1 L’archiduc Charles, fils de l’empereur germanique Léopold Ier, fut reconnu roi d’Espagne en 1703, mais ne réussit pas à s’imposer sur le parti trop puissant du duc d’Anjou, petit-fils de Louis XIV.
2 Nicolas Auguste de La Baume (1643-1716), marquis de Montrevel. En 1703 il fut chargé par Louis XIV de réprimer les camisards, huguenots insurgés contre les persécutions et répressions qui suivirent la révocation de l’édit de Nantes.
3 Mlle de Scudéry mourut au mois de juin 1701.
4 Étienne Pavillon (1632-1705), poète et avocat. Il convient de noter un télescopage : ces décès, dont on pourrait supposer qu’ils eurent lieu à la même époque, furent séparés de près de 4 ans. Mme de Scudéry mourut en juin 1701, Mme d’Aulnoy en janvier 1705, Pavillon quelques jours plus tard. Montrevel fut chargé de réprimer le soulèvement des camisards au mois de février 1703.
5 Claude François Paparel (1659-1725), conseiller du roi Louis XIV, trésorier général des guerres.
6 Le meurtre de Savary eut lieu en 1699.
7 Marc-René de Voyer de Paulmy (1652-1721), marquis d’Argenson, lieutenant général de police entre 1697 et 1718, garde des Sceaux et président du conseil des finances sous la Régence. Successeur de La Reynie à la lieutenance de police, on lui attribue souvent d’avoir donné sa forme à cette fonction.
8 Achille III de Harlay (1639-1712), premier président du parlement de Paris entre 1689 et 1707.
9 Il s’agit probablement du chevalier de Bouillon (voir l. I, n. 5).
10 Le terme « guerres de Rohan » désigne la révolte dans le Midi menée de 1620 à 1629 par le duc Henri de Rohan (1579-1638) et son parti de protestants contre le roi Louis XIII.
11 Il s’agit de Jean Cavalier (1680-1740), qui conduisit la révolte des camisards à partir de 1702.
12 Jean-Baptiste-Michel Colbert de Villacerf ( ?-1710), archevêque de Toulouse. Son frère Édouard Colbert, marquis de Saint-Pouange et de Villacerf (1628-1699), surintendant des bâtiments, fut un confident de Louvois.
13 Anne-Madeleine de Lisle de Marivaux, épouse de Jean-Louis de Louet (1630-1700), marquis de Calvisson, lieutenant général au gouvernement du haut Languedoc. Elle était connue pour son orgueil.
14 Intendant du Languedoc. Le marquis de Basville fut responsable de dragonnades contre les protestants après la révocation de l’édit de Nantes.
15 La phrase entre crochets ne figure pas dans l’édition de 1733 de Marteau dont nous nous servons. On la trouve en revanche dans sa réédition du t. II en 1711, dans l’édition de 1723, et dans celle de 1733, dite « cinquième », en 7 volumes (voir Introduction, « Bibliographie », n. 37).
16 Le parcours de Chamillart fut à peu près tel qu’il est décrit ici. Il succéda à Pontchartrain en 1699, et à Barbezieux en 1701. Ministre des Finances et de la Guerre il remplissait donc les deux fonctions les plus importantes du royaume. On trouve un compte très semblable de sa carrière dans la Galerie de l’ancienne cour ou Mémoires anecdotes pour servir à l’histoire des règnes de Louis XIV et de Louis XV (1786), extraits des Mémoires du duc de Saint-Simon (dont la première édition, incomplète, date de 1788).
17 Le président de Harlay.
18 Casaque de laquais.
19 Van Oudyck fut l’ambassadeur de la Hollande en France après Ryswick.
20 Faire paroli : faire concurrence.
21 Et non Meleçon (voir p. 110, n. 151).
22 Bernardin Gigault (1630-1694), marquis de Bellefonds, maréchal de France.
23 Chapelain du roi, qui disait très rapidement la messe.
24 Marie-Anne-Victoire de Bavière, épouse du grand Dauphin.
25 Marie-Anne de Bourbon, princesse de Conti, fille du roi et de Louise de La Vallière.
26 Henri-Joseph de Ségur (1661-1737), marquis de Ségur-Ponchat, dit « le beau Ségur », comme plusieurs de ses prédécesseurs et successeurs semble-t-il…
27 Anne de Beauvilliers (1652-1734), abbesse de Notre-Dame-de-la-Joye, fille de François de Beauvilliers, duc de Saint-Aignan, premier gentilhomme de la chambre du roi. Toute l’histoire qui suit est reprise dans presque les mêmes termes par Paul Fould dans une note à son édition des Anecdotes curieuses de la cour de France sous le règne de Louis XV de François-Vincent Toussaint ([1745 ?] Paris, Plon, 1905, p. 164, n. 2). On trouve également une version de l’anecdote chez le duc de Saint-Simon. Pierre de Ségur, un descendant de Henri-Joseph de Ségur, cite le récit de Saint-Simon (p. 4-6), et reproduit in extenso en appendice celui de Mme Dunoyer (p. 365-368) dans Le maréchal de Ségur (1724-1801), ministre de la guerre sous Louis XVI (Paris, Plon, 1895). Le chevalier de Quincy (1677-1749) dans ses Mémoires ([rédigés 1738-1742], Paris, Renouard, 1898) raconte à sa manière la même histoire (t. I, p. 102-106), en modifiant de nombreux détails.
28 Publiées en 1668. Selon Lecestre, éditeur en 1898 des Mémoires manuscrits de Quincy, l’affaire aurait eu lieu en 1687, donc près de dix ans après la publication des Lettres portugaises. Pierre de Ségur cite la Gallia christiana comme situant les faits en 1688, mais le duc de Saint-Aignan étant mort en 1687 il faut pencher pour Lecestre.
29 Comme on pourra le voir, l’anecdote qui suit est parfaitement fantaisiste, mais Graverol a bien existé : il s’agit de François Graverol (1635 ?-1694), jurisconsulte réputé et hommes de lettres, un des fondateurs de l’académie de Nîmes (1682). Protestant, Graverol fut obligé d’abjurer à la suite de la révocation de l’édit de Nantes, mais reprit secrètement l’exercice de son culte.
30 Les nouvelles d’actualité rapportées dans cette lettre et les précédentes, datant des dernières années du XVIIe siècle et des toutes premières années du XVIIIe, la personne dont la correspondante a reçu « l’autre jour » ce manuscrit ne peut pas être Pierre Costar (1603-1660), homme de lettres, ami de Ménage, de Guez de Balzac, de Voiture.
31 Abraham de Fabert (1599-1662), gouverneur de Sedan, maréchal de France, eut une carrière militaire distinguée. Il aurait eu un faible pour le surnaturel, et ses ennemis disaient qu’il devait son succès au diable. La BN possède un manuscrit des Mémoires du maréchal de Fabert.
32 Il s’agit d’Henriette-Julie de Castelnau, comtesse de Murat (1670-1716), auteure de nombreux contes et romans, et de Mémoires. On lui reprochait des désordres de conduite et « un attachement monstrueux pour les personnes de son sexe » (le lieutenant de police d’Argenson, dans une note à Pontchartrain en sa capacité de ministre de Paris). En 1702 le roi l’exila à Loches.
33 Marguerite de Valois (1553-1615), fille de Henri II et de Catherine de Médicis, devint reine de Navarre en épousant Henri de Navarre, et reine de France lorsqu’il accéda au trône. Ses Mémoires, sans doute écrits entre 1587 et 1605, furent publiés en 1628.
34 David de Peyrelongue (1664-1727), maréchal des logis et premier aide major de la 2e compagnie des mousquetaires d’après d’Hozier, qui décrit avec quelques variantes l’incident qui suit, le situant très précisément en août 1687 (L’impôt du sang, ou la noblesse de France sur les champs de bataille, Paris, Champion, 1874-1881, t. III, 1re partie, p. 105).
35 Louis de Rohan-Guéménée (1635-1674), dit le chevalier de Rohan, participa à une conspiration ourdie par les Hollandais, destinée à créer un état normand indépendant et à renverser Louis XIV. Il fut décapité avec ses complices devant la Bastille.
36 Cette quarantième lettre marque la fin du deuxième tome, publié en 1708, des Lettres historiques et galantes, et vraisemblablement la fin d’une véritable correspondance refondue ultérieurement par Mme Dunoyer à des fins littéraires. Il faudra attendre 1710 pour voir le troisième tome, qui commence par la lettre suivante, écrite « de Lyon ».
37 En avril 1701 Mme Dunoyer, accompagnée de ses deux filles et sous prétexte de se rendre à Nîmes, passa en effet par Lyon pour gagner Genève, puis la Hollande.
38 Louis Laporte, dit Roland, fut en effet un des premiers chefs des camisards. Catinat et Ravenel, cités un peu plus loin, ont également joué un rôle important dans le mouvement d’insurrection.
39 C’est en 1704 que Cavalier accepta de négocier avec Villars.
40 Voir l. XXXVII.
41 Au début du XVIIe siècle Jean Brioché, probablement d’origine italienne, introduisit en France les marionnettes à gaine, dont le premier Polichinelle. Il fut en effet soupçonné de sorcellerie, certains ne comprenant pas le mécanisme de ses petits personnages.
42 Nicolas Grollier de Servières (1596-1689), passionné de mécanique, constitua une collection de machines curieuses. Louis XIV visita son cabinet en 1658. Servières inventa une horloge à carillon pour la cathédrale de Lyon.
43 Voir cependant dans notre « Introduction » la discussion des parallèles entre la situation de Mme Dunoyer et celle de Mylady, et le raisonnement de la comtesse d’Exeter concernant l’importance de la religion.
44 Il s’agit de Mylady, nouvelle anglaise qui constitue la dernière partie de la lettre XLII.
45 Et non Ribauné comme dans le texte.
46 Claude Brousson (1647-1698), avocat de Nîmes chargé de défendre les églises réformées ; ayant échoué dans ses efforts pour s’opposer aux mesures de plus en plus restrictives contre les protestants il se réfugia en Suisse, mais revint en France comme « prédicant » auprès des protestants dans les Cévennes. Ce fut un des fondateurs de l’Église dite « du Désert ». Après de nombreux périples Brousson fut arrêté et supplicié suivant les ordres de l’intendant Basville. Mme Dunoyer avait connu Brousson et fut profondément choquée en apprenant sa mort. La nouvelle lui parvint lorsque la famille du Noyer faisait étape à Orléans, sur le chemin de Paris (Mémoires, p. 155).
47 S’agirait-il ici d’une allusion à peine voilée à Jeanne d’Arc ?
48 Gédéon est un personnage biblique, chargé par Dieu de défaire les Madianites, qui attaquaient les Israélites (Ancien Testament, Juges, vi-viii). L’épée de Gédéon représente donc le défenseur d’une juste cause.
49 Il s’agit de « Mylady », la « nouvelle anglaise » censée être de Mme d’Aulnoy, qui termine la lettre XLII de la correspondante parisienne et que nous avons cru bon de supprimer.
50 Louis-Charles de Lévis, duc de Ventadour (1647-1717), gouverneur du Limousin, était bossu.
51 De Thomas Corneille, musique de Lully.
52 Voir p. 46, n. 56.
53 De Jean Racine.
54 Rivière dans le Forez, près de Lyon, dont les rives fournissent le cadre des amours d’Astrée et de Céladon dans l’Astrée (1607-1617), roman-fleuve d’Honoré d’Urfé. De là, endroit idyllique.
55 Personnage des Plaideurs.
56 Personnages de la Commedia dell’arte.
57 Vincent Voiture (1597-1648), homme de lettres, connu pour ses épîtres et ses rondeaux dans le style précieux.
58 Colporteur.
59 Quart d’heure de Rabelais : référence au moment où Rabelais se trouva obligé de payer sa dépense à un aubergiste quand il n’en avait pas les moyens ; de là, mauvais moment, ou un « mauvais quart d’heure », à passer.
60 Nous n’avons pas réussi à identifier ce personnage.
61 Personnage de Sganarelle, ou le Cocu imaginaire, comédie de Molière.
62 Jeu de hasard (cartes). On comptait à Paris des centaines de maisons où l’on pouvait jouer aux cartes, aux dés ; « tous les jeunes gens s’y ruinent » dit le lieutenant de police d’Argenson dans ses Mémoires ; c’est en 1700 qu’il interdit le pharaon. Par mesure d’économie et à la même époque il ordonna que les lanternes publiques ne soient pas pleinement allumées par clair de lune.
63 Faire concurrence. L’expression est empruntée au jeu de la roulette.
64 Nicolas Fouquet (1615-1680), ministre d’État et surintendant des finances de Louis XIV.
65 Faire provision d’argent.
66 Élisabeth de Monlaur (v. 1656-1730), présidente Drouillet, ou Dreuillet, était une femme de lettres qui tint salon à Toulouse avant de venir à Paris. On retrouve sa maxime sur la tentation chez différents auteurs, qui se réfèrent parfois à ce passage des LHG (la maxime a depuis été attribuée à Tristan Bernard et à Oscar Wilde entre autres). Gustave Lanson attribue un des Nouveaux contes de fées allégoriques (Paris, 1736) à Mme Drouillet (Nivelle de la Chaussée et la comédie larmoyante, Paris, Hachette, 1903, p. 60, n. 1).
67 On trouve cette anecdote dans le Momus françois et ailleurs.
68 Il s’agit bien de Guillaume Dunoyer, l’époux de Mme Dunoyer ; dans les pages qui suivent la « correspondante à Paris » donne une version circonstanciée de la cour faite par M. Dunoyer à une jeune femme en qui nous reconnaissons Anne-Marguerite Petit, et des débuts de leur ménage. À mesure que le récit avance il devient de plus en plus fantaisiste, et la jeune femme est dépeinte de plus en plus comme une victime des stratagèmes diaboliques de Dunoyer, qui n’en veut qu’à son argent. Rappelons que la correspondante présente cette histoire comme une « nouvelle », alors que le mariage en question avait eu lieu en 1688 (voir les Mémoires de Madame Du Noyer, p. 128-144).
69 Il s’agit d’Abraham-Louis Duquesnes (1654-1726), élevé par « l’oncle Petit », frère cadet du père d’Anne-Marguerite. C’était en effet un ami de Dunoyer, et le fiancé ou peu s’en faut de la jeune femme.
70 Tapisserie de peu de valeur, nommée d’après la ville de Bergame (Italie) d’où vinrent les premières de ce genre.
71 Comédie de Jean-François Regnard (1657-1709).
72 Il s’agit de Buda, en Hongrie. Cette région vit pendant un siècle et demi des confrontations incessantes entre l’empire ottoman et les Habsbourg.
73 Il s’agit de Jean Huguetan : voir plus loin l. LVII.
74 Un des nombreux financiers qui en prêtant de l’argent au Trésor furent d’une aide précieuse à Louis XIV dans la conduite de ses guerres.
75 Ce placet, qui aurait effectivement été adressé au roi, est vraisemblablement du poète Denis Sanguin de Saint-Pavin (1595-1670), mais a aussi été attribué à son neveu Claude Sanguin ( ?-1680), seigneur de Livry, maître d’hôtel du roi et du duc d’Orléans (E. de Ménorval, Les Jésuites de la rue Saint-Antoine, l’église Saint-Paul-Saint-Louis, le lycée Charlemagne, Paris, Société des bibliophiles français, 1872, p. 61).
76 La lettre L marque la fin du troisième tome, livré en 1710.
* À présent démoli [note de l’auteure].