Le Concert européen en 1914
p. 19-26
Texte intégral
1Le « Concert européen » a été mis en place par les négociateurs des traités de Vienne en 1814-1815. Il s’agissait de reconstruire l’Europe après les guerres de la Révolution et de l’Empire, mais aussi d’établir un nouveau système international stable, qui n’avait pas la prétention d’empêcher toute guerre, mais d’éviter qu’un conflit local ne dégénère en guerre générale. On y parvint, malgré de nombreuses crises, jusqu’en 1914. Les négociateurs de Vienne avaient voulu rétablir un équilibre réaliste entre les grandes puissances européennes, destiné ouvertement à contenir la France et, de façon plus dissimulée, la Russie. En même temps, ils avaient voulu aller plus loin et renforcer cet équilibre par des structures juridiques. On établit en 1815 des structures diplomatiques (réunions de congrès ou de conférences d’ambassadeurs, c’est-à-dire mise sur pied d’une véritable diplomatie multilatérale). Le tout reposait sur des valeurs communes : indépendance et solidarité des États, légitimité, principe de réciprocité, respect des traités, et plus largement l’héritage d’une civilisation européenne chrétienne mais avec l’apport des valeurs libérales des Lumières du premier XVIIIe siècle. Et de fait, le système fonctionna, absorbant sans conflit généralisé l’apparition tout au long du XIXe siècle de l’Europe des nationalités, les indépendances grecque et belge, ainsi que les unifications italienne et allemande.
2Un coup considérable fut porté à ce système par Bismarck, créateur et chancelier du Reich unifié en 1871, lorsqu’il conclut des alliances en temps de paix (avec la Russie, l’Autriche-Hongrie, l’Italie). Or, ces alliances contrevenaient au principe fondamental du Concert : les grandes puissances se parlaient en permanence, sans exclusive, sans alliances particulières, de façon à prévenir toute division permanente du continent. Cependant, Bismarck, qui considérait l’Allemagne comme une « puissance saturée », se montra prudent : il n’y eut pas de rupture trop grave avec la période antérieure.
3Le problème est que ses successeurs furent moins prudents. On vit du coup se constituer deux systèmes d’alliances antagonistes. La première décision prise par Berlin après le départ de Bismarck, en 1890, fut lourde de conséquences : on ne renouvela pas le traité de réassurance conclu avec la Russie en 1887, renonçant ainsi à l’équilibre que l’ancien chancelier avait malgré tout voulu maintenir. Désormais, Berlin s’appuyait exclusivement sur la Triplice germano-austro-italienne, dans une logique explicite qui n’était plus celle de l’équilibre européen, mais celle de l’efficacité du système d’alliances en cas de guerre. Cela accéléra le processus de coupure de l’Europe en deux.
4Rejetée par Berlin, la Russie se rapprocha de la France et les deux pays conclurent une alliance politique et militaire en 1891-1892. À partir de 1898, avec le renforcement de l’alliance franco-russe, la conclusion de l’Entente cordiale franco-britannique de 1904 et de l’entente anglo-russe de 1907, le processus de division de l’Europe s’accéléra : désormais, la Triple Entente s’opposait à la Triplice. Certes, l’équilibre européen était maintenu, mais le Concert européen s’en trouvait dégradé et perverti.
5Les deux grands facteurs d’évolution furent les politiques allemande et française. À Berlin, Guillaume II se lança dans la construction d’une grande flotte de guerre, destinée à soutenir les ambitions de sa politique mondiale, sa Weltpolitik. Cette politique compromettait gravement les rapports avec Londres, alors qu’ils avaient été généralement bons jusque là. Mais la France de Delcassé, ministre des Affaires étrangères de 1898 à 1905, eut aussi sa part dans le délitement progressif du Concert européen. D’emblée, Delcassé avait manifesté sa volonté de renforcer l’alliance franco-russe. Ce fut fait lors de sa première visite à Saint-Pétersbourg en 1899.
6En ce qui concerne l’Angleterre, Delcassé conclut avec elle l’Entente cordiale, le 8 avril 1904. L’ensemble du contentieux colonial entre les deux pays était réglé. Il est clair que Delcassé a conçu son système diplomatique visant à isoler l’Allemagne très tôt et de façon systématique. Il s’écartait sans états d’âme des concepts et des pratiques multilatérales du Concert européen : l’équilibre européen n’était plus, à ses yeux, au mieux qu’un équilibre des forces.
7Dans ce contexte, on assista à partir de 1905 à une succession de graves crises, jusqu’à la crise finale de 1914. La première eut lieu en 1905 à propos du Maroc, dont la France voulait faire un protectorat, ce à quoi le Reich s’opposait. En 1908, profitant du grave affaiblissement de la Russie à la suite de sa défaite face au Japon en 1904 et de la révolution de 1905, l’Autriche-Hongrie annexa la Bosnie-Herzégovine. Cette décision provoqua une grave crise européenne, parce qu’elle modifiait l’équilibre dans les Balkans aux dépens de la Russie ; finalement celle-ci, à laquelle la France comme la Grande-Bretagne conseillèrent la prudence, s’inclina l’année suivante. Cette affaire ouvrit une série de crises à intervalles rapprochés, qui montraient l’essoufflement du Concert européen, même si celuici fonctionnait toujours et parvenait à calmer les choses, ou du moins à localiser les tensions. La dynamique générale était la suivante : la France, la Grande-Bretagne et la Russie résistaient à ce qui était perçu comme une volonté d’hégémonie allemande, mais qui était souvent une réaction allemande à la perception qu’avait le Reich de son encerclement. Le système tout entier entrait en résonance.
8La crise suivante fut la seconde crise marocaine, en 1911. On put constater que les pulsions nationalistes se renforçaient en Allemagne et en France. L’Italie en profita pour mener à bien ses projets sur la Tripolitaine. À la suite d’une guerre contre la Turquie déclenchée en septembre 1911, le traité de Lausanne, en octobre 1912, lui attribua la Tripolitaine et les îles du Dodécanèse. Les répercussions sur les Balkans furent très importantes : elles conduisirent aux deux guerres balkaniques de 1912 et 1913. En 1912, la Serbie, la Bulgarie et la Grèce, avec les encouragements secrets et fort déstabilisants de la Russie, attaquèrent la Turquie, affaiblie par sa défaite face à l’Italie. Par le traité de Londres, conclu sous la médiation des grandes puissances, elle perdit ses derniers territoires en Europe, sauf Istanbul et une petite partie de la Thrace. Mais l’année suivante, la Roumanie, la Serbie et la Grèce attaquèrent la Bulgarie, qui à leurs yeux avait bénéficié d’une façon excessive du traité de Londres ; le conflit essentiel concernait le partage de la Macédoine entre la Serbie et la Bulgarie. Celle-ci fut écrasée et perdit la plus grande partie de ses conquêtes de l’année précédente (traité de Bucarest). Finalement, les deux grands bénéficiaires de ces deux guerres furent la Grèce et surtout la Serbie, qui doublait sa population et son territoire, pour la plus grande inquiétude de l’Autriche, et qui avait même failli parvenir jusqu’à l’Adriatique, ce que Vienne parvint tout de même à empêcher.
9En effet, pour la dernière fois, le Concert européen avait fonctionné : par une concertation difficile mais permanente (qui eut lieu dans le cadre d’une conférence d’ambassadeurs dite « conférence de Londres »), on parvint à maintenir le conflit localisé. Les grandes puissances européennes réussirent à gérer une fois de plus le déclin de la Turquie d’Europe et à arbitrer les rivalités grandissantes des nations balkaniques entre elles. Une fois de plus, la notion d’équilibre européen avait tempéré la réalisation des aspirations nationales dans les Balkans.
10Seulement, la plupart des puissances commençaient à intérioriser la possibilité d’une grande guerre européenne. Il faut reconnaître ici qu’incontestablement la Russie et la France durcissaient elles aussi leur politique. En Russie, le gouvernement du tsar se montrait toujours plus actif dans les Balkans et était bien décidé à ne pas céder lors de la crise suivante, que tout le monde attendait avec fatalisme. Par ailleurs, il développait des objectifs de plus en plus ambitieux contre une Turquie très affaiblie, à laquelle il comptait bien enlever Constantinople et les Détroits. En France, Raymond Poincaré devint président de la République au début de 1913. Comme Delcassé, qu’il envoya d’ailleurs tout de suite comme ambassadeur à Saint-Pétersbourg, il était convaincu que l’ancien Concert européen était mort : seuls comptaient désormais l’« équilibre des forces européennes » et les alliances. L’équilibre était tout au plus un équilibre entre les deux systèmes d’alliances opposés. Il fallait donc renforcer encore l’alliance avec la Russie et, à défaut d’alliance formelle avec Londres, poursuivre néanmoins avec l’Angleterre les conversations d’étatmajor commencées à la suite des crises marocaines. En effet, seule une Triple Entente forte pouvait dissuader l’Allemagne de déclencher la guerre. Si celle-ci néanmoins éclatait (et c’était désormais pour des dirigeants comme Poincaré et Delcassé une éventualité fort probable), la France ne devrait son salut qu’à ces alliances renforcées et à son propre effort militaire. Par contrecoup, Berlin était de plus en plus inquiet du danger d’« encerclement » du Reich et intériorisait de son côté la possibilité d’une guerre. Le seul grand pays qui restait fidèle au Concert, malgré la rivalité navale qui l’opposait toujours plus à l’Allemagne, était la Grande-Bretagne.
11La crise suivante allait marquer l’échec du Concert européen et le déclenchement de la guerre européenne. Le 28 juin 1914, à Sarajevo, en Bosnie-Herzégovine, l’archiduc-héritier d’Autriche François-Ferdinand fut assassiné par des nationalistes serbes qui étaient en liaison avec les services secrets de Belgrade. Estimant qu’il en allait de la survie de la Double Monarchie, Vienne décida de saisir cette occasion pour régler son compte à la Serbie. À la différence de 1912 et 1913, Berlin ne conseilla pas à l’Autriche la modération mais la soutint, de peur de voir son principal allié gravement affaibli. La Russie décida le 25 juillet de soutenir la Serbie. Paris de son côté ne lui donna pas de réels conseils de modération, à la différence des crises précédentes, par crainte de compromettre l’alliance franco-russe. Le 28, Vienne déclarait la guerre à la Serbie, le 29, Saint-Pétersbourg mobilisait contre l’Autriche et le 30, les premiers, les Russes annonçaient une mobilisation générale. C’était un moment critique car, à partir de là, personne ne voulant être en retard dans sa propre mobilisation, l’engrenage de la guerre devenait impossible à arrêter, malgré les efforts de la Grande-Bretagne pour susciter encore, le 30 juillet, une conférence européenne. Le 1er août, le Reich mobilisait à son tour et déclarait la guerre à la Russie, adressait un ultimatum à la Belgique pour qu’elle laissât passer les forces allemandes et déclarait la guerre à la France le 3 août. Le 4 août, à cause de la violation de la neutralité belge, Londres déclarait la guerre à l’Allemagne. Ajoutons cependant, pour mieux comprendre l’apparence inéluctable de cet enchaînement, que les enjeux n’avaient pas, aux yeux des responsables de l’époque, la tragique importance que nous savons aujourd’hui : personne n’imaginait une guerre de cinq ans. On pensait à un rapide « coup de torchon », après lequel on établirait un nouvel équilibre européen, certes fort pénible pour les vaincus.
12Pourquoi cet échec du Concert européen ? La raison la plus couramment invoquée à l’époque était celle de la corruption du système par la volonté bismarckienne, après 1871, de constituer une alliance permanente, dès le temps de paix, contre la France. Cette volonté était tout à fait contraire à l’esprit de collaboration entre les grandes puissances qui était à la base du Concert européen et devait entraîner, par réactions successives, la division du continent en deux alliances rivales. Il est vrai que l’existence de deux alliances opposées, fondées sur des textes gardés secrets et reposant toutes deux sur des systèmes militaires qui donnaient une prime considérable à celui qui mobilisait le premier, et donc anticipait l’irréparable, était en soi profondément déstabilisante.
13Outre cette explication relevant de la diplomatie et de la technique militaire, qui garde sa valeur, il faut bien constater que les arrière-pensées de part et d’autre dépassaient la capacité du Concert européen à gérer les crises, les intérêts en cause étant trop importants : obsession de la survie pour l’Autriche-Hongrie ; peur de Berlin de perdre son dernier allié et de se retrouver seule devant une alliance franco-russe de plus en plus puissante ; ampleur des objectifs de la Russie, qui supposaient la défaite du Reich, de l’Autriche-Hongrie et de l’Empire ottoman, et qui répondaient également aux problèmes de politique intérieure d’un régime tsariste en crise depuis la révolution de 1905 ; craintes de la France devant la puissance croissante de l’Allemagne et souci de conforter l’alliance avec la Russie en la soutenant dans la crise de juillet 1914 ; et accord entre Paris et Saint-Pétersbourg pour réduire de façon drastique la puissance allemande, considérée comme hégémonique, et pour exploiter l’éclatement, considéré comme probable à terme, de l’Autriche-Hongrie.
14Plus fondamentalement encore, la crise de 1914 s’explique par un profond et double changement dans la nature de la vie politique des pays européens et même de leur culture politique depuis la fin du XIXe siècle, changements qui entraînèrent une modification des valeurs dominantes de la vie internationale. Le Concert européen reposait sur un ensemble de valeurs de civilisation qui étaient portées par des élites dirigeantes encore peu nombreuses et largement aristocratiques, pour lesquelles les affaires de l’Europe étaient finalement, au figuré mais aussi au propre, des affaires de famille. Or, depuis la fin du XIXe siècle, la démocratisation de la vie publique, plus ou moins étendue mais nette partout, et l’arrivée au pouvoir de couches sociales nouvelles remettent en cause ce véritable club international qui avait géré jusque-là les affaires européennes. Bien entendu, ce club est radicalement récusé par l’internationalisme des socialistes marxistes. Mais on voit se développer dans les milieux de la gauche non socialiste, en France mais aussi au niveau européen, en particulier chez ces nationalités que l’on prend l’habitude de qualifier d’« opprimées », un courant radical qui rejette les Empires (Russie, Autriche-Hongrie) et le principe même du Concert européen. Toutefois, les nationalismes de droite contestent eux aussi le Concert européen.
15D’autre part, le libéralisme issu des Lumières est battu en brèche par de nouveaux courants, par le marxisme, certes, mais aussi, de façon sans doute plus immédiatement grave à l’époque, par différentes formes de « darwinisme social », qui se traduisent en matière internationale par le recul de la notion d’une communauté européenne, et en particulier par le développement en Allemagne du pangermanisme, en Russie du panslavisme, c’est-àdire par l’affirmation de solidarités quasi raciales transcendant les frontières étatiques et plus fortes que la communauté de civilisation européenne. Quand, en 1913, le chancelier Bethmann Hollweg, pourtant modéré, parle devant le Reichstag d’un conflit fondamental entre le Deutschtum et le Slaventum, l’Europe est évidemment bien malade.
16Georges-Henri Soutou
***
Les Archives
17Les principales sources françaises de l’histoire des relations internationales de 1871 à 1914 sont les archives politiques du ministère des Affaires étrangères, conservées au Centre d’archives de La Courneuve. Les fonds de la Correspondance politique et des Mémoires et documents, remontant à l’Ancien Régime, divisés en sous-séries par pays ou par zone géographique, courent jusqu’en 1896. Couvrant les années 1897 à 1918, la Correspondance politique et commerciale, dite « Nouvelle série », également répartie en sous-séries par pays ou zone géographique, a pour origine l’activité de la direction des Affaires politiques, devenue en 1907 la direction des Affaires politiques et commerciales, qui porte sur l’ensemble du globe, y compris sur les possessions coloniales et zones d’influence françaises et étrangères (en particulier pour les confrontations politiques et commerciales et les différends frontaliers dont elles sont le théâtre). Les dossiers sont principalement constitués de la correspondance échangée par le Quai d’Orsay avec ses représentants à l’étranger (ambassadeurs, ministres plénipotentiaires, consuls, mais aussi attachés militaires et navals), ainsi qu’avec les autorités étrangères et les autres administrations françaises, dont les ministères de la Guerre et de l’Intérieur. Cette correspondance a trait aussi bien à la situation intérieure, politique, économique, sociale et culturelle du pays de résidence qu’à ses positions et actions diplomatiques et éventuellement militaires.
18Un choix substantiel de documents provenant principalement de la Correspondance politique et de la Nouvelle série est disponible sous forme imprimée au sein des quarante-trois volumes publiés de 1929 à 1959 par la Commission de publication des documents relatifs aux origines de la guerre de 1914, dans le cadre de la collection « Documents diplomatiques français » (1871-1914).
19Aux archives de l’administration centrale font pendant celles des ambassades et consulats français à l’étranger, aujourd’hui conservées au Centre des archives diplomatiques de Nantes (CADN).
20À l’exception de certains accords militaires conservés par le ministère de la Guerre, les accords internationaux conclus durant la période par la France sont conservés aux archives du ministère des Affaires étrangères et peuvent être consultés sur une base de données accessible en ligne.
21Au Service historique de la Défense (SHD), doivent être en particulier consultées les archives du 2e bureau de l’État-Major de l’Armée (GR, soussérie 7 N), résultant du travail de renseignement tant politique et économique que militaire mené par les attachés militaires français à l’étranger (notamment GR, 7 N 1106-1735) ; elles éclairent, entre autres, la mise en place des alliances. Elles trouvent leur pendant dans les correspondances du ministère des Affaires étrangères, des consuls et des attachés navals conservées dans les sous-séries MV, BB 4 et BB 7 des archives de la Marine. Sont également à examiner certains articles de la sous-série GR, 1 N (archives du Conseil supérieur de la Guerre).
22La compréhension des mécanismes de décision – en particulier dans les phases de crise – suppose le recours aux papiers des responsables politiques. En s’en tenant aux sources françaises, les principaux fonds à consulter sont :
- aux archives du ministère des Affaires étrangères, les papiers de Maurice Bompard, ambassadeur à Saint-Pétersbourg de 1902 à 1904 puis à Constantinople de 1909 à 1914 (fonds 417PAAP), Jules Cambon, ambassadeur à Berlin de 1907 à 1914 (43PAAP), Paul Cambon, ambassadeur à Londres de 1898 à 1920 (42PAAP), Théophile Delcassé, ministre des Affaires étrangères de 1898 à 1905, ambassadeur à Saint-Pétersbourg de février 1913 à janvier 1914 (211PAAP), Jean Doulcet, diplomate à Saint-Pétersbourg de 1912 à 1918 (240PAAP), Abel Ferry, sous-secrétaire d’État aux Affaires étrangères de juin à août 1914 (181CPAAP), Gabriel Hanotaux (189PAAP), Jules Hansen, promoteur de l’alliance franco-russe (85PAAP), Pierre de Margerie, directeur politique du ministère des Affaires étrangères de janvier 1914 à 1919 (113PAAP), Maurice Paléologue, ambassadeur à Saint-Pétersbourg de janvier 1914 à 1917 (133PAAP), Alexandre Ribot, ministre des Affaires étrangères (150PAAP) ;
- aux Archives nationales, les papiers d’Hubert Lyautey (475 AP), Adolphe Messimy, ministre de la Guerre de juin à août 1914 (509 AP), Alexandre Millerand, ministre de la Guerre de janvier 1912 à janvier 1913 (470 AP), Alexandre Ribot, ministre des Affaires étrangères (563 AP), Louis de Robien, attaché à l’ambassade de France à Saint-Pétersbourg de 1914 à 1918 (427 AP) ;
- à la bibliothèque de l’Institut, la correspondance de Stephen Pichon, ministre des Affaires étrangères (ms 4395-4398) ;
- à la Bibliothèque nationale de France, les papiers de Raymond Poincaré – en particulier les notes journalières du président de la République (N.a.f., 15992-16063).
23Parmi les nombreuses sources imprimées, outre la presse et les débats parlementaires, doivent être consultés, avec les précautions d’usage, les très nombreux mémoires, souvenirs et correspondances laissés par les responsables français. Tout comme les fonds d’archives et les collections imprimées de documents diplomatiques, ils méritent d’être confrontés aux témoignages des autres belligérants.
24Grégoire Eldin
Bibliographie
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Format
BIBLIOGRAPHIE
Becker Jean-Jacques, L’année 1914, Paris, Armand Colin, 2004.
Clark Christopher, Les somnambules, Paris, Flammarion, 2013.
Henin Pierre-Yves, Le Plan Schlieffen. Un mois de guerre – deux siècles de controverses, Paris, Économica, 2012.
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10.1524/9783486850482 :Schmidt Stefan, Frankreichs Aussenpolitik in der Julikrise 1914, Munich, Oldenbourg, 2009.
10.3917/puf.souto.2009.01 :Soutou Georges-Henri, L’Europe de 1815 à nos jours, Paris, Presses universitaires de France, 2007.
Auteurs
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Georges-Henri Soutou
Membre de l’Académie des Sciences morales et politiques, Georges-Henri Soutou est professeur émérite à l’université Paris-Sorbonne (Paris IV). Il travaille sur les relations internationales au XXe siècle, en particulier sur la première guerre mondiale, les rapports franco-allemands et les relations Est-Ouest après 1945. Il a notamment publié L’Or et le Sang. Les buts de guerre économiques de la première guerre mondiale (Fayard, 1989) ; L’Alliance incertaine. Les rapports politico-stratégiques franco-allemands, 1954-1996 (Fayard, 1996) ; La guerre de Cinquante Ans. Les relations Est-Ouest 1943-1990 (Fayard, 2001) ; L’Europe de 1815 à nos jours (Presses universitaires de France, 2007) ; La Guerre froide (Pluriel, 2011). Il a publié en 2011 les souvenirs de son père : Jean-Marie Soutou, Un diplomate engagé. Mémoires 1939-1979 (Éditions de Fallois, 2011).
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Grégoire Eldin
Archiviste paléographe, Grégoire Eldin est conservateur en chef du patrimoine aux Archives du ministère des Affaires étrangères, au Quai d’Orsay depuis 1995 et, depuis 2009, à La Courneuve. Commissaire, en 2009, d’une exposition consacrée au rôle de la France dans la naissance de la Tchécoslovaquie de 1914 à 1925, il est aujourd’hui notamment responsable des archives de la direction d’Asie et d’Océanie.
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