5 - Contrat difficile pour un apprenti fugueur

p. 381-382


Texte intégral

1Julien Simon, demi-frère de Louis-Francois Simon, n’avait pas réussi à être étaminier comme son père et son frère. Mis en apprentissage de menuisier chez le sieur Noël Morin, il avait déjà une fois quitté son maître. Si la chose se reproduisait, le père, Pierre Simon, s’engageait à sonner l’angélus de midi gratuitement pendant neuf ans, la rémunération de ce service public étant due par le sieur Morin, au titre d’un pré grevé, par legs, de cette dette.

23 janvier 1743. Traité d’apprentissage de Julien Simon avec le sieur Morin

2Devant nous Jean Pillot… [notaire] en la résidence de Mézeray, demeurant au bourg de La Fontaine Saint Martin soussigné, ont été présents en leurs personnes chacun du sieur Noël Morin, marchand menuisier, et Pierre Simon, sacriste, père de Julien Simon âgé d’environ dix huit ans, demeurant à La Fontaine, entre lesquels a été fait et convenu le marché d’apprentissage de menuisier qui s’ensuit.

3Savoir est que ledit Simon père a mis son fils, ce acceptant, chez le sieur Morin pour le temps et terme de trois années et demie entières parfaites et consécutives, qui ont commencé du onzième jour d’octobre dernier et finiront à pareil jour, lequel temps de trois années et demie est donné en faveur du présent marché, au moyen de quoi Morin s’oblige et promet à Simon père de montrer et enseigner à Simon son fils tout ce qui concerne son métier, sans rien lui cacher et avec toute la douceur possible d’un père à un enfant, et de ne loger son dit apprenti que de Toussaint dernier en un an30, de le nourrir pendant les trois années et demie. De chauffer et loger après le temps de Toussaint prochain, même avant, si ledit Simon père venait à décéder. Comme aussi le cas advenant du décès avant le temps expiré de trois ans et demi s’oblige le sieur Morin à blanchir ledit apprenti aux conditions aussi que Simon lui sera soumis et fera tout ce qui concernera le métier et sera obéissant au sieur Morin en toutes choses convenables ; et le cas arrivant que ledit apprenti sortit de chez Morin avant son temps expiré, il est convenu de la part de Simon père que Morin pendant neuf années ne paiera pas le son du midi qui est trois livres par an, lesquelles il doit à la sacristie de cette paroisse pour raison d’un pré qu’il possède, sans laquelle clause ces présentes n’eussent été consenties. Au cas de perte de temps pour maladie ne sera tenu l’apprenti de lui rendre que la moitié des journées perdues ; à l’égard des autres il les lui rendra par compte ; et en faveur du présent marché fera faire le sieur Morin une paire de souliers neufs à l’apprenti pour le temps de Pâques prochain.

4… Simon père a déclaré ne savoir signer.

5[La minute est signée par Julien Simon, Noël Morin et les témoins].

Notes de bas de page

30 * D’ici là, on peut supposer que le jeune homme vivra chez son père. Peut-être s’agitil pour l’employeur de se ménager une période probatoire pour tester cet apprenti. On observe d’ailleurs que le contrat n’est signé que le 23 janvier 1743 alors que l’apprentissage a commencé le 11 octobre 1742.


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