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  • 1 - Un contexte socio-spatial
  • Presses universitaires de Rennes
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    Presses universitaires de Rennes
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    Plan

    Plan détaillé Texte intégral Introduction Évolution démographique entre 1968 et 1999 Structure par âge des communes de Nantes Métropole en 1999 Les jeunes de Nantes Métropole en 1990 et 1999 Les segmentations socio-professionnelles en 1999 Foyers fiscaux : imposition et revenus en 2000 Le chômage en 1990 et 1999 Une baisse de la taille moyenne des ménages Les familles monoparentales Résidences et logements Conclusion

    Les jeunes dans la ville

    Ce livre est recensé par

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    Table des matières

    1 - Un contexte socio-spatial

    p. 13-42

    Texte intégral Introduction Évolution démographique entre 1968 et 1999 Nantes Métropole : une croissance continue mais de plus en plus ralentie Depuis 1990, une croissance à nouveau généralisée Structure par âge des communes de Nantes Métropole en 1999 Les jeunes de Nantes Métropole en 1990 et 1999 Des contrastes réduits en 1999 Les segmentations socio-professionnelles en 1999 Foyers fiscaux : imposition et revenus en 2000 Le chômage en 1990 et 1999 À Nantes, une stabilité spatiale du chômage Une forte augmentation du chômage masculin Une baisse de la taille moyenne des ménages La structure des ménages selon le sexe La structure des ménages selon l’âge Les familles monoparentales Résidences et logements La diminution des logements sans confort et vacants Propriétaires et locataires Les allocataires logement Conclusion

    Texte intégral

    Introduction

    1Les analyses que présente cet atlas sont conduites aux échelles communale et d’agglomération, le plus souvent parce que les données qui permettent de rendre compte d’un « paysage » socio démographique sont relevées à ces niveaux. En la matière, les données censitaires constituent une source privilégiée de connaissances fines des espaces infra urbains, mais avec parfois des incertitudes quant aux résultats, du fait de la faiblesse des effectifs et de l’accentuation du taux de non réponses à cette échelle. Les transformations toujours en cours du recensement général de la population, de même que l’importance prise par les établissements publics de coopération intercommunale (EPCI), risquent à l’avenir de rendre difficile des vues d’ensemble à l’échelle de ces espaces infra communaux.

    2Dans le souci de ne pas rester dans une approche locale, parce que les phénomènes qui se produisent là se jouent également ailleurs, dans d’autres communes urbaines, s’imposaient des comparaisons entre Nantes et d’autres agglomérations. Rennes a souvent été retenue, pourtant plus petite du point de vue démographique, située derrière Nantes dans la hiérarchie urbaine de l’Ouest de la France, ou encore Angers et Le Mans, grandes villes de la région des Pays de la Loire. À l’échelle nationale, ont été privilégiées les comparaisons avec les agglomérations de Bordeaux et Toulouse, immédiatement supérieures en taille démographique, mais également avec Strasbourg, agglomération de taille plus petite, mais dont les politiques urbaines furent souvent rapprochées de celles de Nantes dans les années 1990 ; par contre, Nice, dont le rang hiérarchique se situe devant Nantes, a été écartée car la forme urbaine et la composition socio-démographique niçoise sont très spécifiques.

    3L’agglomération selon l’INSEE équivaut à l’unité urbaine ou à l’aire urbaine. Les contours de l’unité urbaine (20 communes au recensement de 1999) sont variables dans le temps puisque la notion d’unité urbaine est reliée à la densité du bâti urbain. L’aire urbaine réunit quant à elle les communes les plus marquées par les mobilités quotidiennes domicile-travail. Bien que la communauté urbaine de Nantes, créée en 2001, soit le territoire privilégié par cet atlas, les découpages de l’unité et de l’aire urbaines servent également à mettre en valeur certains résultats.

    4La communauté urbaine nantaise est de taille légèrement supérieure à celle de l’unité urbaine, comptant quatre communes supplémentaires. Autant que l’unité urbaine, ses contours sont susceptibles de varier dans le temps. Son nom a été rapidement remplacé par celui de Nantes Métropole selon les vœux des élus. Dans cet atlas, les termes de communauté urbaine nantaise et de Nantes Métropole seront utilisés indifféremment. Nantes Métropole est un espace de 52 350 ha, regroupant selon les estimations de l’Agence d’urbanisme (AURAN, 2006), 579 131 habitants, et 24 communes de taille très variée, allant de 282 653 habitants environ pour la ville de Nantes à quelque 1 375 personnes dans la commune de Saint-Léger-les-Vignes.

    5Des analyses plus fines ont été menées à partir de 1999 parce que les données statistiques de l’INSEE étaient utilisables à l’échelle des îlots regroupés pour l’information statistique (IRIS), comme par exemple, les structures par âge de la population, la structure des ménages ou les taux de chômage… L’Institut national a ainsi défini 180 îlots dans l’espace de la communauté urbaine. Trois types d’IRIS étaient distingués : des IRIS d’habitat regroupant 1 800 à 5 000 personnes, des IRIS d’activité correspondant à plus de 1 000 emplois salariés et où l’habitat devenait secondaire et des IRIS divers, souvent très vastes, correspondant à des bois, des parcs ou des zones portuaires. Le premier type a généralement été privilégié et représenté cartographiquement. Le nombre d’IRIS varie d’une commune à l’autre, les communes les moins peuplées n’en comptent qu’un, équivalent dans ce cas au territoire de la commune.

    6Les analyses réalisées selon ces diverses échelles ont permis de dresser un portrait de la communauté urbaine de Nantes, mettant en évidence des structures et des évolutions socio-démographiques du même type que celles observées dans l’ensemble de la France et dans de nombreuses unités urbaines de l’Ouest français. Ralentissement de la croissance démographique, vieillissement de la population, baisse prononcée de la taille des ménages et montée de la monoparentalité sont quelques-uns des traits observés au sein de Nantes Métropole. Mais ces études mettent également en évidence une structure spatiale complexe, de forts contrastes existant entre le Nord et le Sud, voire entre l’Est et l’Ouest de l’agglomération, entre la ville centre et les communes de banlieue les plus récemment peuplées.

    Évolution démographique entre 1968 et 1999

    7Les taux de variation moyens annuels sur la période 1968-1999 évoluent différemment selon que l’on se situe dans, ou à proximité, des deux unités urbaines du département de Loire-Atlantique, Nantes et Saint-Nazaire, ou loin de ces deux pôles.

    8Les espaces les plus éloignés des deux agglomérations sont ceux qui perdent de la population entre 1968 et 1999, souvent de manière continue. C’est tout particulièrement le cas des communes du Nord et du Nord-Est du département, dans l’arrondissement de Châteaubriant. Ces pertes de population s’observent en France dans tous les espaces situés à distance des grandes villes. Mais, ici, ce mouvement démographique est plus récent.

    9Quant aux communes qui connaissent les plus fortes croissances, elles se situent toutes dans la banlieue de l’agglomération nantaise. La Chapelle-sur-Erdre détient le record de la croissance sur la période. Carquefou et Sautron ont une population qui a été multipliée par cinq entre 1968 et 1999. Thouaré-sur-Loire, Bouaye, Les Sorinières et Sucé-sur-Erdre par trois ; Saint-Herblain, mais aussi La Chevrolière et Geneston par deux. On retrouve le même phénomène pour les communes de Guérande, Saint-Molf, Saint-Lyphard, où la croissance est liée à la proximité de Saint-Nazaire et du littoral. Entre ces cas extrêmes, une grande partie des communes de la Loire-Atlantique connaît une stagnation ou une augmentation de la population, plus faible, mais non négligeable, allant parfois jusqu’au doublement. On retrouve dans cette classe des communes aux profils variés :

    • celles, saturées en termes d’espaces constructibles et au prix du foncier élevé : c’est le cas de communes précocement urbanisées comme Nantes, Saint-Nazaire, Rezé ou Saint-Sébastien-sur-Loire, plus récemment urbanisée ;

    • celles, éloignées des pôles urbains : il s’agit alors de communes faiblement peuplées (au sud-ouest du département et à l’est) ;

    • enfin, celles, un tiers des communes, qui connaissent un développement conséquent avec des populations communales quasiment multipliées par deux sur la période 1968-1999 (Saint-Mars-du-Désert, Le Cellier, Mauves, Barbechat, Saint-Julien-de-Concelles, Oudon, Saint-Etienne-de-Montluc, Cordemais). La plupart se situent désormais sur le front d’urbanisation.

    Nantes Métropole : une croissance continue mais de plus en plus ralentie

    10La population de la communauté urbaine de Nantes a connu une croissance régulière sur l’ensemble de la période considérée, passant de 411 555 habitants en 1968 à 554 478 en 1999, soit un gain de 142 923 personnes en trente et un ans. Le rythme de cette croissance a toutefois connu un ralentissement constant, particulièrement marqué au cours de la décennie quatre-vingt.

    Évolution démographique des communes de Loire-Atlantique et de Nantes Métropole entre 1968 et 1999

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    source : INSEE - RP 1968 à 1999

    Accroissement des populations des communes de Nantes Métropole entre 1968 et 1999

    Image 100000000000080C00000411B47E3FEF.jpg

    source : INSEE - RP 1968 à 1999

    11Les taux de variation n’ont pas la même signification en termes de gain de population en fonction du poids de la commune. Ainsi, quand la population de Nantes, entre 1968 et 1999, augmente de 3 %, celle de Rezé de 5 % et celle du Pellerin de 16 %, leurs gains respectifs sont de 10 007, 1 969 et 816 habitants.

    12Entre 1968 et 1999, six communes ont gagné plus de 10 000 habitants, avec un maximum atteint par Saint-Herblain (+ 26 158), six autres entre 5 000 et 10 000 habitants et neuf entre 1 000 et 5 000. Le Pellerin et Saint-Léger-les-Vignes connaissent les plus faibles augmentations de population (816 et 707 habitants en plus). Indre est la seule des vingt-quatre communes à perdre des habitants par rapport à 1968 (-643).

    13Dans un premier temps, de 1968 à 1982, l’opposition nord-sud est la caractéristique majeure de cette évolution. Les plus fortes croissances sont liées à une extension de l’urbanisation vers le nord-est de la communauté urbaine (La Chapelle-sur-Erdre, Carquefou, Thouaré-sur-Loire…). À l’inverse, la ville de Nantes voit sa population diminuer, suivie dans ce sens par Indre, une des plus vieilles communes industrielles de la banlieue et par Rezé. Au total, Nantes perd alors son dynamisme démographique au profit de la proche banlieue (1968-1975) puis de la seconde couronne (1975-1982) conformément à une évolution observée dans d’autres agglomérations françaises.

    14La période 1982-1990 est marquée par une évolution spatiale moins contrastée. Les communes les plus dynamiques dessinent une couronne autour d’un centre constitué par les trois communes de Nantes, Orvault et Rezé, ces deux dernières étant encore en léger recul. Ce sont alors les petites communes du Sud (Brains, Saint-Léger-les-Vignes, Bouaye, Saint-Aignan-Grandlieu et Basse-Goulaine) qui enregistrent les rythmes de croissance les plus élevés. Un nouveau front d’urbanisation s’est ainsi mis en place au sein de la communauté urbaine nantaise.

    Évolution de la population des communes de Nantes Métropole par période intercensitaire entre 1968 et 1999

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    source : INSEE - RP 1968 à 1999

    Croissance due aux soldes naturel et migratoire des communes de Nantes Métropole entre 1968 et 1999

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    source : INSEE - RP 1968 à 1999

    Depuis 1990, une croissance à nouveau généralisée

    15La décennie quatre-vingt-dix, caractérisée par un ralentissement modéré de la croissance, est marquée à la fois par une atténuation des contrastes entre les communes et par une reprise de l’accroissement de la population dans les communes ayant enregistré un recul plus ou moins accentué au cours de la période précédente. La poussée vers l’Est se poursuit mais s’atténue progressivement. Les rythmes d’évolution les plus rapides touchent des communes telles Carquefou, Thouaré-sur-Loire, Haute et Basse-Goulaine, Sainte-Luce-sur-Loire. Le front d’urbanisation est relancé le long de la route de Paris (RN 23) en relation avec le remplissage des zones d’activité et les politiques de lotissement conduites par les diverses communes. Au sud, le mouvement s’atténue également et concerne surtout quelques communes périphériques de petite taille.

    16La ville centre, quant à elle, retrouve un certain dynamisme grâce à un solde migratoire positif, phénomène qui s’inscrit dans le mouvement observé dans les autres grandes agglomérations françaises. La relance de la construction d’immeubles dans les quartiers péricentraux nantais, l’achèvement des lotissements du Nord-Est de Nantes (Saint-Joseph de Porterie) permettent en effet l’accueil de classes intermédiaires attirées par la dynamique économique nantaise.

    17L’observation des soldes naturels et migratoires permet d’aller plus loin dans l’explication de la croissance démographique de la communauté urbaine de Nantes. Deux grands types d’évolution peuvent être distingués entre 1968 et 1999 :

    • 21 communes connaissent une croissance liée à la fois à un solde naturel positif (les naissances l’emportent sur les décès) et à un solde migratoire positif (arrivées supérieures aux départs), ce dernier jouant un rôle majeur dans la croissance ;

    • Nantes et Rezé sont marquées par une croissance très modeste, grâce à un solde naturel positif qui compense les pertes de population liées aux nombreux départs. Leurs soldes migratoires sont souvent négatifs, en particulier à Nantes, où l’on compte entre 1968 et 1990, plus de 37 000 départs, soit l’équivalent d’une ville moyenne ;

    • Indre reste un cas particulier, c’est la seule commune où la population diminue, en raison de l’importance du solde migratoire négatif.

    Évolution des soldes naturel et migratoire des communes de Nantes Métropole par période intercensitaire entre 1968 et 1999

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    source : INSEE - RP 1968 à 1999

    18L’analyse de chacun des quatre intervalles intercensitaires confirme cette typologie. Une commune, Mauves-sur-Loire, est atypique dans la mesure où elle connaît, de 1982 à 1999, un solde naturel négatif compensé par un solde migratoire positif. Quant aux communes de Nantes, Saint-Herblain, Indre, Rezé, Saint-Sébastien-sur-Loire, La Montagne, Bouguenais et Orvault, elles ont connu, au moins sur un intervalle intercensitaire et parfois plus, un solde migratoire négatif (Nantes de 1968 à 1990, Saint-Herblain de 1982 à 1999), fort heureusement compensé par un solde naturel positif. Ces soldes migratoires négatifs sont fréquents dans la mesure où il y a saturation de l’espace disponible. Ils sont aussi liés à la mobilité à l’échelle du cycle de vie. Celle-ci entraîne une sur-représentation de certaines générations, lesquelles, lorsqu’elles migrent, le font toutes en même temps…

    19À noter que pour toutes ces communes, les soldes migratoires ne donnent qu’une idée très réduite des mouvements de population. Ainsi l’analyse que dresse N. Sztokman (1990) de la commune de Saint-Sébastien-sur-Loire montre que derrière un solde migratoire de + 1 374 personnes entre 1990 et 1999, se cachent 10 690 arrivées et 9 300 départs.

    20L’évolution démographique des vingt-quatre communes sur les trente dernières années cache de fortes différences dans le temps et dans l’espace. Le rythme a été particulièrement soutenu entre 1975 et 1982. Les communes qui gagnaient de la population, durant cette période, se situaient en banlieue, au nord de la Loire. Depuis 1990, la croissance est moindre et profite surtout aux communes du sud-Loire.

    Structure par âge des communes de Nantes Métropole en 1999

    21La structure par âge de la communauté urbaine de Nantes se démarque, à la fois de la moyenne nationale et de celle de son département, par la proportion importante des 20-59 ans (57 %, contre 54 % pour la France et 53 % pour la Loire-Atlantique) et une plus faible proportion des habitants de plus de 60 ans, ce qui lui confère un caractère relativement jeune.

    22Dans son ensemble, la structure par âge de l’espace communautaire se distingue par un rétrécissement de sa base (les moins de 20 ans), traduisant un vieillissement progressif et un équilibre relatif entre les classes d’âge 20-39 ans et 40-59. Cependant les situations des communes sont variées. L’ensemble des graphes, classés ici selon leur forme et suivant la hiérarchie de la taille des communes, montre la variété de la structure par âge d’une commune à l’autre. La comparaison entre les communes montre en premier lieu que la part des jeunes adultes (20-24 ans) introduit les plus grandes différences (de 9,8 % à Sautron à 24,5 % pour Nantes, seule à dépasser la moyenne de la communauté urbaine). Elle laisse aussi entrevoir un lien étroit entre taille des communes et structure d’âge.

    23Ainsi l’analyse plus attentive permet de dégager plusieurs figures. Les plus grandes communes d’abord (plus de 25 000 habitants) se caractérisent par une forte proportion d’adultes d’âge actif et une sur-représentation des 20-30 ans (Saint-Herblain, Rezé, Saint-Sébastien-sur-Loire, Orvault). C’est aussi dans ces communes de la première couronne que les proportions des personnes de plus de 60 ans sont parmi les plus élevées. Dans les communes moyennes (entre 8 000 et 20 000 habitants), la part des moins de 20 ans est presque équivalente à celle des 40-59 ans. Cette situation est à l’image des communes qui ont accueilli des jeunes ménages avec leurs enfants (Vertou, Couëron, La Chapelle-sur-Erdre, Carquefou, notamment). Pour les communes d’urbanisation plus ancienne, la base « jeunes » est déjà réduite. Quant aux plus petites (moins de 3 000 habitants), elles sont à la fois marquées par une part importante des moins de 20 ans (c’est ici que sont enregistrées les valeurs les plus élevées > 30 % : Brains, Saint-Léger-les-Vignes, Saint-Aignan-de-Grandlieu) et un déficit des 20-30 ans, reflet d’une émigration des jeunes adultes. Ces petites communes au sud-ouest de la Loire sont également celles où la part des plus de 60 ans est la plus faible (12 %). Dans des contextes différents, aux deux extrémités de la Communauté, les communes du Pellerin et de Mauves-sur-Loire présentent des similitudes dans la forme de leur profil : vieillissement plus accentué (pourcentage élevé des plus de 60 ans), tout en maintenant une part importante de jeunes.

    24Nantes se démarque de l’ensemble, la part des jeunes de moins de 20 ans est la plus faible de la Communauté (22,4 %) mais ce déficit est largement compensé par la proportion des jeunes adultes de 20 à 30 ans qui est exceptionnellement élevée (24 %), ce qui résulte du caractère universitaire et plus globalement de l’offre de formation.

    Structure par âge de Nantes Métropole en 1999

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    source : INSEE - RP 1999

    Structure par âge des communes de Nantes Métropole en 1999

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    source : INSEE - RP 1999

    Les jeunes de Nantes Métropole en 1990 et 1999

    25En dix ans, entre les recensements de 1990 et 1999, comme dans bien d’autres agglomérations françaises, la part des enfants et des jeunes sur le territoire de l’agglomération nantaise s’est considérablement réduite.

    26Les fortes représentations d’enfants et de jeunes se situent dans les quartiers les plus périphériques de la première couronne (Saint-Herblain, Rezé, Bouguenais) et couvrent la quasi-intégralité de la deuxième couronne (Le Pellerin, Vertou, Les Sorinières, etc.), laquelle correspondait encore en 1990 à l’espace d’installation des jeunes ménages avec enfants ou adolescents.

    27Sur le plan de la répartition à l’intérieur de l’espace communautaire, la proportion des 0-24 ans est plus faible, à Nantes, à l’exception des quartiers qui se situent en limite communale ou sur la rive gauche de l’Erdre et dans les quartiers des communes de banlieue les plus peuplées, par ailleurs les plus proches de la ville centre.

    28Cette différenciation de l’espace intra-communautaire est moins forte dix ans plus tard du fait du vieillissement de la population et de la diminution de l’offre foncière dans la communauté urbaine. Deux types d’espaces où les moins de 25 ans sont plus nombreux ressortent : tout d’abord, les quartiers d’habitat social de Nantes et de Saint-Herblain, puis les communes à forte construction résidentielle, ou celles où les jeunes enfants de 1990 sont devenus des adolescents : Thouaré-sur-Loire, La Chapelle-sur-Erdre au nord, Bouaye, Saint-Aignan-Grandlieu, Les Sorinières au sud.

    29Il est évident désormais, au vu de la rareté des terrains à bâtir et surtout du coût du foncier pour les familles modestes et à revenus moyens, que les couples avec jeunes enfants désireux d’acheter une maison se sont désormais installés au-delà de l’espace communautaire.

    Des contrastes réduits en 1999

    30Le fait qu’il n’y ait plus aujourd’hui de secteurs caractérisés par une forte sur-représentation des enfants et des jeunes et, parallèlement, que les secteurs qui connaissent une très faible proportion de moins de 25 ans tendent à se réduire, confirme la tendance à une relative réduction des écarts d’âge.

    31En 1990, la représentation cartographique de la répartition des jeunes enfants (jusqu’à 4 ans) dans la communauté urbaine nantaise constitue le négatif de celle des 20-24 ans : les jeunes enfants sont faiblement présents dans les communes situées au cœur de l’espace communautaire, à la différence des 20-24 ans. Ce sont quelques quartiers des communes de Basse-Goulaine, Couëron, Carquefou et La Chapelle-sur-Erdre qui comptent le plus de jeunes enfants. La proportion d’enfants et d’adolescents de moins de 15 ans est importante à La Chapelle-sur-Erdre, Carquefou, Orvault, Saint-Aignan-Grandlieu, Bouaye ou bien dans des quartiers nantais où l’habitat social est très présent. Elle est plus faible dans les autres quartiers nantais. Quant aux jeunes de 15 à 19 ans, leur présence est forte dans les communes proches de la ville centre : La Chapelle-sur-Erdre, Orvault, Saint-Herblain, Bouguenais, Rezé et Sainte-Luce-sur-Loire. En 1999, les grandes tendances sont identiques. Les 0-19 ans sont plus nombreux à mesure que l’on s’éloigne de Nantes, tandis que cette commune, tout comme les quartiers les plus au sud de La Chapelle-sur-Erdre, proches des campus universitaires, est marquée par l’importance des 20-24 ans et la faiblesse des autres catégories d’âge. L’offre de formation et l’offre en logement locatif expliquent cette concentration.

    32Globalement, entre les deux recensements de la population, la part des jeunes de moins de 15 ans diminue tandis que celle des plus de 15 ans augmente, à l’exception des IRIS situés aux marges de la communauté urbaine (Ouest de Couëron et de Bouguenais, Est de Vertou, Thouaré-sur-Loire).

    Les jeunes de moins de 25 ans par IRIS de Nantes Métropole en 1990 et 1999

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    source : INSEE – RP 1990 et 1999

    Les jeunes de moins de 25 ans par classe d’âge et IRIS de Nantes Métropole en 1990 et 1999

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    source : INSEE - RP 1990 et 1999

    Les segmentations socio-professionnelles en 1999

    33La population active occupée de la communauté urbaine de Nantes (actifs ayant déclaré exercer une activité professionnelle salariée ou non, selon le recensement 1999) s’élève à 219 687 personnes. Elle se caractérise par l’importance numérique des classes populaires, employés et ouvriers, atteignant 50 % de la population active occupée ; viennent ensuite les professions intermédiaires (61 356 soit 27,9 %) et les cadres et professions intellectuelles supérieures (37 189 actifs soit 16,9 % des actifs).

    34L’analyse de l’évolution, depuis 1982, de la structure socio-professionnelle, étudiée à travers la population active, à l’échelle nationale, régionale (Pays de la Loire) et départementale (Loire-Atlantique) permet à la fois de saisir les originalités du territoire communautaire et de montrer que Nantes Métropole s’inscrit dans un mouvement général.

    35Le premier phénomène, lié à l’augmentation du nombre d’emplois tertiaires, est l’ascension progressive de la catégorie des employés au rang de première catégorie socio-professionnelle. Au recensement de 1999, cette catégorie a dépassé celle des ouvriers. De ce point de vue, la communauté urbaine suit les évolutions du département de Loire-Atlantique. Au niveau régional, malgré une diminution, les ouvriers demeurent la catégorie socio-professionnelle la plus représentée. Ce processus s’observe dans l’ensemble des régions françaises, mais à des rythmes différents, les vieilles régions industrielles étant encore marquées par la prédominance de la catégorie des ouvriers.

    36Le second phénomène auquel aucune région, aucun département n’échappe est celui de la réduction spectaculaire du nombre des agriculteurs. Ici, à l’échelle de la région Pays de la Loire et du département de Loire-Atlantique, la part des agriculteurs, compte tenu de leur forte proportion en 1982, diminue plus vite qu’au niveau national. Pour la première fois, en 1999, le taux départemental est inférieur au niveau national. Comme dans l’ensemble du territoire, dans les unités urbaines (entités retenues pour permettre les comparaisons nationales), les agriculteurs exploitants ne représentent qu’une faible part de la population active.

    37L’unité urbaine de Nantes avec 20 communes est un territoire un peu plus petit que celui de la communauté urbaine qui en comprend 24, ce qui pour autant ne bouleverse pas sa structure socio-professionnelle. La diminution de la part des ouvriers au profit des professions intermédiaires plus que des employés la distingue des autres unités urbaines de l’Ouest de la France. Si on cherche à comparer l’unité urbaine nantaise à d’autres grandes villes, sa structure professionnelle est plus proche de celle de Bordeaux que de celle de Rennes. Pour les deux villes portuaires de Nantes et Bordeaux, au passé industriel, la part des ouvriers et des employés reste élevée, tandis qu’à Rennes, la proportion de cadres est plus importante, alors que celle d’ouvriers est moindre.

    38L’analyse de la répartition des différentes catégories socio-professionnelles au sein de la communauté urbaine de Nantes, permet de dégager la géographie de chaque catégorie. À l’échelle communale, si les amplitudes sont faiblement marquées pour les artisans et commerçants (de 3,3 % de la population active à 9 %), les professions intermédiaires (de 24,8 à 38,5 %) et les employés (de 24,4 à 37,4 %), elles sont fortement accentuées pour les cadres et les ouvriers (de 5,7 à 26,4 % d’un côté et de 9,4 à 34,4 % de l’autre). Certaines communes se distinguent : Sautron avec la plus forte part de cadres de l’ensemble de la communauté urbaine et la plus faible part d’ouvriers ; à l’inverse, Le Pellerin et Saint-Jean-de-Boiseau regroupent les plus fortes proportions d’ouvriers (et inversement les plus faibles de cadres). Ainsi une opposition claire se dessine entre la répartition des ouvriers et celles des cadres supérieurs ; c’est entre ces deux catégories qu’une véritable opposition spatiale s’opère.

    39À une autre échelle, les différences sont encore plus importantes et distinguent le centre de Nantes, avec une sur-représentation des catégories les plus aisées, des périphéries plus ouvrières de la communauté urbaine : le long de la Loire en direction de l’estuaire d’une part et au nord-est d’autre part (en particulier Carquefou et Mauves-sur-Loire). Cependant si la commune de Nantes regroupe une part importante de cadres et de professions intellectuelles, elle offre également la plus grande diversité sociale du fait de l’importance de son parc HLM et du parc locatif ; on observe ici un effet lié à la taille de la commune.

    40La part des cadres est nettement plus importante (plus de 30 % de la population active) dans le centre de Nantes ; cette proportion demeure élevée suivant deux directions : le long de la Chézine (vers le nord-ouest) et de l’Erdre jusqu’à la Chapelle-sur-Erdre (au nord). S’y ajoutent la commune de Sautron et les quartiers Sud d’Orvault. On retrouve ici l’implantation des « beaux quartiers » nantais au centre et sur la rive droite de l’Erdre. Il faut aussi souligner la part importante (supérieure à la moyenne communautaire) de cette catégorie dans les communes de Basse-Goulaine, Sainte-Luce-sur-Loire, Thouaré-sur-Loire et même dans les quartiers du Sud-Est de Vertou.

    41La répartition des ouvriers renforce l’opposition centre/périphérie. Dans la commune de Nantes, la forte présence ouvrière correspond essentiellement aux quartiers d’habitat social (HLM) : Le Breil, Les Dervallières, Bellevue, Malakoff, Le Bout-des-Landes et Beaujoire. Au niveau communautaire, la présence ouvrière dessine un arc de cercle autour du centre, du Pellerin jusqu’à Mauves-sur-Loire ; les communes du Pellerin, Saint-Jean-de-Boiseau, Indre et La Montagne étant les plus ouvrières avec une proportion proche de 30 %. Les artisans, commerçants et chefs d’entreprise, tout en étant peu nombreux dans l’ensemble de la communauté urbaine (11 234, soit 5,1 %), troublent un peu le schéma précédent par leur répartition singulière dans l’espace. On les retrouve d’abord dans les quartiers commerçants centraux et dans une vaste couronne périurbaine. Il faut cependant noter leur forte implantation à Sautron (9 % de la population active), à Couëron, à l’est et au sud-est de la communauté urbaine (Thouaré-sur-Loire, Sainte-Luce-sur-Loire, Basse-Goulaine, Vertou, Les Sorinières).

    42La répartition des employés et des professions intermédiaires est moins contrastée que celle des autres catégories socio-professionnelles. Ainsi, les écarts sont moins importants d’un IRIS à l’autre.

    Structures socio-professionnelles : évolution et comparaison à différentes échelles

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    source : INSEE - 1999

    Typologie socio-professionnelle de Nantes Métropole par IRIS en 1999 selon la méthode d’une classification ascendante hiérarchique (CAH)

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    source : INSEE - RP 1999

    43Néanmoins deux configurations se distinguent : la part des professions intermédiaires est plus forte dans le centre et dans le péricentre de Nantes où elles se juxtaposent aux cadres ; les employés sont plus nombreux dans la grande couronne périphérique où ils supplantent la présence ouvrière.

    44La réalisation d’une classification ascendante hiérarchique (CAH) sur les 180 IRIS des communes de la communauté urbaine de Nantes décrits par leurs catégories socio-professionnelles offre une vision synthétique. Cette méthode permet de mettre en valeur les combinaisons des catégories socio-professionnelles au sein des différents quartiers et de ne plus considérer chaque catégorie indépendamment des autres. L’analyse de l’arbre de la classification fait ressortir sept types de quartiers subdivisés en deux grandes catégories : profils de type aisé et profils de type populaire. La distinction est banale, mais elle traduit la grande pérennité des structures sociales.

    45Les sept profils sont définis par comparaison au profil moyen de la communauté urbaine prise dans sa totalité : 5,1 % pour la catégorie artisans, commerçants, 16,9 % pour celles des cadres, 19,5 % pour celle des ouvriers, 27,9 % pour les professions intermédiaires et 30,2 % pour les employés.

    46La première information que nous livre cette analyse est la grande différenciation, au niveau des écarts, entre les cadres et les ouvriers. On retrouve clairement les oppositions décrites précédemment, entre des quartiers à profil aisé « bourgeois » et des quartiers populaires. Ainsi les premiers (types 5, 6 et 7) s’individualisent par une forte proportion de cadres, dans une moindre mesure de professions intermédiaires et corrélativement par une faible proportion d’ouvriers et d’employés. Les types populaires (3 et 4) en sont la face inversée : les employés et les ouvriers sont en moyenne plus nombreux que dans l’ensemble de l’espace communautaire. On voit distinctement que les cadres et les ouvriers ont des territoires qui se superposent rarement : les types 4 et 7 en offrent les expressions les plus caractéristiques. Le type 4 réunit des quartiers ouvriers (39 % en moyenne) où les cadres sont quasiment absents (4,3 %) ; à l’opposé le type 7 regroupe les quartiers de « cadres » (33 %), où les ouvriers n’atteignent que 7,3 % de la population active. À cette opposition s’ajoutent deux autres types (1 et 2) qui correspondent à des situations intermédiaires.

    47Dans les profils populaires, le type 3 est marqué par la double sur-représentation des employés et des ouvriers. Enfin les types 1 et 2 sont caractérisés par de plus faibles écarts au profil moyen de la communauté urbaine. L’un (type 1) est marqué par la présence plus importante des employés et des ouvriers (simultanément), l’autre (type 2) par celle des professions intermédiaires.

    48La carte de synthèse fait apparaître une structure à la fois sectorielle et radio-concentrique. La forme sectorielle sépare l’agglomération nantaise en deux grandes zones, le Nord-Est d’un axe reliant Sautron à Vertou, regroupant l’essentiel des quartiers aisés, et le Sud-Ouest plus populaire.

    49La forme radio-concentrique visible surtout au nord-est de l’axe précédent comprend au centre, les quartiers « bourgeois » qui se prolongent au nord le long de l’Erdre et vers les deux extrêmes de l’axe (Sautron, Vertou, Basse-Goulaine), puis à proximité immédiate, une première couronne de quartiers populaires et enfin une couronne plus éloignée, au profil proche de la moyenne de Nantes Métropole.

    Foyers fiscaux : imposition et revenus en 2000

    50Dans la communauté urbaine nantaise, la part des ménages imposables est supérieure à celle observée pour le département ou la région avec respectivement 56,8 % de foyers imposables contre 52,5 % et 50,3 %. Une seule commune de la Communauté, Le Pellerin, se situe en dessous du taux moyen départemental ou régional (47,8 %). Ce constat général masque cependant de très fortes disparités selon les communes. La part des foyers fiscaux imposables est très élevée (plus de 68 %) dans trois communes : Sautron, La Chapelle-sur-Erdre et Basse-Goulaine, tandis que huit communes se situent en dessous du taux moyen de la communauté urbaine de Nantes : Le Pellerin, Saint-Jean-de-Boiseau, Bouguenais, Rezé, Nantes, Mauves-sur-Loire, La Montagne et Couëron.

    51Quand on observe non plus le rapport à l’imposition mais le revenu moyen imposable déclaré, les contrastes sont encore plus marqués. Trois communes se dégagent : Sautron, Carquefou et Basse-Goulaine. Ce qui signifie que sur ces territoires résident des populations relativement aisées avec un revenu moyen imposable supérieur à 31 000 euros. Dans une moindre proportion, les habitants de La Chapelle-sur-Erdre, Orvault, Mauves-sur-Loire, Thouaré-sur-Loire, Vertou, Saint-Aignan-de-Grandlieu et Bouaye disposent de revenus supérieurs à la moyenne de la Communauté. Hormis Nantes, ces deux ensembles concentrent la plus grande partie des cadres ou des professions intermédiaires et la part des chômeurs y est la plus faible. Nous sommes donc, ici, en présence d’un phénomène relativement classique en matière de stratégies résidentielles développées dans les grandes agglomérations selon lesquelles les populations qui disposent d’assez bons revenus s’installent en proche périphérie pour pouvoir accéder à la propriété d’une maison individuelle. Avec, néanmoins, des processus différents : certains territoires se spécialisent dans l’accueil de population aux revenus relativement élevés, comme par exemple Sautron, La Chapelle-sur-Erdre et Basse-Goulaine. Entre Sautron, valeur la plus élevée et Indre, où l’on trouve la valeur la plus basse, la différence du revenu moyen est d’environ 16 000 euros. Quant à la différence entre Sautron et la moyenne de la Communauté, elle est encore de 11 000 euros.

    52Comme il existe une spécialisation par le « haut », ce phénomène s’observe également pour la répartition des ménages plus modestes. Des communes comme Couëron, Bouguenais, ou Sainte-Luce-sur-Loire, forment un ensemble dont les foyers se caractérisent par un revenu imposable inférieur à la moyenne de l’agglomération.

    Foyers fiscaux et revenus imposables des communes de Nantes Métropole en 2000

    Commune de Nantes Métropole

    Nombre de foyers fiscaux

    Nombre de foyers fiscaux imposables

    % des foyers fiscaux imposables

    Revenus imposables des foyers fiscaux (€)

    Revenu moyen imposable (€)

    Sautron

    2 944

    2 192

    74,46

    85 926 810

    39 200

    Basse-Goulaine

    3 208

    2 208

    68,83

    76 161 656

    34 494

    Carquefou

    6 667

    4 396

    65,94

    142 466 355

    32 408

    Orvault

    11 736

    7 580

    64,59

    237 263 232

    31 301

    La Chapelle-sur-Erdre

    7 421

    5 130

    69,13

    157 944 330

    30 788

    Mauves-sur-Loire

    1 283

    698

    54,40

    21 352 505

    30 591

    Vertou

    9 739

    6 063

    62,25

    183 910 049

    30 333

    Thouaré-sur-Loire

    2 999

    1 990

    66,36

    57 891 612

    29 091

    Saint-Aignan-Grandlieu

    1 505

    893

    59,34

    25 926 422

    29 033

    Bouaye

    2 416

    1 517

    62,79

    43 542 327

    28 703

    Sainte-Luce-sur-Loire

    5 412

    3 493

    64,54

    99 503 418

    28 487

    Saint-Léger-les-Vignes

    539

    326

    60,48

    9 199 058

    28 218

    Les Sorinières

    2 884

    1 763

    61,13

    49 442 549

    28 045

    Nantes

    152 867

    82 391

    53,90

    2 297 691 321

    27 888

    Bouguenais

    7 958

    4 247

    53,37

    115 124 201

    27 107

    Couëron

    8 494

    4 748

    55,90

    128 036 042

    26 966

    Saint-Sébastien-sur-Loire

    12 791

    8 053

    62,96

    215 115 067

    26 712

    Saint-Jean-de-Boiseau

    2 223

    1 177

    52,95

    31 408 593

    26 685

    Brains

    1 039

    617

    59,38

    16 286 721

    26 397

    Le Pellerin

    1 987

    950

    47,81

    24 954 551

    26 268

    Saint-Herblain

    22 731

    12 930

    56,88

    333 585 310

    25 799

    La Montagne

    2 956

    1 611

    54,50

    40 736 651

    25 287

    Rezé

    20 764

    11 124

    53,57

    274 516 556

    24 678

    Indre

    1 996

    1 153

    57,77

    27 300 815

    23 678

    Nantes Métropole

    294 559

    167 250

    56,78

    4 695 286 151

    28 073

    Loire-Atlantique

    608 983

    319 829

    52,52

    9 028 955 732

    28 231

    Pays de la Loire

    1 719 759

    865 648

    50,34

    24 184 657 971

    27 938

    source : SESDO, 2000

    Foyers fiscaux imposables des communes de Loire-Atlantique et de Nantes Métropole en 2000

    Image 100000000000085D000003F8A035051A.jpg

    source : SESDO, 2000

    53Elles sont marquées par la présence de populations d’ouvriers et d’employés, associées à des professions intermédiaires. Enfin, les plus grandes villes de l’espace communautaire, c’est-à-dire Nantes, Rezé et Saint-Herblain se distinguent par la relative faiblesse des revenus de leurs habitants. Mais ce résultat moyen ne rend pas compte des contrastes existant sur ces territoires, surtout pour Nantes qui présente une configuration particulière. Une partie des populations les plus aisées de la communauté urbaine réside dans la ville centre, mais Nantes détient également le plus fort taux de chômage. Aussi, autant l’appréhension des caractéristiques sociales des populations par l’imposition permet-elle de rendre compte assez précisément des spécificités des territoires pour les petites communes, autant cet indicateur trop global perd-il de son efficacité pour les communes les plus peuplées.

    Foyers fiscaux et revenus moyens par commune de Nantes Métropole en 2000

    Image 10000000000003CF000003688FB9B16C.jpg

    source : SESDO, 2000

    Le chômage en 1990 et 1999

    54Pour l’ensemble des communes de la communauté urbaine, on enregistre entre 1990 et 1999 une augmentation de plus de deux points du taux de chômage dans l’ensemble de la population active, il passe de 11,7 % à 13,9 %. Cet accroissement global s’effectue de manière régulière, par évolution des taux existants en 1990, sans que la carte de 1999 ne fasse apparaître nettement de nouvelles zones de chômage. Le trait le plus significatif qui se dégage est une concentration du chômage sur la ville de Nantes qui, en 1999, passe le cap des 15 %, seuil jamais atteint lors du recensement précédent.

    55La carte du chômage par commune en 1999 est plus contrastée qu’en 1990. D’une part, les écarts entre communes sont plus importants ; d’autre part, les communes centrales de la Communauté se détachent avec des taux qui atteignent 17,8 % à Nantes, 14,1 % à Saint-Herblain, 12,8 % à Rezé et 12,5 % à Indre.

    Chômage par commune de Nantes Métropole en 1990 et 1999

    Image 10000000000004000000038C19EFE289.jpg

    source : INSEE - RP 1990 et 1999

    56D’une manière plus systématique qu’en 1990, les taux communaux de chômage vont en décroissant du centre de l’espace communautaire vers la périphérie.

    57Si les taux de chômage les plus faibles sont le fait de quatre communes périphériques (Sautron, Brains, Saint-Léger-les-Vignes et Basse-Goulaine à l’est), le recensement de 1999 fait ressortir encore plus nettement qu’en 1990 une opposition entre les communes situées à l’ouest (toutes comprises entre 10 et 12,5 % de chômeurs) et celles qui sont à l’est et au sud où le chômage ne dépasse pas les 10 % de la population active.

    À Nantes, une stabilité spatiale du chômage

    58Les cartes du chômage à l’échelle des IRIS, en 1990 et 1999, révèlent une homogénéisation des taux à l’intérieur des communes de La Chapelle-sur-Erdre et d’Orvault. Il n’en va pas de même pour la ville de Nantes : les zones de plus fort chômage en 1990 (à plus de 20 %) voient leurs taux s’élever de manière sensible neuf années plus tard (le taux maximum passe de 36 % à 47 %).

    59Il en résulte que la localisation du chômage dans la ville ne varie guère. On retrouve en 1999 quasiment à l’identique les frontières du chômage de 1990 ; les quartiers à plus de 20 % de chômeurs dans la population active correspondent à des espaces où l’habitat social est très présent : au nord de Nantes, les quartiers du Bout-des-Landes, du Bout-des-Pavés/Chêne des Anglais et de la Boissière ; à l’est, les quartiers de Ranzay-Grand Clos, le Pin Sec et la Bottière ; au sud, les quartiers de Malakoff, de la Madeleine et de République-Les Ponts et enfin, au sud-ouest, ceux de Roche Maurice, Mendès-France et la Croix Bonneau-Bourderies. Cette stabilité de la géographie du chômage se retrouve à Saint-Herblain et à Rezé.

    Chômage par IRIS de Nantes Métropole en 1900 et 1999

    Image 100000000000087D000002CC4A4FA5D3.jpg

    source : INSEE -RP 1990 et 1999

    60Le constat d’un chômage « nantais » qui reste attaché aux quartiers d’habitat social suggère une explication de même nature, mais inversée, pour comprendre la moindre progression du chômage dans les communes périphériques de la communauté urbaine. Les constructions de lotissements ont attiré dans ces communes des populations relativement stabilisées du point de vue de l’emploi. Il résulte de ce double processus que l’opposition centre/périphérie en matière de chômage prend un sens différent suivant l’échelle considérée.

    61Au niveau de l’espace communautaire, ce sont les communes centrales, et la ville de Nantes en particulier, qui sont les plus affectées par le chômage. Au sein de la commune de Nantes, ce sont les espaces péri-centraux qui continuent d’être les plus protégés.

    Une forte augmentation du chômage masculin

    62Le chômage des femmes, pour l’ensemble de la communauté urbaine, était en 1990 plus élevé que celui des hommes : on comptait alors 14,9 % de chômeuses dans la population active féminine pour 8,9 % de chômeurs. Entre 1990 et 1999, l’écart a diminué entre hommes et femmes du fait d’une augmentation beaucoup plus forte du chômage masculin : la part des chômeurs atteint les 12,4 % contre 15,6 % de chômeuses en 1999.

    63La plus forte concentration du chômage dans les communes du centre de la Communauté, observée pour l’ensemble de la population, se vérifie pour les deux sexes. Au dernier recensement, Nantes (avec 16,7 % de chômeurs), Saint-Herblain (12,1 %) et Rezé (11,4 %) sont les trois communes qui se détachent par des taux de chômage masculin supérieurs à ceux des autres communes, restés nettement en dessous des 10 %. En 1999, le chômage féminin s’affiche avec des taux à plus de 15 % sur un ensemble plus large de communes du centre de l’espace communautaire comprenant Nantes avec un taux de 18,9 % de chômeuses, Saint-Herblain (16,2 %) et Indre (16,9 %). À l’ouest, la commune du Pellerin continue de se détacher compte tenu du très fort taux de chômage féminin qui la caractérisait en 1990 (23 % de chômeuses).

    Chômages masculin et féminin par commune de Nantes Métropole en 1990 et 1999

    Image 100000000000040A0000037C5E67DB15.jpg

    source : INSEE - RP 1990 et 1999

    Taux de chômage féminin et masculin : Exemple de quatre IRIS de la commune de Saint-Herblain en 1990 et 1999

    Hommes

    Noms des IRIS

    Femmes

    1990

    1999

    1990

    1999

    6,9

    7,6

    Le Golf

    11,3

    11,4

    5,0

    9,8

    Preux

    13,6

    16,8

    14,3

    25,1

    Bernardière

    20,8

    22,4

    20,5

    33,4

    Sillon de Bretagne

    29,5

    32,2

    source : INSEE - RP 1990 et 1999

    64L’accroissement du chômage dans les quartiers périphériques des communes de Nantes, Saint-Herblain, Rezé est un phénomène marquant. En 1999, les taux de chômage masculin et féminin dépassant les 15 % gagnent la périphérie de Nantes et débordent sur le nord de Rezé et les quartiers nord et sud-est de Saint-Herblain. Pour les femmes, la couronne de taux supérieurs à 15 % qui entoure la commune de Nantes dès 1990 se dessine encore plus nettement neuf ans plus tard ; elle se densifie avec les augmentations de taux de chômage comme au Bout-des-Landes (33,3 % en 1999), à la Beaujoire-Halvêque et à Ranzay-Grand Clos (21 %) et s’étend à de nouveaux espaces, tout particulièrement dans les zones allant du quartier Dalby au Quai de la Fosse et à la pointe Sud-Ouest de Nantes.

    65C’est plus particulièrement chez les hommes que les écarts entre les taux de chômage s’accroissent de 1990 à 1999. Quatre IRIS de la commune de Saint-Herblain, présentant dès 1990 des écarts significatifs illustrent ce phénomène. Dans cette commune, en 1999, les taux de chômage féminin, déjà forts il est vrai, ont augmenté. Mais, le plus remarquable est l’explosion des taux du chômage masculin à La Bernardière et au Sillon de Bretagne, qui creuse les écarts entre ces quatre IRIS. Dans les quartiers les plus fragiles, cette dégradation de l’emploi masculin, ajoutée à un chômage féminin déjà élevé, n’est pas sans conséquences sur le délitement du lien social : en 1999, on enregistre 37,9 % de chômeurs à la Croix-Bonneau-Les Bourderies au sud-ouest de Nantes, 35,5 % à Malakoff, 43,6 % aux Dervallières à l’ouest et 28,2 % aux Bout-des-Landes.

    Évolution du nombre de chômeurs par IRIS de la commune de Nantes et de sa périphérie entre 1990 et 1999

    Image 10000000000008390000060017156BD0.jpg

    source : INSEE – RP 1990 et 1999

    66Ici, on note que ce chômage massif s’installe dans la durée. Les effets déstructurants ne peuvent que se cumuler, en agissant tant sur les identités individuelles et la santé que sur le lien social en général, dans ces quartiers bien circonscrits.

    Une baisse de la taille moyenne des ménages

    67Depuis plusieurs décennies, le nombre des ménages augmente plus vite que la population totale. Le nombre moyen de personnes par ménage est passé, en France, de 2,88 à 2,40 entre 1975 et 1999. Ce constat est un des faits majeurs de cette période et reflète les nouveaux types de comportements socio-démographiques qui se sont alors affirmés : baisse de la fécondité, retard de l’âge au mariage et du début de la vie en couple, fréquence du divorce, vieillissement de la population. L’ensemble du territoire – zones rurales ou zones urbaines - est aujourd’hui concerné.

    68La région des Pays de la Loire, longtemps marquée par une fécondité relativement forte, se caractérisait encore au début des années soixante-dix par une taille des ménages supérieure à la moyenne nationale. En 1999, cette particularité a disparu. Les valeurs enregistrées dans la région, et notamment dans le département de Loire-Atlantique, sont désormais proches de la situation nationale. Nantes Métropole a suivi une évolution de même type, le nombre moyen de personnes par ménage s’élevant à 2,3 en 1999. Des observations similaires peuvent être faites dans de nombreuses unités urbaines françaises et notamment dans les agglomérations de l’Ouest de la France, où les valeurs enregistrées sont voisines, variant de 2,1 à 2,4 lors du recensement de 1999.

    69La baisse de la taille moyenne des ménages est le résultat de trois grandes tendances observées, elles aussi, sur l’ensemble du territoire national :

    • Une croissance importante des ménages ne comprenant qu’une seule personne ;

    • Une relative stabilité des ménages composés d’un couple sans enfant ;

    • Une forte diminution du poids des ménages de plus grande taille, et tout particulièrement des ménages de 6 personnes et plus.

    70Le schéma centre-périphérie marque fortement l’image de la Communauté, opposant une ville centre caractérisée par la forte présence des ménages de petite taille, et des zones périphériques aux ménages de plus grande taille, notamment dans les communes les plus externes. Nantes Métropole se caractérise à la fois par l’ampleur de la croissance des ménages d’une personne (+ 72,7 %), ampleur liée notamment à l’évolution observée dans la ville de Nantes (+ 82 %), et par l’importance du recul des ménages de taille moyenne ou grande.

    71Abordée à l’échelle des IRIS, la communauté urbaine de Nantes présente, en termes de taille des ménages, les valeurs les plus faibles (1,4 personne) et les valeurs les plus élevées (3,5) du département. Les ménages composés d’une seule personne marquent le centre-ville et les quartiers péricentraux de Nantes. La sur-représentation des jeunes, étudiants ou jeunes actifs, est sans doute la caractéristique majeure de cet espace. La distribution spatiale des ménages constitués d’une seule personne est à cet égard significative. Leur poids élevé dans un secteur centré sur la Loire, mais surtout dans un large « couloir » sud-nord traversant le centre-ville et intégrant les lieux qui regroupent grandes écoles et universités, témoigne de l’importance de ce facteur.

    Évolution de la taille des ménages entre 1975 et 1999 France métropolitaine, Loire-Atlantique, Nantes Métropole et la commune de Nantes

    Image 10000000000003FC000007C81B298293.jpg

    source : INSEE - RP 1975 et 1999

    Taille moyenne des ménages par commune de Loire-Atlantique en 1990 et 1999

    Image 100000000000089F000003A28AF9C33F.jpg

    source : INSEE - RP 1990 et 1999

    Taille des ménages des principales unités urbaines de l’Ouest de la France en 1999

    % des ménages selon le nombre de personnes

    Nombre de ménages

    Population des ménages

    Nombre moyen de personnes par ménage

    Unités urbaines

    1

    2

    3

    4

    5

    6 et plus

    Bordeaux

    36,4

    29,6

    15,8

    12,5

    4,1

    1,6

    328 592

    736 462

    2,2

    Nantes

    36,4

    29,3

    14,0

    13,1

    5,5

    1,7

    233 681

    532 608

    2,3

    Rouen

    35,5

    30,6

    14,9

    12,0

    4,7

    2,3

    165 813

    378 888

    2,3

    Rennes

    42,5

    28,6

    12,6

    10,8

    4,0

    1,4

    124 876

    262 709

    2,1

    Le Havre

    32,7

    29,7

    15,3

    13,4

    5,7

    3,1

    100 726

    243 832

    2,4

    Angers

    39,3

    28,9

    12,8

    11,5

    5,5

    2,0

    98 200

    218 058

    2,2

    Brest

    39,5

    27,4

    13,5

    12,4

    5,6

    1,6

    91 910

    204 730

    2,2

    Caen

    39,3

    29,0

    13,6

    11,3

    4,8

    2,0

    86 341

    190 411

    2,2

    Le Mans

    35,3

    32,0

    14,0

    12,2

    4,8

    1,7

    84 308

    189 928

    2,3

    source : INSEE - RP 1999

    Talle moyenne de ménages par IRIS de Nantes Métropole en 1990 et 1999

    Image 10000000000008730000025D91DF11CF.jpg

    source : INSEE - RP 1990 et 1999

    Ménages de une et trois personnes par IRIS de Nantes Métropole en 1999

    Image 1000000000000406000004F0B8FFDB76.jpg

    source : INSEE - RP 1999

    72Cette caractéristique n’est pas propre à la ville de Nantes. Une structure identique se retrouve dans d’autres villes universitaires, la présence des jeunes pouvant d’ailleurs y être plus prononcée encore, comme c’est le cas à Rennes.

    73Les ménages de trois personnes correspondent le plus souvent à un couple avec un enfant ou une personne seule et ses enfants. Ces ménages sont relativement peu nombreux dans la ville centre, voire très faiblement représentés dans certains IRIS du centre-ville. Ils sont, à l’inverse, fortement présents dans la plupart des IRIS nantais périphériques, dans les communes de banlieue et de l’espace périurbain. Les conditions de logement et les structures foncières jouent un rôle déterminant pour expliquer ces divisions socio-démographiques.

    74La cartographie à l’échelle communale gomme des différenciations fines : ainsi par exemple, à Saint-Sébastien-sur-Loire, la taille des ménages est sensiblement plus élevée dans l’Est du territoire communal, caractérisé par une urbanisation plus récente et où la place des lotissements, voire des logements sociaux, est quelque peu accentuée. De tels contrastes peuvent être observés dans diverses communes de Nantes Métropole y compris sur la commune de Nantes où quelques IRIS concentrent entre 3 et 8 % de ménages de six personnes et plus, comme par exemple ceux de Malakoff, des Dervallières, des Lauriers, du Plessis-Cellier, La Bottière, Santos Dumont, Pin Sec, du Breil-Malville, Mendès-France, et Bout des Pavés-Chêne des Anglais.

    La structure des ménages selon le sexe

    75D’autres indicateurs contribuent à la diversité spatiale de la structure des ménages tels le sexe et l’âge de la personne de référence du ménage, celle-ci étant désignée par l’INSEE selon une règle basée sur la prédominance donnée aux familles, aux pères, à l’activité et à l’âge. Dans chaque ménage, il y a une seule personne de référence, et c’est le plus souvent un homme.

    Ménages dont la personne de référence est une femme par commune de Nantes Métropole en 1999

    Image 10000000000003770000014FC9CAA75D.jpg

    source : INSEE - RP 1999

    76Trois femmes sur dix, en moyenne, sont, au sein de Nantes Métropole, recensées comme personnes de référence d’un ménage. Cette valeur est sensiblement supérieure à la moyenne nationale en raison de la concentration urbaine de ce type de ménage, mais l’unité urbaine nantaise est, sur ce point, devancée par bien d’autres, y compris dans l’Ouest de la France.

    Ménages féminin et masculin en 1999

    Image 10000000000002E50000031C0B50B7C1.jpg

    source : INSEE - RP 1999

    77La présence des femmes chefs de ménage est très diversifiée au sein des communes de la communauté urbaine, deux traits majeurs dominent :

    • Un poids très inégal variant de 12,7 % du total des ménages à Saint-Aignan-de-Grandlieu et aux Sorinières, à 36,8 % dans la ville de Nantes. La ville centre et les quelques communes limitrophes, les plus urbanisées et les plus peuplées, concentrent une forte majorité de ménages dont la personne de référence est une femme ;

    • Parallèlement la structure par âge fait apparaître une forte opposition entre le cœur de l’agglomération et les communes périphériques. Dans ces dernières, plus de la moitié des femmes chefs de ménage ont plus de 60 ans et à l’inverse, les jeunes femmes sont peu présentes.

    78À Nantes, la situation est autre, les femmes âgées de moins de 30 ans (29 % du total de ce type de ménage) sont presque aussi nombreuses que les plus âgées (33,4 %). Seules les communes jouxtant la ville centre présentent une situation intermédiaire, avec une proportion de jeunes femmes chefs de ménage qui varie de 11 à 18 %.

    79Cette observation reflète la structure différenciée de ce type de ménage : les plus âgées, célibataires, veuves ou divorcées, sont partout présentes, mais leur place est particulièrement forte dans les communes périphériques. À l’inverse, les jeunes femmes, célibataires, étudiantes ou déjà actives et les femmes d’âge médian, vivant seules ou en charge d’une famille monoparentale, résident plus fréquemment au cœur de l’agglomération, dans la ville de Nantes et dans les trois ou quatre communes, parmi les plus peuplées, voisines de la ville centre.

    Ménages* de moins de 30 ans par commune et IRIS de Nantes Métropole en 1999

    Image 1000000000000823000003B4A59B789E.jpg

    source : INSEE - RP 1999

    La structure des ménages selon l’âge

    80La distribution des ménages selon l’âge de la personne de référence est également un facteur de diversification au sein de la communauté urbaine.

    81Les ménages de moins de 30 ans sont particulièrement concernés en raison du profond déséquilibre de leur répartition : près de huit sur dix résident à Nantes et cette proportion s’élève à près de 94 % du total si les communes limitrophes de la ville centre sont prises en compte.

    Classes d’âge des ménages* des principales unités urbaines de l’Ouest de la France en 1999

    Image 10000000000004170000030C8E9928DB.jpg

    source : INSEE - RP 1999

    82Le poids des ménages jeunes varie néanmoins au sein de cet ensemble, comme le montrent les cartes réalisées à l’échelle des IRIS, les valeurs observées variant de 0,8 % du total des ménages à plus de 67 %. Les images obtenues rappellent, en toute logique, la distribution des ménages de petite taille (vue précédemment).

    83Le long du couloir nord-sud ainsi mis en évidence, le poids des jeunes est particulièrement élevé : quatre à cinq ménages sur dix (Viarme, Graslin, Talensac, quai de la Fosse), plus de cinq sur dix dans le quartier Decré, ou dans le secteur Jonelière-Université ; cette présence des jeunes ménages dépassant largement 60 % du total des ménages dans l’iris Madeleine-Champ de Mars ou à la Chantrerie.

    84Le mode de logement de ces jeunes, les structures locales du parc immobilier et les modes de vie contribuent à expliquer cette concentration observée au cœur de l’espace communautaire. La prolongation des études supérieures, les premières activités, le souhait d’une vie sociale intense et la recherche d’une vie culturelle ou festive facilement accessible, sont autant de facteurs qui doivent être pris en compte pour expliquer cette situation.

    85Cette forte concentration des jeunes ménages doit sans aucun doute être prise en considération lorsque se pose la question de la mixité des populations au sein d’un quartier.

    Les familles monoparentales

    86La monoparentalité est un autre reflet de l’évolution des modes de vie. Si le phénomène n’est pas totalement neuf, il est accentué dans les villes. Par ailleurs, les processus qui conduisent les familles à la monoparentalité ont changé. Aujourd’hui, la progression du nombre des familles monoparentales va de pair avec l’accroissement du nombre de divorces. De ce fait, la monoparentalité doit souvent être appréhendée comme une étape vers une nouvelle famille dite « recomposée ». Les interprétations de la monoparentalité sont délicates car elle recouvre des situations très variées : des jeunes mères n’ayant jamais vécu en couple, des mères ou des pères divorcés ou encore des situations de monoparentalité dues à un veuvage. Du point de vue économique et social, ce type de familles qui concerne très majoritairement des femmes, connaît également des situations diverses : entre des jeunes mères aux emplois précaires ou sans emploi et des femmes divorcées de catégorie professionnelle supérieure, les revenus sont incomparables. Il faut souligner cependant que leur revenu moyen est inférieur à celui d’un couple composé de deux personnes actives, d’autant plus que le salaire moyen féminin, à niveau équivalent, est inférieur à celui des hommes. C’est dans ce sens que la monoparentalité génère une famille économiquement fragile.

    87Les chiffres du recensement de 1999 ne peuvent pas rendre compte de la complexité de ces situations.

    88Les familles monoparentales constituent, en 1999, 12,3 % du nombre de familles en France. Le département de la Loire Atlantique avec 10,7 % se situe légèrement au-dessous de cette moyenne.

    Familles monoparentales par commune de Nantes Métropole en 1999

    Image 10000000000003E3000004D448FBA72D.jpg

    source : INSEE - RP 1999

    89Au niveau de la ville de Nantes, on en comptabilise 12,6 %. Ce sont principalement, voire exclusivement, des femmes qui sont à la tête de ces familles (85,6 % pour le département et 89,4 % pour la ville de Nantes). Leur situation est variée, aussi bien du point de vue de l’âge, du nombre d’enfants à charge que du niveau de vie. On constate que c’est après 30 ans que les familles monoparentales sont les plus nombreuses, souvent le résultat d’une séparation.

    Familles et monoparentalité en 1999

    Ensemble des familles

    Familles monoparentales

    dont le chef de famille est une femme

    France métropolitaine

    16 096 782

    1 984 599

    12,3 %

    1 691 901

    85,3 %

    Pays de la Loire

    893 756

    83 297

    9,3 %

    70 554

    84,7 %

    Loire-Atlantique

    309 456

    33 244

    10,7 %

    28 471

    85,6 %

    Nantes Métropole

    146 678

    18 565

    12,7 %

    16 326

    87,9 %

    Commune de Nantes

    65 283

    10 478

    16,1 %

    9 362

    89,3 %

    source : INSEE - RP 1999

    90La répartition des 18 565 familles monoparentales que compte la communauté urbaine de Nantes nous renvoie une image classique du schéma centre-périphérie.

    91À l’échelle des communes, un noyau central regroupant plus de 60 % des familles monoparentales s’organise autour de Nantes. Il englobe les communes limitrophes : Saint-Herblain (1 800), Rezé (1 312), Saint-Sébastien-sur-Loire (812), Bouguenais (444) et Orvault (688). Au-delà de cette limite, les proportions des familles monoparentales sont très modestes et concernent moins de 8 % de l’ensemble des familles.

    92À l’échelon de l’IRIS, l’image est encore accentuée : avec 56 % de l’ensemble, la ville de Nantes offre à la fois les plus grands contrastes et les valeurs les plus élevées (de 3 % à 34,4 %). Même si la représentation cartographique est délicate à interpréter, on peut noter que les familles monoparentales sont présentes aussi bien dans le centre-ville que dans les quartiers péricentraux, débordant sur les communes limitrophes : Rezé, Saint-Herblain, Saint-Sébastien-sur-Loire et même Orvault dans les espaces jouxtant la commune de Nantes. On retrouve pour une part, la représentation spatiale de la répartition des locataires en HLM au sein de l’espace urbain communautaire, mais cette répartition dépasse le strict cadre du parc de logement social public pour gagner la partie centrale de Nantes (Viarme, Decré par exemple) où existe un parc social de fait (parc privé jouant un rôle social).

    Monoparentalité par IRIS de Nantes Métropole en 1999

    Image 10000000000008AD000006B702E03127.jpg

    source : INSEE – RP 1999

    Résidences et logements

    93Avant 1915 et jusqu’en 1967, la dynamique profite à la commune de Nantes et le nombre le plus élevé de constructions est atteint au cours de la période 1949-1967. La banlieue s’étoffe surtout dans l’Après-guerre. Entre 1968 et 1990, le nombre des constructions y est plus important qu’à Nantes.

    94Après 1990, Nantes dépasse à nouveau la banlieue. Dans la ville jusque-là saturée, des espaces se sont libérés permettant de retrouver un niveau de construction élevé, en particulier dans les IRIS marqués par les implantations universitaires ou situés à proximité de celles-ci. Même le centre-ville a vu son nombre de résidences principales augmenter de 20 % entre 1990 et 1999. Toutefois, en son sein s’opposent deux types d’IRIS :

    • Les premiers sont marqués par la forte progression du nombre de résidences. Il s’agit de Madeleine-Champ de Mars et Dobrée-Bon Port, situés hors du secteur sauvegardé, protégé au titre du patrimoine, dont la croissance de logements de 62,2 % et 26,3 % est liée à des constructions neuves ;

    • Les seconds secteurs, Graslin-Commerce et Gloriette-Feydeau, compte tenu des contraintes de sauvegarde, augmentent plus faiblement leur parc résidentiel (7,87 % et 1,56 %). La croissance des logements passe dans ces espaces par le retour sur le marché des appartements vacants et par la division du parc existant.

    95En France en moyenne, 33,2 % des logements ont été construits avant 1949 et 66,8 % après cette date (enquête logement 2002, INSEE). Le parc de l’agglomération est plus récent. À Nantes, 27,9 % des logements datent d’avant 1949, 73,1 % ayant été construits après (dont 14,3 % après 1990).

    96En toute logique, l’habitat est ancien au centre de la ville de Nantes, notamment parce qu’il est en partie protégé par la législation des secteurs sauvegardés et il est récent au fur et à mesure que l’on se rapproche des limites communales et intercommunales. Ainsi plus de 60 % du parc des résidences principales est constitué de constructions antérieures à 1948 dans les IRIS de Decré-Cathédrale (87,4 %) Graslin-Commerce (79 %), Richebourg-Saint-Clément (71,6 %), Gloriette-Feydeau et Bretagne (61,7 et 61,2 %). Dans les 2/3 des IRIS situés à l’intérieur des boulevards, ainsi qu’au-delà, à l’ouest, à Chantenay, Sainte-Anne, Zola, on trouve encore un bâti ancien (40 % du parc).

    97Ailleurs, l’habitat ancien se situe à l’ouest de l’agglomération, dans les centres-bourgs (Le Pellerin, Couëron, La Montagne, Saint-Jean-de-Boiseau) ; mais Indre est la seule commune dans laquelle 40 % des constructions datent d’avant 1948. On trouve aussi cet habitat ancien le long de la Sèvre au sud-ouest (Vertou), ou encore à l’extrême est (Mauves-sur-Loire).

    Ancienneté du parc des résidences principales par IRIS de Nantes et communes de Nantes Métropole en 1999

    Image 10000000000008840000046FCED7791F.jpg

    source : INSEE - RP 1999

    Évolution du parc de logement social de la commune de Nantes et de Nantes Métropole par période intercensitaire

    Image 10000000000003640000046339065664.jpg

    source : INSEE - RP 1999

    98Entre 1949 et 1974, les taux de construction les plus élevés concernent les quartiers marqués par les cités HLM, situés au-delà des boulevards, souvent en limite communale.

    99Durant cette période, les communes de la banlieue proche profitent également de la croissance : Orvault, Saint-Herblain, Rezé, Bouguenais, Saint-Sébastien-sur-Loire et Sainte-Luce-sur-Loire.

    100Après 1975, les constructions nouvelles se situent aux limites nord et sud de la commune de Nantes. Dans le reste de l’agglomération, la croissance touche les communes de Sautron, La Chapelle-sur-Erdre et Carquefou au Nord, et au Sud, celles de Bouaye, Saint-Léger-les-Vignes et Brains. Après 1990, la part des constructions diminue tant à Nantes que dans le reste de la communauté urbaine. Les IRIS où les constructions sont importantes se situent au nord-est de la ville : Chantrerie-Gachet, Jonelière-Université, Saint-Joseph-de-Porterie, Eraudière-Renaudière. Dans l’agglomération, La Chapelle-sur-Erdre, Carquefou, Sainte-Luce-sur-Loire et Thouaré-sur-Loire sont des communes où l’on construit beaucoup après 1990.

    La diminution des logements sans confort et vacants

    101Les problèmes qui se posaient encore à l’échelle nationale dans les années soixante-dix où, d’après l’enquête logement de 1973, 39 % des logements ne possédaient aucun confort (eau, wc ou installations sanitaires), ne se présentent plus avec la même acuité en 2002, avec seulement 2,6 % de logements déficients.

    102À Nantes, la proportion de résidences principales avec wc à l’extérieur, sans douche ni baignoire, sans chauffage central individuel ou collectif, encore importante en 1990 dans les quartiers centraux, s’est fortement réduite en 1999. Les résidences sans toilettes intérieures représentaient par exemple 15 % des résidences principales de l’IRIS Gloriette Feydeau en 1990 et 2,6 % en 1999. À l’échelle de la commune, les valeurs les plus élevées en 1999 se situent autour de 4 % de résidences sans baignoire, ni douche, de 8 % sans chauffage, de 11 % sans wc intérieur, dans le centre-ville (Decré-Cathédrale, Graslin-Commerce), dans les quartiers péricentraux et à l’ouest, à Zola, Sainte-Anne et Monselet. La vacance des logements a elle aussi considérablement diminué, passant de 9,3 % du parc des résidences à 6,4 %, entre 1990 et 1999. Entre temps, des opérations programmées d’amélioration de l’habitat (OPAH) ont remis aux normes les logements des quartiers République et Chantenay, proches de la Loire.

    103Bien que des politiques publiques en direction de l’habitat ancien aient été menées, ce sont surtout des initiatives individuelles qui ont profondément remanié le parc de logement ancien. L’inconfort qui touchait des quartiers entiers dans les années quatre-vingt encore, ne concerne quinze ans plus tard que des îlots, voire des immeubles ou des logements disséminés.

    Statut d’occupation des logements de la commune de Nantes et de son unité urbaine en 1999

    Image 100000000000086800000216602CBE11.jpg

    source : INSEE - RP 1999

    Statut d’occupation des résidences principales par commune de Nantes Métropole en 1999

    Image 10000000000003A0000004E00F329139.jpg

    source : INSEE - RP 1999

    Propriétaires et locataires

    104En France, en 2002, 56 % des ménages sont propriétaires ou accédants à la propriété de leur logement (45,5 % en 1973) et 37,9 % sont locataires dont 15,6 % en HLM et 19,7 % dans le secteur libre que l’on appelle également « privé ». 2,6 % sont logés à titre gratuit. Dans l’Ouest de la France, le poids des propriétaires est encore plus fort : 61 % pour la région des Pays de la Loire et pour le département de la Loire-Atlantique. Au sein de la région, on note, par ailleurs, la faiblesse du logement social en Loire-Atlantique (13,4 %), comparé aux départements du Maine-et-Loire (18,5 %) et de la Sarthe (15,9 %).

    105Dans l’unité urbaine, la part des propriétaires décroît de la périphérie vers la ville centre avec de fortes variations entre Nantes et la banlieue, mais également à l’intérieur de celle-ci. C’est dans la deuxième couronne que l’on compte plus de 85 % de propriétaires, à Saint-Aignan-de-Grandlieu, Basse-Goulaine et Brains, tandis que dans la première couronne, la proportion des propriétaires varie de 57 à 76 %. À Nantes même, s’opposent les espaces au-delà des boulevards où les propriétaires comptent pour plus de 50 % et ceux d’un centre-ville étiré jusqu’aux boulevards du XIXe, où les propriétaires sont minoritaires. Sur l’ensemble des résidences principales, la proportion de propriétaires a baissé entre les recensements de 1990 et 1999, tant dans l’unité urbaine qu’au sein de la ville de Nantes. Dans cette dernière, elle atteint 36,5 % en 1999, pour plus de 40 % en 1990. On retrouve ce phénomène à Toulouse, Bordeaux ou Rennes : il signifie que la valeur de rente de la ville centre a augmenté. Dans la commune de Nantes comme dans l’unité urbaine, la part des locataires est en forte progression. Ce sont les locataires du secteur libre qui augmentent deux fois plus que les locataires HLM, faute de constructions suffisantes de ce type de logements depuis les années quatre-vingt.

    106Bien des ménages en recherche d’une location sont contraints de s’établir sur Nantes, en l’absence d’offre dans les communes voisines. 73,7 % du parc locatif de l’unité urbaine (76,3 % du secteur libre) se situe à Nantes où l’offre est très concentrée dans les IRIS dominés par l’habitat social et dans le centre-ville.

    Statut d’occupation des résidences principales par IRIS de la commune de Nantes en 1999

    Image 100000000000086B00000249AF1FB579.jpg

    source : INSEE - RP 1999

    Le logement social des unités urbaines de Toulouse, Bordeaux, Nantes, Strasbourg et Rennes en 1999

    Population en 1999

    Nombre de logements sociaux

    Nombre de résidents du parc social

    % du parc de logement social

    Unité Urbaine

    Commune

    Unité urbaine

    Commune

    Unité urbaine

    Commune

    Unité urbaine

    Commune

    Toulouse

    761 107

    390 301

    44 274

    28 642

    104 295

    67 074

    13,2

    14,4

    Bordeaux

    754 017

    215 374

    56 437

    15 304

    130 785

    32 450

    17,2

    13,4

    Nantes

    545 063

    270 251

    43 052

    29 581

    100 579

    67 247

    18,4

    22,7

    Strasbourg

    427 184

    263 941

    38 893

    27 454

    105 080

    75 458

    21,2

    23,5

    Rennes

    272 182

    206 194

    24 884

    22 516

    56 912

    51 261

    19,9

    22,6

    Le logement social des communes de plus de 10 000 habitants de l’unité urbaine de Nantes en 2002

    Communes de l'unité urbaine de Nantes (> à 10 000 habitants en 2002)

    Population en 1999

    Nombre de logements en 2002

    Nombre de logements sociaux en 2002

    Part du logement social dans la commune (en %)

    Part du logement social dans l'unité urbaine (en %)

    Nantes

    270 251

    133 175

    31 076

    23,3

    67,8

    Saint-Herblain

    43 726

    17 647

    4 694

    26,6

    10,2

    Rezé

    35 478

    15 913

    2 719

    17,1

    5,9

    Saint-Sébastien-sur-Loire

    25 223

    10 249

    819

    8,0

    1,8

    Orvault

    23 554

    9 430

    1 513

    16,0

    3,3

    Vertou

    20 268

    7 495

    301

    4,0

    0,6

    Couëron

    17 808

    6 515

    1 076

    16,5

    2,3

    La Chapelle-sur-Erdre

    16 391

    5 790

    417

    7,2

    0,9

    Carquefou

    15 377

    5 301

    458

    8,6

    1,0

    Bouguenais

    15 627

    5 763

    1 089

    18,9

    2,4

    Unité urbaine de Nantes

    544 932

    239 502

    45 836

    19,1

    100,0

    source : INSEE - RP 1999, AURAN Janvier 2002

    107Les effets d’âge et de catégorie sociale sont à prendre en compte dans les questions de logement. Avant 40 ans, la location dans le secteur libre domine. Plus on s’élève en âge, plus l’accession à la propriété est importante, ainsi entre 60 et 74 ans, 65,1 % des résidences sont habitées par leur propriétaire à Nantes et 76,8 % dans l’unité urbaine.

    108La commune de Nantes concentre en 2002, à elle seule, 67,8 % des logements HLM de l’unité urbaine, ce qui représente 23,3 % du parc de résidences principales nantais. La ville de Saint-Herblain rassemble, elle, 10,2 % du parc HLM de l’unité urbaine, soit 26,6 % de son parc de logement communal. Par contre, des communes importantes et souvent aisées de l’agglomération nantaise, comme Vertou, La Chapelle-sur-Erdre ou Carquefou, accordent moins de place aux populations résidentes à faibles revenus. Le parc de logement social nantais se rapproche de celui de Strasbourg ou de Rennes, tandis que Toulouse ou Bordeaux présentent des proportions inférieures. Les grands ensembles (ou cités) sont localisés dans la ville centre, à Nantes, à Rennes, à Strasbourg ou encore à Toulouse puisqu’il y avait encore assez d’espace pour les construire sur le territoire communal. Ce n’est pas le cas dans l’agglomération bordelaise, où le parc social se situe sur les communes de la rive droite de la Garonne, à Lormont en particulier.

    109Parmi les grands ensembles nantais, les Dervallières (1959-1965) le Breil-Malville (1964-1966), le Pin Sec (1955), La Boissière (1957-1962) et les anciennes ZUP de Malakoff et de Bellevue sont sur des IRIS de petite taille facilement repérables. La stigmatisation des cités d’habitat social touche principalement ces grands ensembles gérés par l’office municipal des HLM Nantes-Habitat, même si des images négatives affectent également d’autres cités HLM de Nantes Métropole, comme celles de Rezé et de Saint-Herblain. La plupart de ces quartiers ont en commun de regrouper des étrangers dans une agglomération qui en compte très peu : 2,5 % de la population dans l’unité urbaine, 4 % sur la commune de Nantes en 1999. Dans la ville, à l’échelle des IRIS, les plus fortes présences d’habitants de nationalité étrangère se situent dans la cité du Pin Sec (20,7 % de la population), aux Dervallières-Chézine (19,6 %), à Malakoff (19 %), à la Bottière (16 %), aux Lauriers à Bellevue (15,4 %). Or ce sont aussi des espaces urbains où l’on retrouve de 80 à 98 % de logement social. Celui-ci a pour vocation de loger les familles pauvres, étrangères ou françaises plutôt que des personnes seules.

    Les allocataires logement

    110Une convention signée avec la Caisse d’allocations familiales de Loire-Atlantique (CAFLA) a permis de bénéficier d’une mise à disposition des données relatives aux allocataires de l’année 2001 (situation au 31 décembre 2001).

    111À cette date avec 74 293 personnes, Nantes Métropole rassemble 60,3 % des allocataires au titre du logement en Loire-Atlantique. Au sein de la communauté urbaine, la distribution est extrêmement inégale puisque 71 % de ces allocataires habitent Nantes, 6 % Saint-Herblain, 4,9 % Rezé, 2,5 % Saint-Sébastien-sur-Loire, 1,7 % Carquefou et Bouguenais, 1,3 % Vertou…

    112Avec de telles différences, il est inévitable que le cercle représentant les allocataires nantais prenne autant de place sur les cartes. Il y a à Nantes 6 et 7,5 fois plus d’habitants qu’à Saint-Herblain et Rezé, mais 11 et 14 fois plus d’allocataires. En outre, l’écart déjà important entre ces communes peuplées se creuse encore avec les communes moins peuplées. Deux exemples : Nantes totalise 13 fois plus d’habitants que Vertou et 52 fois plus d’allocataires. La commune de Nantes est 233 fois plus peuplée que Saint-Léger-les-Vignes, et compte 915 fois plus d’allocataires de la CAF.

    113En France, les effectifs des ménages bénéficiaires de l’allocation de logement ont augmenté de 11 % en dix ans (1993-2002). L’allocation logement à caractère social (ALS) qui touchait 32 % des allocataires en 1993, en regroupe 36 % en 2002. L’aide personnalisée au logement (APL) qui en représentait 48 %, en rassemble 45 % désormais. La proportion des bénéficiaires de l’allocation à caractère familial (ALF) a varié de 20 à 19 %.

    Les allocataires logement au 31 décembre 2001

    ALF

    ALS

    APL

    Total

    Commune de Nantes

    3 613

    27 975

    21 502

    53 090

    Nantes Métropole

    6 842

    33 060

    34 391

    74 293

    Loire-Atlantique

    16 914

    48 089

    58 179

    123 182

    source : C.A.F.L.A., 2001

    Les allocataires de la Caisse d’Allocations Familiales par commune de Nantes Métropole en 2001

    Image 100000000000063C00000219B11F76D6.jpg

    source : C.A.F.L.A., 2001

    Les indicateurs retenus traitent du contexte familial et social des jeunes adultes : allocations au titre du logement (APL, ALS, ALF), adultes handicapés (AAH), revenu minimum d’insertion (RMI), et allocations liées à la monoparentalité et aux parents isolés (API).
    Le traitement des données à l’échelle de Nantes Métropole s’appuie sur l’agrégation des données à l’échelle de la commune, réalisée par la CAF. A Nantes, parmi les 70 257 individus recensés dans le fichier, 4 562 ne comportaient pas de n ° d’IRIS. Pour prendre en compte ces derniers, un géocodage, à partir du " référentiel " de la ville de Nantes (base de données géoréférencée de 1998 et de 2001) a été nécessaire à l’adresse dont on disposait pour chaque locataire, suivi d’une agrégation à l’IRIS. Une centaine d’individus non répertoriés à une adresse correcte ont été écartés des traitements cartographiques. Ces allocataires ont cependant été pris en compte dans l’ensemble des calculs effectués.

    114La répartition des aides montre combien elles sont liées aux parcs de logement en place. En Loire-Atlantique, c’est l’APL (47,2 %) qui domine, puis vient l’ALS (39 %). L’ALF concerne 13,7 % des allocataires du logement au sein du département. Sur la communauté urbaine, en moyenne, l’APL représente 46,3 % des aides au logement, l’ALS 44,5 %, l’ALF 9,2 %.

    Les allocataires logement par commune de Nantes Métropole en 2001

    Image 100000000000041400000205941B0647.jpg

    source : C.A.F.L.A., 2001

    Les types d’allocations logement par IRIS de la commune de Nantes en 2001

    Image 1000000000000886000002ED2716A312.jpg

    source : C.A.F.L.A., 2001

    Les allocataires du logement par commune de Nantes Métropole en 2001 (hors commune de Nantes)

    Image 1000000000000868000005208E70B745.jpg

    source : C.A.F.L.A., 2001

    Les ménages allocataires logement en 2001 (ALS, APL, ALF)

    Image 10000000000003C40000039CB26BE33A.jpg

    source : C.A.F.L.A., 2001

    115Au sein de la communauté urbaine, des communes ont des profils singuliers. Les unes, Le Pellerin, Thouaré-sur-Loire et La Montagne, sont marquées par l’importance des allocataires de l’ALF (18 à 20,2 %), les autres comptent plus de 70 % des allocataires percevant l’APL : Brains, Saint-Herblain, Sautron, Bouguenais et Couëron. Ce sont des communes où vivent des accédants à la propriété. Les allocataires de l’ALS se trouvent particulièrement concentrés à Nantes et, dans une moindre mesure, puisque les effectifs sont bien plus réduits, à Carquefou, Rezé ou Vertou. Dans toutes les autres communes, c’est l’APL qui domine, elle est alors la plupart du temps un indicateur de l’accession à la propriété de populations modestes dans ces communes. La ville de Nantes se distingue par la proportion d’allocataires qui perçoivent l’ALS (52,7 %) tandis que les allocataires de l’APL et de l’ALF, sont comparés à la moyenne intercommunale ou départementale, moins nombreux en valeur relative (40,5 et 6,8 %). Dans cette commune, l’APL bénéficie aux résidents du parc social. La polarisation nantaise des aides tient à l’importance du parc locatif sur cette commune, aussi bien public que privé et à la concentration des équipements universitaires qui attirent tout particulièrement les étudiants.

    Les ménages par type d’allocation logement (ALS, APL, ALF) en 2001

    Image 100000000000085B000003C8CA381DD3.jpg

    source : C.A.F.L.A. 2001

    116À l’échelle des IRIS nantais, la répartition des allocataires en fonction des types de prestation clive les espaces, selon les types de logements qui y sont présents. On individualise très nettement les « grands ensembles » du parc social et les locations du parc privé particulièrement nombreuses dans le centre-ville. Les allocataires de l’ALS investissent de manière privilégiée les espaces centraux. 92 % des allocataires de l’IRIS Decré-Cathédrale, 84 % des allocataires de Madeleine-Champ de Mars perçoivent l’ALS. Ils sont également très présents à République-Les Ponts ou le long de l’Erdre, sur les chemins qui mènent aux sites universitaires de la Lombarderie, du Tertre et de Chantrerie-Gachet. Les allocataires de l’APL résident en grand nombre en limite communale, dans les espaces marqués par le logement social : à l’ouest, dans les IRIS Mendès France, Croix-Bonneau, Bourderies-Lauriers (grand ensemble de Bellevue), Dervallières-Chézine, au Breil-Malville ; au nord, aux Bout-des-Pavés et Bout-des-Landes, à la Boissière ; à l’est à la Bottière, à Beaujoire-Halvêque, Port-Boyer, Malakoff-Beaulieu. Entre ces deux types d’allocations (APL et ALS), les cartes pourraient laisser croire que les types d’allocataires ne se mélangent pas : les espaces sont bien distincts.

    117En réalité, ce sont les types d’aides au logement qui ne se mélangent pas. En effet, on trouve parmi ces aides au logement des allocations à caractère familial (ALF) et social (ALS) qui s’appliquent à des logements n’ayant fait l’objet d’aucune convention entre État et bailleurs. Par contre, l’APL concerne des logements ayant bénéficié de prêts aidés, ou conventionnés ; elle est directement versée, contrairement aux deux autres aides, au bailleur qui la déduit du loyer. L’APL versée dans les HLM permet de diminuer la charge locative au sein du parc public. Les logements HLM sont des logements conventionnés, tout comme une partie des logements réhabilités dans le cadre des OPAH et les logements en accession à la propriété aidés.

    118Il y a donc bel et bien des constructions habilitées à recevoir l’APL, les logements HLM en majorité et des constructions dont les occupants reçoivent l’ALS ou l’ALF.

    119L’ALS bénéficie au parc locatif privé formé de petits logements, particulièrement présents dans le centre de la ville. Les tentatives de conventionnement au sein du secteur libre semblent avoir échoué dans les grandes agglomérations françaises, du fait de la pression foncière qui s’y exerce et de l’absence de politiques municipales en direction du parc privé.

    120Seule, la répartition des allocataires de l’ALF se fait de manière équivalente sur tout le territoire communal, à l’exception des IRIS Haluchère-Perray, Route de Sainte-Luce, Beaulieu-Mangin, Zola et Mendès-France.

    Conclusion

    121La croissance de la population dans l’agglomération nantaise, forte depuis plusieurs décennies, masque des différences entre les communes. Les plus anciennement peuplées connaissent, ou ont connu, déclin ou ralentissement. Par contre la croissance reste vigoureuse dans les communes des deuxième, troisième et quatrième couronnes, parvenant désormais aux limites de l’aire urbaine située à une vingtaine de kilomètres de la ville de Nantes.

    122Les années quatre-vingt signent la transformation sociale de l’agglomération, celle-ci devient plus aisée, Nantes qui était une ville ouvrière ne l’est plus ; même si certaines communes de l’Ouest de l’agglomération le demeurent, globalement l’ensemble se tertiairise. Le profil social devient plus modeste en fonction d’une part, de la distance au centre de l’agglomération et d’autre part, de la localisation dans l’espace : ainsi, les communes de bord de Loire à l’Ouest présentent des profils sociaux modestes. Les communes de banlieue sont marquées par l’habitat pavillonnaire, l’accession à la propriété et la forte présence des adultes actifs avec plus de deux enfants généralement en bas âge ou scolarisés en école primaire et collèges. Quant aux familles monoparentales et aux familles avec un jeune enfant, elles sont surtout présentes dans la ville de Nantes.

    123Pôle d’emploi régional, l’agglomération accueille des jeunes actifs, sans emploi et des jeunes étudiants venus surtout de l’Ouest de la France, captés par le marché locatif nantais.

    124Ces éléments de contexte permettent désormais d’appréhender dans le détail la place des jeunes dans l’espace communautaire nantais

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