Commander sur les théâtres extérieurs
p. 155-163
Texte intégral
1La déclaration de guerre de l’Autriche-Hongrie à la Serbie, le 28 juillet 1914, entraîne, par le jeu des alliances, de nombreux pays européens dans le conflit. Les belligérants ont rapidement la volonté de multiplier les fronts pour obliger leurs adversaires à éparpiller leurs troupes, afin de les épuiser. Un pays peut également être amené à sortir de son territoire pour soutenir un allié en difficulté. Par ailleurs, l’entrée en guerre d’un nouveau belligérant modifie, parfois considérablement, la balance des forces militaires, alors que la défection d’un coalisé du camp adverse peut transformer les conditions de la lutte. Tous ces facteurs expliquent l’ouverture de plusieurs fronts, tant en Europe que sur le continent africain et au Proche-Orient. Il est certain que les théâtres d’opérations extérieurs dans lesquels l’armée française est impliquée ne revêtent pas tous la même importance stratégique. Ils sont aussi liés à une volonté d’asseoir ou de maintenir l’influence française sur tel ou tel territoire, souvent en collaboration, voire en rivalité, avec la Grande-Bretagne.
Le front d’Orient
2Pour la France, le front d’Orient est le deuxième front en terme de contingent militaire mais aussi d’implication diplomatique et politique. La campagne d’Orient est engagée par la France et la Grande-Bretagne d’abord aux Dardanelles et sur la presqu’île de Gallipoli, puis en Macédoine grecque. L’expédition des Dardanelles est une idée spécifiquement anglaise qui résulte d’une stratégie de débordement maritime et d’une volonté de défendre le canal de Suez. Dirigée par les Britanniques, elle vise à exercer une menace directe sur Constantinople. L’opération navale débute le 19 février 1915 par le bombardement des forts turcs situés à l’entrée du détroit des Dardanelles. Mais la flotte alliée se trouve très vite bloquée dans le défilé, et, le 18 mars, la dernière tentative de forcement naval se solde même par de très lourdes pertes : sept cuirassés alliés sont mis hors de combat. Face à cet échec, le haut-commandement décide de lancer des troupes au sol et un corps expéditionnaire franco-britannique débarque sur la presqu’île de Gallipoli le 25 avril. Deux jours plus tard, un front continu de quatre à cinq kilomètres relie la baie de Morto au golfe de Saros. Dans l’impossibilité d’avancer, les troupes alliées se concentrent dans un petit secteur et creusent rapidement des tranchées. Pendant cinq mois, malgré une lutte acharnée et de nombreux renforts, elles ne peuvent progresser que de quelques centaines de mètres. À la fin de l’été 1915, la campagne des Dardanelles, sur laquelle les Alliés ont pourtant fondé beaucoup d’espoir, est un échec tragique. Sur un total de 79 000 français qui séjournent au Dardanelles, 27 000 d’entre eux sont tués ou blessés. Le désengagement progressif des troupes françaises des Dardanelles se fait entre les mois de septembre et de décembre 1915.
3L’entrée en guerre de la Bulgarie aux côtés des Allemands, le 25 septembre 1915, entraîne l’organisation d’une nouvelle expédition, à Salonique, pour tenter d’assurer la suprématie des Alliés dans les Balkans. Le 3 octobre, une armée d’Orient est créée sous les ordres du général Sarrail, avec une division française repliée des Dardanelles et deux autres envoyées de France. Renforcée progressivement par des troupes françaises (210 000 hommes en septembre 1918), anglaises, serbes, russes, italiennes, albanaises puis grecques, cette petite armée se transforme, tout au long du conflit, en un groupe d’armées alliées qui constitue pour l’adversaire une menace croissante. Au sein de cette armée d’Orient plurinationale, l’armée française d’Orient conserve jusqu’à la fin de la guerre une prépondérance certaine, tant au niveau politique que militaire. La France envoie les effectifs les plus considérables et insiste, face aux hésitations britanniques, pour maintenir une présence dans les Balkans. Par ailleurs, la direction générale des opérations est toujours assurée par des généraux français, qui servent ainsi de lien, mais aussi de « tampon », entre les troupes des différents pays.
4L’enjeu de ce débarquement à Salonique est double : se porter au secours des Serbes, alors menacés par une attaque concentrique des Austro-Allemands et des Bulgares, et faire basculer la Grèce, pays neutre, du côté de l’Entente. Cette opération militaire sur le territoire national grec exacerbe une crise interne qui secoue le pays depuis plusieurs mois. D’un côté, le roi Constantin Ier, germanophile, défend l’idée d’une neutralité bienveillante à l’égard de l’Allemagne. De l’autre, le Premier ministre Eleutherios Vénizélos veut s’engager du côté de l’Entente et lui demande de venir soutenir l’armée serbe en envoyant un détachement à Salonique. Le roi Constantin exige alors la démission de son premier ministre. C’est ainsi que la Grèce, théoriquement neutre, est en fait profondément divisée entre royalistes germanophiles et républicains ententistes. La tension politique entre les deux partis ne fait qu’augmenter et, en 1916, le pays semble prêt à basculer dans une guerre civile. Profitant de la menace bulgare, des officiers grecs créent à Salonique un gouvernement provisoire de défense nationale, présidé par Vénizélos (9 octobre). Finalement, les forces de l’Entente exigent l’abdication immédiate du roi et menacent de bombarder la capitale en cas de refus. Constantin renonce donc au trône en faveur de son fils cadet, Alexandre. Celui-ci rappelle Vénizélos à la tête du gouvernement et déclare la guerre à l’Allemagne le 30 juin 1917.
5Arrivée trop tard (octobre 1915) pour soutenir efficacement les Serbes, l’armée d’Orient se retire jusqu’à Salonique où elle s’établit dans un camp retranché à proximité de la ville. Après quelques combats locaux au début de l’année, l’armée bulgare déclenche une offensive de grande envergure le 17 août 1916. Au bout de plusieurs semaines particulièrement difficiles, les Alliés la repoussent grâce à une violente contre-offensive et prennent Florina ainsi que Monastir. Les résultats de la campagne de 1916 aboutissent à la création d’un front de 350 kilomètres suivant plus ou moins la frontière du pays. L’année 1917 n’apporte aucun mouvement décisif sur le front d’Orient, toujours considéré par les belligérants comme un front secondaire. Malgré une tentative du côté allié pour définir les objectifs de l’armée d’Orient, les divergences entre les pays sont trop importantes pour aboutir à une action concrète. En revanche, ce que Patrick Facon a appelé une « crise du moral » se développe pendant plusieurs mois jusqu’à trouver son paroxysme à l’été 1917. Elle entraîne désertions et refus d’obéissance. Le général Sarrail est remplacé par le général Guillaumat le 10 décembre 1917 ; ce dernier est remplacé à son tour par Franchet d’Esperey le 19 juin 1918. Le 14 septembre, les Alliés lancent une grande offensive, réussissent à percer le front en de nombreux points et, bousculant l’armée bulgare, entament une avancée foudroyante jusqu’à Sofia, Nisch et Belgrade, remportant ainsi la première véritable victoire alliée de la guerre, qui conduit à la capitulation de la Bulgarie et à l’effondrement de la coalition dirigée par l’Allemagne.
6Par rapport au front occidental, l’étude du front d’Orient a souvent été négligée ; c’est surtout dans les années 1920 et 1930, et aussi dans la décennie soixante, que parurent des ouvrages sur le sujet, traitant des questions stratégiques et tactiques. Depuis quelques années, la campagne d’Orient fait l’objet d’un regain d’intérêt indéniable. Gérard Fassy s’est attaché à analyser l’action du commandement français en Orient entre 1915 et 1918 et à expliquer l’organisation et le travail des principaux états-majors français en Macédoine1. Les questions diplomatiques, bien que moins étudiées, ont fait l’objet de quelques ouvrages, dont la thèse importante de Yannis Mourelos2. Les recherches de Patrick Facon, pionnières dans bien des domaines et toujours d’actualité, se détournent de « l’histoire bataille » et s’intéressent au moral des soldats et à la crise de 1917, utilisant entre autres le contrôle postal3. Francine Saint-Ramond Roussane, quant à elle, a effectué pour sa thèse une recension de tous les témoignages ayant trait au front d’Orient4. Enfin, une autre thèse en cours étudie le front d’Orient sous un angle plus large que celui de la stricte histoire militaire ou diplomatique, à travers le prisme des réalisations de l’armée et de sa découverte de l’altérité5.
Les autres fronts
7Les armées françaises sur deux autres fronts ont été très négligées par la recherche et sont de ce fait beaucoup moins connues : le Proche-Orient et l’Afrique. L’infériorité numérique des troupes françaises par rapport à leur allié britannique est probablement une des causes du désintérêt de l’historiographie française. La nécessité de défendre le canal de Suez fait de l’Égypte et de tout le Proche-Orient un enjeu capital. C’est ainsi qu’ont lieu des combats dans le désert occidental du Sinaï, d’Arabie et de Palestine entre les troupes germano-ottomanes et les troupes franco-britanniques. Un seul livre récent défriche le sujet6, mais des recherches plus spécifiques devraient être menées sur la question, à l’instar de l’étude sur la mission militaire française au Hedjaz7.
8En Afrique, la guerre offre aux puissances coloniales alliées une opportunité d’accroissement territorial aux dépens des colonies allemandes. Bien que moins présente sur ce front, la France participe, aux côtés de la Grande-Bretagne et de la Belgique, à quelques opérations, notamment au Togo (août 1914) et au Cameroun, où la dernière résistance cesse au mois de septembre 1916. D’autres affrontements ont lieu en Afrique du Nord entre les tribus locales et les Alliés (France, Grande-Bretagne, Italie). Les Empires allemand et ottoman encouragent les rébellions contre ces derniers en Libye et au Maroc, en fournissant notamment des armes légères aux rebelles. Les conflits en Afrique sont très peu traités par l’historiographie française. Dans son ouvrage sur les colonies allemandes, Rémy Porte évoque bien sûr la conquête du Togo et du Cameroun, mais aucune étude spécifique ne semble avoir été réalisée sur le théâtre africain du conflit8.
Les missions militaires
9Au cours de la Grande Guerre, la France envoie également plusieurs missions militaires à l’étranger, dans les Balkans, en Égypte et en Russie. Ces engagements français sont souvent assez faibles et certains d’autre eux n’ont été jusqu’à présent que très peu étudiés. Ainsi, la mission militaire française qui est envoyée avant 1914 auprès de l’armée hellénique ne disparaît pas pendant la guerre, et les missions envoyées sur différents territoires russes sont souvent encore présentes après le conflit. L’armée serbe bénéficie, elle aussi, d’un soutien français pendant la guerre. Après avoir remporté d’indéniables victoires en 1914, elle cède sous les coups des Empires centraux à l’automne 1915 et est obligée de se replier dans des conditions dramatiques jusqu’à la mer Adriatique. Joffre envoie alors une mission militaire le 12 décembre 1915, sous la direction du général Piarron de Mondésir, en vue de réorganiser l’armée serbe et d’affirmer la présence française à ses côtés. Cet intense travail permet, dès le printemps 1916, l’envoi à Salonique d’une armée serbe reconstituée qui peut ainsi reprendre part aux combats jusqu’à la victoire alliée9.
10La dernière mission importante dans les Balkans est celle de l’armée française auprès de la Roumanie. Dirigée par le général Berthelot, elle arrive au mois d’octobre 1916 pour soutenir l’armée roumaine, mal équipée et mal commandée. Commence alors une période de restructuration des forces militaires roumaines sous l’égide des Français en vue d’accroître l’efficacité des opérations, mais aussi la rationalisation des services. Le travail de la mission militaire française porte ses fruits au cours de l’été 1917, où l’armée roumaine remporte plusieurs victoires défensives contre les Allemands. Le général Berthelot intervient aussi dans les affaires intérieures du pays, participant à l’affermissement de ses structures politiques et sociales. Jean-Noël Grandhomme a très largement étudié cette mission militaire française en Roumanie, y consacrant sa thèse de doctorat, puis deux ouvrages, dont une biographie du général Berthelot10.
11Héritière en cela de la conception purement occidentale de la guerre en vigueur au GQG, l’historiographie française a souvent négligé l’étude des théâtres extérieurs. Encore aujourd’hui considérés comme secondaires, ces derniers suscitent un intérêt inégal. La recherche française s’est surtout attachée au front d’Orient et n’a pour l’instant que peu abordé les autres théâtres d’opération.
12Thérèse Krempp
***
Les archives
13L’état de la recherche n’est pas sans rapport avec l’abondance et la facilité d’accès aux sources relatives aux théâtres d’opérations extérieurs que conserve principalement le Service historique de la Défense (SHD) : réunies pour certaines par théâtre, elles peuvent être aussi disséminées dans des sous-séries parfois récemment inventoriées. Dans la présentation qui suit, l’approche par théâtre sera différenciée selon le milieu où se déroulent les opérations, sur terre ou sur mer, voire dans les airs.
14Les instances supérieures de commandement du front occidental étendent leur autorité sur les théâtres d’opérations extérieurs (TOE), dont l’importance justifie la création de services particuliers. Ainsi, nommé « commandant en chef des armées françaises » le 2 décembre 1915, le général Joffre voit-il son autorité s’étendre à l’armée d’Orient nouvellement constituée ; un état-major des TOE est rapidement créé, ainsi qu’un poste de major général. Cette organisation prend fin en janvier 1917, quand le bureau des TOE est détaché auprès du ministre de la Guerre. Néanmoins, les archives des TOE conservées dans le fonds du GQG (GR, 16 N), parmi lesquelles des registres de correspondance classés géographiquement, sont une source essentielle pour une étude des opérations hors de France et des liens entre l’armée française et les armées alliées.
15Les archives de l’État-Major de l’Armée (EMA) sont également très riches. Deux sections, Afrique et Orient, sont de 1915 à 1917 tournées vers les théâtres d’opérations extérieurs. Quand le décret du 16 mai 1917 scinde l’EMA en deux groupes, celui de l’avant se voit adjoindre l’état-major des TOE du GQG, tandis que celui de l’intérieur conserve la section Afrique. Ainsi le chercheur peut-il notamment consulter, sous les cotes GR, 7 N 329-347, des renseignements journaliers et comptes rendus d’opérations du corps expéditionnaire d’Orient et du corps expéditionnaire des Dardanelles, puis les archives relatives à l’armée d’Orient et au commandement des armées alliées.
16Parmi les archives du ministère de la Marine et de l’État-Major (SHD/MV, SS E), celles de la 4e section, qui a notamment pour mission l’organisation des opérations à la mer, et de la 5e section, créée en 1917, spécialement chargée de la défense des côtes, sont à privilégier.
17Lorsque l’on se rapproche du théâtre même des opérations, la distinction entre milieux terrestre et maritime se double d’une distinction par zone géographique. Les archives dites « de l’armée d’Orient » forment la sous-série 20 N du fonds de la Guerre. Elles regroupent la production documentaire des grandes unités françaises qui ont séjourné sur ce front entre 1915 et 1923 : corps expéditionnaire d’Orient, puis des Dardanelles, armée d’Orient, commandement des armées alliées en Orient, armée française d’Orient et armée de Hongrie, armée du Danube, ainsi que d’autres unités d’importance ou de durée d’existence moindres. Composées de dossiers sur l’organisation et la situation des unités, ces archives apportent un témoignage très riche sur les Balkans, comportant de nombreux dossiers de renseignement sur l’ennemi et sur les opérations militaires (ordres, notes, rapports et cartes).
18En dehors du front d’Orient, les armées françaises ont été engagées dans des opérations de faible envergure au Maroc, dans le Sud de l’Algérie et de la Tunisie, au Cameroun et au Togo, puis au Levant à la fin de la guerre. Les sources relatives à ces opérations sont réparties dans les sous-séries de la série H du fonds de la Guerre, chacune correspondant à un ensemble territorial. Ainsi, on retrouve sous les cotes GR, 6 H 132-135 et 171-227 les dossiers relatifs aux opérations militaires contre les colonies allemandes du Cameroun et du Togo, en lien avec les forces britanniques.
19S’agissant des forces navales, de tels regroupements géographiques d’archives n’ont pas été opérés. Les archives relatives aux forces navales en Méditerranée sont réparties entre plusieurs sous-séries, selon leur producteur : sous-séries MV SS A et K pour l’Armée navale et ses subdivisions, MV SS D pour la division navale de l’Adriatique, MV SS O pour les escadres, MV SS S pour l’escadre de Syrie. Sur les fronts moins connus, on peut signaler les archives relatives à la division navale du Maroc, conservées dans la sous-série MV SS M, ou encore celles des patrouilles aériennes, essentiellement à caractère opérationnel, sous forme de journaux de bord, ordres, correspondance et rapports mensuels : en particulier, les sous-séries MV SS Vg (patrouilles d’Algérie et de Tunisie), SS Vh (patrouilles de la Méditerranée orientale) et SS Vi (patrouilles du Sénégal).
20Pour une vision plus personnelle des opérations dans les TOE, par ceux-là mêmes qui les ont conduites, les fonds privés sont un complément précieux. Ainsi, celui du général Franchet d’Esperey (SHD/GT, 1 Kmi 44), commandant en chef les armées alliées en Orient en 1918, contient une documentation rassemblée pour écrire une histoire des opérations des armées alliées dans les Balkans : extraits de journaux des marches et opérations d’unités de zouaves et de tirailleurs, traductions de documents bulgares envoyées par les commissions alliées après l’armistice et historiques de plusieurs divisions d’infanterie helléniques. Les généraux Charles Regnault et Adolphe Guillaumat, qui ont aussi commandé en Orient, ont remis de même leurs archives privées au SHD11.
21Pour la Marine, signalons le fonds privé de l’amiral Violette, souschef d’État-Major au cours de l’expédition des Dardanelles, puis chargé de mission pour le ravitaillement du Monténégro et, en 1916, chef de division des patrouilles de la Méditerranée orientale (SHD/MV, 282 GG2). Des lettres de l’amiral à son épouse et à son fils, des lettres reçues et des papiers de carrière apportent un éclairage sur les aspects plus personnels du commandement. Du fait du parcours de son auteur durant le conflit, le fonds privé de l’amiral Dartige du Fournet (MV, 5 Mi 109) revêt un intérêt primordial. L’amiral est à la tête de l’escadre des Dardanelles, puis chef de l’Armée navale ; en décembre 1916, il dirige le débarquement des fusiliers marins à Athènes, lesquels tombent dans un guet-apens, trahis par le gouvernement grec. Entré en conflit avec le ministre de la Marine, Dartige du Fournet est aussitôt démis de ses fonctions et placé en non-activité en février 1917. Avec des journaux de bord, correspondances, photographies, études, revues d’époque, articles de presse et surtout de la correspondance entretenue avec sa famille, le fonds privé Dartige du Fournet renferme des documents relatifs à cette disgrâce. Montrant un amiral avide d’action, prêt à accepter toute tâche lui permettant de participer à l’effort de guerre, ces pièces contiennent force détails sur les rouages et les conséquences d’une polémique tant militaire que politique qui mit fin à sa carrière.
22Valérie Forest-Ansart
Bibliographie
BIBLIOGRAPHIE
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Notes de bas de page
1 Gérard Fassy, Le haut-commandement français en Orient (octobre 1915-novembre 1918), thèse d’histoire, université Paris I, 1998 ; du même, Le commandement français en Orient (octobre 1915-novembre 1918), Économica, 2003.
2 Yannis Mourelos, La mission Jonnart et la déposition de Constantin Ier de Grèce (juin 1917), thèse d’histoire, université Paris IV, 1978 ; du même, L’intervention de la Grèce dans la Grande Guerre 1916-1917, École française d’Athènes, 1983.
3 Patrick Facon, Soldats français de l’armée d’Orient 1915-1919 : recherches sur le moral et approche des mentalités, thèse de lettres, université Paris X, 1977.
4 Francine Saint-Ramond Roussanne, La campagne d’Orient 1915-1918 Dardanelles-Macédoine, d’après les témoignages de combattants, thèse d’histoire, université Paris I, 1997.
5 Thérèse Krempp, L’armée d’Orient et la Grèce : nature, finalités et conséquences d’une présence, thèse en cours, EHESS.
6 Rémy Porte, Du Caire à Damas, Français et Anglais au Proche-Orient (1914-1919), 14-18 Éditions, 2008.
7 Christophe Leclerc, Avec T. E. Lawrence en Arabie : la mission militaire française au Hedjaz, L’Harmattan, 1998.
8 Rémy Porte, La Conquête des colonies allemandes : naissance et mort d’un rêve impérial, 14-18 Éditions, 2006.
9 L’étude de Frédéric Le Moal sur la Serbie pendant la guerre ne fait que peu de place à cette mission militaire française (Frédéric Le Moal, La Serbie, du martyr à la victoire, 14-18 Éditions, 2008).
10 Jean-Noël Grandhomme, Le général Berthelot et l’action de la France en Roumanie et en Russie méridionale (1916-1918), thèse d’histoire, université Paris IV, 1998 ; du même, La Roumanie, de la Triplice à l’Entente 1914-1919, 14-18 Éditions, 2009, et Henri-Mathias Berthelot : du culte de l’offensive à la stratégie globale, ECPAD, 2011.
11 Pour une présentation des archives des missions militaires françaises à l’étranger, voir p. 110.
Auteurs
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Thérèse Krempp
Thérèse Krempp est doctorante à l’École des hautes études en sciences sociales. Son sujet de thèse porte sur l’armée d’Orient pendant la première guerre mondiale, sa nature, ses finalités et les conséquences de sa présence en Grèce. Dans le domaine de l’histoire des mentalités liée à un conflit armé, elle travaille également sur les Alsaciens-Lorrains à la fin de l’annexion allemande et au moment du retour à la France en 1918.
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Valérie Forest-Ansart
Archiviste au Service historique de la Défense, Valérie Forest-Ansart est responsable des archives historiques de l’administration centrale de la Marine (Centre historique des archives, département des archives définitives).
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