitué dès 1915 par la volonté d’Édouard Herriot, qui conserve plus de neuf cents récits personnels français publiés), la bibliothèque nationale et universitaire de Strasbourg (BNUS, fonds allemand et français). La BnF, outre le dépôt légal, conserve des bibliothèques privées, telles celles de Romain Rolland, Maurice Barrès ou Henri Barbusse (et les carnets de guerre de ces deux derniers).

    18Pour animer la vie sur le front, on crée et fait circuler des feuilles ronéotypées, que l’on baptise « journaux de tranchées » (ou « journaux du front »), et qui sont diffusées plus ou moins largement, soit dans un secteur du front, soit au sein d’une unité, mais aussi, parfois, auprès des parents et amis restés à l’arrière. Le site Internet [grande-guerre.org] (éditions Anovi) recense les noms de ces journaux des tranchées, tandis que les sites de la BNUS, de la BDIC ou de la BnF (Gallica) proposent des journaux numérisés.

    19Les manuscrits (carnets, journaux intimes, correspondances), bien que largement répandus, sont d’un inégal intérêt. La correspondance, pour être abondante, n’est pas toujours éclairante, censure oblige – volonté de rassurer aussi. Elle se limite trop souvent à vouloir donner un signe de vie. Les correspondances suivies sont toutefois les plus instructives. Il est par exemple fort intéressant de constater, lorsqu’on a la chance de les conserver, les différences pouvant exister entre les lettres écrites par un même Poilu à différents interlocuteurs. Ainsi, dans le fonds Bergasse, conservé aux archives municipales de Marseille (120 II), se trouvent les correspondances de deux frères, Charles et Henri, adressées séparément à leur père et à leur mère ; la comparaison entre les deux est riche d’enseignements.

    20Si les correspondances peuvent être trouvées dans de très nombreux sites de conservation, y compris virtuels, le Service historique de la Défense (SHD) est une source incomparable. Sur les trois mille fonds privés qu’il conserve, plus de cinq cents (dont ceux de Joffre, Foch, Franchet d’Esperey…) concernent ce conflit. On y trouve également les rapports des commissions du contrôle postal (GR, 16 N 292 à 297), qui donnent des synthèses et des extraits, parfois importants, de correspondances, ainsi que quelques exemplaires de lettres.

    21L’Historial de la Grande Guerre à Péronne (Somme) conserve, dans ses collections, un fonds de manuscrits important comportant cent quatre carnets ou cahiers (dont quatre-vingt-onze français) tenus par des soldats ou rédigés après-guerre par d’anciens combattants.

    22Les archives municipales de Marseille, parmi d’autres fonds comportant des carnets et des correspondances de Poilus, conservent les papiers de Jean-Norton Cru, répartis en deux ensembles L’un contient la correspondance reçue de France et de l’étranger à propos de Témoins et Du témoignage, notamment d’auteurs d’ouvrages sur la guerre ou d’anciens combattants (46 II), l’autre sa correspondance de guerre à sa famille (137 II). Quelques très rares exemplaires de ses fiches de témoins subsistent, la majeure partie ayant hélas été détruite par sa veuve. En revanche, l’université d’Aix-Marseille conserve la quasi totalité de sa bibliothèque, les trois cents ouvrages sur la guerre qu’il a étudiés et annotés ainsi que d’autres qu’il n’a finalement pas inclus dans son étude.

    23Dans les fonds de famille, les correspondances de cette époque, du moins celles envoyées par les combattants, ont été pieusement conservées. À l’approche du centenaire, les campagnes de collecte s’intensifient et de belles surprises sont à espérer (comme la correspondance de guerre de François Charles-Roux, qui vient d’entrer aux archives municipales de Marseille).

    24Certains services d’archives ont lancé, à diverses périodes, des campagnes de recueil de témoignages oraux. La période tardive à laquelle la plupart ont été menées n’a pas permis de constituer des corpus structurés. Ont été retenus les témoins encore interrogeables, ensembles souvent complétés par des entretiens avec des non combattants (femmes, enfants). L’ensemble le plus important est sans doute celui constitué par le Service historique de la Défense, cent soixante-treize entretiens réalisés de 1974 à 1985, et ayant la particularité de se focaliser sur l’aéronautique militaire. Pour ce qui est des Archives départementales, celles de la Meuse, avec Jacques Mourier, ont sans doute été pionnières mais à partir de 1994 seulement. Celles des Côtes-d’Armor ont conclu un partenariat avec l’association Bretagne 14-18, qui possède des enregistrements d’anciens combattants réalisés par René Richard entre 1979 et 1985 (soixante-quinze cassettes audio et une vingtaine de vidéos).

    25Le temps des tranchées, qui est grandement celui de l’attente (et de l’ennui), permet aussi aux soldats de réaliser toutes sortes de croquis de leur environnement, de leurs camarades. Ces dessins sont souvent joints à la correspondance, et se révèlent une source complémentaire souvent vivante. L’appareil photographique n’est plus l’apanage des professionnels et les photographies de toutes sortes témoignent non des combats directement mais de ce qui les précède ou qui les suit12. Le service photographique de l’armée est créé en 1915 ; Jean Tournassoud, dont une partie des trois mille photographies et huit cents autochromes de guerre a été donnée à l’Établissement de communication et de production audiovisuelle de la Défense (ECPAD), en est l’une des figures. En outre, l’ECPAD recense pour cette période seize mille clichés entrés dans ses collections par don ou par dépôt.

    26Les ressources d’Internet sont désormais majeures. On peut citer le site du Collectif de recherche internationale et de débat sur la guerre de 1914-1918 (CRID 14-18) et son « dictionnaire en ligne des témoins de la Grande Guerre », qui « vise à s’enrichir pour inclure la plus grande partie des textes de témoins publiés, outre ceux déjà présents dans l’ouvrage de Jean-Norton Cru, ainsi que des inédits ». On y apprend notamment que les dix-neuf cahiers de Louis Barthas sont conservés par son petit-fils.

    27Les archives personnelles de Maurice Genevoix sont mises à disposition par la famille et l’association Je me souviens de Ceux de 14, qui a pour objectif de préserver et de transmettre la mémoire des combattants de la Grande Guerre à travers le témoignage et la vie même de l’auteur de « Ceux de 14 ». On peut ainsi découvrir des extraits du carnet de guerre de Maurice Genevoix, des photographies et des dessins de l’écrivain.

    28Le site [chtimiste.com] répertorie cent quarante-cinq carnets de guerre, lettres et témoignages de combattants.

    29Sylvie Clair

    Bibliographie

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    Format

    Lindner-Wirsching, A. (2004). Französische Schriftsteller und ihre Nation im Ersten Weltkrieg. DE GRUYTER. https://doi.org/10.1515/9783110939699
    Trévisan, C. (2001). Les fables du deuil. Presses Universitaires de France. https://doi.org/10.3917/puf.trevi.2001.01
    Lindner-Wirsching, Almut. “Französische Schriftsteller Und Ihre Nation Im Ersten Weltkrieg”. []. DE GRUYTER, January 31, 2004. doi:10.1515/9783110939699.
    Trévisan, Carine. “Les Fables Du Deuil”. []. Presses Universitaires de France, 2001. doi:10.3917/puf.trevi.2001.01.
    Lindner-Wirsching, Almut. Französische Schriftsteller Und Ihre Nation Im Ersten Weltkrieg. [], DE GRUYTER, 31 Jan. 2004. Crossref, https://doi.org/10.1515/9783110939699.
    Trévisan, Carine. Les Fables Du Deuil. [], Presses Universitaires de France, 2001. Crossref, https://doi.org/10.3917/puf.trevi.2001.01.

    Cette bibliographie a été enrichie de toutes les références bibliographiques automatiquement générées par Bilbo en utilisant Crossref.

    BIBLIOGRAPHIE

    Beaupré Nicolas, Écrire en guerre, écrire la guerre (France, Allemagne 1914-1920), Paris, CNRS Éditions, 2006.

    Campa Laurence, Poètes de la Grande Guerre. Expérience combattante et activité poétique, Paris, Garnier, 2010.

    Cazals Rémy, Rousseau Frédéric, 14-18, le cri d’une génération, Toulouse, Privat, 2001.

    10.1515/9783110939699 :

    Lindner-Wirsching Almut, Französische Schriftsteller und ihre Nation im Ersten Weltkrieg, Tübingen, Niemeyer, 2004.

    Smith Leonard V., The Embattled Self. French Soldiers’Testimony of the Great War, Ithaca, Cornell University Press, 2007.

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    Schœntjes Pierre, Fictions de la Grande Guerre. Variations littéraires sur 14-18, Paris, Garnier, 2009.

    Tonnet-Lacroix Éliane, Après-guerre et sensibilités littéraires, 1919-1924, Paris, Publications de la Sorbonne, 1991.

    10.3917/puf.trevi.2001.01 :

    Trevisan Carine, Les fables du deuil. La Grande Guerre : mort et écriture, Paris, Presses universitaires de France, 2001.

    Notes de bas de page

    1 Sur Jean-Norton Cru, universitaire spécialiste de littérature et ancien combattant, il existe désormais quantité d’études. Citons entre autres : Madeleine Frédéric, Patrick Lefèvre (dir.), Sur les traces de Jean Norton Cru, Musée royal de l’armée, 2000 ; Frédéric Rousseau, Le procès des témoins de la Grande Guerre. L’affaire Norton Cru, Le Seuil, 2003. Benjamin Gilles achève actuellement une thèse d’histoire sur le sujet.

    2 Jean-Norton Cru, Témoins, Presses universitaires de Nancy, 2006 (1929) ; Jean-Norton Cru, Du Témoignage, Gallimard, 1930.

    3 Jean-Norton Cru, Témoins, op. cit., p. 10.

    4 Ibid., p. 10-11.

    5 Christophe Prochasson, « Aimer et gouverner à distance. Le témoignage des correspondances », 14-18 Retours d’expériences, Tallandier, 2008, p. 209-239 ; Clémentine Vidal-Naquet, « Imaginer le retour. L’anticipation des retrouvailles chez les couples pendant la Grande Guerre », dans Bruno Cabanes et Guillaume Piketty (dir.), Retour à l’intime au sortir de la guerre, Tallandier, 2009, p. 215-228.

    6 Jean-Norton Cru, Témoins, op. cit., p. 366. Sur sa méthode voir, entre autres : Leonard V. Smith, « Jean-Norton Cru et la subjectivité de l’objectivité », dans Jean-Jacques Becker (dir.), Histoire culturelle de la Grande Guerre, Armand Colin, 2005, p. 89-100, et du même : « Jean-Norton Cru, lecteur des livres de guerre », Annales du Midi, t. CXII, no 232, oct.-déc. 2000, p. 517-528.

    7 Laurence Campa, Poètes de la Grande Guerre. Expérience combattante et activité poétique, Garnier, 2010.

    8 Jean-Norton Cru, Témoins, op. cit., p. 11.

    9 Émile Willard, Guerre et poésie, Éditions de la Baconnière, 1949, p. 12-13.

    10 Le choix des lettres est purement subjectif, sans cohérence scientifique, et de nombreux documents sont tronqués parfois sans mention claire des coupes. Voir Stéphane Audoin-Rouzeau, « La Grande Guerre, le deuil interminable », Le Débat, no 104, 1999/2, p. 117-130.

    11 Leonard V. Smith, The Embattled Self. French Soldiers’Testimony of the Great War, Cornell University Press, 2007.

    12 On peut avoir un aperçu de leur diversité sur le site Internet de la mission du Centenaire.

    Auteurs

    • Nicolas Beaupré
      Nicolas Beaupré, maître de conférences en histoire et membre de l’Institut universitaire de France et du Centre international de recherche de l’Historial de la Grande Guerre, est essentiellement spécialiste de la Grande Guerre et de ses conséquences en France et en Allemagne. Il a notamment publié : Écrire en guerre, écrire la guerre. France-Allemagne 1914-1920 (CNRS Éditions, 2006) ; Le Rhin. Une géohistoire (La Documentation française, 2005) et Les Grandes Guerres 1914-1945 (Belin, 2012). Son livre Le traumatisme de la Grande Guerre. Histoire Franco-allemande 1918-1933 (Presses universitaires du Septentrion, 2012) a été couronné du prix Parlementaire franco-allemand 2013. Il était auparavant paru en allemand sous le titre Das Trauma des Krieges (1918-1932/33). Deutsch-französische Geschichte, Band VIII (Darmstadt Wiss. Buchges, 2009). Il a également publié La France en Guerre 1914-1918 (Belin, 2013).
    • Sylvie Clair
      Archiviste paléographe, titulaire d’un DEA en histoire contemporaine, conservateur général du patrimoine, Sylvie Clair a été successivement en poste aux archives départementales de Côte-d’Or, du Calvados, puis aux Archives nationales (Centre des archives contemporaines, puis Archives d’Outre-mer). Dans le cadre de ses fonctions actuelles à la tête des archives municipales de Marseille, elle prépare une exposition et un ouvrage sur Marseille dans la Grande Guerre (sortie prévue en novembre 2014).
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    1 Sur Jean-Norton Cru, universitaire spécialiste de littérature et ancien combattant, il existe désormais quantité d’études. Citons entre autres : Madeleine Frédéric, Patrick Lefèvre (dir.), Sur les traces de Jean Norton Cru, Musée royal de l’armée, 2000 ; Frédéric Rousseau, Le procès des témoins de la Grande Guerre. L’affaire Norton Cru, Le Seuil, 2003. Benjamin Gilles achève actuellement une thèse d’histoire sur le sujet.

    2 Jean-Norton Cru, Témoins, Presses universitaires de Nancy, 2006 (1929) ; Jean-Norton Cru, Du Témoignage, Gallimard, 1930.

    3 Jean-Norton Cru, Témoins, op. cit., p. 10.

    4 Ibid., p. 10-11.

    5 Christophe Prochasson, « Aimer et gouverner à distance. Le témoignage des correspondances », 14-18 Retours d’expériences, Tallandier, 2008, p. 209-239 ; Clémentine Vidal-Naquet, « Imaginer le retour. L’anticipation des retrouvailles chez les couples pendant la Grande Guerre », dans Bruno Cabanes et Guillaume Piketty (dir.), Retour à l’intime au sortir de la guerre, Tallandier, 2009, p. 215-228.

    6 Jean-Norton Cru, Témoins, op. cit., p. 366. Sur sa méthode voir, entre autres : Leonard V. Smith, « Jean-Norton Cru et la subjectivité de l’objectivité », dans Jean-Jacques Becker (dir.), Histoire culturelle de la Grande Guerre, Armand Colin, 2005, p. 89-100, et du même : « Jean-Norton Cru, lecteur des livres de guerre », Annales du Midi, t. CXII, no 232, oct.-déc. 2000, p. 517-528.

    7 Laurence Campa, Poètes de la Grande Guerre. Expérience combattante et activité poétique, Garnier, 2010.

    8 Jean-Norton Cru, Témoins, op. cit., p. 11.

    9 Émile Willard, Guerre et poésie, Éditions de la Baconnière, 1949, p. 12-13.

    10 Le choix des lettres est purement subjectif, sans cohérence scientifique, et de nombreux documents sont tronqués parfois sans mention claire des coupes. Voir Stéphane Audoin-Rouzeau, « La Grande Guerre, le deuil interminable », Le Débat, no 104, 1999/2, p. 117-130.

    11 Leonard V. Smith, The Embattled Self. French Soldiers’Testimony of the Great War, Cornell University Press, 2007.

    12 On peut avoir un aperçu de leur diversité sur le site Internet de la mission du Centenaire.

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