• Contenu principal
  • Menu
OpenEdition Books
  • Accueil
  • Catalogue de 16629 livres
  • Éditeurs
  • Auteurs
  • Facebook
  • X
  • Partager
    • Facebook

    • X

    • Accueil
    • Catalogue de 16629 livres
    • Éditeurs
    • Auteurs
  • Ressources numériques en sciences humaines et sociales

    • OpenEdition
  • Nos plateformes

    • OpenEdition Books
    • OpenEdition Journals
    • Hypothèses
    • Calenda
  • Bibliothèques

    • OpenEdition Freemium
  • Suivez-nous

  • Lettre d’information
OpenEdition Search

Redirection vers OpenEdition Search.

À quel endroit ?
  • Presses universitaires de Rennes
  • ›
  • Histoire
  • ›
  • Algérie : sortie(s) de guerre
  • ›
  • Troisième partie. Après-guerres
  • ›
  • Se définir Pied-noir : l’impossible cons...
  • Presses universitaires de Rennes
  • Presses universitaires de Rennes
    Presses universitaires de Rennes
    Informations sur la couverture
    Table des matières
    Liens vers le livre
    Informations sur la couverture
    Table des matières
    Formats de lecture

    Plan

    Plan détaillé Texte intégral L’arrivée des Pieds-noirs dans le Gard La gestion de l’urgence La maîtrise des problèmes Les associations de rapatriés Le monopole politique des associations de rapatriés Les formes d’une culture politique L’héritage identitaire et les contraintes d’adaptation L’émergence d’une culture pied-noire métropolitaine Le verdict des urnes Conclusion Notes de bas de page Auteur

    Algérie : sortie(s) de guerre

    Ce livre est recensé par

    Précédent Suivant
    Table des matières

    Se définir Pied-noir : l’impossible construction d’une identité politique chez les Français d’Algérie rapatriés dans le Gard

    Didier Lavrut

    p. 127-139

    Texte intégral L’arrivée des Pieds-noirs dans le Gard La gestion de l’urgence La maîtrise des problèmes Les associations de rapatriés Le monopole politique des associations de rapatriés Les formes d’une culture politique L’héritage identitaire et les contraintes d’adaptation L’émergence d’une culture pied-noire métropolitaine Le verdict des urnes Conclusion Notes de bas de page Auteur

    Texte intégral

    1La guerre d’Algérie a bien évidemment été vécue dans le département du Gard de façon très différenciée en fonction des engagements des acteurs locaux. Le Parti communiste a mobilisé ses troupes de façon continue contre l’envoi des appelés, dans les appels à la paix et dans l’aide matérielle aux familles des nationalistes algériens internés. Les forces de police ont été engagées jusqu’en 1961 dans la lutte contre un FLN soutenu à des degrés divers, par une communauté algérienne d’environ 1 300 personnes. Une centaine de soldats ont perdu la vie en Algérie depuis 1955. Mais globalement, comme ailleurs en métropole, le département connaissait une croissance économique qui accaparait l’attention de Gardois n’aspirant qu’à voir rentrer leurs jeunes mobilisés par la guerre. Même la présence d’un camp d’internement à l’est du département a soulevé peu de contestations. La sortie de guerre a été précédée par la menace de l’OAS mais, comparé à l’Hérault et au Vaucluse, le Gard a subi très peu d’attentats. Dans une certaine mesure, la guerre d’Algérie s’est imposée ici brutalement alors même qu’elle s’achevait. L’arrivée des rapatriés a été un choc pour une population qui avait forgé des représentations des Pieds-noirs sans rapport avec les situations de détresse qu’ils découvrent à l’été 1962. Et bien avant de devenir les arbitres courtisés du jeu politique gardois qu’ils seront en 1965, ils sont avant tout un enjeu pour ceux qui cherchent à construire et instrumentaliser une identité politique pied-noire autour d’une culture de la radicalité. Cette dynamique se heurte à la nécessité d’accommodements identitaires, que les engagements individuels autant que les échéances électorales permettent de saisir. C’est précisément parce qu’elle intervient au moment où le poids électoral des Pieds-noirs devient perceptible, que l’élection municipale de mars 1965 à Nîmes cristallise mieux que toute autre échéance la tension qui, entre affrontement et dialogue, permet de saisir ce que se définir Pied-noir veut dire.

    L’arrivée des Pieds-noirs dans le Gard

    2Les Pieds-noirs commencent à quitter massivement l’Algérie dès l’annonce de la signature des accords d’Évian. Ces départs deviennent très vite un mouvement migratoire définitif qui s’amplifie de semaine en semaine et s’accélère après l’indépendance de l’Algérie début juillet. Le Gard accueille 200 familles entre le 1er mars et le 15 mai et 1 000 du 15 au 30. Le 15 juillet, le préfet Vaugon annonce la présence de 4 000 familles soit environ 14 000 personnes. Le pic de 25 000 rapatriés est atteint le 30 août 1962. Le choc est tel que le 11 septembre, le département est déclaré « saturé » et la préfecture annonce qu’elle ne paiera plus les prestations de retour aux rapatriés arrivés après le 31 août.

    3Le Gard n’est pas le département le plus touché1. Les Bouches-du-Rhône sont de très loin le plus important département d’accueil ; les Pyrénées-Orientales enregistrent autant d’arrivées que le Gard ; l’Hérault où les bateaux arrivent à Sète et où une liaison aérienne entre Alger et Montpellier est ouverte le 13 juin, en comptabilise deux fois plus. La proximité du pôle marseillais, saturé et où les autorités cherchent tant bien que mal à créer du transit, permet de comprendre en grande partie ce qui pousse les rapatriés vers le Gard. Par ailleurs, de nombreux rapatriés ont déjà de la famille dans le département. La correspondance du préfet regorge de demandes d’audiences émanant de rapatriés à la recherche d’un logement car ne pouvant rester plus longtemps chez un frère, une tante ou des cousins2. La décrue s’amorce au cours du mois de septembre avec des départs massifs vers d’autres départements. Les effectifs se stabilisent en 1963 autour de 17 000 rapatriés jusqu’à ce que la suppression en octobre des mesures interdisant aux rapatriés de se fixer dans le Midi, ne les gonfle à nouveau : 19 000 rapatriés dans le Gard en janvier 1964 et 21 700 en janvier 19653.

    La gestion de l’urgence

    4Face à une situation de panique non anticipée et dont le caractère définitif n’est pas encore admis par les autorités, il faut gérer l’urgence et mobiliser les énergies comme les volontés. Le 29 mai 1962, le Préfet réunit pour la première fois un Comité départemental d’accueil chargé de coordonner les actions de la Croix-Rouge, des Ponts et chaussées, de la municipalité, des associations catholiques et protestantes et de l’Entraide gardoise. On se répartit l’accueil en gare, le transport, la distribution des repas et la gestion des 9 centres d’hébergements4. À partir de juin 1962, le gouvernement confie au préfet le soin de constituer et liquider les dossiers des rapatriés. Le préfet Vaugon met sur pied le Service des rapatriés de la préfecture qui très rapidement, traite jusqu’à 60 dossiers par jour. Il faut immatriculer les rapatriés à la Sécurité sociale, rembourser les frais de transport, verser les allocations forfaitaires de départ, les prestations de subsistance, les subventions d’installation, entamer les premières procédures de reclassement professionnel5. Mais l’urgence c’est le logement. Entre septembre et octobre 1962, Francis Panazza, directeur de l’édition gardoise du Méridional-la France, publie une série d’articles intitulée « La grande misère des réfugiés d’AFN » qui témoigne de situations particulièrement tragiques. Leur finalité est bel et bien d’alerter l’opinion autant que les pouvoirs publics : « Route de Saint-Gilles, 26 personnes dont 13 enfants dans un F56 », « Rue Delon-Soubeyrand, 9 personnes dans 2 pièces dont une sans fenêtre7 », « M. et Mme Lorenzo, rapatriés d’Oran couchent depuis 1 mois dans leur voiture sur l’Esplanade8 », « 9 dont 5 enfants dans une pièce et la mémé qui meurt9 ».

    5Au plus fort de l’afflux, fin août 1962, 1 200 familles se sont inscrites pour obtenir un logement. Le préfet n’a pu en reloger que 175, entre autres par réquisition. En octobre, incapable de répondre à 1 300 nouvelles demandes, celui-ci lance un ambitieux programme. Office HLM, propriétaires de terrains, entrepreneurs et syndicats sont mobilisés dans la construction de 240 logements ainsi que 80 villas préfabriquées à proximité du petit hameau de Courbessac, au nord-est de Nîmes. 280 logements sont réservés dans la ZUP, à l’ouest de la ville, où le premier coup de pioche n’a pas encore été donné. Enfin, 180 logements sont prévus à Alès. À charge pour la municipalité de viabiliser le quartier. Alès, Beaucaire, Bagnols-sur-Cèze, Saint-Gilles pour ne prendre que les premiers programmes de construction, sont ainsi le cadre d’un effort considérable en matière de logement.

    La maîtrise des problèmes

    6Force est de constater que les difficultés matérielles sont pratiquement surmontées au cours de l’année 1964. L’implantation géographique des rapatriés s’est stabilisée. 9 000 d’entre eux, soit près de la moitié, résident dans la ville de Nîmes, un gros tiers sur les communes du sud et de l’est du département, en particulier le long du Rhône. 2 000 rapatriés soit 10 %, sont installés sur Alès et ses environs, au nord. L’arrondissement du Vigan au cœur des Cévennes ne semble pas avoir attiré plus de 400 d’entre eux. Le Service des rapatriés de la préfecture a plutôt bien géré les difficultés considérables auxquelles il dût faire face. Si en mars 1963, près de 1 200 demandes d’emplois salariés étaient encore non satisfaites, plus aucun dossier de reclassement professionnel n’était en souffrance en octobre 1964. Il est nécessaire de prendre la mesure du volontarisme des rapatriés comme du contexte d’expansion économique qui caractérise le Gard en ce début des années soixante : le Service des rapatriés, de sa création à mars 1963, n’a pas opéré plus de 305 reclassements alors que dans le même temps 1 300 rapatriés avaient réussi à trouver un emploi par leurs propres moyens10. Seul le logement est resté un problème épineux jusqu’en 1965. Au-delà de ces questions matérielles essentielles, l’intégration semble avoir été très rapide. Cette question fait régulièrement l’objet de rapports des RG intitulés « état d’esprit pied-noir ». Ceux-ci montrent en 1962, un malaise grandissant entre une population nîmoise compatissante puis de plus en plus méfiante à l’égard de Pieds-noirs emplis de rancœur, arrogants et accusant tous les métropolitains de leurs maux : « Ce n’est pas nous qui avons voulu venir en France. Il va falloir maintenant nous avaler11. » Au cours de l’année suivante, les RG sont encore plus inquiets. Un rapport de juillet 1963 relatif à la cité de Courbessac parle de francophobie, de refus de s’intégrer, de haine farouche pour la France et les Français inculquée par les aînés à leurs enfants. Les besoins financiers sont considérables et il est question de mineures qui se prostituent pour acheter vêtements et chaussures ainsi que d’armes stockées dans les appartements. Les Pieds-noirs parlent de s’emparer du pouvoir en France ou d’installer le terrorisme contre les Arabes. Les RG considèrent que cet état d’esprit est caractéristique des Oranais et qu’il aurait gagné tout le lotissement de Courbessac. Sept mois plus tard, tout cela semble oublié. Pour le Préfet, les rapatriés restés dans le Gard « semblent s’y être bien acclimatés et être décidés à s’y fixer définitivement [...] Rapidement les méfiances et réserves qu’éprouvaient réciproquement autochtones et nouveaux venus se sont dissipées12 ».

    Les associations de rapatriés

    7Dans une ville comme Nîmes qui dès le printemps 1962 dépasse les 100 000 habitants, un groupe représentant 8 à 9 % de la population13 constitue un enjeu politique considérable pour ceux qui l’encadrent. Cet encadrement qui contribue largement à la production d’une culture politique nouvelle dans le département est avant tout l’affaire des associations de rapatriés.

    8Jusqu’en mars 1962, il n’existe qu’une seule association dans le Gard et encore n’exerce-t-elle son activité qu’à l’échelle de Nîmes : il s’agit de l’Amicale des Français rapatriés d’Afrique du Nord (AFRAN)14. Créée en 1956, c’est une toute petite structure qui s’est affiliée par la suite à l’ANFANOMA, la principale association de rapatriés, créée à Marseille par le colonel Battesti, député UNR de Seine-et-Marne. L’ANFANOMA15 a des sections comme celle du Gard, dans l’Hérault, le Var et la Corse. En 1960, l’Amicale est reprise en main par un ancien d’Indochine, Claude Matheron, qui très vite rompt avec l’ANFANOMA pour s’affilier en novembre 1961 à la toute nouvelle FNFA (Fédération nationale des Français d’Algérie) née en mai 1961 à Montpellier d’une scission au sein de l’ANFANOMA et que dirige Lucien Franco, lui aussi ancien d’Indochine et comme Matheron sympathisant OAS. La masse de ceux qui arrivent à partir de mars 1962 adhère à l’Amicale. Forte de ses 260 adhérents, elle est devenue centrale dans le dispositif de prise en charge des rapatriés et il n’est pas anodin que le préfet ait voulu prendre la parole lors de la grande réunion qu’elle organise le 17 juin 1962. C’est précisément à partir de juin, avec l’afflux brutal de rapatriés dans le Gard, que Matheron et Franco, extrêmement actifs, créent des sections de la FNFA à Beaucaire, à Bagnols-sur-Cèze, au Grau-du-Roi, sections qu’ils visitent régulièrement. Le 29 juillet 1962, Claude Matheron qui part pour le Tchad, quitte la direction de l’Amicale.

    9L’homme qui lui succède, Alain de Cacqueray, prend à 33 ans la tête de l’Amicale à un moment crucial, l’afflux maximal de rapatriés dans le département. Sa personnalité, son sens des relations publiques, son dynamisme, le travail étroit de collaboration avec la préfecture qui s’en félicite, lui confèrent dès lors un poids considérable tant dans l’association qu’auprès des rapatriés et des acteurs locaux. C’est à partir de cette assemblée générale du 29 juillet 1962 que l’Amicale devient l’Association départementale des Français rapatriés d’AFN. En effet, la stature prise par l’association et son président conduit celui-ci à prendre ses distances avec Lucien Franco. Une bataille se joue dont l’enjeu est bien le contrôle et l’encadrement des rapatriés. Dès la fin du mois d’octobre 1962, Cacqueray rompt avec la FNFA et engage une véritable course pour rallier les différentes sections du sud et de l’est du département : l’Association départementale prend le contrôle des sections de Beaucaire, de Bagnols-sur-Cèze, de Saint-Gilles et ouvre une section à Sommières. Franco ne parvient à conserver que la plus petite, celle du Grau-du-Roi. En revanche, le nord du département échappe à l’influence de l’Association départementale. Les rapatriés d’avant l’été 1962 y sont inscrits à la section de Montpellier de l’ANFANOMA, que dirige un avocat, Armand Cascio. Les nouveaux, de plus en plus nombreux, ne sont pas encadrés. C’est ce qui conduit Cascio à créer à partir de novembre 1962 une section très active à Alès. Les autres sections, Uzès, Pont-Saint-Esprit, Bagnols-sur-Cèze, n’eurent jamais un nombre significatif d’adhérents. Paradoxalement, ces ruptures et rivalités sont parallèles à un discours de plus en plus récurrent en faveur de l’union des associations. Mais si Cacqueray travaille à des rapprochements, c’est uniquement avec des associations inexistantes dans le Gard. La rencontre qu’il organise le 3 février 1963 à Nîmes avec trois leaders du RANFRAN-OM16, lui permet de s’inscrire à égalité avec les grands leaders nationaux des associations de rapatriés.

    Le monopole politique des associations de rapatriés

    10Lorsque l’on s’interroge sur les orientations politiques des dirigeants de l’Association départementale, l’ancrage très marqué à l’extrême-droite et dans la mouvance Algérie française, frappe immédiatement. Claude Matheron tout comme Alain de Cacqueray sont membres du Regroupement national pour l’unité de la République (RNUR). Cette structure complexe créée par Jacques Soustelle en décembre 1960 pour fédérer des groupuscules très actifs dans la défense de l’Algérie française, réunit des personnalités qui se rendent régulièrement à Nîmes à l’invitation de Claude Matheron puis d’Alain de Cacqueray. S’y croisent ainsi Jean-Baptiste Biaggi, Jean-Louis Tixier-Vignancour, Jean-Marie Le Pen, les colonels Trinquier et Thomazo, Marc Lauriol ou encore le bachaga Boualam, rapatrié en mai 1962 et installé en Camargue, près d’Arles, au Mas-Thibert. En avril 1961, alors qu’il est déjà à cette date président de l’Amicale des rapatriés, Matheron est arrêté comme activiste OAS et interné pendant une semaine à la caserne des CRS d’Uzès. On peut comprendre les réticences du préfet qui « oublie » d’intégrer l’Amicale dans le Comité départemental d’accueil qu’il réunit le 29 mai 1962. Par ailleurs, deux conseillers municipaux nîmois élus en 1959 sous l’étiquette UNR, sont membres du bureau de l’Association départementale à partir de juillet 1962 et eux aussi membres du Regroupement national. L’un d’eux, Pierre Régnier-Vigouroux est condamné en juin 1963 pour détention de tracts OAS avant d’être relaxé en appel.

    11Cet ancrage politique très marqué permet de comprendre les ressorts mais aussi les bégaiements de la culture politique qui se construit chez les Pieds-noirs du Gard. C’est une culture de la revendication qui s’affirme au départ dans l’urgence de l’été 1962. Force est de constater que l’Association départementale déploie une activité considérable. Les bénévoles tiennent des permanences, aident à la constitution de dossiers, à la rédaction de courriers administratifs, accompagnent les rapatriés à la préfecture. L’association passe des annonces, trouve des emplois, des logements, des meubles, des poussettes, des vêtements pour bébés. Elle aide les épouses des activistes internés à l’Ardoise en mai et juin 1962. Elle s’associe à la Cimade et au Secours Catholique à noël 1962 dans une grande campagne pour offrir des jouets aux 2 000 enfants de harkis de l’Ardoise. Elle fait le lien entre les rapatriés et la presse. Jusqu’à l’automne 1962, les revendications de l’Association départementale concernent le logement et l’emploi et Alain de Cacqueray, convaincu de la bonne volonté du Préfet, collabore avec lui sans contester son action. La période critique passée, les revendications portent essentiellement – et cela jusqu’à l’automne 1963 – sur le reclassement, en particulier celui des petits agriculteurs. Ce n’est qu’à partir de l’été 1963 que le discours se fait plus radical, plus politique, portant sur l’indemnisation totale des biens et sur l’amnistie en faveur des activistes OAS.

    Les formes d’une culture politique

    12Ce discours politique privilégie une dynamique identitaire et communautaire. Il est pour ce faire soutenu par tout un ensemble de pratiques inscrites dans un corpus de représentations qui s’imposent auprès des rapatriés par le relais constant et répétitif qu’en fait Le Méridional-la France, quatrième quotidien du département avec un tirage de 15 000 exemplaires et propriété de Jean Fraissinet, député indépendant des Bouches-du-Rhône. Il ouvre dès le 25 mai 1962 ses colonnes aux rapatriés, qui le lisent dans leur écrasante majorité, en créant une rubrique quotidienne y compris pour l’édition du Gard, publiant offres d’emplois et demandes de logements et portant l’attention sur les cas les plus dramatiques. Le Méridional publie les communiqués des associations qui l’utilisent pour faire circuler l’information interne. Au-delà de cette dimension pratique, il produit un discours qui renvoie aux rapatriés (appelés aussi Pieds-noirs, repliés, spoliés, exilés, réfugiés...), les schèmes identitaires d’une communauté fraternelle, solidaire, courageuse, unie dans le malheur, le déracinement et la nostalgie17. Attachée à sa culture pied-noire, cette communauté doit s’intégrer mais ne pas oublier qu’elle fut abandonnée par la France, une France qui a une dette à lui payer18. Les Nîmois quant à eux découvrent la culture pied-noire au travers de nouvelles pratiques alimentaires (merguez, brochettes, kémia, mouna), des spectacles comme la « Famille Hernandez » donnée au Foyer communal en novembre 1962 ou par Enrico Macias dont la prestation aux Arènes en septembre 1963 inaugure une longue série de concerts dans le département. Les pratiques religieuses tiennent une place essentielle dans la production de cette identité. À chaque Toussaint, dès 1962, l’Association départementale appelle les rapatriés à déposer une gerbe au monument aux morts et assister à une messe en l’église Saint-Paul. La cité de Courbessac où réside une écrasante majorité d’Oranais reçoit régulièrement au cours des années 1964 et 1965, la visite de prêtres venant de quitter Oran. L’émulation générée par le projet de construire une chapelle dédiée à N.-D. de Santa-Cruz, qui se concrétise par l’acquisition d’un terrain en octobre 1963 et une messe en plein air célébrée par l’abbé Hébrard, est emblématique du décalage entre la pratique religieuse des Pieds-noirs et celle des Gardois. L’évêque de Nîmes, Mgr Rougé, suit le mouvement avec réticence et incompréhension19. Le Conseil curial formé dans la foulée est animé par des personnalités de Courbessac comme Antoine Roca et Antoine Candella. Mais les dirigeants de l’Association départementale en font partie. La pratique religieuse s’avère par ailleurs inséparable de la commémoration d’événements dont le souvenir récent rassemble les rapatriés. Les associations les entremêlent avec d’autres qui renvoient purement et simplement à la geste de l’OAS. À ce titre, ces commémorations scandent un calendrier à la fois liturgique, mémoriel et politique et renvoient bien à la production d’un discours politique. Ainsi la fusillade de la rue d’Isly le 26 mars 1962 est un anniversaire qui dès 1964 est couplé avec celui de l’exécution le 11 mars 1963 de Bastien-Thiry. Si une messe a bien lieu à la chapelle des Franciscains le 14 mars 1964, elle est interdite par le nouveau préfet dès l’année suivante. Alain de Cacqueray appelle alors les rapatriés à se rendre le 14 mars à l’office célébré à la cathédrale et à y prier : « Dans leur cœur cet office sera celui de Bastien-Thiry et de tous ceux qui sont morts pour la défense de la civilisation chrétienne20. » On peut à cet égard signaler le meeting du 19 mai 1963 à Nîmes où devant 2 000 personnes, il demande une minute de silence à la mémoire de Bastien-Thiry « grand patriote et grand chrétien21 ».

    L’héritage identitaire et les contraintes d’adaptation

    13Cet ancrage de plus en plus marqué à l’extrême-droite ne fait pas l’unanimité et c’est chez les jeunes que l’orientation politique de l’Association départementale pose le plus de problèmes. Aspirant à s’intégrer rapidement en métropole, à vivre avec un niveau de vie supérieur à celui qu’ils pouvaient avoir en Algérie, le discours revendicatif et très politisé d’Alain de Cacqueray leur paraît en décalage avec la volonté de se tourner vers l’avenir. À ce titre, la création en mars 1963 d’une Amicale des jeunes Pieds-noirs (AJPN) est intéressante. Son fondateur, Jean-Claude Gomez, un jeune patron de bar, organise des bals et des kermesses et n’entend pas empiéter sur les activités de l’Association départementale. Néanmoins, les rapports sont rapidement tendus. Alain de Cacqueray reproche à l’Amicale de diviser les rapatriés et surtout dénonce l’implication dans son Conseil d’administration du député UNR de la 1re circonscription, Pierre Gamel. L’Association départementale a des difficultés à percevoir les cotisations. En 1962, une famille rapatriée sur quatre adhérait à l’Association, ce qui est considérable. Mais cette proportion s’effondre l’année suivante. Nombre de rapatriés ne cotisent plus à partir du moment où ils trouvent emploi et logement. Par ailleurs, certains refusent le discours sur l’amnistie, n’étant pas près de pardonner à l’OAS sa politique de terre brûlée. C’est à Courbessac que cette distanciation est la plus marquée. Les rapatriés s’y organisent assez rapidement sous l’impulsion d’un ancien syndicaliste d’Algérie, Antoine Candella.

    14Son parcours n’est pas sans intérêt. Né le 10 janvier 1933 à Oran dans un milieu ouvrier où l’on fait attention aux dépenses, le jeune Candella, peu attiré par l’école, est rapidement mis en demeure de gagner sa vie. Engagé à l’arsenal de Mers el-Kébir comme manutentionnaire, le jeune homme prend des responsabilités et y devient comptable ainsi que responsable de Force Ouvrière (FO). En 1962, il ne quitte plus la base étant sur une « liste noire FLN22 ». Dès juin ses parents partent pour Paris et lui-même est évacué avec sa femme et ses deux enfants de 6 et 12 ans, le 19 août sur un bâtiment de la Marine. La famille est hébergée pendant trois jours à Toulon par le Secours catholique. La décision de partir pour Nîmes tient autant à la présence de cousins que de souvenirs de lectures d’enfance : les arènes, la ville romaine, une blancheur qui n’existait alors que dans son imagination. Les cousins leur trouvent un hébergement dans un centre d’urgence du Secours catholique à l’Œuvre Argaud : deux baraques en fer et une en bois où s’entassent une vingtaine de familles mais où la plupart des hommes ont déjà réussi à trouver un emploi. La famille y passe quatre mois jusqu’à l’ouverture des premiers logements de Courbessac. Il a réussi entre temps à trouver un emploi de magasinier chez Citroën sans passer par la préfecture. Son insertion et les opportunités qui se présentent à lui tiennent pour beaucoup au répertoire d’action de l’ancien syndicaliste qu’il fut à Oran : Antoine Candella a appris à nouer des liens avec les milieux associatifs et avec la presse. Son engagement dans les actions du Secours catholique qui lui est venu en aide, est d’autant plus aisé qu’il est un catholique pratiquant. Il se lie rapidement d’amitié avec le responsable du Méridional-la France, Francis Panazza et à l’automne 1963, obtient un reclassement professionnel en étant embauché comme comptable à la mairie de Nîmes grâce à l’appui de trois conseillers municipaux. Bien que politiquement très éloignés les uns des autres, tous ont acquis de l’estime pour l’ancien syndicaliste, pour le chrétien, pour le fondateur de comité de quartier ou pour le rapatrié admiratif de Léon Jouhaud : Marius Arra, socialiste qui rejoindra le PCF en 1965, Paul Tondut, gaulliste et Pierre Régnier-Vigouroux du Regroupement national.

    15Avec des personnalités comme Antoine Roca qu’il a connu à Oran, Antoine Candella créé un comité de quartier qui entretient un dialogue régulier avec la municipalité dirigée par le socialiste Edgar Tailhades. En octobre 1963, Francis Panazza lui confie une rubrique hebdomadaire dans le Méridional : « À l’écoute de la cité Pieds-noirs de Courbessac. » Candella y exprime les revendications des habitants mais souligne régulièrement la reconnaissance des Pieds-noirs de Courbessac envers « une municipalité qui fait preuve de bienveillance23 ». En quelques mois le comité de quartier a obtenu l’ouverture de classes maternelles, la construction d’un groupe scolaire, l’éclairage municipal, une liaison par bus et le goudronnage des voies. Un club omnisports, un club d’aéromodélisme et une association de parents d’élèves sont lancés. On observe un cas de figure identique lorsque s’organisent les premiers habitants de la ZUP. Le comité de quartier créé en juillet 1964 est animé par Robert Manès, un rapatrié d’Oran dont les préoccupations sont très éloignées de la nostalgie de l’Algérie française.

    L’émergence d’une culture pied-noire métropolitaine

    16La mobilisation politique des rapatriés apparaît dès lors plus complexe qu’on pouvait le supposer24. En réalité, les formations politiques qui s’engagent explicitement auprès d’eux et font appel à leurs suffrages se résument au CNI et aux poujadistes25. Parmi les personnalités politiques gardoises qui ne ménagent pas leurs efforts en ce sens, Jean Poudevigne se détache incontestablement. Député de la 2e circonscription, élu en 1958, affilié au groupe des Indépendants et paysans, avant tout représentant des intérêts viticoles, les législatives de 1962 sont pour lui l’occasion de s’appuyer sur les rapatriés pour lesquels il intervient régulièrement à l’Assemblée nationale. Orateur remarqué, son sens de la formule fait mouche comme cette nuit du 28 au 29 octobre 1964 où il s’écrie : « Ce que les rapatriés attendent ce n’est pas un dépannage, c’est une réparation26. » Cela dit, le vote rapatrié apparaît accessoire. Au cours des trois consultations de 1962, les appels et rappels exaspérés des associations pour demander aux rapatriés de s’inscrire sur les listes électorales, témoignent du peu d’intérêt des Pieds-noirs pour la politique dans les mois qui suivent l’exode27. Les cantonales de 1964 ne les mobilisent guère plus.

    Le verdict des urnes

    17Il faut attendre les municipales de mars 1965, en particulier à Nîmes, pour noter une implication sérieuse des rapatriés, le fort pourcentage de candidatures pieds-noires pouvant l’expliquer comme en témoigner. Par ailleurs, la situation politique à Nîmes à la veille de l’élection ne manque pas de complexité. Edgar Tailhades, maire SFIO depuis 1947, souhaite reconduire l’ensemble de l’équipe municipale à l’exclusion de deux conseillers très connotés Algérie française, dont Pierre Régnier-Vigouroux, vice-président de l’Association départementale des rapatriés d’AFN. Il tient en particulier à conserver son deuxième adjoint, l’UNR Paul Tondut, contre l’avis de la direction nationale de la SFIO qui ne veut d’alliance ni avec l’UNR, ni avec le PC. Parallèlement, les comités de quartier de Courbessac et de la ZUP veulent représenter les rapatriés au sein de la future équipe municipale et en font la demande à Edgar Tailhades. Ce dernier y est d’autant plus sensible que Pierre Régnier-Vigouroux, jusque là seul représentant des rapatriés au sein de la municipalité, a cessé de faire l’unanimité chez les Pieds-noirs. L’Association départementale qui appelle à ne pas voter pour toute liste comprenant au moins un candidat UNR ou PC, s’inquiète de ces initiatives et exige que tout rapatrié désirant se présenter sur une liste ait sa caution préalable. L’opportunité pour elle de présenter des candidats apparaît lorsqu’une troisième liste se constitue à l’initiative de ceux que la municipalité avaient exproprié pour l’implantation de la ZUP à l’ouest de la ville. Leur porte-parole pour le moins pittoresque, Marcel Pinelli, fait de la défaite de Tailhades une affaire personnelle. Cette liste polarise très vite les initiatives ou les ambitions de ceux qui veulent en découdre avec le maire : des rapatriés présentés par l’Association départementale, des poujadistes, des partisans de l’extrême-droite, des royalistes du Cercle Saint-Charles et bien entendu des expropriés. Le 14 mars 1965, trois listes sont en compétition avec des candidats qui se définissent comme rapatriés. La liste d’extrême-droite en comprend six. La liste menée par le maire comprend Antoine Roca, du comité de quartier de Courbessac et Robert Manès, du comité de quartier de la ZUP. Antoine Candella pressenti par le maire a refusé en raison de son emploi à la mairie et par refus de la politique. La liste présentée par le Parti communiste et menée par le futur vainqueur, Émile Jourdan, comprend un rapatrié, Hugues Karolinski, membre du bureau du comité de quartier de la ZUP.

    18Au soir du 14 mars, Jourdan arrive en tête (40,9 %) juste devant Tailhades (39,3 %). La troisième liste a recueilli une voix sur cinq (19,8 %). En se maintenant au deuxième tour, elle sait qu’elle fera gagner Jourdan. Jean Poudevigne rédige alors un communiqué en faveur du maire sortant28. Le président national de la FNFA, Lucien Franco, vient à Nîmes, le 19 mars appeler lui aussi les rapatriés à soutenir le maire au titre de ce qu’il a fait et par réalisme politique : « Pieds-noirs, le communisme est notre ennemi numéro un29. » Mais quelques heures plus tard, dans un autre meeting, le colonel Thomazo appelle les rapatriés à voter pour la troisième liste, l’issue important peu : « Le gaullisme mène la France au communisme plus sûrement que Waldeck-Rochet lui-même. Et le gaullisme représente un danger plus imminent puisque de Gaulle est pouvoir30 ! » Le 21 mars, Edgar Tailhades proclame élue la liste menée par Émile Jourdan. Un cas de figure similaire se produit à Alès où le président du Conseil général, Paul Béchard, maire SFIO depuis 1953, perd la mairie au profit du communiste Roger Roucaute avec le maintien au deuxième tour d’une troisième liste très éclectique. Elle regroupe, selon les RG, « les gaullistes dont Béchard n’a pas voulu et les mécontents de la gestion du maire sortant31 », notamment des expropriés. Le responsable alésien de l’ANFANOMA, Alonzo Ruiz, appelle entre les deux tours les rapatriés à voter pour cette liste, la seule à s’intéresser à « cette communauté déracinée32 ».

    Conclusion

    19Se définir Pied-noir en métropole au moment de la sortie de guerre relève avant tout d’une entreprise politique dont les ressorts tournent autour de trois idées : la détestation de de Gaulle, la douleur de l’exil et la conviction que la France est débitrice. Être Pied-noir, c’est se reconnaître dans cela. Pour autant, dès 1963 et surtout à partir de 1964, le reclassement professionnel avec souvent de meilleurs revenus qu’en Algérie ainsi que la nécessité de dialoguer avec les autorités municipales ou préfectorales, font que certains rapatriés s’engagent dans un rapport à la politique qui est avant tout celui de la gestion de la cité. Yann Scioldo-Zürcher a montré tout le processus par lequel les rapatriés sont devenus métropolitains. Se définir Pied-noir c’est au fond, après l’être devenu, rester métropolitain. Et puisque sans Algérie, il n’y a plus de métropole, rester métropolitain c’est continuer à se définir par rapport à l’Algérie. Mais ce rapport est essentiellement nostalgique, avant tout individuel, au mieux familial. Se définir Pied-noir, c’est admettre comme illusoire le projet politique d’une communauté piednoire unie dans ses revendications, ses pratiques et sa culture. Ce projet s’est évaporé en quelques mois, au fur et à mesure que l’horizon d’attente des rapatriés divergeait par rapport à celui de leurs associations.

    Notes de bas de page

    1 Mohand Khellil et Jules Maurin (dir.), Les rapatriés d’Algérie en Languedoc-Roussillon, 1962-1992, Montpellier, université Paul Valéry Montpellier III, 1992.

    2 Arch. dép. du Gard, CA 1603.

    3 Arch. dép. de l’Hérault, 1188 W 2.

    4 Arch. dép. du Gard, CA 1559.

    5 Yann Scioldo-Zürcher, Devenir métropolitain, Paris, Éditions de l’EHESS, 2010.

    6 Le Méridional-la France, 12 septembre 1962.

    7 Le Méridional-la France, 15 septembre 1962.

    8 Le Méridional-la France, 10 octobre 1962.

    9 Le Méridional-la France, 26 octobre 1962.

    10 Arch. dép. du Gard, CA 1603.

    11 Arch. dép. du Gard, CA 1559, rapport du 1er août 1962.

    12 Arch. dép. du Gard, CA 1559, rapport du 8 février 1964.

    13 Fin 1963, Nîmes compte 118 000 habitants dont 9 000 rapatriés. Le Gard compte 435 000 habitants.

    14 Didier Lavrut, « Les associations de rapatriés : une histoire à construire. L’exemple du Gard et de l’Hérault », La France en guerre 1954-1962. Expériences métropolitaines de la guerre d’indépendance algérienne, Paris, Autrement, 2008, p. 309-315.

    15 Association nationale des Français d’Afrique du Nord d’Outre-mer et leurs amis.

    16 Rassemblement national des Français rapatriés d’Afrique du Nord et d’Outre-mer.

    17 Éric Savarese, « Après la guerre d’Algérie, la diversité des recompositions identitaires des pieds-noirs », Revue internationale des sciences sociales, 189, 2006, p. 491-500.

    18 Francis Panazza rapportant la réplique d’une fillette de Courbessac (« Monsieur, nous sommes des Français et pas des Pieds-noirs ») écrit : « C’est cruel et pourtant strictement vrai ! Ces gosses ont-ils répété ce qu’ils entendent autour de la table familiale. C’est probable, c’est infiniment triste », Le Méridional-la France, 6 septembre 1963.

    19 Michèle Baussant, Pieds-noirs, mémoires d’exils, Paris, Stock, 2002, p. 13-57.

    20 Le Méridional-la France, 11 mars 1965.

    21 Le Méridional-la France, 20 mai 1963.

    22 Entretien réalisé le 29 août 2012.

    23 Le Méridional-la France, 17 septembre 1964.

    24 Emmanuelle Comtat, « La question du vote Pied-noir », Pôle Sud, 24, 2006, p. 75-88.

    25 En octobre 1962, Pierre Poujade lance à Nîmes, une Union de défense des réfugiés d’Algérie (UDRA).

    26 Le Méridional-la France, 30 octobre 1964.

    27 Didier Lavrut, « La fin de la guerre d’Algérie et les législatives de 1962 dans le Gard », Le Midi Rouge, Bulletin de l’Association Maitron Languedoc-Roussillon, 10, 2007, p. 21-32 ; 11, 2008, p. 20-29.

    28 « La liste Tailhades est le seul rempart contre le succès communiste. Aussi, au nom du combat commun que nous avons mené et perdu ensemble pour votre maintien en Algérie, je vous demande de ne pas écouter les mauvais bergers partisans de la politique du pire » [Arch. dép. du Gard, CA 1757].

    29 Le Provençal, 20 mars 1965.

    30 Id.

    31 Arch. dép. du Gard, CA 1757, rapport du 9 février 1965.

    32 Id.

    Auteur

    • Didier Lavrut
      Agrégé d’histoire, doctorant en histoire contemporaine, université Panthéon-Sorbonne (Paris 1), chercheur-associé, CNRS UMR 8058 [Centre d’Histoire sociale du XXe siècle].
    Précédent Suivant
    Table des matières

    Le texte seul est utilisable sous licence Licence OpenEdition Books. Les autres éléments (illustrations, fichiers annexes importés) sont « Tous droits réservés », sauf mention contraire.

    Voir plus de livres
    Paysans des Alpes

    Paysans des Alpes

    Les communautés montagnardes au Moyen Âge

    Nicolas Carrier et Fabrice Mouthon

    2010

    Pérégrin d’Opole

    Pérégrin d’Opole

    Un prédicateur dominicain à l'apogée de la chrétienté médiévale

    Hervé Martin

    2008

    Prêtres de Bretagne au xixe siècle

    Prêtres de Bretagne au xixe siècle

    Samuel Gicquel

    2008

    Un constructeur de la France du xxe siècle

    Un constructeur de la France du xxe siècle

    La Société Auxiliaire d'Entreprises (SAE) et la naissance de la grande entreprise française de bâtiment (1924-1974)

    Pierre Jambard

    2008

    Ouvriers bretons

    Ouvriers bretons

    Conflits d'usines, conflits identitaires en Bretagne dans les années 1968

    Vincent Porhel

    2008

    L'intrusion balnéaire

    L'intrusion balnéaire

    Les populations littorales bretonnes et vendéennes face au tourisme (1800-1945)

    Johan Vincent

    2008

    L'individu dans la famille à Rome au ive siècle

    L'individu dans la famille à Rome au ive siècle

    D'après l'œuvre d'Ambroise de Milan

    Dominique Lhuillier-Martinetti

    2008

    L'éveil politique de la Savoie

    L'éveil politique de la Savoie

    Conflits ordinaires et rivalités nouvelles (1848-1853)

    Sylvain Milbach

    2008

    L'évangélisation des Indiens du Mexique

    L'évangélisation des Indiens du Mexique

    Impact et réalité de la conquête spirituelle (xvie siècle)

    Éric Roulet

    2008

    L'étranger en Bretagne au Moyen Âge

    L'étranger en Bretagne au Moyen Âge

    Présence, attitudes, perceptions

    Laurence Moal

    2008

    Les saints bretons entre légendes et histoire

    Les saints bretons entre légendes et histoire

    Le glaive à deux tranchants

    Bernard Merdrignac

    2008

    Les miroirs du silence

    Les miroirs du silence

    L'éducation des jeunes sourds dans l'Ouest, 1800-1934

    Patrick Bourgalais

    2008

    Voir plus de livres
    1 / 12
    Paysans des Alpes

    Paysans des Alpes

    Les communautés montagnardes au Moyen Âge

    Nicolas Carrier et Fabrice Mouthon

    2010

    Pérégrin d’Opole

    Pérégrin d’Opole

    Un prédicateur dominicain à l'apogée de la chrétienté médiévale

    Hervé Martin

    2008

    Prêtres de Bretagne au xixe siècle

    Prêtres de Bretagne au xixe siècle

    Samuel Gicquel

    2008

    Un constructeur de la France du xxe siècle

    Un constructeur de la France du xxe siècle

    La Société Auxiliaire d'Entreprises (SAE) et la naissance de la grande entreprise française de bâtiment (1924-1974)

    Pierre Jambard

    2008

    Ouvriers bretons

    Ouvriers bretons

    Conflits d'usines, conflits identitaires en Bretagne dans les années 1968

    Vincent Porhel

    2008

    L'intrusion balnéaire

    L'intrusion balnéaire

    Les populations littorales bretonnes et vendéennes face au tourisme (1800-1945)

    Johan Vincent

    2008

    L'individu dans la famille à Rome au ive siècle

    L'individu dans la famille à Rome au ive siècle

    D'après l'œuvre d'Ambroise de Milan

    Dominique Lhuillier-Martinetti

    2008

    L'éveil politique de la Savoie

    L'éveil politique de la Savoie

    Conflits ordinaires et rivalités nouvelles (1848-1853)

    Sylvain Milbach

    2008

    L'évangélisation des Indiens du Mexique

    L'évangélisation des Indiens du Mexique

    Impact et réalité de la conquête spirituelle (xvie siècle)

    Éric Roulet

    2008

    L'étranger en Bretagne au Moyen Âge

    L'étranger en Bretagne au Moyen Âge

    Présence, attitudes, perceptions

    Laurence Moal

    2008

    Les saints bretons entre légendes et histoire

    Les saints bretons entre légendes et histoire

    Le glaive à deux tranchants

    Bernard Merdrignac

    2008

    Les miroirs du silence

    Les miroirs du silence

    L'éducation des jeunes sourds dans l'Ouest, 1800-1934

    Patrick Bourgalais

    2008

    Accès ouvert

    Accès ouvert freemium

    ePub

    PDF

    PDF du chapitre

    Suggérer l’acquisition à votre bibliothèque

    Acheter

    Édition imprimée

    Presses universitaires de Rennes
    • decitre.fr
    • mollat.com
    • leslibraires.fr
    • placedeslibraires.fr
    • lcdpu.fr
    ePub / PDF

    1 Mohand Khellil et Jules Maurin (dir.), Les rapatriés d’Algérie en Languedoc-Roussillon, 1962-1992, Montpellier, université Paul Valéry Montpellier III, 1992.

    2 Arch. dép. du Gard, CA 1603.

    3 Arch. dép. de l’Hérault, 1188 W 2.

    4 Arch. dép. du Gard, CA 1559.

    5 Yann Scioldo-Zürcher, Devenir métropolitain, Paris, Éditions de l’EHESS, 2010.

    6 Le Méridional-la France, 12 septembre 1962.

    7 Le Méridional-la France, 15 septembre 1962.

    8 Le Méridional-la France, 10 octobre 1962.

    9 Le Méridional-la France, 26 octobre 1962.

    10 Arch. dép. du Gard, CA 1603.

    11 Arch. dép. du Gard, CA 1559, rapport du 1er août 1962.

    12 Arch. dép. du Gard, CA 1559, rapport du 8 février 1964.

    13 Fin 1963, Nîmes compte 118 000 habitants dont 9 000 rapatriés. Le Gard compte 435 000 habitants.

    14 Didier Lavrut, « Les associations de rapatriés : une histoire à construire. L’exemple du Gard et de l’Hérault », La France en guerre 1954-1962. Expériences métropolitaines de la guerre d’indépendance algérienne, Paris, Autrement, 2008, p. 309-315.

    15 Association nationale des Français d’Afrique du Nord d’Outre-mer et leurs amis.

    16 Rassemblement national des Français rapatriés d’Afrique du Nord et d’Outre-mer.

    17 Éric Savarese, « Après la guerre d’Algérie, la diversité des recompositions identitaires des pieds-noirs », Revue internationale des sciences sociales, 189, 2006, p. 491-500.

    18 Francis Panazza rapportant la réplique d’une fillette de Courbessac (« Monsieur, nous sommes des Français et pas des Pieds-noirs ») écrit : « C’est cruel et pourtant strictement vrai ! Ces gosses ont-ils répété ce qu’ils entendent autour de la table familiale. C’est probable, c’est infiniment triste », Le Méridional-la France, 6 septembre 1963.

    19 Michèle Baussant, Pieds-noirs, mémoires d’exils, Paris, Stock, 2002, p. 13-57.

    20 Le Méridional-la France, 11 mars 1965.

    21 Le Méridional-la France, 20 mai 1963.

    22 Entretien réalisé le 29 août 2012.

    23 Le Méridional-la France, 17 septembre 1964.

    24 Emmanuelle Comtat, « La question du vote Pied-noir », Pôle Sud, 24, 2006, p. 75-88.

    25 En octobre 1962, Pierre Poujade lance à Nîmes, une Union de défense des réfugiés d’Algérie (UDRA).

    26 Le Méridional-la France, 30 octobre 1964.

    27 Didier Lavrut, « La fin de la guerre d’Algérie et les législatives de 1962 dans le Gard », Le Midi Rouge, Bulletin de l’Association Maitron Languedoc-Roussillon, 10, 2007, p. 21-32 ; 11, 2008, p. 20-29.

    28 « La liste Tailhades est le seul rempart contre le succès communiste. Aussi, au nom du combat commun que nous avons mené et perdu ensemble pour votre maintien en Algérie, je vous demande de ne pas écouter les mauvais bergers partisans de la politique du pire » [Arch. dép. du Gard, CA 1757].

    29 Le Provençal, 20 mars 1965.

    30 Id.

    31 Arch. dép. du Gard, CA 1757, rapport du 9 février 1965.

    32 Id.

    Algérie : sortie(s) de guerre

    X Facebook Email

    Algérie : sortie(s) de guerre

    Ce livre est cité par

    • Capdevila, Luc. (2017) Femmes, armée et éducation dans la guerre d’Algérie. DOI: 10.4000/books.pur.154682
    • Chaïb, Sabah. (2016) Les coopérants français en Algérie (1962-1966). Cahiers d'études africaines, 221-222. DOI: 10.4000/etudesafricaines.18970
    • (2022) Cessez-le-feu, cesser les combats ?. DOI: 10.4000/books.septentrion.136978
    • Le 47e régiment d’infanterie pendant la Première Guerre mondiale. DOI: 10.70675/4bf2bcf7z6c2ez4744z8d7cz7ccde0ff5381
    • Le processus d’intégration des retornados au Portugal (1975-2018) : analyse comparée avec le cas français des pieds-noirs d’Algérie. DOI: 10.70675/f3722dedza2cez4f10za3e6z3a859fbfd88f
    • Entrer en paix : la sortie des guerres de Religion en Bretagne (1598-années 1610). DOI: 10.70675/ec21b9bez8f56z43c0z8347z5f4d3c5d6f4b
    • Mettre en scène l'Algérie coloniale : Les préfets d'Alger et le protocole (1936-1961). DOI: 10.70675/c3660c50z4728z4e98z9339za6b91b3ae5b2
    • Une armée nouvelle ? La gauche et l’armée française (1968-1985). Antimilitarisme, libertés publiques, défense nationale. DOI: 10.70675/a6f40a79z9c71z4818z9a5bz5feebf275b6c
    • Expertise et politique au cœur de la coopération au développement France-Chili : le bureau d’études IRAM dans la Réforme agraire chilienne (1964-1973). DOI: 10.70675/859129d9z3081z47f7zb01fz9cf8fd612435
    • Mourir pour la France en Algérie : armée, État et familles face aux morts de l’armée française pendant la guerre d'Algérie (1954- années 2010). DOI: 10.70675/ddad1a39z7009z428dzbcd2z82ab5d4f0dda
    • Cultures et empire, une société théâtrale en situation coloniale ? : Algérie 1946-1962. DOI: 10.70675/8f2039d4z7073z431cza955zdfb4acc49570
    • Ni morts, ni vivants : l’angoissant mystère des disparus d’Algérie après les accords d’Évian. DOI: 10.70675/9c275657z3214z4d26za91dz9ef5344d2de0
    • Genre et engagement : devenir "porteur-e de valises" en guerre d'Algérie (1954-1966). DOI: 10.70675/87d2a869zffeaz4fa9z8e86za38287796b4e

    Ce chapitre est cité par

    • Le processus d’intégration des retornados au Portugal (1975-2018) : analyse comparée avec le cas français des pieds-noirs d’Algérie. DOI: 10.70675/f3722dedza2cez4f10za3e6z3a859fbfd88f

    Algérie : sortie(s) de guerre

    Ce livre est diffusé en accès ouvert freemium. L’accès à la lecture en ligne est disponible. L’accès aux versions PDF et ePub est réservé aux bibliothèques l’ayant acquis. Vous pouvez vous connecter à votre bibliothèque à l’adresse suivante : https://freemium.openedition.org/oebooks

    Suggérer l’acquisition à votre bibliothèque Acheter ce livre aux formats PDF et ePub

    Si vous avez des questions, vous pouvez nous écrire à access[at]openedition.org

    Algérie : sortie(s) de guerre

    Vérifiez si votre bibliothèque a déjà acquis ce livre : authentifiez-vous à OpenEdition Freemium for Books.

    Vous pouvez suggérer à votre bibliothèque d’acquérir un ou plusieurs livres publiés sur OpenEdition Books. N’hésitez pas à lui indiquer nos coordonnées : access[at]openedition.org

    Vous pouvez également nous indiquer, à l’aide du formulaire suivant, les coordonnées de votre bibliothèque afin que nous la contactions pour lui suggérer l’achat de ce livre. Les champs suivis de (*) sont obligatoires.

    Veuillez, s’il vous plaît, remplir tous les champs.

    La syntaxe de l’email est incorrecte.

    Référence numérique du chapitre

    Format

    Lavrut, D. (2014). Se définir Pied-noir : l’impossible construction d’une identité politique chez les Français d’Algérie rapatriés dans le Gard. In P. Harismendy & V. Joly (éds.), Algérie : sortie(s) de guerre. Rennes: Presses universitaires de Rennes. https://doi.org/10.4000/books.pur.48840
    Lavrut, Didier. « Se définir Pied-noir : l’impossible construction d’une identité politique chez les Français d’Algérie rapatriés dans le Gard ». In Algérie : sortie(s) de guerre, édité par Patrick Harismendy et Vincent Joly. Rennes: Presses universitaires de Rennes, 2014. doi:10.4000/books.pur.48840.
    Lavrut, Didier. « Se définir Pied-noir : l’impossible construction d’une identité politique chez les Français d’Algérie rapatriés dans le Gard ». Algérie : sortie(s) de guerre, édité par Patrick Harismendy et Vincent Joly, Presses universitaires de Rennes, 2014, https://doi.org/10.4000/books.pur.48840.

    Référence numérique du livre

    Format

    Harismendy, P., & Joly, V. (éds.). (2014). Algérie : sortie(s) de guerre. Rennes: Presses universitaires de Rennes. https://doi.org/10.4000/books.pur.48812
    Harismendy, Patrick, et Vincent Joly, éd. Algérie : sortie(s) de guerre. Rennes: Presses universitaires de Rennes, 2014. doi:10.4000/books.pur.48812.
    Harismendy, Patrick, et Vincent Joly, éditeurs. Algérie : sortie(s) de guerre. Presses universitaires de Rennes, 2014, https://doi.org/10.4000/books.pur.48812.
    Compatible avec Zotero Zotero

    1 / 3

    Presses universitaires de Rennes

    Presses universitaires de Rennes

    • Mentions légales
    • Plan du site
    • Se connecter

    Suivez-nous

    • Flux RSS

    URL : http://www.pur-editions.fr

    Email : pur@univ-rennes2.fr

    OpenEdition
    • Candidater à OpenEdition Books
    • Connaître le programme OpenEdition Freemium
    • Commander des livres
    • S’abonner à la lettre d’OpenEdition
    • CGU d’OpenEdition Books
    • Accessibilité : partiellement conforme
    • Données personnelles
    • Gestion des cookies
    • Système de signalement